Bon... Alors... Que dire... C'est un chapitre un peu plus court que le rythme que j'avais pris, mais c'est fait exprès parce que la fin de celui-ci est... Assez importante pour Alice, et pour moi aussi (j'ai pleuré toute seule en l'écrivant...). C'est également la fin qui approche à grand pas, enfin la fin du labyrinthe tout du moins! ^^ Après on entame la terre brûlée! (ô joie!) Mais en attendant, je vous laisse lire, n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, je ne sais pas comment vous le prendrez, mais pour moi, c'était un chapitre assez lourd...

Sinon, Newt, eh ben c'est le gars qui pourrait devenir maître de l'univers sans problème parce qu'on voterait tous pour lui, et puis, ben c'est James Dashner qui a écrit le labyrinthe, pas moi, pas Leonardo Di Caprio, mais lui. Bien, sur ces petites précisions, je vous laisse!


Le silence envahit instantanément la pièce. C'est Winston qui le brisa :

-Pardon ? Alors, ton idée, c'est de jeter un pauvre tocard en pâture à la meute pour permettre aux autres de s'échapper ? C'est ça, ta brillante suggestion ?

C'était sûrement la première fois que j'approuvai Winston à cent pour cent.

-Oui, Winston, je suis content de voir qu'il y en a au moins un qui suit, répondit Thomas. Le choix du pauvre tocard en question me paraît évident.

Oulà… J'ai un très mauvais pressentiment tout à coup…

-Ah oui ? rétorqua Winston, et ça serait qui ?

-Moi. lâcha Thomas

Ces derniers mots délièrent les langues, et tout le monde commença à débattre. Je vis Newt se lever du coin de l'œil. Il entraîna Thomas vers la porte et ils sortirent. Je m'affalai sur ma chaise en soupirant et me prit la tête entre les mains. Le brouhaha m'abrutissait. Je finis par me relever d'un coup et hurler par-dessus le vacarme :

-Bon, concrètement, qui est pour, qui est contre le sacrifice de Thomas ou d'un quelconque tocard ?

Tous les regards se braquèrent sur moi, mais personne ne broncha. Je continuai sur ma lancée :

-Donc je pense qu'on est tous d'accord pour trouver ça injuste et atroce. Pas de sacrifice, comme ça c'est dit ! Maintenant, la grande question, c'est qui est pour ou contre s'entasser dans le trou des griffeurs ?

-Ça revient à se jeter dans la gueule du loup ! s'écria Poêle-à-frire, je ne sais pas ce que tu en penses Alice (même si j'ai ma petite idée), mais pour moi c'est du suicide !

-C'est vrai que ça parait dingue. Ok, c'est carrément dément en fait, mais je ne suis pas sûre qu'on ait énormément d'options supplémentaires…

Il y eut un court silence pendant lequel tout le monde réfléchit un instant, puis les discussions reprirent et finalement, je me retrouvai à discuter avec Minho qui m'avait rejoins. On était tous les deux complètement d'accord avec le plan de Thomas. On se demandait juste comment convaincre les autres, quand Newt réapparut et demanda le silence d'une voix autoritaire. Minho regagna sa place, et je m'installai convenablement sur ma chaise, prête à écouter ce que Newtie avait à dire :

-Bon, inutile de répéter tout depuis le début, vous avez clairement entendu ce que Tommy avait à dire. Donc on va faire un tour de salle pour voir un peu les avis de tous, et ensuite on vote. Ça vous va ?

On a tous hoché la tête dans un silence entendu. Environ cinq matons plus tard, c'était le tour de Newt. Il prit une grande inspiration avant de se lancer dans un plaidoyer saisissant en faveur de « Tommy » et de son plan de malade. Il m'a soufflé le bougre ! Je lançais un regard à Minho, qui me répondit par un petit sourire triomphant. On n'aurait pas pu être plus convaincant. Quand mon tour arriva, je me contentai donc de soutenir tout ce que Newt avait dit, et Minho fit de même. Finalement, tous les matons finirent par voter à l'unanimité pour « l'opération trou des griffeurs ». Et tout ça ne prit qu'une vingtaine de minutes environ. Incroyable ce qu'on pouvait être efficaces quand l'urgence se faisait sentir.

Maintenant que la décision était prise, il nous fallait encore en informer les blocards, et surtout, les convaincre. Et ça s'annonçait bien moins aisé comme tâche… Je sortis de la salle en compagnie de Minho, il réunit les coureurs et leur expliqua la situation. Les réactions furent assez mitigées, mais la majorité d'entre eux finirent par nous approuver. Je laissai Minho tenter de convaincre les derniers et me rendis auprès de Jeff et Clint pour savoir ce qu'ils avaient décidés. Je m'inquiétais énormément pour eux, et j'espérais de tout mon cœur qu'ils allaient venir avec nous, je ne supportais pas l'idée de les laisser derrière moi. Mais une main agrippa mon bras alors que je me dirigeais vers eux, et je me retournai vers Newt qui me dévisageait d'un air interrogateur :

-C'est quoi cette histoire ? Tu as vu « la braise » et tous ces trucs bizarres dont parlait Alby ? me demanda-t-il perplexe

Je soupirai.

-Oui…

-C'est le scaralasme, pas vrai ? Pourquoi tu n'as rien dis ?

-Et pourquoi tu crois que personne ne parle de ce que la transformation apporte comme souvenir ? Ça ne sert à rien de déprimer les troupes plus qu'elles ne le sont déjà ! On n'aidera personne comme ça.

Il hocha la tête et me lâcha le bras. Je repartis tranquillement vers Jeff et Clint.

-Coucou les gars, alors vous serez de la partie ?

-Clint m'a tout expliqué, lâcha Jeff d'une voix anxieuse mais néanmoins décidée, et oui, je viens.

Je les fixai un court instant l'un après l'autre sans dire un mot. Ils me regardèrent sans comprendre.

-Euh… Alice ? Tout va bien ? finit par me demander Jeff

-JE VOUS ADORE LES GARS ! m'écriai-je soudainement en les prenant dans mes bras

Ils se laissèrent faire, bien que plutôt surpris par ce soudain élan de tendresse, et me rendirent mon étreinte. Franchement, non, décidément, non, je ne supporterais pas qu'ils leur arrivent quoi que ce soit. Et pas qu'à eux d'ailleurs ! Je venais de réaliser que j'allais peut-être perdre pas mal de mes amis, que dis-je, de mes frères, cette nuit. Alors j'avais intérêt à leur dire à tous que je les aimais profondément une bonne fois pour toute, que les choses soient bien claires ! Et aussi à me débrouiller pour en perdre le moins possible. Je devais les protéger. C'est alors que la voix de Newt tonna, nous faisant tous les trois faire des bonds de cinquante mètres au moins (parée pour les JO!).

-Bon, tout le monde se rassemble, on va faire le compte pour savoir qui vient et qui ne vient pas ! hurla-t-il

Je lançai un regard à mes deux compères et on se rendit près de la boîte devant laquelle se tenait notre sous-chef tant estimé. Il nous ordonna de faire deux tas, à gauche ceux qui venaient, à droite ceux qui restaient. Nous étions bien plus nombreux à vouloir tenter le coup, ce qui me soulagea grandement, ils ne devaient même pas être une dizaine à vouloir rester. Même Alby s'était rangé finalement de notre côté ! Je me senti soulagée de le voir. Puis je me tournai vers ceux qui avaient décidé de s'enterrer dans le bloc pour toute leur misérable vie, histoire de savoir à qui je devrais dire adieu à jamais, et là, je reçus un coup de poignard en plein cœur. J'eus le souffle coupé un instant, incapable de bouger. Les autres se dispersaient déjà, vaquant aux préparatifs de notre départ.

Quand à moi, je continuai à le fixer, comme si rien d'autres n'existait en ce bas-monde. Il m'aperçut, et me fit le sourire le plus triste qui soit jamais apparu sur son visage.

-Gand… murmurai-je

-Faut croire que c'est ici que nos chemins se séparent, pas vrai, ma vieille ? me dit-il d'une voix douce

J'eus envie de pleurer. Pas à un seul moment je n'avais pensé que des personnes aussi proches de moi comme Gand pourrait faire le choix de rester. Pas un seul moment je n'avais pensé qu'il pourrait rester. Comme si l'on était destiné à rester ensemble pour toujours, comme si rien ne pouvait me séparer de lui. Idiote. Idiote, idiote, IDIOTE ! Comment avais-je pu me bercer d'illusions aussi faciles ? On n'était pas dans un rêve là ! On était dans la vraie vie ! Et la vraie vie, eh bien c'était ça, de la tristesse, des adieux, et de la souffrance.

-Hé, mais fait pas cette tête enfin ! finit par lâcher Gand dans un demi sourire, on dirait que Winston vient de te proposer de passer une journée à l'abattoir !

-Mais… Qu'est-ce que je vais faire sans toi, moi ? Tu es mon meilleur ami !

C'était tout ce que je pouvais répondre. Je n'arrivais juste pas à imaginer ma vie sans lui, sans nos vannes pourries, sans sa présence, Gand était un de mes premiers et plus proches amis du bloc. Ça faisait trop mal rien que de penser à l'abandonner derrière moi, alors de là à le faire ! Je m'étais imaginé qu'on sortirait tous ensemble de ce fichu labyrinthe, et qu'on affronterait les dangers qui nous attendaient ensemble, je pensais qu'on pourrait tout faire ensemble. Tant que j'étais avec mes amis, et que j'avais quelque chose à protéger, qu'ils étaient à mes côtés, tout me semblait faisable. Et voilà que je devais dire adieu à l'un d'eux ! Je me doutais bien qu'on perdrait certains d'entre nous, mais je ne pensais pas une seule seconde qu'il pourrait s'agir de quelqu'un comme Gand. Plutôt égoïste comme façon de penser, non ? Tant que ça arrivait aux autres, on n'avait la sensation que ça ne nous toucherait jamais, et là, d'un coup, on se rendait compte que ce n'était pas si vrai. Il n'y aurait plus jamais de "ma vieille" si je perdais Gand...

Gand qui me fixai de ses beaux yeux azurs. On ne disait rien. On se contentait de se regarder. Une dernière fois. Je l'étudiai sous toutes les coutures, afin de graver son visage à jamais en moi. Gand. Des cheveux en bataille, châtains foncés, un grain de beauté au coin des lèvres, un nez aquilin, des fossettes quand il souriait, taille moyenne, plutôt musclé, un T-shirt qui avait du être blanc avant de virer au gris, un jean délavé, une paire de chaussure Nike. Gand.

Au bout d'un moment, il finit par briser le silence :

-Bon, tu vas pas rester planté là, à me mater toute la nuit, non ? T'as mieux à faire je crois. Alors finissons-en Alice, sinon on y arrivera jamais.

-Dis-moi juste pourquoi.

-Pourquoi ? Mais y'a rien à expliquer ! Je fais partie de ce bloc, j'ai beau détester notre situation, la trouver injuste et tout, je ne me vois pas ailleurs. Je n'ai aucuns souvenirs de ma vie d'avant, aucun. C'est ici que je suis né d'une certaine façon, donc c'est ici que je mourrais. Je me sens à ma place au bloc, c'est « chez moi ». Tous mes souvenirs, tout ce à quoi je suis attaché, tout ce qui représente quelque chose à mes yeux, c'est là. J'ai peur de l'inconnu Alice, encore plus que des griffeurs, j'ai peur de mourir dans un endroit que je ne connais pas, avec des gens et des choses que je n'ai jamais vues. Alors voilà, je vais rester ici. C'est comme ça. Tu as fais ton choix, j'ai fais le mien.

Je répondis rien et continuai de le fixer. Je comprenais son choix, et je le respectais. Mais ça ne m'empêchait pas d'avoir mal. Ni lui. Ça se voyait à son regard. Il hésita un peu, et finit par me tourner le dos et commença à partir. Je réagis au quart de tour :

-GAND !

Il se retourna juste à temps pour me recevoir alors que je lui sautais au cou. Il me serra dans ses bras quasi immédiatement et enfouit sa tête dans mon cou. Je sentis des larmes couler sur ma peau. Gand pleurait, pour la première fois depuis que je le connaissais. Je m'accrochai un peu plus à lui et inspirais son odeur, pour la garder elle aussi gravée dans ma mémoire. Je sentis les larmes déborder de mes yeux à moi aussi. Je ne voulais pas le lâcher, jamais, je me demandais ce qui était le pire entre la façon dont j'avais vu mourir Gally, sans lui dire adieu, et là, avec Gand et cet « à jamais » terriblement dur. Les deux situations s'équivalaient sûrement. Quand on souffre, on souffre, peu importe comment ou pourquoi. A ce niveau-là, il n'y avait pas de « pire » ou « meilleure » situation. Il y avait juste de la douleur.

-Adieu Gand.

-Adieu Alice.


Bon ben, voilà... C'est fait... Adieu Gand donc. Pour tout vous avouer j'avais prévu ça dès la création de ce personnage, c'est assez horrible, mais bon... Je m'y étais vraiment attachée, je sais pas trop pour vous, mais pour moi du coup c'était vraiment lourd comme chapitre. ^^' (la masochiste en chef quoi!)

Pour son nom, je ne sais pas si c'était clair ou pas, mais il vient de Gandhi (total respect pour ce mec d'ailleurs!).

Voilà! Merci de votre lecture et pour toutes les reviews, follows... Qui me parviennent, ça me fais plus que plaisir! Et à bientôt pour la suite du coup!