Note de l'auteur:
Chose promise, chose due, espe29 a posté une review (et je la remercie encore ;) ) et je poste donc le chapitre 25 une semaine à l'avance encore. S'il vous plait laissez moi vraiment vos avis sur mes chapitres, cela m'aide vraiment pour l'élaboration de chapitres, même si ce sont des critiques négatives (tant qu'elles sont respectueuses). J'espère que ce chapitre vous plaira et à la prochaine!
Chapitre 25:
Le mois de janvier s'était installé. Particulièrement froid cette année. Si froid que même Olivier avait renoncé à faire s'entrainer l'Equipe de Quidditch. Un froid qui s'infiltrait partout dans les os comme dans les âmes. Un froid des plus frappants après le doux hiver qui avait été avant Yule et encore quelques jours après. Mais la nuit du Mardi 28 Décembre avait changé cela. De même que d'autres choses...
FLASH BACK:
Hadrian m'avait réveillé au beau milieu de la nuit, en me secouant doucement l'épaule, et en chuchotant excité. Il avait apparemment découvert quelque chose d'extraordinaire en se cachant pour échapper à M. Rusard et aux Professeurs Rogue et Quirell alors qu'il s'était introduit dans la Réserve.
Enfilant une robe de chambre, et une paire de chaussettes, je m'étais glissée hors de la Salle Commune, avec lui, dissimulés sous la Cape. Nous avions retraversé le Château, jusqu'à une ancienne salle de classe abandonnée. Hadrian s'était avancé un peu en avant dans la pièce, perdu dans son excitation. Alors que je restais pétrifiée à l'entrée. C'était la pièce de mon rêve. C'était le Miroir de mon Rêve. Et il m'appelait. Il m'appelait... Je sentis la peur m'envahir. Je commençais à dire:
-"Hadrian, je ne crois pas que..."
Déjà, il revenait vers moi et me prenant la main, me tirait vers le Miroir:
-"Viens voir, viens voir ma Famille!"
Sa Famille? Je n'eus pas le temps de trop me questionner. Déjà j'étais devant le Miroir avec lui. « riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. ». Les mots inscrits sur le c adre doré ouvragé que j'avais lu dans mon rêve, résonnèrent à nouveau en moi. Leur sens m'échappait même si je le sentais titiller ma mémoire. Je ne le compris que plus tard. Trop tard. Quand Hadrian, voyant que je ne voyais pas ce qu'il voyait, me fit prendre sa place devant le Miroir. Et que je voyais ce qu'il reflétait.
POV HADRIAN:
Il vit Adal se tenir devant le miroir. Il attendit le sourire, la joie, qu'elle voie elle aussi une vision aussi merveilleuse que la sienne. Il attendit... Puis. Il vit son visage déjà pâle, pâlir encore davantage. Il vit l'horreur dans ses yeux. Le chagrin, la souffrance. Il vit son coeur et son visage se briser. Il vit le désespoir.
Lentement Adal tomba à genoux. Sa bouche s'ouvrit. En un cri silencieux. Aucun son ne passa ses lèvres. Il aurait préféré. Il aurait mille fois préféré. Car ce cri silencieux fut la chose la plus atroce, qu'Hadrian eut jamais vu. Le cri d'un être qui se brise. Une fois de plus. Et quelque chose se brisa à son tour en Hadrian.
FIN POV HADRIAN:
FIN FLASH BACK
Nous n'avions pas parlé de ce qu'il s'était passé cette nuit-là. Pas de ce que j'avais vu. Je savais qu'Hadrian avait vu sa Famille, sa Famille au grand complet. Et je savais désormais ce que montrait ce Miroir. Je l'avais compris. Plus tard. Trop tard. « Riséd elrue ocnot edsi amega siv notsap ert nomen ej. ». Je ne montre pas ton reflet mais de ton coeur le désir. Et je m'étais souvenu pourquoi il m'avait semblé si familier.
Le Miroir de Riséd. Un Miroir montrant le désir le plus cher et le plus profond du coeur de quelqu'un. Un très ancien artefact, plus ancien encore que Poudlard. Un artefact qui avait rendu des gens fous, ou les avaient fait dépérir à force de contempler son reflet. Pour l'homme le plus heureux au monde, il ne verrait que son reflet. Mais Hadrian et moi n'avions pas vu que nos reflets. Hadrian avait vu sa Famille. Et moi...
J'étais tombée dans un état presque pire qu'après Samhain. Presque. Je m'en étais remis plus vite. Du moins en apparence. Le reste des vacances était passé comme dans un rêve, entre rires, joies, batailles de boules de neige, devoirs, lectures, chocolat chaud, parties de Quidditch et autres avec Perceval, les Jumeaux et Hadrian, ainsi que Terry et les autres Serdaigles et Poufsouffles et même les deux Serpentards qui étaient restés.
Mais Hadrian et moi n'avions plus parlé du Miroir. Et j'avais fait juré à Hadrian, l'agrippant avec force, beaucoup trop de force, une force né du désespoir, de la souffrance et de la terreur, par les bras, le faisant jurer de ne plus retourner voir ce Miroir. Il avait juré. Et j'avais cru voir dans ses yeux une étincelle de peur alors qu'il me regardait. Cela m'avait miné d'autant plus.
Le 3 janvier était arrivé et avec lui la fin des vacances hivernales et le retour des élèves à Poudlard. Nous avions retrouvé Hermione et Neville et tous les autres avec plus ou moins de plaisir et de joie. Surtout moi. J'étais heureuse de les revoir. Nous avions échangés lettres sur lettres durant les vacances.
Mais je savais aussi qu'Hermione et Neville étaient beaucoup trop perspicaces pour mon bien et qu'ils finiraient par comprendre que quelque chose n'allait pas avec moi et chercher à le savoir. Et si je faisais confiance à Hadrian pour ne pas chercher à me harceler pour savoir ce que j'avais vu dans le Miroir, je savais qu'il n'en serait pas de même pour Hermione et Neville particulièrement la première.
Aussi j'évitais de rester seule avec l'un d'entre eux, et m'isolais parfois assez longuement. Dans ces moments là, soit j'allais me réfugier en cuisine où je cuisinais ou me contentais de rester assise avec une tasse de thé et une tranche de quatre-quarts, à profiter de l'air chaud humide et parfumé de la cuisine. Soit j'allais en haut de la Tour d'Astronomie, entendre chanter le vent, jouer du violon ou encore observer en contre-bas. Je me promenais également aux abords de la Forêt Interdite dans la neige, malgré le froid mordant.
Comme à cet instant en ce matin de samedi 13 Janvier. Enveloppée dans ma cape noire d'uniforme renforcée par des sorts de mon cru et de Perceval, je marchais dans la neige du Parc. Passant près des berges du Lac Noir, je m'y arrêtais quelques instants, regardant l'épaisse couche de glace tout prés du bord qui recouvrait le Lac, s'amincissant au fûr et à mesure qu'on s'en éloignait. Le ciel était gris mais le vent semblait avoir cesser quelques instants.
Me détournant je repris ma route. Je passais prés de la Cabane d'Hagrid dont la cheminée fumait et ne put m'empêcher d'avoir un maigre sourire en voyant que la couronne de houx et de chêne était toujours là, accrochée à sa porte. Sortant ma baguette, je murmurais en tapotant la couronne:
-"Orchideus..."
De délicates Roses d'Hiver aux couleurs rouges et blanches apparurent entrelacées à la couronne. Je souris mélancolique. On surnommait également ces Roses, les Roses de la Blanche Neige, en l'honneur d'une sorcière qui jadis eut une fille portant ce nom, et qui en se piquant le doigt avec une aiguille, fit tomber trois gouttes de sang dans la neige. De ces trois gouttes de sang mêlées à la neige naquirent les Roses d'Hiver arborant le blanc de la neige et le rouge du sang.
Ma Mère les aimait beaucoup, et en hiver, dans le Parc du Manoir, elles resplendissaient en massifs. Ces roses ne poussaient qu'en Hiver, et ne craignaient pas le froid, elles l'adoraient même. On en faisait des couronnes que l'on offrait à Yule et tout le mois de janvier qui suivait. Elles portaient chance à ce que l'on disait.
Je ne savais pas pourquoi j'en avais fait apparaitre sur la couronne de la porte d'Hagrid. Peut-être que j'étais beaucoup plus mélancolique que je ne le pensais et que ma Vision dans le Miroir me hantait plus que je ne l'aurais cru.
Rangeant ma baguette dans le holster de ma manche, je me détournais et repris mon chemin. En temps normal en ce samedi matin, alors que l'aube pointait à peine, j'aurais été dans mon lit, ou entrain de travailler dans la Salle Commune de Gryffondor ou la Bibliothèque. J'aurais lancé un sort ou deux à Hermione cherchant à me réveiller, j'aurais expliqué à Neville une préparation de potions, j'aurais levé les yeux au ciel devant les pitreries des Jumeaux, j'aurais corrigé les fautes de la copie d'Hadrian, j'aurais, j'aurais, j'aurais...
Mais rien n'était normal en ce moment. Hadrian s'il avait entendu cette pensée en cet instant aurait reniflé et énoncé railleur et cynique:
-"Définis moi la normalité et on en reparlera, Adal Malfoy..."
Ca lui prenait parfois ces petites bouffées de cynisme et de narquoiserie. Je gardais à l'esprit alors qu'il aurait du aller à Serpentard et que cela relevait tout à fait de l'esprit et de la langue mordants de cette Maison. Mordant mais pas moins vrai. Mais inutile en ce moment pour m'aider à m'extirper de cette langueur qui m'habitait.
Je m'arrêtais soudain. Le regard rivé sur ce qui se tenait à la lisière des pins de la Forêt Interdite. Des êtres que je connaissais très bien pour avoir souvent parcouru les pages qui leur étaient consacrées dans Vies et Habitats des Animaux Magiques de Norbert Dragonneau. Des êtres dont je rêvais depuis bien longtemps déjà mais particulièrement depuis la nuit de Noël. J'étais en route vers eux avant même de le réaliser.
Grands et élancés, ils ressemblaient à des sortes de chevaux squelettiques, de couleur noire et dotés d'ailes semblables à celles des chauve-souris. Leurs yeux étaient blancs au regard vide. Du fait de leur apparence un peu effrayante, ils avaient longtemps été considérés comme maléfiques par les Sorciers, et pourchassés par eux, tout comme les Licornes noires. Cela tenait également du fait de la condition pour les voir: Avoir vu quelqu'un mourir.
Pourtant c'était des êtres très doux et sympathiques. Ils sont très protecteurs et aiment les enfants, les protégeant contre tout ce qu'ils considèrent comme une menace. Ils y avaient des Sombrals qui passaient parfois en troupeaux dans les bois et forêts prés du Manoir. Quand j'étais petite, je ne les voyais pas, mais je percevais leur présence. Puis. Il y avait eu l'Endroit.
Je ralentis le pas en approchant, et finis par m'arrêter à quelques mètres. Ils avaient relevés la tête à mon approche, leurs yeux blancs braqués sur moi. Durant de longues secondes, nous restâmes ainsi à nous regarder les uns et les autres. Le vent s'était tut comme semblant lui aussi reconnaitre l'importance de ce moment, une importance que je sentais sans pouvoir la comprendre ou la saisir réellement.
Ce fut un petit qui le premier s'avança. Ses pattes étaient un rien vacillantes mais restaient affirmées. Il devait être né au printemps dernier. Il s'avança à petits pas dans la neige, me regardant avec ce qui ressemblait à de la curiosité. Comment je le savais, je l'ignorais moi-même.
Retirant mes gants, je tendais la main paume ouverte devant moi avec douceur, me penchant un peu en avant. Je le laissais venir à moi. Il avança sa petite tête et vint la coller contre la paume de ma main. Je haletais silencieusement alors que je sentais la tête toute légère recouverte d'une peau douce et chaude contre la mienne. Et plus encore.
L'espace d'un instant il me sembla entendre une voix chanter: "Chwaer". La voix s'évanouit aussitôt qu'elle était venu tout comme le souvenir de l'avoir entendu. Je restais là à caresser le petit Sombral, puis le reste du troupeau quand celui-ci m'entoura. L'espace d'une heure, j'échappais au reste du monde et au temps lui-même. Alors qu'entourée des Sombrals, j'apprenais à les connaitre. M'apaisant petit à petit, sans même m'en rendre compte.
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Je revins le lendemain, avec un panier en osier contenant des tranches de pommes et de la viande crue. J'avais lu que les Sombrals en raffolaient. Je les nourissais tout en les caressant et en leur parlant. Je me sentais apaisée prés d'eux. Plus sereine. Plus calme. Mieux que je ne l'avais jamais été depuis la Nuit où j'avais regardé dans le Miroir de Rised.
Je n'avais pas dit où j'allais aux autres. Les autres fois déjà. Au début Hermione et Neville avaient voulus savoir. Je savais qu'ils s'inquiétaient pour moi. Mais Hadrian les en avait empêché. Je crois qu'il se sentait un peu coupable de ce qu'il s'était passé. S'il ne m'avait pas trainé dans le Miroir, je ne serais pas ainsi. Il allait falloir que je lui parles pour qu'il arrêtes de faire une tête de martyr romain à chaque fois qu'il me regardait ou que je le regardais.
J'étais entrain de caresser un des mâles les plus imposants. Je sentis l'Odeur (Nuit enneigée, chocolat noir et sureau), puis la présence, et ensuite j'entendis les bruits de pas dans la neige. Sans me retourner je saluais d'une voix neutre:
-"Bonjour Théodore Nott."
Il y eut quelques secondes de silence. Puis:
-"Bonjour Adal Malfoy."
Je continuais à caresser le Sombral, ne me retournant pas. Le jeune garçon vint à côté de moi, tendant la main paume vers le ciel à un Sombral femelle, qui le renifla avant de le laisser la caresser. Durant plusieurs minutes, rien ne vint interrompre le silence. Puis il déclara:
-"Ta présence a manqué au Bal d'Hiver."
Huit mots. Huit petits mots. Qui pouvaient être interprétés de bien des manières. Son ton neutre n'aidait pas à le savoir. Je répondis sur le même ton neutre:
-"Vraiment? J'aurais pourtant juré du contraire."
J'étais même quasiment sûre du contraire. Ce n'était pas comme si les autres années, ma présence avait vraiment été remarquable. Je passais l'intégralité de ce genre de soirées et/ou de fêtes, réfugiée généralement dans la Bibliothèque du Manoir ou sur un balcon ou une terrasse, dissimulée dans l'ombre et à l'écart. Et ma présence n'était pas recherchée loin de là. On l'oubliait même dans la plupart des cas.
Théodore Nott énonça:
-"Et pourtant. Tu étais le sujet principal des conversations."
Je reniflais:
-"Ah la célébrité... Que puis-je en dire sinon qu'on ne peut y échapper quoi que l'on fasse, de par nos naissances?"
Il eut un petit rire:
-"Je ne peux que te le concéder. Mais les actions ont tendance à marquer plus encore les esprits que la naissance. Et quand les deux se mêlent..."
Je grattais doucement derrière l'oreille du Sombral que je caressais et il colla sa tête contre moi pour mieux s'offrir au délicieux traitement:
-"Quoi que l'on fasse, nous attirons désapprobation ou approbation des uns et des autres autour de nous. On ne peut plaire à tout le monde. Déplaire j'ai plus de doutes."
C'était comme un duel entre le jeune homme aux yeux gris-verts et moi. Un duel d'escrime. La plupart des enfants de Vieilles Familles, apprenaient cette discipline dés notre plus jeune âge. J'avais appris avec les mannequins ensorcelés ancestrales de la Salle d'Entrainement du Manoir quand Draco avait eu un maitre d'armes. Mais je me considérais comme ayant un niveau des plus acceptables. Je me demandais ce qui se passerait si Théodore Nott et moi croisions le fer de nos rapières et non plus seulement celui verbal.
Théodore énonca:
-"Oh, je doutes que tu déplaises à tout le monde Adal Malfoy. Et il y a des personnes qui ont regrettées ta présence à ce Bal."
Tiens donc. J'étais curieuse de savoir qui. Il continua:
-"Lady et Lord Black par exemple."
Je restais impassible en apparence alors que je répondais:
-"Oh je suis sûre que l'éclat et la compagnie du Bal des Parkinson ont su leur fait oublié ce regret. Y avait-il des fontaines lumineuses cette année? Ou Lady Parkinson a-t-elle appris qu'il ne fallait pas jouer avec le feu, aussi impunément?"
Ca avait été l'année de mes sept ans. Lady Parkinson avait trouvé que des fontaines lumineuses avec feux d'artifices et feux magiques étaient une très bonne idée, pour une célébration estivale. Ca n'en était pas une. N'eut-ce été les propriétés de protection des Demeures Ancestrales que le Manoir Parkinson aurait brûlé dans son entier.
Je me souvenais des flammes. J'avais été piégée sur un des balcons de la Demeure. J'avais sentis leur chaleur sur mon visage. Mais je n'avais pas eu peur. J'avais été comme hypnotisée. Trop fascinée pour avoir peur.
C'était Evan Rosier qui m'avait sauvé. Il avait traversé les flammes, et m'avait pris dans ses bras. Je me souvins de ses yeux comme de l'or fondu et de sa voix "N'ais pas peur petite. Je ne laisserais pas la Filleule de Regulus se brûler."
Cela avait été la première et la dernière fois que j'avais vu Evan Rosier. Cela avait le dernier Bal auquel j'avais été assisté jusqu'à mes 8 ans passés. Deux semaines après le Bal raté des Parkinsons, mes Parents avaient décidés de m'envoyer dans une pension qu'un de leur collègues leur avait conseillé pour moi.
Théodore répondit d'un ton léger:
-"Elle a préféré se rabattre sur des flocons enchantés et des oiseaux de glace."
Je sifflais doucement entre mes dents:
-"Ah plus prudent... Ou pas. Car la glace peut être aussi dangereuse que le feu."
Théodore Nott murmura à voix basse:
-"Et tu en sais quelque chose, n'est ce pas Adal Malfoy?"
J'eus un sourire amer:
-"Qui sait?"
Me détournant, après une dernière caresse, j'énonçais:
-"Au plaisir de te revoir Théodore Nott."
Je l'entendis me répondre alors que je m'éloignais:
-"De même Adal Malfoy."
Je repartais en direction du Château à pas lents. Renversant la tête en arrière, je fermais les yeux alors que la neige se mettait doucement à tomber, les flocons dansant dans le ciel. Théodore Nott. Théodore ou Don de Dieu en grec. Nott, venant de Not, la Nuit en vallader une des six formes écrites du romanche. La Nuit comme la note de Nuit enneigée que portait son Odeur et son Être. La Nuit mystérieuse et silencieuse. Oh combien dangereuse.
Littéralement le Don du Dieu de la Nuit. Ou de la Déesse. Les Nott vénéraient généralement Nyx déesse de la Nuit grecque et l'on disait qu'ils consacraient certains de leurs enfants à cette déesse. Je me demandais si c'était également le cas de Théodore. Théodore Nott. Pourquoi avais-je l'impression d'être liée à lui? Et quel était donc ce lien qui nous unissait? Un mystère de plus à rajouter à la liste.
Une liste qui ne cessait de s'allonger à mon plus grand déplaisir.
Et à ma plus grande crainte.
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Le mois de Janvier passa. Puis celui de Février. Celui de Mars. Les jours et les semaines plus ou moins semblables avec des motifs récurrents et des différences.
Le 22 février, Gryffondor gagna le match contre Poufsouffle arbitré par le Professeur Rogue, en cinq minutes, Hadrian attrapant quasiment aussitôt le Vif d'Or. Georges chuchota à Fred qu'il ne serait pas étonné qu'Olivier demande en mariage Hadrian s'ils gagnaient le Match de Serdaigle.
Perceval était plongé dans les révisions des Buses avec ardeur. Je ne pouvais m'empêcher de sourire légèrement quand je le voyais utiliser une des plumes d'Hedwidge que j'avais taillé pour lui. Hermione elle semblait déterminé à apprendre toute la Bibliothèque et c'était une bataille de tous les instants que de la sortir de la dite pièce sans parler de l'empêcher d'en emporter la moitié avec elle. Et cela malgré le fait que les examens ne soient qu'en juin. Fin mars elle avait même établit des programmes de révisions pour tous le monde!
Draco... Draco m'évitait. A un point, que cela en devenait vraiment visible. Il m'évitait. Je ne l'en empêchais pas. Mais nous nous regardions. L'un et l'autre. De loin. Et il y avait tant de choses dans nos regards. Ceux que nous échangions quand nos regards se croisaient et ceux que nous posions l'un sur l'autre.
Il m'arrivait au cours de la nuit, de rester là allongée sur mon lit, les yeux ouverts, ma main sur ma poitrine, là où lancinante se trouvait la douleur issue du Lien des Jumeaux. Bien souvent, pour ne pas dire toujours, je ne dormais pas ces nuits-là. En étant incapable. Ma Vision dans le Miroir de Rised n'arrangeait rien.
C'était paradoxal. Oui, paradoxal était le mot. Ce qu'il y avait entre Draco et moi. Amour et haine, haine et amour. Je l'aimais. Je n'en doutais jamais. Mais il n'y avait pas que cet amour de ma part. Et je ne saurais dire s'il en restait encore du sien.
Le Lien qui nous unissait était particulier entre Draco et moi. Les Jumeaux Magiques sont différents de ceux Moldus. C'était une réalité. Il y avait entre deux Jumeaux Magiques un Lien. Un Lien magique. Reliant entre eux chaque éléments de la Trinité Magique chez chaque Jumeau. Conceptualisée par Merwyn, elle recouvrait l'Âme, l'Esprit et le Corps. Et ces trois éléments étaient reliés entre eux par le Quatrième: la Magie.
Mon Âme était reliée à celle de Draco. Mon Esprit au sien. Mon Corps au sien. Ma Magie à la sienne. En un tissage de fils ne formant qu'un Lien. Les Jumeaux partageaient d'ordinaire un lien mental qui leur permettait de partager leurs pensées, et leurs émotions, et un autre leur permettant de partager leur énergie et leur magie. On disait qu'il n'y avait rien de plus redoutable que des Jumeaux Magiques sur un champs de bataille, car nul n'atteignait jamais ce niveau de symbiose et de synchronisation, qui se trouvait entre eux.
Mais les choses étaient différentes entre Draco et moi. Le Lien entre nous était présent. Mais quasiment refermé. Avant nos sept ans, nous étions comme tous les Jumeaux, un peu moins proche peut-être. Puis. Il y avait eu l'Endroit. Et le Lien avait été refermé et bloqué par l'un d'entre nous. Et ce n'était pas celui des deux que l'on aurait pu croire.
Une telle fermeture de Lien, entrainait des conséquences. Des conséquences que j'assumais. Que je prenais. La première, j'avais endommagé ce qu'il y avait entre Draco et moi. La première j'étais responsable. Pas la principale responsable. Mais la première. Et c'était mon choix de continuer à garder ce Lien fermé. Nul besoin que Draco souffre pour ma décision. Même si lui me faisait souffrir énormément de son côté.
A part ce Lien et ces conséquences. J'allais... "mieux"? Oui, j'allais mieux. Bien mieux. Oh, je continuais à m'isoler durant parfois des heures. Mais j'allais mieux. Je souriais à nouveau. Je riais. Je passais des moments merveilleux avec mes amis, apprenant en cours avec sans cesse plus de plaisir et d'avidité, apprenant à connaitre sans cesse plus ceux qui m'entouraient, et m'ouvrant sans cesse plus.
Tous les jours j'allais voir les Sombrals, parfois avec de la nourriture pour eux ou non. Je passais au moins une heure avec eux, aux abords de la Forêt Interdite où toujours ils venaient se présenter, semblant me sentir, et chercher ma présence.
Et souvent une autre personne me retrouvait là-bas. Une personne du nom de Théodore Nott. Echanger des piques et croiser le fer verbalement avec lui, devint vite une habitude. Une habitude à laquelle je pris petit à petit du plaisir. Un grand plaisir. Et je sentais que ce plaisir était réciproque. Le plaisir d'avoir un adversaire à notre auteur et de s'y confronter. Nous rivalisions d'esprit et d'habilité verbale, face à l'autre, nos yeux pétillants.
Les autres ne savaient pas pour Théodore et moi. Ni ses Amis et sa Maison. Ni mes Amis et ma Maison. C'était comme un Secret entre nous deux qui nous liaient. Je n'aurais jamais cru que j'aurais un jour une telle relation avec un Serpentard, qui plus est un des enfants des amis proches de mes Parents, un enfant de Mangemort comme moi. C'est peut-être cela également qui nous unissait tous les deux.
Nous comprenions l'un et l'autre ce que c'était. D'être considérés par les uns comme les enfants de monstres, et ainsi monstres à leur tour. D'entendre moqueries, insultes, jugements et murmures sur notre passage depuis notre plus tendre enfance. D'être les reflets déformés de personnes dont nous n'avions aucun souvenir et auxquelles on nous comparait. D'avoir une vie déjà toute tracée par ceux qui nous entouraient.
Mais nos chemins avaient divergés.
Nous étions comme les deux faces d'une même pièce.
Opposés mais semblables.
Gryffondor et Serpentard.
Sang-Purs.
Feu et Eau.
Jumelle et Enfant Unique.
Cadette et Héritier.
Rejetée par ses Parents et Orphelin de Mère et Aimé du Père.
Solitaire par choix.
Solitaire par Nature.
Des Amis et des Ennemis dansant autour de nous.
Yeux bleu roi et yeux verts-gris.
Boucles noires, et cheveux d'ébènes lisses.
Impassibilité de façade.
Silence douloureux.
Des Secrets chuchotant dans nos ombres et nos esprits.
Marqués par la Mort.
Marqués par la Vie.
