Avant-dernier chapitre, tadaaaa ! Je voulais poster hier soir et au final j'ai repris quasiment les trois-quarts de ce que j'avais écris parce que ça ne me plaisait pas.

Du coup j'ai un tout petit peu de retard mais je compense avec un chapitre beaucoup plus long que d'habitude ;).


Résumé : Hermione et Draco découvre un message mystérieux sur la clef trouvée par Harry et Pansy.


Réponse à la review anonyme

aussidagility : Mille mercis pour tes gentilles reviews! Je suis contente que les chapitres t'aient plu :). Pour ton hypothèse, il faudra attendre le dernier chapitre pour avoir des réponses. J'espère que la suite te plaira. À bientôt!


Chapitre 29 - Bons baisers de Russie

Janvier 2000

« Tu es sûre ?»

Cachée derrière une pierre tombale, Hermione tapotait nerveusement le marbre de ses ongles.

« Pas franchement.

— Comment ça « Pas franchement »? s'offusqua Draco. Tu as un plan au moins?

— On fonce? suggéra timidement Hermione.

— Bon sang, pourquoi est-ce que je suis les idées tordues d'une Gryffondor ? Ne compte pas sur moi pour entrer dans cette vieille baraque moisie.

— Il faudrait déjà savoir s'il y a du monde dedans...

— Brillante suggestion ! se moqua-t-il. Tu en as d'autres en stock du même genre ?»

Hermione soupira en levant les yeux au ciel.

« Écoute Draco, si tu ne veux pas venir, soit, mais ne me casse pas les oreilles avec tes jérémiades.

— Te laisser toute seule te jeter dans la gueule du loup? Ne me tente pas ! Et je persiste à dire que c'est un travail pour les Aurors.»

Il s'arrêta et réfléchit à ce qu'il venait de dire.

« Et voilà, maintenant j'en viens à regretter que Saint-Potter ne soit pas là… Il est grand temps que je prenne des vacances!

— Tu as fini?

— Quoi donc?

— De t'apitoyer sur ton sort.

— Moi? M'apitoyer? Jamais de la vie! Un Malfoy...

— La ferme Draco. Bon, on y va!

— Maintenant?

— Ça fait une heure qu'on fait le pied de grue et toujours pas le moindre mouvement. On y va maintenant ou on devra venir nous décongeler.»

Draco soupira et la regarda se faufiler entre les tombes.

« Elle a bien choisi sa saison...»

Il regarda l'heure à son poignet. À peine neuf heures ! Il ne pouvait pas retarder davantage les choses, il allait falloir qu'il la suive. Il jeta un coup d'œil derrière son épaule, sautilla sur place et grogna une dernière fois avant de chuchoter pour se donner un courage qu'il n'avait pas :

« Quand faut y aller, faut y aller...»

Il fit un pas puis s'arrêta. Il s'agenouilla et prit ses cheveux dans ses mains. Son cœur battait la chamade comme le soir de la bataille de Poudlard, il détestait cette impression qu'il pouvait s'arrêter à chaque instant. Il prit une grande bouffée d'air frais, comme si c'était sa dernière.

« Allez, tu peux le faire. À trois. Un, deux…»

Il se mordit fort l'intérieur de ses joues. Son conscience de Serpentard lui murmurait :

« Deux et demi, deux trois-quarts, deux quatre-cinquième…»

Hermione était déjà quasiment arrivée à l'entrée de service qu'ils avaient épiée pendant une heure. Elle allait se retourner et le voir recroquevillé comme un gamin en faute. Non, il ne pouvait redevenir l'ancien lui, il avait trop fait pour ça ! Alors il refit son lacet pour se donner contenance puis se leva souplement. Il baissa la tête et se mit à courir pour rejoindre Hermione. Quelle idée il avait eu de montrer cette clef lumineuse! Encore une fois il avait perdu une bonne occasion de se taire.

Le soleil était encore rasant à cette heure matinale. Il arrivait à voir où il mettait les pieds mais c'était tout juste. Draco priait de toutes ses forces pour qu'aucun Mangemort ne soit tapi dans l'ombre à les attendre. Il ne connaissait que trop bien leurs magouilles.

Hermione s'arrêta tout prêt de la porte de service. Draco posa une main sur son épaule et lui fit signe de le suivre en silence. Il actionna doucement la poignée en prenant bien soin de ne pas la faire grincer. Ils s'engouffrèrent dans une pièce sombre et glaciale.

« Ça caille !» murmura Hermione.

Il faisait noir comme dans un four. Hors de question de lancer un Lumos, ils se feraient repérer illico. Elle avança à tâtons et étouffa un hurlement quand son tibia heurta violemment le banc en bois qui longeait la table.

« Par tous les feux de l'enfer! Ça fait mal!»

Elle s'assit sur le maudit banc qu'elle venait de percuter et se massa la jambe en se disant, la mort dans l'âme, qu'elle n'allait plus pouvoir mettre de jupe pendant au moins deux semaines le temps que l'ecchymose disparaisse.

« C'est bon, on peut y aller? Ou veux-tu te refaire une beauté?» la taquina Draco en la regarda gémir.

Hermione le fusilla du regard, message qu'il reçut cinq sur cinq malgré l'obscurité.

« Allez, donne-moi ta main et je passe devant, sinon nous ne sortirons jamais vivant de cette baraque.

— Dis que je suis bruyante tout de suite!

— Simplement empotée.»

Hermione grommela mais attrapa malgré tout sa main tendue. Il avait raison, inutile de réveiller la maisonnée.

ooOOoo

Ils atteignirent, non sans heurter quelques murs et meubles bas, le grand hall et Hermione resta sans voie. Dans l'obscurité due à l'heure matinale et aux années d'abandon, elle découvrait l'immense escalier et les tableaux des ancêtres de Jedusor. Quand elle songeait qu'il aurait pu vivre ici si son père avait épousé Merope... L'histoire en aurait-elle été changée? En gravissant les marches, ses pas étouffés par l'épaisse couche de poussière, Hermione se dit qu'au fond Tom Jedusor et elle avaient presque la même histoire de vie.

Si son oncle et sa tante ne l'avaient pas recueillie, peut-être aurait-elle basculé de l'autre côté de la barrière tout comme Harry aurait pu le faire. La frontière entre le bien et le mal était finalement bien fine. En découvrant le couloir aux tapisseries richement tissées, Hermione se dit que tout tenait à peu de choses.

« Où vas-tu ? demanda-t-elle à Draco qui continuait de la traîner de par les couloirs obscurs.

— Cette clef ne sert pas à ouvrir le manoir, tu l'as vu toi-même, un simple Alohomora et le tour est joué.

— C'est vrai, réalisa-t-elle.

— Elle était destinée à un Black, non?

— Oui.

— Donc cette personne a forcément des pouvoirs magiques.

— Connaissant Jedusor, il y a fort à parier, en effet.

— Il faut qu'on trouve quelque chose ne pouvant pas être ouvert par magie.

— À quoi penses-tu ?

— Un coffre.

— Ici?

— Si Jedusor est aussi prévisible que mon père, il l'aura mis dans le bureau.

— Le bureau?

— Ou la pièce personnelle si tu préfères. Certainement celle qu'occupait son père avant lui.»

Ils avaient passé une bonne partie du petit déjeuner à essayer de comprendre ce que cachait cette clef et Draco avait été subjugué par toutes les informations que possédait Hermione sur le passé de son ancien bourreau.

« Je n'en reviens toujours pas que le Seigneur des Ténèbres ait eu un père moldu. Ça me paraît tellement impensable!

— Et pourtant il l'a bien tué alors qu'il n'avait que seize ans.

— Il commençait bien dans la vie celui-là.»

Décidant de ne pas remettre l'épisode Dumbledore sur le tapis, Hermione resta silencieuse en jetant des regards inquiets à droite et à gauche tout en serrant fort la main de Draco pour empêcher ses doigts de trembler. Ils s'arrêtèrent devant une porte imposante et Draco y jeta un sort avant d'y coller son oreille.

« Je n'entends rien, je pense qu'on peut entrer. Reste derrière-moi au cas où.»

Même dans leurs plus sombres missions, jamais Harry ne lui avait dit de rester en arrière. Draco pouvait aller se faire voir avec sa galanterie à deux noises! Se retenant de lui dire le fond de sa pensée, Hermione passa devant lui et entra dans ce que Draco pensait être le bureau.

L'espace était à l'image du manoir : vaste et sombre. Peut-être un peu moins lugubre que les autres pièces, sans qu'elle ne sache vraiment d'où lui venait cette impression fugace. Les meubles dataient d'un autre âge et les tentures sentaient le renfermé. Ses doigts coururent sur le cuir tanné par les années et elle fouilla la pièce du regard. Un grognement étouffé brisa le calme de la pièce. Hermione soupira avant de demander :

« Alors, où le vois-tu ton coffre ? Draco ?»

Elle se retourna et hurla en dégainant sa baguette qui lui sauta des mains d'un sort et vola à l'autre bout de la pièce. Devant elle, un sorcier poussait du bout de sa chaussure le corps inanimé de Draco et la tenait en joug.

Hermione recula d'un pas et lança, paniquée :

« Qui êtes-vous ?

— La question est plutôt : qui êtes-vous Milady?»

Sa voix était grave, pleine de roulement de r et de courants d'air glacé. Elle aurait mis sa main à couper qu'il s'agissait du sorcier russe dont parlait Harry depuis des semaines. Elle s'était mise dans de beaux draps! Que pouvait-elle faire? Elle était désarmée, dans un manoir à l'abandon et n'avait prévenu personne de son départ. Comme elle regrettait maintenant de ne pas avoir écouté Draco! Elle jeta un coup d'œil au corps toujours étendu sur le tapis. Il fallait qu'elle gagne du temps, aussi, après deux microsecondes de réflexion, elle rentra dans son jeu :

« Hermione Granger.»

L'homme parut surpris qu'elle abandonne aussi facilement. Il sourit, accentuant davantage les rides qui couraient sur son visage. Il fit un simulacre de révérence moqueuse et répondit :

« Piotr Ikanov.

— Vous êtes russe?

— Oui.

— Que faites-vous ici?

— Vous posez beaucoup trop de questions pour une petite anglaise. Je croyais que vous autres, Britanniques, détestiez les bavardages futiles?

— Je suis simplement polie », balbutia Hermione qui ne savait pas comment se sortir de ce pétrin.

Il eut un rictus amusé et commença à déambuler dans la pièce tout en la gardant dans son angle de tir.

« Voyez-vous, je trouve étrange que vous soyez justement de passage dans ce manoir déserté depuis des années pile le jour où je décide de visiter la maison familiale du Seigneur des Ténèbres.»

Hermione sursauta et laissa échapper un petit cri. Il tourna la tête vers elle et ajouta :

« Je sais beaucoup de choses sur Voldemort.

— Que voulez-vous dire?

— Ne me dites pas Milady que vous êtes venue ici en ignorant où vous mettiez les pieds, je ne vous croirai pas. Dites-moi ce que vous savez !

— Ce que je sais ? À quel propos ? s'étonna Hermione en se pinçant la peau du bras d'angoisse.

— Sur ce château, sur Voldemort, sur ce pouvoir qu'il a laissé ! s'énerva-t-il.

— Quel pouvoir ?»

Il grogna et avança rapidement vers Hermione qui recula aussi vite qu'elle le pouvait jusqu'à être bloquée par une tapisserie défraîchie.

« Il y des années, Voldemort s'est rendu en Russie. C'était peu de temps avant sa première disparition. Il cherchait quelqu'un, quelqu'un que vous connaissez certainement.»

Qui pouvait bien chercher Voldemort en Russie? Hermione écarquilla les yeux, comprenant soudain l'identité de cette personne mystère. Dans un souffle, elle laissa échapper :

« Grindelwald.

— C'est ça. J'étais un de ceux qui gardaient sa cellule. J'étais là quand Voldemort lui a rendu visite.

— Il vous a vu ?»

Ikanov éclata d'un rire sinistre qui donna l'impression à Hermione que ses os s'entrechoquaient.

« Je doute qu'il m'ait laissé en vie si ça avait été le cas, ne croyez-vous pas ?

— Qu'a-t-il dit?

— Vous vous méprenez Milady, c'est ce que Grindelwald a dit qui est important. Je doute fort que Voldemort ait apprécié de se faire appeler Tom Jedusor. Personne ne connaît son véritable nom.

— Sauf Dumbledore…», comprit soudain Hermione.

Dumbledore, l'amant de Grindelwald, son complice de toujours. Le mage noir devait en savoir beaucoup sur Voldemort, suffisamment pour qu'il lui rende une petite visite en prison. Ikanov détailla Hermione d'un regard curieux.

« Je vois que vous en savez bien plus que vous ne le montrez, constata-il un peu surpris.

— Alors c'est pour ça que vous êtes là ? Pour jouer la groupie dans le manoir de la famille moldue de Voldemort ?

— Non! s'énerva l'homme en s'approchant d'Hermione. Je veux ce pouvoir!

— Quel pouvoir?

— Celui dont a parlé Grindelwald. Il a toujours été un grand Legilimens. Le Seigneur des Ténèbres avait à peine mis un pied dans sa cellule qu'il était déjà démasqué.»

L'homme plongea son regard dans celui d'Hermione et cracha :

« Le projet de Voldemort avait été un succès.

— Quel projet ?»

Le sorcier ne répondit pas et poursuivit comme s'il réfléchissait à voix haute.

« Il a certainement compris que le vieillard s'était introduit dans son esprit. Il a parlé de puissance, de sang, de famille. C'était très flou comme discours. Le plus intéressant devait certainement être dans ce qu'ils taisaient. J'étais sur le point de donner l'alerte mais Voldemort a eu une phrase curieuse.»

Hermione était suspendue à ses lèvres. Ikanov eut un rictus amusé en voyant la jeune femme si curieuse.

« Ça vous intéresse ?

— Évidemment ! grogna Hermione. De toute façon maintenant vous en avez trop dit donc allez jusqu'au bout !

— Il avait réussi à créer le pouvoir le plus pur, lâcha-t-il d'une voix mystérieuse à l'oreille d'une Hermione paniquée.

— Comment ça ?»

L'homme releva un sourcil, amusé. Il gardera cette information pour lui, pas étonnant.

« Maintenant, Miss, je vais être clément. Je vais vous attacher le temps que je cherche ce qui m'intéresse comme ça vous profiterez du spectacle tout comme moi. Vous qui êtes si proche de Harry Potter, vous pourriez m'être utile. Et ensuite...»

Il suspendu sa phrase en levant l'index.

« Ensuite? déglutit Hermione.

— Ensuite vous aurez le choix entre une mort rapide et indolore ou l'amnésie. Je vous laisse réfléchir à ces deux propositions alléchantes, je reste gentleman malgré tout.»

Hermione blêmit. Dans quel merdier s'était-elle fourrée?

ooOOoo

« Parkinson..., soupira Harry, dépité.

— Quoi ? grogna sa coéquipière.

— Dix centimètres de talons, sérieusement ? Dans un cimetière ?

— Depuis quand t'intéresses-tu à la mode ?

— Depuis quand t'intéresses-tu à ce qui m'intéresse ?

— Depuis quand réponds-tu à mes questions par des questions ?

— Depuis quand ne me cries-tu plus dessus quand je te rappelle à l'ordre ?

— Depuis quand n'es-tu pas allé chez le coiffeur ?

— Depuis quand n'es-tu pas allée voir en haut de la tour d'astronomie si j'y étais ?

— OK ! Stop ! Je capitule ! s'écria Pansy.

— Yes ! hurla Potter. Trop facile. On en était où déjà ? Cinq à quatre, non ? Ça nous fait un cinq à cinq. Égalité parfaite! Je fais finir par te mettre la pâtée à ce petit jeu, ma grande.

— Ne fais pas le malin Potter, je n'étais pas en forme c'est tout. Je n'ai pas pu prendre mon double expresso ce matin.

— Je me disais aussi que tu n'étais pas à ton niveau, c'était beaucoup trop facile, se moqua-t-il.

— Tout ça c'est de ta faute.

— Faux.

— Comment ça «Faux»? Ce n'est pas toi peut-être qui m'a traînée de force dans un cimetière complètement glauque pour passer au peigne fin une baraque encore plus glauque?

— Va falloir que je t'offre un dictionnaire pour ton anniversaire Pansy, ton vocabulaire commence à devenir un tantinet répétitif.

— Je dis autant de fois le mot « glauque » que j'ai envie, d'abord ! Glauque, glauque, glauque, glauque, glauque, glauque...

— Et en plus ce n'est pas moi...

— Glauque, glauque, glauque, glauque...

— C'est Malfoy qui m'a conseillé de venir.

— Glauque, glauque, quoi ?

— Bah oui, il m'a envoyé le hibou d'Hermione à deux heures du matin.

— QUOI ? s'écria Pansy.

— Oui, moi aussi j'ai trouvé ça scandaleux, ça m'a réveillé. Il n'y a pas idée de manquer à ce point de politesse.

— Qu'est-ce que foutait Draco chez Hermione à deux heures du mat' ?

— Heu...»

Ils se regardèrent et firent une moue dégoutée.

« Par pitié, Potter, raconte-moi ce que tu veux mais je t'en prie, parle pour que mon cerveau se concentre sur autre chose que les images qui sont en train de se former dans ma tête en ce moment même!

— Que veux-tu que je dise?

— Ce que tu veux! Invente!

— Je suis nul pour les histoires...

— Dépêche, ça tourne au moins de dix-huit, là! Sauve mon état mental! Mayday, mayday, cerveau en détresse !

— Il m'a conseillé de venir ici ce matin, expliqua précipitamment Harry à moitié hilare. Ils ont trouvé un message sur la clef qui nous avait complètement échappé. Il n'était visible que dans la pénombre.

— Tu étais obligé de mentionner ce détail ? dit-elle au bord de la nausée.

— Tu n'en fais pas un peu trop ?

— Non, c'est mon corps qui se défend. Instinct de survie !

— Et ce message portait le nom de ce manoir.»

Pansy se figea immédiatement et suivit du regard ce que montrait Harry.

« Et qu'a-t-il de particulier?

— C'était la maison du père de Voldemort.

— Classe!

— Qu'il a tué avec toute sa famille parce qu'il était moldu et qu'il l'avait abandonné à sa naissance.

— Moins classe.»

Harry explosa de rire.

« Bon allez, on y va, finit-il par soupirer.

— On cherche quoi ?

— Aucune idée.»

Ils avancèrent en silence vers la grande porte d'entrée. Harry lançait un sort de silence sur les gonds de la porte quand il entendit un petit « Aïe » derrière lui. Il se retourna et soupira en remarquant Pansy qui remettait sa chaussure droite dont le talon venait de rouler sur un gravier. Elle chuchota d'une voix d'outre-tombe :

« Si tu prononces le moindre mot...»

Elle termina sa menace en passant son pouce lentement en travers de sa gorge. Harry étouffa un ricanement et leva les yeux au ciel. Il poussa la lourde porte et ils entrèrent dans le manoir figé dans le temps.

Soudain, il s'arrêta et fit signe à Pansy de faire de même. D'un coup de menton, il désigna l'étage. Il avait cru entendre du bruit. Étaient-ce les mages noirs qu'ils cherchaient à arrêter depuis tout ce temps? Il n'y avait aucune place à l'hésitation. Peu importait qui était là-haut, toute personne présente dans le manoir des Jedusor était suspecte !

Pansy poussa un soupir à fendre l'âme et d'un coup de baguette, métamorphosa ses talons aiguille en chaussures de running. Sous le regard médusé de Harry qui ne s'était pas attendu à cette solution pourtant simplissime, elle se précipita dans les escaliers. Harry se lança à sa suite tout en essayant d'amortir autant qu'il le pouvait ses foulées pour préserver l'effet de surprise.

Ils suivirent les bruits de voix jusqu'à ce qui devait être un salon ou un bureau peut-être. Un hochement de tête de Harry, et Pansy faisait voler en éclat la porte en bois sculptée de style victorien. Elle se mit à genou et lança une batterie de sort pour couvrir Harry qui se précipita dans la pièce. Sous leurs yeux ébahis, se tenait Hermione, ligotées sur une des chaises dans un coin, un Draco, étendu comme un bienheureux sur le tapis moisi et un homme à la carrure imposante qui commença à murmurer des sorts dans une langue qu'ils ne comprenaient pas.

Ils avaient enfin trouvé leur mage noir russe!

« À couvert ! » cria Harry à sa coéquipière.

Ils se précipitèrent derrière le canapé en cuir et tentèrent de calmer leur respiration sacadée. Harry se redressa rapidement et cria : « Expelliarmus !» avant de replonger derrière leur abri de fortune.

Profitant de la diversion, Pansy roula sur le côté et se fit aussi petite qu'elle le pouvait derrière l'immense fauteuil Empire. Il fallait qu'elle agisse vite, ses pieds étaient certainement visibles. Elle n'était plus à un de ses entraînements bon enfant au Ministère, elle n'avait pas le droit à l'erreur ! Elle ne pouvait pas se permettre d'échouer comme à la cabane de Sherwood. Il fallait qu'elle agisse, vite et bien ! Pansy essayait de ne pas penser à Draco, son meilleur ami qui était étendu à quelques centimètres d'elle. Elle se forçait à reporter son attention sur le combat, il ne fallait pas réfléchir, il fallait simplement qu'elle agisse.

Harry grogna, cette fois ce n'était passé pas loin ! Il fallait qu'il le reconnaisse, ce Russe était loin d'être débutant en matière de duel. Un sort frôla le haut de son crâne et Harry passa vivement sa main sur son cuir chevelu pour atténuer la brûlure. Que fabriquait Pansy ? Ils allaient finir coupés menu et rôtis si elle ne se bougeait pas les fesses ! Harry se jeta à plat ventre et commença à lancer de nouveaux sorts de sous le canapé. Il retenait à sa respiration, l'odeur de moisi du tapis lui donnait envie de vomir. Il fallait qu'ils le maîtrisent, et vite !

Hermione était au supplice. Les liens magiques que lui avait mis Ikanov lui cillaient les poignets tandis qu'elle se balançait d'un côté à l'autre pour faire bouger sa chaise. Elle ne revenait pas de sa chance ! Par quel hasard Harry et Pansy avaient bien pu venir justement ce jour et à cette heure dans ce lieu mal famé ? Repoussant cette question aussi loin qu'elle le pouvait dans son esprit, elle se focalisa sur son objectif : Ikanov !

Draco entendait un bourdonnement sourd au loin. Sa tête était lourde et une affreuse odeur venait lui piquer la gorge. Un mélange entre une orange qui aurait traîné deux mois dans un sac de sport et le polynectar qu'il avait senti en cours de potion. Un haut-le-cœur le réveilla tout à fait. Ses yeux papillonnants, des formes s'agitaient autour de lui. Ses souvenirs prirent le contrôle de son esprit comme autant de pensées embrouillées et tout lui revint en mémoire : la clé, le manoir, Hermione, le coup. Draco ressentit un soulagement qu'il ne pensait pas ne serait-ce qu'imaginer un jour, en voyant les têtes de Harry et Pansy apparaître à intervalles réguliers de derrière le mobilier. À quelques centimètres à peine, un immense sorcier lui tournait le dos. Le roulement caractéristique de ses r lui fit instantanément penser à Karkarov. Le Russe !

Tout se passa très vite. Dans un moment d'absence de lucité totale, Draco balança ses pieds en avant et fit basculer le sorcier face contre terre. Ahurie de voir son binôme conscient, Hermione, dans un dernier effort ridicule, sautilla, ligotée à sa chaise et se laissa tomber de tout son long sur lui le bloquant du poids de son corps. Une douleur sourde pareille à une décharge électrique parcourut son bras. Se rendant compte que leur assaillant était hors d'état de nuire, Harry et Pansy se précipitèrent, un peu groggys, pour jeter la batterie usuelle de sortilège afin de le maîtriser définitivement.

« Hermione ! Hermione, ça va ? s'inquiéta Harry en la relevant en tirant sur le dossier de la chaise.

— Bon sang, dans les films ça a toujours beaucoup plus d'allure ! grogna-t-elle.

— C'est clair que ton action héroïque manquait un peu de… classe, Granger. Avec un bruitage on aurait peut-être pu en faire quelque chose, mais j'en doute.

— Si vous me détachiez au lieu de vous foutre de moi, hein ?

— Aucun sens de l'humour, soupira Pansy.

— On en reparle du mage noir qui me laissait choisir entre la mort ou la lobotomie avant que vous n'arriviez ?

— Eh ! s'offusqua Pansy. J'ai dû troquer mes ravissants escarpins contre ces friperies pour sauver tes fesses alors un peu de respect ! Tu viens de briser mon cœur de fashion-victime ! Je ne suis pas sûre de m'en remettre avant la semaine prochaine !»

Hermione ouvrit des yeux ronds. N'avait-elle pas l'impression de se tromper de priorité ?

« D'ailleurs, comment se fait-il que vous soyez venus ici ?»

Harry et Pansy poitèrent leur doigt vers Draco qui leva aussitôt les mains pour se dédouaner.

« Je t'avais dit que je ne le sentais pas ! Tu n'as rien voulu écouter !»

Hermione se renfrogna. Elle détestait avoir tort !

« Par tous les Scroutt ! Est-ce que quelqu'un va me détacher de cette chaise !

— Tu n'es pas bien, là ? plaisanta-t-il avant de lancer rapidement le contre-sort.

— Aïe !

— Quoi encore ? soupira Pansy. Granger, pourrais-tu, une seule fois dans ta vie, ne pas faire ton intéressante ? Est-ce trop demander ?»

Draco se pencha vers Hermione et regarda son épaule. Il posa un doigt dans le creux de son cou lui faisant immédiatement pousser un glapissement.

« C'est bien ce que je pensais. Clavicule pétée.

— Répare-la moi !

— Et le mot magique ?

— Draco !

— Ça va, ça va. Pas la peine de s'énerver, grogna-t-il. C'est quoi déjà la formule ?

— Tu te fous de moi ?» s'offusqua-t-elle.

Draco eut une moue piteuse. Énervée, Hermione sortit sa baguette sa poche maugréant contre les étudiants peu consciencieux et se jeta elle-même le sort de consolidation osseuse.

« Cette fois, on est passés loin de la catastrophe ! soupira Harry. Quelle idée de se lancer tête baissée dans les ennuis, franchement !

— Ne me dis pas que tu vas oser me faire la morale Harry James Potter ? Dans le genre tête brûlée, tu nous bats tous à plate couture !

— Elle n'a pas tort, fit remarquer négligemment Draco.

— Déjà que vous avez un casier tous les deux, vous voulez vraiment vous retrouver à Azkaban, c'est ça ? C'est ça que vous voulez ?

— Ok ! hurla Pansy. Est-ce que tout le monde peut la fermer ? Il y a quand même plus grave dans la vie ! Sérieux, pourrait-on se focaliser sur ce qui est vraiment important ?»

Les trois autres s'entre-regardèrent, un peu apeurés.

« Le sorcier russe ? tenta Harry.

— Non ! Je ne trouve pas le contre-sort pour me débarrasser de ces baskets !»


Pansy n'est pas crédible une seconde ^^ mais c'est l'intérêt des fic, non? On peut écrire autant de wtf qu'on veut ^^.

Rendez-vous la semaine prochaine pour le dernier chapitre et les révélations tant attendues sur ce beau bazar :).

Merci mille fois à tous ceux qui postent des reviews, ça me touche énormément!

Bibi