Disclamer : Harry Potter appartient à JKR , mais cette histoire est à moi.
Correction chapitre : AnitaBlake93100 et Darboria
merci pour les com's
Chapitre 28
Sariour se déplaçait avec une grande prudence. L'elfe noir était enfin parvenu à arranger une rencontre avec le Seigneur Kython du clan des Penseurs. Quand Sariour avait appris que c'était le clan des Penseurs qui leur était venu en aide, il avait éprouvé une joie sans limites, mais aussi une grande crainte. De tous les clans qui auraient pu prendre leur parti, jamais il n'aurait pensé que ce soit celui-ci. En effet, de tout temps, les Penseurs avaient toujours été les plus aptes à partir au combat. Pour eux, une guerre représentait un afflux de cobayes extraordinaire pour leurs expériences. Alors, savoir qu'ils étaient peut-être contre cette nouvelle guerre était très étonnant.
Voilà pourquoi Sariour avait éprouvé de la crainte en apprenant l'identité du clan. L'elfe noir avait peur que finalement, leur aide ne soit en fait qu'une manière d'obtenir leur confiance. Mais pourquoi, il ne le savait pas. L'elfe pouvait se tromper, mais la prudence voulait qu'il songe à tout afin de se préparer à faire face à toutes les éventualités. Tout en se rendant à son rendez-vous, Sariour s'assura de ne pas être suivi et vérifia qu'aucun piège ne se trouvait sur son chemin. La rencontre devait avoir lieu dans une petite grotte au nord de l'entrée du monde souterrain.
Le lieu n'était pas sans danger pour lui, dans la mesure où sa tête avait été mise à prix après que lui et son clan aient mené plusieurs petites attaques contre des détachements des clans qui leur avaient coûtés plusieurs guerriers et matériels de guerre. Effectivement, après que Sariour ait mis fin à son alliance avec la coalition des trois peuples elfiques, il avait pris officieusement la tête de son clan après s'être assuré qu'un guérisseur s'occupait de remettre d'aplomb le roi Ulric. Sans surprise, n'avait eu aucun mal à s'imposer devant les siens. Cependant, l'actuel Seigneur du clan, son frère ainé, avait refusé de se joindre à eux. Celui-ci avait été traumatisé par la mort de leurs parents et avait peur de se faire tuer.
De ce fait, il s'était enfermé avec une centaine de guerriers au fond de la grotte où ils avaient trouvé refuge. Sariour était très contrarié par la bêtise de son aîné, car les guerriers en question faisaient partie des meilleurs combattants du clan. C'était du gâchis de les cloîtrer dans une grotte. L'elfe aurait pu défier son frère afin de prendre officiellement la tête du clan, mais il ne se sentait pas encore en mesure de prendre cette charge, même s'il l'assumait déjà publiquement. Après avoir pris les commandes, l'elfe s'était arrangé pour trouver une place mieux située et plus facile à défendre dans les montagnes.
Ceci étant dit, revenons au moment présent. Sariour arriva au lieu du rendez-vous une demi-heure avant l'heure. Il voulait s'assurer que le lieu était sûr. Il fit donc les vérifications et s'assura qu'aucun elfe ne se cachait sur place. Dix minutes après son arrivée, Kython fit son entrée. Tout comme Sariour, il vérifia l'endroit avant de faire savoir à l'Exécuteur qu'il l'avait repéré et qu'il pouvait sortir de sa cachette. Sariour s'avança, mais resta à bonne distance. On ne savait jamais avec les Penseurs.
_ Salutation Seigneur Kython.
_ Salutation Seigneur Sariour.
_ Je ne suis pas Seigneur, mais un simple guerrier.
_ Ce n'est pas ce que les rumeurs disent pourtant.
_ Les rumeurs ne sont que des rumeurs, rien de plus, lui dit Sariour.
_ Donc, ce n'est pas vous qui dirigiez le clan des Exécuteurs en ce moment ? Ni celui qui s'amuse à éliminer les troupes de notre souverain ainsi qu'à détruire ses armements ? demanda Kython avec un sourire en coin.
_ Je ne peux pas dire le contraire, mais je ne suis pas le Seigneur du clan. Je ne fais que faire l'intérim en attendant que son véritable Seigneur guérisse de ses blessures, mentit Sariour avec aplomb.
_ Sa guérison me parait bien peu probable, dans la mesure où il est extrêmement difficile de guérir la couardise, dit Kython.
_...
Sariour ne commenta pas et posa une question à la place.
_ Pourquoi avez-vous demandé à me voir ?
_ Le roi sait où se situe l'emplacement de votre campement.
_ Impossible !
_ Pourtant, c'est bien la vérité.
_ Comment a-t-il découvert notre position ?
_ Il y a deux espions parmi vous. Grâce à eux, il sait où vous trouver. Dans trois jours, la moitié des clans ainsi qu'un certain nombre des créations de mon clan, vont prendre d'assaut votre camp. Et d'après mes calculs, vos chances de survie à cette attaque sont de dix pour cent. C'est une chance que ma trahison n'ait pas été découverte, termina l'elfe.
_ Avez-vous des noms ? demanda Sariour, les dents serrées de fureur.
Des traîtres au sein du clan ! C'était tout bonnement impensable !
_ Un certain Malaggar et un certain Orgoloth.
_ Les elfes amoureux ! s'exclama Sariour.
_ Ça, je ne le savais pas, dit le Penseur. Les pauvres malheureux. Cela dit, j'aimerais bien mener des expériences sur un de ces spécimens, dit Kython les yeux brillants.
_ Si ce que vous dites est vrai, vous aurez vos rats de laboratoire d'ici la fin de la journée, lui assura Sariour.
_ J'attendrais donc cet arrivage avec la plus grande des impatiences.
_ Merci pour l'information, dit ensuite Sariour d'une voix pleine de froideur. Autre chose ?
_ Mon clan a eu la joie de recevoir en cadeau une dizaine de cobayes de choix.
_ Pourquoi en faites-vous mention ? questionna Sariour avec une grimace de dégout.
_ Parce que l'un des cobayes est votre ancien Seigneur, votre père.
_ Il est en vie ! s'exclama l'Exécuteur. Vous n'avez pas osé faire des expérimentations sur lui ?
_ Pas encore, mais cela ne serait tarder.
Sariour ne dit rien à cela, mais n'en pensa pas moins.
_ Bien, cela étant dit, passons aux choses importantes. Nous devons trouver un moyen de nous débarrasser du roi avant qu'il ne mène ce monde à sa perte. À présent que les elfes de la surface ne représentent plus aucune une menace pour lui, il va tourner son attention vers les sorciers et les Moldus. Tout ce qui le retient en ce moment, c'est ton clan. C'est pourquoi il présage votre anéantissement.
_ Et que prévoyez-vous de faire pour vous débarrasser de lui ? demanda Sariour.
_ Trouvez des alliés pour le combattre.
_ Pensez-vous que d'autres clans seront prêts à se joindre à nous ? questionna Sariour.
_Non. Je m'en suis déjà assuré avant notre rencontre.
_ Alors, où pensez-vous trouver ces nouveaux partisans ? Je vous rappelle que la presque totalité des elfes de la surface ont été tués pendant la charge stupide qu'ils ont mené de front contre les clans. Le peu d'entre eux qui reste sont soit fait prisonniers, soit ils se terrent quelque part occupé à pleurer leurs morts.
_ Je songe aux sorciers et autres créatures magiques, lui dit Kython.
_ Vous plaisantez ! Des sorciers ! Je vous rappelle que les elfes de la surface ne sont pas parvenus à tenir tête aux clans, comment de simples sorciers peuvent-ils y parvenir ? Les créatures magiques peut-être, mais les sorciers, j'ai des doutes.
_ Nous les elfes avons trop tendance à sous-estimer les sorciers, pourtant c'est bien l'un d'eux qui est parvenu à assujettir les elfes gris.
_ C'était un sorcier extraordinaire. Et des comme lui, on n'en trouve plus vous le savez parfaitement, réfuta Sariour. Alors, dites-moi la véritable raison qui vous pousse à vouloir vous associer à eux ?
_ Très bien, je vois que cela ne sert à rien d'essayer de vous manœuvrer.
_ Parfaitement. Cela revient seulement à nous faire perdre notre temps.
_ J'ai récemment pris connaissance d'une vieille prophétie en fouillant dans les archives de mon clan.
_ Une prophétie ? Est-ce celle d'un certain dragon prophète ?
_ Nullement. Je dois en déduire que vous êtes au courant de cette prophétie ?
_ En effet.
_ Comment ? demanda Kython avec curiosité.
_ Je ne peux pas vous le dire.
_ Très bien, dit Kython après un temps de silence et après avoir détaillé longuement Sariour. Je comprends que vous ne me fassiez pas complètement confiance. Ce qui est tout à fait normal. Moi-même, je ne me ferais pas confiance.
_ Quel est donc le contenu de cette prophétie, et qu'est-ce que cela a à voir avec une alliance avec les sorciers ?
_ Eh bien ! Le mieux est de vous la réciter. Voilà donc ce qu'elle dit :
« Quand le gardien du château perdra son cœur
La sombre souveraine sortira de l'ombre
Alors des entrailles de la Terre
Une nuée de guerriers sanguinaires émergera
Comme une rivière sauvage
Le sang coulera à flots et la terre se gorgera de la chair des morts
Viendra alors le sauveur, le libérateur
Né sorcier sans l'être
Dernier représentant de son espèce
Il se dressera contre les ténèbres et délivrera le peuple gris de son esclavage »
_ Je ne suis pas parvenu à tout décortiquer, mais je pense que le sauveur dont il est fait mention est le même que celui qui est cité dans la prophétie du dragon comme étant le dernier Drow. Et d'après mes déductions, aussi incroyable que cela puisse paraître, ce Drow pourrait être un sorcier.
_ Donc, vous souhaitez vous joindre aux sorciers uniquement pour trouver l'enfant de cette prophétie, déduisit Sariour sur ses gardes.
Il était hors de question qu'il le permette ! Impossible qu'il puisse laisser son petit-neveu aux mains de cet elfe. Qui savait ce qu'il était capable de lui faire au nom de la science magique. Avant que cela n'arrive, il tuerait Kython. Au diable leur association ! Son neveu et prince était bien plus important.
_ Exactement. Il représente notre meilleure chance pour en finir avec le roi.
_ Vous pensez qu'un jeune sorcier seul est en mesure de réussir là où la coalition des elfes de la surface a échoué ? demanda Sariour tout en préparant une attaque.
_ Certainement pas !
_ Alors, pourquoi vous intéressez-vous à lui ? voulut savoir Sariour prêt à tuer son interlocuteur pour protéger Harry.
_ En raison de la dernière phrase de la prophétie : « Il se dressera contre les ténèbres et délivrera le peuple gris de son esclavage ». Précisément pour la fin de la phrase : « et délivrera le peuple gris de son esclavage ».
_ Qu'est-ce que cette phrase a de si particulier ? demanda Sariour, qui suspendit son attaque afin d'assouvir sa curiosité.
_ Parce que, mon cher Seigneur Sariour, je pense que cet enfant est en mesure de libérer les elfes gris du joug sorcier. Et si ma déduction est bonne, ces derniers se battront ensuite à ses côtés. Une alliance avec les elfes gris nous garantira forcément la victoire, dit Kython avec excitation.
_ Libérer les elfes de maisons ? se dit Sariour doucement. Il en serait bien capable le connaissant.
Après cela, les deux elfes se mirent d'accord pour prendre rendez-vous avec les sorciers afin de leur proposer une alliance. Sariour se proposa de s'occuper de cela. Avant de partir, le Penseur lui révéla que le roi était derrière le conflit moldus/sorciers. Après leur discussion, Sariour retourna auprès de son clan. Et après une vérification très musclée, comme promis, il envoya deux nouveaux rats de laboratoire au Seigneur Kython. Ensuite, il écrivit une lettre à Severus dans laquelle il sollicitait un entretien avec Voldemort et où il lui révélait ce que lui avait appris le Penseur.
Sariour abattit son épée à la base de la nuque de l'elfe avec énergie. La force du coup emporta la tête du malheureux. Sans faire grand cas de ce qu'il venait de faire, l'elfe noir repartit à l'attaque. Il lança son épée dans la poitrine d'un autre elfe et sortit deux couteaux d'une trentaine de centimètres de chacune de ses manches. Il se baissa tout en se retournant.
L'une de ses lames pénétra dans la chair du guerrier qui se trouvait derrière lui et qui avait tenté de lui planter son épée dans le dos. Se dégageant du mourant qui pesait sur son épaule, Sariour se releva, prit un parchemin gris d'une de ses poches, marmonna un sort et le lança en direction du ciel. Le signal était envoyé, maintenant, il devait dégager de là. Leur mission était une véritable réussite. Lui et son clan venaient de détruire l'une des plus grosses cargaisons de goules du roi.
À la suite de sa rencontre avec le Seigneur du clan des Penseurs, Sariour avait supervisé le déplacement de son clan en un lieu plus sûr. Après cela, il s'était assuré qu'il n'y avait plus un seul traître dans ses rangs. Pour ce faire, il n'avait pas hésité à soumettre tout le clan au Veritaserum. Ensuite, l'elfe s'était occupé du cas d'Ohtar qu'il avait trouvé quelques jours plus tôt et qui n'avait pas dit un mot depuis que Sariour l'avait découvert baignant de sang recoquillé sur lui-même. Au début, ce dernier s'était muré dans le silence, mais la persévérance de Sariour avait gagné. Et petit à petit, Ohtar lui avait raconté ce qui s'était passé. Sariour avait eu du mal à concevoir que l'on puisse se mettre dans un tel état pour avoir fait ce qu'il fallait.
Pour lui, Ohtar avait agi de la meilleure des façons possibles. Ainsi, au lieu de laisser sa mère souffrir lentement, pendant des jours et des jours, il avait abrégé les souffrances de cette dernière. Certes, elle avait beaucoup souffert et cela n'avait pas été beau à voir ni à entendre, mais maintenant, elle pouvait reposer en paix. Et pour l'avoir de nombreuse fois utilisé sur des prisonniers, Sariour savait que la mort de la mère Ohtar, même si elle avait été horrible, avait été bien plus douce que ce qui l'attendait. L'elfe dit cela à Ohtar, mais ça ne le réconforta pas. Il venait tout de même de tuer sa mère. La chair de sa chair. Celle qui l'avait mis au monde et qui l'avait chéri, même lorsqu'il lui portait le coup de grâce.
L'elfe s'en voulait tellement pour ça qu'il aurait souhaité la mort. Sariour, n'étant pas une personne très sensible et qui avait dû mal, au vu de son éducation, à comprendre les sentiments d'Ohtar, avait eu l'idée de détourner les idées de l'elfe. Pour cela, il lui avait confié une mission d'une extrême importance pour eux tous. Cette mission était : retrouver leur neveu enlevé et disparu. L'elfe noir expliqua à celui qui avait fini par devenir un ami, ce que le Seigneur du clan des Penseurs lui avait confié. Harry était leur seule chance de victoire. Et ce fut un Ohtar un peu plus clame, mais toujours aussi bouleversé, qui partit à la recherche de Harry.
Le lendemain du départ d'Ohtar, une missive venant de Kython lui avait été envoyée. Le Penseur expliquait en détail l'emplacement d'une garnison de guerriers Vipères qui gardaient une cargaison de goules. Heureusement pour Sariour et ses guerriers, Kython avait ajouté à l'information un antidote contre les morsures des bestioles ainsi que la façon d'en venir à bout efficacement. Il faut savoir qu'une goule était une créature créée en laboratoire. Elle était conçue à partir de cadavres d'elfes, sorciers ou Moldus et de magie noire. Ces créatures étaient friandes de sang et de chair fraîche. La morsure d'une goule entraînait dans la majorité des cas la mort de sa victime si elle avait de la chance, car dans le cas contraire, le mordu se transformait à son tour en goule.
Les goules étaient à l'origine des légendes sur les vampires qui pullulaient chez les Moldus. D'après ce qu'avait appris Sariour, le roi avait pour projet de lâcher un millier de ces bestioles contre les Moldus. Elle prévoyait d'anéantir les Moldus et les sorciers ainsi. Elle avait aussi prévu d'en lâcher sur le campement du clan des Exécuteurs, mais grâce à l'aide de Kython, Sariour avait pu éviter ça. Tout en pensant à comment il avait eu connaissance de l'emplacement de la garnison, Sariour se fraya un chemin jonché de cadavres et de mourants afin de rejoindre le lieu de rassemblement où il avait été prévu de se rejoindre après la mission. Ils venaient de gagner une petite victoire, mais pas la guerre. L'elfe noir se contenterait de ça pour l'instant. De retour à leur baraquement, Sariour fut heureux de trouver un mot venant de Voldemort. Le mage acceptait de le voir le jour même. Le soir même, il alla à la rencontre de Voldemort et en quelques heures, une alliance fut conclue. Après cela, il retourna à son campement où une lettre de Kython l'attendait. Celui-ci sollicité une rencontre dans l'heure.
Sariour se rendit au point de rendez-vous avec prudence. Le seigneur du clan des Penseurs n'était pas du genre à faire les choses dans la précipitation et le message qu'il avait reçu l'était. Pourquoi une telle urgence ? Sariour ne parvenait pas à le deviner et cela le frustrait et le faisait craindre le pire. Voilà pourquoi, contrairement à ses habitudes, il avait pris avec lui dix des meilleurs guerriers de son clan. On ne savait pas sur quoi on pouvait tomber par les temps qui courraient. Et comme l'avait si bien dit Kython : lui-même ne se faisait pas confiance. Alors pourquoi Sariour prendrait-il le risque de le faire ?
Arrivé à proximité du lieu de la rencontre, l'elfe plaça ses guerriers à des endroits stratégiques avant de se risquer à faire un pas de plus en avant. Il ne fut pas vraiment étonné en voyant Kython l'attendre, dos appuyé à un arbre. L'elfe paraissait serein, mais pour quelqu'un comme Sariour habitué à voir au-delà des masques, il était évident que quelque chose clochait. Immédiatement sur ses gardes, l'elfe porta sa main à son épée. Voyant cela, Kython amorça un geste pour faire de même avant d'y renoncer en soupirant lourdement.
_ Vous avez conscience que je n'ai aucune chance contre vous si nous en venons à là ? dit l'elfe avec rigidité.
_ Peut-être ou peut-être pas. Klaine, notre bien aimé dieu, a parfois un humour étrange. Il se pourrait donc que vous parveniez à me vaincre avec un simple croche-pied, lui dit Sariour la main toujours posée sur la poignée de son épée. Pourquoi une telle urgence ? demanda-t-il ensuite.
_ Je pense que le roi a des soupçons sur moi, révéla Kython.
_ Pardon ? Êtes-vous certain de cela ?
_ Les soupçons ne me visent pas particulièrement, mais il ne va pas lui falloir longtemps avant qu'il ne vienne à me suspecter.
_ Expliquez-moi ce qui vous fait dire cela.
_ Lorsque les guerriers qu'il a envoyés pour vous éliminer sont revenus bredouilles, il a commencé à se douter de quelque chose. Et après que votre clan ait éradiqué sa cargaison de goules, ses soupçons se sont confirmés. Il est persuadé qu'il y a un traître dans ses rangs.
_ Pourquoi pensez-vous qu'il va porter ses suspicions sur vous ?
_ Parce que mon cher Seigneur Sariour, seuls quatre elfes étaient au courant de l'emplacement de la garnison des goules, et seulement trois de l'attaque prévue sur votre camp. Et il se trouve que les seigneurs Senlu et Elthrai sont les deux autres seigneurs avec moi à avoir été au fait des deux renseignements. Je vous laisse faire vos déductions.
_ Ne pouvez-vous pas aiguiller les soupçons sur l'un d'eux ?
_ J'y ai déjà pensé, mais c'est impossible, le délai pour bien faire les choses est bien trop court.
_ Alors, que proposez-vous de faire ? demanda Sariour.
_ D'après mes estimations, j'ai une semaine devant moi avant qu'il ne parvienne à cette conclusion. Il a besoin de s'assurer de notre culpabilité avant de nous confondre. Je vais donc employer ce temps pour rassembler les membres de mon clan qui me sont fidèles et collecter quelques sujets d'expérience qui nous seront d'une certaine aide dans cette guerre et eut-être aussi, votre père...
_ Et ensuite ?
_ Voilà exactement pourquoi je vous ai demandé de venir, déclara Kython en étirant ses lèvres.
_ Je vous écoute, dit Sariour avec une certaine méfiance.
_ Je me demandais si vous seriez assez aimable pour nous accueillir. Ce n'était en aucun cas une question.
_ Bien entendu, répondit Sariour en grimaçant un peu.
Les penseurs n'étaient pas l'un des clans les plus appréciés des elfes noirs, mais comme ils étaient alliés et que Kython proposait implicitement de lui ramener sin père, il pouvait bien faire un effort.
_ Bien, je savais que je pouvais compter sur vous. Maintenant, je dois repartir avant que l'on ne remarque mon absence. De plus, j'ai des préparatifs à faire.
Sariour regarda l'elfe partir en secouant la tête. Il espérait qu'il ne venait pas de faire une idiotie en acceptant de les accueillir. Les penseurs étaient des êtres fourbes qui ne vivaient que pour leurs expérimentations sur les autres créatures vivantes ou mortes d'ailleurs.
Quelques heures après cette rencontre, huit elfes noirs étaient acculés devant l'entrée d'une ancienne grotte qui servait maintenant de pont entre le monde souterrain et celui de la surface. La tension était palpable alors qu'une dizaine d'elfes gisaient déjà à terre, les corps raidis par la mort. Les cinq survivants tenaient tête à un escadron d'elfes que le nouveau roi avait lancés à leur poursuite. Comment les choses avaient-elles pu tourner aussi mal ? se demanda Sariour alors qu'il parait l'attaque de son adversaire avant de lui envoyer un informulé qui coupa net l'une de ses jambes. Le sang gicla jusqu'à son visage tandis que son opposant poussait un hurlement d'agonie. Profitant de la distraction de celui-ci, Sariour plongea sa dague dans la poitrine de l'elfe. Celui-ci s'écroula sur le sol, mort. Mais Sariour n'eut pas le temps de se réjouir qu'un second adversaire prenait la place du mort.
Alors qu'il engageait le combat avec son nouvel opposant, Sariour se remémora les événements qui l'avaient conduit à cet endroit. Le soir de sa rencontre avec le Seigneur du clan des Penseurs, une autre lettre de celui-ci lui était parvenue. Les plans de Kython ne s'étaient pas déroulés comme prévu. Contrairement à ce qu'il avait pensé, le Roi avait déjà des soupçons sur l'identité du traître et pour s'en assurer, il avait placé celui-ci sous surveillance. Et à la seconde où Kython était remonté à la surface pour rencontrer Sariour, le Roi en avait été informé. Et quand ce dernier retourna sous terre pour mettre en place ses plans, il avait été mis aux arrêts. Par chance, avant que les elfes chargés de sa capture ne l'atteignent, Kython avait eu le temps d'envoyer un appel à l'aide à Sariour.
Au moment il reçut la missive, Sariour était sur le point de partir à la rencontre de Voldemort pour une réunion. Mais l'urgence et la précarité de la situation de Kython lui avaient fait revoir ses priorités. Et comme le temps leur était compté et que perdre le soutien de Kython était inenvisageable, Sariour, au mépris du danger, avait pris une vingtaine d'elfes avec lui et ensemble, ils s'étaient faufilés sous terre à la rescousse du Seigneur du clan des Penseurs. Il ne leur avait pas été très difficile de pénétrer dans le monde souterrain ni de s'infiltrer dans la prison où était retenu Kylthon pour le délivrer lui ainsi que son père. Non, le plus ardu avait été de repartir, car il s'était avéré que tout cela n'avait été qu'un piège du Roi afin de la capturer lui. Kython n'avait été que l'appât. Mais il ne fallait pas croire que le Penseur avait trahi Sariour. Non, simplement quand le Roi avait découvert la trahison de celui-ci, il s'en était servi pour tendre un traquenard à Sariour.
Ainsi, au moment où Sariour et ses guerriers délivrèrent Kython et le père de Sariour de leur cellule, une cinquantaine d'elfes leur étaient tombés dessus. Un combat sanguinaire s'était alors engagé entre les deux groupes. Après plusieurs minutes d'affrontement, dix de ses guerriers s'étaient placés devant une des entrées de la prison et avaient fait un barrage de leur corps afin de retenir leurs ennemis avant d'inciter Sariour à partir en compagnie des prisonniers et du reste des guerriers. L'elfe n'avait pas cherché à discuter et leur avait remercié pour leur sacrifice avant de leur tourner le dos. Ensuite, avec prudence, ils avaient quitté la prison, longé les murs de la ville en faisant attention à ne pas se faire repérer et s'étaient rendus à un des points de sortie vers la surface. Par chance, ils n'avaient pas été découverts durant leur déplacement. Malheureusement, alors qu'ils étaient presque parvenus à atteindre la sortie, un escadron d'elfes les avait rattrapés. Voilà pourquoi Sariour était en train de lutter aussi férocement contre eux pour sauver sa vie.
Sariour sentait l'urgence le gagner. Ils devaient rapidement en finir avec leurs adversaires avant que des renforts n'arrivent, car si cela venait à se faire, ils n'auraient aucune chance de quitter la grotte en vie. Et c'est pour cette raison que Sariour prit cette décision. Il n'avait qu'une chance sur mille d'y parvenir, mais il n'avait pas le choix. C'était ça ou la mort pour eux tous. Sa décision prise, Sariour fit signe à un de ses guerriers et lui fit comprendre qu'il devait le protéger. Ceci fait, il se laissa tomber sur le sol et se mit en position du lotus. Ensuite, il posa son épée sur ses jambes avant de fermer les yeux. Il prit après cela une grande respiration et joignit ses mains, paume contre paume devant son visage et entonna une formule magique aux accents bien étranges, même pour un elfe. Alors qu'il entonnait la formule, son corps se mit à briller d'un halo doré. Et plus sa voix s'élevait, plus le rayonnement s'intensifiait. Et lorsqu'il mit fin à son incantation, une ombre sans visage fait de fumée sombre apparut devant l'elfe.
_ Que désires-tu mortel ? demanda l'ombre.
_ Je voudrais que tu relèves les morts qui se trouvent dans cette grotte.
_ Tous les morts ? interrogea l'ombre d'une voix malicieuse et calculatrice.
_ Non, seuls ceux qui ont perdu la vie au cours de ces dernières heures, répondit Sariour pas dupe.
Accepter de le laisser relever tous les morts reviendrait à donner sa vie bêtement et inutilement.
_ Je vois que tu connais les règles, soupira l'ombre de satisfaction.
_ En effet, alors ne tente pas de me berner.
_ Bien. Tu connais le prix à payer pour ta demande ?
_ Oui. Si je ne survis pas à la levée des morts, mon esprit et magie seront tiens. Mais dans le cas contraire, tu feras de moi un Nécromancien.
_ Tu es certain que c'est ce que tu désires elfe, car une fois lancé, il n'y aura pas de retour en arrière possible. C'est soit la mort soit le pouvoir, le prévient l'ombre.
_ Je suis prêt, se contenta de lui répondre Sariour.
_ Si tel est ton vœu, eut juste le temps d'entendre Sariour.
La seconde d'après, il avait l'affreuse impression qu'un troupeau d'éléphants était en train de lui broyer le cerveau. Sa boîte crânienne lui donnait la sensation d'être comprimée dans une minuscule fiole à potion. Son regard devint trouble et une envie de vomir toutes ses tripes le prit à la gorge. Pris par de soudains et forts vertiges, l'elfe s'écroula sur le sol et se roula en boule en se tenant avec force le sommet de la tête. Du sang commença à s'échapper de sa bouche, son nez, ses yeux et ses oreilles. Sariour était sur le point de perdre conscience, quand une voix joyeuse dit :
_ Il semblerait que je vais hériter de ta magie et de ton esprit après tout.
Cette phrase toucha un point sensible de l'elfe. Il était hors de question qu'il meure ici et comme ça ! Il avait des gens qui comptaient sur lui. Alors il se mit à lutter contre la souffrance, les vertiges et tout ce qui voulait sa mort. Il lutta de toutes ses forces, de toute son âme. Et après un affrontement acharné, il parvint de justesse à prendre le dessus sur le tout. Grâce à la force de sa volonté, il endigua l'écoulement du sang, desserra l'étau qui comprimait son cerveau et balaya ses vertiges. Cela fait, il se releva et fixa son regard sur l'ombre, un regard plein de défi.
_ J'ai passé le test, dit-il avec l'arrogance caractéristique de son peuple.
_ Je n'aurais pas dû prendre la parole avant la fin de l'épreuve, se lamenta l'ombre avant de disparaître.
Quand l'ombre se dissipa complètement, Sariour à qui un tatouage représentant une araignée venait de faire apparition sur sa joue droite et dont les yeux s'étaient teintés en noir, dit un mot dans une langue imprononçable. Suite à cela, tous les morts se trouvant sur place se levèrent et s'attaquèrent aux elfes adverses.
LDD
Neville longea l'un des couloirs menant aux cachots de Poudlard. Il passa près de l'entrée de la salle commune des Serpentards et poursuivit sa route sans faire d'arrêt. Le jeune sorcier s'arrêta trois mètres plus loin en face d'un mur nu. Après avoir jeté des regards craintifs dans toutes les directions, Neville sortit sa baguette de la manche de sa robe sorcière et fit quelques mouvements rapides devant le mur en chuchotant un sortilège. À la fin du sort, le mur se scinda en deux et un couloir mal éclairé fit son apparition. Neville jeta un dernier regard peureux autour de lui avant de s'élancer dans le passage.
Après son passage, le mur se referma sur lui. Le jeune sorcier traversa le couloir qui déboucha sur une vingtaine de cellules dont deux seulement étaient occupées. L'une par Hermione qui était roulée en boule dans un coin en poussant des gémissements presque animaux, et l'autre par un moldu. Le moldu que Fred et George avaient capturé. Sans poser un regard sur Hermione, Neville se dirigea vers la cellule du moldu. Après une infime hésitation, le jeune sorcier déverrouilla la porte d'un charme et fit signe au prisonnier de le suivre. Celui-ci, un sourire narquois aux lèvres, se leva du sol sur lequel il était assis et franchit la porte de sa cage tel un conquérant.
_ Tu en as mis du temps pour venir, sorcier, lui reprocha le moldu avant de le devancer. J'ai fini par croire que j'allais devoir sortir d'ici par mes propres moyens ! ajouta-t-il avant d'allonger son pas.
Neville, silencieux, le regard vide et triste, suivit le moldu. Tous deux quittèrent les cachots et prirent la direction du bureau des directeurs de Poudlard.
LDD
Deux semaines après la destruction de Londres, l'Assemblée générale des Nations Unies se réunit en urgence. L'ordre du jour était la menace que représentaient les sorciers pour l'humanité. L'Assemblée s'était réunie afin de débattre sur la marche à suivre. Les pays membres de l'ONU devaient-ils entrer en guerre avec les sorciers ou bien devaient-ils laisser les Britanniques se débrouiller seuls, car après tout, ce sont eux qui avaient lancé les hostilités sans raison apparente.
_ Je pense que les sorciers ne représentent pas une réelle menace pour nous, commença un Français d'un certain âge. Notre pays traite et cohabite avec eux depuis des centaines d'années sans qu'il n'y ait eu un seul problème avec eux.
_ Les sorciers ne sont pas une menace dites-vous ! s'exclama un Américain moustachu et au gros ventre outré par la déclaration du Français. Et que faites-vous de la destruction de Londres ? En une nuit, ces monstres sont parvenus à détruire Londres ainsi que la quasi-totalité du gouvernement anglais. Une nuit. À votre avis, combien de temps leur faudra-t-il pour anéantir un pays ? Une semaine, deux semaines, un mois ? Je ne sais pas vous, mais moi je ne tiens pas à attendre pour le savoir. Je propose donc que nous les attaquions sans attendre. Nous devons les abattre avant qu'ils ne nous abattent !
_ Et comment voulez-vous vous y prendre pour réaliser un tel exploit ? Il nous est impossible de localiser les lieux d'habitation des sorciers. Seuls les Britanniques semblent être en mesure de le faire et ils refusent de partager leur secret avec nous, dit le même Français.
_ Je pense qu'avec ce qui vient de leur arriver, ils seront bien plus enclins à le faire, intervint un Japonais.
_ Devons-nous réellement déclarer la guerre à ce peuple dont nous ne connaissons pas les intentions et qui ne fait que se défendre suite à une multitude d'attaques injustifiées ? demanda le représentant de l'Espagne.
_ Certes, ils n'ont fait que se défendre, mais n'oublions pas qu'ils viennent de réduire en cendre une ville. Et plus important que cela, avez-vous oublié les photos satellites prises de l'Angleterre ces derniers jours ? interrogea le représentant américain avec fougue. Trois villes, Birmingham, Glasgow et Manchester. Trois villes complètement désertées de leurs habitants. Trois des plus grandes villes de la Grande-Bretagne. Nous parlons de plus de deux millions de personnes qui se sont évaporées dans la nature sans laisser de traces. Nous ne pouvons pas laisser cela continuer. Nous devons prendre les armes contre la communauté magique de la Grande-Bretagne avant qu'elle n'extermine toute la population !
Un silence religieux suivit cette déclaration. La disparition inexpliquée des habitants des trois grandes villes inquiétait tout le monde. Et même ceux qui désapprouvaient la conduite des Britanniques face aux sorciers commençaient à ressentir de la peur. Si les sorciers étaient capables de détruire quatre villes en l'espace de deux semaines, avec femmes et enfants, combien de temps cela leur prendrait-il pour faire de même avec tout le pays ?
_ Et en ce qui concerne les communautés des autres pays ? demanda le représentant de l'Allemagne.
_ Pour l'instant, ils ne représentent pas de menace pour nous, lui dit l'Américain.
_ Mais si nous déclarons la guerre à la communauté anglaise, ne croyez-vous pas qu'ils vont se joindre à eux ? fit remarquer le Français.
Personne ne dit rien à cela. Et après deux heures passées à débattre sur le sujet, l'Assemblée vota. Suite à un décompte, une majorité de 62 % l'emporta. La guerre aux sorciers venait d'être déclarée.
LDD
Snape transplana dans une forêt menant devant une grande montagne. La Montagne du Nain pour être précis. L'elfe avait une drôle de sensation en regardant cette dernière. La montagne n'était pas normale. Elle dégageait une puissance inhabituelle, effrayante et en même temps très attirante. Le maître des potions se sentit irrésistiblement attiré par elle. Il avait l'impression qu'une force surnaturelle, mais pourtant non agressive, l'appelait en lui promettant monts et merveilles. C'était tellement tentant de l'écouter et de répondre à son appel, mais Snape avait à faire. Il devait retrouver son frère.
Alors, il combattit la force surnaturelle avec détermination et se libéra de son emprise. Ensuite, il se mit à la recherche d'Ohtar. Suivant le lien magique qui le reliait à son frère, Snape s'enfonça dans la forêt en direction de la Montagne du Nain. Il marcha pendant presque une heure sans trouver de trace d'Ohtar. Cela lui paraissait étrange, car il ressentait la présence de celui-ci près de lui. Alors, pourquoi ne parvenait-il pas à le trouver ? Était-ce la montagne qui était à l'origine de ce phénomène inexpliqué ? Snape commençait à y croire. Pour s'assurer de sa théorie, le maître des potions fit apparaître une épée dans sa main droite afin de lancer un sortilège de location familial.
Ce charme était l'un des plus difficiles à jeter, car il demandait non seulement énormément de magie, mais le lanceur devait y mettre aussi un peu de sa force vitale pour que le charme fonctionne. Snape concentra sa magie sur son épée dans l'intention de formuler le sort, mais contre toute attente, celle-ci ne répondit pas à son appel. Pourtant, l'elfe pouvait clairement sentir sa magie en lui. Il pouvait même la toucher avec son esprit, mais il lui était impossible de l'utiliser. C'était comme s'il y avait un barrage invisible qui se dressait entre sa magie et lui. Donc, la magie était inutile dans le secteur. C'était certainement pour cela qu'il ne parvenait pas à localiser précisément son frère. Alors, comment faire pour retrouver Ohtar, se demanda Snape.
Et c'est pendant qu'il se posait cette question qu'une vague de magie pure s'abattit sur lui et l'envoya voltiger sur plusieurs mètres. Le dos Snape rentra brusquement en contact avec un arbre, ce qui stoppa sa course. L'elfe émit un gémissement de souffrance en se relevant péniblement après une minute passée à tenter de reprendre une respiration normale et à endiguer la douleur provenant de son dos. Il fallut près de trois minutes au professeur de potion pour qu'il parvienne à comprendre ce qui venait de se produire. La magie qui venait de la montagne venait de se dissoudre. Comment ? Cela il ne le savait et il ne voulait pas vraiment le savoir. Ce qui importait à l'elfe à cet instant, c'était qu'il allait enfin pouvoir retrouver Ohtar.
LDD
_ Alors, comment dois-je m'y prendre pour délivrer les elfes de maisons ? demanda Harry à Salazar.
_ Pour cela, tu dois d'abord trouver le roi des elfes gris.
_ Le roi des elfes gris ? Les elfes de maisons ont un roi ? s'étonna Harry.
_ Oui. Et pour pouvoir délivrer les elfes gris, tu dois le retrouver, car la malédiction qui a fait d'eux les esclaves des sorciers a été jetée sur la famille royale.
_ Si c'est sur la famille royale qu'elle a été lancée, pourquoi tous les elfes gris ont-ils été touchés par le sortilège ?
_ Parce que ces derniers sont tous liés magiquement à leur roi. Ce qui fait que ce qui advient au roi arrive automatiquement à son peuple.
_ Vous vous y connaissez drôlement sur les elfes de maisons et sur cette malédiction, releva Harry un brin soupçonneux.
_ C'est logique, dans la mesure où c'est moi qui ai soufflé l'idée à cet abruti de Godric Gryffondor, dit sardoniquement Salazar.
_ Quoi ? C'est vous qui êtes à l'origine de la malédiction des elfes gris !? Mais pourquoi avez-vous fait ça ?
_ À l'origine, le sortilège ne devait qu'inciter les elfes gris à prendre le parti des sorciers pour aider à combattre les elfes noirs.
_ Mais alors, comment ?...
_ Cet idiot de Godric s'est trompé dans la prononciation du charme ! s'exclama Salazar avec colère. Honnêtement, qui est assez stupide pour confondre le mot ''associé'' au mot ''esclave'' ? Je n'arrive toujours pas à y croire, soupira Salazar.
_ Les elfes de maisons sont devenus des esclaves à cause d'une mauvaise prononciation de sortilège ! s'exclama Harry incrédule.
_ Parfaitement. Maintenant que cela est dit, trouve le roi des elfes gris et lève la malédiction, ordonna Salazar.
_ Et comment je fais pour dénicher ce roi ? râla Harry.
_ Ce ne sont pas mes affaires. Tout ce que je peux te dire, c'est que la dernière fois que j'ai entendu parler de lui, celui-ci se trouvait à Salem. Il était l'elfe de maison de l'école de magie américaine, révéla Salazar du bout des lèvres.
_ En Amérique ! Rien que ça. Je me rends là-bas comment ?
_ Tu es bien un elfe, lui dit sarcastiquement Salazar. Alors, débrouille-toi.
Et sur ce charmant encouragement, il s'évapora en laissant Harry dans la grotte.
_ Salopard de barbu de mes deux ! Je vous jure que si je sors vivant de cette histoire, je vais vous régler votre compte ! explosa Harry.
Après avoir déversé sa rage en tapant du pied et en jetant des sortilèges explosifs un peu partout dans la salle au trésor, Harry transplana à son tour au pied de la Montagne du Nain. Si le jeune elfe avait choisi cet endroit pour apparaître, c'était parce qu'il n'était pas certain de pouvoir le faire avec les restrictions magiques qui entouraient la montagne. Arrivé en un seul morceau, Harry souffla de soulagement. Il avait vraiment craint de perdre un membre pendant le transport. Après s'être assuré que tout était à sa place sur sa personne, Harry jeta un regard critique autour de lui. Et comme à son arrivée, il n'y avait pas âme qui vive dans les parages.
Ne voulant pas prendre de risque en recourant une nouvelle fois au transplanage aussi près de la montagne, Harry opta pour une bonne vieille marche à pied. Se déplaçant à la vitesse d'un moldu ou d'un sorcier en randonnée, le jeune elfe prit le temps de songer à ce que Salazar lui avait dit sur le roi des elfes gris. Donc, s'il voulait avoir une chance de défaire ce cinglé de Roi, il devait obtenir l'aide des elfes gris. Et pour parvenir à l'obtenir, il devait lever la malédiction placée sur le roi des elfes de maisons et ensuite, le convaincre de lui venir en aide. Mais pour lever la malédiction, il devait d'abord trouver le roi en question qui se trouverait peut-être en Amérique.
La question était : comment allait-il s'y prendre pour se rendre là-bas ? Il aurait pu tenter de s'y rendre par la voie des airs grâce aux transports moldus, mais il n'avait pas de passeport et encore moins d'argent moldu en sa possession. Et au vu de ce qui se passait actuellement, il n'était pas certain que s'il avait eu les deux, les Moldus auraient été enclins à le laisser emprunter l'un de leurs avions. L'autre solution aurait été de s'y rendre par transports magiques, peut-être même en balai ; mais il ne savait pas si de tels moyens de transport magiques existaient et il y avait de fortes chances pour qu'il se perde en route s'il usait de son balai étant donné qu'il avait toujours été une bille en géographie.
Avec sa chance habituelle, il risquait d'arriver en Asie au lieu des USA. Tout en cherchant une solution à ses problèmes, Harry déplora l'absence de Ron et de Hermione (Harry n'est pas encore au courant de ce que Hermione a tenté de lui faire). Si ses deux meilleurs amis avaient été présents, il ne doutait pas qu'ils auraient trouvé. Plongé dans ses pensées, Harry ne vit pas l'homme qui se dressait devant lui avant d'entrer en collision avec lui. La force de l'impact le jeta au sol. Grognon, le jeune homme se releva en pestant et prêt en découdre.
_ Vous ne pouvez pas regarder où vous mettez les pieds, s'énerva Harry qui avait quelque peu oublié où il se trouvait.
_ C'est plutôt à moi de vous dire cela, petit insolent, lui répliqua l'autre sur le même ton. Qui a idée de se balader dans une forêt aussi effrayante la tête dans les étoiles !
_ Vous, lui dit Harry sans aucune hésitation. Et puis, que faites-vous ici ?
_ Ce ne sont pas vos affaires, rétorqua l'autre en reprenant son chemin et en ignorant Harry.
_ Attendez ! Je n'ai pas encore fini avec vous, interpella Harry qui se mit en travers de la route de l'autre.
_ Eh bien, moi si, lui dit l'autre en le contournant.
_ Où allez-vous comme ça ?
_...
_ Répondez-moi quand je vous parle ! ordonna Harry qui était exaspéré par l'attitude de l'autre.
Le jeune homme ne savait pas ce qui le poussait à s'en prendre à l'autre, mais il sentait qu'il devait le retenir. Son instinct lui disait qu'il avait de l'importance. Mais une importance à quoi, à qui ? Harry était incapable de le dire. Et comme l'autre continuait de l'ignorer en poursuivant son chemin, Harry décida, sur un coup de tête, sans prendre en compte le danger que cela représentait de suivre un inconnu dont il ne savait rien, de lui emboîter le pas. En silence, ils parcoururent une trentaine de mètres avant que l'autre ne s'arrête brusquement. Pris de court par ce soudain arrêt, Harry rentra une nouvelle fois en collision avec lui.
L'autre se retourna et fusilla Harry méchamment du regard. Ce ne fut qu'à cet instant que le jeune elfe réalisa qu'il connaissait l'autre. En effet, comme il avait une capuche qui lui recouvrait tout le visage, le jeune elfe n'avait pas pu voir son visage. L'étonnement rendit Harry muet. Il dévisagea l'autre avec surprise la bouche ouverte.
_ Oncle Ohtar, que fais-tu ici ? Qu'est-ce qui t'est arrivé ?
La seconde question avait été posée, car Ohtar avait beaucoup changé depuis la dernière fois que Harry l'avait vu. Son visage avait perdu de sa beauté et ses yeux étaient tellement vides et cernés que l'on pouvait croire que la vie l'avait quitté. Lui qui était si souriant et lumineux, était devenu morne et terne. Comme son oncle ne faisait pas mine de vouloir lui répondre ou même de le reconnaître, Harry s'inquiéta pour la santé mentale de celui-ci. Le jeune elfe avait assisté à la mort de ses grands-parents depuis l'espace-temps confiné.
Cet événement avait été si douloureux pour lui qu'il avait failli plus d'une fois briser les scellés que le barbu avait placés sur son empathie. Il lui avait fallu des semaines pour s'en remettre. Et la perte de ses derniers avait été telle qu'il n'avait plus eu la force de regarder ce qui se passait dans le monde extérieur. Ce qui faisait que Harry ne savait pas qu'Ohtar avait été obligé d'ôter la vie de sa propre mère afin de la délivrer de la souffrance.
_ Oncle Ohtar ? Appela Harry.
Ohtar regardait Harry, mais il ne semblait pas le voir, ne pas le reconnaître. L'elfe donnait l'impression d'être ailleurs. C'était comme si son regard était dirigé dans un autre monde. Qu'il voyait au-delà du voile qui recouvrait le monde. Il percevait bien ce qui l'entourait. Il avait même conscience de la présence de Harry (c'était ce qui lui avait permis d'échanger avec lui), mais il ne pouvait pas le voir. Il ne pouvait pas distinguer ses traits. Il avait l'impression que ce qui lui permettait de voir au-delà du voile l'empêchait de voir ce qui se dressait à quelque centimètre de son visage. Ohtar ne savait pas depuis quand il était plongé dans cet état. Était-ce après qu'il ait donné le coup de grâce à sa mère, quand Sariour était venu le chercher ou bien quand il lui avait demandé de partir à la recherche de son neveu disparu depuis près de six mois ? Ohtar avait du mal à le savoir et quelque part en lui, il ne voulait pas le découvrir.
L'elfe était complètement déconnecté de la réalité. Fuyant le monde réel. Son corps et une petite part de son esprit étaient bien présents, mais le reste était parti. Il se cachait de la réalité, de ce qu'il avait fait. Et même si tout au fond de lui, il savait qu'il avait eu raison de faire ce qu'il avait fait, que c'était la meilleure solution pour sa mère, il ne pouvait s'empêcher de se haïr pour cela. De vouloir se punir, d'en finir avec la vie. Il ne pouvait s'enlever de la tête qu'il avait mis fin à la vie de sa mère. Sa mère qu'il aimait tant.
Sa mère qui était si douce et souriante et qui n'avait jamais fait de mal à qui que ce soit. Pour se protéger de cette culpabilité trop lourde à porter, Ohtar avait fui. Il s'était créé un refuge au fin fond de son être. Un refuge tellement puissant, qu'il était parvenu à percer le voile entourant le monde. Lui permettant ainsi de percevoir ce qui se trouvait de l'autre côté, de voir la magie de la créatrice qui circulait tout autour. Elle était si belle et puissante qu'Ohtar était devenu en quelque sorte prisonnier d'elle. Incapable de détourner le regard d'elle. De revenir à la réalité. Et cela le tuait lentement.
Quand Snape a abaissé les barrières qu'il avait dressées dans son esprit afin de ne plus ressentir le froid que lui renvoyait le lien qui le reliait à son fils, il avait été submergé par les sentiments de son frère. La culpabilité, le mal-être de son frère et son incapacité à percevoir l'intégralité de l'esprit de celui-ci firent craindre le pire à Snape. Et quant au milieu de tout cela, il ressentit cet infime désir d'en finir, Snape prit peur. Il lui fallait retrouver Ohtar au plus vite. Voilà pourquoi il avait quitté Voldemort si brusquement. Le lien qui le reliait à son petit frère l'avait mené dans la forêt se situant près de la montagne, ce qui avait détraqué celui-ci.
_ Oncle Ohtar ? répéta Harry un peu plus fort, mais il n'obtint aucune réponse.
C'était comme si, lorsque Harry avait prononcé son nom, Ohtar avait été figé. Celui-ci ne faisait plus un geste, se contentant de fixer son regard vide dans celui de son neveu. Il respirait cela dit, mais très lentement. On aurait dit qu'il était endormi, mais les yeux grands ouverts. La peur gagnant Harry, ce dernier se décida à se servir de son empathie sur son oncle. Grâce à l'entraînement draconien de Salazar, le jeune elfe était enfin parvenu à maîtriser son pouvoir. Il pouvait maintenant y recourir sans risquer de faire du mal à son entourage ou à lui-même. Harry prit une grande inspiration avant de lâcher la bride qu'il avait placée sur son empathie.
Harry fut submergé par une myriade de sentiments qui n'étaient pas les siens. Des émotions venant non seulement de Ohtar, mais aussi des différentes créatures magiques et des quelques elfes qui se cachaient au sein de la forêt. Harry crut même percevoir la présence de son père, cela avait été tellement bref qu'il pensa l'avoir imaginé. Rapidement, comme lui avait appris le vieux grincheux de barbu, Harry mit de l'ordre dans toutes ses émotions et prit le contrôle sur elles. Quand ce fut fait, il se concentra sur son oncle. Uniquement sur celui-ci et sur ce qu'il ressentait. Mais, alors qu'il était focalisé sur ce dernier, une force brutale et sauvage agrippa son esprit et l'attira dans les profondeurs du subconscient d'Ohtar.
Harry surgit au milieu d'un lac. L'elfe était en suspension à quelque centimètre de l'eau. Et mis à part le lac, il n'y avait rien autour de lui et le silence était complet. Pas même une mouche ne se faisait entendre. Harry appela son oncle, demanda s'il y avait quelqu'un, mais seul le silence lui répondit. L'elfe tenta de se déplacer, mais il ne pouvait pas faire un seul geste. Il était cloué sur place. Les seuls membres qu'il pouvait encore bouger de sa personne étaient ses yeux et rien d'autre. Une ou peut-être trois minutes passèrent ainsi avant que l'atmosphère ne change soudainement. Un tourbillon se forma à un mètre de Harry. Il s'éleva dans le ciel avant de se dissoudre aussi vite qu'il n'était apparu. Le tourbillon laissa place à une femme sans âge, grande et svelte, au visage banal avec des yeux gris brillant de pouvoir et d'intelligence. Ses cheveux étaient d'un noir éclatant et lui arrivaient au bas du dos. Elle portait une longue robe blanche sans manches qui recouvrait ses pieds avec une corde dorée attachée aux hanches.
_ Cela fait longtemps que j'attends ta visite mon enfant, déclara la femme avec un sourire bienveillant aux lèvres.
LDD
Depuis la perte de son cœur, le Dragon de Poudlard sentait sa magie le quitter petit à petit. Et depuis près de six mois, il sentait que sa mort était proche, car il ne pouvait plus lutter contre ce qui était en train de ronger son cœur. Sachant sa fin imminente, le Dragon prit une grave décision. Il rassembla toute la magie qui lui restait, et protégea Poudlard avec elle. Cette action allait permettre à l'école de survivre à la mort du dragon. Cependant, ça n'allait pas sans conséquence, et ce, pour l'humanité entière. Aussi bien pour l'ensemble des créatures magiques que pour les Moldus. En prenant cette résolution, le Dragon souhaitait protéger les élèves et les sorciers qui avaient trouvé refuge dans l'école. Seulement, en voulant protéger ces derniers, il aida sans le vouloir les ténèbres à se rependre sur la surface de la Terre. Mais cela, le Dragon de Poudlard ne le savait. Quand il s'éteignit, ce fut avec l'assurance que les enfants qu'il aimait tant étaient en sécurité. Certes, pas éternellement, car sans la présence d'un dragon pour prendre sa place, l'école était vouée à disparaître à un moment ou à un autre, mais au moins, jusqu'à la fin de la guerre, ils seraient en sécurité, enfin, c'était ce qu'il espérait.
LDD
Neville conduisit le moldu à travers les couloirs de Poudlard. En silence, ils se rendirent dans l'un des appartements professoraux de l'école. S'assurant de ne pas être vus, ils pénétrèrent dans ces derniers après avoir brisé les charmes de protection qui avaient été placés dessus. Discrètement, ils se faufilèrent à l'intérieur et se cachèrent en attendant l'arrivée de l'occupant. Cela prit plusieurs heures avant que ce dernier ne pénètre à l'intérieur. En fait, il faisait déjà nuit quand ce dernier poussa la porte d'entrée avec méfiance. Ne perdant pas de temps, Neville et le moldu émergèrent de leur cachette et dans un même ensemble, se jetèrent sur le nouvel arrivant.
_ Avada Kedavra ! hurla Neville les larmes aux yeux, la baguette dirigée vers le propriétaire de l'appartement.
Le sortilège frappa celui-ci en pleine poitrine et l'envoya s'écraser contre le mur. Alors que le corps glissait sur le sol, de la gorge du moldu s'éleva un chant sinistre en même temps que son apparence changeait pour laisser la place à un elfe noir, épée à la main. Celui-ci, tout en entonnant son chant, planta son épée dans le ventre du nouvel arrivant. Cela étant fait, il se saisit du bras de Neville avant de transplaner avec lui. Alors que l'elfe et Neville disparaissaient, la porte de l'appartement s'ouvrit sur Ron. Celui-ci poussa un cri d'horreur en voyant l'épée dépasser du ventre de la victime de Neville et de l'elfe. Il se précipita vers lui en appelant à l'aide.
_ Merlin ! Je vous en prie, ne mourrez pas ! supplia Ron en prenant le sorcier dans ses bras. Si vous venez à mourir, Harry ne s'en remettra jamais.
LDD
Alors que le dragon rendait son dernier soupir, au même moment dans la grotte où reposait le jumeau du roi des elfes noirs, le corps de ce dernier fut soudainement pris d'une crise de soubresauts qui le fit tomber au sol en poussant des hurlements de dément. Le supplice dura une trentaine de minutes avant que tout ne revienne à la normale. Enfin, tout sauf l'elfe qui avait énormément changé. Il avait pris plusieurs centimètres et sa peau était devenue entièrement bleue. Ses yeux n'étaient plus que deux puits noirs sans fond.
_ Enfin libre, furent les seuls mots qu'il dit avant de transplaner auprès d'Arhaka, le roi des elfes noir.
Avant que celui-ci ne puisse dire un mot, le nouvel arrivant plongea sa main dans sa poitrine et lui arracha le cœur qu'il s'empressa de manger. Ensuite, il fit disparaitre le corps du roi, puis prit l'apparence et la place de ce dernier sans que personne ne s'aperçoive de rien.
