Bonjour à tous !

Voici le nouveau chapitre qui met fin à la bataille du Gouffre de Helm et nous permet de retrouver nos deux hobbits préférés.

J'espère qu'il vous plaira et bonne lecture.

Disclaimer : Naruto appartient à Masashi Kishimoto, Le Seigneur des Anneaux est à J.R.R. Tolkien.


Chapitre 29 : Les épaves de l'Isengard

Le soleil du matin brillait faiblement au dessus de la forteresse partiellement ruinée, alors que les paysans du Rohan sortaient à l'air libre, les yeux hagards comme s'ils étaient trop stupéfaits, réalisant lentement qu'ils avaient survécu à la violente tempête qui avait frappé cette nuit, une attaque qui menaçait l'avenir même du royaume.

Ce fut donc à la lumière d'une belle matinée, marquée par quelques croassements d'oiseaux charognards qui épiaient la combe, que Théoden et Gandalf se rencontrèrent au bord de la rivière qui traversait encore, il y a peu, la cour intérieure de la forteresse.

Autour d'eux, les Rohirrim éreintés étaient suffisamment motivés par l'envie de ne pas être malades et se mettaient à entasser les cadavres des orques pour les brûler. Les défenseurs tombés au combat allaient être enterrés près de la grande porte, les moyens humains manquant pour pouvoir les rapatrier chez eux. Une tombe isolée fut installée à l'écart, afin d'honorer le vaillant Hama qui n'avait pas survécu à cette terrible nuit.

Gimli descendait les marches avec un calme étonnant, portant un bandage serré autour de sa tête. Même blessé par un coup ayant éraflé son crâne, il restait toujours le même nain bourru et querelleur.

- Quarante-deux, Legolas ! cria t-il. Hélas, ma hache est ébréchée : le dernier avait un colletin de fer. Et vous ?

- Vous me battez d'un, répondit l'elfe. Mais je suis heureux de vous voir sur pied.

Le roi se retourna vers Gandalf, avec un sourire aux lèvres.

- Une fois de plus, dit-il au cavalier blanc, vous êtes arrivé à l'heure critique, à l'improviste.

- A l'improviste ? répliqua le mage. Ne vous avais-je pas dit que je reviendrais à l'aube de ce jour ?

- Certes, mais maintenant que l'armée de Saroumane est vaincue, il vaudrait mieux nous charger de son cas le plus tôt possible.

Le sorcier sourit, sachant pertinemment qu'un grand pouvoir s'était réveillé durant la nuit et que l'Isengard avait été attaqué par une armée que Saroumane avait oublié de prendre en compte. Lorsque les Ents étaient arrivés, furieux, au pied des portes d'Orthanc, arrachant les murailles et dévastant les infrastructures, Saroumane n'avait plus eu le temps de dresser des plans au sujet des bergers de la forêt.

- Je vais désormais aller m'entretenir avec Saroumane et le plus tôt possible sera le mieux, dit Gandalf. Puisqu'il vous a fait grand tort, votre présence serait tout à fait adéquate.

- Mes hommes sont fatigués par le combat, objecta le roi, tout comme je le suis. Nous devrions nous reposer avant de nous mettre en route. Nous voyagerons donc de nuit pour atteindre Orthanc au petit matin.

Le roi du Rohan sélectionna les membres de son escorte, y incluant son neveu Eomer, ainsi qu'une vingtaine d'hommes, pour venir avec lui assister aux pourparlers. Les autres membres de la Communauté allaient évidemment les suivre, aucun d'entre eux ne voulant rester en arrière, pas même Gimli en dépit de sa blessure.

Quant aux montagnards faits prisonniers, leurs armes leur furent enlevées et ils furent mis au travail.

- Contribuez à réparer le mal auquel vous avez participé, dit Theoden avec fermeté. Après, vous ferez le serment de ne jamais passer les gués de l'Isen en armes, ni de vous allier aux ennemis des hommes et vous pourrez rentrer libres chez vous. Vous avez été abusés par Saroumane et un grand nombre d'entre vous à reçu la mort en récompense. Même si vous aviez vaincu, votre récompense n'eût guère été meilleure.

Les hommes sauvages du Pays de Dun furent très étonnés de la magnanimité du roi. Saroumane leur avait empli l'esprit de mensonges, leur disant que les Rohirrim étaient cruels et qu'ils brûlaient vifs leurs prisonniers.

Le soir même, la troupe menée par Gandalf quitta la forteresse pour chevaucher vers le nord. La forêt qu'ils traversaient était verte et pleine de vie, mais la voix des arbres était clairement perceptible dans l'air stagnant.

- J'ai vu la plus belle des merveilles, conta Gimli en se remémorant son trop bref passage dans les cavernes Scintillantes du Gouffre de Helm. Les hommes ont là une merveille du monde et qu'en font-ils ? Des trous ou se réfugier et cacher du fourrage ! Savez vous que si leur existence était plus connue, il y aurait un pèlerinage continu de nains ? En vérité, ils paieraient de l'or pur pour pouvoir les visiter !

- Et moi, je donnerais de l'or pour en être dispensé, dit Legolas, et le double pour en sortir si j'y étais entré par mégarde.

- Vous n'avez pas vu, dit Gimli avec encore des étincelles dans les yeux, ainsi je vous pardonne pour votre raillerie.

Le nain fit un discours si élogieux et si bien tourné, qu'il réussit même à émouvoir l'elfe. Les deux amis se firent alors une promesse. Lorsque la guerre serait achevée, ils visiteraient ensemble la forêt de Fangorn et les cavernes Scintillantes.

Rapidement, les cavaliers rejoignirent la longue route pavée qui reliait l'Isengard à la grande plaine du Rohan. Les dalles étaient minutieusement jointes, sans qu'aucun brin d'herbe ne dépasse entre les plaques de pierre.

Une colonne jalonnait le bord de la route et sur cette stèle, on pouvait voir une main blanche qui pointait la direction du nord. Le dessin avait été souillé, symbolisant la corruption du mage blanc, car les ongles étaient peints de rouge, des bavures coulant sur le reste du dessin.

La forteresse de Saroumane était toute proche, la pointe de la tour noire leur apparaissant dès qu'ils atteignirent le sommet de cette colline. Cette vallée jadis verte et fertile, arrosée par de nombreux cours d'eau, avait bien changé depuis que Saroumane l'avait remodelée dans son esprit métallique et corrompu. Il y avait encore quelques champs cultivés par des esclaves, mais la majeure partie de la vallée était devenue un désert d'herbes folles et de ronces. Nul arbre ne poussait plus, mais on voyait partout des souches tailladées au milieu d'une terre noircie par les flammes. C'était un pays désolé et silencieux, stérile et mort et ou le seul son audible était celui de l'eau charriant des cendres, clapotant sur les rochers.

Au loin, un anneau de pierres sombres semblait en partie démantelé, des pans entiers des murs ayant été démolis par la fureur des Ents. La grande tour était la seule chose qui n'avait pas changé, elle se dressait autour d'une immense mare encore fumante.

Les cavaliers approchèrent des grandes portes de métal, découvrant avec stupeur qu'elles gisaient au sol, tordues et arrachées de leurs gonds par une force incroyable. La grande arche vers la plaine centrale restait encore debout, à la différence qu'elle n'avait plus de toit, les fragments de pierre noire au sol ne laissant guère de doute sur leur provenance.

Gandalf, Théoden et sa suite virent que le mur attenant était occupé par deux personnes de courte taille, plongés dans une grande discussion qui semblait existentielle. Des victuailles et des bouteilles étaient entassées, indiquant qu'un bon repas avait récemment été consommé.

- J'ai l'impression d'être au Dragon Vert, dit l'un des hobbits allongé contre le mur en regardant le ciel, tout en fumant une bonne pipe. A me reposer, ajouta t-il avec un air de ravissement sur le visage, après une dure journée de labeur.

- Sauf que toi, Pippin, tu ne sais pas ce qu'est une dure journée de labeur !

Le second hobbit allait répliquer, mais il fut surpris par l'arrivée de Gandalf et de sa suite.

- Mes seigneurs, dit le blond en se levant, bienvenue en Isengard ! Je suis Meriadoc Brandebouc et celui là, dit-il en donnant un coup de pied à l'autre, est Peregrïn Touque. Saroumane est à l'intérieur, avec un certain Langue-de-serpent, sans quoi je ne doute pas qu'il serait venu vous accueillir ! finit-il en plaisantant.

- Jeunes coquins ! s'exclama Gimli. Une belle chasse dans laquelle vous nous avez entraînés et on vous retrouve à festoyer et à fumer ! Ou avez-vous trouvé l'herbe ? je suis tellement déchiré entre rage et joie que ce sera un miracle si je n'éclate pas.

- Vous parlez pour moi, rit Legolas. Encore que j'aimerais savoir où ils ont trouvé le vin.

- Il y a une chose que vous n'avez pas trouvé dans votre chasse, c'est un esprit un peu plus vif ! poursuivit Merry en les raillant gentiment. Nous sommes assis sur le champ de la victoire et nous savourons un butin bien gagné. Le porc salé est particulièrement savoureux, finit-il en machant un morceau de viande sous les yeux avides de Gimli. J'ai aussi un message pour vous et si vous voulez bien me suivre, dit-il en descendant, je vais vous conduire à Sylvebarbe.

Alors que tous s'étaient finalement restaurés, le vieil Ent vint les accueillir avec sa voix grondante et caverneuse, leur disant qu'il ne pouvait entrer dans la tour pour en déloger Saroumane.

Gandalf s'avança devant la tour et ordonna à Saroumane de se montrer. Le mage vaincu fit immédiatement son apparition au balcon, ses yeux profonds et durs s'étendaient sur le groupe situé en contrebas. Ses cheveux et sa barbe étaient blancs, le rendant à la fois semblable et dissemblable à Gandalf.

Le discours de Saroumane était envoutant, sa voix mélodieuse avait raison de bien des convictions et il semblait déterminé à garder une certaine influence sur ses terres et sur le Rohan. Il appelait à faire la paix pour pouvoir rester à sa place.

- Nous ferons la paix, clama Théoden. Oui, mais seulement quand vous et vos immondices auront péri ! Vous me tendez la main, mais je ne vois qu'une cruelle griffe de la serre du Mordor ! Lorsque vous pendrez à un gibet pour le plaisir de vos corbeaux, alors là nous serons en paix !

- Espèce de vieux radoteur ! gronda Saroumane dont les yeux lançaient des éclairs. Qu'est-ce que la maison d'Eorl, sinon une grange couverte de chaume ou des assassins boivent, alors que leur marmaille se roule au sol comme des chiens ? Soit, je n'ai pas besoin de votre petite bande de galopeurs aussi rapides à s'approcher qu'à fuir. Mais vous Gandalf, ne voulez vous pas monter ? Je sais que vous avez l'esprit noble et que vous vous souciez du bien commun.

Le pouvoir que Saroumane avait mis dans sa voix était si grand que tous y furent sensibles. Ils entendaient la douce remontrance d'un roi bienveillant vers un ministre dans l'erreur, mais très aimé. L'alliance des deux semblait inévitable, jusqu'à ce que le rire hilare de Gandalf ne coupe le sortilège.

- Ah Saroumane, dit-il en chassant une larme invisible, vous avez raté votre vocation. Vous auriez du être le bouffon du roi. Je crains bien que vous ne puissiez jamais me comprendre. Vous étiez dans les secrets de l'ennemi et je vous offre une dernière chance de vous racheter.

- Vous ne voyez rien, Gandalf, mais le grand œil l'a vu, lui. Vous allez mourir, finit le mage avec un sourire dément.

Tout se passa alors très vite. Saroumane leva son bâton et une boule de flammes fusa vers le sol pour engloutir Gandalf et son cheval. Tous reculèrent, étouffant des cris d'horreur, jusqu'à ce que le mage se montra indemne, protégé par une aura immaculée.

- Votre bâton est brisé, dit le cavalier blanc en levant lentement sa main.

Il y eut un léger craquement, tandis que l'arme se fendait en deux et que la tête tombait aux pieds de Gandalf. Saroumane poussa un cri, tombant en arrière et s'en allant en rampant. A l'instant même ou Saroumane quittait le balcon pour disparaître dans l'ombre de sa tour, un objet lourd arriva du même endroit, projeté à la vitesse d'un bolide de course, ricochant sur le balcon de fer forgé. L'objet de forme ronde tomba sur les marches avec un tintement clair, sans se briser.

- Le scélérat d'assassin ! cria Eomer.

- Non, cela n'a pas été lancé par Saroumane, dit Gandalf avec un air impavide. Un coup d'adieu de Langue-de-Serpent, j'imagine, mais mal dirigé.

- Peut-être qu'il n'arrivait pas à déterminer lequel d'entre vous il haïssait le plus, tenta Aragorn.

Pippin avait descendu du cheval, courant pour attraper l'objet brillant. Il avait pris le lourd globe qui brillait d'une faible lueur sombre et bleutée, le fixant intensément en se concentrant sur l'éclat bleuté qui brillait à l'intérieur. Avant que le hobbit ne puisse voir davantage, Gandalf se dépêcha de le récupérer et de l'emmitoufler dans un tissu opaque. Ce n'était certainement pas le genre d'objet que Saroumane aurait choisi de jeter. Un cri d'horreur poussé par le mage déchu indiqua que c'était bel et bien le cas.

Paniqué, Saroumane revint au balcon pour s'apercevoir que Gandalf tenait un lourd artefact sphérique caché dans un vieux tissu. Le mage ne mit pas plus de quelques secondes pour en tirer la bonne conclusion, contemplant la scène avec horreur, les doigts serrés sur la rambarde du balcon.

Il avait perdu le palantir. Il ne pourrait plus répondre aux convocations de Sauron et le seigneur du Mordor se demandrait rapidement pourquoi. A ce moment, le mage cloitré était sur de ne pas vouloir être là, lorsque le messager viendrait lui montrer le déplaisir de l'œil vigilant.

Tandis que tout le monde regardait la scène, attendant de savoir comment allait réagir Saroumane, une main sortit rapidement de l'ombre, tenant une arme acérée avant de trancher la gorge de l'Istari vaincu. Le vieillard se retourna dans un ultime effort, son frèle corps à l'agonie se contortionnant, mais ce ne fut seulement que pour prendre un violent coup de pied en plein ventre, ce qui fit basculer son cadavre au dessus du balcon.

Tout le monde était comme paralysé devant cette situation inattendue, alors que le corps s'écasait avec un bruit d'os brisé au pied des escaliers. Langue-de-Serpent, le faible et lâche qui rampait devant les puissants, aurait donc eu assez d'audace pour commettre lui-même un meurtre ?

Sakura était devenue livide. Elle excluait immédiatement le petit homme au visage jaunâtre, car elle savait parfaitement reconnue l'arme en question. Ce n'était pas un simple poignard, c'était un kunai.

Une nouvelle personne venait de faire son apparition, se tenant calmement dans l'encadrement du haut balcon, totalement noyée dans l'ombre jusqu'à ce qu'elle fasse un autre pas en avant.

Legolas n'hésita pas une seconde de plus et tira une flèche. L'arme sifflante poursuivit sa route, ne faisant que ricocher contre la pierre froide, le claquement du bois raisonnant sur la pierre sombre.

L'inconnu sortit alors de l'ombre, dévoilant sa tenue noire, recouverte par une armure rouge et une cape dont les motifs étaient les mêmes que ceux arborés par la kunoichi aux cheveux roses. Le visage de l'homme était dissimulé sous un marque orange percé d'un unique orifice, vaguement semblable à une citrouille. Ses mèches noires se balançaient sous l'action du vent et son seul œil visible fixait la ninja avec un plaisir malsain.

Tétanisée, la ninja parvint tout de même à faire l'effort de descendre de son cheval, tandis que Tobi sautait depuis l'étage pour atterrir sur les marches menant vers l'intérieur de la tour.

- Bonjour Sakura, gronda t-il. Ravi de te revoir.

- Le plaisir n'est pas partagé, Madara.