La journée avait été longue pour Sean Renard, ce qui était malheureusement devenu habituel. Tant que Black Claw serait libre d'opérer dans Portland, il n'aurait pas le temps de s'entendre penser, ce qui commençait à être un sérieux problème après la soudaine disparition d'Adalind. Il avait maintenu une surveillance discrète autour de la jeune femme, ne voulait plus jamais se laisser faire prendre de court par l'ancienne hexenbiest. Qu'elle ai réussi à se débarrasser de ses suiveurs et n'ai pas réapparu signifiait sans aucun doute qu'elle était en train de comploter quelque chose, et la connaissant le but de ce complot était de semer le plus de destruction possible. Coupant court à ses réflexions, il ouvrit la porte de son garage et rangea sa voiture avant d'en sortir, la verrouillant d'un geste automatique. Sa gorge le démangeait sous le pansement, et il sentait encore les multiples contusions qu'il avait subit durant son escarmouche avec le mauvais-dentes, lors de leur assaut sur l'entrepôt. Il n'avait qu'une seule envie, prendre un advil et s'écrouler sur son lit, au lieu de trouver un moyen de contrecarrer Black Claw ou même de se renseigner sur cette fameuse organisation phénix.

Il se frotta les yeux en sortant ses clefs de sa poches, conscient du fait qu'il n'y aurait pas de meilleur moment pour examiner le problème jusqu'à la résolution du-dit problème, et que dans ce cas, cette résolution ne lui plairait pas. Il n'y avait pas de repos pour les braves, et pas de repos pour lui non plus. Mais il allait quand même prendre cet advil. Il sortit la clef de la porte du garage et la déverrouilla avant de se figer. Son entrée dans le garage aurait du déclencher le compte à rebord de l'alarme de la maison, qui aurait dû lui biper son déplaisir jusqu'à ce qu'il entre le code de désactivation ou que son petit cerveau électronique n'arrive à la fin de son décompte et n'appelle la société de sécurité dont l'appareil dépendait. Hors il avait été accueilli par le silence. Il dégaina son arme sans bruits, toutes douleurs provisoirement oubliées. Si Adalind l'avait encore pris de vitesse, sa mère n'allait jamais le laisser tranquille à ce sujet. Il se colla au mur et poussa la porte. Aucun coup de feu ne salua le battant ouvert, et il jeta un regard dans l'ouverture. Son salon était illuminé, ce qui ne voulait rien dire; il avait mit l'ensemble des lampes sur minuteurs précisément pour ne pas se faire surprendre dans le noir.

Le petit groupe qui se tenait derrière son canapé par contre… Trois personnes, une femme et deux hommes, l'un d'entre eux visiblement garde du corps du second. Ni la femme ni le second homme ne semblaient armés, mais il n'aimait pas ses chances.

"Capitaine, pourquoi ne pas nous rejoindre?"

Il avait un certain nombre de raisons pour ne pas le faire, mais le fait qu'ils aient pu entrer chez lui avait ce qui avait du être une insultante facilité , sans parler des implications de leur présence alors qu'il avait été mis au courant de l'existence de Black Claw quelques jours auparavant rendait ces raisons caduques. Renard entra dans la pièce en gardant son arme levée, pas exactement braquée sur qui que ce soit, mais s'il devait tirer, il aurait le temps de mettre son assaillant hors service. L'homme qui avait parlé, le plus petit des deux, lui sourit, accentuant le mauvais pressentiment du semi zauberbiest.

"Nous nous rencontrons enfin. Je me présente, Conrad Bonaparte."

Renard haussa les sourcils, peu impressionné.

"Excusez-moi si je ne vous serre pas la main, monsieur Bonaparte."

L'intéressé esquissa un geste de la main aussi vague qu'apaisant, souriant toujours. Cette expression commençait déjà à irriter le capitaine; il dégoulinait d'hypocrisie et de suffisance, comme un politicien.

"Je comprend parfaitement. Croyez moi, j'aurai souhaité que notre rencontre se passe dans d'autre circonstances."

"Mon numéro professionnel est dans l'annuaire, vous n'aviez qu'a prendre rendez-vous."

Bonaparte eut l'air sincèrement chagriné.

"Ce dont je veux vous entretenir est un sujet sensible, je doute que votre bureau nous ait permis la confidentialité nécessaire."

"Mais cela vous aurait évité d'avoir une arme braquée sur vous," Renard rajusta imperceptiblement sa prise sur son revolver, "parlez, avant que je ne décide que votre garde du corps est menaçant et que je doivent me défendre."

Le membre de Black Claw eut un petit rire, tapotant affectueusement le bras de l'homme à ses côté comme il l'aurait fait la tête d'un chien bien entraîné.

"Je doute que Harry ici présent ne soit gêné par quelque chose d'aussi prosaïque qu'une balle."

Renard commençait sérieusement à en avoir assez. Il reporta posément le museau de son arme vers Bonaparte, wogeant dans la foulée. Sa respiration se changeant en un grondement qui semblait provenir de partout, et la femme sursauta et wogea à son tour, son museau félin se plissant dans un feulement d'avertissement. Bonaparte cligna des yeux, l'air fasciné.

"Inpressionant."

Il wogea à son tour, souriant et cauchemardesque. Le garde du corps ne se joignit pas aux festivitées, restant silencieux. Bonaparte retrouva visage humain.

"Devions nous vraiment en arriver là? Notre but n'est pas de vous tuer, mais bien de vous parler. Je vous jure qu'aucun mal ne vous sera fait."

Renard repoussa lui aussi son woge, n'essayant même pas de cacher son incrédulité.

"Et je doit vous croire."

"Nous aurions pu piéger votre garage ou même vous abattre quand vous vous teniez derrière votre porte," Bonaparte avança d'un pas vers le capitaine, ignorant son revolver braqué sur lui avec aplomb, "allons, je me doute que vous êtes épuisé. Écoutez moi et nous partirons sans faire d'histoire."

Ce genre de situation était la raison pour laquelle il aurait du établir un moyen de communication d'urgence avec Nick et sa fine équipe. A sa décharge, il ne travaillait vraiment avec le grimm et son petit clan au lieu de les utiliser que depuis quelques jours. Maigre consolation s'il se faisait tuer, ou enlever; les plans exacts de Bonaparte lui semblaient devenir de plus en plus nébuleux. Prenant finalement une décision, Renard baissant son arme, sans pour autant la rengainer.

"Je vous écoute."

"Vous savez sans doute déjà qui je représente, aussi je gagnerait du temps et ne vous ferez pas notre laïus," Bonaparte souriait à nouveau, l'animal, "Et je passerait donc directement à notre offre. Elle est très simple; rejoignez nous Capitaine. Nous contrôlons déjà la moitié de la ville," Il continua, expansif, "ne vous vous trouvez vous pas l'étroit dans votre commissariat? Vous pouvez faire mieux. Méritez mieux."

Renard pencha la tête sur le côté, gardant les trois wesens dans son champs de vision. Si le zauberbiest pensait pouvoir lui faire croire qu'il allait lui donner ce serait qu'un fragment de pouvoir volontairement, il le connaissait mal.

"Et si je refuse?"

"Et bien, nous avons eut une longue discussion avec une certaine jeune femme, à propos d'une certaine petite fille, dont la sécurité serait l'un de vos principale priorité," Le représentant de Black Claw afficha une moue désolée, "mais je ne souhaiterai pas m'abaisser au chantage si je peux l'éviter. Cela ne permet pas des bases de collaborations saines. En vérité," il retrouva son sourire, comme si une idée venait de le frapper, "Je pense que vous avez simplement besoin de réfléchir. Vous êtes sans aucun doute épuisé, et c'est partiellement de notre faute, je m'en excuse. Que diriez vous de nous recontacter demain? Je suis certain que d'ici-là, vous aurez eu le temps de vous rendre compte d'où votre meilleur intérêt se trouvait."

Renard hocha la tête, les dents serrées.

"Parfait! Dans ce cas, nous ne vous importunerons pas plus longtemps. Mademoiselle Wood, si vous voulez bien ouvrir la marche."

La lowen passa devant, souriant au capitaine au passage. Une fois les trois wesens hors de chez lui, Renard sentit un petite partie de la tension qui le rongeait disparaître. Il sorti sur son perron pour appeler la société de sécurité qui s'occupait de sa maison et leur signaler l'intrusion. Ils lui envoyèrent une voiture immédiatement, et il alla ressortir la sienne du garage. Il ne pouvait pas rester chez lui cette nuit. Il allait devoir se trouver un hôtel; il avait besoin d'un minimum d'intimité pour les coup de fils qu'il avait à passer.