Bonjour à tous et à toutes,
Merci à vous pour vos review, vos mises en favoris...
Eh bien, eh bien ... il semblerait que vous n'aimiez pas beaucoup ce pauvre Cédric !
Tom/Voldemort, Voldemort/Tom ... ! La question reste en effet posée. Il manque encore quelques indices pour que son identité ne devienne une réalité pour Lucius, Severus et les autres.
Voici le moment attendu par tous depuis longtemps, le rapprochement de nos deux héros ... mais tout en douceur !
PS : j'adorerai passer la barre des 400 review ... A votre bon cœur !
À bientôt !
Disclaimer : Tous les personnages et l'Univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowlings.
Rating : M+ pour les chapitres futurs
Genre : Aventure / fantastique / romance / slash / yaoi
Couple : HPDM / DMHP
Bonne lecture !
Chapitre 28 : Rapprochement et Rêve
Vendredi 26 avril 1996 – Poudlard
Si Harry avait conservé un visage impassible avant de répondre à Cédric, ce n'était plus le cas alors qu'il courait dans les couloirs pour rejoindre les cachots. Les larmes dévalaient sur ses joues.
Arrivé dans sa chambre, il se jeta sur son lit et enfouit sa tête dans l'oreiller. Les sentiments s'agitaient confusément dans sa tête : trahison, culpabilité, soulagement.
Trahison d'avoir vu Cédric prendre du plaisir avec Cho Chang, l'une des membres de la Patrouille de Discipline.
Culpabilité parce que c'était de sa faute si son petit-ami avait été cherché du réconfort ailleurs. S'il ne l'avait pas repoussé si violemment ces derniers jours, ou même s'il avait accepté d'aller plus loin lors de leurs moments intimes, peut-être n'aurait-il pas été éprouvé le besoin de rencontrer Cho ?
Mais surtout le soulagement de pouvoir mettre fin à une relation qui lui semblait de plus en plus dérangeante.
Perdu dans ses pensées et ses sanglots, il sentit son matelas s'affaisser et un corps s'allonger contre lui tandis qu'une main l'invitait à se retourner. Il n'eut pas besoin d'ouvrir les yeux pour savoir que Draco était à ses côtés. Il se jeta dans ses bras, cachant son visage dans les plis de sa chemise. Comme si un barrage cédait, les sanglots se firent plus violents.
Théo et Blaise entrèrent dans la chambre à leur tour, mais Draco leur fit signe de se taire alors qu'il tentait de calmer Harry. Il décrivait des cercles dans son dos et lui chuchotait des paroles réconfortantes à l'oreille. Après de longues minutes, les sanglots s'espacèrent, laissant place à quelques hoquets, puis la respiration de Harry se fit plus profonde, preuve qu'il s'était endormi.
- Alors ? murmura Draco.
- Il a voulu suivre Harry et on l'en a empêché, répondit Blaise.
- Ce n'était pas difficile non plus. Il arrêtait pas de se prendre les pieds dans son pantalon, compléta Théo.
- Va falloir qu'on s'occupe de lui, marmonna le blond.
- T'inquiète ! ricana Zabini. Pansy et Hermione ont déjà fait ce qu'il fallait. Sa réputation est ruinée.
- Comment ça ?
- Ben on n'a pas tout compris, reprit Théo en fronçant les sourcils. Pan's s'est d'abord fichu de sa tête parce qu'il était incapable de tenir debout. Puis, elle s'est tournée vers Chang, la traitant de chienne en chaleur couchant avec tout ce qui bougeait.
A ces mots, Draco grimaça. Lui-même avait expérimenté les faveurs de l'asiatique mais n'en gardait qu'un souvenir plus que mitigé. Comme il l'avait déclaré à Severus, il faisait chanter l'ensemble des membres de la patrouille, à l'exception de Sophia Potter et des deux Weasley qui n'osaient de toute façon pas l'approcher, et le meilleur matériel de chantage s'avérait toujours être celui concernant le sexe. Dire que la Serdaigle n'était pas douée était un euphémisme. Avec un frisson, il repoussa le souvenir de leur rencontre.
- Il n'y a rien à comprendre là-dedans, répliqua Draco. Chang est vraiment une traînée. Et pas douée avec ça.
- Comment tu sais ça ? interrogea Blaise avec un sourire égrillard.
- C'est pas la question, s'insurgea Malefoy, faisant gémir Harry dans son sommeil à cause de son éclat.
Il prit un instant pour s'assurer que la jeune Sentinelle ne se réveille pas.
- Qu'est-ce que vous n'avez pas compris ? reprit-il. Expliquez-moi ce qui s'est passé !
Flash-Back
- Bouge pas Diggory ! asséna Blaise.
- Harry ..., s'écria le Poufsouffle en voulant forcer le passage, tout en titubant.
- Tu l'as entendu ! Il ne veut plus que tu l'approches.
Cho Chang avait profité du chaos pour se relever discrètement. Elle s'avançait vers la porte, cherchant à se faufiler quand Pansy la prit à partie.
- Et où crois-tu aller comme ça ?
- Je ... je ...
- Tu quoi ? Tu comptes aller te réfugier dans les jupes d'Ombrage ?
- Je suis membre de la PD ! Laisse-moi passer !
- Ou quoi ? Tu vas nous dénoncer ?
- Je suis membre ...
- De la PD ! On sait ! Mais ça n'empêche que ta réputation est finie.
- Mais tu ... tu ne peux pas !
- Je vais me gêner ! Tu as fait du mal à mon ami !
- Je vais le dire !
- Mais t'es vraiment stupide ma pauvre ! Tu crois vraiment que personne ne sait que tu n'es qu'une vulgaire chienne en chaleur ! T'es tellement pathétique ! La preuve, tu te vautres avec le petit ami d'un autre !
- Voyons Pansy ! Ne t'acharne pas sur elle ! Comme tu l'as dit, sa réputation est déjà faite, intervint Hermione avec un air méprisant. A ta place, je la prendrais en pitié !
- Quoi ? éructèrent les trois Serpentard tandis que Neville se contentait de la regarder avec des yeux écarquillés.
- Mais oui ! Cette pauvre Cho ne doit sûrement avoir tiré aucune satisfaction à devoir le sucer ! Imagine-toi ! Cet abruti se voit affublé d'une misérable saucisse Zwan ! Pour un peu, on croirait qu'il a été victime d'un sort.
- Qu ... c'est quoi une Ciswan ?demanda Blaise.
- Oh ... il s'agit d'un snack moldu. Dans sa forme la plus petite, c'est une saucisse de la taille d'un pouce.
Tous la regardèrent d'un air ahuri avant que Blaise, Théo et Neville n'éclatent de rire en pointant un Cédric rouge de honte qui tentait désespérément de se rhabiller. Pansy observa Hermione d'un air calculateur, semblant se demander qui était la jeune femme en face d'elle. Lorsqu'elle entendit Cho pouffer de la déconfiture de son amant, elle la foudroya du regard.
- Tu oses en rire ? C'est pourtant bien toi qui te vautrais devant lui comme une traînée !
Chang se figea devant l'air venimeux de Parkinson
- Laisse-moi passer ! exigea la Serdaigle.
- Libère le passage Pansy, rit Théo. De toute façon, si elle ose ouvrir la bouche ...
A ces mots, le fou-rire les reprit.
- ... si elle dit quoi que ce soit, ... Oh mais elle peut toujours tenter le coup, de toute façon la rumeur envahira rapidement les couloirs, menaça le Serpentard. Et je lui souhaite bien du plaisir si elle tente de nous faire punir.
- Quant à toi la Dragée, reprit Blaise, tiens-toi à l'écart ! Si tu t'approches de Harry ...
Zabini laissa les mots flotter dans la pièce alors que le Poufsouffle, qui avait enfin remonté son pantalon, sortait précipitamment.
Fin de flash-back
- Dragée ? Tu l'as appelé Dragée ? hoqueta Draco qui tentait de se retenir de rire pour ne pas déranger le sommeil de Harry.
- Ben oui, répliqua Blaise. Je ne connais pas ces trucs Zwan. Et puis, t'as déjà vu la taille d'une dragée surprise de Bertie Crochue. Ça semblait correspondre ... un petit machin vaguement ovale. C'est tout à fait ça. Faudrait dix sorts d'engorgement avant que ça ne ressemble enfin à quelque chose d'utile.
Et Draco perdit son combat contre le rire, de même que Théo et Blaise. Ce fut un mouvement de Harry, qui se pelotonna plus étroitement contre son doudou humain, qui les ramena au calme.
- Bien, voilà une bonne chose de faite. Mais il faudra le garder à l'œil. Je n'ai jamais eu confiance en ce type.
- On se demanderait bien pourquoi, chuchota juste assez haut Théo.
- Qu'est-ce que tu insinues ?
- Rien du tout !
- Tu trouves normal qu'il se fasse gober le vermicelle par cette salope alors qu'il sort avec Harry ? grogna Draco.
- Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit, se défendit Théo.
- De toute façon, entre les filles et nous, il ne prendra pas le risque d'approcher Harry, reprit Blaise.
- Tu pars du principe qu'il est intelligent. Dix gallions que cet abruti cherchera à lui parler au petit-déjeuner demain.
- Dans ce cas, j'aurai pitié de lui, susurra Théo.
- Quoi ? hurla presque Draco.
- Ben oui ! Si toi tu n'es pas à prendre avec des pincettes quand tu es de mauvaise humeur, il n'est pas plus facile de négocier avec Harry quand il est contrarié. Je n'ai jamais vu quelqu'un capable de nier ton existence avec un tel brio. Et on peut assumer que la Dragée a fait bien plus que le contrarier.
Le silence retomba sur la chambre tandis que les trois garçons réfléchissaient à la dernière déclaration de Théo. Pour en avoir fait les frais plus souvent qu'à son tour, Draco devait bien reconnaître que son ami avait raison. Mais cela ne l'empêcherait pas de veiller à faire payer sa trahison au Poufsouffle.
En commençant par répandre ce surnom ridicule.
OoOoOoOoOoO
Harry émergea très lentement du sommeil. Il se renfonça sous la couette, se serrant contre son oreiller tout chaud. Il soupira de bien-être, se laissant bercer par de lents battements de cœur.
Battements de cœur ?
Harry écarquilla les yeux tout en se figeant. Avec beaucoup de précautions, il releva la tête pour tomber sur le profil d'une mâchoire à peine visible dans la pénombre de la chambre. Et soudain, les événements de la veille lui revinrent.
Cédric dans une posture licencieuse. Sa course à travers les couloirs. Les larmes. Sa confusion devant ses sentiments disparates. Et puis Draco qui le prend dans ses bras. Et le réconfort.
Après une longue hésitation, il se détendit et referma les yeux. On était samedi, il n'y avait pas cours.
Lorsque Draco ouvrit les yeux, il vit une touffe de cheveux bruns totalement hirsutes. Avec un sourire tendre, il resserra possessivement Harry contre son torse. Il se sentait tellement bien qu'il ne voulait pas bouger.
Ce n'est que lorsqu'il entendit les autres commencer à se réveiller qu'il décida de se lever. Il essayait de se dégager en douceur lorsque son regard fut capturé par deux prunelles émeraude. Ils s'observèrent un long moment sans rien dire avant que les joues de Harry ne virent subitement à un joli cramoisi. Evitant le regard interrogatif de Draco, il se glissa rapidement hors du lit avant de s'enfermer dans la salle de bains.
Après un moment de flottement, une étincelle de compréhension brilla dans les yeux d'argent.
OoOoOoOoOoO
Comme l'avait prévu Draco, Cédric intercepta Harry à la sortie de la Grande Salle, après le petit-déjeuner. Le jeune Serpentard se figea en sentant une main se poser sur son épaule. Autour de lui, ses amis se retournèrent, des éclairs dans les yeux. Draco se rapprocha, les lèvres légèrement retroussées, prêt à intervenir.
Harry regarda la main intruse et remonta lentement le long du bras avant de croiser le regard de Diggory. Ce dernier arborait un sourire contrit et allait parler lorsqu'il remarqua enfin l'expression de son vis-à-vis.
Les yeux de Harry étaient totalement vides de la moindre parcelle de reconnaissance. Son expression était si froide qu'elle paralysa le Poufsouffle plus efficacement qu'un Stupefix. D'un léger mouvement d'épaule, le Serpentard se débarrassa de la prise. Il se détourna ensuite et s'éloigna sans un mot.
La Patrouille de Discipline s'approchait de l'attroupement. Cho Chang qui les accompagnait, blêmit en reconnaissant les protagonistes. Revanchard, Draco ricana méchamment et se tourna vers Cédric.
- Qu'est-ce que tu croyais Diggory ? Que Harry allait te pardonner alors qu'il t'a surpris en flagrant délit avec Chang ?
Cédric ouvrit la bouche pour rétorquer mais en fut empêché par la rumeur qui grossissait déjà. Les élèves semblaient tous avoir une opinion. Si la plupart se questionnaient sur la froideur de Harry à l'égard de son petit-ami, la remarque cinglante de Draco les éclaira. Certains s'indignèrent de l'infidélité du Blaireau, d'autres de la fausseté de la Serdaigle dont l'appartenance à la Patrouille de Discipline était censée garantir un comportement exemplaire. Pour d'autres encore, il ne pouvait s'agir que d'une attaque gratuite d'un Serpentard à l'égard de l'attrapeur de Poufsouffle.
- Qu'est-ce qui se passe ici ? demanda une voix froide. Quelle est la raison de cet attroupement ?
Toutes les têtes se tournèrent en direction de Severus Rogue.
Étonnamment, ce fut Neville qui répondit au professeur de Potion.
- Ce n'est rien d'important, Professeur. Juste Diggory qui essaie de s'excuser.
- S'excuser de quoi ? reprit le potionniste, étonné de voir le Gryffondor paraissant si sûr de lui.
- Il a trouvé intelligent de batifoler avec Chang dans une vieille classe poussiéreuse, Monsieur, intervint Draco avec un air entendu.
- Et ça justifie ce bazar ! Déguerpissez !
Si les autres élèves s'enfuirent littéralement, les Serpentard ne furent pas dupes de la réaction de leur Directeur de Maison. Ils avaient parfaitement capté le regard calculateur qu'il avait posé sur Chang et Diggory. Pansy et Blaise agrippèrent respectivement Hermione et Neville qui semblaient choqués de la réponse indifférente du professeur de Potions. Ils les attirèrent rapidement à l'écart pour leur expliquer que les deux traîtres pouvaient s'attendre à vivre un véritable calvaire pendant les prochains cours.
Le reste du week-end s'écoula très lentement mais dans le calme. Le seul événement notable avait été le départ d'une rumeur pour le moins humiliante à l'encontre de Cédric Diggory et Cho Chang.
Bien sûr, les Serpentard furent immédiatement présumés coupables, mais il s'avéra que les racontars avaient été lancés par Parvati Patil et Lavande Brown. Avec leur habitude de fouiner partout et surtout leur propension au persiflage, elles avaient surpris – avec beaucoup d'aide, même si elles ne s'en doutaient pas – une conversation entre Luna et Hermione. Les deux jeunes filles s'étaient « isolées » dans la Bibliothèque, cachées derrière un rayon de livres.
Flash Back
- Je ne comprends pas pourquoi vous l'appelez la Dragée ? Ça a la forme d'une petite crotte, un truc rond ou oblong. Il est aussi petit que ça ? demanda Luna.
- Pour être honnête, il m'a semblé moins bien pourvu qu'un gamin de six ans. Moi, je l'ai comparé à une saucisse Zwan, un snack moldu de la taille d'un pouce. Mais Blaise ne connaissait pas et sur le coup, la seule chose à laquelle il a pensé, c'était les dragées surprises de Bertie Crochu.
- Oh. Moi, j'aurais plutôt choisi Crotte de strangulot ou Crotte de doxy ou Botruc ou Pine de grinchebourdon ou Pine de goule ou ...
- Arrête Luna ! haleta Hermione qui n'en pouvait plus de rire. J'ai mal aux côtes.
- Ben franchement, si c'est aussi petit que ça, je ne vois pas pourquoi Chang semble si fière d'elle.
- Oh tu sais, je ne voudrais pas être mesquine, mais certaines personnes voient une courgette là où il y a un haricot-princesse.
- Pourtant, si on en croit ce qu'elle raconte, elle a beaucoup d'expérience.
- Comment cela ?
- Eh bien, elle parle souvent dans la Salle Commune avec les autres.
- Mouais... Je parie que c'est le genre de fille, si tu les écoutes, il n'y a que le tram qui ne leur est pas passé dessus.
- Le tram ?
Fin de Flash Back
Le samedi soir, l'histoire avait fait le tour de l'école. Cho était resté terrée dans sa chambre. Lorsqu'elle se présenta au petit-déjeuner le dimanche matin, elle avait les yeux rouges et gonflés. Plusieurs garçons n'hésitèrent pas à lui lancer des regards équivoques, accompagnés de sourires égrillards.
De son côté, Diggory faisait face aux rires stupides des filles qui ne pouvaient s'empêcher de ricaner et aux garçons que se fichaient ouvertement de lui.
OoOoOoOoOoO
Lundi 29 avril 1996 – Poudlard
Albus Dumbledore était attablé devant le petit-déjeuner, ruminant les derniers évènements. Depuis la désastreuse attaque de Pré-au-Lard, il devait jongler avec les conséquences de la bêtise de son amant. Il avait reçu de nombreux courriers de parents furieux, inquiets ou désespérés. Et pour couronner le tout, il était sans cesse harceler par cet incompétent de Ministre qui ne savait pas comment réagir face aux événements. Il touillait bruyamment dans sa tasse de thé, ignorant les regards exaspérés que lui lançaient Severus et Minerva.
Un peu plus loin, Dolores Ombrage se délectait de ses œufs au bacon, anticipant avec joie le prochain cours qui allait réunir les Serpentard et les Gryffondor de cinquième année. Elle enrageait de savoir que deux membres de sa Patrouille étaient responsables des rumeurs qui salissaient la réputation de Cho Chang. Ces deux idiotes ne se cachaient même pas et se vantaient de connaître tous les potins de Poudlard, qu'ils soient vrais ou inventés par leurs soins. Elle fulminait plus encore de la stupidité de la Serdaigle qui s'était fait prendre en flagrant délit. Cependant, elle allait pouvoir se défouler sur Harry Potter et lui infliger de nouvelles retenues avec sa Plume de Sang.
Soudain, les grandes portes s'ouvrirent pour laisser passer Amélia Bones, directrice du Département de la Justice Magique, accompagnée de quatre Aurors. Elle marqua un temps d'arrêt, clairement surprise par la nouvelle configuration de la Grande Salle avant de remonter l'allée en direction de la table des professeurs. Sa nièce lui avait bien parlé des aménagements apportés par Dolores Ombrage, mais se l'imaginer et le voir faisait une grande différence.
Dumbledore observa son avancée d'un œil torve, daignant à peine se redresser dans son siège lorsqu'elle fit face à l'estrade.
- Ma chère Amélia, que nous vaut le plaisir de votre visite ? minauda le Directeur, le déplaisir bien clair dans sa voix.
- Il s'agit d'une enquête officielle, Directeur Dumbledore, répondit Madame Bones de façon très professionnelle.
- Une ... enquête ? hésita Albus.
- Effectivement. Nous avons reçu une plainte officielle concernant l'utilisation d'artéfacts de magie noire sur les élèves.
- Qu... Quoi ? Mais ... Qui a osé ?
- Eh bien il semblerait que le profess...
- Quel est l'élève qui a osé diffamer mon personnel enseignant ? éructa Dumbledore en se levant. Qu'il se dénonce sur le champ ! C'est inadmissible ! La sanction sera ...
- Dumbledore ! claqua la responsable du Département de la Justice Magique. C'est un problème sérieux. Plusieurs parents nous ont également contactés suite à certaines correspondances échangées avec leurs enfants.
- J'exige de savoir qui porte de telles accusations ! Ce ne sont que des mensonges !
- Prétendriez-vous ...
- ... qu'il est normal ...
- ... et autorisé d'utiliser ...
- ... des Plumes de Sang ...
- ... lors de retenues ! finirent en chœur les jumeaux Weasley.
Un énorme silence s'abattit alors sur la Grande Salle.
Albus les observait d'un air totalement abasourdi. Le regard de McGonagall faisait des aller-retours entre les deux garçons et Dolorès Ombrage qui semblait subitement congestionnée, son teint pourpre jurant horriblement avec son tailleur rose bonbon. Les autres élèves fixaient les deux Gryffondor avec un étonnement plutôt comique. Ils n'avaient pas l'habitude de les voir aussi sérieux. Quelques-uns d'entre eux eurent un éclair de compréhension. Voilà donc ce que les jumeaux préparaient comme vengeance depuis Noël. Alors que tous s'attendaient à une avalanche de blagues diverses et variées, les jumeaux avaient tout simplement saisi la justice.
- Cette plainte est illégale, s'écria Dumbledore qui avait repris ses esprits. Vous auriez dû en référer à vos parents. Vous êtes ...
- ... majeurs depuis le 1er avril ! asséna George avec un grand sourire.
- Nous sommes donc totalement en droit de porter plainte pour torture, termina Fred. Et si quelque chose ici est illégal ...
- ... ce sont les Plumes de Sang qu'Ombrage a utilisées.
- Pourquoi n'êtes-vous pas venus m'en parler ? demanda Minerva.
- Pour la même raison que tous les autres punis. Vous, les professeurs ne pouviez rien faire face à Ombrage. Le directeur lui-même a implicitement accepté et soutenu ses soi-disant méthodes de discipline.
- De plus, elle nous avait tous menacés de plus de retenues si nous osions nous plaindre.
- Mais ... une Plume de Sang ? couina Flitwick avec une pointe d'effroi.
- Qui sont les autres punis ? demanda Pomona Chourave, soutenue par les autres professeurs.
A cette question, une vingtaine d'élèves se levèrent, faisant blêmir les enseignants.
- Il me semble que cette enquête est finalement nécessaire, déclara simplement Amélia Bones. Et nous allons commencer par une inspection du bureau de Madame Ombrage.
Cette dernière sauta de sa chaise comme un Epouvantard hors de son armoire, mais les Aurors l'avaient déjà encadrée. Ce fut avec une joie non dissimulée que les élèves la virent être traînée de force hors de la Grande Salle, hurlant et se débattant en vain.
A partir de ce moment, la journée de Dumbledore empira considérablement. Chaque fois que l'un de ses employés avait une heure de liberté, il se précipitait dans son bureau pour exiger explications ou même excuses d'avoir laissé la situation se dégrader à ce point. Il avait bien tenté de leur échapper en quittant son bureau, mais ils avaient réussi à le coincer à plusieurs dans un couloir, au su et au vu de tous les élèves. Il en avait finalement été réduit à se barricader derrière la Gargouille.
En fin de journée, ce fut une Amélia Bones choquée qui exigea une entrevue.
- Comment avez-vous pu laisser un monstre pareil auprès de vos élèves, Albus ?
- Je ...
- Cette bonne femme utilisait réellement des Plumes de Sang sur des enfants ! Elle tenait d'ailleurs un journal où elle listait chaque punition et les réactions de ses victimes. Et juste pour information, la majorité d'entre eux sont issus de moldus. Elle a écrit qu'elle testait la magie noire sur eux pour vérifier qu'ils étaient réellement des sorciers. Les jumeaux Weasley et le fils Potter ne sont que des exceptions. Quoique dans le cas de ce dernier, elle indique qu'elle a agi avec le plein accord du Ministre.
- Oui, c'est à cause de lui que je ne suis pas intervenu, il ... commença Dumbledore.
- Et avec le vôtre également. Elle a noté noir sur blanc que vous aviez confirmé la demande de Fudge, insistant sur le fait qu'il fallait absolument qu'elle fasse taire cet enfant.
- Mais ... Vous savez bien que c'est un menteur ! Rappelez-vous la fin du Tournoi !
- Ce n'est pas une excuse Albus ! Rien ne peut justifier l'emploi de Plumes de Sang. Ce sont des artéfacts de Magie Noir dont l'utilisation est passible d'un emprisonnement à Azkaban. Et vous êtes complice de cette horreur !
- Fudge a ...
- Ne vous inquiétez pas, Fudge devra prendre également ses responsabilités et répondre de ses actes. Tout comme vous !
- ...
- Vous me décevez grandement, Dumbledore. Je vais de ce pas alerter le Conseil de Direction de l'école.
Sur ces mots, Amélia Bones quitta le bureau après un dernier regard méprisant.
Sous le choc, Albus se laissa tomber dans son fauteuil. Puis, peu à peu, la colère enfla. Cette satanée Ombrage n'avait fait que lui apporter des ennuis.
Il se focalisa ensuite sur Bones. Il n'avait jamais réussi à manipuler cette bonne femme. Déjà alors qu'elle était élève, il n'avait jamais pu l'approcher, à l'inverse de son frère. Ce dernier avait fait partie de l'Ordre du Phénix et avait été tué lors de la Première Guerre, à l'instar des parents de Susan, la jeune nièce d'Amélia.
En son for intérieur, Albus était persuadée que la Directrice du Département de la Justice Magique lui gardait rancune du fait que sa famille avait été décimée et qu'elle allait maintenant en profiter pour le lui faire payer.
OoOoOoOoOoO
Les jours suivants, Poudlard retrouva enfin une atmosphère propice à une école.
L'arrestation de Ombrage avait entraîné l'annulation de l'ensemble de ses décrets. Les salles de classe ainsi que la Grande Salle avaient repris leurs apparences habituelles – à l'exception notable du Ciel Magique. Dans les couloirs, on pouvait à nouveau voir des groupes d'élèves, mélangeant filles et garçons.
Le départ du Professeur de DCFM signifiait également la dissolution immédiate de la Patrouille de Discipline. Cette nouvelle fut accueillie avec encore plus de joie que le reste par l'ensemble des élèves, à l'exception de dix d'entre eux. Et les représailles à l'encontre des anciens Patrouilleurs avaient foisonné.
Les jumeaux Weasley s'étaient montré les plus inventifs, comme à leur habitude. Le mardi matin, dix élèves se virent affublés d'oreilles de mouton, avec une chevelure dorée toute bouclée.
Lorsqu'on les avait interrogés sur le pourquoi des moutons, ils avaient simplement répondu que puisqu'ils se prenaient pour des moutons, il fallait qu'ils en aient l'apparence.
Ce fut une Hermione hilare qui donna les explications nécessaires. A son grand étonnement, Fred et George avaient mis en pratique un écrit d'un célèbre auteur français, François Rabelais, décrivant le comportement de mouton. Dans son ouvrage « Quart Livre », l'auteur rapportait l'histoire d'un certain Panurge qui négocie longuement l'achat d'un mouton. Ce dernier effectué, l'homme jette simplement la bête à la mer. Et le reste du troupeau suivit, malgré les autres bergers qui tentaient de les en empêcher. D'où l'expression des « Moutons de Panurge », désignant des personnes qui suivent les autres sans réfléchir.
James et Lily poussèrent les hauts cris en voyant l'apparence de leur parfaite petite fille et sollicitèrent Dumbledore pour obtenir une punition exemplaire. Cependant, le Directeur se voyait avec une Epée de Damoclès sur la tête. Le procès de Dolores Ombrage allait se tenir très rapidement, et il se trouvait lui-même sous le coup d'une inculpation pour complicité de torture sur des sorciers mineurs. Il rétorqua simplement aux parents outrés qu'il ne s'agissait que d'une blague sans grande conséquence.
Et puis il avait d'autres niffleurs à fouetter que de s'occuper de l'humiliation d'une gamine capricieuse.
Alors que tous avaient repris une apparence normale après trois jours de moquerie, les membres de l'ancienne PD connurent un nouveau revers. Ils terminaient leur petit-déjeuner quand la peau des dix patrouilleurs arbora soudain toutes les couleurs possibles et imaginables. Les jumeaux Weasley jurèrent sur Merlin et les Fondateurs qu'ils n'étaient pas responsables.
Les élèves n'eurent le fin mot de l'histoire que par déduction. Certains d'entre eux surprirent une conversation qui leur permit d'identifier le véritable commanditaire.
Flash Back
- Severus ! interpella Minerva McGonagall.
- Oui ?
- Vous ne croyez pas que vous avez passé l'âge des blagues de potache ?
- De quoi parlez-vous donc ?
- Franchement, vous pensez vraiment que je n'ai pas reconnu les effets de la Potion Rainbow ?
- Voyons, ma chère, votre conclusion n'est-elle pas un peu trop simpliste ? ironisa Rogue, un micro-sourire au coin des lèvres. Comme vous le dites, cette potion n'est pas inconnue.
- Il me semble plutôt qu'elle coule de source, rétorqua la professeur de Métamorphoses, les yeux scintillants joyeusement.
- J'avais une question à vous poser également, reprit Severus. Ne trouvez-vous pas que la population de scarabées a singulièrement augmenté ces derniers jours ?
Minerva l'observa un instant, muette, avant de pouffer discrètement.
- Vous croyez ? Je n'ai rien remarqué de particulier. Bonne journée Severus.
- Vous de même !
Fin de Flash Back
L'identité du blagueur semblait depuis lors avérée, même si le doute subsistait. Qui pourrait imaginer le sévère Severus Snape s'adonner à de telles futilités. Ils se seraient attendus à quelque chose de plus douloureux venant de sa part. Ses raisons paraissaient cependant évidentes. Nul n'ignorait qu'il était proche de Harry Potter qui avait été quasiment persécuté par Ombrage et sa Patrouille de Discipline.
Par contre, ce qui avait surpris les élèves était l'allusion à des scarabées. Il leur fallut un moment avant d'en comprendre le sens.
Depuis plusieurs jours déjà, Lily et James Potter, ainsi que Sirius Black, semblaient connaître des problèmes vestimentaires. Plusieurs fois par jour, ils perdaient des boutons. De chemise, de veste, de pantalons ... et même de bottines. Ce furent des élèves de deuxième année qui rappelèrent aux autres qu'ils avaient dû transformer des scarabées en bouton lors des cours de métamorphose. A priori, la transfiguration inverse amusait beaucoup leur professeur et la raison en était toute simple.
Dumbledore ayant quitté le Château pour tenter de limiter les dégâts de l'enquête poursuivie par Amélia Bones, les Potter et Black avaient tenté de s'imposer à la direction de l'école.
Ils avaient été les plus ardents défenseurs du maintien de la Patrouille et avaient tenté de rallier les autres professeurs, sous le prétexte d'être la famille de la Survivante. Cette dernière n'avait-elle pas magnifiquement assuré sa fonction ? Selon eux, jamais Poudlard n'avait connu une telle période de respect de la part des étudiants.
Minerva, directrice adjointe, avait vu rouge devant les œillères des trois imbéciles et les avaient sèchement renvoyé à leur place. Ceux-ci n'avaient pu s'empêcher de ronchonner à l'égard de la « vieille sorcière aigrie », ce qui n'était pas tombé dans l'oreille d'une sourde.
Depuis, les boutons des trois anciens Gryffondor disparaissaient sans raison apparente.
Mais celle qui se défoulait le plus sur les anciens Patrouilleurs et par extension sur les Potter et Black, c'était Poudlard elle-même. Elle prenait un malin plaisir à tous les retarder, changeant brusquement la direction des escaliers ou les figeant en plein mouvement. Lorsqu'ils arrivaient finalement en classe, ils récoltaient des points en moins. S'ils argumentaient sur les causes de leur retard, les professeurs répondaient invariablement que leurs autres camarades étaient pourtant arrivés à l'heure. Bien sûr, la majorité de la Patrouille étant des Gryffondor, la Maison des Rouge et Or se retrouvait fortement pénalisée, mais McGonagall semblait ne pas s'en inquiéter pour autant.
OoOoOoOoOoO
Pour Harry, la vie à Poudlard était enfin agréable.
Débarrassé de l'horrible présence du bonbon rose et de la surveillance malsaine des Patrouilleurs, il avait pu relâcher une grande partie de la tension qui l'habitait.
Bien sûr, tout n'était pas parfait, notamment les cours de DCFM. Ces derniers étaient désormais assurés par Potter père et Black, sur le même modèle que le cours de duel, c'est-à-dire qu'ils s'évertuaient à mettre en avant Sophia. Cependant, depuis l'incident du Plafond Magique, ils préféraient se tenir à l'écart de Harry, même s'ils n'hésitaient pas à le dénigrer dès que possible.
Cédric n'osait plus l'approcher. L'attitude glaciale que Harry lui avait opposé à sa dernière tentative l'avait largement refroidi et ses amis produisaient un barrage des plus efficaces. A cela s'ajoutait un acharnement discret de la part du Professeur de Potions, qui touchait également Cho Chang.
Mais la véritable cerise sur le gâteau était l'état de ses relations avec Draco. Harry avait été aux petits soins les premiers jours de son retour de l'attaque, et contrairement à son habitude quand il était malade, le blond s'était laissé faire avec bonheur, n'hésitant pas à rendre la pareille à Harry, et ce d'autant plus après la rupture. Les deux ne se quittaient plus.
Leurs amis s'amusaient d'ailleurs beaucoup de leur nouvelle attitude. Souvent, l'un observait l'autre à la dérobée, persuadé que personne ne le remarquait. Par contre, si leurs regards se croisaient, Draco arborait aussitôt un petit sourire entendu tandis que les joues de Harry prenaient une intéressante teinte rosée.
Le seul bémol était représenté par les rêves qui tournaient systématiquement au cauchemar.
Rêve
La main qui tenait la sienne était d'une tendresse irréelle. Il observa longuement les longs doigts, fins et racés, qui enserraient les siens. Lentement, son regard remonta le long du bras couvert de coton d'un blanc des plus purs. Il arrivait à l'épaule, apercevant la courbe de la mâchoire. Le sourire de son vis-à-vis était doux, les lèvres légèrement entrouvertes. Il aperçut un petit bout de langue caché derrière une ligne de dents blanches. Le visage se penchait lentement sur lui, dans l'intention évidente de l'embrasser. Harry se tendit d'anticipation, le cœur battant à toute allure quand son vis-à-vis disparut brutalement, le laissant perdu dans un long couloir sombre, aux murs couverts d'un revêtement noir brillant.
Il s'avança prudemment vers une porte entrebâillée. Au sol, il vit un grand M stylisé. Un cri de douleur retentit soudain, aussitôt suivi d'un rire perçant. Il poussa le battant et aperçut le visage aux traits flous de son ... amant, une traînée de sang maculant sur sa joue. Il était agenouillé devant une grande silhouette drapée de noir. Autour d'eux, des centaines de boules projetaient un éclat luminescent.
- Tu parleras !
- Jamais, hoqueta une voix bien connue qui fit sursauter le Harry onirique.
- Dis-moi quels sont ses pouvoirs ?
- Non ... rétorqua la voix, avant de hurler une nouvelle fois de douleur.
- Qu'a prévu ton père ?
- Allez vous f... Arrggghhh !
L'homme agenouillé releva la tête en un geste de défi et son regard argenté croisa celui de Harry figé sur le seuil.
- Draco ! souffla ce dernier, estomaqué de l'identifier enfin.
Fin de Rêve
Comme presque toutes les nuits, Harry se réveilla en sursaut, le cœur battant la chamade. Il s'assit dans son lit, scrutant les alentours, paniqué. Un mouvement sur sa droite le fit se retourner et, dans la pénombre, il aperçut Draco qui l'observait.
- Ca va ? lui demanda ce dernier.
- Mmm ... un cauchemar, murmura Harry.
- Tu veux en parler ?
- ...
Remarquant l'indécision de la jeune Sentinelle, Draco se leva et vint se glisser dans son lit. Il attira Harry dans ses bras, le forçant à se rallonger.
- Raconte-moi.
- Je ... c'est idiot ...
Harry sentit ses joues s'enflammer, bénissant la pénombre qui empêchait Draco de le remarquer.
- Raconte-moi, insista le blond.
- Eh bien, je ... rêve que je suis avec t... hem ... quelqu'un et tu... il va m'emb ... hem et soudain il disparaît. Et je suis dans un couloir. Après j'entends un cri ... et t... il est ... agenouillé devant un homme en noir, du sang sur la joue.
- Mais comme tu dis, c'est juste un cauchemar.
- ...
- Harry ?
- Je ... c'est toujours le même rêve ...
- Depuis quand ?
- Un peu avant la rentrée, souffla-t-il.
- Oh ... Euh ... tu crois que ça peut être ... une vision ?
- Je ne sais pas. Je ... ça me fait peur.
La Sentinelle recouvrait difficilement ses esprits. En croisant le regard du Draco onirique, il avait soudainement compris qui était le protagoniste de son rêve.
Et tout se mit subitement en place. Ses sentiments de déception et de jalousie lorsque Draco jouait les coureurs. Son envie de rester à l'écart des autres, juste en sa compagnie. Son impression de malaise et de trahison alors qu'il était dans les bras de Cédric.
Au fond de son cœur naquit une intense sensation de chaleur, de bien-être extrême. Une pièce essentielle de sa vie venait de trouver sa place.
Draco continuait à frotter son dos pour le réconforter.
- Ne t'inquiète pas. Je suis là. Et puis, on peut en parler à Severus ou à mon père.
- Mmmm, marmonna Harry qui commençait à s'assoupir dans son cocon de chaleur et de douceur.
Draco eut un sourire attendri en sentant le corps se détendre. Se renfonçant sous la couette, il se laissa bercer par le souffle léger et s'endormit à son tour.
Sous l'oreiller, l'aiguille de la boussole en argent arrêta de tourner follement. Si quelqu'un l'avait observée, il aurait remarqué qu'elle désignait désormais Draco.
OoOoOoOoOoO
Les jours suivants, Harry s'enfonça dans ses pensées. Depuis qu'il avait reconnu la personne de ses rêves, il hésitait fortement sur la conduite à tenir. Chaque fois qu'il était proche de Draco, il devait s'empêcher d'aller se nicher tout contre lui. Et dès que ses yeux croisaient les siens, il sentait ses joues s'enflammer.
De son côté, le blond ne le lâchait plus d'une semelle. Il saisissait tous les prétextes pour le frôler ou même lui prendre la main. Le soir, lorsqu'ils s'installaient dans la Salle Commune pour discuter, il prenait toujours place à côté de lui.
Déterminé à comprendre si la teneur de ses rêves était réelle, Harry s'isola régulièrement dans l'Aire.
Draco avait bien tenté de le faire parler à plusieurs reprises, mais la Sentinelle s'était montrée hermétique à toute approche. Aujourd'hui, il était bien décidé à le confronter.
Quand Draco pénétra dans la chambre secrète de Rowena Serdaigle, Harry était installé à une table, perdu au milieu d'une dizaine d'ouvrages et de copies de la Gazette. Il s'avança lentement pour détailler certains titres : « Rêve : réalité ou fantasme », « Interprétations oniriques », « Mysticisme et inconscient ».
Avec un soupir de lassitude, Harry écarta un peu son siège de la table et plongea la tête dans ses mains, les coudes coincés sur les genoux. Draco en profita pour se glisser entre lui et la table.
- Harry ? appela-t-il doucement.
Ce dernier se redressa et se perdit un instant dans les yeux d'argent. Puis, son regard courut sur le visage de son vis-à-vis avant qu'il ne laisse un sourire ironique fleurir sur ses lèvres.
- Tu as encore eu du mal avec l'énigme ? questionna-t-il à la vue des cheveux blonds totalement ébouriffés.
- Oh ça va hein ? Tu crois que c'est si facile ?
Harry ne répondit pas, se contentant de hausser un sourcil interrogatif.
- « Plus j'ai de gardiens moins je suis gardé. Moins j'ai de gardiens plus je suis gardé. Qui suis-je ? » ânonna Draco.
- Un secret, répondit Harry du tac au tac.
- Grrr ... Bon, je peux savoir ce qui t'arrive ?
- Pardon ?
- Tu m'évites Harry ! Depuis ce cauchemar, tu me tiens à l'écart.
- Mais non, je ...
- Tu es sûr ? Tu n'aurais pas peur, par hasard ?
- Peur ? Peur de quoi ?
- Je ne sais pas moi ? De ça peut-être ?
Draco se pencha vers Harry, posant les mains sur les accoudoirs de son siège. Le Serpentard brun se renfonça dans le fauteuil et se retrouva immobilisé tandis que Malefoy continuait de se rapprocher. La Sentinelle se figea en sentant le souffle de son ami glisser sur ses lèvres.
Lentement, Draco effleura la bouche de Harry, caressant tendrement le renflement. Il profita d'un hoquet de surprise pour glisser une langue timide à la rencontre de sa jumelle. Harry réagit d'abord avec maladresse au baiser avant de s'y plonger avec délectation. Il posa ses mains sur celle de Draco et leurs doigts s'entrelacèrent.
Une douce lueur naquit de leurs mains jointes et s'étendit lentement à tout leur corps, brillant avec de plus en plus d'intensité. Atteignant son paroxysme, la bulle de lumière éclata, projetant des vagues d'énergie.
OoOoOoOoOoO
Partout dans le château, chaque personne touchée par l'onde magique se figea sur place, ressentant un merveilleux sentiment de plénitude.
Dans son bureau, Albus Dumbledore ne savait plus quoi faire. Tous ses précieux instruments de contrôle et de surveillance hurlaient, chuintaient, crissaient ou vibraient. Soudain, certains éclatèrent en milliers de morceaux avant qu'un silence lugubre ne s'installe dans la pièce.
Dans les profondeurs des fondations, la Géode brillait de mille feux, se nourrissant de cet afflux de magie pure.
Très loin de là, dans un lieu perdu pour les Hommes, neuf femmes se penchèrent sur des instruments. La dichotomie de la Sentinelle venait de disparaître. Enfin, sa nature véritable avait retrouvé son unité.
OoOoOoOoOoO
Inconscients du phénomène, Draco se détacha lentement et se redressa pour poser un instant son front contre celui de Harry. Ils étaient tous les deux légèrement haletants et arboraient le même tendre sourire.
Le blond s'écarta un peu plus, prenant appui sur la table derrière lui et observa fasciné leurs mains jointes. Un petit gloussement amusé le fit revenir vers les orbes étincelants. Il relâcha les doigts avec une évidente réticence puis attira un autre fauteuil pour le placer aux côtés de Harry.
- Bien, tu m'expliques maintenant ? demanda-t-il.
- Mais ...
- Je te connais Harry. Ce rêve, il me concerne, pas vrai ? Tu n'aurais pas cherché à m'éviter dans le cas contraire. Et puis, tu as vu les titres de tes livres ?
La Sentinelle soupira profondément. Il referma doucement les différents ouvrages qui ne lui seraient plus d'aucune utilité. Dès que les lèvres de Draco s'étaient posées sur les siennes, il avait eu le sentiment que les dernières pièces du puzzle se mettaient en place.
Bien sûr, son rêve lui avait montré le blond à genoux devant une silhouette sombre qu'il soupçonnait être Voldemort, mais maintenant il avait la certitude que tout était bien lié.
- Quand mon rêve change, ...
- Change ? Mais que se passe-t-il au début ? demanda Draco avec un sourire entendu, se délectant de l'embarras de Harry.
- Je suis dans un couloir noir et brillant, continua-t-il en essayant de rester impassible. Tu es à genoux, dans une pièce éclairée par des dizaines de sphères lumineuses et quelqu'un te ...
- Me quoi ? questionna Draco en lui serrant la main.
- Te torture, murmura-t-il, pour obtenir des informations sur ton père.
- Mon père ? Mais pourquoi ?
- Je ... je ne sais pas ! s'écria Harry, désemparé. On dirait qu'il croit qu'il a des pouvoirs spéciaux.
- Qui est l'homme qui m'interroge ?
- Je ne sais pas. Je ne suis pas sûr mais ... je ... je crois que c'est ... s'essouffla-t-il.
- Qui ? insista Draco.
- Voldemort ! souffla-t-il.
Un lourd silence tomba sur l'Aire tandis que Draco prenait la mesure de la déclaration.
- Harry ? En dehors de ma famille, tu crois que quelqu'un peut connaître l'histoire des Sentinelles ?
- Je ne crois pas. Tu penses que Voldemort sait quelque chose ?
- Eh bien, si tu dis qu'il demande quels sont ses pouvoirs, c'est plausible.
- Mais comment en aurait-il entendu parler ? Et pourquoi ton père ?
- Eh bien ... quand il a demandé ta garde, il a dû expliquer qu'il disposait d'une magie différente.
- Ça n'a peut-être rien à voir avec les Sentinelles. Peut-être qu'il veut juste se venger du fait qu'il l'ait « trahi », dit-il en mimant les guillemets.
- Mmmm, acquiesça Draco. Mais le fait que tu en rêves me fait penser que tout est lié.
- ...
- Tu as parlé d'un couloir et d'une salle avec des sphères. Tu sais où ça se situe ?
- J'ai l'impression d'avoir déjà vu au moins le couloir, mais je en sais plus où. Peut-être dans les journaux ?
- C'est pour cela que tu regardes d'anciens numéros de la Gazette ? dit-il en tendant la main vers le paquet de journaux.
- Oui. Je me disais que je retrouverais peut-être une photo.
- Ce n'est pas une mauvaise idée.
Ils se plongèrent tous les deux dans les vieux papiers, feuilletant rapidement les pages, s'arrêtant parfois sur l'un ou l'autre article.
- Là ! s'exclama soudain Harry, pointant une photo.
Un petit entrefilet parlait du décès de Broderick Moroz, un Langue-de-Plomb, qui avait été étouffé par un Filet du Diable alors qu'il était hospitalisé à Sainte-Mangouste. La guérisseuse en charge de son dossier avait confondu la plante mortelle avec un Voltiflor totalement inoffensif.
- C'est le gars de ton rêve ?
- Mais non ! Regarde le couloir !
La photo de Moroz le présentait debout devant une porte aussi noire que les murs, agrémenté d'un grand M stylisé.
- Ce M, je le vois aussi dans mon rêve.
- Alors, ça se passe au Ministère de la Magie, mais ça ne nous dit pas dans quel département.
- A moins que les boules lumineuses ne se trouvent qu'à un seul endroit.
Harry se précipita sur le pupitre central et ouvrit le Livre de Recherches. Il consigna les mots « Boules lumineuses » et « Ministère de la Magie ». Aussitôt, des dizaines de références s'affichèrent, et notamment les sortilèges de lampions phosphorescents utilisés lors de fête.
- Remplace le Ministère par « Langue de Plomb », suggéra Draco.
Les mentions qui s'inscrivirent renvoyèrent toutes au Département des Mystères et aux prophéties.
- Une prophétie ? murmura Harry. Mais pourquoi te traîner là-bas ?
- Aucune idée, répondit Draco tout aussi perdu.
Harry entra une nouvelle requête sur le livre : « Prophétie » et « Sentinelle ».
La page se brouilla devant leurs yeux et une seule note apparut.
« Prophétie de la Sentinelle. Relayée par un disciple inconnu de Zoroastre en 1327 dans le « Grimoire des Prophètes ». Aurait été émise par Cassandre de Troie en 1224 avant Jésus-Christ. Texte original disparu suite à la disparition de la ville de Troie. »
Les deux adolescents se dirigèrent aussitôt vers les rayons pour y dénicher l'ouvrage mentionné. Draco le découvrit le premier et le déposa sur la table la plus proche. Avec une délicatesse teintée d'urgence, il tourna les pages jusqu'à trouver le texte recherché :
« Les Temps viendront
Arrogance, Tromperie et Mensonge s'uniront
Ennemis en apparence, de corps, cœur et esprit une Alliance
La Sentinelle se révélera
Enfant d'une longue lignée transcendée
Reviendra la Magie protéger
Du Blanc et du Noir se retranchant derrière le Bien caché »
- Euh ... ça semble assez ... nébuleux non ? hésita Draco.
- Oui, comme tu dis. Et ça nous laisse plus de questions encore.
- Mais ça te concerne directement.
- Pas sûr ! Il faudrait déjà savoir qui sont ces Blanc et Noir ou même ce Bien caché. C'est peut-être une autre Sentinelle qui est concernée.
- Moi, je suis sûr que c'est toi.
- Pourquoi ?
- Eh bien, déjà tu as Voldemort sur le dos ! Plus noir que ça, tu meurs. Et puis tu es le jumeau de la soi-disant Survivante. Elle représente la lumière, donc le blanc.
Harry pouffa devant l'air important qu'arborait Draco, parfaitement convaincu de sa théorie.
- Quoi ? ronchonna le blond.
- Franchement, tu imagines Sophia oser approcher Voldemort pour conclure une alliance ?
Ce fut au tour de Draco de ricaner en imaginant la scène. Sophia aurait sûrement le culot de prétendre pouvoir le faire, mais elle détalerait ensuite plus vite qu'un Veaudelune surpris en pleine éclipse lunaire.
- Il faudra qu'on parle de cette prophétie aux parents, reprit Draco en copiant rapidement le texte.
- Et te tenir éloigné du Ministère aussi !
- Pourquoi ?
- Parce que si mon rêve n'en est pas un, tu seras en danger là-bas et ...
Harry hoqueta subitement, submergé par l'émotion. Draco l'enlaça et fit lentement glisser ses lèvres depuis son oreille, au creux de laquelle il chuchota un tendre « Ne t'inquiète pas. Je suis là », jusqu'à la bouche entrouverte. Il entama un lent baiser, doux et taquin à la fois.
Ils se livrèrent à un tendre duel, explorant doucement le corps de l'autre en faisant glisser leurs mains le long des torses finement musclés.
Soudain, Harry se raidit légèrement en sentant une caresse indiscrète sur son fessier. Mais au lieu de repousser la main exploratrice, il se laissa envahir par la sensation de plénitude que lui procurait Draco. Et après une légère hésitation, il se lança lui aussi à la conquête de ce territoire inconnu.
Ce fut le bruit lointain d'un clocher qui les amena à se séparer. Avec un sourire, Draco s'écarta et tendit une main.
- On va rejoindre les autres pour dîner ? invita-t-il.
Harry la saisit et sourit en sentant Draco glisser les doigts entre les siens. Ils quittèrent l'Aire, main dans la main, pour rejoindre la Grande Salle.
Lorsqu'ils entrèrent, ils furent accueillis par des chuchotements excités tandis que leurs amis leur offraient de grands sourires entendus. Certains élèves ne purent s'empêcher de jeter un œil sur la table des professeurs. Si ces derniers avaient interrompus leurs repas et conversations un court instant, ils étaient retournés à leur occupation avec indifférence ou pour certains – les femmes surtout – une esquisse de sourire attendri. Seuls trois membres du corps professoral arboraient une grimace mélangeant dégoût et colère.
Nombre de regards se tournèrent également vers la table des Poufsouffle, observant les réactions de Cédric Diggory. Dans un mouvement d'humeur face aux moqueries chuchotées, il jeta ses couverts sur son assiette, faisant ainsi sursauter plusieurs personnes.
- Vous avez un problème, Mr Diggory ? demanda Pomona Chourave d'une voix bien plus froide que d'habitude.
- Euh ... non professeur ! Veuillez m'excuser.
- Apprenez à vous comporter dignement, Mr Diggory. Vous avez largement passé l'âge des colères enfantines ! asséna le professeur avec rudesse.
Madame Chourave était très désappointée par le comportement de certains de ses élèves. Déjà, elle avait été mortifiée d'apprendre que deux d'entre eux avaient été choisis pour intégrer la Patrouille de Discipline sous les ordres de Dolorès Ombrage. Ils avaient manifestement oublié la devise de leur maison « Juste et Loyal ». La PD, comme l'appelaient les élèves, avait fait montre de délations et de mensonges sans aucun remord imitant l'exemple de la Survivante, et Smith et MacMillan avaient suivi le mouvement sans plus de réflexion.
Ensuite, Cédric Diggory l'avait déçue au plus haut point. Elle reconnaissait qu'elle avait une tendresse très particulière pour lui, surtout depuis sa participation au Tournoi des Trois Sorciers, mais les rumeurs courant sur son comportement vis-à-vis de Harry Potter l'avait chagrinée. Celui qui était considéré comme la quintessence des Blaireaux était désormais la risée de toute l'école. En entendant le surnom dont il avait été affublé, elle s'était étranglée, masquant difficilement son rire. Même si les ragots avaient été lancés par deux Gryffondor, elle ne doutait pas que les amis de Harry soient derrière cette subtile vengeance.
OoOoOoOoOoO
TBC
