CARPE DIEM

CINQUIÈME ANNÉE

TOME III


I

La Serpentard


La brigade inquisitoriale, une sorte de société d'espionnage qu'avait créée Dolores Ombrage il y a peu, afin de limiter toute association se rebellant contre elle ou le ministère. Quelle absurdité ! Tous les élèves de Poudlard avaient ainsi lu sur un parchemin que la brigade recherchait des volontaires pour exécuter ses ordres – au moyen de points supplémentaires, bien sûr. Les Gryffondor, les Serdaigle et les Poufsouffle semblaient inquiets de cette nouvelle mesure. La quatrième maison se montrait plus enthousiaste, malheureusement, bien qu'un fausset existait entre intérêt et volonté de participer. Ceux dont Harry soupçonnait les parents d'être partisans de Voldemort avaient déjà signé avec Ombrage. Il ne doutait pas, en revanche, que Malfoy suive Hermione, soit dans la direction opposée: Hermione avait publiquement montré sa déloyauté envers l'inquisitrice il y a quelque temps déjà.

-«Toute association d'élèves sera dissoute» lu Harry en découvrant un énième tableau d'affichage devant la grande salle, signé Dolores ombrage.

C'était un matin comme les autres en ce début de janvier, mais Harry ne s'habituerait jamais à l'ampleur que prenait le ministère ici. Et ce qui le dérangeait, c'était l'inactivité de Dumbledore. Pourquoi laisser gagner Dolores Ombrage ? Avait-il une idée derrière la tête ?

-C'est à croire que bientôt, on ne sera plus à même de respirer librement, répliqua sombrement Ron en secouant la tête, suivant son meilleur ami dans la grande salle, prenant place à la table des Gryffondor. «Chaque élève sera interrogé sur les activités illicites» ! Et après, elle passera à la torture ?! Il faut faire quelque chose contre cette sorcière, Harry ! Si elle continue comme ça, on ne se rappellera plus comment utiliser un sortilège de défense.

-On ne peut rien contre elle, dit Harry d'un ton morne, raclant son assiette de sa cuillère.

-Mais merde, cette femme est un monstre ! Elle nous empêche de nous défendre. Elle va finir par nous tuer !

Fred et George approuvèrent en hochant de la tête, écoutant leur frère.

-Ron a raison, pour une voix, se moqua Fred.

-Bande d'imbéciles ! Répliqua Ginny en arrivant à la table. Notre frère est intelligent... par moments.

-Cool, super, merci Ginny, soupira Ron. Mais moi je plaisante pas ! Il faut qu'on fasse quelque chose.

-Et que proposes-tu ? Demanda Ginny.

Harry les écoutaient d'une oreille distraite, regardant entrer dans la salle son amie Hermione, suivit de près – comme toujours – de Malfoy. Ce dernier lui lança immédiatement un regard assassin, posant un bras autour des épaules d'Hermione. Harry leva les yeux au ciel, agacé du comportement puéril du Serpentard: à chaque fois qu'il essayait de parler à son amie, son ennemi se pointait. C'était à croire que la sorcière lui appartenait. Malfoy devait se faire soigner.

-Harry ! Harry !

Le sorcier n'avait pourtant jamais montré son intérêt pour elle. Et il était persuadé que Malfoy le savait très bien. Seulement, c'était une manière pour lui de justifier sa haine envers le survivant. Pathétique ! Il fallait pourtant qu'Harry trouve un moyen de parler à Hermione. Elle était la seule à pouvoir savoir que Voldemort hantait ses songes.

-Harry Poter ! Hurla quelqu'un à son oreille, le faisant crier à son tour, furieux.

-Mais ça va pas ! Cracha-t-il en fusillant Ginny du regard.

-On vient d'avoir une idée, expliqua Ron en plissant les yeux. Ce n'est pas la faute de Ginny si tu es trop obnubilé par la vipère !

-Excuse-moi ?! S'emporta Harry.

-Oh ça va hein ! J'arrive vraiment pas à comprendre comment tu peux être ami avec cette garce de Granger. Les gens parlent, tu sais. Tout le monde dit que tu baptises avec l'ennemi ! Entre le fait que personne croit au retour de Tu-sais-qui et ton intérêt pour la chouchoute des Serpentard, tu n'aides pas. Même les Gryffondor commencent à se méfier, merde !

-Il a raison, dirent les jumeaux ensemble. Ça craint que tu parles à la vipère.

-Et pour ta gouverne, on est tous d'accord pour s'opposer à Ombrage, continua Ron d'un ton peu amène. La seule solution, c'est de créer un cours dédié uniquement à l'usage de sortilèges défensifs.

-Et je précise que c'est mon idée ! Ajouta Ginny en poussant son frère. Ne te garde pas tout le mérite.

-On a eu l'idée à quatre ! Rétorqua George. Fait pas ton égoïste, petite sœur.

Ginny lui tira la langue, ses deux grands frères lui renvoyant l'ascenseur. Pendant ce temps, Ron continua de fixer son meilleur ami, furieux. Harry soupira, écartant son assiette.

-C'est une bonne idée, répondit-il posément, mais qui serait notre professeur, au juste ? Et où le ferions-nous, avec les espions d'Ombrage ? Votre idée est bonne, mais impossible. On ne peut pas gagner contre cette femme.

-Avec cette attitude, je me demande bien comment tu peux vaincre Tu-sais-qui ! Cracha son meilleur ami en se levant brusquement de table, furibond. Tu veux vraiment continuer seul ce combat ? Parce que je te garantis que si tu continues comme ça, ça sera facile.

La table des Serdaigle s'étaient retournée quand Ron avait haussé la voix. Tous le regardaient. Ron ne s'en formalisa pas, préférant partir de la salle rapidement. Harry se contenta de retourner à son jus de citrouille, ignorant les regards découragés des autres Weasley.

...

Quand Ronald Weasley croisa Granger dans les couloirs du château, sa fureur n'était pas retombé. Tandis que la vipère, ne l'ayant pas encore repéré, marchait devant lui en direction de la bibliothèque, le Gryffondor la rattrapa rapidement, passant devant elle et lui bloquant le passage. La jeune fille stoppa alors net sa course, surprise. Ses yeux se plissèrent une seconde plus tard, adoptant une position ennuyée et dédaigneuse.

-Qu'est-ce que tu veux ? soupira la Serpentard en levant les yeux au ciel, l'air complètement blasé par la présence du sorcier. Tu n'as plus ton public de tout à l'heure, tu sais.

Ronald fit un pas en avant, les poings serrés. La vipère eut l'intelligence de se méfier de son geste, son visage se crispant imperceptiblement.

-Tu sais, niveau discrétion, il faut que tu revoies les bases, continua-t-elle, bien que surveillant les mains de son ennemi. Toute la salle a entendu ton petit discours, c'est navrant. Heureusement que les volontaires d'Ombrage n'étaient pas là... que penserait-elle de votre association de... cours de sortilèges ? Ricana Granger. Vraiment ? Et c'est toi qui comptes apprendre aux enfants à se servir d'une baguette ? Aïe ! Il risque d'y avoir beaucoup de morts, sourit-elle.

Ronald sourit à son tour. Il n'avait même pas besoin de la provoquer, elle y arrivait très bien toute seule, cette idiote ! Faignant la fureur, au contraire ravi que la sorcière le provoque pour lui donner raison de répliquer, Ronald serra les poings et s'approcha brusquement de la Serpentard, la dépassant d'une bonne tête. Pour autant, la sorcière garda le sourire, peu impressionné.

-Un problème, le rouquin ? Demanda innocemment la jeune fille. Tu me bloques le passage et tu t'attends à ce que je me ploie devant toi ?

-C'est toi, mon problème, sale vipère ! Cracha le Gryffondor sous les regards choqués de quelques tableaux présents dans le couloir. Je sais pas ce que tu fais avec Harry, mais arrêtes. Je sais très bien comment sont les Serpentard. Si tu parles à mon ami, c'est sûrement pour ensuite tout répéter à un mangemort. Continue comme ça et tu le paieras cher !

Hermione siffla, amusée.

-Mais c'est que Weasley a pris des cours de courage pendant les vacances ! Je suis presque impressionné. Tu m'accuses sans preuves, je te signale, espèce de traître à ton sang ! Avant de crier haut et fort que je suis partisane du mage noir, trouve tes preuves, siffla-t-elle. Et mon amitié avec Potter ne regarde que lui et moi.

Elle s'approcha à son tour du Gryffondor, souriant diaboliquement.

-Et menaces-moi encore, pour voir, et c'est toi, qui regretteras ton erreur. Avec la guerre qui se prépare, des disparitions inexpliquées peuvent arriver, sourit-elle.

-Un jour, mes menaces seront exécutées ! Siffla Weasley, levant une main menaçante.

-Tu compte faire quoi, là ? Rétorqua la sorcière, cinglante, le défiant du regard. Tu comptes me frapper comme un vulgaire moldu ?

Ronald retint son poing en l'air, soufflant comme un beauf, puis finit par reculer, haineux.

-C'est bien, la félicita la vipère en passant devant lui, lui tapant le bras.

Le Gryffondor perdit patience et agrippa la Serpentard violemment par le bras, le lui tordant tout en sortant sa baguette. Dans les tableaux, quelques hommes crièrent d'indignations.

Alors arriva en courant Harry, la carte du maraudeur dans les mains. Face à la situation, il vérifia que personne n'assistait à la scène, sachant pertinemment que Ron serait exclu pour menace sur un autre élève.

-Ron, c'est bon, elle a compris ! S'écria-t-il en venant à eux.

Granger avait posé les genoux au sol, couinant sous la douleur. Ronald continuait de lui tordre le bras, sa baguette contre le cou de la sorcière, la dissuadant de faire le moindre geste.

-Arrêtes, maintenant ! Continua le survivant. Tu vas finir par la blesser !

-Tu continues de la défendre, cette vipère ?! Cracha le Gryffondor en regardant son meilleur ami. Tu vas devenir ami avec Malfoy, pendant que tu y es !? C'est une manipulatrice. On ne sait jamais ce que trament les Serpentard.

-Tu es ridicules. Tu vas avoir des ennuis si un professeur te vois !

-Pas question qu'elle s'en sorte, cette fois ! J'en ai marre de cette garce et de ses insultes. Silencio ! Cria-t-il ensuite à l'intention de la sorcière.

Cette dernière cria mais aucun son sortit de ses lèvres. Ronald admira son œuvre avec amusement, continuant de lui torse le bras. Pour une fois qu'il avait le dessus sur la Serpentard, il ne s'en privait pas. S'il pouvait la faire taire définitivement, ça ne le dérangerait pas.

Malheureusement, alors que son meilleur ami lui criait de lâcher Granger tandis qu'elle se débattait de son autre bras, deux autres personnes arrivèrent dans le couloir. Il s'agissait de Malfoy et de Parkinson. Le Serpentard braqua immédiatement ses yeux sur Ronald, sortant sa baguette. Ronald vit le coup venir sans pouvoir rien faire.

-Stupéfix ! Cria Malfoy avec rage.

Ronald n'eut pas le temps de contrer l'attaque et fut propulsé à plusieurs mètres, retombant violemment au sol. Harry barra alors le chemin à Malfoy, sa baguette levée.

-Tu en as assez fait ! Prévint-il en posant ensuite son regard sur Hermione. Occupes-toi plutôt de Granger, avant qu'un professeur débarque et vous renvois, toi et Ron. Ça a assez dégénéré.

-Tu crois que je vais laisser passer ça ? S'emporta le blond. Je ne faisais que m'échauffer, tu vois !

-Tu risques de le regretter, alors dégage, Malfoy, répliqua Harry.

Le Serpentard posa un instant son regard sur Ronald, ce dernier se relevant tout juste de l'attaque, puis baissa sa baguette, tirant la vipère derrière lui.

-Je n'oublie pas ce qui vient de se passer, prévint-il, faisant signe à Parkinson de partir.

Harry soupira en regardant les trois Serpentard s'éloigner.

-Ne jubile pas, prévint-il en rejoignant son meilleur ami. C'était trop facile. Elle pouvait très bien se défendre contre toi avant que Malfoy n'arrive.

-Tu insinues quoi, là ! Ragea Ron. Je l'ai enfin battu, dit-il en défroissant ses vêtements.

-Non, c'était trop facile, persista à dire Harry.

Pourquoi cette comédie ? Harry savait pertinemment que son meilleur ami n'avait pas battu la sorcière. Elle était bien trop futée pour se laisser piéger comme ça. Elle avait simulée mais le survivant ignorait pourquoi.

...

-Quelle humiliation ! Ricana Parkinson en raccompagnant le couple dans les couloirs du cachot. Et par Weasley ! Tu es malades ? Demanda-t-elle sincèrement, penchant la tête de côté, moqueuse.

-Tu aimes les tartes à cinq branches ? Sourit Hermione en se tournant vers son ennemie, ignorant le regard de Draco la dissuadant de se bagarrer avec elle. Parce que je t'assure que moi, j'aime en offrir.

La brune commença à s'emporter.

-Je te signale que c'est moi qui ai couru prévenir Draco que tu avais des ennuis, alors un peu de considération ! J'aurais pu passer mon chemin.

-Quoi ?! Mais je t'ai rien demandé ! Cracha la sorcière, se retenant de se jeter sur la Serpentard.

-Parce que tu n'étais pas en difficulté, peut-être ? Siffla Draco en s'arrêtant devant le passage menant à leur salle commune. Ce n'était pas mon impression, quand j'ai envoyé Weasley à l'autre bout du couloir.

-Pas du tout, répondit Hermione en croisant les bras sur sa poitrine, étirant un sourire conspirateur. J'adore jouer, c'est tout. Je comptais lui faire croire qu'il avait le dessus avant de lui jeter un sortilège.

-Lequel ? Demanda avec amusement Parkinson, curieuse.

Hermione pinça les lèvres en regardant la jeune fille: elle faisait quoi, là ? Elle comptait jouer à la copine encore longtemps ?! Draco marmonna le mot de passe et pénétra dans la salle commune, les deux filles le suivant de près. Il alla poser son sac sur une des tables et se retourna vers sa petite amie, regardant les deux filles se mesurer du regard.

-Le supplice de la métamorphose, sourit Hermione, rêveuse, regardant le plafond d'un air distrait.

Voyant Draco et Parkinson la regarder avec des yeux ronds, elle éclata soudain de rire, posant la main sur son ventre. Elle se moquait ouvertement d'eux.

-Je ne suis pas si horrible, assura-t-elle devant les regards incertains des sorciers. Non, Weasley aurait reçu un crache-limage ou quelque chose dans ce style. Je sais pas, j'aurai improvisé... Tout s'est passé comme je le voulais, omettant ton intervention, Dray. Le but est que cet idiot de Weasley répète à tout le monde m'avoir battu.

-C'est stupide, s'exclama Parkinson en fronçant le nez, perplexe. Toi, la princesse des serpents, te faire battre par le chien de Potter ? Tout le monde va se moquer de toi !

Hermione secoua la tête, jouant avec sa baguette, tournant sur elle-même et allant et venant dans la pièce d'un air mutin.

-Je me fiche de ce que diront les autres... Mon intervention face à Ombrage m'a été préjudiciable. Certains commençaient à croire que j'étais devenue gentille ! Je sais que ma mission est d'approcher Potter, mais franchement, j'ai pas besoin de jouer la gentille; je suis déjà son amie depuis pas mal de temps, même si Dray chérie n'aime pas ça.

Ce dernier renâcla, détournant le regard, préférant aller s'asseoir près de la cheminée pour aller bouder. Hermione continua, hilare.

-Si j'attaquais un Gryffondor ou que l'un d'eux me menaçait, ça effacerait les petits espoirs de certains imbéciles. Mission réussie ! Cria-t-elle en frappant des mains, aux anges. Ça m'a un peu coûté de laisser Weasley me tordre le bras mais bon... il est venue me menacer le premier, je n'avais pas le choix. Tout le monde va rire à mes dépends pendant deux jours et après, ils passeront à autre chose. De toute manière, s'ils continuaient... ils risqueraient de le regretter.

Hermione riait toute seule. Peut-être avait-elle l'air d'une folle, mais imaginer le rouquin croire qu'il pouvait la vaincre... !

-Ça reste stupide, s'entêta Parkinson. Tu dois approcher Potter, pas devenir l'ennemi numéro un des Gryffondor ! Tu fais n'importe quoi !

-La ferme ! Cracha Hermione. Est-ce que Voldemort t'a demandé quelque chose, déjà ?

-J'ai la Marque, moi !

-Et tu en es fière, ria la jeune fille, étonnée. Bon, c'est ton délire, pas le mien. En attendant, je procède comme je l'entends, donc te mêles pas de mes affaires, Parkinson.

-J'ai toutes les raisons de me mêler, justement. On est tous les trois dans la même galère suicidaire, je te rappelle ! Si l'un de nous échoue, c'est les trois qui payent, idiote ! Alors excuse-moi de m'inquiéter de ton comportement bipolaire ! Cria la brune en éructant. Draco, dis quelque chose, merde ! Elle va tous nous faire tuer.

Hermione se retourna vers son petit ami et attendit qu'il dise quelque chose, une main sur la hanche. Le jeune homme grogna pour toute réponse, ignorant le regard assassin de Parkinson.

-Tu as beau sortir avec elle, tu n'es pas obligé d'être aveugle ! S'agaça la brune en claquant la langue. C'est bon, je me casse.

-Bon débarra, répondit Hermione en lui souriant, faisant un geste de la main. C'était sympa de parler sans user de sortilèges.

-Garce ! Marmonna la jeune fille en montant les escaliers.

-Vipère.

-Non, ça c'est toi ! Hurla Parkinson, claquant ensuite la porte de son dortoir.

Hermione rejoignit Draco et se plaça devant la cheminée, lui bouchant la vue. Son ami, tapotant le sofa d'un geste agacé, leva les yeux vers elle, impassible. La jeune fille pencha la tête sur le côté, l'observant sans rien dire.

-Arrête de me fixer, lâcha Draco, acide.

-J'attends encore une réaction, je te signale.

-Sur quoi ? Ton plan foireux avec Weasley ?

-Entre autres, marmonna-t-elle. J'aimerais surtout savoir si t'es dans le même délire que notre chère Pansy. Elle semble persuader que la Marque de Voldemort est un privilège.

-La Marque du maître, répliqua Draco, faisant rager la sorcière. Et je répondrais pas à ça. J'ai pas à répondre et tu devrais pas me le demander. C'est dangereux.

-Tu connais la legilimancie, Draco, et tu es doué naturellement. Inutile de s'inquiéter !

-Tu crois que c'est un jeu ?! Parce qu'avec ton attitude, je me pose la question. Tu sembles pas croire que le maître est dangereux. Que si ton...

Draco soupira, jetant un œil sur les escaliers menant aux dortoirs.

-C'est dangereux d'en parler. Je doute que seul Pansy et moi sommes entraînés dans cette affaire. Tâche de faire profil bas ! Grinça-t-il en se relevant du sofa, tirant sur son blazer, repoussant une particule de poussière.

Il allait tourner les talons pour partir mais se ravisa, surprenant Hermione. Elle croyait qu'il fuyait encore après une énième dispute.

-Ton attitude ne me plaît guère, tu dois t'en douter.

Hermione arqua un sourcil, moqueuse.

-Je ne fais rien que tu n'as jamais fait, répondit sombrement la jeune sorcière.

-Mais je suis comme ça, sombre, implacable, dénué de... logique et de sentiment. Mais toi... ! Toi Hermione, tu n'es pas comme moi. Tu ne l'étais pas avant que le maître réapparaisse, que Blaise... Pourquoi alors rien ne te révulse ?

Sa petite amie pencha la tête sur le côté, les sourcils froncés. Elle semblait réfléchir sérieusement à sa question, presque troublée par ses mots, quand le sorcier baissa les yeux sur son cou; la serpentine accrochée au cou de la jeune fille brillait d'une lueur sombre. Beaucoup plus sombre qu'auparavant.

-On ne souffre pas, quand on est un Serpentard, répondit alors Hermione en relevant les yeux sur Draco. La passivité nous délivre des maux. J'aime ça. Ne rien ressentir... c'est reposant.

Draco la dévisagea sans un mot. Il ne dit plus rien de la soirée, observant sans rien dire la jeune sorcière jadis aussi vivante qu'une Gryffondor. Tout avait changé avec ce collier. Il devait trouver un moyen de lui ôter son pendentif. Et ceux, rapidement.

...

Hermione passa tout son week-end à la bibliothèque, ignorant royalement les racontars que faisaient circuler les Gryffondors au sujet de l'altercation entre Ronald et elle. Ils avaient beau rirent à ces dépend, ils s'enfuyaient quand la sorcière se retournait vers eux, le regard assassin. Amusant, vraiment !

À la bibliothèque, elle passa en revue ses cours pour les BUSES, qui se profilaient à l'horizon. Elle tenta aussi de trouver un manuel sur les sortilèges, mais sans surprise, échoua. La garce d'Ombrage avait tout supprimé, y compris dans la réserve. Hermione s'inquiétait de plus en plus des réelles intentions de cette femme et par la même occasion, du ministère lui-même.

Devait-elle admettre la possibilité que Fudge et les autres soient contraints par Voldemort ? Ou alors fallait-il envisager le pire et supposer que le ministère s'était récemment lié aux forces du Mal. L'un comme l'autre, Voldemort avait le contrôle du ministère, avec Lucius Malfoy dans ses rangs. La déchéance du monde magique tout entier était à prévoir... et ceux, plus rapidement que Dumbledore pouvait le prévoir.

-Toujours fan de botanique ? Marmonna la sorcière, le nez dans ses livres, quand elle aperçut Neville Londubat s'asseoir à une table plus loin. C'est un intérêt surprenant.

-Pas plus que celui de la legilimancie, rétorqua le Gryffondor en évitant son regard.

Hermione referma son livre d'un coup sec, se tournant dans sa direction, plissant les yeux. Le ton du sorcier supposait qu'il savait ce qu'elle avait en tête, ce qui l'agaça.

-Tu es là depuis longtemps ? Tu m'espionnais ? S'indigna-t-elle, acerbe.

-C'est de la simple curiosité de ma pars, se défendit le garçon.

-Reste à ta place et occupes-toi de tes affaires, plutôt, trancha la Serpentard.

-Tu cherches un moyen de te venger de Ron ?

-Qui t'as fait croire que tu pouvais me parler ! S'agaça la sorcière en claquant la langue. Tu es un ami de ce chien. Tu cherches des informations pour lui.

-Crois ce que tu veux, marmonna Londubat.

-C'est ça, renâcla Hermione, se levant de sa chaise.

Elle partit en direction de la sortie, mais le Gryffondor la précéda, ce qui lui déplu fortement. Elle marcha dans le couloir puis se retourna, furieuse.

-Tu attends quelque chose de moi ou quoi ?

Le sorcier la regarda un instant avant de répondre.

-Je cherche la raison pour laquelle Harry t'aime bien.

Hermione ouvrit la bouche mais ne dit rien. Elle ne s'attendait absolument pas à ça. Et depuis quand Londubat avait l'audace d'affronter l'ennemi sans baisser les yeux ?

-Ron te décrit comme la reine des garces mais si c'était réellement le cas, Harry ne te fréquenterait pas. Malfoy est un con, mais toi... tu n'es pas comme les autres. Je cherche quoi.

La sorcière avança vers lui, le mesurant du regard.

-Tu ne trouveras pas, assura-t-elle avec un rictus. Je ne suis pas différente des autres Serpentard. Je suis la pire. Souvient-en la prochaine fois que tu croiras pouvoir me parler !

Les deux sorciers se fusillèrent du regard un moment quand un bruit les fit bondir en arrière. Le mur où ils se tenaient venait de faire apparaître dans la pierre une immense porte, qui s'ouvrit dans un grincement tonitruant. Hermione s'en approcha la première, un sourire aux lèvres. Elle connaissait cet endroit, pour l'avoir étudié dans le manuel de Poudlard.

-Qu'est-ce qui vient de se passer ? Demanda Londubat, regardant la porte avec des yeux ronds.

-La salle sur demande, chuchota la sorcière. Elle existe donc.

Quand le garçon voulut entrer, elle l'en empêcha., tirant le sorcier en arrière.

-Je ne sais pas ce que c'est, mentit-elle en faignant la peur. Il vaut mieux s'en méfier.

Le Gryffondor acquiesça mais observa la salle un moment. Hermione l'écarta de la salle sur demande, assez pour que la porte commence à disparaître.

-C'était étrange, souffla Londubat.

Hermione l'ignora. La salle sur demande apparaissait rarement. Et elle savait que ce n'était pas elle qui l'avait appelé, mais le Gryffondor. Hermione ragea contre lui, ayant essayé plusieurs fois d'entrer dans cette salle. Une seule explication à son apparition: Harry avait écouté son abruti d'ami et maintenant, ils cherchaient tous un endroit où s'entraîner au combat. Londubat venait de trouver l'endroit idéal. Génial...

...

Draco cherchait Hermione depuis des heures. Elle n'était si dans sa chambre, ni avec saint Potter, ni dans la bibliothèque, le dernier endroit où il avait été. La colère commençait à monter en lui. «Je serai à la bibliothèque !» avait-elle dit au sorcier avant de partir, ce matin. Tu parles !

Draco fulminait contre sa petite amie quand – ô miracle – il la trouva en débouchant dans un couloir, le nez levé vers le ciel. Le jeune homme pesta tout bas avant de la rejoindre, la mâchoire serrée.

-Qu'est-ce que tu fais là ? Fit Draco d'un ton bougon en interrompant les pensées de la sorcière.

Hermione sursauta légèrement en tournant son visage vers lui, l'air décontenancé. Elle regarda autour d'elle comme si elle cherchait quelqu'un puis revint à lui, étirant un sourire... qui disparut en découvrant l'humeur du sorcier. Draco ne chercha pas à la rassurer.

-Tu m'avais dit que tu étais à la bibliothèque... j'ai fais tous les rayons et tu sais quoi ? Je t'ai pas trouvé.

Il avait conscience d'agir en donnant l'impression d'un enfant à qui on avait enlevé sa sucette. Mais il s'en fichait. Hermione était restée introuvable toute la journée et Draco avait paniqué. Elle ne pouvait pas s'attendre à ce qu'il laisse passer ça.

-Et que faisais-tu à la bibliothèque ? Demanda Hermione, posant les mains sur ces hanches.

Draco détourna les yeux une seconde, ce que la sorcière ne loupa pas.

-Pas tes affaires, répondit-il.

Pas question d'admettre s'être inquiété pour rien. Il était Draco Malfoy, tout de même !

-Bien, alors ce n'est pas les tiennes non plus de ce que je fais de mon temps libre.

-Mione... prévint Draco en serrant les dents, perdant patience.

-Laisse tomber, Draco. Je sais que tu penses devoir me surveiller en permanence pour me protéger, mais c'est inutile. Je gère.

-Non, tu ne gères rien du tout.

Le Serpentard désigna son pendentif, le regardant avec aversion. Il n'avait toujours pas trouvé le moyen de lui arracher... mais ça viendrait.

-Je trouverai le moyen de te l'arracher, Mione. C'est une promesse.

Cela sonnait plus comme une menace, mais Draco s'en fichait. Sa petite amie n'avait plus conscience de ce que le collier lui faisait, ce qui faisait de lui le seul susceptible de l'aider. S'il n'agissait pas, Hermione finirait par adorer le maître et vouloir tuer des Gryffondor sans état d'âme.

OK, la mort de Potter ne lui faisait rien et il adorait en être l'instigateur, mais sa petite amie n'était pas comme lui. Elle ne devait pas avoir de sang sur les mains. Il l'en empêcherait, quitte à prendre sa place. Mieux valait lui qu'elle.

...

Plus tard dans la soirée, alors que la sorcière avait fini par échapper à Draco, elle avait croisé Harry, tout sourire. Ce crétin de Londubat avait déjà vendu la mèche en parlant de la porte menant à la salle sur demande. Harry lui avait demandé si elle voulait se joindre à lui pour s'entraîner. Seul un ricanement lui avait répondu.

-Moi, au milieu de Gryffondor armée de baguette et la tête remplie de sorts ? Sûrement pas ! Sauf si tu veux voir Weasley à l'infirmerie dans l'heure.

-Tu sais où aller si tu changes d'avis, souffla Harry en repartant.

-Un conseil: veille à ce qu'Ombrage ne découvre pas ton groupe de résistants, lui dit Hermione en s'inquiétant sincèrement pour son ami. Elle est capable d'autant de chose que les mangemorts, soit en certain.

-C'est pour cette raison que notre groupe de résistants a vu le jour, souffla le sorcier en partant dans le couloir.

-Je t'aurai prévenu, marmonna-t-elle.


Enfin de retour ! L'attente fut longue mais nécessaire. On va redémarrer maintenant :)

Bon, peu d'affections entre Dray et Mione, mais il y aura une explication dans le deuxième chapitre. Et faut dire, Hermione change beaucoup maintenant, alors Draco... ce n'est pas trop sa priorité. Et justemant, ça va pas plaire au blond :) Pour ce qui est d'Ombrage... je l'aime pas, Hermione l'aime pas, bref, parfait mélange pour que ça explose.

A bientôt pour la suite !