Disclamer: cf chapitre 1
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Merci à Misty, ma formidable beta !
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Désolée de ce retard de publication, totalement indépendant de ma volonté. J'ai d'abord eu un petit souci de santé sans gravité mais qui m'a clouée au lit pour 48H00, puis c'est ma Live Box qui est tombée malade et je n'ai résolu mes problèmes de connexion que ce soir...
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Je répondrai aux commentaires dans la soirée!
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Bonne lecture!
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Bisous
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Me-Violine
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Péché D'Orgueil 3 / 3
Acte 6 : La Gloire De Barnabé Colton
Lee
Dès la mise en alerte de l'Ordre, je me suis précipité au QG, pour remplacer Augusta, afin qu'elle puisse préparer l'hôpital de secours dans le grenier, avec Mondingus, au cas où nous aurions à essuyer un coup de feu ce soir…
Tarendra, qui commence à peine à se remettre de ses blessures et est encore bien pâlichon, est également arrivé pour donner un coup de main, amenant des Potions et Onguents depuis la Base du Village des Elfes, en Ecosse.
En espérant qu'il ne faudra pas tout re-déménager en catastrophe, là-bas ou en Irlande…
Mais bon, si attaque il y a, je pense qu'elle aura lieu là où se rassemblera le peuple, pour discuter de l'évènement. Autrement dit, dans les salons de thés, les pubs et les restaurants du Chemin de Traverse, ici, à Londres, au plus près du Ministère et de Ste Mangouste…
A moins, s'il parvient à ses oreilles qu'il va s'en sortir, que Voldemort ne choisisse d'attaquer Ste Mangouste, dans l'espoir d'achever Tonton Arthur…
Ceci dit, je croise les doigts pour que nous ayons vite des bonnes nouvelles de sa santé. Parce que franchement, ça commence à faire long d'attendre. Je l'aime bien, Tonton Arthur. Je le considère comme un second père. Et j'ai déjà perdu le premier. Alors je ne veux surtout pas perdre le deuxième…
« Quelles nouvelles ici ? » demande Tatie, en entrant dans la Base d'Espionnage
« La gloire de Barnabé Colton éclipse les noces joyeuses, au grand dépit de Dolohov et Parkinson, qui piaffent d'impatience dans l'attente que leur Maître officialise enfin, leur amoureuse union, à la face du monde… » ironise-je, d'un ton grinçant…
Parce qu'ils ont plutôt l'air soulagés de ce retard, les futurs mariés et semblent espérer que la Cérémonie des Epousailles, sera oubliée dans l'euphorie de la mort de Fudge.
« Et où en sont les préparatifs de défense ? » demande maintenant Tatie Nally, en jetant un bref coup d'œil sur les Ecrans…
« Quand je suis parti de la boutique, les copains et copines s'attelaient à défaire les paquets destinés à Orian et à distribuer les minutions aux Chef de Groupe, hormis Bill et Charly. Tout le monde sait qu'il faut les tenir à l'écart, pour l'instant. Mondingus, Augusta et Tarendra préparent l'hôpital de secours dans le grenier, tous les observateurs sont à leurs postes et enfin, Andy se tient prêt à nous alerter, si une attaque a lieu contre des Moldus… » réponds-je, avec sérieux cette fois…
« Bien. Dedalus, laissez-moi votre place et allez prendre un peu de repos, vous êtes ici depuis ce matin et hélas, nous risquons d'avoir besoin de vos services jusqu'à très tard cette nuit… » décide Tatie, en pressant l'épaule du vieux Diggle, qui ne se fait pas prier…
Il est ici depuis 07H00 ce matin et il a les traits un peu tirés…
« Merci. » dit-il en se levant, « Je vais faire un saut chez ma fille, pour la tenir au courant et je reviendrai faire une sieste dans la chambre en face. Comme ça, je serai sur place si le grabuge s'annonce plus vite que nous le craignons… »
Tatie acquiesce et Dedalus s'en va, tout en posant sa cape sur ses épaules.
« Ah ! Voldemort sort de son bureau… » indique-je, à peine a-t-il refermé la porte derrière lui, en toute inutilité, car Tatie fixe le même Ecran que moi…
Nous suivons tous les deux des yeux Voldemort et Lucius, revêtus de robes de Cérémonie, le long des couloirs menant à la Salle de Bal du Manoir. Dès qu'ils y entrent, les conversations s'éteignent et tout le monde courbe l'échine…
« Ah ! Mes chers amis ! Quelle joie de vous voir ici rassemblés en cet heureux jour ! » s'exclame le Ténébreux, en écartant les bras bien largement…
Il s'approche de Colton, qui se tient près du buffet, une coupe de champagne à la main et serre son épaule d'une pression prolongée, un immense sourire aux lèvres…
« Je suis certain, que vous avez déjà tous réservé une longue ovation, à notre cher ami Barnabé, mais je tiens à ce que vous l'acclamiez encore, pour avoir su saisir l'opportunité qui lui était offerte, de mettre fin à l'inutile et grotesque vie de Cornelius Fudge ! » s'exclame le Lord fantoche, le regard flamboyant de joie froide…
Les applaudissements crépitent aussitôt, accompagnés de vivats et de brava, tandis que Colton distribue les courbettes faussement modestes à droite et à gauche…
Bientôt cependant, Voldemort réclame de nouveau l'attention, en levant les bras…
« Mon cher Barnabé, tu mérites une récompense digne de ta valeur et à la mesure de ton exploit ! La vivacité de ton esprit de décision et ton audace, te destinent indéniablement à faire partie des chefs ! C'est donc avec une joie indicible et une fervente confiance, que je t'accorde l'insigne honneur, de faire partie des lieutenants qui guideront mes troupes sur le chemin de notre victorieux triomphe ! » annonce Voldemort, avec emphase et grandiloquence, dans le ton de sa voix…
Et n'hésitant pas à faire un fameux pléonasme… M'enfin ! Un « victorieux triomphe » ! J'vous d'mande un peu ! Comme si un triomphe pouvait être autrement que victorieux !
Ceci dit, ça ne semble pas du tout choquer la foule présente. Et une nouvelle salve d'applaudissements accueille sa déclaration. Par ailleurs, Colton ne se sent visiblement plus de fierté. Et bien qu'il se soit laissé tomber à genoux pour baiser les mains de Voldemort en balbutiant des remerciements à n'en plus finir, il gonfle ses plumes avec l'orgueil d'un paon qui fait la roue…
« La récompense que Voldemort vient d'accorder à Colton, n'est pas du goût de tout le monde. Regarde… » me fait remarquer Tatie Nally, en désignant quelques têtes sur l'Ecran…
Dolohov, Jugson, Rookwood et Mulciber, applaudissent mollement et font une tête de six pieds de long. Nul doute qu'ils pensent qu'une telle place aurait dû leur revenir, dans la mesure où ils appartiennent à la première frange des Mangemorts, ceux qui étaient déjà présents aux côtés de Voldemort, lors de la première guerre…
Ce qui n'est pas le cas de Colton, qui est pourtant un peu plus âgé qu'eux, me semble-t-il…
« C'est tout bon pour nous, ça, hein ? » réponds-je, le sourire aux lèvres…
« Oui. Jusqu'à présent, Voldemort n'a toujours eu que trois lieutenants et aujourd'hui, il crée une quatrième place à ses côtés, pour la donner à un Mangemort récemment recruté et qui est plutôt resté dans l'ombre jusqu'à présent. Il n'est pas même marqué, dans la mesure où il officiait dans un Sous-Ministère. Alors tu peux être sûr que la Gloire de Colton risque d'être brève. Lors de la prochaine attaque, chacun des quatre est capable de le descendre dans le dos en espérant récupérer la place encore chaude, qu'il aura laissé vacante… » ajoute Tatie, son regard courant sur les autres personnes présentes dans la Salle de Bal…
Elle tente d'évaluer chaque réaction, chaque expression et je suis sûr qu'elle se passera et repassera les bandes de cet instant, encore et encore, jusqu'à ce qu'elle les ait toutes saisies sur le vif de l'annonce de Voldemort…
« Ouais, ben si après ça, ces mouches à merde pouvaient aussi se dévorer entre elles, pour être certaines d'avoir la meilleure place sur l'étron, ça nous arrangerait aussi. Ça en ferait au moins trois en moins parmi les quatre… » déclare-je, avec une pointe d'espoir…
« Oh ! Ça, il ne faut pas y compter, malheureusement. Ils sont liés dans les mauvaises actions depuis les bancs de l'école. Certes, ils ne voleront pas au secours des uns et des autres si cela ne les avantage pas ou que cela risque de leur coûter une blessure ou la vie, mais ils ne s'entretueront pas… En revanche, ils peuvent s'allier, pour comploter contre les intérêts de Voldemort, si celui-ci leur fait trop souvent défaut… » répond Tatie, tandis que sur les Ecrans, Colton reçoit les félicitations plus ou moins hypocrites des uns et des autres, serrant des mains à n'en plus finir…
Ce qui commence à agacer Voldemort, je crois. Il n'aime pas trop que les autres aient la vedette quand il est là, bien sûr. Ceci dit, ce n'est pas dans son intérêt de le montrer. D'autant que quelques-uns viennent aussi lui faire des salamalecs, accompagnés de promesses de dons qu'il leur extorque habilement au passage…
Ouais… Il est un peu agacé, de devoir partager la vedette avec Colton, mais il ne perd pas le Nord quand même, le Ténébreux Suprême.
Ni son objectif du jour : récolter du fric…
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Acte 7 : Prière Exaucée
Molly
Cette attente est beaucoup trop longue !
Je redoute qu'Arthur ait reçu un autre Maléfice, en plus du Vide-Entrailles !
Merlin ! Sauvez mon époux, je vous en supplie ! J'ai perdu un fils déjà. Ne permettez pas qu'on m'enlève mon plus grand soutien dans cette terrible épreuve !
La porte s'ouvre. Et comme à chaque fois, je sursaute, le cœur battant d'espoir et de peur à la fois.
« Richard ! » m'exclame-je, en sautant sur mes pieds.
Il me sourit et j'éclate en sanglots…
Merlin, merci ! Vous avez exaucé ma prière, mon Arthur est sauvé !
Autour de moi, mes enfants rient dans des larmes de soulagement. Nous tombons dans les bras les uns des autres, nous embrassant et nous serrant très fort, durant quelques instants, puis je m'avance vers Richard…
« Comment va-t-il ? » demande-je, en lui serrant les mains avec reconnaissance, pour cette si bonne nouvelle qu'il est venu nous apporter…
« Vous pourrez le voir dans quelques minutes, Molly, le temps de changer son lit et de l'installer confortablement… » répond Richard, d'un ton apaisant…
« D'accord, mais dites-moi tout. Pourquoi cela a-t-il été aussi long ? » insiste-je, désireuse de savoir exactement ce que mon Arthur a souffert…
« La carafe cassée a fait de gros dégâts et ses entrailles et viscères étaient en piteux état, Molly. Cela a pris du temps pour les réparer et ôter tous les minuscules éclats de verres insérés dans ses organes. Par ailleurs, Arthur s'est durement cogné la tête en tombant, ce qui a provoqué un sérieux traumatisme crânien et il a fallu que j'intervienne sur un hématome sous-dural. Mais tout va bien, maintenant. Il n'aura aucune séquelle de ce côté, je vous le promets. Au niveau abdominal c'est une autre affaire. Il aura des spasmes douloureux, devra prendre des Potions et faire un régime durant quelques jours. Vous pourrez cependant le ramener au Terrier lundi je pense et il sera presque totalement sur pied d'ici jeudi ou vendredi…» répond Richard, avec un sourire confiant…
Je me sens terriblement soulagée. Arthur devra se reposer durant quelques jours, mais tout va bien. Tout va bien…
« Je fais prévenir le professeur Dumbledore ! » s'exclame Bill, en sortant son Bipper de sa poche.
« Quant à moi, je vais acheter un sacré beau cadeau à la gamine qui l'a aidée ! Elle lui a fort probablement sauvé la vie, d'après Fol Œil, n'est-ce pas ? » s'exclame Charly, en claquant l'épaule de Richard…
« Sans aucun doute. Augustus a dit que ton père serait mort avant que les secours arrivent, si elle ne lui avait pas administré les Potions qu'il lui a indiquées. L'intervention de cette petite mérite donc amplement d'être récompensée, effectivement…» répond Richard, en hochant positivement la tête…
« Ouais. Et moi aussi, je vais lui offrir quelque chose à la gosse… » déclare Ron, qui entoure Ginny de son bras.
Ma fille acquiesce, comme pour signifier qu'elle est bien décidée à remercier la petite comme il se doit elle aussi…
« Nous allons tous lui offrir un cadeau. Et Papa voudra sûrement être le premier à la remercier. Alors ne le devancez pas, compris ? Nous irons la voir tous ensemble, dès qu'il sera remis de ses blessures… » décide-je, les mains et les genoux encore tremblants de la terrible peur que j'ai eue…
« Ok, M'man. Pas de souci. Ça nous laisse le temps de réfléchir et de choisir une récompense à la mesure de ce que nous lui devons…» déclare Fred, en entourant mes épaules de son bras et m'embrassant sur la joue…
« Et promis, M'man, Fred et moi, nous ne lui offrirons rien de dangereux ou qui vienne de la boutique… » renchérit Georges, en m'embrassant sur l'autre joue…
Je passe mon bras autour de leur taille et je les serre contre mon flanc. Ils me connaissent bien et ont devancé mes mises en garde.
Ils n'avaient pas besoin de le faire, pourtant. Je sais qu'ils étaient déjà résolus à remercier cette fillette avec autre chose que des Farces et Attrapes. Car c'est la vie de leur père qu'elle a sauvé et je sais à quel point cela compte pour eux…
Comme pour chacun de mes autres enfants…
Et pour moi, plus encore…
Je l'aime tellement, mon Arthur !
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Acte 8 : Les Décisions Du Conseil D'Urgence
Severus
Une bonne demi-heure déjà, qu'Albus et moi sommes au Ministère, attendant dans le bureau d'Emeline Vance, des nouvelles de Ste Mangouste…
En espérant qu'elles ne tardent plus. Non seulement parce que nous sommes inquiets, mais aussi car d'elles dépendent les décisions du Conseil d'Urgence du Magenmagot….
A notre arrivée ici, Emeline nous a appris qu'elle avait demandé aux mandataires de ce Conseil, d'attendre d'en savoir d'avantage sur l'état de Santé d'Arthur, avant de prendre une décision. Ils ont accordé un délai jusque 16H00, avant de commencer leur réunion.
Et depuis, elle ne cesse de jeter des coups d'œil sur la pendule.
Elle sait, qu'Arthur ne souhaite pas la charge de Ministre, aussi voudrait-elle qu'il soit nommé au poste par Intérim, afin de pouvoir plus librement préparer sa propre campagne, pour les prochaines élections. Et Arthur sera nommé, si son état de santé le permet. Après tout, il n'y a aucune raison que ce ne soit pas ainsi. Il a fait de l'excellent travail, depuis qu'il est Sous-Secrétaire d'Etat et il est très apprécié des Directeurs de Département, avec lesquels il entretient des rapports professionnels tout à fait cordiaux…
On frappe à la porte et Emeline invite le visiteur à entrer…
Il semble avoir couru, pour arriver jusqu'ici…
« Un problème Amos ? » demande Emeline, le front barré d'inquiétude
« Non. C'est juste que les journalistes commencent à sérieusement s'impatienter dehors et qu'il a fallu que je bataille un peu pour arriver jusqu'ici, sans que ceux qui sont parvenus à passer la barrière des vigiles, forcent l'entrée du Département... … » nous apprend Amos Diggory, en s'épongeant un peu le front, avant de tendre un rouleau de parchemin à Albus, en précisant : « C'est un message d'Alastor Maugrey.. »
Albus le déroule aussitôt, lisant très rapidement le message…
« Ann Berthold est déjà passée aux aveux. Elle a révélé que le but du déjeuner auquel elle participait, était de fomenter leur prise de pouvoir aux Sous-Ministères du Pays de Galles et d'Ecosse. » révèle-t-il, sourcils froncés, avant de poursuivre sa lecture…
« La prise de pouvoir aux Sous-Ministères de Pays de Galles et D'Ecosse ! Cela aurait été catastrophique ! Ça leur aurait permis de contrôler la logistique et le réseau annexe des Cheminées dans ces deux régions ! Et cela aurait également obligé le retranchement total des Aurors et Tireurs de Baguette à Londres ! Or, même s'ils ne sont pas nombreux à être détachés en permanence dans les Sous-Ministères, leur présence rassure la population, en garantissant des interventions un peu plus rapides sur leur terrain… » commente Amos, en prenant place dans un fauteuil…
« Et le Sous-Ministère d'Irlande ayant en grande partie été détruit lors de l'attaque de Dublin, cette opération achevait de déstabiliser l'organisation de la Communauté Sorcière dans son ensemble ou presque. Autant dire qu'il s'agissait d'ouvrir la voie vers le Ministère pour Voldemort… » ajoute Emeline, vivement affectée par la nouvelle…
« Ce n'est pas une commande de Voldemort, ça. Ni de Lucius… » murmure-je, yeux plissés…
« Non. C'est une initiative personnelle de Colton. Il souhaitait rapidement monter les échelons de la hiérarchie dans les rangs de Voldemort et voulait définir le plan de cette action, avant de le lui soumettre, pour entrer dans ses bonnes grâces… » ajoute Albus, qui achève la lecture du message de Fol Œil.
Il roule maintenant le parchemin, avant de le remiser dans sa poche, tandis que je me dis que si Colton avait soumis ce plan à Voldemort, nous l'aurions contré avant même qu'il puisse être mis en action. Ce qui n'aurait pas été le cas, si son groupe avait agi seul…
D'où l'intérêt d'accélérer le mouvement, en ce qui concerne la surveillance des Mangemorts et sympathisants de Voldemort, dans tout le Royaume, grâce aux Cartes Magiques. Il faudra mettre les bouchées doubles pour rendre ce projet viable…
« Eh, bien, on peut dire qu'il a une ambition démesurée et qu'il a finalement trouvé un moyen de les grimper rapidement, les échelons… » commente de son côté Amos, en grimaçant…
« De l'ambition, oui. Et de l'orgueil aussi… Une très mauvaise combinaison… » interviens-je, l'image de Grindelwald traversant mon esprit, avant que j'ajoute : « Cela pourrait provoquer très rapidement sa chute, du piédestal sur lequel il vient de trouver place… »
Albus acquiesce du chef, tandis qu'Amos ouvre la bouche, sans doute pour en faire autant avec quelques paroles bien senties à l'encontre de Colton, mais au même instant, Nally se manifeste dans le Miroir, posé sur le bureau, dont Albus se saisit vivement…
« Excellentes nouvelles d'Arthur ! » dit-elle, d'un ton heureux, avant de nous rapporter le message de Bill…
Emeline Vance rédige aussitôt une note, sur laquelle elle appose son sceau, avant de la confier à Amos.
« Le Conseil vient juste de débuter ! Allez-vite porter ceci à Tibérius Ogden, Amos ! » dit-elle, un peu fébrile, tandis que je me réjouis de la nouvelle…
Les Weasley ont déjà payé bien assez cher leur engagement auprès de l'Ordre du Phénix, de Harry et dans la guerre. Et cela m'aurait terriblement peiné de perdre Arthur. C'est un homme remarquable et que je considère comme un ami très cher…
Le Conseil d'Urgence, auquel Albus a refusé de participer, afin que nul ne puisse l'accuser d'avoir influencé les autres mandataires, pour placer ses pions à la tête du Ministère, en faisant nommer des Membres de l'ordre du Phénix qu'il préside également, ne délibère pas très longtemps et un huissier vient chercher Emeline Vance, Albus et Amos, à la demande de Tibérius Ogden, qui a présidé la séance…
Bien que n'ayant pas été invité, je les suis, restant cependant discrètement en retrait, au fond de la salle de délibération…
Tibérius Ogden invite Albus, Emeline et Amos à s'asseoir et il demande expressément à Amos, en tant que secrétaire particulier, attaché au service du Ministre, de prendre note des décisions qu'il va rendre au nom du Conseil d'Urgence…
« En ce Samedi 22 Février 1997, le Conseil d'Urgence du Magenmagot, a été saisi, comme prévu en circonstance exceptionnelle visée par l'article 911, alinéa c-23 de la Loi n° CS13-479 du 24 avril 1387, en raison du décès de Cornelius Oswald Fudge, né le 5 décembre 1932 à 18H12 à Londres, Angleterre et mort assassiné ce 22 Février 1997 à 12H53 à Lempeter, Pays de Galles, afin de désigner le Ministre Intérimaire, comme prévu par l'article 1012, alinéna f-105 de la même Loi, en l'attente de l'élection du nouveau Ministre. Le Conseil, présidé par Tibérius, Augustus, Marcus Ogden, et composé de Griselda, Irma, Marchebank etc… etc…etc…, vous complèterez la liste des mandataires présents, n'est-ce pas, Amos ? » déclare Ogden, du ton un peu pompeux qui le caractérise…
Et qui m'ennuie profondément je l'avoue. Il est aussi agréable à écouter que le Fantôme du pauvre Cuthbert Binns quand il dispense ses cours…
« Bien entendu, Monsieur le Président… » acquiesce Amos, avec amabilité…
« Bien… Voyons, où en étais-je ?... Ah oui ! La liste des mandataires, donc etc, etc, etc… décide, la nomination au poste de Ministre Intérimaire, de l'actuel Sous-Secrétaire d'Etat, Arthur Weasley. Il sera secondé dans ses fonctions, par Amos Diggory qui suppléera en tant que Sous-Secrétaire d'Etat temporaire et un ou une secrétaire de son choix. » dicte Ogden, sous l'oreille attentive des mandataires du Conseil, avant de faire signe à Amos de cesser d'écrire et de se pencher en avant vers Emeline Vance pour ajouter : « Cela vous convient-il, très chère ? »
« Tout à fait ! Et je vous remercie d'avoir tenu compte de mon avis ! » approuve celle-ci, avec satisfaction…
« Nous ne l'aurions pas fait si des nouvelles rassurantes ne nous étaient pas parvenues à temps… Bien. Amos, ajoutez que la date des élections du Nouveau Ministre de la Magie est fixée au samedi 5 avril 1997. Autrement dit, à l'issu du délai minimum légal accordé aux différents candidats pour effectuer leur campagne. Les candidatures devront être déposées le 1er mars à 12H00 au plus tard dans le service approprié. Je compte sur vous Amos, pour rédiger tout cela en bonne et due forme, avec toutes les références légales qui s'imposent, bien entendu… » poursuit Ogden, en se recalant au fond de son fauteuil, la mine satisfaite…
A ses côtés cependant, la très vieille et ratatinée Griselda Marchebank, n'a pas l'air de l'être autant. La mine sévère, elle lui tapote la main de deux petits coups de Baguette très sec…
« Que vous arrive-t-il ? » sursaute Ogden, en se tournant vers elle, surpris…
« Vous oubliez un important détail, Tibérius ! » répond-elle, avec sècheresse…
« Pardon ? Mais de quel détail s'agit-il ? » demande Ogden, sourcil haussé…
« Ah ! Faut-il que vous ayez la mémoire comme une passoire, pour l'avoir oublié, espèce de vieux débris ! Le Conseil des Ministres d'Europe, Tibérius ! » s'exclame Griselda, tandis que je souris dans ma moustache…
Elle ne change pas, Griselda Marchebank. Certes, elle est de plus en plus ratatinée sur elle-même, mais elle ne perd rien de sa vivacité d'esprit, ni de son caractère autoritaire…
« Vieux débris ! Comme vous y allez ! Je vous rappelle Griselda, que j'ai vingt-deux ans de moins que vous ! » s'insurge Ogden, l'air offusqué…
« Et alors ! Je n'ai jamais dit que je ne n'étais pas moi-même un vieux débris ! Mais là n'est pas la question ! Parlez donc du Conseil des Ministres ! » riposte Griselda, en tapotant de nouveau la main d'Ogden avec sa Baguette.
Produisant cette fois des étincelles, qui doivent brûler la peau d'Ogden, à voir sa vive réaction de retrait…
« Ouille ! Mais arrêtez ! Quel caractère je vous jure ! ! J'y viens ! J'y viens à ce Conseil ! Ajoutez Amos, qu'Arthur est habilité à représenter le Ministère lors du Conseil des Ministres si la date de la prochaine réunion est programmée avant les élections ! » s'exclame Ogden, avant de se tourner vivement vers Griselda pour ajouter : « Voilà, êtes-vous satisfaite, vieille chouette ? »
« Tout à fait, très cher. Maintenant, faites donc venir un thé, en attendant que nous puissions signer le décret qu'Amos rédige. Et pas de ce thé immonde que Cornelius nous faisait servir ! Celui qu'il se réservait ! Paix à son âme, mais il faut bien reconnaitre que s'il y a une chose que je ne regretterai pas, c'est que Cornelius ne nous imposera plus de faire des économies de bouts de chandelles, pour couvrir ses dépenses inconsidérées en frais de bouche personnels ! » répond Griselda, avec autorité…
« Nettement moins inconsidérées ces derniers mois. Arthur y veillait farouchement… Ah ! Je suis bien aise que ce brave Arthur n'ait pas été tué lui aussi ! Quelle immense perte cela aurait été pour la Communauté ! » intervient Amelia Bones, sur un soupir, tandis qu'Ogden obéit à Griselda et sollicite du thé auprès de l'Elfe du Ministère qu'il a appelé…
Il me semble à ce propos, qu'il s'agit de l'Elfe qui a aidé Harry et King, lors de l'attaque du Ministère, en décembre. Mais je ne m'attarde pas sur cette question, je préfère de loin suivre la conversation animée par la vieille Griselda…
« Assurément ! Il aurait probablement été nécessaire de repousser le Conseil des Ministres, ce qui aurait fortement arrangé le lord Machin chose ! Emeline, mon petit, promettez moi que vous garderez Arthur au poste de Sous-Secrétaire d'Etat et mon vote vous est acquis ! Pas qu'il ne le soit pas déjà, je ne vois pas qui fera meilleure candidature que vous, mais enfin, convenez qu'il ne pourrait non plus avoir meilleur tandem que vous-même et Arthur, à la tête de notre Communauté en ces heures sombres et pénibles ! » déclare Griselda, son œil sévère et pointu, fixé sur Emeline…
Une belle part des mandataires du Conseil d'Urgence hoche positivement la tête à sa déclaration et ceux qui ne le font pas, sont soit endormis, soit plongés dans des conversations animées, dont l'objet m'échappe, dans la mesure où mon attention est toute concentrée sur Griselda Marchebank…
Il faut dire que, bien que sa présence se fasse de plus en plus rare au Magenmagot, la vieille dame est très toujours très influente et que son avis est généralement suivi, lorsqu'elle prend la parole…
Ce qu'elle fait depuis quelques années, uniquement lorsqu'elle sent que les avis vont pencher du côté vers lequel elle ne souhaite pas qu'il tombe.
« Je vieillis bon train, mon cher, alors il faut bien que j'économise mes efforts, si je veux durer le plus longtemps possible. Je parle donc, uniquement lorsque je le juge à la fois indispensable et inévitable… » a-t-elle déclaré un jour, à un journaliste qui lui a demandé pourquoi elle ne s'exprimait pas plus souvent…
Il semble cependant qu'aujourd'hui, elle se soucie peu de s'économiser…
« Je ne demande pas mieux, j'ai toujours beaucoup apprécié travailler avec Arthur. Encore faut-il, qu'il soit d'accord… » lui répond Emeline, avec sincérité
« Naturellement qu'il sera d'accord ! Notre Communauté a besoin de stabilité, il le sait bien ! Ce n'est pas le moment opportun pour chambouler toute l'organisation du Ministère ! Alors bien sûr, nous savons qu'il ne sera pas ravi d'être Ministre par Intérim, car il n'a aucune velléité de pouvoir et qu'il a accepté le poste de Sous-Secrétaire uniquement parce qu'il était urgent de compenser la bêtise de Cornelius et de faire le ménage dans les différents services ! Et qu'il valait mieux que ce soit un Membre de l'Ordre du Phénix qui le fasse au moment où il a été nommé ! Mais il conviendra sans doute également, que sa charge sera moins lourde dans la mesure où il n'aura pas à rattraper les bourdes incessantes de Cornelius, ni à le diriger vers les décisions qu'imposent le bon sens ! Et il assumera la charge de ce poste avec l'intelligence et le sérieux qui le caractérisent, à la grande satisfaction de la population qui sera rassurée qu'il en ait la responsabilité ! D'ailleurs, je suis sûr que tout comme moi, celle-ci est bien plus affectée de le savoir blessé, que de savoir Cornelius défunt ! » déclare Griselda Marchebank, avec une brusque franchise…
Ceci dit, elle a parfaitement raison. Arthur ne sera pas ravi d'être Ministre par Intérim, mais il le sera assurément d'avoir moins de travail. Et bien que déplorable pour sa famille, la mort de Cornelius Fudge ne représente pas une perte cruciale pour la Communauté Sorcière. Il faut bien en convenir…
« Pauvre Cornelius ! Il aurait nettement mieux fait de rester au poste qu'il occupait avant d'être Ministre, il y était beaucoup plus compétent… » intervient Tibérius Ogden, avant de croquer dans un biscuit aux amandes, avec un évident plaisir
« Il l'était certes, mais parce qu'il avait des Chefs de Services qui lui mâchaient le travail ! A son poste de Directeur comme à tous les autres précédemment, Cornélius, paix à son âme et Merlin me pardonne ma brutale franchise alors qu'il n'est pas encore froid, n'a jamais fait que parader et pérorer ! Et j'ai toujours pensé que s'il a été élu, c'est parce qu'il avait le soutien de Lucius Malfoy et que ce dernier avait trafiqué les résultats de vote, grâce à de conséquents pots de vins ! » rétorque Griselda, qui exprime-là tout haut, ce que beaucoup ont pensé tout bas en son temps…
Moi le premier. Lucius ne l'a jamais avoué devant moi, mais j'ai toutes les raisons de croire, qu'il a effectivement donné un sérieux coup de pouce à Fudge, en distribuant de nombreux pots de vin.
« C'est une évidence ! Il avait tout intérêt à ce que Cornelius soit élu ! Fort heureusement aujourd'hui, le ménage a été fait dans les rangs du Ministère, y compris au Magenmagot et Lucius Malfoy ne peut plus exercer son influence en toute liberté ! Il serait bon toutefois, nous assurer que tout se passera dans les règles pour les prochaines élections ! Cela me revient maintenant et croyez que je le ferai ! » accorde Amélia Bones, d'un ton sévère
« Nous n'en doutons pas très chère ! Mais dites-moi, Emeline, si vous êtes élue, ce dont je ne doute pas, qui pressentez-vous pour vous remplacer à la Direction du Département des Accidents et Catastrophes Magiques ? » intervient de nouveau Griselda, décidément très bavarde aujourd'hui
« Arnold Peasegood, le Chef du Quartier Général des Oubliators, est à mon sens, le candidat idéal. Il est vif et intelligent, travaille en très bonne entente avec chaque service et il a une excellente connaissance du monde Moldu, ce qui me semble primordial et indispensable dans ce Département… » répond Emeline, sans même avoir à réfléchir à la question…
Elle doit l'avoir fait depuis longtemps. Après tout, chacun sait qu'elle a toujours eu pour projet de postuler aux prochaines élections Ministérielles…
« Arnold Peasegood… Oui, vous avez raison, Emeline, il est tout à fait l'homme de la situation. Un Né-Moldu, n'est-ce pas. Cela constitue un atout maître, dans une fonction où, en ces temps troublés, il risque souvent d'être sollicité, par le Comité des Inventions d'Excuses à l'Usage des Moldus, pour donner son aval à leurs décisions d'intervention… » déclare Griselda Marchebank, en posant sa tasse de thé dans sa soucoupe…
« Tout à fait ! C'est lui, n'est-ce pas, qui est intervenu à Dublin la semaine dernière ! Il a fait de l'excellent travail, avec sa brigade d'Oubliators ! J'ai d'ailleurs entendu dire qu'il avait aidé le Comité d'Excuses, à mettre au point cette idée concernant un illusionniste Moldu qui aurait voulu faire croire à une invasion par des extra-terrestres ! Idée totalement farfelue au demeurant, mais qui a très bien marché ! Les Moldus ont une imagination si fertile, qu'elle leur permet de croire en l'incroyable ! Et je trouve cela admirable ! » renchérit Amélia Bones, avant d'émettre un petit rire amusé…
Qui n'a cependant rien de méprisant, ni de péjoratif.
« Effectivement. Arnold a été très efficace à cette occasion. Comme il l'est toujours. » approuve Emeline, tandis qu'à ses côtés, Amos relève enfin la tête du document qu'il rédigeait…
« Voilà, » dit-il, en tendant le parchemin vers Tibérius Ogden, « vous pouvez apposer vos signatures… »
Le vieil homme s'en saisit et sans même relire, il signe le document qu'il fait passer de main en main, parmi les mandataires du Conseil d'Urgence du Magenmagot, avant d'y apposer le Sceau Officiel du Ministère…
Et il demande aussitôt après à l'huissier de service, d'inviter les Directeurs de Département à venir prendre connaissance des décisions, avant qu'il n'en fasse l'annonce officielle au public qui attend dans l'Atrium…
Naturellement, je ne perds pas une miette des réactions suscitées par cette annonce. Du côté des Directeurs de Département, aucune surprise, tout le monde semble satisfait. En revanche, parmi les employés et le public venu en masse, je note quelques mines désappointées…
Des têtes malheureusement que je ne connais pas et mon intuition se met soudainement en alerte, tandis que j'avise deux d'entre elles. Alors je décide de les suivre discrètement à leur départ de l'Atrium. Le couple, d'une bonne quarantaine d'années, préfère prendre l'escalier Ouest pour repartir dans leurs services, plutôt que de prendre l'ascenseur…
Une excellente chose, car personne d'autre n'emprunte cet escalier et je peux me Désillusionner pour rester collé à leur train, sans me faire repérer…
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Acte 9 : Celles De Voldemort
Lee
Finalement, Voldemort n'a pas oublié les noces de Dolohov et Parkinson…
Et le couple de jeunes mariés, est maintenant à l'honneur à sa table, tandis que Colton a été relégué à la moins bien placée, sous prétexte qu'on ne pouvait plus chambouler les plans de tables établis…
La fête bat son plein, les verres sont plus vite vidés que les assiettes et les esprits commencent à sérieusement s'échauffer. A chaque petite table ronde, les conversations sont de moins en moins discrètes et les rires de plus en plus gras…
Voldemort se penche un court instant à l'oreille de Lucius et ce dernier effectue un signe de tête vers Amycus Carrow, qui se tient droite et raide à quelques pas, prête à servir et desservir la table de son Maître. De toute évidence, elle comprend le message et se tourne en direction du petit orchestre, composé de quatre Mangemorts, recrutés dans je ne sais quel pays du Continent…
La musique s'élève, faisant aussitôt retomber le niveau sonore aux tables et, selon la tradition, le couple de nouveaux mariés ouvre le bal…
Dolohov est un très bon danseur et, prenant soin de se tenir à distance respectueuse, il entraine Parkinson, dont les pieds sont moins habiles que les siens, dans une valse lente, sous les applaudissements plus ou moins nourris de l'assistance…
D'autres couples rejoignent la piste, dès le délai convenu passé, quand Carrow père ouvre la porte et se faufile discrètement entre les tables.
Sans doute vient-il annoncer à Voldemort, que Willy Larbrouss vient d'arriver et demande instamment à voir le Maître pour lui apporter les nouvelles qu'on l'a envoyé quérir tantôt…
A savoir Arthur Weasley allait-il s'en sortir et qui allait être Ministre par Intérim ?
Inutile de préciser, que Voldemort espérait vivement qu'Arthur pousse aujourd'hui lui aussi son dernier souffle, quand il a appris qu'il avait été gravement blessé, par le Potionniste de Ste Mangouste, à la solde de Lucius, venu en hâte annoncer la nouvelle…
Voldemort et Lucius se lèvent de table et se rendent aussitôt dans le petit salon, dans lequel Willy a été prié d'attendre…
Ce dernier tripote son chapeau avec nervosité et sa tête indique aussitôt à Voldemort et Lucius, que les nouvelles ne sont pas aussi bonnes qu'ils l'espéraient. Le Ténébreux pince les lèvres, tandis que Larbrouss se laisse tomber à genoux, tête basse…
« Parle ! » lui jette Voldemort, d'un ton sifflant…
« Arthur Weasley est l'Ministre par Intérim, Monseigneur… » répond Larbrouss, la voix tremblante…
« Comment est-ce possible, alors qu'il était à l'agonie à son arrivée à Ste Mangouste ? » explose Voldemort, dont la colère a enflé dans une bouffée qui a fait voler les vitres en éclats…
« D'après la rumeur qu'j'ai entendu dire, il a su prendre des Potions d'guérison avant d'perdre connaissance, quand qu'il était encore là-bas, à l'Estaminet... » répond Larbrouss, la tête rentrée dans les épaules…
« La rumeur ! Je ne m'intéresse pas aux rumeurs ! » gronde Voldemort, le regard flamboyant et la Baguette menaçante…
« J'le sais bien Monseigneur ! Je m'suis rendu sur place pour en savoir plus ! » se défend aussitôt Larbrouss, à moitié recroquevillé sur lui-même…
Son visage transpire la peur et Lucius le regarde avec une moue méprisante. Il est tout aussi vivement contrarié que Voldemort et je parie que sa Baguette le démange de cracher des Maléfices…
« Alors ne m'embête pas avec les rumeurs et va à l'essentiel, vieil imbécile ! » éructe Voldemort, qui se retient visiblement à grand peine, de brutaliser son Serviteur…
« L'patron d'l'Estaminet du Vert Gallois s'vante à qui veut l'entendre, qu'sa p'tite fille de huit ans a sauvé la vie d'Arthur Weasley ! » répond précipitamment Larbrouss, tandis que Tatie Nally se saisit du Bipper Général…
« Il ment ! Comment est-il possible qu'une enfant fasse cela ? » siffle Voldemort, dont la Baguette menace dangereusement Larbrouss…
« Elle lui a donné des Potions qu'il avait sur lui ! Une pour arrêter l'sang d'pisser et une autre pour lui r'faire du sang ! C'est ç'qu'un Médicomage a dit devant tout l'monde qu'y avait là-bas, quand qu'il est arrivé porter les premiers s'cours ! Il a dit aussi que sans ça, Weasley s'rait mort avant son arrivée ! » s'empresse d'expliquer Larbrouss…
Et cette fois la fureur de Voldemort explose. Larbrouss en fait les frais, l'éclat d'une statuette bousillée sous l'impact d'un Maléfice lui déchirant la joue…
Mais déjà, Voldemort sort du petit salon, se dirigeant en longues enjambées, vers le bureau et Lucius le suit, non sans avoir au préalable, congédié Larbrouss d'un ton méprisant…
« Voulez-vous que j'organise une expédition punitive contre la famille de l'aubergiste du Vert Gallois, Monseigneur ? » demande-t-il à Voldemort, à peine la porte du bureau refermée sur eux…
« Fais donc, Lucius, si cela peut te contenter ! » éructe Voldemort, en effectuant les cent pas dans le bureau…
« C'est vous et uniquement vous, que je souhaite contenter, Monseigneur… » déclare Lucius, d'une voix douce, en courbant l'échine…
Voldemort ne répond pas. Il poursuit sa marche de long en large, lui accordant seulement un regard flamboyant de fureur et Lucius prend le parti de se faire tout petit dans un coin reculé, s'appuyant contre une étagère, en une pose faussement décontractée…
« Ils vont s'attendre à une attaque ce soir… » murmure soudainement Voldemort, en s'arrêtant net de marcher…
« Alors je peux y aller sans attendre, Monseigneur… » intervient Lucius, en se redressant vers lui…
« Je ne parle pas de cette insignifiante famille ! » siffle Voldemort, en se tournant brusquement vers lui…
Lucius relâche ses épaules, dans une attitude plus humble, se gardant bien cependant, d'esquisser le moindre mouvement de retrait…
Et Voldemort reprend ses cent pas, l'air frémissant autour de lui de sa rage difficilement contenue, durant quelques minutes silencieuses. Et soudainement une fois de plus, il s'arrête, son regard fixant la fenêtre sans réellement la voir, réfléchissant encore un court instant, avant de se tourner vers Lucius…
« Ce soir, tout le Pays va grouiller d'Aurors et de Tireurs de Baguette, les places fortes seront surveillées et l'Ordre du Phénix se tenir prêt à intervenir. Alors nous ne leur donnerons pas la satisfaction de nous attendre et de nous piéger. Laissons nos Mangemorts se réjouir ce soir de la mort de Fudge et dans quelques jours, lorsque leurs esprits déjà enivrés auront retrouvé leur fraîcheur, nous frapperons au cœur de la Communauté Sorcière ! » déclare-t-il, tandis que le visage de Lucius s'éclaire peu à peu…
« Vous avez raison, Monseigneur. En l'absence de réaction de votre part, la Communauté va baisser sa garde et nous pourrons la surprendre avec plus d'efficacité… » approuve Lucius, avec un sourire en coin…
Voldemort cependant ne lui prête pas attention. Il est encore tourné à l'intérieur de lui-même…
« Colton n'a pas parlé d'Arthur Weasley… Tâche de savoir pourquoi, il n'a pas été éliminé d'un Avada Kedavra, comme l'a été Fudge, Lucius. L'incompétent qui a laissé passer l'occasion de le faire, doit être puni… » déclare-t-il, une lueur cruelle traversant ses yeux rouges…
Et tandis que Lucius s'empresse de sortir du bureau pour accomplir la volonté de son Maître, je me dis que la gloire de Colton aura été bien éphémère, s'il a la sottise d'avouer que c'est lui, qui a raté l'occasion de tuer Tonton Arthur…
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Acte 10 : Une Filature Fructueuse
Severus
Deux étages déjà que je grimpe derrière le couple, sans qu'une parole entre eux soit échangée. Et je commence à me dire que je perds mon temps, quand l'homme s'arrête brusquement, à mi-chemin du troisième étage…
« Ce salaud d'Weasley s'en est donc sorti ! Ils ne l'auraient pas nommé, s'ils n'en avaient pas été certains… » chuchote-t-il, d'un ton grondant et contrarié…
« Chut, Francky, on pourrait t'entendre… » murmure en retour la femme, avec inquiétude…
« Ne dis donc pas de connerie, tu vois bien que nous sommes seuls ! » répond l'homme, en jetant néanmoins un coup d'œil aux alentours…
« Quand même, on ne sait jamais… Souviens-toi de ce que je t'ai dit, après l'attaque en décembre. Potter est apparu de nulle part ! Je suis sûr qu'il était sous Sortilège de Désillusion et que des Membres de l'Ordre se promènent partout comme ça, pour espionner… » réplique la femme, en frissonnant…
Elle resserre les pans de son châle autour de ses épaules, le regard aux aguets…
« Ouais. Mais à chaque fois que tu as jeté des Sorts pour t'assurer que personne ne te suivait, tu as fait chou blanc. De toute façon, pourquoi un Membre de l'Ordre nous espionnerait. Personne ne sait que nous sommes pour le Seigneur des Ténèbres et qu'il nous garde en réserve avec les autres, pour le grand jour… » rétorque l'homme, avant de s'asseoir sur une marche…
Voilà qui est intéressant, me dis-je et je suis curieux de savoir qui sont les autres auxquels il fait allusion…
« Oui. Une chance qu'on n'ait pas pris l'initiative de se joindre à Selwyn, quand on l'a aperçu lors de l'attaque en décembre. Et plus encore, que notre fils ait pu lui faire savoir, en janvier, que nous étions tout disposés à lui rendre des services… Grâce à ça, nous sommes assurés d'avoir une bonne place au Ministère, quand il viendra lui-même le prendre… » déclare la femme, qui hésite un bref instant, avant d'ajouter d'une voix rêveuse : « Je me vois vraiment bien, diriger le Département de Contrôle et Régulation des Créatures Magiques… »
« Et moi, à celui des Sports et Jeux Magiques… J'ai plein d'idées, que nous pourrions travailler ensemble. » répond le dénommé Francky, avec un ricanement mauvais…
« Oui, j'imagine. Nous faisons une bonne paire tous les deux… » sourit la femme, en jouant avec les freluches de son châle
L'homme approuve du chef et un silence s'installe entre le couple. Ils se laissent aller à leurs rêvasseries, jusqu'à ce que la femme pousse un soupir…
« Dommage que nous n'ayons pas pu nous marier tous les deux… » dit-elle, en passant son bras sous celui de l'homme, avant de poser sa tête sur son épaule…
« Ouais… Nous nous sommes rencontrés trop tard et ça aurait paru trop bizarre, qu'on se retrouve veuf encore si jeunes tous les deux, au même moment. Et tout autant, si ma femme était morte peu après que ton mari se soit fait la malle… Je me demande toujours comment il a fait pour comprendre que le bébé que tu attendais, n'était pas de lui… » répond l'homme, sourcils froncés…
« C'est sa mère qui lui a mis l'idée en tête, je te l'ai dit déjà mille fois… » fait remarquer la femme, en haussant les épaules…
« Ouais, d'accord. Mais ce n'était pas la première fois qu'elle t'accusait de courir ailleurs. Pourquoi il l'a crue à ce moment-là ? Tu m'as pourtant assurée à l'époque, qu'il était possible qu'il pense qu'il était le père… » insiste l'homme, en guettant la réaction de sa compagne…
« Il a essayé de me faire un enfant pendant cinq ans sans que ça marche. Il s'est peut-être résolu à passer des examens à Ste Mangouste sans que je le sache et il aura appris qu'il était stérile, peut-être ? Ou alors c'était un prétexte pour me laisser tomber parce qu'il avait déjà des vues sur Bertha Jones, qui sait ? Je n'en sais rien. Et je m'en fiche… Je voudrais seulement que nous puissions enfin former une famille, avec… » répond la femme, se taisant brusquement, lorsqu'une porte claque un peu plus haut dans les étages…
Le couple suspend son souffle, tête levée et sur le qui-vive. Des pas courent dans l'escalier, descendant vers nous et ils se lèvent tous les deux, se détendant cependant, quand les bruits de pas cessent et qu'une nouvelle porte claque sur le silence qui revient…
« Quand est-ce que tu vas te décider à quitter ta femme et m'épouser ? » demande alors la femme, dans un souffle, son regard fixé dans celui de son compagnon…
« Tu sais que je ne peux pas maintenant, Rebecca, où nous perdrons beaucoup d'argent. Patiente encore quelques mois et elle touchera enfin cet héritage dont nous avons déjà parlé ! Alors je la quitterai, avec la part qui me reviendra et nous serons riches. Si je pars avant, c'est criblé de dettes que je me retrouverai ! Et tu ne veux sûrement pas qu'on tire le diable par la queue ou que je me retrouve en prison parce que je ne pourrai pas payer mes créanciers ! » répond l'homme, dans un murmure un peu agacé…
Ce n'est assurément pas la première fois qu'ils ont cette conversation…
La femme se ferme et elle s'éloigne un peu de lui…
« Rebecca ! Tu sais bien que c'est toi que j'aime ! » s'exclame l'homme dans un murmure, en la retenant par le bras…
« Tu m'aimes, mais c'est avec elle que tu couches chaque nuit ! Et à elle que tu as fait trois enfants ! » reproche la femme, en essayant de se dégager…
Mais il la retient résolument et l'attire à lui avec fermeté…
« Il faut bien que je sauve les apparences, sinon, adieu l'héritage ! Rebecca, nous sommes si près du but ! Six mois ! Juste six petits mois ! Tu ne vas pas renoncer maintenant, après toutes ces années où nous avons attendu ! » déclare-t-il, dans un chuchotis pressant…
« Oui eh bien justement ! Il a d'abord fallu attendre quatre ans, presque cinq, avant que le vieux claque ! Et quand son testament a été enfin ouvert, ça été pour apprendre qu'il exigeait que ta femme et toi soyez mariés depuis vingt ans, avant qu'elle touche les Gallions ! Et va savoir quelle surprise nous attend encore, quand viendra la lecture du codicille qui doit être lu ce jour-là ! Si ça tombe, le vieux aura ajouté que l'héritage sera versé en rentes mensuelles ! Alors dis-moi, qu'est-ce que tu feras dans ce cas ? » réplique la femme, la colère couvant dans son regard…
« Peggy me mange dans la main, tu le sais bien ! Tout ce que je dis est parole d'or pour elle et tout ce que je fais trouve grâce à ses yeux ! » répond l'homme, souriant et se rengorgeant avec fierté, avant d'ajouter, sur un ton de plus en plus enjôleur : « Alors je l'inciterai à faire son propre testament à mon profit et après un délai raisonnable, disons un an, pour ne pas éveiller les soupçons, je l'empoisonnerai à petit feu… Mais tout ça n'aura pas lieu d'être. Parce que le Seigneur des Ténèbres va bientôt renverser le Ministère et prendre le pouvoir sur toute la Communauté Sorcière Britannique. Et tu sais ce que cela signifie… Nous aurons une place prestigieuse à ses côtés, je pourrais mettre fin à la vie de mes créanciers et celle de Peggy en toute impunité et le fric coulera à flot pour nous… »
Et la femme se laisse séduire, acceptant le baiser qu'il lui donne…
« Il faut y aller maintenant ou les collègues vont finir par se demander ce que nous fabriquons depuis tout à l'heure… » déclare ensuite l'homme, qui pique encore les lèvres de sa compagne d'un baiser, avant de lui promettre une visite chez elle le soir même…
Et ils se séparent, prenant des chemins différents pour regagner leur bureau respectif…
Quant à moi, je les laisse partir…
J'en sais bien assez, pour que King ou Fol Œil découvre leur identité.
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