Merci à Luna des les Etoiles, Cihanethyste et Juliefanfic pour leurs reviews.
Disclaimer : Le Seigneur des Anneaux ne m'appartient pas, il est à Tolkien. Et Final Fantasy 7 est à Square Enix.
Bonne lecture !
En route pour le Gouffre de Helm
Debout sur l'esplanade face aux portes de Méduseld, Sephiroth regardait l'horizon. Le vent soufflait fort, faisant claquer les étendards d'Edoras et flotter les cheveux argentés de l'ex-Soldat.
Le ciel était bleu et moucheté de nuages. Les plaines du Rohan s'étendaient tout autour de lui. Il pouvait voir des montagnes à l'horizon.
Les gens allaient et venaient entre les maisons alentour, vaquant à leurs occupations.
Il avait du mal à croire qu'il était dans le monde dont Miriel lui avait tant parlé. Pourtant, c'était réel. Et il sentait la différence. L'air était pur et avait une odeur… différente. Et les chevaux que les gens menaient par la bride d'une maison à l'autre ou sortaient des écuries pour une promenade étaient une preuve supplémentaire.
Cela le changeait des paysages arides et souillés par la technologie de la Shinra. Les réacteurs Mako qui infestaient la planète avaient asséché de nombreux endroits, à tel point que les gens en avaient oublié la beauté de la nature.
C'était un fait : il n'était plus sur Gaïa. Cloud n'était pas ici pour le tuer. Jenova ne pourrait plus le manipuler. Nul ne pourrait le capturer ni l'enfermer dans un laboratoire.
Pourtant, le danger était là, sous une forme différente. Les gens de ce monde étaient en guerre contre Sauron et ses armées d'orques.
« Vous admirez la vue ? »
Surpris, Sephiroth se retourna et vit que Gandalf l'avait rejoint. Le magicien était étonnamment silencieux. D'habitude, seule Miriel arrivait à le surprendre, tant elle savait se montrer silencieuse.
« Cet endroit est incroyable », admit Sephiroth en montrant Edoras d'un geste du bras.
« Mais vous ne pouvez vous empêcher de vous faire du souci pour eux », dit le magicien.
« Eux ? »
« Votre ami Genesis, Torvin, ainsi que Lithariel et son peuple. »
Le regard de Sephiroth se teinta de tristesse en pensant à Lithariel, sans oublier Genesis et Torvin. Où étaient-ils ? Et les habitants de Nùrnen ? Avaient-ils atterri dans un lieu sûr, au moins ?
« J'aurais aimé pouvoir vous aider, mais la menace de Sauron nous accapare tous et j'ai déjà bien du mal à conseiller Théoden pour qu'il protège son peuple », soupira Gandalf.
« Pourtant, les choses se sont améliorées, non ? D'après ce que j'ai entendu, vous avez libéré le roi de l'influence de Saroumane. Et tout semble si calme, ici. »
« Ne vous y fiez pas. Les gens vaquent à leurs occupations quotidiennes, mais tous sont en deuil. Ils ont perdu leur prince, Théodred. Et plus de la moitié des guerriers d'Edoras a quitté la cité, bannis par Saroumane en manipulant le roi. Cette cité est vulnérable aux attaques des orques et des sauvages. »
« C'est pour cela que vous tenez à ce ne que nous restions tous ici », comprit Sephiroth.
« Pour l'instant… Je vais réessayer de parler au roi ce matin. Profitez-en pour visiter un peu la cité si le cœur vous en dit », fit le magicien avant de descendre les escaliers.
Sephiroth le regarda s'éloigner, quand il entendit un cliquetis d'armes et des grommellements. Curieux, il longea l'esplanade vers le sud du château et arriva devant un autre escalier menant à une cour où s'entraînaient des guerriers.
Aragorn se trouvait là, lissant son épée. Gimli s'entraînait au combat contre un pantin. Legolas s'entraînait au tir à l'arc avec une cible. Quant à Miriel et Boromir, ils s'entraînaient à l'épée.
Sephiroth s'approcha en silence tout en regardant les deux combattants. Miriel se battait avec grâce et souplesse, esquivant les coups de son adversaire. Ce dernier ne lui faisait pas de cadeau. Boromir économisait ses coups, mais ses attaques étaient puissantes et chaque mouvement d'épée visait à déstabiliser la jeune fille, la pousser dans ses retranchements.
Sephiroth nota tout de suite un défaut : Miriel était sur la défensive, elle ne semblait pas déterminée à passer à l'attaque. Soudain, l'elfe vit une ouverture et tenta de frapper son adversaire sur le flanc gauche.
Ce dernier para le coup sans hésiter, puis en profita pour enchaîner avec une attaque de la pointe de son épée. Il désarma sans peine la jeune fille qui se retrouva vaincue. Puis, d'un geste amical, Boromir ramassa l'épée et la tendit à la jeune fille. Celle-ci la prit sans un mot, puis alla s'assoir sur la rambarde en bois délimitant le terrain d'entraînement.
« Je l'ai vexée ? » demanda Boromir en rejoignant Aragorn.
« J'en ai peur », répondit ce dernier.
« Vous ne l'avez pas vexée. Elle est comme ça depuis son retour dans ce monde. Elle est fatiguée et soucieuse », dit Sephiroth sans lâcher sa fille des yeux.
Les deux hommes lancèrent un regard à l'elfe, puis reportèrent leur regard sur Sephiroth.
« Vous êtes venu vous entraîner ? » demanda Boromir.
« Pas vraiment, je visitais… » dit Sephiroth.
« Ah ! Dans ce cas, que diriez-vous d'un duel ? Je serais curieux de connaître les techniques de votre monde », dit Gimli en les rejoignant.
Sephiroth haussa un sourcil. Lui, se battre contre un nain ? Il ne doutait pas de la force du nain, il avait déjà vu Torvin à l'œuvre contre des ghûls et un graug.
« Pourquoi pas ? » dit-il.
Tout content, Gimli saisit sa hache et recula de quelques pas. Sephiroth dégaina Masamune. Les deux hommes et le nain ne purent s'empêcher de hausser un sourcil devant la longueur de cette arme.
Les deux adversaires se jaugèrent un instant sans bouger quand soudain, Miriel s'approcha d'eux et pointa l'horizon.
« C'est quoi, ça ? » dit-elle.
Legolas quitta la cible des yeux et se tourna pour suivre son regard, tout comme les autres. Nul ne vit grand-chose, sinon un point sur une colline près de l'entrée d'Edoras.
« Je ne vois rien, moi », dit Gimli.
« C'est un cheval… » dit Miriel.
« Avec deux enfants dessus… L'un d'eux vient de tomber ! » dit Legolas, en courant vers la sortie du terrain d'entraînement.
Ses compagnons s'empressèrent de le suivre. Lorsqu'ils arrivèrent aux portes, ils virent Théoden menant le cheval par la bride, avec une petite fille blonde assise dessus. Gandalf le devançait, portant dans ses bras un garçon inconscient.
Une heure plus tard, tous se tenaient dans la salle du trône. Les deux enfants étaient assis à une table, dégustant une soupe chaude sous le regard bienveillant d'Eowyn auprès d'eux.
La jeune femme finit par se redresser et se tourna vers Théoden, assis sur son trône.
« Ils ont été surpris. Ils étaient désarmés. Aujourd'hui, les sauvages traversent l'Ouestfolde en brûlant tout sur leur passage. Le foin, les lits, les maisons », dit Eowyn en se redressant.
« Où est maman ? » demanda la fillette.
Eowyn lui intima doucement le silence tout en la recouvrant d'une couverture.
Assise près de Gimli, Miriel serra les poings. Elle ne connaissait que trop bien cette expérience. Elle-même, elle n'était qu'une enfant de quatre ans lorsque les orques avaient ravagé sa cité et capturé sa famille sous ses yeux impuissants.
Assis près de Théoden, Gandalf prit la parole.
« C'est un avant-goût de la terreur que Saroumane va déclencher. D'autant plus puissant qu'il est mû par la peur de Sauron. Chevauchez, attaquez-le de front. Éloignez-le de vos femmes et de vos enfants. Vous devez combattre ! » dit le magicien posant une main sur l'accoudoir du trône.
« Vous avez deux mille hommes qui chevauchent vers le nord, à l'heure où nous parlons », intervint Aragorn. « Eomer vous est loyal. Ses hommes vont revenir et se battront pour leur roi. »
Théoden se leva de son trône.
« Ils doivent être à trois cents lieues d'ici, maintenant. Eomer ne peut rien pour nous. »
Gandalf descendit les marches pour répondre, mais Théoden l'interrompit.
« Je sais ce que vous voulez de moi, mais je n'infligerai pas de nouvelles morts à mon peuple. Je ne risquerai pas une guerre ouverte. »
« Elle est pourtant déclarée, que vous le vouliez ou non ! » dit Aragorn.
Théoden se tourna vers Aragorn et le toisa avec défi.
« Aux dernières nouvelles, c'était Théoden et non Aragorn, le roi du Rohan. »
Assis au côté d'Aragorn, Boromir fronça des sourcils. Il se souvenait de l'attitude dédaigneuse qu'il avait eue face à Aragorn au conseil d'Elrond. Mais le temps avait passé depuis, les deux hommes avaient développé une relation d'ami fondée sur le respect et la confiance. Voir Théoden se comporter ainsi ne lui plaisait guère.
Gimli posa la chope de bière qu'il buvait et rota. Sephiroth lui lança un regard critique, puis reporta son regard sur la scène.
« Alors, quelle est la décision du roi ? » demanda Gandalf.
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« Par ordre du roi, la cité doit être évacuée. Nous partons nous réfugier au Gouffle de Helm. Ne vous chargez pas outre mesure. Ne prenez que le strict nécessaire ! » clamèrent les soldats dans tout Edoras.
Sitôt la nouvelle répandue, les habitants s'affairèrent aux préparatifs.
Les seuls qui ne participèrent pas à cette activité furent Gandalf, Aragorn, Boromir, Legolas, Gimli et Sephiroth. Le petit groupe traversa la cité pour prendre le chemin des écuries royales.
« Le Gouffre de Helm ! dit Gimli. Ils fuient vers les montagnes alors qu'ils devraient rester et se battre. Qui les défendra si ce n'est leur roi ? »
« Il fait ce qu'il croit être le mieux pour son peuple », dit Aragorn, alors que tous traversaient l'allée centrale des écuries. « Le Gouffre de Helm les a sauvés par le passé. »
« Cet endroit ne les sauvera pas. Ils seront coincés, l'ennemi pourra facilement les vaincre s'il est en nombre supérieur », dit Sephiroth, en bon stratège.
« Sephiroth a raison. Il n'y a aucun moyen de sortir de ce ravin. Théoden fonce dans un piège » dit Gandalf.
Tous s'arrêtèrent devant le box de Gripoil.
« Il croit les mettre en sécurité alors qu'ils vont droit au massacre. Théoden a une volonté de fer, mais j'ai peur pour lui. J'ai peur pour la survie du Rohan. Il aura besoin de vous avant la fin, Aragorn. Le peuple du Rohan aura besoin de vous. Les défenses doivent tenir. »
« Elles tiendront », promit le rôdeur.
Gandalf s'approcha de Gripoil et lui caressa l'encolure.
« Le Pèlerin Gris. C'est ainsi qu'on m'appelait. Depuis trois cents vies d'hommes, je foule cette terre et aujourd'hui le temps me manque. Avec de la chance, ma quête ne sera pas vaine. »
Il monta Gripoil et annonça ses dernières consignes.
« Attendez ma venue aux premières lueurs du cinquième jour. À l'aube, regardez à l'Est. »
« Partez », dit Aragorn en reculant.
Le magicien inspira, puis son étalon franchit les écuries au galop. Il quitta Edoras aussi vite que le vent et se mit en route à travers les plaines.
Le groupe se dirigea vers les chevaux pour choisir ceux qu'ils utiliseraient pendant le voyage. Legolas prit Hasufeld avec Gimli, même si ce dernier ne parut guère enthousiaste à l'idée de remonter sur l'animal.
Boromir, Miriel et Sephiroth se dirigèrent vers le personnel de l'écurie afin de demander des chevaux. Aragorn se dirigea vers le coin de l'écurie où se trouvaient les selles et les brides, quand un hennissement attira son attention.
Il vit deux palefreniers essayant de sortir un étalon de son box. Mais l'animal semblait nerveux, il ne cessait de se cabrer, repoussant les deux hommes qui le tenaient par le bout d'une corde.
Aragorn s'approcha et tendit une main vers le cheval, mais ce dernier continuait de paniquer. Eowyn apparut près de lui avec une selle, mais ne sembla guère encline à intervenir.
« Ce cheval est fou, monseigneur ! Vous n'en tirerez rien », dit un homme, voyant Aragorn tenter d'agir.
« Laissez-le ! » dit le rôdeur.
Puis, baissant la tête, la main toujours tendue, il se mit à parler en elfique. Le cheval continua de taper le sol de ses sabots, mais peu à peu, ses hennissements cessèrent. Aragorn se rapprocha doucement de lui sans cesser de parler, puis lui ôta la corde qui le retenait, et parvint même à le caresser et lui gratter la tête.
« Qu'est-ce qui te trouble ? Qu'as-tu vu ? » demanda le rôdeur en elfique.
« Il s'appelle Bregon. Et c'était le cheval de mon cousin », dit Eowyn.
« Bregon ? Tu as le nom d'un roi », dit Aragorn au cheval.
Intriguée, Eowyn s'approcha du rôdeur.
« J'ai entendu parler de la magie des elfes, mais… Je n'aurais jamais cru voir cela chez un rôdeur du Nord. Vous parlez comme l'un d'entre eux », dit la jeune femme.
« J'ai été élevé à Fondcombe… Pendant un temps. Laissez ce cheval en liberté. Il a trop vu la guerre », dit-il avant de quitter l'écurie.
Eowyn le regarda partir, puis se tourna vers Bregon désormais apaisé.
Quelques heures plus tard, le peuple d'Edoras quitta la cité et se mit en marche vers le Gouffre de Helm.
Le début du voyage se déroula en silence. Chacun chevauchait ou marchait en silence. Les cœurs des rohirrims étaient lourds. Tous abandonnaient leurs maisons, leurs terres pour se réfugier au Gouffre de Helm.
Le premier jour de voyage fut plutôt silencieux. Au deuxième, une routine s'installa et les discussions commencèrent à fuser parmi les voyageurs.
Tandis qu'ils marchaient, Miriel jeta un coup d'œil à Sephiroth. Le jeune homme avait reçu un cheval noir impétueux pour monture, mais étonnamment, l'étalon semblait l'avoir vite accepté. Néanmoins, aujourd'hui, Sephiroth avait choisi de laisser les deux enfants réfugiés d'Edoras le monter à sa place. Il menait l'animal par la bride, tandis que les enfants, tout contents, admiraient le paysage alentour.
« Dites, m'sieur ? » dit soudain la fillette, Freida.
« Oui ? » demanda Sephiroth.
« Est-ce que vous êtes un elfe ? »
« Non, pourquoi cette question ? »
« Maman nous a raconté des histoires. Elle dit que certains elfes avaient des cheveux argentés, comme vous. »
Sephiroth sourit en se souvenant qu'enfant, Miriel lui avait parlé de cela et du fait qu'elle avait même cru qu'il avait du sang d'elfe.
« Non, petite. Je ne suis pas un elfe. »
« Mais la dame elfe vous appelle papa, des fois ! » remarqua le garçon, Eothen.
« C'est vrai. Mais non. »
« Ah… » dit le garçon, déçu.
Le silence revint. Sephiroth reporta son regard sur la foule alentour. Sur sa gauche, Aragorn montait Bregon, suivi de Boromir à cheval, tout comme Théoden. Miriel et Legolas marchaient à l'avant, faisant office d'éclaireurs. Ils pouvaient entendre Gimli discuter avec Eowyn dans leur dos. La jeune femme menait un cheval par la bride, sur lequel était installé le nain.
« C'est vrai, on voit peu de femmes nains. En fait, elles sont si proches de nous par la voix et l'apparence qu'on les confond souvent avec les hommes nains », dit Gimli en gloussant.
Sephiroth entendit Aragorn murmurer.
Eowyn et lui se tournèrent pour voir le rôdeur murmurer : « C'est la barbe ! »
Il mima une barbe avec ses doigts le long de son menton. Sephiroth sentit ses lèvres s'étirer en un sourire. Eowyn chuinta puis se tourna vers Gimli avec un sourire amusé.
« Et ceci a permis d'alimenter une rumeur qui dit qu'il n'y a pas de femmes nains. Et que les nains… jaillissent des trous dans le sol ! »
Cette fois, Eowyn ne put se retenir de rire.
« Ce qui, naturellement, est ridicule. Wow ! »
Le cheval de Gimli perdit soudain tout contrôle et partit au petit galop vers l'avant. Le nain perdit l'équilibre et tomba au sol. Les enfants sur l'étalon noir éclatèrent de rire tandis que Sephiroth souriait franchement, maintenant.
Eowyn s'empressa de rejoindre le nain pour l'aider à se relever.
« Tout va bien, pas de panique ! C'était délibéré, je l'ai fait exprès », dit Gimli en se redressant.
Aux alentours de midi, la troupe fit halte au bord d'un lac pour le déjeuner. Sephiroth se joignit à Miriel pour le déjeuner. Tous deux mangèrent du lembas en silence.
Miriel s'aperçut que son père adoptif avait les yeux posés sur Eothen et Freida, qui mangeaient un peu plus loin avec d'autres enfants.
« Tu envisages d'adopter d'autres enfants ? » demanda Miriel sur le ton de la plaisanterie.
« Tu ne serais pas un peu jalouse, dis-moi ? » dit Sephiroth sur le même ton.
Miriel lui sourit, quand elle vit Freida se lever et s'approcher de Legolas, qui se dirigeait vers Miriel et Sephiroth.
Le prince s'arrêta et, avec un beau sourire, s'agenouilla pour écouter la petite lui parler. Cette dernière, rouge de timidité, lui tendit des fleurs. Le prince les prit et la remercia, avant de reprendre son chemin et rejoindre les deux amis.
« Freida t'a donné des fleurs ? » demanda Miriel, curieuse.
« Oui, elle est adorable. Elle les a cueillies il y a peu. »
« Qu'est-ce qu'elle voulait ? »
Le prince parut soudain embarrassé.
« Elle m'a posé des questions. Elle voulait savoir si… vous étiez ma fiancée. »
Sephiroth manqua s'étrangler avec la gourde d'eau qu'il buvait, tandis que Miriel regardait la fillette avec des yeux ronds et une envie grandissante de l'étrangler.
« Hum… Je reviens, je crois qu'Eowyn a fait du ragoût. J'en ai marre du lembas », dit la jeune femme.
Elle se leva, laissant son père adoptif et le prince elfe seuls. Sephiroth en profita pour fixer Legolas. Ce dernier soutint son regard sans broncher, sachant pertinemment qu'il ne pouvait plus échapper à cette confrontation.
« Je me pose des questions, moi aussi, Legolas. Quelles sont vos intentions vis-à-vis de ma fille ? »
« Elles sont tout à fait honorables, je peux vous l'assurer », répondit calmement le prince.
« Mmmm… Miriel m'a raconté que votre père l'avait enfermé dans un cachot, chez vous, dans votre palais. Il voulait se servir d'elle comme arme contre Sauron. »
« Je l'ai aidée à s'échapper. Et j'ai tenté de raisonner mon père. Mais sa rancœur envers les noldors est farouche… Ce n'est pas la première fois que nous sommes en désaccord, lui et moi », soupira le prince.
« Et vous seriez prêt à le défier rien que pour sortir avec ma fille ? » demanda Sephiroth.
Cette fois, Legolas regarda l'ex-Soldat droit dans les yeux.
« Avec ou sans Miriel, j'aurais désobéi à mon père, qui est aussi mon roi. Mon peuple vit reclus dans les bois de Mirkwood et combat les ténèbres depuis longtemps. Mon père croit agir pour le mieux en nous isolant des autres, mais je ne suis pas de cet avis. C'est en faisant front ensemble que nous aurons une chance de vaincre Sauron. C'est pour cette raison que j'ai rejoint la Communauté de l'Anneau et que j'ai fini par me lier d'amitié avec Gimli… Ne lui dites surtout pas que j'ai dit ça ! »
Sephiroth eut un léger sourire en entendant cette dernière phrase.
« L'avis de mon père ne m'importe plus autant qu'autrefois, mais le votre, si. Je souhaite faire la cour à votre fille, avec votre permission. »
L'argenté haussa un sourcil. Les choses ne se déroulaient pas de manière si formelle sur Gaïa. Et même si Legolas avait exprimé sa requête calmement, Sephiroth sentait qu'il était nerveux. Cela se voyait dans son regard.
Il aperçut Miriel qui revenait vers eux.
« … Accordé. Mais si vous lui brisez le cœur, je vous brise les os du corps un par un », dit Sephiroth, avant de se lever.
Soulagé, Legolas le regarda s'éloigner.
« Eh ! Ça va ? » dit Miriel, en s'asseyant près du prince.
« Oui. Pourquoi cette question ? »
« On dirait que vous venez d'affronter une armée d'orques tout seul. »
Ce n'est pas tout à fait faux, pensa le prince.
Il se tourna vers elle et s'aperçut qu'elle était bredouille.
« Vous n'avez pas pris de ragoût ? »
« Non. Boromir et Aragorn m'ont interceptée en chemin, alors que je cherchais Eowyn. Ils m'ont dit de ne surtout pas en prendre, à moins que je veuille mourir empoisonnée. »
Le prince elfe sourit, puis lui demanda si elle souhaitait faire une promenade à ses cotés.
Acquiesçant, la jeune femme se leva avec lui. Acceptant son bras, elle le suivit vers le bord du lac. Là, ils regardèrent les eaux qui étincelaient sous le soleil de midi.
« La beauté d'Arda m'avait manqué… », dit Miriel sur un ton rêveur et paisible.
Legolas lui répondit par un sourire. En la regardant, il s'émerveilla de sa beauté. La jeune fille souriait rarement, mais quand cela se produisait, c'était comme si une lanterne s'allumait dans la nuit. Sous le soleil, ses cheveux prenaient toutes sortes de couleurs : or, argent, ébène…
Le prince elfe reporta son regard sur le lac avec un sourire aussi paisible que celui de la jeune femme.
Et voilà !
Il ne se passe pas grand-chose dans ce chapitre, mais c'est parfois bon de souffler un peu avant que les ennuis reviennent, non ?
Bon week-end à tous, et à bientôt au prochain chapitre !
