Tout d'abord, un grand MERCI ! Vos reviews m'ont énormément motivée ! Comme quoi, tout est possible... Bon, il y a toujours une bonne centaine de lecteurs que je ne remercie pas...

De plus, ce chapitre est le chapitre clé de l'histoire ! C'est celui qui m'a poussée à écrire cette fiction, à faire un Remione... parce qu'il y a une scène présente qui m'a donnée l'envie d'écrier tout ce qui s'était passé avant, et ce qui se passera après. Alors merci de m'avoir motivée, parce que c'est pour moi le chapitre qui compte le plus, et l'écrire a été un vrai bonheur ! Je vous adore, continuez à laisser vos avis !

ledadae : Merci ! :D Oui, les révélations affluent en masse dans les chapitres qui viennent !

caro2875 : La réponse est dans le chapitre ! Ou dans les suivants... ;) Merci pour ta review !

manon potter : Accro ? Héhé, c'est une bonne drogue, légal et tout ça ! ^^ La suite, c'est toutes les semaines, chaque dimanche, alors la voici ! ;D

Jennaaaa : Ca se dénoue, oui... Hum, peut-être que Sirius comprendra le premier ! A voir ! Moi aussi ça me brise le coeur... Chacun d'eux a eu une vie horrible (Peter y comprit), et ils sont tous morts jeunes... Aucune idée ? Mais c'est le but, héhé ! J'aime le suspens ^^ Merci pour ta review, ça me motive de voir que tu es dans le flou... si la fin était trop évidente, je serais déçue ! ;p

Hermione Granger : Oui, mais je cherche des couples originaux ! Sirius/Hermione c'est trop facile, et puis j'ai mes raisons ^^


-Neville. C'est étrange, n'est-ce pas ? Surtout que ce n'est pas comme si ce prénom est très commun. Ton Don explique peut-être certaines choses, mais pas tout. Les ressemblances physiques entre ton cousin et Alice, ainsi que le prénom identique à celui qu'elle voulait offrir à son fils…

Hermione tenta de garder son calme, malgré son envie grandissante de tout lui balancer à la figure, et tant pis pour les remords, pour ce que cela engendrerait, pour le danger que cela représenterait…

-Tu n'as rien à me dire ? reprit Sirius. Sais-tu pourquoi Alice n'a pas voulu appeler son fils comme ça ? Parce que je lui avais parlé de toi et ton cousin. Et au vu de ce qui lui est arrivé, elle a préféré donner Neven comme prénom à son fils.

-Je ne sais pas ce que tu t'imagines exactement, et je pense que je préfère ne pas savoir.

-Tu es forte pour les mensonges, hein ? Mais ça ne prend plus avec moi. Plus maintenant.

Sirius eut soudain l'air triste.

-Je pensais que tu étais une fille bien.

-Une fille bien ? Qu'est-ce que ça veut dire, selon toi ?

Sirius recula, et s'engouffra dans la cheminée. Mais avant de partir, il dit :

-Je pensais que tu étais comme Maud. Mais Maud n'était pas une traîtresse, elle.

-Traîtresse ? retentit la voix de Remus qui sortit des escaliers.

-Tu n'étais pas censé aller à la salle de bain ? lui demanda Hermione pour ne pas lui montrer à quel point les insultes de Sirius l'avaient touchée.

-J'ai changé d'avis, éluda-t-il.

Hermione plissa les yeux.

-Tu l'espionnais ? Ou bien tu m'espionnais moi ?

-Quel est le rapport entre Alice et ton cousin ? l'interrogea Remus sans prêter attention à sa réponse.

-Tu peux éviter de changer de sujet, s'il te plaît ?

-Il me semble que le sujet principal, c'est ton cousin, dit doucement Remus. Je pensais, reprit-il en voyant qu'elle ne lui répondait pas, qu'avec le temps, tu finirais par me dire ce qui te mine. Depuis que je te connais tu as toujours été secrète, tu as tout gardé pour toi. Dis-moi, s'il te plaît, explique-moi… Je ne supporte pas de me dire que je vis avec toi, que je me confie à toi pendant que tu continues à ressasser toujours la même chose ! Je pensais qu'au fil des années, cela s'atténuerait, mais c'est plutôt le contraire, surtout depuis quelques mois… depuis l'accusation de Sirius. Depuis cette fois où les Mangemorts avaient débarqués au QG, en fait.

Hermione prit une grande inspiration.

-Je suis désolée mais je ne peux pas te le dire.

-Tu ne peux pas ou tu ne veux pas ?

-Un peu des deux, j'imagine, répondit-elle avec un sourire timide. Mais on n'est pas obligés d'en parler. Tout va finir par s'arranger, tu verras.

Tout s'arrangerait, en effet, mais pas dans le sens qu'elle laissait suggérer à Remus. Lily et James devaient mourir, pour permettre un répit à la communauté sorcière. Cependant, elle aurait tellement aimé que Sirius comprenne ce qui se tramait… Et que jamais, jamais, il ne cède sa place. Pourtant, c'était essentiel. La mort de Lily et James devait arriver. N'est-ce pas ?

ooooo

-Qu'est-ce qu'il y a, Remus ? demanda Hermione en baillant, tandis que Remus la secouait pour la réveiller.

-Lily a accouché ! s'écria-t-il.

Cela eut pour effet de réveiller complètement Hermione. Elle se passa une main dans ses cheveux, et elle se rappela soudain… 1er Août 1980.

-Quand ? l'interrogea-t-elle. Quand exactement ?

-Je ne peux pas te prédire avec précision, rit Remus, mais le hibou dit hier.

-Le hibou ? répéta-t-elle.

Remus agita un parchemin devant ses yeux.

-Il est arrivé il y a environ cinq minutes, mais tu ne l'as pas entendu.

-Quand pouvons-nous aller les voir ?

-Cet après-midi, d'après James, dit Remus en parcourant la lettre des yeux.

Il la tendit ensuite à Hermione qui s'en empara avec fébrilité.

Remus, Hermione,

Lily a accouché hier pendant la nuit, c'est un garçon. Venez cet après-midi, si vous pouvez,

James

-Si on peut ? Bien sûr qu'on peut ! s'exclama Hermione.

-Il voulait dire « si vous n'avez pas de missions », précisa Remus avec un sourire.

-Oui, je sais, mais… Bon, enfin une bonne nouvelle !

-Deux, tu veux dire, puisqu'il y a eu la naissance de Neven.

L'enthousiasme d'Hermione se fana un peu.

-L'après-midi commence à quelle heure selon toi ? demanda Remus, toujours souriant.

-Euh… quatorze à peu près, pourquoi ?

-Il faut qu'on aille acheter un cadeau pour le bébé.

ooooo

Remus et Hermione entrèrent dans la cour de la maison des Potter à pas de loup, jetant des coups d'œil furtifs autour d'eux. Remus leva la main, et frappa à la porte. James leur ouvrit peu après.

-Je te ne t'ai pas entendu arriver, s'étonna Hermione.

-Ah oui…

Il se passa une main dans les cheveux. Remus, qui le connaissait par cœur et savait que c'était parce que quelque chose le gênait, fronça les sourcils.

-Nous avons mis de nouvelles dispositions en place.

-Même contre nous ? l'interrogea Remus.

James haussa les épaules et leur dit :

-Entrez vite, la rue est déserte mais mieux vaut ne pas tenter sa chance.

Remus l'observa avec attention en pénétrant dans la maison. Cela ne ressemblait pas au comportement de James d'être si prudent…

-Montez à l'étage, leur dit-il.

Remus et Hermione empruntèrent les escaliers et se dirigèrent dans la chambre où Lily les accueillit avec un immense sourire, son fils dans les bras.

-Approchez ! leur lança-t-elle.

-Comment s'appelle-t-il ? demanda Remus tandis qu'Hermione avançait vers le bébé, intimidé, anxieuse, mais si heureuse de le voir, le voir lui… ses cheveux noirs, ses yeux verts…

Ce n'est qu'un bébé, se rappela-t-elle. Harry a bien changé en grandissant !

-Harry, répondit James.

-Harry James Potter, compléta Lily.

Hermione avança encore, et Lily, allongée sur le lit, tourna Harry de façon à ce qu'elle le voit.

-Pourquoi ne pas nous avoir dit son nom dans la lettre ?

Le bébé avait un fin duvet sombre sur la tête. Ses yeux étaient à demi ouverts, mais malgré le fait qu'il soit un nouveau-né, leur couleur était parfaitement perceptible.

Verts.

-Parce que Dumbledore nous avait prévenus d'un certain risque vis-à-vis d'Harry. Il disait que rien n'était certain, mais qu'il fallait demeurer prudent.

Finalement, ce n'était pas si étonnant qu'à peine né, Harry est déjà les yeux verts. Les yeux sont le reflet de l'âme, dit-on chez les moldus. Celle d'Harry, c'était sa mère qu'il perdait tôt, bien trop tôt…

Hermione chancela un peu, mais heureusement, nul ne lui prêtait attention. Tous les regards étaient rivés sur Harry.

Harry qui perdrait sa mère dans un peu plus d'un an. Elle pouvait l'en empêcher. Elle savait ce qui allait se passer… Elle en avait tellement envie…

Il avait tant souffert. Elle ne pouvait pas faire cela à son meilleur ami…

ooooo

Remus et Hermione se rendaient presque quotidiennement chez Lily et James, les soutenants dans leurs difficultés. Ils semblaient de plus en plus inquiets, et Hermione avait croisé Dumbledore chez eux plus d'une fois.

Ce jour-là, vers le milieu du mois de septembre, lorsqu'ils arrivèrent à l'endroit où se trouvait habituellement leur maison, il n'y avait rien.

-Que s'est-il passé ?

-On est venus il y a deux jours…, dit Remus. Elle ne peut pas avoir disparu en une nuit…

-Tu crois qu'il leur est arrivé quelque chose ? s'angoissa Hermione.

-S'il leur était arrivé quelque chose, la maison n'aurait pas disparu, et la Marque flotterait au-dessus de la maison.

Comme pour Neville, songea-t-elle.

Au bout de la rue, une silhouette familière apparue.

-Remus, fit Hermione, je pense savoir pourquoi nous ne…

-Ne vous inquiétez pas, coupa Sirius sans même les saluer. Ils n'ont pas disparu.

Il marmonna quelque chose. Il sembla à Hermione qu'une deuxième voix chuchotait, juste à côté d'eux…

La maison apparut soudain devant eux.

-Dépêchez-vous, les pressa Sirius. On n'a pas mis tout ce dispositif au point pour traîner devant la maison et risquer qu'elle soit découverte.

Ils pénétrèrent à l'intérieur, et pendant un bref instant, la porte résista à Hermione qui tentait de la fermer… James et Lily se levèrent de la table de la cuisine pour accourir vers eux.

-Que se passe-t-il ? demanda Remus. Pourquoi avons-nous été bloqués dehors ?

-Venez dans la cuisine, leur dit Lily, j'ai mis le berceau d'Harry là-bas pour le surveiller pendant que je préparais à manger.

Ils s'installèrent tous les cinq autour de la table, Harry dormant à côté d'eux.

-Comme vous le savez, nous avons toujours été des cibles prioritaires pour Vous-Savez-Qui, commença James.

-Vous-Savez-Qui ? répéta Remus. James, depuis quand…

-Je vais y venir, Lunard.

Il saisit la main de Lily, et la serra fort, jeta un coup d'œil vers son fils, puis poursuivit :

-Vous-Savez-Qui voulait déjà en finir avec nous depuis un moment, et le fait de l'avoir défié en personne trois fois n'a rien arrangé, c'est certain. Mais…

Lily lui serra un peu plus fort la main, l'incitant à continuer.

-Dumbledore nous a prévenus peu avant la naissance d'Harry que cela risquerait de compliquer bien des choses… Il n'a pas voulu nous en dire plus, mais nous a fermement recommandé de mieux protéger la maison, ce que nous avons fait. Il est revenu hier. Ses craintes sont avérées… Nous sommes maintenant la principale proie de Vous-Savez-Qui. Enfin, Harry est sa principale proie.

Les yeux de Lily, rivés sur son fils, étaient plein de larmes. James semblait épuisé et anéanti, et Sirius fixait Remus et Hermione d'un regard sombre et indéfinissable, les bras croisés.

-Mais pourquoi ? En quoi Harry peut-il porter préjudice à Vold… -James secoua la tête avec vigueur, et Remus se reprit- Vous-Savez-Qui ?

-Il existe une prophétie, dit Sirius d'une voix rauque, éraillée. Une prophétie parlant d'un enfant qui aurait le pouvoir de vaincre Vous-Savez-Qui.

-Et Il en a eu connaissance, dit Lily. Les critères de la prophétie sont précis. Les parents de l'enfant ont défié Vous-Savez-Qui trois par le passé. Il est né fin juillet, et possèdera « un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore ».

-C'est de Harry dont il s'agit ? interrogea Remus, désespéré.

-Sans doute, dit James. On ne peut pas en être sûrs, parce que les critères s'appliquent aussi à Neven Londubat –Sirius vrilla ses yeux noirs sur Hermione-, mais en tout cas, selon les informations de Dumbledore, c'est nous que Vous-Savez-Qui a reconnu dans la prophétie. Et la prophétie dit également que « aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit… »

Un silence de plomb régna dans la petite cuisine.

-On n'avait convenu de ne pas leur dire ce truc-là, lança Sirius.

-Patmol ! C'est Lunard… Si on ne peut plus lui faire confiance…

-Hermione, coupa Lily, étant donné que tu travailles au département des Mystères, je me demandais si tu avais déjà eu connaissance de la prophétie ?

-Non, dit Hermione. Je n'ai pas accès à toutes les informations. Et puis, Dumbledore ne l'a sans doute pas faite déclarer.

Tous lui lancèrent un regard soit surpris, soit soupçonneux.

-Qu'y a-t-il ?

-Comment sais-tu que c'est à Dumbledore qu'elle a été délivrée ? lui demanda Lily.

-Cela semble plutôt évident, fit Hermione. C'est lui qui vous a averti et qui semble… semble en connaître la teneur exacte.

-Toujours aussi intelligente, remarqua James avec une esquisse de sourire.

-Ou bien informée, grogna Sirius.

Un certain malaise se répandit, mais Remus y coupa court en demandant :

-Et donc vous avez mis en place de nouvelles protections ? C'est la raison pour laquelle nous ne voyions pas la maison ?

-Dumbledore nous a conseillé le sortilège de Fidelitas. La maison est placée sous la protection d'un Gardien qui est le seul à pouvoir révéler l'emplacement de la maison. Sans cela, même avec toute la magie noire dont disposent les Mangemorts, personne ne peut la trouver. Seul le Gardien en a le pouvoir.

-Et le Gardien, dit Sirius à voix basse, c'est moi.

-D'où ce que tu nous as murmuré tout à l'heure, dans la rue ? Tu nous permettais d'entrer ?

Sirius hocha la tête.

Mais il y avait eu un deuxième murmure… Hermione en était certaine. Et la porte qui avait bloqué… Et si… si…

Sirius les observait, attentif à leurs réactions.

-Mais pourquoi ne plus dire son nom ? objecta Remus.

-Dumbledore parle de Tabou. C'est ainsi qu'ils retrouveraient leurs opposants plus vite. En prononçant son nom, on indique notre emplacement. Et les Mangemorts rappliquent.

-La maison ne craint pourtant rien… Ou alors avez-vous peur que ce ne soit pas assez puissant ?

Sirius plissa les yeux.

-Ni l'un ni l'autre, dit James. Ils ne pourraient pas pénétrer. Comme vous tout à l'heure, il ne la verrait pas. Mais ils auraient où elle se situe. Bien entendu, reprit-il d'un ton un peu plus léger, rien ne vous empêche de l'appeler par son nom lorsque vous êtes ailleurs. Une petite bataille avec des Mangemorts, rien de tel pour ne pas perdre la pratique.

Lily lui jeta un regard réprobateur.

-C'est rassurant de vous savoir aussi bien protégés, dit Remus. N'oubliez pas que tout finira par s'arranger. Le plus important, dans ces situations, c'est de garder espoir.

-Merci, murmura Lily.

-Mais je ne peux plus quitter la maison, ni Lily. Nous sommes entièrement dépendants de vous maintenant, dit James. Vous êtes nos meilleurs amis. Nous comptons sur vous.

-Cornedrue… Certaines choses doivent être gardées secrètes, tu te rappelles ?

-Patmol…, soupira James agacé par la provocation constante de Sirius. Il s'agit de Lunard et de sa femme. D'ailleurs, en tant que parrain, tu ferais mieux de te rabibocher avec elle, parce qu'elle s'occupe plutôt bien de ton filleul...

-J'ai confiance en vous, dit Lily. J'ai toujours eut confiance en vous, et ce n'est pas aujourd'hui que cela cessera. S'il y a bien trois personnes à qui je confierais ma vie sans hésitation, ce serait vous.

Il y avait quelque chose dans ses paroles… une pointe de reproche… Mais adressée à qui ? À James, à Sirius ? Ou bien à elle, Hermione, et son mari ? Sans oublier ce murmure, et la porte qui ne se fermait pas…

Elle sentit un souffle à côté d'elle.

-Et Peter ? demanda Remus. Il est au courant ?

-Évidemment, répondit Sirius avec dédain. Mais il est parti en mission ce matin.

La mention de Peter avait refroidi l'ambiance dans la pièce qui semblait déjà glacée, et le souffle à côté d'Hermione cessa quelques secondes, comme si quelqu'un retenait sa respiration. Elle tourna la tête, mais il n'y avait rien, et le souffle ne se faisait plus entendre.

-Hermione, demanda Lily, tu pourrais essayer d'en savoir plus sur les prophéties ?

-Je ferai ce que je pourrai, promit-elle. Pour l'instant mon supérieur est absent.

-Nous reviendrons après-demain, promit Remus.

-Pourquoi pas demain ? demanda Sirius d'un ton plus que soupçonneux.

Remus eut l'air blessé, et James dévisagea son ami d'un air ébahit.

-Patmol ! Tu n'as quand même pas oublié ! Je sais bien qu'on ne l'accompagne plus beaucoup mais…

-C'est la pleine lune, ce soir, déclara Remus d'un ton froid. Je sais bien que cela fait longtemps que tu n'es plus venu me tenir compagnie, mais à une époque tu connaissais le calendrier lunaire par cœur.

Hermione et lui partirent de la maison en ayant l'impression que quelque chose s'était brisé. Définitivement brisé. Et ils avaient raison…

Parce qu'il y avait eu ce murmure dans la rue, cette porte qui coinçait, ce souffle dans la cuisine.

On leur avait mentit.

ooooo

Hermione était dans la cuisine, attelée à la préparation de divers plats. Cette nuit, comme toutes les autres nuits identiques à celle-là, elle ne pouvait pas dormir. Elle n'avait pas allumé la lumière, mais la lune était si brillante qu'elle y voyait sans peine.

Elle détestait vraiment ces nuits-là, mais ne pouvait pas le dire, bien entendu.

Elle, incapable de dormir, seule dans la cuisine, à attendre le jour.

Leur maison perdue dans la campagne.

Et puis le loup qui hurlait à la mort.

Il était enfermé dans une pièce, à l'étage, incapable de sortir. Mais bien entendu, un accident pouvait toujours arriver, ses sorts ne plus fonctionner…

Cependant, depuis plus de deux ans qu'ils vivaient ici, rien de tel ne s'était jamais produit.

Pourtant, elle sentait que cette nuit serait différente, sans pourvoir s'expliquer pourquoi.

Tout en épluchant les pommes de terre, assise à la table de la cuisine, elle réfléchissait aux évènements passés, et aux nouvelles informations apprises dans la journée. La prophétie avait été énoncée. C'était bien la preuve que le destin de Lily et James était tracé, non ? Mais des centaines de prophéties ne se réalisaient jamais, elle le savait pour l'avoir étudié lorsqu'elle passait ses examens en vue de devenir Langue-de-Plomb…

Mais leur Gardien n'était pas Sirius. C'était Peter. Dans cette autre réalité, les soupçons avaient été accrus, et c'était de sa faute… Peter allait-il les trahir ? Lily et James devaient mourir le 31 octobre 1981, dans un an, un mois et quelques jours…

Le loup poussa un autre hurlement.

Hermione rassembla les pommes de terre épluchée en tremblant, et se dirigea vers la cuisine pour nettoyer ses ustensiles. Elle savait que si elle empêchait la mort de James et Lily, Harry aurait une famille. Une vraie famille. Mais combien de mauvaises choses arriveraient pour un peu de bien ? Voldemort continuerait de régner, les Horcruxes ne seraient pas détruits…

Sauf si elle le faisait. Mais pourquoi, et comment le ferait-elle ? Et qui tuerait Voldemort ? C'était un projet insensé, chimérique.

Un nouveau hurlement retentit, et elle entendit le loup se jeter contre les murs, tentant de s'échapper. Il devait sûrement la sentir, seule, en dessous de lui…

Il était un peu moins de minuit. La nuit serait longue.

Il lui fallait prendre une décision. Devait-elle sauver James et Lily ? Oui. Elle ne pouvait pas les imaginer morts… Pas comme Neville, sur le sol, dans le salon de sa petite maison à Pré-au-Lard, comme Delia, étendue dans une chambre mortuaire froide et impersonnelle, et comme tant d'autres, dans cette autre vie… Fred, Colin, Tonks, Remus, Sirius, James, Lily

Rien que le fait de les imaginer disparus, anéantis à jamais, partis pour ne plus jamais revenir, ne plus jamais penser, respirer, parler… Morts. C'était impossible. Ils avaient une dure vie. Ils devaient connaître le bonheur, le vrai bonheur.

Mais avait-elle le pouvoir de les sauver ? C'était Peter, le maître de leur destin. Et elle n'avait sans doute pas beaucoup de temps de manœuvre… Parce que la méfiance était grande, et qu'il devait se douter que tôt ou tard, on découvrirait que elle et Remus étaient totalement innocents, et que le seul suspect possible était donc lui… Il n'allait pas attendre bien longtemps avant de livrer James et Lily. Et Harry. Voldemort allait voir que c'était lui le Gardien, et lui demander l'emplacement de leur maison à Godric's Hollow s'il voulait survivre…

Le loup hurla de nouveau. Ses hurlements reflétaient parfaitement l'était d'esprit d'Hermione et le cri du cœur qu'elle aurait voulu lancer à tous ceux qui allaient mourir…

L'aube pointerait dans plus de sept heures, et elle retrouverait Remus. Il la rejoindrait dans le potager, comme d'habitude, parce que dès que pointeraient les premiers rayons de soleil, elle sortirait arracher quelques légumes pour échapper à l'atmosphère lourde qui régnait dans la maison les nuits de pleine lune. Il lui prendrait la main, lui sourirait, l'air fatigué, mais heureux de sa présence. Ils rentreraient tous les deux à l'intérieur sans se parler, se comprenant sans un mot.

Elle décida qu'elle ferait le gâteau au chocolat plus tard. Il fallait qu'elle se change les idées, qu'elle n'entende plus les cris du loup qui lui fendaient le cœur. Elle alla dans le salon, et prit un livre.

Mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Les hurlements étaient bien trop présents, et son cœur battait bien trop vite.

L'aiguille, sur l'horloge, bougea légèrement. Il était à présent minuit. Ils avaient changé de jour.

Et cette perspective la terrifiait… Comme si elle avait laissé passer quelque chose d'important. Comme si un évènement inéluctable s'était produit. Comme s'il était trop tard

Elle revint dans la cuisine, plus tremblante que jamais.

Elle sortit un bocal d'haricots verts à équeuter, et s'installa devant son plan de travail. Le couteau lui glissait parfois entre les doigts, et des larmes coulaient de ses yeux.

Elle aurait voulu faire taire le loup, partir très loin et ne plus entendre… Elle aurait voulu être ailleurs.

Hermione ne savait depuis combien de temps elle épluchait ses haricots lorsqu'un hibou cogna à la fenêtre. Le couteau à la main, elle s'approcha, ouvrit la fenêtre et saisit la lettre. Le hibou s'envola dans la nuit.

La lune, toujours aussi brillante semblait la narguer. Elle referma la fenêtre.

Les cris du loup de sonnaient plus comme des cris de rage, mais plutôt comme des cris de désespoir.

Il s'est passé quelque chose, songea-t-elle avec terreur.

Elle avait reçu un hibou en pleine nuit. Quelle catastrophe s'était produite ?

Elle ouvrit la lettre.

L'écriture était fine et élégante.

Un nouveau hurlement résonna dans toute la maison.

Voldemort a trouvé leur maison. Il a tué James et Lily, mais Harry a survécu. Voldemort semble avoir disparu.

NE SORTEZ DE CHEZ VOUS SOUS AUCUN PRÉTEXTE.

Je passe vous voir ce matin,

A.D.

Voldemort a trouvé leur maison…

Le couteau glissa de ses mains et tomba sur son pied gauche.

Il a tué James et Lily…

Du sang sortit de son pied éraflé. Elle ne sentait même pas douleur.

Harry a survécu…

Morts… Voldemort hors d'état de nuire. Qu'avait-elle fait ?

J'ai échoué, Harry, j'ai échoué, murmura-t-elle. Je n'ai pas ta force et ta détermination. Je n'ai pas su t'offrir ce que tu méritais tant... Je n'ai pas su protéger tes parents...

Elle s'effondra sur le carrelage en pleurant. Ses sanglots couvraient le bruit causé par le loup.

Elle passa une main sur son pied gauche et ramena une main pleine de sang.

Il fallait qu'elle réfléchisse, qu'elle se reprenne… Elle était la Miss-Je-Sais-Tout, comme disait Ron… Elle allait trouver une solution… Il n'y en avait plus pour James et Lily, mais… Sirius, Franck, Alice ?

Elle se traîna jusqu'à la table, s'assit sur une chaise, et se remit à pleurer. Elle finit par s'endormir sans s'en rendre compte, et lorsqu'elle se réveilla, le soleil pointait, chassant la lune qu'elle ne voyait déjà presque plus car elle avait perdu son éclat argenté.

Elle attrapa sa baguette et désinfecta son pied. Elle se leva en grimaçant, le pied en feu. Elle entendit des pas. Remus.

-Pourquoi y a-t-il du sang par terre ? Et… ce couteau ?

Hermione baissa les yeux vers le sang séché sur le carrelage, et le couteau, un peu plus loin.

-Hermione ? demanda Remus. Que s'est-il passé ?

Ses yeux se posèrent ensuite sur la lettre, près des légumes, sur le plan de travail.

-Hermione ? répéta Remus.

-Ils…

Un sanglot lui échappa. Elle recula et s'adossa contre le plan de travail. Remus se rapprocha et la regarda droit dans les yeux. Il avait l'air épuisé, et plusieurs bleus étaient répartis sur son visage, ainsi que près de ses yeux cernés.

-Hermione…, gronda-t-il.

-Ils sont morts, sanglota-t-elle. Voldemort les a trouvés.

Remus resta sans voix, puis explosa :

-C'est Sirius ! rugit-il. Il a tué son frère, son frère !

Il semblait être devenu fou de rage, et Hermione tendit la main vers lui tout en essayant de lui faire entendre raison :

-Non, Remus, ce n'est pas lui.

Remus lui jeta un regard noir de colère, de douleur et de haine.

-Si ! Tu le sais aussi bien que moi ! C'était leur Gardien !

-Non Remus, gémit Hermione, ce n'était pas…

Mais il ne l'écoutait pas. Il semblait possédé.

-Si tu le défends, c'est que tu es de son côté. -Hermione, stupéfaite et encore sous le choc de la mort de James et Lily, ne sut que répondre- Comment ai-je pu être aussi aveugle ? C'étaient vous deux, depuis le début ! Sirius et toi avez bien joué votre rôle, bravo, parce que je ne t'ai pas soupçonnée une seconde ! Tu as réussi à me berner, félicitations ! Et maintenant, vous les avez tués !

-Remus ! Ce n'est pas Sirius… Je n'ai rien fait, tu le sais… Remus, je t'en prie.

-Va-t-en, lui ordonna-t-il. Va-t-en avant que je ne devienne un meurtrier. Parce que tu m'as donné une bonne raison de vous haïr, toi et ton chéri. Une excellente raison !

La rage luisait dans son regard, et Hermione s'enfuit en courant à l'étage, et s'enferma dans la salle de bain. Elle se déshabilla à la hâte, et se réfugia sous la douche brûlante, noyant ses larmes, son chagrin, ses regrets, ses fautes…

Elle aurait voulu mourir à leur place. Tout plutôt que ça. Les reproches de Remus.

Sirius avait tenté de la séduire, lorsqu'elle était arrivée à dans époque. Mais elle avait besoin de quelqu'un qui la comprenne, qui sache ce qu'était la douleur. Quelqu'un comme elle. Elle avait choisi Remus. Et voilà qu'aujourd'hui, son pilier le plus important venait de s'effondrer… Qu'allait-elle devenir ?

Elle entendit soudain des voix. Coupant la douche, elle s'approcha de la porte de la salle de bain. Il y avait bel et bien deux personnes qui parlaient, Remus et Dumbledore. Elle s'enroula dans une serviette, ouvrit délicatement la porte, et se pencha au-dessus des escaliers :

-… prétend qu'il n'a rien à voir là-dedans ! Elle aussi est impliquée dedans !

-Remus, la vérité est parfois bien plus compliquée qu'elle n'y paraît…

-Je pensais pouvoir lui faire confiance, dit Remus sur un ton qui brisa le cœur d'Hermione. Je croyais qu'elle… qu'elle resterait fidèle à celle que je connaissais. Mais la guerre change tout le monde, elle y comprit.

-Vous pouvez lui faire confiance, Remus. J'en suis certain.

-Vous croyez, professeur ? demanda Remus d'un ton plein d'espoir.

-Ne soyez pas trop dur avec elle. Je pense qu'elle a effectivement beaucoup de remords… mais pas pour les raisons que vous croyez. Elle a besoin de vous, ne l'abandonnez pas.

-Je ne l'abandonnerai pas. Je veux simplement être certain que ma femme n'a rien à voir avec lui.

-Oh, elle sans doute beaucoup à voir avec lui, dit Dumbledore d'un ton léger. Mais encore plus avec vous.

Le silence se fit. Hermione sentait que Remus réfléchissait aux paroles de Dumbledore.

-Je vais vous laisser. J'ai beaucoup à faire pour préparer la sécurité d'Harry.

-Je vous assure que je serai ravi de m'occuper de lui… Lily et sa sœur ne s'entendaient pas alors…

-Il ira chez Pétunia Dursley, déclara Dumbledore. A très bientôt, et n'oubliez pas ce que je vous ai dit.

Hermione retourna dans la salle de bain, se rhabilla, puis descendit au salon.

-C'était Dumbledore ?

Remus leva la tête de son livre, la dévisagea silencieusement puis dit :

-Oui. Il va mettre Harry chez sa tante. Il cherche Sirius. Il veut l'attraper avant qu'il ne fasse d'autres dégâts.

Sirius. Peter. Croûtard

-Merlin…

Remus replongea le nez dans ses livres.

Lorsqu'elle avait quatorze ans, on pouvait lire dans tous les journaux « treize personnes d'un seul sort », « bras droit de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom »…

Il fallait qu'elle rétablisse la vérité. Et tant pis pour ce que cela engendrerait. Elle avait déjà presque tout perdu, de toute façon. Sa vie, Neville, Delia, James, Lily, Remus.


Et voilà... Ils sont morts...

C'est la scène avec les hurlements du loup-garou, Hermione seule dans la cuisine, et la lettre qui arrive que j'imaginais... J'ai toujours su qu'ils allaient mourir, et j'avoue que je n'avait même pas pensé à mettre Neville Survivant. D'ailleurs, j'ai écris ce passage avec Turn me On de David Guetta et Nicki Minaj en musique de fond... Vous pouvez le relire avec, si vous voulez.

Et maintenant... avez-vous envie de me maudire pour les avoir tués (et bien plus jeunes que dans les livres, en plus) ? Pensez-vous que désormais Hermione restera toujours autant passive ou va-t-elle se prendre en main ? Sirius échapera-t-il à Azkaban et Peter sera-t-il reconnu coupable ? Pourquoi Dumbledore fait-il autant confiance à Hermione ? Est-ce que Remus va de nouveau lui accorder une pleine confiance ?

Et... malgré la tristesse omniprésente, ce chapitre vous a-t-il plu ?

J'attends vos avis avec impatience, ils sont mon principal moteur d'inspiration et de motivation ! Dites-moi ce que vous en avez pensé !