Bonjour,

Voilà déjà la suite de « Fallen angels » ! On entre vraiment là dans une partie plus que charnière de cette fic, qui s'achemine vers le début de la fin (même s'il reste encore du chemin à parcourir).

Cette fois, plus de répit, l'action ne cesse de progresser, entraînant les personnages vers un destin contre lequel il sera de plus en plus dur de lutter …

Sans plus attendre, je vous laisse découvrir la suite de cette fic qui n'est pas encore prête de vous détendre complètement ! (rassurez-vous -ou pas !-, je suis dans le même état de tension que vous).

Disclaimer : la plupart des personnages et lieux appartiennent à J.K. Rowling, le reste est à moi.

Rating : T

Bonne lecture à tous !


Fallen angels

Chapitre 29 : I swear it to you !

Où se trouve l'oubli ?

Où commence l'abandon ?

Où mène le renoncement ?

Je pars pour une direction de nouveau inconnue, ne sachant plus bien d'où je viens, où je suis ni où je vais …

Tout est flou, mais qu'importe …

Je suis là, enfin seul.

Seul en moi-même.

Pour combien de temps ?

Tandis que Lupin regardait d'un air atterré et encore choqué Pansy, qu'il avait immobilisée sur une chaise, après lui avoir jeté un sort pour calmer son hystérie meurtrière, Ginny se précipitait à la suite de son frère :

« RON ! » hurla-t-elle en vain, voyant le rouquin quitter précipitamment la salle, hors de lui. « Reviens, tu vas faire une bêtise ! »

Mais le jeune homme ne l'écoutait pas. Il s'était rué hors de la salle, dès qu'il avait vu que Harry n'était pas mort, mais seulement inconscient. Il savait que leur professeur veillerait à ce que Parkinson ne touche plus à un seul cheveu du Survivant, et qu'il pouvait donc partir.

Partir pour accomplir ce qu'il aurait dû faire depuis bien longtemps.

Cette fois-là était la fois de trop, il le savait. Il s'en voulait déjà tellement de tout ce qui s'était passé, mais là … Il ne pouvait pas laisser passer ça. Son inaction n'avait été que de la lâcheté, et il devait maintenant se rattraper.

Jamais encore Ron n'avait parcouru la moitié de tout Poudlard à une telle vitesse. S'écroulant presque sur le tableau gardant l'entrée de la salle commune des Gryffondors, il lâcha le mot de passe d'une traite, essoufflé, mais ne s'arrêta pas pour se reposer une fois entré. Il gravit quatre à quatre les marches du dortoir des garçons, ignorant les exclamations de ses camarades, plus que surpris de le voir dans cet état, et bouscula même sans s'excuser Neville à l'entrée de leur chambre.

« Ron ? » s'écria Hermione, stupéfaite, depuis le bas de la salle. Elle tenait encore dans ses bras les livres qu'elle avait été chercher à la bibliothèque, et, comme les autres, ne comprenait rien à l'agitation subite du plus jeune fils Weasley.

Ce fut Parvati qui l'éclaira quelque peu : la jeune fille s'approcha de son amie, et lui glissa, tout en regardant elle aussi en direction de l'escalier :

« Remus Lupin est venu tout à l'heure chercher précipitamment Ron et Ginny. Ca avait l'air assez urgent. » Elle réfléchit une seconde, puis ajouta : « D'ailleurs, je crois qu'il te cherchait aussi. »

« QUOI ? » s'écria la brune, en se tournant brusquement vers sa camarade. « Et c'est maintenant que tu me dis ça ? Mais vous auriez dû me prévenir ! » Elle était manifestement très en colère, et sa rancune se disputait à son inquiétude.

Parvati crut bon de se défendre, en précisant d'un ton boudeur :

« Oh, mais on s'est dit que le temps d'aller te chercher à la bibliothèque, ils auraient sûrement réglé leur affaire. Et puis on ne savait pas où ils allaient, alors … »

En voyant Ron redescendre du dortoir, la carte du Maraudeur dans une main, la baguette dans l'autre, Hermione grinça entre ses dents, plus pour elle-même que pour l'indienne, qu'elle planta là pour rejoindre son ami :

« Et bien non, on dirait que rien n'est réglé … »

Elle réussit à accrocher le jeune homme au passage, tandis qu'il se ruait hors de leur salle commune.

« Ron ? Qu'est-ce qui se passe ? Où vas-tu ? »

Elle sursauta en le voyant tourner vers elle un visage tendu et empli de colère. Elle savait que cette rage ne lui était pas destinée, mais cela lui fit peur malgré tout. Elle n'avait jamais vu son camarade dans cet état. Jamais ; sauf la fois où Malefoy avait blessé Harry dans ce qui semblait être un accès de folie …

Elle avait alors cru que Ron lui-même venait de sombrer dans la démence tant il était hors de lui. Et il était aujourd'hui dans le même état.

Serait-ce parce que …

« Je n'ai pas le temps de t'expliquer, Hermione. » dit Ron d'un ton sourd, en serrant la main de la jeune fille dans la sienne, si fort qu'il lui fit mal -mais elle n'osa rien dire. « Si tu veux venir, tu peux, mais je n'ai pas le loisir de m'attarder … »

Elle se contenta alors de hocher la tête, et comme s'il n'attendait que ce signe pour se lancer, le jeune homme dévala les escaliers menant aux étages inférieurs, courant sans s'arrêter, tendu vers son seul but.

Moins de cinq minutes après, il hurlait d'une voix forte et puissante un sort qui fit voler en éclats le tableau gardant l'entrée de la salle commune des Serpentards. Il enjamba d'un pas déterminé les débris de bois et de pierre qui jonchaient alors le sol, et tonna aux élèves présents, qui le regardaient d'un air aussi stupéfait qu'incrédule :

« Malefoy est là ? »

Sans demander son reste, Draco, assis jusque-là sur un fauteuil dans un coin de la pièce, bondit sur ses pieds, et se précipita vers la porte, bousculant plusieurs de ses camarades. Il réussit à prendre Ron de vitesse, en criant un « expelliarmus » qui le désarma, et, profitant de cet effet de surprise, il put sortir de la salle commune, cognant Hermione au passage. La jeune fille eut à peine le temps de se remettre de ce choc, et de se retourner dans le couloir, que le blond avait disparu à un angle.

L'ami de Harry, ayant ramassé sa baguette, se précipita à la suite du Serpentard, hurlant à sa camarade :

« Viens Hermione, il faut l'attraper ! Peu importe où il pourra se cacher, j'ai la carte du Maraudeur avec moi. » Il reprit son souffle, et ajouta entre ses dents, sans cesser de courir : « Putain, cette fois ce connard ne m'échappera pas, je te le jure ! »

Ils parcoururent une bonne partie de l'école, fouillant dans les moindres recoins du château. Très souvent, les deux Gryffondors furent à deux doigts de prendre Malefoy de vitesse, mais celui-ci semblait bien déterminé à vendre chèrement sa peau, et se défendait avec l'habileté et l'énergie d'un homme acculé. Les élèves et professeurs encore debout à cette heure tardive purent ainsi assister à des échanges violents de sorts et contrecoups entre les trois adolescents, qui semblaient partout à la fois.

Enfin, Hermione pensa avoir réussi à coincer le Serpentard. Avec une énergie presque aussi féroce que celle de Ron -même si elle ne savait pas encore clairement ce qui s'était passé, la fureur non feinte de son ami lui avait rapidement fait comprendre que l'heure n'était plus aux tergiversions-, elle cria, tout en lançant un sort pour immobiliser Malefoy, qui ne le manqua que d'un centimètre :

« Arrête-toi tout de suite ! Tu sais très bien qu'on te rattrapera, où que tu ailles ! »

Tout en se plaquant contre un mur pour éviter de se recevoir les bris de la fenêtre cassée par un puissant « Reducto » de la part de Ron, Draco répondit en hurlant :

« Cours toujours, Granger ! Tu es cinglée si tu penses que je vais me livrer si facilement … » Il lança un sort Bloque-jambes sur Ron, qui réussit à l'éviter en se jetant par terre, mais qui ne put en revanche esquiver l'incarcerem que Draco lui jeta dans la foulée. Tout en s'enfuyant dans la direction opposée de là où se trouvait la jeune fille, le blond cria : « Franchement, tu t'es bien foutue de moi avec toutes tes histoires de seconde chance ! Vous voulez me tuer, et je ne sais même pas pourquoi … » La suite ne fut plus audible, tant la distance qu'il réussit à mettre entre eux avant que la brune ne puisse libérer son ami fut grande.

Aidant Ron à se relever, Hermione demanda alors :

« Au fond, c'est vrai, Ron, il a raison … »

« Quoi ? » éructa le roux, hors de lui. « Tu veux encore lui donner une seconde chance ! » Il avait hurlé si fort que la jeune fille pâlit d'un coup, mais elle ne se laissa pas démonter pour autant et ajouta :

« Pas du tout ! Je veux juste savoir pourquoi au juste on cherche à lui faire la peau … » Le ton était assez réprobateur pour que la rage de Ron retombe quelque peu.

Il maugréa, après avoir de nouveau localisé Draco sur la carte :

« Filons, il est dans l'aile ouest. J'aimerais bien savoir comment il fait pour se déplacer aussi vite, ce sale reptile ! » Il commença à courir, et Hermione, après avoir poussé un soupir, le suivit. Mais sa curiosité fut tout de même étanchée quand son ami ajouta, entre deux souffles rendus difficiles par la course : « Si tu avais vu dans quel état on a retrouvé Harry, tu serais comme moi, crois-moi … »

« Je te crois, mais … C'est Malefoy qui a fait ça ? » s'étonna la brune.

Tout en serrant les poings à s'en faire blanchir les phalanges, Ron précisa, les sourcils douloureusement froncés au souvenir de la scène à laquelle il avait assisté quelques instants plus tôt :

« Pas à proprement parler. C'est Pansy. »

« Parkinson ? » s'exclama sa camarade, abasourdie.

« Mais je suis sûr qu'elle a agi sur ordre de Malefoy. Ils sont forcément complices. » Il essuya d'un geste brusque les larmes qui étaient apparues au bord de ses cils, et gronda, tout en prenant un autre tournant, après avoir jeté un coup d'œil furtif à la carte : « Et il va payer pour ça … cette fois je ne laisserais rien passer, je te le jure ! »

Hermione ne sut pas bien si son ami adressait ces mots à elle seule, à Harry comme une promesse, ou à Draco comme une menace, mais elle sentit à son ton déterminé que rien ne pourrait le faire reculer. Rien ne pourrait le raisonner cette fois, et à vrai dire, elle était lasse de toujours pardonner à Malefoy. Après tout ce qui était arrivé à Harry cette année, elle aussi pensait qu'il était temps que quelqu'un paie.

Elle espérait juste qu'ils ne se trompaient pas de cible.

Quand enfin leur folle course-poursuite dans tout Poudlard prit fin. Ils réussirent à pousser le Serpentard dans ses derniers retranchements, et il fit l'erreur tactique de se réfugier en dernier recours dans la tour d'Astronomie. Poussant un cri de joie féroce, Ron s'élança à sa suite, Hermione sur ses talons, et hurla, tout en accélérant avec la dernière énergie :

« Tu es foutu, Malefoy ! Tu ne pourras pas aller plus loin ! »

Il voulut ouvrir la porte menant au toit de la tour, mais Draco l'avait fermé d'un sort. Sans même se concerter, les deux Gryffondors crièrent un « Alohomora » synchrone, qui fit quasiment jaillir le battant de bois de ses gonds. Ils se précipitèrent sur le toit, et stoppèrent net. Malefoy était là, à quelques mètres d'eux. En les voyant, il afficha un visage clairement apeuré, mais tenta de garder son calme. Il jeta de petits coups d'œil à droite et à gauche, mais aucune autre issue n'existait en dehors de la porte de la tourelle derrière Ron et Hermione. L'adolescent se recula alors prudemment jusqu'aux créneaux derrière lui, et resserra la prise sur sa baguette.

« Laisse tomber … » murmura la brune, en avisant son geste furtif. Elle affichait comme Ron un visage dur, même si on n'y lisait pas la même hargne. Et c'est d'un ton plus calme qu'elle ajouta, même si elle savait pertinemment que Draco ne baisserait pas les bras si facilement : « Tu ferais mieux de te rendre avant que tout ça ne finisse mal … »

D'une voix dont il ne put maîtriser pleinement le tremblement, le blond dit :

« Tu parles ! Avec ton copain prêt à me tuer si je fais un seul pas, c'est bien parti pour finir mal quoique je fasse … » Il frissonna, et Hermione ne sut si c'était de peur ou de froid -la nuit qui était tombée ayant amené avec elle la fraîcheur de cet hiver naissant.

Draco recula encore d'un pas, mais le muret derrière lui bloquait tout possibilité d'échappatoire. Il tenta de garder sa dignité et son sang-froid, mais le regard lourd de menaces de Ron fixé sur lui ne l'aidait pas particulièrement. Et quand le rouquin commença à avancer vers lui, l'adolescent blond ne put retenir un petit cri. Il leva brusquement sa baguette devant lui, en un geste aussi vain que dérisoire.

« Je te jure, Malefoy, que nous ne te ferons rien, si tu consens à te rendre sans résistance … » reprit Hermione, plus pour calmer Ron qu'elle sentait prêt à exploser, que pour contraindre le Serpentard.

Mais le rouquin ne l'entendit pas de cette oreille. Ignorant ce que venait de dire son amie, il menaça d'un ton sourd :

« Je te promets que tu as fait ton dernier coup de pute ce soir, sale bâtard. »

« Je ne sais même pas de quoi tu parles ! » hurla Draco, en se tassant sur lui-même, tandis que Ron dévorait pas à pas la faible distance qui les séparait.

« Ferme-la ! » tonna le Gryffondor, hargneux. Il leva sa baguette et la pointa vers son adversaire, frémissant d'une colère à peine contenue. « Comment peux-tu encore continuer à nier tes méfaits, alors que tout t'accuse ? Tu es vraiment la pire des pourritures qu'il m'ait été donné de croiser. »

Ne cachant cette fois plus sa terreur, le blond, tremblant de la tête aux pieds, s'écria :

« Je te jure que je ne sais pas de quoi tu parles, Weasley … Comment pourrais-je te mentir ou te dire la vérité pour quelque chose que je … » Il poussa un cri de douleur quand l'expelliarmus impromptu de Ron le désarma. Il se frotta douloureusement le poignet, et leva un regard aussi incrédule que paniqué vers le Gryffondor. Lui qui avait toujours cru l'ami de Harry Potter faible et poltron le découvrait soudain déterminé et combatif.

Et pour la première fois de sa vie, Draco Malefoy craint réellement pour ses jours.

Il ne put parer le sort d'attaque qui suivit, aussi vif qu'efficace, et qui visait son cœur. Le blond réussit toutefois, Merlin sait comment, à se déplacer juste à temps pour le recevoir sur le bras et non sur la poitrine -peut-être fut-ce grâce au cri horrifié que Granger poussa au moment même où Ron avait lancé cette attaque …

Toujours est-il que Draco ne put que contempler avec désarroi son bras ensanglanté, les pans de sa manche de chemise déchirée laissant deviner la blessure profonde causée par cette attaque.

Mais un autre cri horrifié de Hermione lui fit de nouveau lever les yeux vers ses adversaires. Et là, avec angoisse, il comprit ce qu'avait vu la jeune fille. Et Ron, suivant le regard de sa camarade jusqu'à l'avant-bras du blond, que celui-ci n'eut pas le temps de dissimuler, comprit aussi. Les yeux de Weasley s'allumèrent alors d'une haine flirtant dangereusement avec la folie, tout comme Parkinson un peu plus tôt, quand il leva sa baguette, sans même ajouter un seul mot.

Les pupilles de Draco se dilatèrent d'effroi, tandis qu'il crut sa dernière heure arrivée. Il aurait juré voir déjà le bout de la baguette du Gryffondor briller de cette couleur qui ne pouvait signifier que sa fin, quand, comme en un ralenti grotesque, il perçut, étouffé tant son cerveau ne semblait plus capable de lui communiquer clairement les informations à cause de cette peur qui le paralysait, le cri que poussa Granger.

« EXPELLIARMUS ! »

Ce n'était pas contre l'ennemi qu'elle avait dirigé cette fois son attaque, mais contre son ami.

Et après une seconde qui lui parut durer un temps infini, Draco retrouva une perception normale du monde extérieur. Son cœur se remit à battre quand il entendit le petit cliquetis que fit la baguette de Ron en tombant à terre, et ce ne fut que quand il sentit la pluie fine qui avait commencé à tomber lui mouiller le visage qu'il réalisa qu'il était encore en vie.

Qu'il comprit que Hermione venait de lui sauver la vie.

Il n'eut pas le temps de demander pourquoi, pas plus que Ron ne semblait pouvoir sortir de sa torpeur face à ce qu'avait fait son amie, que la porte derrière les adolescents s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître un des professeurs.

Draco sentit alors sa respiration se faire plus rapide, comme s'il ne s'autorisait que maintenant à reprendre son souffle.

« Parrain ! » s'écria-t-il avec une joie incrédule et désespérée.

oOoOoOoOoOo

Là où je suis à présent, rien ne m'atteint. Je veux y rester pour toujours, loin de ces plaintes et de ces souffrances qui m'étreignent dès que j'ouvre les yeux.

Vous, ici-bas, si vous m'aimez, laissez-moi …

Laissez-moi ici, où rien ne m'atteint. Laissez-moi y connaître une paix à nulle autre pareille.

Laissez-moi être bien.

Juste bien.

Hermione se retourna vers Rogue, encore sous le choc de ce qui aurait pu se produire une seconde auparavant, si elle n'était pas intervenue. Le professeur lui jeta un bref coup d'œil, puis se remit rapidement de sa surprise, venant s'interposer entre les Gryffondors et le Serpentard. Ce dernier jetait un regard éperdu de reconnaissance à son parrain, et s'accrocha à sa manche quand celui-ci fut assez près de lui pour le cacher à la vue d'un Ron qui affichait le regard le plus noir qu'on lui eut jamais connu.

Il venait de laisser passer sa chance de se débarrasser une bonne fois pour toute de cette sale fouine qui leur pourrissait la vie depuis si longtemps, et cela ne semblait pas le mettre de très bonne humeur …

« Parrain, parrain … Tu es arrivé à temps, heureusement … » balbutiait l'adolescent blond, des larmes de soulagement venant s'échouer dans son sourire aussi libérateur qu'encore incrédule.

« On dirait. » se contenta de lâcher d'un ton froid l'homme, en jetant un bref coup d'œil à Draco, avant de reporter son regard sur les deux autres, quand Ron hurla alors, littéralement hors de lui :

« Putain, Rogue ! Vous n'allez pas prendre sa défense, bordel ! » Il brandit un index rageur vers son ennemi, désignant son bras, et s'écria : « Ce sale fils de pute est un mangemort ! Un putain de mangemort ! »

Hermione s'accrocha alors au bras de son ami et s'exclama, jetant un bref coup d'œil apeuré et confus à leur professeur :

« Arrête, Ron, ça ne veut rien dire … »

Le rouquin ouvrit des yeux effarés et lança à la jeune fille, oscillant entre rage et outrage :

« Comment ça, ça ne veut rien dire ? Tu te fous de ma gueule, ou quoi ? Tu as perdu la mémoire comme Harry, c'est pas possible ! Est-ce qu'il faut que je te rappelle qui sont nos ennemis, enfin ! »

Elle planta ses prunelles chocolat dans le regard de son camarade et lui répondit à voix basse, le plus sérieusement du monde, d'un ton qui se voulait apaisant -elle craignait tant un nouvel accès de rage de Ron, qui pourrait entraîner cette fois une véritable catastrophe :

« Rogue est mangemort lui aussi. Ce n'est pas pour autant qu'il est du côté de Tu-sais-qui … »

« Sur ce point, je ne suis pas sûr que … »

« Weasley, Granger. » les coupa Rogue, resté jusque-là silencieux. « Sur ce point, je peux peut-être vous éclairer. » Etant sûr d'avoir toute l'attention de ses deux élèves, il tira sur le bras de Draco, sans même regarder le jeune homme et ignorant son petit cri de douleur, et leur désigna la Marque des Ténèbres, noyée sous les raies de sang de la blessure récente : « Si Draco est effectivement un mangemort, il n'est pas pour autant du côté du lord noir. Tout comme moi, il est un espion pour le compte de Dumbledore. »

Le blond jeta un regard effaré au sorcier, tandis que Hermione, poussant une exclamation de surprise, se plaqua la main sur la bouche, stupéfaite. Mais Ron, lui, ne sembla pas convaincu une seule seconde par ce retournement de situation, et persifla :

« Tu parles ! Cet enfoiré peut très bien avoir voulu vous faire croire ça, Rogue, et être en fait espion pour Vous-savez-qui ! Qu'est-ce qui nous prouve qu'il est bien de notre côté ? »

Hermione tança alors son ami, lui donnant une petite tape sur l'épaule :

« Enfin, Ronald ! Si le professeur le dit, c'est quand même qu'il le tient de Dumbledore lui-même, et … »

« Et depuis quand tu accordes du crédit à ce que dit le professeur Rogue, Hermione ? » s'écria le rouquin, en se dégageant, et en allant récupérer sa baguette, toujours sur le sol, quelques mètres plus loin. Il l'essuya machinalement sur son pantalon pour la sécher, et reporta un regard noir sur Draco, qui se dissimulait toujours derrière Severus. « Hein, Malefoy ! N'est-ce pas terriblement pratique que ton cher parrain vienne se porter garant pour ta pauvre personne ? Qui nous dit que vous ne nous préparez pas au contraire une traîtrise en famille, mmh ? »

« Ron ! » fit la brune, outrée, mais Rogue leva une main pour la faire taire, et dit d'une voix dure, mais néanmoins dénuée de toute agressivité :

« Weasley, si je ne vous savais pas aussi touché par tout ce qui arrive à Potter, je penserais que vous avez définitivement perdu les pédales. Je vais donc mettre ces paroles sur le compte du chagrin, et … »

« Et rien du tout ! » s'écria l'adolescent en tapant son torse du poing qui serrait sa baguette. Il s'avança vers Rogue et Malefoy, et tonna : « Laissez-le un peu assumer tout ce qu'il a fait jusqu'à présent. Moi je ne crois pas une seule seconde qu'il soit espion pour notre camp, mais même si c'était le cas, rien n'excuserait ce qu'il a fait à Harry. Putain, il n'y a même pas une heure, il a failli le tuer ! »

« C'est faux ! » s'écria Draco. Il regarda son parrain, qui le toisait d'un air suspicieux, et tenta de s'expliquer : « C'est totalement faux, parrain … Je n'ai jamais cherché à tuer Potter. Jamais ! »

Se jetant sur l'adolescent et l'attrapant par le col, Ron fit, dévoré par la rage : « Quoi ! Ose me dire que tu n'as jamais voulu lui faire de mal, peut-être ? »

Tandis que Hermione et Rogue tentaient de séparer le rouquin de son adversaire, Malefoy balbutiait :

« Non, non … Enfin, c'est vrai que j'ai déjà voulu lui faire du mal, mais pas … pas le tuer ! »

« Tu parles ! Menteur ! »

« Weasley, calmez-vous ! »

« Je le jure, je n'ai pas voulu tuer Potter … Je ne comprends rien à ce que tu racontes ! Parrain, Rogue, dis-leur que je n'ai jamais voulu ça … » supplia Draco, ses larmes se mêlant à la pluie qui lui trempait le visage.

Réussissant enfin, avec l'aide de la Gryffondor, à tirer l'ami de Harry loin de son filleul, Severus lâcha entre ses dents :

« Après toutes les bêtises que tu as faites, comment veux-tu que je réponde de ta conduite ? Je ne suis pas le gardien de ta conscience, Draco. »

Sentant que son dernier secours lui échappait, le blond s'écria, toute fierté oubliée :

« Pitié ! Dis-leur que j'ai aimé Potter ! Dis-leur que j'étais de son côté … » Ignorant les regards agrandis de surprise et d'effroi des deux Rouge et Or, il tomba à genoux, et hurla, suppliant le sorcier, perdant toute dignité, oubliant tout orgueil, s'en fichant de ne plus provoquer que de la pitié chez les autres : « Dis-leur que j'étais avec lui ! Dis-leur combien je tenais à Harry … Dis-leur … »

Ron se recula en titubant, ne pouvant détacher du blond un regard perdu. Il semblait littéralement en état de choc, et même la main de Hermione posée sur son bras ne pouvait le sortir de sa léthargie. La jeune fille, quoique moins stupéfaite que son ami, n'en était pas moins secouée elle aussi …

Rogue, quant à lui, revint à la hauteur de son filleul, et se pencha pour le tirer par l'épaule et l'aider à se relever. D'un ton froid, il dit :

« Ca suffit, maintenant. Viens. »

Draco se laissa entraîner, sans un mot, aussi vidé qu'un pantin désarticulé. Hermione eut un regard de compassion envers lui quand leur professeur s'arrêta devant eux, et Ron sembla au contraire retrouver un souffle de fureur. Se redressant, encore vibrant de colère, il détacha enfin ses yeux de l'adolescent pour fixer Severus, et dire :

« Je ne sais pas quel crédit on peut lui apporter. Vraiment pas. Mais quoiqu'il en soit, je crois vraiment qu'il faut le mettre hors d'état de nuire. »

« Oui, je pense que c'est judicieux, en effet. » répondit l'adulte, faisant lever vers eux un regard effaré de Malefoy.

Mais ce qui acheva de porter un coup à Draco fut quand Ron ajouta d'un ton plein d'une haine rentrée, en le fixant :

« Et on laissera Harry décider de son sort. »