Voici un nouveau chapitre ! J'espère que vous aimerez ! Il ne sert pas à grand-chose, mais…

Je pense qu'il va vous intéresser… Pourquoi ? Saa…

Il faut le lire pour le découvrir !

Bonne lecture !


Chapitre 29 : Le Rêve d'Icare

Tsuna était toujours dans les airs, s'amusant comme un fou, plus libre que jamais. Il effectuait des acrobaties dont les aviateurs pouvaient seulement rêver avec un naturel déconcertant. Lui qui était censé être mauvais en gymnastique se retrouvait être un virtuose. Mais lui aurait-on demandé pourquoi il ne se donnait pas autant à fond quand il était à l'école, il aurait simplement dit que ce n'était pas pareil.

Quand il était à terre, on le jugeait, souvent mal, mais lui en prenait compte, et se sentait diminué. Ce complexe durait pendant des années, et aura sûrement un impact sur sa vie pendant encore un long moment. Mais là, seul dans le ciel, dans son élément, découvrant toutes les possibilités de ses pouvoirs, toutes les capacités qu'il possédait, il n'y avait personne pour se moquer, personne pour le rabaisser. Personne pour lui dire que c'était une mauvaise idée, ou que c'était impossible pour lui. Et il pouvait donc enfin s'épanouir sans contrainte, nourrissant avidement sa confiance en lui-même.

Il perdit la notion du temps alors qu'il testait les limites improbables de ses ailes. Il prenait parfois de courtes pauses, rentrant ses ailes et se remettant à l'utilisation de ses gants quand les courbatures de ses nouveaux muscles devenaient insupportables, mais il ne pensa pas un instant à revenir sur terre. Il n'attendait que le moment où il se sentirait de nouveau d'attaque pour continuer de profiter pleinement d'une liberté qu'il n'avait jamais imaginer pouvoir exister.

Ce fut quand il s'essouffla, qu'il sentit non plus seulement ses muscles du dos, mais tous les autres de son corps gémir et hurler de protestation contre l'exercice bien trop intense qu'il leur imposait qu'il remarqua enfin un fait important. Et qui le plongea dans la terreur. Le soleil était en train de poindre de ses rayons à l'horizon. Il avait passé toute la nuit dans les airs.

Il devint encore plus livide que les nuages qui l'entouraient et ne pu empêcher le hurlement strident qui lui correspondait tellement de jaillir de sa gorge. Il allait définitivement se faire tuer par son gardien.

Maintenant bien habitué à se servir de ses ailes, il se retourna littéralement, la tête vers le sol, et mimant un coup de pied sur un appui, il plongea de nouveau dans la mer de nuages, ses ailes presque rabattues sur son dos. Il prit la précaution d'utiliser quelque chose qu'il avait découvert pendant la nuit. S'il utilisait sa Flamme et formait comme un cocon en les émettant même légèrement mais depuis tout son corps, il arrivait à détourner l'eau de lui, et donc à rester sec. Ce genre de bouclier n'était pas très important en volume, mais assez pour le protéger lui.

Il perça les nuages, et une autre angoisse vint lui serrer le cœur. Où était-il ? Il avait volé toute la nuit au dessus des nuages, ne descendant pas une seule fois pour vérifier sa position. Il pouvait être n'importe où… Son angoisse fut vite balayée quand il reconnut les environs, et se dirigea rapidement vers le lieu du campement, remerciant mille fois son Hyper Intuition, sûrement la seule chose qui l'avait permit de rester sur place et de ne pas errer n'importe où.

Il trouva rapidement le campement. Vide. Il n'y avait personne. Pendant un moment, il craint une attaque pendant son absence, mais l'absence de trace de lutte le rassura. Il rentra ses ailes et s'avança. Il vérifia la tente en appelant doucement son guide, mais il n'y eut aucune réponse. Il observa les environs, de plus en plus perplexe. Mais où était-

*CLIC*

Tsuna se figea, reconnaissant facilement le bruit pour l'avoir entendu trop souvent à son goût. Le bruit de la sécurité d'un pistolet que l'on retire. Il eu juste le temps de se jeter sur le côté avant qu'une balle siffle au dessus de sa tête. Automatiquement, il libéra ses gants et se mit en position de combat. Il n'avait pas enflammé ni son front ni ses gants pour profiter de l'effet de surprise sur l'adversaire.

Et puis il reconnut l'aura meurtrière. Et il ouvrit légèrement la bouche pour balbutier :

- O-Oji-san ?

Deux autres balles le loupèrent de peu, et elles l'auraient brûlé s'il ne s'était pas accroupit.

- Il n'y a pas d'Oji-san qui tienne…

Tsuna ne pu s'empêcher de frissonner face à la fureur froide que dégageait l'homme. Si seulement il savait où il était. Il avait essayé de suivre le point d'origine des balles, mais n'avait strictement rien vu de spécial. Une fois encore, la capacité qu'avait cet hitman à se fondre dans le décors était impressionnant, et effrayant…

- Dit moi, ragazzo… Continua-t-on sur le même ton glacé

C'était impossible de savoir d'où venait la voix, ce qui n'améliorait pas la nervosité de Tsuna. Il jetait des regards frénétiques autour de lui, incapable de sentir quoi que se soit. Et puis il sentit un souffle sur son cou qui lui glaça les sangs.

- Où. Étais. Tu. TOUTE. Cette. Nuit ?

Le hurlement de Tsuna fit s'enfuir toutes les choses vivantes de la forêt.


L'homme lui fit subir un enfer toute la matinée comme punition. Lui qui était déjà exténué de sa sortie nocturne avait dû évité plus de balles qu'il ne pensait l'homme capable de posséder. Il n'avait pas eu droit à un moment de repos, et ses muscles déjà bien fatigués durent continuer de travailler jusqu'à ce qu'il s'écroule sur le sol. Inconscient.

L'homme s'était alors rapproché de lui et s'était accroupit. Sa colère n'était pas encore complètement calmée, mais il se sentait toujours mieux après avoir tiré des balles sur une cible. Il soupira en passant sa main dans la chevelure de sa charge. Sa colère était avant tout motivée par l'affreuse inquiétude qui lui avait tordu le ventre toute la nuit, l'empêchant même de fermer les yeux.

Il avait surveillé le ciel, essayant en vain d'apercevoir Tsuna. Il n'avait rien vu. Jusqu'à ce qu'il voit deux triangles éclairer la nuit d'un orange flamboyant. Il avait retenu un juron. Au revoir la discrétion ! Mais presque aussitôt ces deux triangles étaient montés comme deux fusées et avaient disparues derrière les nuages. Il n'avait alors plus revu le jeune homme.

Il avait attendu, scrutant le ciel assez souvent. Toute la nuit. D'abord calmement, et puis de plus en plus nerveusement. Essayant vainement de contrôler son imagination qui, quand elle essayait de trouver des solutions était certes bien pratique, mais… Il imagina tout et n'importe quoi. Pensant qu'il avait peut-être perdu le contrôle et qu'il s'était écrasé. Qu'il était mort d'asphyxie alors qu'il savait pertinemment qu'à cette hauteur, si l'oxygène était plus rare, il était toujours présent. Qu'il s'était fait attaqué par une nuée d'oiseau en colère.

Tout. Il avait tout imaginé, du plus probable au plus stupide, en passant par le plus invraisemblable.

Aussi n'avait-il pas pu se contrôler quand finalement, alors qu'il était en train de rentrer d'une promenade qu'il avait fait pour se changer les idées, il l'avait aperçu pointant le bout de son nez, en pleine forme, et apparemment maintenant parfaitement capable de contrôler ses ailes. Il avait tiré. Sans craindre de blesser le jeune homme, bien sûr. Il avait assez de contrôle sur son arme et sur lui-même pour ça. Mais dans l'intention de partager la terreur qu'il avait subit tout ce temps. Et pour le punir de l'avoir adoucit assez pour qu'il puisse avoir des peurs pareilles.

L'homme soupira. Ce bout d'homme n'apportait que des problèmes. Pourquoi restait-il donc avec lui ? Ah oui… Il était devenu incapable de l'abandonner… Tout comme maintenant. Il devrait le laisser par terre, le laisser dormir ici pour le punir. Pourquoi alors le prenait-il dans ses bras et l'emmenait-il sur sa couche ? Pourquoi il-

Tsuna choisit se moment là pour bouger dans son sommeil et se rapprocher de la source de chaleur avant de pousser un soupir de contentement. L'homme secoua la tête en levant les yeux au ciel. Parce qu'il était adorable. On ne pouvait pas lui en vouloir très longtemps. Voilà pourquoi.

Il l'installa dans son sac de couchage et se permit à son tour de rattraper son sommeil en retard. Les ombres le préviendraient si un danger s'approchait. En attendant, maintenant, il pouvait enfin se reposer.

Il ne mit pas trois secondes pour s'endormir.


Après cet événement particulier, Tsuna se fit pardonner à genou envers ses deux compagnons. Pour l'un parce qu'il l'avait trempé, et l'autre parce qu'il l'avait inquiété. Ce ne fut pas tant le geste qui fit oublier aux deux chasseurs ce qu'ils avaient subit, mais le fait que le jeune homme n'arrivait même plus à bouger un seul muscle. Il avait dû réunir toute sa volonté pour simplement se mettre à genou, et maintenant, restait le front par terre, rendu incapable du moindre geste par ses muscles endoloris qui eux aussi réclamaient leur dus.

Ils durent attendre une journée complète que Tsuna se remette à peu près. Ils décidèrent de se rendre un peu plus vers le nord, à la fois pour bouger et pour permettre à Tsuna de se remettre, mais surtout pour attendre une nuit idéale. Il leur fallait une nuit semblable à celle que Tsuna avait passé à voler. Une véritable couverture de nuage, quoi de mieux pour les dissimuler du monde ?

Tsuna récupéra étrangement plutôt rapidement. L'Ombre disait que c'était grâce à tout l'entrainement qu'il faisait. Lui, que c'était à cause de la torture qu'on lui faisait subir. Natsu avait bâillé, pensant silencieusement que cela revenait au même. Le bon côté, c'était qu'il n'avait plus trop mal. Le mauvais côté, c'était que du coup, il devait s'entrainer pour leur fuite vers les airs.

Il leur fallut quelques jours pour qu'entre leur voyage et leur moment de repos ils mettent au point un système qui permettrait à Tsuna de transporter un homme de la taille de l'Ombre. Ce dernier insistait énormément sur la sécurité.

- Aurais-tu le vertige ? Demanda un jour Tsuna.

L'homme lui répondit du tac au tac :

- Non. Mais contrairement à monter dans un bâtiment qui ne risque pas de s'écrouler, ou dans un avion qui est fait pour voler, m'accrocher à quelqu'un dont je risque de tomber à tout moment ne m'emballe pas.

- …

- …

- Tu as le vertige, hein ?

L'homme lui avait tiré dessus pour le faire taire, la meilleure preuve au monde pour Tsuna qu'il avait fait mouche.

Honnêtement, il pouvait comprendre, lui-même ayant peur d'encore beaucoup de choses qu'il craignait. Il n'allait pas changé du jour au lendemain. La seule différence, c'était qu'il était près à affronter ses peurs, et avait maintenant la confiance pour le faire.

Mais la peur du vide était une peur qui avait disparu en lui. Au contraire, il adorait voler, et maintenant qu'il avait découvert cette sensation de liberté, il n'hésitait plus à voler juste pour le plaisir de sentir le vent sur sa peau. Il n'oubliait cependant plus jamais de faire attention à où il allait et à quand il revenait. Une expérience traumatisante lui suffisait.

L'hitman professionnel n'avait pas peur de l'altitude. Il était souvent monté sur le haut des immeubles pour espionner une cible, ou la tuer s'il avait toutes les informations qu'il voulait. Et pour voyager rapidement, quoi de mieux que l'avion. Mais il y avait toujours quelque chose de solide à se raccrocher. Un bâtiment ne s'effondre pas facilement. Un avion ne tombe pas souvent. Un humain qui volait… Un humain aussi maladroit que Tsuna…

On pouvait comprendre son scepticisme. Mais quand il assistait aux séances de musculation de ces ailes, il ne pouvait pas s'empêcher d'être fasciné. Après avoir admiré les magnifiques couleurs dont se paraient les ailes quand elles étaient enflammé, son côté pratique et sa curiosité avaient reprit le dessus. Il s'était mis à étudier soigneusement comment les ailes étaient liées dans le dos, et quels différents muscles étaient utilisés.

Tsuna avait mit un moment mais s'était habitué à ce qu'il touche ses ailes sans provoquer de cris ou de frissons. Ses ailes étaient toujours aussi sensibles, et comme ses sens, ses perceptions s'affinaient avec l'utilisation de sa Flamme. Il jurait que l'homme s'amusait de ses réactions incontrôlables. Ce que ce dernier déniait formellement (et vainement car Tsuna pouvait sentir son amusement…) avant de se remettre à l'étude de ses ailes humaines, et gagnant de nouveaux couinements en récompense.

C'est seulement avoir bien comprit comment cet étrange mécanisme fonctionnait qu'il avait fabriqué une sorte de manteau alourdit avec un peu de plomb qu'il posait sur le dos des ailes, et Tsuna faisait comme des pompes, soulevant et rabaissant ses ailes, les déployant et les rabattant plusieurs fois. Il se fatiguait vite, mais ils n'avaient pas le temps de s'attarder là-dessus.

L'Ombre devenait de plus en plus nerveux. Il n'aimait vraiment pas rester trop longtemps à la même place. Et par extension, il rendait nerveux ses compagnons de voyage. Il était temps de quitter le pays.

Enfin, un soir, une sublime couche de nuage vint masquer la pleine lune du moment et plonger le monde qui les entourait dans une obscurité presque totale. Ils décidèrent de ne pas s'attarder plus longtemps. Le système qu'ils avaient imaginé fut mis en place.

L'Ombre ne savait pas s'il était content d'enfin bouger ou mécontent de ne pas avoir plus de temps pour s'habituer à l'idée de réussir là où Icare avait échoué.

Enfin… Tenté de réussir. Espérant ne pas connaitre le même destin funeste.


- Il faut y aller, Oji-san.

- Oui, il va falloir.

- …

- …

- Oji-san, tu ne crains rien.

- Oui. On verra ça à l'arrivé, tu veux bien ?

Tsuna secoua la tête franchement amusé par le comportement plus qu'inhabituel de son gardien. Pour une fois, ce n'était pas lui l'angoissé, et c'était à lui de le rassurer. C'était presque étrange. S'il y avait une chose dont il se méfiait, c'était le bricolage de fortune qui leur serait de transport.

Tsuna était légèrement au dessus de l'homme, perché sur un rocher, l'homme devant lui, lui tournant le dos. Ils étaient accrochés l'un à l'autre par une corde, qui passait au niveau de la taille de Tsuna et de la poitrine de l'homme. Elle était sécurisée au niveau du dos par des sangles de fortune pour ne pas couper la circulation de quiconque. Ce n'était pas le moment pour que quelqu'un s'engourdisse.

Leur résistance avait été testée en les suspendant aux branches d'un arbre avec un rocher bien plus lourd que l'homme, et elles avaient tenues. Mais malgré ça, cela restait du bricolage. Mais Tsuna n'était pas très inquiet. C'était peut-être parce que ce n'était pas lui qui serait suspendu comme un paquet… Mais il était confiant. Maintenant qu'il avait les mains de libres, même si l'homme tombait, il serait capable de le rattraper.

Peut-être d'ailleurs devrait-il essayer de le laisser tomber un peu plus longtemps que nécessaire, se serait drôle de voir l'homme avec tant de contrôle perdant enfin sa façade ?

Oh mon dieu… Il était de plus en plus sadique… Il était vraiment trop influençable.

- Allez, on y va, décida de couper court Tsuna, autant à ses idées dérangeantes qu'à l'hésitation de l'homme.

Il sentit l'homme se tendre devant lui.

- A-Attend… ! Oh, mie

Il se retint de jurer, le gamin connaissant de plus en plus de mot Italien, était peut-être capable de le comprendre. Il ferma les yeux en sentant le sol se dérober sous ses pieds. Non, il ne tombait pas, il s'élevait joyeusement dans les airs. Rayez ça. Il était trainé dans les airs de force.

Pourquoi avait-il accepté ça. Il y avait forcément une autre solution, il aurait dû mieux chercher. Bon. D'accord. Il savait qu'il n'y avait pas d'autre solution. Et il devait avouer qu'il était vraiment curieux de connaitre la sensation de voler comme un oiseau. C'était le rêve de beaucoup d'humains, après tout. Mais lui qui avait l'habitude d'être au contrôle de tout était vraiment pas dans son assiette alors qu'il se laissait transporter. Il venait de confier sa vie à un gamin. Il devait être encore plus fou qu'il ne l'imaginait…

- Si on ne s'en sort pas, je te tue, promit-il.

Tsuna eu du mal à se retenir d'éclater de rire. Il releva la tête pour échapper à un quelconque regard de l'homme et manifesta son amusement par un simple sourire. Il hocha bien sûr la tête. L'homme pouvait sentir son amusement irradier de lui, et lui lança un regard noir, que sa charge évita soigneusement. Lui-même se rendait parfaitement compte de la stupidité de ses paroles, mais elles étaient sorties avant même qu'il ne réfléchisse, ayant un furieux besoin d'avoir un peu de contrôle sur la situation. S'il le menaçait, le gamin ferait plus attention, n'est-ce pas ?

… Il pouvait toujours espérer…

Il sentit la cape qui l'entourait vibrer et jura que cet abruti de félin était autant en train de s'amuser que son maître. Il allait les tuer tous les deux et très lentement. Ses mains se resserrèrent sur les sacs qu'il portait. Natsu était placé devant l'homme pour augmenter la protection. Il agissait comme une bâche, et retenait jusqu'aux jambes de l'homme en les attachant à celles de son maître. Il avait bien malgré lui accepté de jouer ce rôle, non pas qu'il ne voulait pas aider, mais retourner dans le nuage pour se tremper, très peu pour lui.

Tsuna continuait de s'élever lentement au dessus du sol, s'habituant au fait de porter une telle charge sur le devant. Il n'était pas habitué, et ça compliquait un peu la manœuvre. C'était pour ça qu'il utilisait pour l'instant que ses gants pour s'envoler. Il utiliserait ses ailes que lorsqu'il attendrait la cime des arbres. Il faudrait alors être très rapide pour atteindre la couche de nuage, pour que personne n'ait le temps de les voir.

L'homme avait paru inquiet pour cette partie, mais Tsuna l'avait assuré que ça prendrait pas plus de cinq secondes. Comme il paraissait particulièrement confiant, il avait laissé passer. Il préférait honnêtement aller un peu plus doucement et être sûr de survivre à l'expérience qu'ils allaient tenter.

Ils y arrivèrent rapidement, et Tsuna libéra ses ailes, éteignant ses gants. Il les ramena autour de lui pour ne pas se taper contre les arbres.

- Prêt ?

L'homme prit un grand soupir, et se jura que c'était bien la dernière fois qu'il faisait un truc pareil.

- C'est partit.

Tsuna passa ses bras sous les aisselles de l'homme pour le soutenir, dans l'objectif de réduire le plus possible l'impact du changement de vitesse. L'homme resserra sa prise sur les sacs et ses jambes s'enroulèrent comme elles pouvaient autour de celles de Tsuna. Natsu resserra contre les deux humains qu'il devait protéger.

- On y va.

L'Ombre sentit le coup de vent provoqué par les ailes de Tsuna alors qu'ils s'élançaient à une vitesse inimaginable vers le ciel. Il eut le souffle coupé par la pression dû à leur vitesse, et n'eut même pas le temps d'avoir peur. Il leva difficilement les yeux vers le haut pour remarquer que les nuages approchaient dangereusement vite.

Il s'affola. À cette vitesse, rentrer dans un nuage serait comme rentrer dans un bloc d'eau compacte. Il avait oublié d'en parler à Tsuna, et maintenant, il n'avait même plus le temps d'ouvrir la bouche qu'ils y arrivèrent. Il ferma les yeux.

Il attendit l'impact, qui ne vint pas. Il rouvrit ses yeux précipitamment, et remarqua qu'ils étaient encore dans la couche de nuage. Mais c'était comme si ceux-ci s'écartaient face à Tsuna. L'homme eu à peine le temps de se demander si c'était dû à leur vitesse où à un autre truc du gamin qu'ils ressortirent à l'air libre. Et là, s'il eu de nouveau le souffle coupé, ce fut à cause de la splendeur unique du paysage.

Tout comme Tsuna il y avait quelques jours, il resta bouche bée, entendant à peine la remarque que Tsuna faisait à son animal.

- J'espère que tu es heureux Natsu. Tu n'es pas mouillé.

Le chat manifesta son soulagement et sa reconnaissance en se mettant à vibrer, mimant le ronronnement qu'il aurait eu en tant que félin. Le sourire de Tsuna s'élargit. Et puis, il demanda :

- Oji-san, tu vas bien ?

Il n'eut pas de réponse, et s'inquiéta brièvement.

- Oji-san ?

L'homme sortit de sa transe.

- Ah. Oui. Je vais bien.

Tsuna mit quelques secondes à comprendre. Un grand sourire apparut, comprenant exactement ce que l'autre pouvait ressentir.

- C'est magnifique, n'est-ce pas ?

- Oui, répondit-on simplement. C'est sublime. J'ai vu des choses dans ma vie, et pourtant, c'est bien la première fois que je vois quelque chose de semblable…

Tsuna hocha la tête. Il doutait que beaucoup d'humains aient pu admirer ce qu'il voyait. Une superbe couche de nuage d'un blanc laiteux grâce à la lune qui éclairait doucement la nuit, et la couleur d'un orange pastel de ceux qui les entouraient. Ils étaient près à parier que personne n'avait pu vivre ça comme eux le vivaient maintenant, à l'air libre, et non pas enfermé dans un immeuble. Mais ce n'était pas tout. Il fallait avancer.

- On va par où ? Demanda le jeune mafieux.

L'homme reprit de son sérieux. Il observa le ciel, cherchant quelque chose de précis. Il s'immobilisa.

- À ta gauche. L'étoile polaire.

Tsuna ne savait pas comment il arrivait à différencier cette étoile des autres. Il n'y était encore jamais arrivé sans une boussole. Ce qui lui avait valu quelques ennuis avec son gardien… Il chassa ses pensées en se retournant. S'il savait où était le Nord, c'était facile de se diriger vers l'Ouest.

Il prit bien soin d'accélérer petit à petit, pour ne pas déstabiliser son passager avant de se mettre totalement à l'horizontale, et de filer rapidement et sans un bruit, invisible au monde d'en bas, veillés seulement par la lune et sa douce lumière. L'homme n'arriva pas à retenir un commentaire.

- Je suis sûr qu'Icare aurait dû essayer son expérience la nuit. Il ne se serait pas brûlé les ailes.

Tsuna éclata de rire.


Ils volèrent longtemps, presque toute la nuit. Mais l'aube n'était pas encore là quand Tsuna cria grâce.

- Oji-san, souffla-t-il.

L'homme tourna la tête dans sa direction pour montrer qu'il écoutait.

- Je n'irais pas plus loin.

L'homme comprit immédiatement. Il hocha la tête, n'hésitant pas une seconde avant de permettre au jeune homme de se poser. Tsuna retint un soupir de soulagement. Son dos, ses bras et ses jambes le lançaient douloureusement à chacun de ses mouvements. Sans parler de son cou, qui promettait un beau torticolis. Il avait dû rester immobile pendant tout le trajet, et s'il avait eu la force de le supporter grâce à sa Flamme, ses réserves d'énergie diminuaient dangereusement, et il ne voulait pas tenter d'atterrir en catastrophe.

Il diminua la force de ses Flammes dans ses ailes, et ils perdirent de l'altitude tout doucement. Ils avaient de la chance, l'Autriche semblait elle aussi couverte d'un large manteau de nuage. Ça n'avait pas été le cas tout le temps, et il avait dû faire de bref mais intense accélération entre chaque nuages quand ceux-ci n'étaient pas assez près les uns des autres. Ce qui utilisait aussi plus d'énergie que normalement.

Tsuna voulait mettre en place le bouclier de Flamme, pour leur évité une trempette, et pour ça, il devait avoir encore de l'énergie. Ils s'enfoncèrent délicatement dans le nuage, et ne s'arrêtèrent qu'à la fin de celui-ci. Tsuna s'était immobilisé, près à faire la dernière manœuvre.

- Prêt ?

L'homme hocha la tête. Tsuna fonça presque à la verticale pour rencontrer le sol. La vieille peur reprit l'homme, mais il avait vu le contrôle que possédait Tsuna, aussi était-ce un peu moins intense. Un peu.

Il ne pu s'empêcher de soupirer de soulagement quand Tsuna redressa, et il apprécia d'autant plus la sensation de la terre sous ses pieds. Il n'en profita pas longtemps. Natsu reprit rapidement la forme d'un chat, et tout aussi vite, il se défit de ses sangles pour permettre à Tsuna d'enfin se reposer. Ce dernier, complètement épuisé se laissa tomber une fois qu'il sentit que l'homme n'était plus attaché à lui.

Il fut rattrapé par l'homme qui avait prévu cette réaction. Il mit le jeune homme sur le dos, en faisant bien attention aux ailes tremblantes qui n'avaient pas encore disparues. Il chercha rapidement dans un des sacs une bouteille d'eau qu'il présenta à Tsuna avec l'ordre :

- Boit.

Tsuna s'exécuta, et failli s'étouffer en essayant de reprendre son souffle en même temps que de se réhydrater. Il se reprit et avala plusieurs longues gorgées rafraichissantes. L'homme lui soutenait la tête, et il se laissait faire, incapable du moindre mouvement. Il avait depuis longtemps assez confiance en cet homme pour se confier à lui pendant ses moments de faiblesse.

Alors que Tsuna se remettait, Natsu à ses côtés, l'homme décida de vérifier les alentours rapidement et de laisser sa charge au soin de son animal. Il ne voulait pas que quiconque ne vienne les déranger alors que Tsuna avait encore ses ailes. Il remarqua rapidement qu'ils avaient atterrit dans un champ de pâturage d'une ferme d'élevage, et si les propriétaires étaient endormit, il ne pouvait pas promettre l'absence de chien de garde. Qui les repérerait rapidement et ne ferait pas la différence entre eux et des voleurs de moutons.

Ils ne pouvaient pas resté là.

Il pesta en retournant là où gisait Tsuna. Le gamin était exténué, et il répugnait à lui demander de bouger maintenant. Mais ils n'avaient pas le choix. Il secoua l'épaule de sa charge qui était déjà prête à s'endormir sous l'œil réprobateur de Natsu.

- Ragazzo, debout. On ne peut pas rester là. Tsunayoshi ne t'endors pas !

Il y eu un grognement avant que des yeux fatigués ne s'ouvrent.

- Oji-san…

- Debout. Il faut que l'on parte trouver un abri.

Tsuna grogna de désespoir. L'homme eu un petit sourire désolé.

- Allez, courage.

Pendant que Tsuna faisait disparaitre ses ailes, il réunit leurs affaires. Ils partirent.

N'ayant aucune idée d'où ils étaient, ils durent suivre la première route qu'ils rencontrèrent pour la suivre, espérant apercevoir une civilisation quelconque et donc se renseigner. Ce qui avait en plus obligé Tsuna à se déguiser en fille. Autant dire qu'à l'aube, quand ils aperçurent à l'horizon un petit village de campagne, ils étaient plus que soulagé. Tsuna, pour avancer, utilisait ce qui lui restait de Flamme, sachant pertinemment qu'il le paierait le lendemain. Natsu, pour épargner à son maitre d'avoir en plus à le nourrir était rentré malgré lui dans sa boite.

Il était prêt à pleurer de joie quand l'homme lui annonça la présence d'une auberge, et dû forcer ses membres à ne pas céder sous lui alors que l'homme frappait au carreau d'une fenêtre. Les aubergistes n'étaient pas encore levés à cette heure de la journée, et il fallait les réveiller. Au bout de ce qui sembla une éternité mais qui n'était que quelques minutes, une fenêtre s'ouvrit brusquement, et un homme rondelet, et apparemment furieux rugit quelque chose que Tsuna ne comprit heureusement pas.

L'Ombre répondit sans ciller, et l'aubergiste grogna avant de refermer la fenêtre. L'homme soupira. Il jeta un coup d'œil à sa charge, et retint un juron. Tsuna paraissait prêt à s'écrouler à tout moment. Et cet aubergiste qui prenait tout son temps…

Enfin, ils entendirent le bruit d'une clef que l'on insérait dans une serrure avant que la porte de s'ouvre sur l'aubergiste un peu plus présentable, mais toujours d'humeur massacrante. Ce qui pouvait se comprendre. L'homme s'avança avant de pivoter sur lui-même pour intercepter Tsuna dans la chute qu'il avait sentit plutôt que vu. Il ne retint pas le juron cette fois.

Tsuna n'était pas tout à fait évanoui, mais ses jambes n'avaient pas obéi à son ordre, et elles étaient restées sur place alors que son buste s'avançait naturellement. Il essaya de retrouver son équilibre en s'appuyant sur les bras de l'homme, mais cette fois, ce fut ses bras qui le lâchèrent. Il glissa et tomba droit dans l'embrassade de l'homme.

L'homme le rattrapa une nouvelle fois, mettant un genou par terre. Il décida de ne pas tenir compte du regard perçant de l'aubergiste qui ne les quittait pas des yeux. Il débarrassait Tsuna de ses affaires quand il le vit essayer de parler. Il mit un doigt sur sa bouche et intima le silence par un doux :

- Shhh… Ne t'inquiète pas, tout ira bien.

Tsuna eu un mouvement qui pouvait ressembler à un hochement de tête avant de cette fois se laisser complètement absorber par les ténèbres qui l'appelaient. L'homme sentit la complète détente du corps dans ses bras quand celui-ci s'évanoui enfin. Il soupira, presque soulagé que sa charge ait enfin cessé de se battre contre le repos qu'il avait, à son avis bien droit d'avoir. Et fier malgré lui par l'exploit qu'ils venaient d'effectuer.

Il fut interrompu par un raclement de gorge tout sauf discret. Il se retourna, peu enclin à argumenter avec cette personne si elle lui reprochait quelque chose. Mais à sa grande surprise, l'homme avait perdu sa colère d'être réveillé aussi tôt pour paraitre inquiet.

- Elle va bien ? Demanda-t-il dans sa langue natale.

L'homme hocha la tête, se concentrant pour se rappeler toutes les spécificités de cette langue. L'Autrichien en lui-même n'existait pas, ici ils parlaient allemand. Aussi répondit-il dans la langue de l'aubergiste facilement mais avec un accent léger.

- Oui. Seulement fatiguée. Nous avons dû voyager toute la nuit, ne trouvant nulle part où nous arrêter.

- Quelques fermiers acceptent les voyageurs chez eux.

- Le dernier chez qui nous nous somme arrêté nous a accueillis à coup de carabine. Nous sommes assez méfiants.

- Mon dieu ! S'insurgea l'aubergiste. Mais qui à bien pu faire ça faire ça ? Je ne connais personne dans la région qui-

- Ce n'était pas en Österreich(Autriche). Ma nièce et moi voyageons à travers tout le continent, et nous si nous avons reçu plus de bon accueil que de mauvais, ce souvenir particulier est encore frais dans notre mémoire.

L'aubergiste hocha la tête. L'homme en profita pour prendre Tsuna dans ses bras et pour se tourner complètement vers son interlocuteur.

- C'est pour ça que je me trouve désolé de vous réveiller à une heure pareille, mais nous avons vraiment besoin de repos.

De nouveau l'aubergiste hocha la tête. Il avait bien observé les deux étrangers, surtout quand la fille s'était évanouie. Le soin qu'avait l'homme envers elle n'était pas feint, ni leur fatigue. L'homme paraissait un peu plus résistant que la fille, mais avait visiblement passé lui aussi une nuit blanche. Ils n'étaient pas dangereux.

Il se méfiait, même si son travail était bien d'accueillir ainsi des étrangers chez lui, surtout quand il le réveillait en pleine nuit. C'était un moment creux dans la saison touristique, aussi il pouvait tomber sur n'importe qui. Il n'hésitait pas à mettre dehors les rares personnes qu'il jugeait inquiétantes. Il avait une famille à protéger, après tout.

Mais, alors qu'il s'installait derrière son comptoir pour chercher son registre, il ne pensait pas avoir à craindre quoi que se soit des personnes devant elles. Il releva rapidement les yeux avant de la rebaisser, un petit sourire graciant son visage mais caché sous sa petite moustache. L'homme devant lui traitait sa nièce comme un trésor, et quelqu'un comme ça ne pouvait pas être méchant dans l'âme. Il en était sûr.

- Normalement, les gens ne viennent dans ce petit village que pendant des vacances. Vous savez que celles de printemps sont passées de presque trois semaines déjà ?

- Non, avoua-t-il. Nous avons un peu perdu la notion du temps à force de voyager. Ça fait longtemps que je n'ai pas regardé ma montre.

L'aubergiste éclata d'un rire tonitruant, surprenant l'homme qui aurait sursauté s'il avait eu moins de contrôle. Il se contenta d'un haussement de sourcil. Tsuna, lui, grogna et s'installa simplement plus confortablement dans ses bras devenus familiers.

- Ça, se sont de bons voyageurs, comme je les aime !

L'homme eu un demi-sourire, amusé par ce personnage extravagant. Le premier accueil n'était pas des meilleurs, mais il pensait maintenant que rester ici ne serait pas un trop grand problème. Il se surprit à sourire complètement alors que l'aubergiste lui tendait son registre. Il n'oublia pas de mettre son nom d'emprunt, allant même jusqu'à l'écrire en japonais.

Une fois fait, il retourna le stylo et le cahier. L'aubergiste lui tendit alors la main.

- Lars, se présenta-t-il.

L'homme serra cette main de travailleur sans réticence, et en faisant attention de ne pas déranger Tsuna.

- Kano. Fit-il tout aussi simplement, utilisant son nom d'emprunt.

Il désigna du menton sa charge profondément endormit.

- Asuna.

L'aubergiste comprit les présentations. Il regarda son registre, et ne comprit rien à l'écriture utilisée. Il releva la tête :

- Chinois ?

- Japonais.

Lars haussa les épaules. C'était du pareil au même pour lui. Il ne comprenait pas mieux l'écriture en sachant que c'était du japonais. Il prit deux clefs, quitta son comptoir et fit signe à "Kano" de le suivre. Il vit sans peine le regard qu'il lança au sac que Tsuna avait laissé derrière.

- Je vous monte ça immédiatement. Je vous montre la chambre d'abord.

L'homme réfléchit rapidement. Il n'y avait rien de dérangeant dans ce sac, mis à part les boites Vongola. Il pouvait permettre à l'aubergiste de les porter. Même s'il les sentait à travers le tissu, il ne verrait rien de suspect. Les deux armes, son révolver et le pistolet de Tsuna étaient dans son sac avec les munitions depuis le jour où sa charge lui avait montré sa maladresse dans toute sa puissance en utilisant les munitions de manière très… Spéciale.

Il chassa le souvenir étrange et acquiesça à l'homme qui attendait sa réponse avant de le suivre dans les escaliers. Ils montèrent d'épaisses marches en bois qui grincèrent sous leur poids avant de s'arrêter à la première chambre. Il vit l'aubergiste prendre une des clefs et l'insérer dans la serrure.

- Voilà pour la demoiselle. Ce n'est pas immense, mais le lit est confortable.

- C'est tout ce qui importe pour le moment.

Lars aboya brièvement de rire. Il voulait bien le croire, la jeune fille n'avait pas bougé un muscle depuis tout à l'heure. Elle paraissait tellement confortable qu'il avait presque mal au cœur de la séparer de son oncle en osant lui proposer un lit.

Il ouvrit la porte en grand, et laissa entrer l'homme et sa nièce. Il les laissa découvrir la pièce pour retourner en bas et chercher les bagages. L'homme rentra et jeta un œil critique. Mais il fut satisfait par l'inspection. La chambre sentait le frais, preuve que la pièce était aérée régulièrement. Les poutres semblaient solides, et le tout était sûrement très entretenu. Le lit n'était pas fait, mais c'était normal.

L'aubergiste choisit ce moment là pour revenir.

- Voyez, c'est pas grand. Mais on n'a pas de plainte, et c'est contrôlé pour la sécurité. Traitement contre les termites, tout ce bazar. Vous ne risquez rien !

Il avait déposé les sacs au pied du lit, et avait sortit les draps pour le lit de la commode. En quelques gestes montrant son habitude, il prépara le lit, et l'homme pu enfin déposer son protégé. Il le borda et lui caressa les cheveux avant de s'agenouiller, d'embrasser le front de Tsuna et de murmurer, repassant au japonais.

- Bon travail. Repose-toi bien.

Tsuna murmura quelque chose d'incompréhensible et se tourna vers la main, mais ne bougea plus après ça, un léger sourire flottant sur son visage détendu. L'homme ne put s'empêcher de sourire. Il se releva et regarda l'aubergiste.

Lars n'eu qu'un gentil sourire à la démonstration d'affection et désigna la chambre d'en face.

- La votre. Les toilettes sont au bout du couloir, juste à côté de la salle de bain.

L'homme hocha la tête. De la même manière, il entra dans sa chambre, laissant passer l'aubergiste pour qu'il fasse le lit. Il déposa les sacs tout en écoutant Lars qui lui expliquait quelques petites choses.

- Je suppose que le petit-déjeuner ne vous intéresse pas ?

- Non, fit l'homme. Mais je ne savais pas qu'en plus vous faisiez restaurant ?

- On le fait, le matin et le soir surtout pour les clients qui dorment ici, et le midi, pour qui veux bien venir Pendant le reste de la journée, nous ouvrons le bar, dont je m'occupe.

- Hm…

Il attendit que Lars eu fini de faire le lit pour le remercier d'un hochement de tête et de reprendre :

- Le déjeuner est à quelle heure ?

- Quand vous le souhaiter, entre 11h30 et 15h, le service est ouvert. Après, il faudra aller à l'épicerie du coin.

- Vous pouvez me réveiller vers midi si je ne suis pas descendu ?

- Sans problème. Pour votre nièce ?

- On va la laisser dormir, répondit l'homme avec un sourire.

Je ne suis même pas sûr qu'il puisse bouger demain, rajouta-t-il pour lui-même.

Lars lui souhaita de bien se reposer et le laissa seul. L'homme resta debout quelques secondes avant de s'assoir. La fatigue lui tomba dessus comme une masse. Il n'était pas aussi fatigué que Tsuna, mais n'avait lui non plus pas dormit de la nuit, et avait dû tenir les sacs ainsi que s'accrocher à sa charge pendant tout le voyage. Ses muscles étaient aussi éreintés, et même si leur situation lui avait permit de continuer, maintenant qu'ils étaient en sécurité, le lit était très tentant.

Il ne se déshabilla même pas, prenant juste le temps d'enlever ses chaussures avant de se coucher et de tomber aussitôt endormit, profitant du confort que seul un véritable toit au dessus de la tête et un lit moelleux pouvait offrir pour récupérer.


Effectivement, le lendemain, Tsuna était cloué au lit, sans surprise. Il réussi à peine à faire apparaitre une Flamme pour permettre à Natsu de lui tenir compagnie et d'assurer à l'homme que le jeune japonais avait un moyen de l'appeler à l'aide si besoin.

Ils restèrent dans ce petit village quelques jours, le temps de récupérer, refaire le plein de vivre et même l'homme profita sans hésitation du matelas confortable que lui offrait cette auberge. Ce n'était pas un cinq étoile, mais au moins, ils ne dormaient plus dehors. Et l'avance considérable qu'ils venaient de prendre sur leur traversé le tranquillisait. Il faudrait du temps pour se rendre compte qu'ils avaient quitté la Slovaquie, et à ce moment là, ils seraient déjà loin dans le pays.

L'Ombre pris aussi de discret renseignement sur l'emplacement exact de ce village et de ceux qui l'entourait, sans sembler ne pas savoir où il était. La ville la plus proche était à une dizaine de minute en autocar, en bas de la montagne, et n'était pas d'une très grande importance. Il y avait des chemins de randonnées que les promeneurs utilisaient souvent, surtout par le beau temps de ces jours-ci. Il profita de l'occasion pour s'offrir une carte détaillé du pays, et la troqua avec celle de Slovaquie qui commençait à se faire vieille, bousculée sans soin dans le sac rempli.

Tsuna fut étonné, mais son guide prit même le temps de passer chez le coiffeur, en disant que leurs cheveux avaient vraiment trop poussés. Le jeune mafieux fut d'abord extatique, pensant qu'il allait perdre de son côté féminin. Mais il fut vite déçu. Ce fut l'homme qui demanda aux coiffeuses de s'occuper de lui d'une manière très particulière. Il fut shampooiné, peigné, coiffé avec un soin particulier et sa couleur fut même renouvelée. Mais pas avec la teinture basse-qualité-qui-prenait-pas-de-place de l'homme. Non.

Le pauvre Decimo se retrouva devant son reflet, ou ce qui y ressemblait. Sa crinière avait en partie retrouvé sa longueur originelle, si ce n'était la couleur d'un noir de jais d'une brillance remarquable, fait avec soin par les coiffeuses. Par derrière descendait à peu près au niveau des épaules des mèches qui formaient un catogan retenu par un élastique, seul endroit où la longueur avait été conservée et mise en valeur. Une des employée, celle qui lui avait fait la teinture avait décoté un ruban orange liseré de fil d'or dans la réserve du bâtiment, et avait fait un petit nœud qui permettait à l'excès de ruban d'accompagner élégamment sa queue de cheval.

- Tu es belle, lui dit l'homme, essayant d'être sérieux et de contrôler son fou-rire moqueur.

Il était mortifié. Et le fait que Natsu soit à côté de l'homme en train de hocher gravement la tête ne lui allait pas du tout.

Si le village avait eu une animalerie, il aurait fait tondre son partenaire. Mais sa ô combien douce vengeance ne pu s'accomplir.

Ils partirent du village dans la même journée, Tsuna toujours aussi déprimé et l'homme content de lui. Natsu en avant, ils marchaient en direction d'un chemin de randonné que leur avait conseillé Lars, l'aubergiste avec qui ils avaient finalement réussi à s'entendre. Il suffisait de ne pas le réveiller à l'aube.

Bien entendu, dès qu'ils furent éloignés du village, ils s'écartèrent du chemin pour traverser les bois et s'enfoncer dans la forêt, où personne ne les verrait. Honnêtement, Tsuna avait tellement l'habitude désormais qu'il se rendait à peine compte du changement dans le relief du terrain. À l'arrière de son esprit, il évitait les racines et les pierres et écartait les branches basses tandis qu'il était toujours occupé à ruminer son malheur. Il jeta un regard mécontent sur le dos de son guide. Lui aussi, sa coloration avait été refaite finement, et ses cheveux scintillaient à chaque rayon qui perçait la cime des arbres.

Lui n'était pas beau, mais superbe, et jamais Tsuna ne le lui aurait dit. C'était injuste que lui soit ainsi alors qu'il devait continuer à se travestir. Le poids de sa déprime fit s'affaisser ses épaules et baisser la tête. La vie était injuste, et la sienne avait la palme dans ce domaine.

Et qu'il puisse allumer une Flamme sur son front ou qu'il possède des ailes n'y changeait malheureusement rien…


La rivière gargouillait joyeusement, dansant avec les galets blancs et les cailloux gris qui formaient son lit. Son débit était élevé et rapide grâce aux précipitations de la veille qui avait obligé nos voyageur à s'arrêter dans un fourré qui les abritait à moitié de la pluie battante. Le temps ne s'était d'ailleurs pas amélioré, et les nuages menaçaient de crever à tout moment, et à déverser sur eux leur contenu.

Cela aurait normalement dû irriter l'Ombre qui, malgré l'avance importante qu'ils avaient dû prendre sur leur poursuivant aurait bien aimé continuer à s'avancer. Cela faisait après tout une semaine et quelques jours qu'ils avaient fait ce voyage dans les airs et tout juste une semaine depuis qu'ils avaient quittés le petit village isolé de montagne. Malgré cette avance importance, l'homme n'avait aucun doute sur le fait que cette famille retrouverai leur trace, et le plus près ils étaient de l'Italie à ce moment là, mieux ça sera.

Mais il n'était pas d'humeur à s'énerver en ce moment. Non. Une fois de plus depuis qu'il était avec le gamin, il avait envi de s'abandonner au fou rire qui le menaçait. C'était trop hilarant.

Comme ils avaient prolongé leur pause à cause du temps menaçant, Natsu était partit chassé, plus pour s'occuper que pour nourrir le petit groupe. Avec la rivière proche et les pluies récentes, le poisson était présent à foison et ils en avait même fait sécher pendant la nuit pour le conserver pour plus tard.

Bien entendu, comme tout félin qui se respectait, il avait ramené ses proies à son maitre. Ils avaient eu leur part de souris, taupes, lièvres et autres gibiers pendant ce voyage, mais ça faisait partit de l'instinct de cet animal et ils ne pourraient pas le changer. Ils avaient même eu droit à un serpent une fois, et Natsu avait comprit qu'il fallait éviter ces animaux quand Tsuna s'était mis à hurler. Mais passons.

Il lui arrivait aussi de ramener des oiseaux, bien que plus rarement. Bien qu'habile et rapide, arriver à attraper un oiseau n'était pas si facile. Aussi quand il y arrivait, il était rempli de fierté et de joie.

Mais pas cette fois.

Le jeune lion se tenait, penaud, à une certaine distance de son maitre, et très certainement contre sa volonté. Il gémit pour le faire savoir, mais le regard noir que lui lança Tsuna lui fit baisser encore plus la tête, ses oreilles s'aplatissant sur son crâne jusqu'à disparaitre. Ses pattes avant étaient cachées par sa queue étroitement enroulé autour de lui. Tout dans son comportement trahissait son envie d'être pardonné.

Mais c'était un des sujets sur lequel Tsuna était intraitable. Chasser, oui. Tuer, non. Comme ce chat se nourrissait principalement de ses flammes, il n'avait pas besoin de tuer pour survivre, alors il n'avait pas à le faire. Natsu le savait parfaitement, et normalement obéissait à cette règle. Il semblerait que cette fois, il ait eu un peu trop d'enthousiasme à attraper une de ces rares proies. Mais même s'il savait qu'il avait fait une bêtise, cela ne l'empêchait pas de faire les yeux doux à son maitre pour se faire pardonner.

Ce dernier soupira en levant les yeux au ciel, et reporta son attention sur le petit être emplumé qui gisait sans vie au creux de ses paumes. Ils ne savaient pas encore s'il était mort, blessé ou simplement sous le choc d'avoir failli mourir, mais Tsuna ne prenait aucun risque. Une légère onde de Flamme de la Pluie s'assurait que l'oiseau reste tranquille tandis que l'Ombre l'examinait sans pour autant risquer d'arrêter son cœur ou d'engourdir les doigts du vétérinaire d'un jour.

Vétérinaire qui se demandait vraiment si c'était à ça qu'était censé servir ces flammes…

- Il n'a rien. Déclara finalement l'homme.

Il vit deux visages se lever vers lui, l'un rempli de question et l'autre d'espoir. Tsuna se demandait ce qu'avait alors l'oiseau et pourquoi il ne s'envolait pas tendis que son chat débile espérait avoir bien entendu. Après tout, si ce sale piaf, responsable de la mauvaise humeur de son maitre à son propos allait bien, son maitre n'aurait plus aucune raison de lui faire la tête ! C'était une bonne nouvelle, non ?

- Pourquoi il ne s'envole pas ? Il n'a pas d'aile cassé ou autre chose qui le gêne ?

- Non, tout semble bien fonctionner, et crois moi, grâce à toi, je sais parfaitement comment fonctionne les ailes, et je peux t'assurer qu'elles ne sont pas cassé.

Tsuna s'empourpra légèrement, gêné par le ton taquin mais se reprit vite, maintenant habitué aux piques de son compagnon.

- Alors pourquoi il ne s'enfuit pas ?

- Il a dû être assommé par ton chat, ou en état de choc. Rien de plus, je pense.

Tsuna soupira, soulagé. Ses yeux descendirent au sol en sentant une pression familière sur sa jambe. Natsu se frottait contre lui, cherchant toujours le pardon et des caresses qui lui assureraient ce pardon. Après un dernier regard mauvais, le japonais abandonna l'idée de rester fâché contre son animal.

Il se concentra une nouvelle fois sur l'oiseau qui n'avait toujours pas bougé du creux de ses mains. Un magnifique chardonneret, s'il se souvenait bien des paroles de son guide. Doucement, il remplaça l'onde de Pluie par une onde de Soleil. L'énergie était tellement faible que même ses yeux ne changeait pas de couleur, mais plus aurait pu tuer l'oiseau en faisant battre son cœur trop vite. Trop stimulé, l'organisme de ce fragile animal ne l'aurait pas supporté.

Lentement, l'oiseau reprit vie sous les yeux curieux et fasciné des deux hommes. D'abord quelques spasmes, ses muscles encore engourdit par la flamme de la Pluie. Puis sa respiration s'améliora, et reprit un rythme normal, et il pu se lever, d'abord en tremblant, puis plus sûrement. Sa tête se tourna dans tout les sens, évaluant la situation. Malgré la présence humaine très proche, il ne s'envola pas immédiatement. Il sautilla sur la paume et les doigts de Tsuna, comme pour s'assurer du bon fonctionnement de son corps avant de s'immobiliser complètement.

Pendant quelques courtes secondes, personne n'osa bouger, et puis un moment plus tard, l'oiseau s'envoyait à toute aile du campement. Les trois personnes le suivirent des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse dans la forêt.

Heureux comme un gosse, Tsuna offrit à l'homme son plus beau sourire, et ce dernier ne pu s'empêcher d'y répondre. C'était une belle journée.

Il y eu un coup de vent et tous se figèrent.

Brusquement, tout leur instinct leur hurlait la même chose.

Danger.


Oui. Je m'arrête là. Pas de chance, hu ? X3

Allez, à la prochaine fois !