Résumé : Lors du dernier chapitre, les choses se précisaient grandement pour le couple Lucius/Harry. Au cours de l'anniversaire de ce dernier, leurs amis sont réunis chez les Tonks. Poussé par Drago, le brun laisse sa magie de calice soulager Teddy, faisant fuir le vampire loin de lui. Intrigué et inquiet, le gryffondor part à la suite de Lucius et le rejoint dans le parc. Cédant enfin à ses instincts, le vampire mord le jeune homme.
Que dire ? Cette fois, nous y sommes, après 29 chapitres et quelques 4 ans et demi pour ceux qui me suivent depuis le commencement de cette fiction… J'espère que ce chapitre vous convaincra. En attendant vos commentaires, bonnes vacances à tous et à bientôt, Lilywen.
La quête des temps nouveaux
Chapitre 29 : Comme hors du temps
(2ème partie)
Lucius cessa de s'abreuver. Un filet du sang chaud d'Harry s'écoulait de la commissure de ses lèvres à son menton et témoignait des dernières minutes écoulées. Rejetant la tête en arrière, il ferma les yeux et savoura pleinement les sensations extraordinaires qui éveillaient son corps mort depuis plusieurs années. Tout son être se consumait désormais d'un feu qui lui était encore inconnu. Le soleil caniculaire brûlait ses paupières closes ; la faible brise estivale effleurait sensuellement sa peau la terre assoiffée embaumait l'atmosphère d'une tiédeur moite les feuilles du chêne centenaire bruissaient dans une mélopée harmonieuse ; et plus que tout, il y avait cette saveur. Intense, suave, charnelle. Le sang d'Harry. Le vampire essuya sa bouche d'un revers de main, léchant la substance écarlate restante avec une délectation non feinte. Il avait attendu cet instant depuis des semaines, des mois maintenant.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, son regard se porta naturellement vers le garçon, installé comme une poupée fragile entre ses cuisses. Il semblait si pâle, calé contre son torse et quiconque les aurait surpris en cet instant, l'aurait accusé immanquablement d'avoir tué le brun tant ce dernier paraissait livide. Seul, son souffle qui jouait délicatement sur sa trachée l'assurait de la vie qui pulsait encore faiblement dans le corps de son calice. Son calice. Avec la plus grande douceur, il se leva, tenant contre lui son si précieux fardeau et le vampire se dirigea vers le manoir. Il prit garde de ne pas le réveiller, pas avant d'avoir atteint leur chambre pour qu'il finalise le lien.
Le vampire passa l'entrée majestueuse de la demeure des Tonks, longea le corridor, s'engagea dans l'escalier qui les mènerait à leur chambre. Il était sur le second palier quand un toussotement le fit se retourner. Drago se tenait là, main sur les hanches, dans une attitude faussement offusquée :
« Père, père, père… », minauda exagérément le serpentard.
Le vampire se retint de justesse d'hurler de frustration et adressa un lourd regard d'avertissement à son fils alors que ce dernier semblait particulièrement amusé par la situation :
« Nous vous attendions tous pour souffler les bougies du gâteau d'anniversaire de beau-papa.
- Harry n'est visiblement pas en état pour de futiles mondanités, railla Lucius. Cela n'a pu t'échapper, n'est-ce pas ?
- Quelle déception ! Sev s'en faisait une telle joie depuis ce matin.
- Je n'en doute pas. Tu nous excuseras donc auprès des invités.
- Je ne saurai y manquer… »
Drago fit mine de repartir et se retourna finalement.
« Je… Je voulais te dire que j'ai bien conscience de n'avoir pas été des plus amicales avec lui au tout début. Après tout, tu savais qu'il était mon ennemi attitré depuis ma première année à Poudlard, le gentil et irréprochable héros gryffondor contre le perfide serpentard, héritier des Malefoy. »
Le calice s'arrêta une seconde, comme s'il cherchait les mots justes pour continuer ses aveux inhabituels :
« Et surtout, il y avait maman. Tu sais, elle me manque encore tellement…
- Elle t'aimait infiniment, Drago, n'en doute jamais. Elle aurait été prête à tout sacrifier pour ton bonheur.
- Je sais et je veux aussi que tu sois heureux… »
Le regard de Drago se porta sur Harry que Lucius tenait si fermement contre lui.
« Sa magie est absolument parfaite pour toi, papa… Mon instinct de calice l'a ressenti tout de suite même si je me refusais à l'admettre les premiers temps… »
Lucius acquiesça d'un simple mouvement de tête, il était sincèrement ému car il comprenait que son fils lui signifiait ainsi son soutien et sa bénédiction dans cette nouvelle vie qui s'offrait désormais à lui. Aucun des deux hommes n'était habitué à faire part aussi ouvertement de leurs sentiments, ainsi, l'émotion qu'ils ressentaient l'un pour l'autre à cette minute n'en était que plus forte. Le vampire murmura simplement :
« Merci Drago. Tu n'imagines pas à quel point je suis fier que tu sois mon fils. »
Le jeune calice ne put retenir un léger rougissement avant de relever le visage, avec toute l'arrogance et la superbe des Malefoy et déclara comme pour se sortir d'embarras :
« Pas que cette discussion me déplaise, père, bien au contraire, cependant, je n'ose vous rappeler que le délicat petit gryffondor profondément endormi a besoin de votre sang immédiatement. Je perçois à peine les battements de son cœur. »
Cette remarque emplie de sarcasmes fit sourire légèrement le vampire.
« Je te remercie sincèrement pour ta sollicitude à son égard, Drago, mais n'aie aucune inquiétude à son propos. Il va très bien et inutile de nous envoyer Kreattur dans une heure pour un motif insignifiant ou qui que ce soit d'autres d'ailleurs sauf si tu tiens absolument à ce que je te déshérite dès demain, nous sommes d'accord ?
- Voyons, père, vous me prêtez de si vilaines intentions… Moi, vouloir plonger beau-papa dans l'embarras. C'est tellement loin de mes intentions. Jamais cela ne m'a traversé l'esprit.
- Tu m'en vois absolument ravi, Drago.
- J'espère bien parce que je… »
Drago se figea brusquement et il sentit son père se tendre également alors que Severus arrivait à leur hauteur. L'instinct aux aguets, Lucius semblait prêt à attaquer au moindre geste suspect de l'autre vampire car pour la première fois, il considérait son ami de toujours comme une menace, une sorte de rival. Harry lui paraissait si vulnérable en cet instant et il ne supportait pas de savoir un autre vampire aussi proche du magnifique brun alors qu'il n'avait pas finalisé le lien. Drago se plaça aussitôt entre les deux hommes et asséna durement :
« Papa, il ne risque rien. Sev ne lui fera jamais de mal. Tu le sais parfaitement. »
Comprenant aussitôt qu'il était la cause de la tension qui opposait le père et le fils, Severus se recula de plusieurs pas et hocha la tête en signe d'acquiescement aux propos de son calice.
« Je suis vraiment désolé de vous avoir interrompu. Je voulais seulement vous dire que Shacklebolt et Granger s'apprêtaient à partir… Lucius… Lucius, tu sais que Drago a raison. Il ne risquera jamais rien avec moi, il est le fils de Lily. Jamais je ne lui ferai du mal ou ne le toucherai de cette façon. Tu peux me faire confiance… »
Le vampire resserra malgré tout son étreinte sur le corps endormi de son petit ange. C'était un conflit entre sa raison qui savait que Severus ne lui mentait absolument pas et sa nature profonde qui hurlait de rage et d'une peur animale. Il n'avait plus qu'une pensée en tête : éloigner Harry de toute tentation et le faire sien, encore et encore, qu'il devienne enfin son calice à part entière.
« Papa… »
Le murmure de la voix de son fils le sortit momentanément de ses réflexions et il se concentra tant bien que mal sur lui :
« Ecoute-moi, papa. Severus est mon vampire… »
Le calice laissa sa phrase en suspens pour que son père réalise pleinement la portée de ses paroles et calme la créature en lui, puis, il continua d'un même ton serein :
« Tu as dû contrôler durement ta nature vampirique depuis notre évasion du ministère et cela fait des jours maintenant qu'Harry et toi vous êtes officiellement promis l'un à l'autre et pourtant, tu as patiemment attendu que sa magie soit apaisée pour finaliser le lien. Ton calice sait désormais à quel point il t'importe, que tu places son bonheur et son bien-être au-dessus de tout. »
Silencieusement, Lucius acquiesça à plusieurs reprises aux remarques de son fils et finalement, il se détourna du couple pour se diriger vers la chambre d'Harry. Après seulement quelques pas, il se retourna et déclara dans un sourire apaisé :
« Merci à vous deux et au fait, Drago… »
Le blond qui s'était rapproché de Severus pour se câliner gentiment contre son vampire arrêta son mouvement, interloqué et demanda :
« Quoi ?
- N'oublie pas. J'étais sérieux. Si qui que ce soit venait malencontreusement interrompre ma nuit avec Harry, je crains de devoir te déshériter.
- Père, père, père… Je vous promets d'être sage comme une image jusqu'à demain, mais permettez que je taquine quelque peu beau-papa demain quand il nous rejoindra.
- Dans la limite où ni Severus ni moi ne sommes pris à témoin de votre petite rivalité puérile, je pourrais fermer les yeux mais si tu exagères vraiment, tu peux être certain que…
- Tu devras me déshériter… Oui, oui, j'ai bien compris... Alors, à demain, papa. », ricana gentiment le blond.
Sans se préoccuper davantage de son fils et de Severus, Lucius entra alors dans la chambre aux rideaux tirés, laissant la pièce dans une pénombre douce et chaude. Il alla jusqu'au lit et déposa délicatement le corps alangui du joli brun sur les draps. Harry geignit faiblement d'être séparé, même brièvement, de l'étreinte du vampire et Lucius ne put s'empêcher de sourire à son abandon :
« Tu es magnifique. »
Les yeux vert émeraude papillonnèrent une seconde comme s'il cherchait d'où provenait cette voix qui lui paraissait si douloureusement éloignée de lui. Inconsciemment, il tenta de se relever pour se rapprocher de celui qui était capable de le faire trembler et le laisser si désireux, seulement grâce aux inflexions sensuelles de sa voix mais il était bien trop faible et retomba mollement sur le lit. Son mouvement n'avait pu échapper au vampire qui décida de ne pas torturer davantage son calice et le rejoignit, son corps couvrant à la perfection celui plus fin d'Harry.
« Je suis là. »
Cette phrase prononcée d'un ton profond sembla calmer légèrement le brun dont les cheveux en désordre tranchaient avec la blancheur immaculé de la taie d'oreiller. Jamais Lucius ne l'avait trouvé aussi beau qu'en cette seconde. Il admirait simplement les paupières closes, ses joues rougies, la bouche entrouverte en une supplique muette. Mu par son instinct, le vampire se pencha jusqu'à effleurer les lèvres du gryffondor.
« Je serai toujours là. »
Harry se cambra aussitôt comme si ce baiser délicat l'avait électrisé et qu'il cherchait à ne faire plus qu'un avec ce corps qui l'emprisonnait. Lucius se redressa légèrement, s'appuyant sur son bras droit. Il porta son poignet gauche à sa bouche et ses canines égratignèrent franchement la peau tendre jusqu'à laisser suinter son sang.
« Bois, Harry… Bois-moi. »
Aussitôt, il pressa son poignet contre la bouche entrouverte. Il eut un moment de frayeur et de panique en découvrant que le garçon semblait ne pas réagir, des secondes qui lui parurent des heures, des minutes qui lui parurent des journées. Enfin, il sentit les lèvres douces bouger, d'abord si fugacement qu'il crut l'avoir rêvé, ensuite, la bouche du calice se fit plus vorace.
« Oui, c'est ça… Bois. Bois jusqu'à être mien… »
Un filet de son sang coulait à la commissure des lèvres du brun, glissant inexorablement sur son menton et le vampire grogna de satisfaction à cette image. Son calice le buvait comme s'il était une eau miraculeuse, la source de sa vie désormais. Il sentait l'emportement progressif du gryffondor et loin de s'en inquiéter, le vampire en était exalté, comblé. Il y avait aussi cette curieuse impression, comme s'il était capable de deviner toutes les pensées, toutes les sensations éprouvées par le brun. Chaleur. Envie. Excitation. Désir. Passion. Amour. Tout se mélangeait inexorablement dans un imbroglio d'émotions si intenses que le jeune sorcier semblait enivré, grisé de son sang.
Lucius écarta son poignet presque à regret et il n'entendit le son délicieusement plaintif qu'émit Harry en réponse que parce que tous les sens du vampire étaient en alerte.
« Encore… S'il te plaît… Encore…
- Ce ne serait vraiment pas très raisonnable, mon ange.
- Pourquoi ?, geignit faiblement le brun.
- Parce que tu es déjà ivre. »
Les yeux émeraude le fixèrent, interloqué pendant quelques instants, puis, Harry lui adressa un sourire charmant et se redressa jusqu'à frôler de sa bouche les lèvres froides de son vis-à-vis :
« Tu es mon vampire, Lucius Malefoy. »
L'audace sensuelle avec laquelle le gryffondor avait susurré cette phrase contre sa bouche fit gronder d'envie Lucius et avec une brusquerie certaine, le vampire plaqua le jeune sorcier contre le matelas puis s'empara de ses lèvres dans un baiser puissant. Lucius explorait sa bouche avec force. Il réclamait une reddition, une capitulation sans condition ce que le brun lui accorda de très bonne grâce et en cet instant, tout ce à quoi Harry parvenait à penser, son cerveau embrumé par le désir, c'était qu'il voulait plus, qu'il voulait tout. Tout de suite.
La magie des anciens parut réagir à cette réflexion car il devina la moiteur tiède de l'air dans la chambre, le corps froid et dévêtu du vampire tout contre lui. Il se trouvait nu lui aussi et sa silhouette épousait harmonieusement celle de l'ancien mangemort. De passionné et sulfureux, le baiser se fit plus doux, plus tendre avant de finir par un simple effleurement :
« Tu es mon calice, Harry Potter. »
Subjugué par le trouble qu'il lisait dans les yeux émeraude, Lucius retraça lentement de sa main les courbes parfaites de son visage, descendant ensuite le long de son corps jusqu'à ses hanches.
« J'ai envie de toi, Harry. »
Le jeune sorcier savourait la force de ses mots et envoûté par l'intensité du regard gris posé sur lui, il implora sensuellement :
« Je te veux, Lus… Je veux que tu me fasses l'amour. »
La réponse du gryffondor était comme du feu sur sa peau et Lucius brûlait littéralement de sentir sa chaleur contre son corps froid. Instinctivement, il embrassa sa bouche et il descendit vers sa gorge. Il voulait tellement le marquer encore et encore. Comme si Harry avait lu dans ses pensées, il entendit un chuchotement :
« Mords-moi si tu veux.
- Je t'ai déjà pris bien trop de sang.
- Mords-moi. C'est tout. »
Cette remarque était dite comme une évidence, le signe de l'accomplissement de ce qu'ils étaient désormais l'un pour l'autre et Lucius sentit ses canines percer une nouvelle fois la chair fine. Il s'abreuva doucement, juste pour retrouver ce goût qui le comblait tandis que son corps ondulait contre celui du calice. Ils se frôlaient dans cette danse voluptueuse et l'envie se faisait plus profonde, presque viscérale. Les mains du vampire quittèrent les hanches du brun pour caresser la virilité d'Harry, des va-et-vient fiévreux et intenses qui les laissaient à chaque fois encore plus désireux. Les gémissements du gryffondor se muaient en exhortations fébriles :
« Je… Oh, Lus… C'est… Je… Je peux plus… »
Sentant Harry aux portes de l'extase, Lucius interrompit son mouvement, faisant pester d'indignation le jeune sorcier. Le vampire lécha ensuite consciencieusement la plaie laissée par ses canines, il cala son visage dans le creux du cou du gryffondor et l'embrassa tendrement. Sa peau embaumait d'un parfum sucré, délicieux et bien qu'il n'aurait jamais cru cela possible, son envie du brun ne fit que croître encore davantage. Jamais, il n'avait désiré une autre personne ainsi, jamais son besoin n'avait été aussi violent. Il se décala sur le côté libre du lit, se privant légèrement de la chaleur du jeune sorcier et susurra lascivement :
« Tourne-toi, Harry. »
Aussitôt, le gryffondor obéit à son ordre et il se rapprocha de lui à nouveau, son souffle jouant contre les cheveux du brun. Il mordillait sensuellement la nuque d'Harry pendant que ses mains parcouraient sagement son corps, de la chute de ses reins jusqu'à son intimité.
« Tu es prêt ? »
Harry souffla d'agacement, d'appréhension, d'impatience aussi. Il sentait ce doigt lubrifié magiquement d'un informulé, qui jouait contre sa chair vierge et il hurla dans sa tête :
« Qu'est-ce que tu attends, bordel ! »
Le sourire contre son épaule et l'index du vampire qui le pénétra lui firent réaliser que Lucius avait perçu son emportement. Il en fut quelque peu honteux mais son esprit se concentra presque aussitôt sur le léger frôlement de ce doigt en lui. La douleur ne fut rien en comparaison de toutes ces sensations, ce bouillonnement dans son ventre et il n'éprouva qu'une gêne très relative quand le vampire s'appliqua à l'étirer longuement. Très vite, il se surprit à chercher davantage et à venir contre ses doigts qui lui faisaient tant de bien. Cependant, il exigeait plus… tellement plus…
« Lus… S'il te plaît…
- Il faudrait que tu sois plus précis dans tes requêtes, jeune homme… »
Il devinait le sourire moqueur du blond contre son épaule à sa supplique pathétique. Peut-être en d'autres circonstances, en aurait-il éprouvé de la gêne, un malaise de se trouver ainsi à implorer Lucius mais là, il sentait dans son esprit que son vampire aimait le savoir si avide et impatient.
« Je… Je veux que tu me baises. C'est… C'est assez direct pour toi. »
Le vampire gronda et Harry se sentit basculé avec force, plaqué contre le matelas. Lucius l'emprisonnait à nouveau de son corps et d'un mouvement brusque, il lui écarta largement les jambes, se positionnant entre ses cuisses. L'emportement sauvage de l'homme, loin de l'effrayer, comblait Harry car il était dans le même état d'excitation impatiente, d'envie furieuse. Il le voulait tellement qu'il nota à peine l'apparition d'un coussin qui le suréleva légèrement.
« Harry… »
Tout son être se tendit alors que la voix chargée de désir murmurait à son oreille son prénom et qu'il devinait le sexe du vampire tout contre son intimité. Son corps tremblait d'anticipation et il ferma les yeux, priant silencieusement tous les dieux qu'enfin Lucius le pénètre et le fasse sien.
« Regarde-moi, Harry… Regarde-moi. »
Il ne sut comment il trouva la force de répondre à l'ordre du vampire mais le gryffondor rouvrit les yeux et se confronta à cette faim brute dans le regard gris de son amant au moment où son intimité était étirée douloureusement. La bouche ouverte, il aurait pu hurler tant il avait l'impression que sa peau se déchirait. Alors que Lucius s'enfonçait si lentement en lui, son souffle lui fut ravi dans un baiser empli de tendresse et quand les lèvres froides se détachèrent légèrement, il murmura dans un halètement :
« A… Attends… Un… Attends un peu… »
Si Lucius stoppa tout mouvement, enserré dans la chaleur étroite du plus jeune, il ne fit cependant aucun geste pour se retirer et alléger l'inconfort évident d'Harry tout au contraire, il accentua même la pression de ses mains froides sur les hanches du gryffondor. Après une minute, le vampire se recula légèrement, faisant inconsciemment gémir le brun avant qu'il ne revienne en lui puissamment et qu'il ne reproduise ce mouvement une seconde, puis une troisième fois.
Le corps tendu, Harry ne savait plus que ressentir. La douleur était certes encore là, mais bien plus diffuse et il y avait aussi cette excitation inédite, son ventre qui se crispait à chaque nouvelle poussée du vampire en lui. Il hoqueta de surprise quand, à cette tension, se rajouta la caresse appuyée de Lucius sur son sexe. Leurs bouches se cherchaient dans un baiser brûlant, désespéré. Tout allait si vite, peut-être même trop vite, ses mains tordant les draps fébrilement pour trouver un point d'ancrage dans ce tourbillon insensé, ses yeux émeraude se brouillant de tout ce flot d'émotions mêlées qui menaçaient de l'emporter définitivement.
Lucius dut lire en lui sa confusion car les mains froides cessèrent aussitôt toute leur caresse sur sa virilité, sur son aine et lentement, remontèrent le long de son corps jusqu'à saisir ses poignets, les guidant au-dessus de sa tête. Comme si le vampire espérait le goûter éternellement, les mouvements si frénétiques, encore quelques secondes auparavant, se firent alors beaucoup plus lents, plus profonds aussi et leurs baisers fous devinrent le fantôme de leurs lèvres s'effleurant.
« Tu es parfait, mon merveilleux petit calice… », souffla doucement le vampire contre sa bouche.
Le gryffondor ne put s'empêcher de rougir au compliment. Tandis que d'une main, Lucius maintenait toujours ses poignets au-dessus de sa tête, de l'autre, il parcourait à nouveau son corps dans une découverte sensuelle jusqu'à atteindre sa cuisse qu'il souleva avec brusquerie, les faisant légèrement changer de position.
« Putain ! »
Harry avait hurlé car au dernier à-coup, Lucius avait frappé un point sensible en lui. C'était comme si de l'électricité courait le long de sa colonne vertébrale, comme si tout son corps réclamait grâce et le vampire, visiblement satisfait de sa réaction, s'appliquait désormais à toucher cet endroit particulier à chacun de ces va-et-vient, le faisant gémir de plus en plus fort :
« Oh… S'il te plaît… Encore… »
La douceur avait laissé place à une frénésie insensée. Sa tête oscillant de gauche et de droite, son ventre bourdonnant de plaisir, le jeune sorcier venait à la rencontre de chaque mouvement de Lucius. Le vampire en profita pour libérer ses mains qui, instinctivement, se nouèrent dans le cou du blond. Harry ne pouvait que bredouiller des mots incohérents, sans suite :
« Je… Je veux… N'arrête pas… Jamais… »
L'un contre l'autre, l'un avec l'autre, l'un pour l'autre… Son corps tremblant se tendit dans un spasme ultime alors que Lucius s'enfonçait encore en lui…
Ecroulé sur son calice, le vampire tentait vainement de reprendre pied. Dévastateur. Prodigieux. Inimaginable. Voilà les seuls mots qui lui venaient à l'esprit alors qu'Harry semblait encore inconscient sous lui, le sperme de son gryffondor collant son ventre dans une moiteur désagréable, mais il n'avait même plus la force de murmurer un sort de nettoyage. Un marmonnement épuisé le sortit de ses considérations futiles et il bougea son visage, cherchant paresseusement la bouche de son jeune amant.
Le baiser qu'ils échangèrent était nonchalant, fatigué et pourtant empli de satisfaction. Quand ils se séparèrent, à bout de souffle, le rire d'Harry résonna contre son oreille comme le plus délicieux des sons qui lui aient été donnés d'entendre :
« Oh, putain…
- Quel vocabulaire, ricana faiblement le vampire.
- Si j'avais pensé une seconde que ce serait aussi démentiel le sexe avec toi, je t'aurai sauté dessus depuis des semaines.
- Si j'avais pensé une seconde que ce serait aussi démentiel le sexe avec toi, je t'aurai pris dans le bureau du vieux fou dès le premier soir. »
Le rire du brun vibrait contre sa trachée.
« Pas sûr qu'à cette époque, j'aurai été aussi… coopératif…
- Aura de vampire… Ca te rappelle vaguement quelque chose.
- Tu aurais donc odieusement abusé de moi, se moqua Harry dans un sourire.
- Dis plutôt que tu m'aurais imploré pour que je te baise encore.
- Je n'ai encore rien demandé… Encore moins imploré…
- Dois-je te rappeler que je peux désormais lire tes pensées, amour ?
- Je suis perdu alors… »
Harry déposa encore un baiser évanescent sur les lèvres froides :
« Je suis irrémédiablement… profondément… désespérément amoureux de toi, Lucius Malefoy. »
Le vampire passa une main tendre dans les cheveux et susurra contre son front, encore en sueur :
« Je t'aime aussi, Harry. »
D'un informulé, Lucius nettoya son corps ainsi que celui de son calice, puis, il resserra son étreinte. Ils restèrent ainsi l'un contre l'autre, savourant le silence reposant de leur chambre. Parfois, ils rompaient cette quiétude parfaite en s'embrassant tantôt avec douceur et nonchalance, tantôt avec ferveur et empressement jusqu'à ce Lucius reprenne franchement les hostilités en mordillant plus précisément la nuque du brun, assoupi contre lui. Harry bafouilla, titillé par les attaques perverses du vampire :
« Humm… Qu'est-ce… Qu'est-ce qui se passe ? Tu as déjà faim…
- Pas vraiment.
- Quoi alors ?, questionna le gryffondor dans un sourire.
- Fais-toi une raison tout de suite. Je suis une créature insatiable qu'il s'agisse de sang ou de sexe.
- Sois rassuré, je l'avais compris avant aujourd'hui.
- Je savais que j'avais choisi un calice aussi mignon et craquant que perspicace et intelligent. »
Harry asséna un coup sur le bras du vampire qui le ceinturait avec possessivité.
« Enfoiré.
- En fait, je voulais te dire… Je voulais te dire que je suis sincèrement désolé. »
Le ton brusquement sombre et sérieux de Lucius alerta immédiatement Harry qui se retourna et se câlina instinctivement contre le vampire, son visage reposant sur le torse puissant du blond.
« Pourquoi… Pourquoi es-tu désolé ?, murmura avec sollicitude le gryffondor. Il n'y a rien dont tu doives t'excuser à mes yeux. »
Le vampire fuyait clairement son regard ce qui ne fit qu'inquiéter davantage Harry.
« Lus, dis-moi…
- Tu es mis au ban de la société sorcière alors que tu devrais en être le petit prince. Après tout, tu es celui qui les as débarrassés de Voldemort et au lieu de cela, on te reproche ton alliance avec les Renégats, Ombrage mène une odieuse campagne de dénigrement simplement parce que tu es proche de moi, que tu m'as défendu et maintenant…
- Quoi ?
- Je viens de te faire enfreindre une nouvelle règle de la société sorcière…
- Mais enfin… Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Les sorciers sont assez… disons… vieille école. »
L'amusement évident qu'Harry sentit alors dans le lien le fit se redresser assez brusquement :
« Tu te fous de moi, n'est-ce pas ?
- Si peu…
- J'ai encore du mal à distinguer tes émotions et tes pensées.
- Mon pauvre petit calice, susurra Lucius dans un sourire faussement attendri.
- Et où voulais-tu en venir avec ton si brillant discours sur le conservatisme de la société sorcière ?
- Au temps pour moi, je pensais que mon fils t'avait expliqué qu'après la cérémonie de l'échange, il nous restait encore une dernière étape... »
Harry reprit naturellement sa place, son visage calé contre l'épaule du vampire et son souffle jouant sur la trachée de l'homme quand il susurra dans un sourire faussement innocent :
« Oh… Tu parles de l'union sorcière, c'est ça ?
- Evidemment. »
Le brun se tut et le silence se prolongea ainsi de longues secondes. Il sentait clairement l'agacement poindre dans le lien quand le vampire souffla avec exaspération :
« Alors ?
- Quoi ? Tu attendais une réponse, peut-être ?
- Tu le fais exprès…
- Si peu…, répondit Harry dans un sourire moqueur, reprenant les propos du vampire à son propre compte.
- Tu apprends décidément très vite, mon petit calice.
- Il paraît que je suis aussi mignon et craquant que perspicace et intelligent. »
Les yeux émeraude trahissaient la jubilation évidente d'Harry, sa joie aussi tandis que Lucius le fixait avec attention, cherchant à comprendre par quel hasard extraordinaire cette créature parfaite avait finalement accepté de devenir son calice. Il effleura sa bouche tendrement et susurra :
« Dites-moi, Monsieur Potter… Votre réponse ?
- Parce que c'était une proposition ?
- Que ne ferais-je pas pour satisfaire mon petit calice ? »
Le vampire repoussa gentiment Harry contre les oreillers et se releva jusqu'à se retrouver à genoux, à peine couvert par les draps emmêlés :
« Alors, Monsieur Potter, envisageriez-vous sérieusement d'unir magiquement votre vie à la mienne ? »
D'un informulé, le vampire fit léviter jusqu'à lui un petit écrin en velours noir qui se trouvait caché dans un tiroir de la table de chevet. Il ouvrit la boîte et saisit l'alliance en or blanc ouvragée par les gobelins qui appartenait à sa famille depuis de nombreuses générations. Lucius se pencha légèrement, déposa un baiser délicat sur la main gauche du calice avant de glisser le bijou à son doigt :
« C'est oui ?
- Oh oui… Mille fois oui. »
A suivre…
