Je suis debout sur le toit de l'appartement faisant face à celui de James. Les lumières de son salon sont encore allumées, je distingue son ombre et celle de Sirius projetées sur le vieux parquet. Depuis que Régulus est mort, je réalise que James n'est pas la seule personne que je dois protéger. J'ai peur pour Sirius, j'ai peur de le laisser tomber. J'ai modifié tant de choses en revenant ici que plus personne n'est à l'abri de quoi que ce soit.
« Expelliarmus ! »
Je sursaute quand ma baguette quitte ma main droite, et je pivote à toute allure. Devant moi, une silhouette aux contours masculins s'avance de manière menaçante. Je l'observe dans le silence complet, serrant mes poings contre mon manteau, prête à me saisir des armes dissimulées dans mes poches.
« Lily Evans, c'est ça ?
_ Qui êtes vous ?
_ La personne qui a tué Edgar Bones, me répond-il d'une voix détachée. »
Il continue à s'avancer, et je suis si énervée que mes ongles laissent des coupures sanglantes dans mes paumes de main. N'importe qui à ma place serait effrayé, mais c'est ce qui me différencie des autres, je n'ai pas peur de mourir.
« Vous n'êtes pas simple à trouver. Vous n'êtes jamais seule, et quand vous l'êtes, vous disparaissez soudainement sans laisser de trace, continue t-il. »
Cette fois, il oriente sa baguette dans ma direction. J'ai juste le temps d'attraper un couteau dans ma poche et de le jeter dans sa direction pour lui faire lâcher le morceau de bois qui me menace. Comme s'il s'y attendait, il sourit et hoche la tête l'air impressionné.
« Le vieux fou vous a correctement entraîné, me complimente t-il.
_ Qu'est-ce que vous voulez ?
_ Qu'est-ce que je veux ? Vous n'êtes pas la seule à vouloir protéger quelqu'un, Evans, seulement la personne que vous protégez a tué celle que je protégeais, alors je viens seulement rétablir l'ordre des choses. »
Je reste silencieuse un instant, déchiffrant tant bien que mal cet accent français, me répétant qu'il est impossible que James ait pu commettre le genre de crime qu'il condamne, mais je n'ai pas le temps de réfléchir d'avantage, l'homme se jette sur moi et s'ensuit une lutte sans merci.
Il me maîtrise rapidement, son bras passant autour de ma tête et ses doigts s'enfonçant douloureusement dans mon dos, je n'ai qu'une solution, me pencher et le faire basculer en avant pour qu'il lâche prise. Nous nous retrouvons une nouvelle fois face à face, mais je ne vois de lui qu'une barbe qui recouvre la moitié de sa figure.
Il parvient à me frapper plusieurs fois au visage, les jointures de ses poings défonçant ma chaire, heurtant ma mâchoire si violemment que j'ai l'impression de me faire piétiner par un troupeau de centaures. C'est probablement l'homme le plus fort que j'ai combattu jusque là. Sa carrure fait le double de la mienne, et il possède l'intelligence du combat, il sait comment je me déplace et il anticipe le moindre de mes gestes.
Pour la première fois depuis un moment, je sens qu'il faut que je retrouve cette envie de tuer si je veux survivre, si je veux faire en sorte que James ne soit pas la prochaine victime de cet homme, mais je l'ai réprimée et j'ai du mal à la faire ressurgir.
« Tu n'es pas aussi douée que je le pensais, finalement. Je pourrais te briser le dos comme on casse une brindille, me dit-il en me jetant au sol. »
Quelque chose craque, mais je suis trop occupée à essayer de deviner quel sera son prochain geste vers moi pour déterminer lequel de mes os vient de me lâcher. Je roule sur le côté quand il essaie de me jeter un sort avec ma propre baguette, évitant de justesse le faisceau lumineux qui se dirige vers moi, puis je me lève d'un bond tout en attrapant le couteau qui se trouve dans ma botte, et appose la lame sur son cou tout en lui arrachant ma propre baguette des mains.
Je suis prête à le tuer, je le sens, le monstre au fond de moi qui me crie de lui planter cette lame dans le cou, de faire gicler son sang sur mes vêtements, sur les siens, sur mes mains, sur les siennes, de tourner et retourner le couteau, de lui arracher la peau, de la déchiqueter. Je veux l'entendre hurler, crier de douleur, je veux voir au fond de ses yeux la défaite, je veux qu'il sache qu'il n'aura jamais James.
« Lily ?! M'appelle une voix familière.»
J'ai une seconde d'inattention, une seule, mais cela suffit à ce que l'homme se dégage de mon étreinte et transplane sans me laisser le temps de faire un seul mouvement vers lui pour le retenir.
« Qui c'était ? Qu'est-ce que... Merlin, tu es blessée !
_ Ce n'est rien, Sirius, je lui réponds en essuyant brièvement mon visage, agacée. »
Ce n'est pas de la sueur qui coule le long de ma tempe, c'est du sang. Sirius accourt vers moi, attrape les deux baguettes qui se trouvent sur le sol et balaye le toit du regard avant de passer son bras autour de mes épaules pour me guider vers l'escalier de secours.
« Comment tu savais que...
_ Tu nous prends pour des buses, ou quoi ? James et moi, on a remarqué que tu te planquais là il y a déjà 1 mois. Il est parti dormir, mais je n'avais aucune envie de rentrer chez moi, je me suis dit que j'allais te tenir compagnie... Heureusement que je suis arrivé, me dit-il en me regardant droit dans les yeux. »
Je ne lui réponds pas, je me contente de descendre mécaniquement les escaliers. Ma tête est vide, je ne pense à rien, c'est comme si tout sentiment m'avait quitté. Peut-être que c'est juste moi qui les repousse, je ne sais pas, je suis juste... Etrange. C'est comme si quelqu'un venait de débrancher un câble dans ma tête.
Nous arrivons devant la porte d'un appartement que j'estime être celui de James sans vraiment y prêter attention, et Sirius sort une clé de sa poche avant d'ouvrir et de passer devant moi pour allumer la lumière. Il y a une odeur de bière-au-beurre et de cire de bougie, un mélange étonnement délicieux qui m'apaise presque immédiatement.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé là haut ? Reprend Sirius.
_ Je... Je ne sais pas, je réponds en réalisant que tout mon visage est douloureux. »
Il s'affaire autour de moi, soupire et secoue la tête comme si j'étais un enfant négligent, son enfant qui avait encore fait une bêtise, qui l'avait déçu, et je me sens mal jusqu'à ce que je comprenne qu'il est juste terriblement inquiet.
« Sirius... Pour ton frère, je... Je suis désolée.
_ Est-ce que ça a un rapport avec lui ? S'empresse t-il de me demander.
_ Non, non, je ne crois pas. C'est que... Nous n'en avions pas parlé et je pensais que...
_ Ne pense pas, Lily. Je ne vais pas discuter de ça avec toi. »
Pour la première fois, je l'entends s'adresser à moi sur un ton sec qui ne laisse aucune place à l'argumentation. Je ne vais pas essayer de le convaincre, je vais m'asseoir sur ce canapé blanc et essayer d'oublier ce brutal mal de crâne qui vient de me prendre.
« Ne me dis pas que tu recommences à ramener des filles chez moi Patmol, tu sais que je ne suis plus en France, marmonne James en émergeant d'une pièce d'à côté, se frottant les yeux comme s'il venait de se réveiller. »
Ses cheveux finissent de me convaincre qu'il sort du lit. Il a la tête de la personne qui venait juste de réussir à s'endormir quand on l'a tiré de son sommeil, et il semble lutter pour parvenir à ouvrir les yeux jusqu'à ce qu'il entende ma voix.
« Tu ramènes des filles ici ?! Je m'exclame en observant Sirius, ahurie.
_ Nooon... Il dit n'importe quoi, me répond-il en secouant vigoureusement la tête.
_ Tu as ramené Lily ici ?! Lui lance James, semblant soudainement parfaitement éveillé.
_ Merlin mais regarde dans quel état elle est ! Je viens juste de lui sauver la vie ! »
Le regard sombre de James se pose sur moi, j'y vois passer de la panique et de l'inquiétude avant qu'un voile ne les recouvre et me tienne à distance de toute autre émotion qui les traverse.
« Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
_ Je ne suis pas sûre...
_ C'était un mangemort, c'est ça ?
_ Je... Je pense, oui. Il avait un accent français et il a dit qu'il avait tué Edgar Bones.
_ A quoi est-ce qu'il ressemblait, Lily ? Continue James en s'approchant rapidement de moi.
_ Je ne sais pas, il était... Il était grand, et il avait de la barbe. Je le voyais mal, dans la nuit. »
James se mord la lèvre et tourne en rond pendant un moment. Ses poings sont serrés le long de son corps, si crispés que je peux sentir son énervement monter en moi comme si nous n'étions qu'une seule et même personne.
« Je vais tout de suite au ministère, mes collègues de garde auront peut-être repéré quelqu'un. Nous allons lancer une patrouille dans le coin, nous dit Sirius avant de se ruer hors de l'appartement. »
La porte claque derrière lui, et c'est comme si tout était figé tout à coup. Plus personne ne parle, plus personne ne bouge, je crois que James et moi réalisons en même temps que nous sommes tous les deux, seuls, dans son appartement. Une forme de gêne s'installe, et c'est stupide parce que j'ai tellement mal partout que je ne devrais même pas faire attention à ce genre de détail, mais je suis embarrassée plus que je ne souffre.
« Tu es couverte de sang, je devrais peut-être... Je... La salle de bain est par là, bafouille t-il avec hésitation en se grattant l'arrière du crâne, m'indiquant brièvement une porte près de sa chambre. »
J'acquiesce et je me lève pour me rendre dans la pièce sans réfléchir une seule seconde, sans même savoir ce que je suis censée y faire bien que cela paraisse évident. Je reste pétrifiée devant l'immense miroir de la salle de bain, m'appuyant sur le lavabo, me demandant ce que je fais là et si je ne ferais pas mieux de partir.
« Ça va ? »
Je croise son regard à travers le miroir. Il est appuyé dans l'encadrement de la porte, et il m'observe avec une inquiétude non dissimulée cette fois. Je me suis vue dans la glace, je sais que j'ai l'air de m'être mangée une locomotive lancée à pleine vitesse, mais tout de même, ce n'est pas une raison pour me regarder comme ça.
« Cet homme... Il m'a dit que tu avais tué quelqu'un là bas, en France, je lui avoue en me retournant pour lui faire face. Il voulait te tuer pour ça, et je ne pouvais pas le laisser faire ça.
_ Et tu l'as cru ? M'interroge t-il.
_ Je crois que oui.
_ Alors pourquoi est-ce que tu n'as rien dit devant Sirius ? Poursuit-il, me défiant du regard.
_ Parce que je sais que si tu l'as fait, c'est parce que tu y étais obligé. Personne n'a besoin de le savoir. »
Il ne bronche pas. Son visage reste parfaitement immobile tout comme son corps pendant une minute, puis il avance vers moi, se penche juste assez pour que ses cheveux viennent caresser ma joue et que ma respiration se coupe, et c'est seulement lorsqu'il se redresse, une serviette à la main que je retrouve mes esprits.
« Cet homme, c'est probablement Philippe Devers. Lui et son frère me sont tombés dessus en France. Tous les deux des mangemorts à l'origine d'une série de meurtres incroyables, là bas. Presque tous sur des moldus. C'est pour cette raison que Dumbledore a choisi de m'y envoyer. Ma mère travaillant dans le service Moldu du Ministère de la magie et ayant régulièrement des contacts avec le Ministère Français, j'étais le plus susceptible à obtenir tous les tuyaux, et ce rien qu'en donnant mon nom. J'étais censé retrouver les Devers, mais je ne m'attendais pas à ce que ce soit eux qui me prennent en chasse. J'ai appris quand tu es partie que c'était eux qui avaient mis le feu à l'entrepôt, pas moi. J'ai suivi leurs traces pour les faire arrêter, mais tout ne s'est pas déroulé comme prévu... »
Il ouvre le robinet à quelques centimètres de moi, et je n'arrive pas à comprendre comment il peut être aussi proche sans me toucher lorsqu'il passe la serviette sous l'eau. J'attends impatiemment qu'il poursuive son récit, bien qu'il soit en train de transformer mon cerveau en purée de citrouille par sa simple proximité, tout en constatant que son visage est figé dans une expression de parfaite indifférence qui me contrarie.
« La brigade d'auror française est au courant. J'ai dû témoigner et ils en ont déduis que c'était de la légitime défense.
_ Alors pourquoi n'en as-tu parlé à personne, ici ?
_ A vrai dire, tout le monde le savait, sauf toi. De quoi aurais-je l'air si je t'interdisais de tuer alors que je l'ai moi même fait ? Reprend-il avec un sourire discret.
_ Mais... Je ne comprends pas... Tu viens de me dire que Sirius ne...
_ Je ne t'ai pas dit que Sirius ne savait pas, je me demandais seulement pourquoi tu as attendu qu'il soit parti pour en parler. »
Il me tend la serviette humide que je passe sur mon visage pour essuyer le sang qui a déjà commencé à durcir, appuyant sa main droite sur le lavabo tout en me fixant avec insistance, une insistance qui me met terriblement mal à l'aise.
« J'imagine que ça signifie que je peux compter sur toi quand je fais un faux pas, poursuit-il. »
J'acquiesce discrètement, reportant mon regard sur la porte, sur le mur, n'importe où sauf sur lui. Je me retourne seulement pour rincer la serviette et observer mon visage marqué dans le miroir. Ma lèvre inférieure est fendue et je vais probablement avoir un énorme hématome sur la tempe et sur la mâchoire.
« Il t'a bien amochée.
_ Il aurait pu l'être tout autant, voir plus, si Sirius n'était pas intervenu. »
Je lâche la serviette dans le lavabo, m'assoit sur le rebord de la baignoire, les coudes appuyés sur mes genoux, je me rends compte que mon poignet a doublé de volume. C'est donc ça, qui a craqué. Je réalise que je tremble un peu, les yeux rivés sur mes doigts entremêlés devant moi. J'ai failli tuer cet homme d'une manière si ignoble que j'ai envie de vomir.
« Mon couteau était sur sa gorge, et j'avais envie d'appuyer jusqu'à ce que la lame la traverse. Ça ne m'était pas arrivé depuis longtemps, j'explique d'une voix chevrotante.
_ Tu ne l'as pas fait, me fait-il remarquer, pragmatique.
_ Non, mais j'aurais pu. Une seconde de plus, et je...
_ Tu ne l'as pas fait, me coupe t-il.
_ Tu ne te rends pas compte de ce qu'il s'est passé dans ma tête. C'est comme si j'avais cessé de penser, c'est comme si j'étais devenue quelqu'un d'autre, une bête, un monstre, et...
_ Arrête ça Lily, m'ordonne t-il d'une voix autoritaire. »
Je lève des yeux désolés vers lui. Il me regarde comme s'il était véritablement dégoûté et blessé par mes propos alors qu'ils ne s'adressaient qu'à moi même, je ne comprends pas. Je me sens terriblement mal, j'avais oublié à quel point j'ai peur de le décevoir.
« Tu n'es plus la personne que tu étais quand tu es arrivée, reprend-il fermement. »
Bizarrement, j'aimerais le croire parce qu'il me méprisait à ce moment là, mais la Lily qui a soif de vengeance est quelque part en moi, et elle n'a pas envie de se taire, elle n'a pas envie de se calmer tant qu'elle n'aura pas éliminé toutes les menaces qui pèsent sur James.
« Tu crois ? Je lui réponds en le défiant du regard, me levant dans le même mouvement.
_ J'en suis certain, affirme t-il sans broncher lorsque je m'avance vers lui.
_ Comment peux-tu être certain que si un mangemort rentre ici je ne le tuerai pas avant qu'il n'ai fait le moindre geste vers toi, alors que tout en moi me pousse à le faire ?
_ Tu n'as pas saisi les dernières occasions qui se sont offertes à toi, simplement. »
Ses mains rentrent dans ses poches, et il hausse les épaules comme si tout allait de soi, comme s'il avait plus confiance en moi qu'en n'importe qui d'autre. Soudain, j'ai peur qu'il place trop d'espoir en moi. Je veux lui montrer qu'il se trompe, qu'il ne doit rien espérer de moi, que je ne suis pas quelqu'un de bien, et sans que je n'y ai réfléchi avant, je lui fais une clé de bras, et je le cloue au lavabo, le tenant fermement pour éviter qu'il ne m'échappe, pour lui montrer que je ne suis pas digne de sa confiance. Il faut garder de la distance.
« Et maintenant, qu'est-ce que tu en penses ? Je lui redemande en maintenant ma prise sur lui.
_ Arrête ta comédie, Lily. Ta mission est de me protéger, pas de me tuer, et même si c'était le cas, je sais que tu ne le ferais pas. Je n'ai pas peur de toi, répond-il. »
Je peux voir un sourire moqueur se dessiner sur son visage, le sourire de quelqu'un qui sait très bien que je vais le relâcher parce que je ne pourrais jamais lui faire du mal, mais je suis contrariée, alors je resserre ma prise et son sourire s'efface légèrement car je mets son épaule douloureuse à rude épreuve.
« Tu comptes jouer à ça longtemps ? Je n'ai pas de patience, et à un moment donné, tu risques de t'en rendre compte, me prévient-il.
_ Dis le. Dis-le que tu n'as pas confiance en moi. »
Je resserre encore un peu, mais dans un mouvement brusque, il se dégage de mon étreinte et me pousse contre la porte, immobilisant mes bras en les tenant fermement dans ses mains, il n'y a plus aucune trace de sourire sur son visage, mais il n'est pas énervé. Un accord silencieux se fait entre nous, et il finit par me lâcher.
Je sais qu'il ne veut pas me dire ce que je veux entendre, et il sait que je ne veux pas qu'il ait une confiance aveugle en moi alors que je ne suis pas certaine d'être en totale maîtrise de moi même, mais malgré cela, il semblerait que nous ayons réussi à trouver un terrain d'entente grâce à un simple regard.
« Viens manger chez mes parents pour Noël. Tout le monde sera là bas. »
Je fronce les sourcils en bafouillant pendant quelques secondes, prise au dépourvu par cette question qui sort de nulle part et par ses yeux qui me fixent sans ciller. Pour une raison qui m'échappe, je hoche la tête alors que je sais au fond de moi que j'aurais dû refuser cette invitation. Peut-être que c'est parce que ce n'était pas une proposition mais un ordre.
Je crois que c'est pour cette raison que James obtient toujours tout ce qu'il veut, il ne laisse pas le choix à son interlocuteur. Il ne m'a pas laissé le temps de me demander si je voulais vraiment passer Noël avec sa famille, il m'a amené à penser que c'était le cas, que la réponse ne pouvait pas être autre chose que « oui ».
« Bien. Maintenant, ne t'avise pas d'essayer de me refaire une clé de bras juste pour que je te désinvite, parce que je t'assure que tu risques de le regretter, me lâche t-il en retrouvant son sourire et en passant devant moi pour quitter la pièce. »
Il est fier de lui, et je peste contre moi même. Je ne suis pas fichue de tenir tête à deux yeux noirs et une touffe de cheveux. Quoi que je fasse, il gagne toujours du terrain, il me contraint toujours à le laisser se faire une plus grande place dans ma vie mais c'est seulement parce qu'il ne sait pas qu'il est déjà mon unique préoccupation.
