Et voilà la fin de l'épisode de la cabane hurlante. Et dire qu'initialement je voulais le faire tenir en un chapitre... Ça aurait été un peu compliqué ^^

Allez, bonne lecture à toutes et à tous !


Chapitre 29

En même temps, un éclair bleu frappa la boule de poils qui s'immobilisa. Pendant un instant, rien ne se passa, ce qui fit paniquer un eu plus Ariana. Mais après quelques secondes, la forme du rat changea, s'étira, s'enfla. Il tomba par terre, et après un deuxième éclair, le rat avait laissé sa place à une forme humaine, qui semblait grandir en accélérer. On pouvait rapidement reconnaitre la silhouette d'un homme un peu dodu et pas très grand qui se dessinait.

Le sort acheva son travail et l'homme se releva. Tout le monde dans la pièce avait les yeux ronds, stupéfaits de voir un homme prendre la place du rat et apparaître sous leurs yeux. Tous, sauf Sirius Black, qui observait l'homme d'un regard meurtrier, et Remus, qui, au plus grand étonnement d'Ariana, avait un grand sourire sur son visage.

« Bonjour, Peter. » Dit-il d'une voix calme, presque joyeuse. « Ça fait longtemps qu'on ne s'est pas vu. »

Ariana avait soudain peur que l'apparition de son ancien ami ne provoque en lui une once de sympathie. Elle, avait juste envie de le remettre sous sa forme de rat pour pouvoir l'écraser. À cause de cet homme, elle n'avait pas grandi avec ses parents, son cousin était orphelin, et son père avait vécu douze ans dans la pire des prisons existantes.

« S… Sirius… R… Remus… » Bégaya Peter, comme s'il avait du mal à parler après toutes ces années qu'il avait pasés sous la forme de rongeur.

« Mes amis… Mes chers vieux amis… »

Il essaya de se rapprocher d'eux – surtout de Remus – mais Black leva immédiatement sa baguette pour le faire reculer. Remus l'empêcha de lui envoyer un sort en lui agrippant le bras, et se retourna vers son « vieil ami », toujours un sourire aux lèvres.

« Nous avons eu une petite conversation, Peter, au sujet de ce qui s'est passé la nuit où James, Lily, et Elisabeth sont morts. Il est possible que quelques détails t'aient échappé pendant que tu poussais tes petits cris en essayant de t'enfuir. »

« Remus, tu ne vas pas le croire, quand même… Il a essayé de me tuer, Remus… »

Son ton implorant était loin d'être vrai. Il avait l'air affreusement sournois, et rien de ce qu'il allait dire ne semblait juste aux yeux d'Ariana. S'il était vivant, c'est que ce que disait son père était vrai. Pettigrow avait tué sa mère. Il avait fait enfermer son père à sa place.

« C'est ce qu'on a entendu dire. J'aimerais que tu m'aides à éclaircir quelques points obscurs, Peter, si tu veux bien… » Continua Remus d'un ton plus froid que précédemment.

Lui-même semblait vouloir en finir avec lui le plus rapidement possible, et on pouvait voir aux muscles de sa mâchoire qui se contractaient qu'il était à deux doigts de lui envoyer un mauvais sort.

« Il veut encore essayer de me tuer ! » S'écria l'ancien rongeur en montrant Sirius de son médium sale et rongé, faute d'avoir un index. « Il a tué Lily et James. Il a même tué sa propre femme pour montrer sa loyauté au Seigneur des Ténèbres. Et maintenant, c'est moi qu'il veut tuer… Il faut que tu m'aides, Remus… »

« Personne n'essaiera de te tuer tant que nous n'aurons pas tiré quelques petites choses au clair. » Expliqua tranquillement Lupin.

« Des choses au clair ? »

Les cinq adolescents n'avaient jusqu'alors pas bougé, mais quand ses yeux se dirigèrent à nouveau vers la porte, Ariana ne put s'empêcher de la bloquer de son champ de vision en se plaçant devant. Il n'allait certainement pas s'échapper à nouveau.

« Je savais qu'il me poursuivrait ! Qu'il essaierait à tout prix de me retrouver ! Ça fait douze ans que je m'y attends ! »

« Tu savais que Sirius arriverait à s'évader d'Azkaban ? Alors que personne d'autre n'y est arrivé avant lui ? » Demanda Remus d'un ton perplexe.

« Il connaît des procédés de magie noire dont nous n'avons aucune idée ! Sinon, comment aurait-il pu sortir de là ? J'imagine que Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom lui a enseigné quelques horribles secrets ! »

Toutes les têtes se tournèrent vers l'ex détenu quand il explosa d'un rire froid qui envoyait un frisson dans le dos de tous les adolescents présents. Ariana échangea un regard avec Beth, qui semblait terrifiée par ce qui se passait devant elle. Un ancien détenu et un professeur, un loup-garou qui plus est, venait de faire apparaître un homme supposé mort et envers qui l'évadé avait des envies de meurtre. Si leur soirée se finissait bien, ça serait un miracle.

« Voldemort, m'apprendre des secrets ? » S'offusqua Black.

Entendre ce nom renvoya une nouvelle vague de frissons dans l'échine d'Ariana qui serra ses doigts autour de sa baguette. Rares étaient ceux qui prononçaient le vrai nom de Voldemort, mais si Dumbledore le faisait sans problème, alors aucun de ceux ayant combattu pour la Lumière n'hésitait à le prononcer. Et les tremblements de Pettigrow quand le nom fut prononcé prouvé combien certains avait peur de ce nom.

« Tu as peur d'entendre le nom de ton maître. Je te comprends, Peter. Ses amis ne doivent pas être très contents de toi, j'imagine ? » Continua Black en souriant malicieusement

« Je ne vois pas… ce que tu veux dire, Sirius… »

On avait l'impression que l'homme était en train de fondre comme une glace en plein soleil tant il transpirait.

« Ce n'est pas de moi, dont tu t'es caché pendant douze an, Peter. Tu t'es caché des anciens partisans de Voldemort. J'ai entendu beaucoup de choses à Azkaban… Ils pensent tous que tu es mort, sinon, ils te demanderaient des comptes… J'en ai entendu qui criaient toutes sortes de choses dans leur sommeil. À les en croire, le traître les a trahis, eux aussi. Voldemort a retrouvé les Potter grâce aux renseignements que tu lui as donnés… Mais le pouvoir de Voldemort a été détruit ce jour-là. Ses partisans n'ont pas tous fini à Azkaban. Il y en a encore beaucoup qui sont en liberté, ils attendent leur heure en faisant semblant de regretter leurs erreurs passées… Et si jamais ils apprenaient que tu es toujours vivant, Peter… »

Pendant toute sa tirade il s'était rapproché de son ennemi, le faisant reculer dos à la porte, donc dos à Ariana sui pointait sa baguette sur le petit homme. Son cerveau tournait à mille à l'heure et cherchait le moindre défaut aux arguments de son père, mais elle ne voyait rien de faux. Tout concordait. Pettigrow se tourna alors vers Remus et se rapprocha de lui, cherchant désespérément sa protection.

« Tu ne crois pas toutes… toutes ses folies, n'est-ce pas, Remus ? »

« Je dois t'avouer, Peter, que j'ai du mal à comprendre pourquoi un innocent passerait volontairement douze années dans la peau d'un rat. »

« Innocent, mais terrifié ! Si les partisans de Voldemort me cherchaient, c'est parce que j'ai envoyé un de leurs meilleurs amis à Azkaban. L'espion Sirius Black ! »

Tout ce qu'il disait semblait être un discours soigneusement préparé pendant les douze dernières années. Seulement, ce discours ne tenait pas debout. Plus il ouvrait la bouche, plus il s'enfonçait.

« Comment oses-tu ? Moi, un espion de Voldemort ? Quand m'a-t-on jamais vu me mettre dans les bonnes grâces de gens plus forts et plus puissants que moi ? » Aboya Sirius. « Mais toi, Peter… Je ne conmprendrai jamais pourquoi je ne me suis pas tout de suite rendu compte que c'était toi, l'espion. Tu as toujours aimé avoir des amis plus forts que toi qui te protégeaient, n'est-ce pas ? À un moment, c'était nous… Remus, moi… et James… »

« Moi, un espion… Tu es fou ou quoi ? Jamais… Je me demande comment tu peux dire une chose pareille… »

« Lily et James ont fait de toi leur Gardien du Secret parce que je leur ai conseillé ! » Grogna Sirius.

Son ton était si menaçant que Pettigrow recula à nouveau d'un pas. La baguette d'Ariana n'était plus qu'à quelques centimètres de son dos. Encore un pas et il se sentirait pris au piège.

« J'ai pensé que c'était le meilleur plan… Un coup de bluff… J'étais sûr que Voldemort croirait que c'était moi. Il n'aurait jamais pensé qu'ils puissent confier leur secret à un être aussi faible et sans talent comme toi… Pour toi, c'était sans doute le plus beau moment de ta vie, n'est-ce pas, de pouvoir dire à Voldemort que tu savais où se trouvaient les Potter ? »

Pettigrow recula à nouveau, et sursauta quand il sentit le bout de la baguette d'Ariana s'enfoncer dans son dos. Il se retourna vivement, le visage paniqué. Ariana continuait de le fixer, ne voulant pas le lâcher des yeux. Il s'apprêtait à dire quelque chose quand un petit toussotement féminin les fit tous tourner la tête vers Hermione.

« Professeur Lupin. Est-ce que… est-ce que je peux dire quelque chose ? »

« Certainement, Hermione. » Autorisa son professeur, avec un petit sourire sur les lèvres.

« Eh bien, Croûtard… je veux dire… ce… cet homme… Il a dormi dans le même dortoir que Harry pendant trois ans. S'il est vraiment au service de Vous-Savez-Qui, comment se fait-il qu'il ne s'en soit pas pris à Harry jusqu'à maintenant ? »

La simple idée d'avoir dormi près de cet homme quand elle avait passé quelque temps au Terrier pendant l'été avant sa deuxième année dégoûtait profondément Ariana. Elle grimaça en pensant à toutes les fois où Harry aurait pu se faire tuer dans son sommeil.

« Et voilà ! Merci ! Tu vois bien, Remus ? Je n'ai jamais touché à un cheveu de Harry ! Pourquoi l'aurais-je fait, d'ailleurs ? »

« Je vais te dire pourquoi. » Répondit immédiatement Black.

On avait l'impression d'assister à un procès en temps réel, d'un côté l'accusation, de l'autre la défense, Remus qui servait de juge, et les cinq jeunes élèves servaient de jurés.

« Parce que tu n'as jamais rien fait pour personne tant que tu n'étais pas sûr que ça te rapporterait quelque chose. Voldemort s'est caché pendant douze ans, on dit qu'il est à demi mort. Tu n'allais tout de même pas commettre un meurtre sous le nez d'Albus Dumbledore pour le compte d'un sorcier moribond qui avait perdu tous ses pouvoirs. Avant de te remettre à son service, tu voulais être sûr qu'il soit à nouveau le plus fort. Et c'est pour ça cette raison que tu t'es fait adopter par une famille de sorciers, comme ça, tu étais au courant des dernières nouvelles, n'est-ce pas, Peter ? Au cas où ton ancien protecteur aurait retrouvé sa puissance et qu'il redevienne avantageux de le rejoindre. »

À nouveau, Hermione prit la parole, et ne savait vraisemblablement pas comment appeler Black.

« Heu… Mr Black… Sirius ? »

Ariana laissa échapper un sourire en coin en entendant la politesse avec laquelle son amie s'adressait à son père. Cela sembla d'ailleurs choquer l'homme qui leva les sourcils presque jusqu'à l'implantation de ses cheveux. D'un côté, Ariana était amusée, mais en même temps elle s'imaginait essayer elle-même d'interpeler l'homme. Comment devrait-elle l'appeler ?

« Si je peux vous poser la question… Comment… comment avez-vous fait pour vous évader d'Azkaban si vous n'avez pas eu recours à la magie noire ? »

« Merci ! C'est exactement ce que je voulais… »

Ariana releva sa baguette et Remus envoya un regard noir à Pettigrow, ce qui le fit taire rapidement. Sirius, lui, n'avait pas fait attention à la remarque du rat. Il était absorbait par ses pensées, un plissement entre ses sourcils se dessinant pour illustrer la réflexion dans laquelle il était plongeait. Ariana se demandait si elle aussi avait ses froncements de sourcils quand elle se concentrait sur un exercice.

« Je ne sais pas comment j'ai fait. Je crois que la seule raison pour laquelle je ne suis pas devenu fou, c'est que je savais que j'étais innocent. Et comme ce n »tait pas une pensée heureuse, les Détraqueurs n'ont pas pu la détruire en moi… »

Ariana frissonna en entendant le nom des créatures dont elle avait une sainte horreur.

« Mais c'est grâce à cela que j'ai gardé la raison… Cette pensée m'a permis de conserver mes pouvoirs… Et quand les choses devenaient trop… insupportables… je me transformais en chien. Les Détraqueurs sont aveugles, comprenez-vous ? Ils se rendent compte de la présence des gens en percevant leurs émotions… Et ils sentaient que mes émotions étaient moins… moins humaines… moins complexes lorsque j'étais un chien… Alors, ils pensaient que j'étais en train de devenir fou comme les autres et n'avaient aucun soupçon. Mais j'étais faible, très faible… et sans baguette magique, je ne pouvais pas espérer les repousser. Et puis un jour, j'ai vu Peter sur cette photo… Je me suis rendu compte qu'il était à Poudlard avec Harry… Dans une excellente situation pour agir, si jamais il apprenait que le Seigneur des Ténèbres avait retrouvé sa puissance… prêt à frapper au moment où il se sentirait soutenu… prêt à livrer aux Forces du Mal le dernier des Potter. S'il donnait Harry, qui pourrait affirmer qu'il avait trahi Lord Voldemort ? Il serait accueilli avec les honneurs… Il fallait donc que je fasse quelque chose. J'étais le seul à savoir que Peter était toujours vivant… »

Pendant tout son discours, Peter le fixait en hochant la tête, comme pour approuver ce qu'il disait, confirmant davantage la version de Sirius. Le sort était au bord des lèvres d'Ariana, qui ne voulait que se débarrasser de l'homme qui avait tué sa mère, mais elle voulait aussi entendre les explications de son père jusqu'au bout, alors elle préféra attendre.

« C'était comme si quelqu'un avait allumé un feu dans ma tête. Un feu que les Détraqueurs n'avaient pas le pouvoir d'éteindre… Ce n'était pas un sentiment heureux… C'était une obsession… Mais elle me donnait de la force, elle rendait mon esprit plus clair. Alors, un soir, quand ils ont ouvert la porte de ma cellule pour m'apporter à manger, je e suis faufilé dans le couloir sous ma forme de chien… Il est tellement plus difficile pour eux de sentir les émotions d'un animal qu'ils ne se sont rendu compte de rien… J'étais mince, très mince… Suffisamment mince pour me glisser à travers les grilles… Toujours sous mon apparence de chien, j'ai quitté l'île et j'ai nagé jusqu'à la rive opposée… Ensuite, je suis remonté vers le nord et je me suis introduit à Poudlard sous la forme d'un chien… Depuis, je suis resté caché dans la Forêt Interdite et à Pré-au-Lard… Sauf quand je suis venu assister au match de Quidditch, bien sûr… Tu voles aussi bien que ton père, Harry… Et je dois dire que tu m'as rendu fier quand je t'ai vu avec une batte à la main, Ariana… »

Il regardait alternativement les deux adolescents.

« Cela dit, j'ai bien cru que j'allais mourir de peur en te retrouvant dans la neige, inconsciente, juste avant Noël. Heureusement, j'ai reconnu ton amie… Beth, c'est ça ? Pour l'amener à toi. »

Beth hocha la tête pour confirmer son nom.

« Oui, on avait d'abord cru que vous vouliez jouer avec nous. Mais en voyant Ana allongée dans la neige, on a bien compris que c'était un miracle que vous nous ayez trouvés… Se rappela la jeune fille en frissonnant.

Ariana elle-même fit une grimace en se rappelant l'altercation avec son cousin, puis celle avec ses amis. Sirius l'observait attentivement, mais il dut finir par trouver ce qu'il cherchait, car il fixa ensuite Harry dans les yeux.

« Crois-moi. Crois-moi, je n'ai jamais trahi James et Lily. J'aurais préféré mourir plutôt que de les trahir. »

Et ENFIN, Harry avait compris. Il avait compris que ce que disait Black depuis le début était vrai, que le vrai coupable était le petit homme dodu qui couinait depuis une demi-heure dans son coin. Il hocha lentement la tête, les larmes aux yeux. Ariana sourit en comprenant qu'enfin son père avait une chance. Et Pettigrow le comprit aussi.

« Non ! » Cria-t-il en pleurnichant.

Il se trainait sur le plancher, salissant un peu plus sa robe de sorcier, en direction de Sirius qui le regardait avec dégoût.

« Sirius… C'est moi… C'est Peter… Ton ami… tu ne vas quand même pas… »

« Ne le touche pas la boule puante. Ou tu n'auras plus seulement un doigt en moins. » Menaça Ariana en se rapprochant.

Immédiatement, l'homme se recroquevilla avant de changer de cible.

« Remus ! Tu ne vas pas croire tout ça… Sirius te l'aurait dit s'ils avaient changé de Gardien du Secret… »

« Il ne me l'aurait pas dit s'il avait pensé que c'était moi, l'espion. C'est bien pour cette raison que te ne m'as rien dit, Sirius ? »

« Pardonne-moi. » Répondit celui-ci en baissant la tête, honteux.

« Bien sûr, Patmol, mon vieil ami. Et toi, tu me pardonnes d'avoir cru que c'était toi, l'espion ?

« Évidemment. »

Pour la deuxième fois de la soirée, un léger sourire se dessina sur le visage creusé par la fatigue de Sirius. Dans une synchronisation presque parfaite, les deux hommes relevèrent leurs manches.

« On le tue ensemble ? » Proposa Sirius en se tournant vers Peter.

« Oui. »

Ariana fronça cependant les sourcils. Elle fit abstraction des plaintes du condamné et réfléchit quelques secondes. Quelque chose n'allait pas. En réalité, plusieurs choses n'allaient pas. Tout d'abord, s'ils tuaient Pettigrow maintenant, la vérité mourrait avec lui. Ensuite, voir Remus, un homme si calme et paisible parler avec aisance de tuer un ancien ami, tout traître qu'il soit, ne passait pas très bien chez Ariana. Et surtout, la jeune sorcière n'avait aucune envie de voir son père tuer un homme lors de leur première rencontre.

Quand Peter tenta de supplier Beth, celle-ci essaya de le repousser mais il s'agrippait à sa robe, alors Ariana intervint rapidement et l'arracha de sa meilleure amie. Le rat la prit alors pour cible et lui saisit les bras. Il était si près qu'elle pouvait sentir l'odeur ignoble d'égouts, de terre et de mauvaise hygiène mélangées, lui donnant des haut-le-cœur.

« Belle et douce Ariana… si attentionnée… tu ne vas pas les laisser me tuer, n'est-ce pas ? S'il-te-plaît, jolie, Aria… Je ne t'ai jamais fait de mal, si ? »

Il fut arraché par Sirius, qui protégea sa fille en se mettant devant elle. Mais Ariana se replaça à côté de lui, sa baguette brandie devant elle.

« Vous avez tué ma mère, et vous m'auriez tuée aussi si vous en aviez eu le temps. » Déclara-t-elle sombrement.

Elle n'avait aucune envie de le tuer. Elle préférerait qu'il finisse mort et enterré pour ne plus jamais le revoir, mais elle ne voulait pas l'exécuter elle-même, ni voir son père et son parrain s'en charger.

« JE T'INTERDIS DE T'APPROCHER DE MA FILLE ! JE T'INTERDIS DE LUI PARLER ! ET JE T'INTERDIS DE LA REGARDER ! » Rugit Black, tremblant de colère en le repoussant.

Remus s'avança vers Pettigrow à son tour, baguette pointée sur son ennemi.

« Tu aurais dû comprendre que si Voldemort ne te tuait pas, c'est nous qui le ferions. Adieu, Peter. »

« NON ! »

Le cri ne venait pas seulement d'Ariana, mais aussi d'Harry, qui n'hésita pas à faire face aux deux hommes pour protéger celui qui avait trahi ses parents.

« Vous ne pouvez pas le tuer. Vous ne pouvez pas ! »

« Harry, c'est à cause de cette vermine que tu n'as plus de parents et que ma fille a dû grandir sans les siens. Ce lamentable détritus t'aurait même tué, toi aussi, sans le moindre scrupule. Tu l'as entendu. Sa répugnante petite personne avait beaucoup plus de valeur à ses yeux que toute notre famille. » Tenta de lui faire comprendre Sirius.

« Je sais. Mais il faut l'emmener au château. » Déclara-t-il.

Beth choisit alors ce moment pour dire ce qu'Ariana pensait également.

« Il doit être vivant s'il y a un procès. Il finira à Azkaban, et les Détraqueurs se chargeront de lui. La mort n'est pas la meilleure solution face à tout ce qu'il a fait. Et ne devenez pas comme lui. Encore moins devant Ana, s'il-vous-plaît. » Pria-t-elle d'une voix timide.

Sirius et Remus se retournèrent en même temps vers Ariana qui était restée figée devant la scène. L'attention qu'on lui portait la fit sortir de sa transe.

« Je ne pense pas que les parents d'Harry auraient voulu que leurs meilleurs amis soient des meurtriers juste à cause de ce déchet. Et d'après ce qu'on m'en a dit, je ne crois pas que ma mère aurait voulu cela non plus. »

Les visages des deux hommes s'adoucirent immédiatement en entendant leur protégée parler. Sirius sourit même, malgré la tension de la dernière heure, retrouvant en sa fille des qualités qu'il aimait tant chez Elisabeth. Elle était certes le portrait craché de son père, mais à l'intérieur elle avait l'âme de sa mère.

« Il ira à Azkaban. » Répéta Harry d'un ton définitif. « Si quelqu'un mérite d'être enfermé là-bas, c'est bien lui… »

« Très bien. Écartez-vous, Harry. » Accepta Remus, puis, devant l'hésitation du jeune homme, il ajouta : « Je vais simplement le ligoter. Je vous promets que je ne lui ferai rien d'autre. »

Dès qu'il s'écarta, Remus se mit au travail, invoquant des cordes pour le bâillonner et le ligoter.

« Mais si tu te transformes en rat, Peter, cette fois, nous te tuerons. Tu es d'accord, Harry ? » Proposa Sirius en grognant.

L'adolescent acquiesça et se replia vers son meilleur ami pour l'aider. Le temps que Remus s'occupe de lui mettre une attelle, Ariana se rappela que quelqu'un d'autre se trouvait dans la pièce. Elle se rapprocha de son professeur de potions toujours inconscient. Elle vérifia qu'il respirait bien et fut soulagée de voir qu'il était toujours vivant. Elle s'en voulait un peu de l'avoir balancé à l'autre bout de la pièce sous le coup de l'émotion. Il l'avait cherché, mais il restait quand même l'un des professeurs qu'elle avait toujours respecté, et réciproquement.

Remus s'agenouilla près d'elle pour s'occuper de lui, et confirma qu'il n'avait rien de grave.

« Il est seulement assommé. » La rassura-t-il. « Vous avez simplement fait preuve d'un peu trop d'enthousiasme. Toujours inconscient. Il vaut peut-être mieux ne pas le ranimer avant d'être revenu au château. On va l'emmener comme ça. Mobilicorpus. »

Rogue fut soulevé du sol par une force invisible. Ariana mit dans un coin de sa tête cette nouvelle formule qui pourrait lui être utile à l'avenir.

« Il faudrait que deux d'entre nous s'enchainent à cette chose. Par mesure de précaution. » Dit alors Sirius en montrant Pettigrow d'un geste du pied.

Ariana se porta immédiatement volontaire, mais sa proposition fut immédiatement refusée.

« Certainement pas. Tu ne t'approches surtout pas de lui. » L'en empêcha Sirius, appuyé par Remus.

« Non, c'est hors de question. Je vais le faire. »

« Et moi aussi. » Se proposa alors Ron sans lâcher Peter des yeux.

Pour lui, c'était comme une insulte de voir que son animal de compagnie n'était en fait qu'un traitre, un lâche, qui avait fait tuer les parents de son meilleur ami. Mais surtout, c'était personnel car il ne s'était jamais rendu compte de la supercherie.

Sirius s'occupa de mettre les menottes au prisonnier et à ses geôliers avant de prendre en charge le corps du professeur Rogue. Tous ensemble, ils sortirent de la pièce derrière la boule de poil orange appartenant à Hermione.


Un petit commentaire ? :3


Prochainement...

Une discussion chargée en émotions, une pleine lune, une autre discussion chargée aussi en émotions, et la remise en liberté de deux innocents. Il y a de quoi faire...