Jours d'action 2
Harry, l'air vachement plus détendu que la semaine précédente, entama la discussion.
- Déjà, merci à tous d'avoir signé des petits bouts de papiers sans poser de questions toute la - semaine, ça a été très utile.
- Je me demandais bien à quoi ça pouvait servir, avoua Hermione, mais vous aviez l'air tellement concentrés que je n'ai pas osé.
Son ami se passa la main dans les cheveux, embarrassé.
Neville le relaya.
- On avait besoin de savoir qui pouvait écrire à Harry sans se faire intercepter, mais les résultats qu'on a eus sont beaucoup plus bizarres qu'on ne l'aurait pensé !
- Vraiment ? fit Ginny. Par exemple ?
- Eh bien, reprit Harry, l'air de nouveau sérieux, en fait tout mon courrier est intercepté. Aucune d'exception.
Ils se turent un moment, le temps d'assimiler l'information, puis parlèrent tous en même temps.
- Ça n'est pas possible…
- Mais tu reçois du courrier !
- Et cette notice du Ministère ? Sans parler de Gringotts !
- Et le journal ! Les deux journaux !
Le brouhaha se résorba finalement et ils se calmèrent. Neville et Harry riant sans se cacher de ce qui avait du être leur première réaction à eux aussi.
- D'abord, entama Harry, je ne reçois pas le journal. Hermione reçoit le Prophète et Luna le Chicaneur. Toutes les deux me l'offrent parce qu'elles pensent que je devrais être mieux informé. Merci, d'ailleurs. Mais les abonnements sont à leur nom, pas au mien.
- Pour le reste, poursuivit Neville, on l'a appris par essai et erreur. On a envoyé à Harry tous les bouts de papier avec nos signatures, déguisés en petits mots inoffensifs comme on peut s'en envoyer entre classes, et le résultat c'est que ceux d'Hermione et de Ron passent. Personne d'autre. On n'a pas pu tester McGonnagal mais jusque là tous les courriers officiels de Poudlard passent donc on pense qu'elle est sur la liste, mais Ginny, Luna et moi, rien du tout.
- Pire, enchaine Harry sans leur laisser le temps d'argumenter, on s'est débrouillés pour faire Chourave et Sinistra m'envoyer un mot en rapport avec leurs classes et rien n'est arrivé.
- Chourave n'était pas contente quand on est allés lui parler. Apparemment Harry a la réputation d'être « oublieux »…
- Je crois qu'elle voulait dire mal élevé et irrespectueux, en fait, commenta Harry avec amertume.
- … mais on a demandé aux professeurs de ne pas le « pénaliser » pour de petites choses, Papa Dumbledore s'en chargera.
- Et maintenant, éclata le brun, je me demande si les réactions de Rogue viennent de là ! Qu'est-ce qu'il attendait de moi que je n'ai pas fait ?!
- Je ne sais pas, fit prudemment Ron, mais vous avez remarqué que depuis qu'on s'applique en classe, il nous ignore pratiquement, hein ?
- Tu crois, fit Hermione pensivement, qu'il aurait pris notre manque de progrès pour une insulte ?
- Peut-être qu'il a envoyé des conseils ? hasarda le rouquin. Une liste de livres à lire ? Un ordre de venir lui parler ? C'est vraiment difficile de savoir ce qui est normal quand toutes les lignes de communications sont coupées. Mais tu as raison, fit-il en s'adressant à Harry, ses réaction paraissent exagérées, vues de cet angle-là. Il pourrait toujours être un con fini…
- Ou il pourrait y avoir autre chose, mais on n'en sait rien, coupa Ginny, impatiente. Assez perdu de temps sur les « il se pourrait » ! Quels autres résultats vous avez eu ?
- Gringotts m'envoie un rapport bancaire tous les trimestres, répondit Harry sombrement. Adressé à moi personnellement, et à aucune autre personne, pour mon information en tant que détenteur du compte. Jamais vu l'ombre d'un.
- Ça, fit Hermione après un moment, c'est très mauvais.
- Tu crois ?! cracha le brun. Pardon, pardon, reprit-il immédiatement.
- C'était une remarque stupide, reconnut-elle en souriant.
- Ces expériences ont été un peu perturbantes, avoua le garçon. C'était vraiment bizarre de regarder Neville m'écrire et de voir le hibou en face de moi partir dans une autre direction. A chaque fois.
- Une chose que ça nous apprend, c'est que l'excuse que c'était pour protéger Harry de ses admirateurs et de gens mal intentionnés ne fonctionne plus. Trois organismes devraient être sur la liste des autorisations en priorité : Poudlard, le Ministère et Gringotts. Harry ne peut pas se permettre d'ignorer ces courriers-là s'il veut vivre dans le monde magique.
- Mais quelqu'un a décidé pour moi que je n'ai pas besoin de savoir ce qui se passe, et donc m'a bloqué du reste du monde, fit Harry amèrement.
- Dans un premier temps, reprit Neville, on a cru que c'était simple : quelqu'un avait jeté sur Harry bébé un sort de Censure de courrier, avec, comme on n'arrête pas de le répéter, une liste des expéditeurs autorisés.
- Mais en fait, et on l'a vérifié, tout le courrier est détourné. Dans les deux sens. Ce qui se passe, c'est que certaines lettres sont relâchées et d'autre non.
- Mais qu'est-ce que ça veut dire ? demanda Hermione dont le front se plissait de plus en plus.
Les deux garçons échangèrent un regard.
- Ce que ça veut dire, répondit Harry, c'est que ce n'est pas un sort de censure, mais un sort de redirection. Tout le courrier adressé à Harry Potter ou le Garçon Qui A Survécu est dirigé vers quelqu'un d'autre, qui le trie et me renvoie ce qu'il ou elle veut bien que je reçoive.
- Je pense que je devrais être plus choqué, fit Ron après un moment, mais je suis juste un peu surpris. Désolé, Harry.
Son ami soupira et lui adressa un sourire un peu triste.
- Ça va. J'ai fait du scandale pour deux ou trois personnes…
- Ou même le groupe entier, glissa Neville, qui reçut un regard irrité en retour.
- Mais maintenant ça va. C'est bien à ce genre de magouille qu'on s'attendait, non ?
Hochements de tête à la ronde.
- Oui, accorda Hermione. On savait que quelque chose n'allait pas avec ton courrier. A ce point, je soupçonne que rien n'aurait été moins blessant.
Harry pinça les lèvres sans rien dire et Ron intervint avec réluctance.
- Je regrette d'être du côté négatif cette fois, mais si, c'est en fait un peu pire. Pas beaucoup, parce que c'est l'intention qui compte, mais un sort de censure aurait pu être oublié ou établi trop sévèrement et jamais révisé. Ça aurait pu être une erreur honnête ou une exagération en tout cas, c'était une action dans le passé. Mais ce que votre expérience nous dit c'est que dix ans après, en ce moment même, un salopard continue de lire nos lettres et de décider si Harry va les recevoir !
Il aurait du passer ce détail sous silence, il le savait, dans le but de conserver la paix précaire qu'ils avaient établi, mais il ne fallait pas lui en demander trop. Il avait dit la vérité, et ça le frappait en plein cœur : en ce moment même, alors qu'ils se débattaient pour s'en sortir, un abruti quelconque les prenait encore pour des marionnettes. Ça ne passait pas.
C'est Neville qui sauva la situation cette fois.
- Les bonnes nouvelles, fit-il sans s'occuper de l'atmosphère définitivement assombrie par les paroles du rouquin, c'est que ça va nous rendre les choses plus faciles.
Même Ron en fut tout surpris et en oublia sa colère.
- Comment ? demanda Ginny. Je penserais qu'au contraire ce serait plus difficile d'éliminer l'obstacle maintenant qu'on sait que c'est une personne et pas un sort.
Harry rit, enchanté.
- C'est ce que je me suis dit aussi ! Mais Neville est plus malin que nous !
Le jeune garçon en question rougit.
- Hem. Non, mais j'ai peut-être plus l'habitude que vous des phénomènes magiques. Le fond de la chose, c'est que ce n'est pas très important, au moins dans la pratique, qu'il y ait une personne dans le trafic ou non.
- Alors qu'est-ce qui est important ?! coupa Ginny, incrédule et outragée.
- Que le sort qui cause tous ces dégâts soit posé sur Harry. Parce que ça veut dire qu'il peut l'enlever quand il veut.
Une minute de silence, puis Hermione, le front plissé, intervint.
- Attendez, je ne comprends pas ! Que va faire l'intrus quand il va s'en apercevoir ? Et il va s'en apercevoir tout de suite !
Après quelques minutes de brouhaha où chacun s'efforçait à la fois de faire entendre son opinion et d'obtenir des réponses, c'est Luna qui rétablit le silence. Sa voix claire s'éleva au-dessus des autres et capta leur attention.
- Ce que Neville s'efforce de dire, je pense, c'est qu'il y a une différence profonde entre « charmé » et « enchanté ». Un objet enchanté devient un objet magique, et il est possible, pendant la création, d'établir un lien entre lui et la personne qui l'a crée. Un sorcier ne peut pas être enchanté parce qu'il est déjà magique et donc, la plupart des sorts lancés sur lui ou elle seront « posés » sur sa peau, pour ainsi dire. Comme les sorts de Fred et George qui rendent une personne orange ils ne sont pas « orange », ils ont simplement un sort « orange » posés sur eux ou sur leurs vêtements, qu'on peut enlever plus ou moins facilement.
- Heu, fit Ron après un moment où ils essayèrent tous de digérer l'information qu'ils venaient de recevoir. Traduction, quelqu'un ?
Hermione regardait Luna, comme assommée et Ron se demanda ce que ça faisait d'être de l'autre côté du pupitre et de ne pas comprendre un mot de ce que l'autre vous dit.
- Luna a très bien résumé la chose, dit Neville, faisant Ginny grogner et s'écrouler un peu dans ses coussins. Non, vraiment ! fit-il en riant. En gros, enchanter quelque chose est le changer fondamentalement, changer sa nature profonde. Un objet enchanté devient magique et le reste, peu importe que trois siècles passent ou que son enchanteur meure. C'est de la création magique. On ne peut pas affecter un autre sorcier de cette façon, pas sans le tuer d'abord.
- Pardon ?! s'exclama Ron, horrifié.
Neville lui envoya un regard en coin avant de détourner les yeux et de regarder ses mains, et c'est Harry qui pris le relais avec une expression dégoutée.
- Apparemment il y a un taré qui a expérimenté avec des cadavres, et oui, Nicole, quelle merveille, les cadavres peuvent être enchantés après leur mort ! Bon, ils deviennent agressifs et mangent les gens, mais…
- C'est bon, Harry, fit Neville, sonnant presque amusé, le traitre. Ron pensa qu'il allait peut-être vomir.
- La version courte, s'il te plait, fit Ginny, sonnant au bord de la nausée.
- On n'enchante pas les sorciers, résuma Neville. On les « charme ». On pose sur leur peau, ou leurs vêtements, ou un objet proche, un sort qui les affectera. Il y a deux sortes de charmes : ceux qui changent le sorcier lui-même et ceux qui changent son rapport au monde. Les premiers sont temporaires, pour les raisons que je viens d'expliquer : les sorts médicaux, les changements d'apparence, etc. Les seconds, vous les avez vus : une personne ne devient pas orange, ça n'est pas sa nature, elle est juste en contact avec un sort qui la fait paraître orange. De la même façon, elle peut être charmée pour voir les autres en orange. Ces sorts là durent jusqu'à ce qu'on les arrête, que ce soit leur instigateur ou quelqu'un d'autre. Tout ça est très grossièrement résumé, fit-il d'un ton d'excuse, et il y aurait tellement à dire, et tellement d'exceptions… ! On dit que dans le temps, il y avait des classes en Enchantement, mais maintenant il ne nous reste que Transfiguration…
Hermione ouvrit la bouche pour poser une question, les yeux brillants, puis la referma et secoua la tête.
- Et donc dans le cas qui nous préoccupe ? fit-elle brièvement.
- Le sort est posé sur Harry, son instigateur ne se rendra compte de rien si on le brise. De plus, la situation joue un peu pour nous.
- Il était temps, râla Ron à voix basse.
- Ça fait cinq ans maintenant qu'Harry est revenu dans le monde magique, c'est très possible que les gens se fatiguent de lui écrire sans recevoir de réponse. Le plus bizarre, et il faudra qu'on en tienne compte, ce seront les lettre officielles. Mais même comme ça, il devrait falloir un moment à notre curieux pour réaliser qu'il ne reçoit plus rien du tout. Et si c'est la personne qu'on soupçonne…
Harry tourna la tête sans rien dire.
- … alors il ne pourra agir qu'à la fin de l'année, et de toute façon, il ne peut pas faire grand chose. Après tout, c'est assez normal qu'une personne reçoive son courrier, fit-il avec pas mal d'ironie. Je recommanderais quand même qu'Harry choisisse des options avec plus de sûreté pour son futur courrier, pour éviter une répétition de ce genre de chose.
Hermione hocha la tête. Ginny avait l'air songeur. Luna continuait à rayonner.
Ron choisit de poser les questions qui s'imposaient (en tout cas à son avis).
- Donc on va arrêter le sort, et ni vu ni connu, les lettres adressées à Harry vont lui arriver ?
Harry et Neville approuvèrent de la tête.
- Mais qu'est-ce qu'on va en faire, de ce courrier ? Des lettres de fans ? Des piégées, parce qu'il y en aura surement ? Et quid des lettres déjà arrivées ?
Harry le regardait avec surprise, mais Neville approuvait au fur et à mesure, et ce fut lui qui répondit.
- Si tu te rappelle bien, on avait déjà le projet d'une lettre-type pour les fans. Je pense qu'il est temps de l'appliquer. L'elfe-qu'il-ne-faut pas nommer…
- Tabouret ! rit Harry.
- Tabouret a accepté de nous livrer le plus gros du courrier déjà arrivé ici, où il y a de la place.
- Certaines des expériences qu'on a faites, enchaina Harry, concernaient non pas ce qui arrivait à mon courrier ou qui s'en était mêlé, mais où il avait pu passer.
- La personne à l'autre bout pense visiblement être la seule à pouvoir manipuler les choses, parce que sa sécurité est inexistante, renchérit Neville. Il a suffi de quelques sorts inoffensifs sur le papier des lettres pour que nous puissions les suivre. Il y a une cache énorme de courrier dans une maison déserte quelque part à l'ouest, que l'autre ne visite jamais, juste un dépôt. On peut le vider sans conséquences. Par contre, je suggère qu'on apprenne vite tous les sorts en rapport avec le courrier, comme le triage et le repérage de courrier dangereux, parce qu'il y en apparemment beaucoup.
- A votre avis, qu'est-ce qu'il y a dedans ? demanda Ginny avec curiosité.
- Eh bien, à part les innombrables lettres de fans…, plaisanta Neville qui se reçut un coussin sur la tête pour sa peine.
- Je ne sais pas s'il aura laissé mes relevés de banque dans le tas, commenta Harry. A ce point, ça n'a plus grande importance, tant que je suis le seul à recevoir les nouveaux.
- Peut-être quelques lettres de gens voulant te remercier pour Voldemort, réfléchit Hermione. Au moins au début.
- Des petites grand-mères t'envoyant des biscuits ! rit Ginny.
- Des propositions commerciales seraient logiques, pointa calmement Luna. Je suis sûre qu'avant de publier les Aventures de Harry Potter et autres, la plupart des éditeurs ont cherché à joindre un responsable légal. Puis ils se sont sans doute rendu compte que personne ne semblait réagir et en ont profité. Il serait intéressant d'intervenir aussi de ce côté-là, Harry.
- En leur disant quoi ? fit Harry, dubitatif. « Arrêtez de publier, ça ne me plait pas ? »
- Logiquement, s'ils ne te versent pas d'argent et n'ont pas ta permission, ni celle de ton responsable légal, ni les livres ni l'argent ne leur appartiennent. Je suis à peu près sûre que n'importe quel tribunal aurait la même conclusion, répondit-elle.
- On verra, grogna-t-il.
- Dans le tas, annonça Ron qui avait réfléchi pendant toute la conversation, il devrait y avoir au moins une lettre de chaque personne qui t'a rencontré une fois, Harry, et qui n'a plus jamais donné de nouvelles.
Il se trouva la cible des regards.
- Hein ? résuma sa sœur.
- Réfléchissez. Neville nous dit depuis le début que le courrier est une des bases de la société magique. Harry devrait normalement avoir reçu une ou deux lettres de gens simplement pour dire : Comment vas-tu depuis la dernière fois? Vas-tu à la fête vendredi ? Veux-tu venir passer les vacances dans ma famille ?
- Tous les héritiers doivent l'avoir fait au moins une fois, reconnut Neville. Quoi ? fit-il devant le regard atterré d'Harry. Je t'ai dit qu'on était élevés comme ça ! On s'écrit à chaque anniversaire, et à chaque fête…
- Tu veux dire, articula nettement le brun, que je peux avoir une lettre de Malfoy dans mon courrier ? Une lettre d'anniversaire ?
- Avec un cadeau, oui, reconnut Neville.
Ron ne put s'en empêcher : il éclata de rire et se roula presque par terre en voyant la figure de son ami. Oui, dans toute cette histoire, le pire était certainement de recevoir un cadeau d'anniversaire de Malfoy !
Quand il eut repris son souffle, il interrompit l'échange de plaisanterie qui se poursuivait.
- Il faudra voir. Mais moi je pensais plutôt à Krum.
Il eut de nouveau l'attention de tout le monde.
- Viktor ?! s'exclama Hermione, surprise.
- Ouais, Vicki, ronchonna Ron, toujours vexé d'avoir rencontré sa star de Quidditch favorite et qu'il se soit pris d'amitié pour Hermione, entre tous.
- Ron ! reprocha-t-elle, un peu amusée.
- Ouais, ouais, soupira-t-il. Mais vous n'allez pas me faire croire que qu'un d'aussi rigide que Vicki…
- Ron !
- …n'ait pas écrit une seule lettre à Harry pour lui demander comment il se porte depuis le Désastre.
Ils frémirent tous. Le désastre : la Coupe de feu. Ils n'en parlaient qu'à mots couverts.
C'est Harry qui se reprit le premier.
- Tu crois vraiment qu'il se fatiguerait ? Sûr, il a été grand dans toute cette histoire, mais il est très occupé…
- Il m'a écrit, intervint Hermione, les sourcils froncés. Deux fois. Et je ne me suis même pas posé la question, je suis tellement habituée à ce que tu ne reçoives pas de courrier, jamais, pardon…
Harry l'excusa d'un geste.
- Mais Ron a raison : c'est étrange. Et si on y réfléchit, Fleur…
- C'est encore plus étrange, coupa Ron. Je veux dire, elle te dit que tu as sauvé la vie de sa sœur. Elle insiste que sa sœur te doit une dette magique. Tu crois pas qu'elle t'écrirait au moins une fois pour te remercier encore ?
- Sans compter, glissa Ginny, que Gabrielle est une fan aussi, maintenant. Elle aurait dû t'écrire.
- Et on sait, assena Ron, que leurs parents sont haut placé en France, peut-être du niveau des Malfoy ou quelque chose comme ça. Ils devraient nous avoir écrit une lettre officielle de remerciement, peut-être une invitation…
- Peut-être même, fit Hermione qui s'agitait, un remerciement pour avoir évité un incident international !
Harry, comme toujours, était le sceptique.
- Je me rappelle avoir sauvé la fouine d'être éventrée par un hippogriffe, remarqua-t-il, et je n'ai jamais reçu le moindre remerciement.
Neville fronça les sourcils à son tour.
- C'est bizarre. Je veux dire, Draco est un sale gosse, pas de doute, et son père pourrait ne pas vouloir reconnaître sa dette pour des raisons politiques, mais sa mère aurait du t'écrire, Harry.
- Pour dire quoi ? « Merci d'avoir sauvé mon fils qui est un idiot ? »
Sous les éclats de rire, un Neville pince-sans-rire lui répondit.
- On reconnaît généralement le droit des mères à aller droit au but.
Quand ils furent calmés, c'est Ginny qui résuma.
- On risque donc d'avoir des bonnes surprises dans le tas. Harry pourrait être moins isolé qu'il ne le pense, il pourrait y avoir plus de gens bien en Angleterre…
- Et ailleurs, souffla Luna.
- Et ailleurs qu'on ne l'aurait cru. Des gens pourraient écrire à Harry pour lui demander comment il va, ce qui serait quand même la moindre des choses !
- C'est difficile à croire, reconnut Harry. Je m'attends généralement au pire…
- T'inquiètes pas, blagua Ron, on sait au moins qu'il y a quatre ans de notes de professeurs en retard qui t'attendent.
Son ami grogna, au grand amusement des autres.
- Ron, fit Hermione d'une voix pleine de reproches, alors que ses yeux brillaient. Laisse Harry un peu de temps avant de devoir aller s'excuser devant Chourave de ne pas avoir répondu à sa lettre d'il y a deux ans.
- Hermione ! geignit son ami. Toi aussi, ma fille ?!
Et comme beaucoup de leurs réunions désormais, tout se fondit dans les rires.
A Suivre.
