- Hermione…

Allongé sur le ventre, toutes les couvertures tombées au sol et le visage enfoncé dans l'oreiller, Drago ne put s'empêcher de gémir le prénom de sa voisine de chambre. Réveillé par un rêve d'un érotisme fou, dans lequel la Gryffondor avait le rôle-titre, le garçon blond ne put ignorer les conséquences qu'avait eues le songe sur son corps. Les cheveux trempés, les muscles tendus et le corps en nage, Drago poursuivit son rêve d'une intensité troublante, la respiration saccadée et les lèvres entrouvertes. Alors qu'il s'imaginait déshabiller la femme brune dans toutes les pièces de la maison, il laissa glisser sa main jusqu'à sa virilité à présent durcie par le désir et l'anticipation du plaisir qu'il allait ressentir dans quelques minutes. Continuant à répéter le prénom de la lionne, telle une douce litanie, il laissa de violents frissons le parcourir de part en part avant de sombrer dans une jouissance infinie, tout en prenant soin de mordre l'oreiller pour que ses gémissements et autres soupirs rauques n'arrivent pas aux oreilles de la jeune femme.

Une fois l'onde de plaisirs passée, le Serpentard se décontracta et ouvrit péniblement les yeux. Comme toujours, après ce genre de séance solitaire, il se sentait seul à en crever, alors que celle qu'il voulait était si près de lui. Quoique depuis deux jours et leur escapade chez le vieux cinglé, ils s'étaient à peine croisés, Hermione s'étant replongée dans les livres pour découvrir l'identité du Mangemort, alors que Drago passait presque toutes ses journées en compagnie de sa mère, craignant qu'elle se sente seule dans une maison qui n'était pas la sienne. Néanmoins, ils avaient décidés qu'ils partiraient aujourd'hui chez les Granger, l'endroit était plus sûr que la maison des Malefoy pour le moment. Bien qu'agacé de devoir quitter son foyer, le jeune homme ressentait une certaine hâte à l'idée de découvrir le cocon familial de sa femme, sa ville de moldue et ses parents moldus. Ce petit séjour allait être épique, il en était certain. Lentement il se releva et observa son immense lit, il se dit alors qu'un tel lit devrait être réservé pour deux personnes et non une seule, que ce genre de lit était fait pour l'amour et pour sentir un corps bien chaud collé au sien, et non pas pour y laisser autant de place.

D'un bond, pas très gracieux pour une fois, il s'extirpa de son lit pour aller prendre une douche avant d'enfiler un pantalon à la va vite. Une fois dans le couloir, il bifurqua sur la droite et se retrouva devant la porte fermée de l'étudiante, et sans une once de gêne, pénétra à l'intérieur. Les rideaux rouges cachaient partiellement la lumière du soleil, ses rayons donnaient à la chambre une teinte orangée, et dans ce cadre magnifique, se trouvait une petite femme roulée en boule sur son lit, les cheveux cachant son visage. A pas feutrés, il s'approcha d'elle et prit place à ses côtés. Le sommeil de la belle était lourd, le rythme de sa respiration était calme, posé et régulier. Le garçon s'attarda alors sur ses jambes dévêtues, une réelle torture pour Drago, qui sentit son corps réagir instantanément à cette vue, à croire que ses séances de bien-être matinales ne suffisaient plus. Il aurait souhaité la réveiller en l'embrassant et en la caressant, cependant, il savait pertinemment que la réaction d'Hermione aurait été terrible, c'est pourquoi il opta pour une autre option. Il s'avança en direction des rideaux et tira d'un grand coup sec dessus, illuminant ainsi la chambre brutalement. Et c'est avec plaisir qu'il vit sa compagne gémir en se couvrant les yeux tout en étirant ses jambes.

« Ces jambes… Je pourrais les regarder sans ciller toute la journée… », pensa aussitôt Drago, se retenant difficilement de pousser un grognement guttural.

Il observa la jeune fille se réveiller, tout aussi difficilement que lui, et se redresser dans son lit, les yeux hagards et les cheveux… Il n'y avait pas de mots pour les décrire.

- Mais qu'est-ce que tu fiches ici toi…, geignit-elle d'une voix pâteuse.

- Je suis venu te réveiller, il serait temps d'y aller, répondit-il doucement.

- Frapper à la porte aurait été trop difficile ? répliqua-t-elle en se passant les mains dans les cheveux.

- Je n'aurais pas eu le plaisir de te voir toute nue sous mes mains si j'avais frappé, murmura-t-il en souriant.

Hermione, estomaquée, se cacha derrière son drap, la bouche grande ouverte.

- Tu n'as quand même pas osé…, articula laborieusement la jeune fille.

- Non Granger ! Je n'ai pas osé ! Maintenant va te laver, te changer et pour l'amour du ciel, va te coiffer ! se moqua-t-il en regagnant la porte, sans pour autant la lâcher des yeux.

- Et toi, si tu pouvais enfiler un pull, je ne dirais pas non ! rétorqua-t-elle, cette fois-ci, totalement réveillée.

- Arrête de mentir petite lionne, je sais que tu adores me voir torse-nu, fanfaronna-t-il avant de fermer la porte derrière lui.

A peine avait-il fait un pas qu'il entendit un objet lourd s'écraser violemment contre la porte.

- Et pas la peine de détruire la chambre de dépit ! s'écria-t-il en se retenant difficilement de rire franchement.

Il n'y avait pas à dire, cette femme était faite pour lui.

Assis dans le salon, ses valises définitivement bouclées, Drago patienta jusqu'à l'arrivée d'Hermione, qui ne tarda pas à le rejoindre, quelque peu tendue. Elle s'avança vivement vers le garçon, le regard perçant et emplis d'inquiétude.

- Tu vas bien te conduire n'est-ce pas ? s'enquit-elle nerveusement.

- Granger, laisse-moi un peu tranquille, ronchonna-t-il en se levant.

- Je ne veux pas que mes parents aient une mauvaise image du monde sorcier, et tu es une mauvaise publicité ambulante !

- Si tu continues à me harceler, je finirai peut-être pas être de mauvaise humeur pour de bon, menaça le garçon.

- Très bien, très bien… Mais je garde un œil sur toi ! trancha-t-elle sèchement.

- Tu peux même garder les deux yeux sur moi, lui murmura-t-il à l'oreille avant de rejoindre le pallier, ravie de voir la jeune femme se raidir à ses mots.

Une fois les deux étudiants dehors, Drago prit soin d'ensorceler la maison pour que personne ne puisse y pénétrer, bien que le Mangemort ait su à deux reprises comment contourner ce sort, et se retourna pour faire face à Hermione, cette dernière étant de plus en plus agitée.

- Bon, tu as retenu mon adresse ? Parfait ! fit-elle sans même attendre la réponse de son interlocuteur. J'y vais en premier, et ne te perds pas en route !

La Gryffondor transplana alors à son domicile. Drago fit de même et se retrouva devant une petite maison à l'allure plus moderne que sa propre maison. Le quartier était assez grand et réellement trop peuplé au goût du garçon, celui-ci était habitué à habiter dans un grand terrain vaste, sans voisins ni agitation. Hermione se posta brusquement devant lui et posa son indexe sur son torse, au grand plaisir du garçon, d'un air menaçant.

- Pas un mot de travers Malefoy, est-ce bien clair ?

- Pas un mot ! Juste quelques gestes de travers…, répondit-il sournoisement, la main sur le cœur, mimant un serment.

- Bon… Allons-y…, soupira Hermione en ouvrant la porte.

- Ah j'oubliais ? Ils sont au courant de ta longue mésaventure de l'année dernière ? demanda-t-il d'un air faussement innocent.

La Gryffondor allait répliquer quand on la souleva dans les airs avec force et dans un grand éclat de rire.

- Ma chérie ! Tu es enfin là ! s'écria joyeusement un homme qui devait être son père.

- Oui papa, mais s'il te plait, repose moi par terre, dit-elle en souriant.

Le père l'embrassa encore une fois sur les deux joues avant de la reposer au sol. Puis vint le tour de sa mère, qui apparut dans le petit hall pour prendre sa fille dans les bras, de façon moins brutale cette fois-ci, avant de lui demander chaleureusement :

- Comment vas-tu ? Tu n'es pas trop fatiguée ?

- Non maman, ça va, je suis venue en transplanant, expliqua-t-elle pour la rassurer.

- Ah oui c'est vrai ! Un pouvoir que j'aimerais vraiment avoir, cela m'empêcherait d'arriver en retard au cabinet et de me faire enguirlander par ton père ! s'exclama telle en riant.

- Arrête ça ! Elle va penser que je suis terrible avec toi au travail ! s'offusqua le père de famille avant de rire aux éclats.

Drago resta médusé devant un tel spectacle. Certes, il avait toujours été choyé et aimé par ses parents, mais jamais ils ne les avaient vu rire à gorge déployée et se taquiner de la sorte. Ils s'étaient aimés, cela était indéniable, mais sans le montrer, dans la demi-mesure, contrairement aux parents d'Hermione. Quand enfin ils se lassèrent de s'envoyer des blagues, ils se retournèrent d'un bloc pour faire face à Drago.

- Oh Hermione ! Tu ne nous présentes pas à ton camarade de classe ? s'enquit sa mère en gratifiant le Serpentard d'un regard aimable.

- Oui bien sûr… Mal… Euh… Drago, je te présente ma mère, Lena et mon père Alaric, présenta-t-elle le sourire crispé.

- Enchanté, dit Drago d'une voix claire et posée, sans pour autant sourire.

- Maman, papa, je vous présente Drago Malefoy, un… camarade à moi, parvint-elle à dire, sans réussir à prononcer le mot « ami ».

- Bienvenu Drago, tu es ici chez toi, souffla Alaric en lui tendant la main, que Drago serra, les traits tendus.

Hermione observa la scène d'un regard attentif et inquiet, quand, soulagée, elle comprit que Drago se retenait de ne pas s'essuyer la main après avoir serré celle de son père. Avant que sa mère ait la bonne idée de lui faire les bises, elle s'exprima d'une voix forte :

- Je meurs d'envie de poser mes affaires dans ma chambre, et montrer à Mal… à Drago, celle qu'il va occuper cette semaine.

- Oui bien sûr, je vais t'aider à…, commença Alaric en amorçant un geste vers les valises de sa fille.

- Non merci ! Je vais tout porter comme une grande, coupa-t-elle précipitamment. Tu me suis ? chuchota-t-elle au garçon blond avant de monter les marches de l'escalier.

Drago la suivit en silence, examinant chacune des photos qui ornait le mur. Il pouvait y voir une Hermione bébé, une Hermione à 3 ans, une Hermione à 10 ans et ainsi de suite, ce qui le fit rire doucement.

- Bon, voilà ta chambre, dit-elle en entrant dans une petite pièce, bien plus petite que sa chambre, mais infiniment plus accueillante et chaleureuse.

Le Serpentard s'avança lentement et arpenta la pièce en étudiant chaque recoin de la chambre, pour finalement s'arrêter devant un objet imposant.

- C'est une télévision c'est ça ? interrogea-t-il, vivement intéressé.

- C'est ça oui, elle était dans ma chambre, mais finalement je l'ai mise ici. Je la regarde de temps en temps. Mais rester amorphe devant la télé ce n'est vraiment pas mon truc.

- Petite cette chambre, railla-t-il.

- Oui, mais assez grande pour y dormir durant une semaine ! Bon, je vais dans la mienne y déposer mes affaires, tonna-t-elle avant de s'en aller.

Drago s'allongea sur son nouveau lit et ferma les yeux, humant le parfum de sa femme, qui occupait à présent tout l'espace. Il laissa ses pensées vagabonder quelques minutes avant de se décider à découvrir la chambre de la lionne. Sur la porte était écris 'Chambre d'Hermione Granger', certainement une lubie enfantine qu'elle n'avait pas jugé bon de retirer pour ses 18 ans. Il entra alors dans la chambre, sans même se sentir embarrassé d'y pénétrer sans y avoir été convié, alors que cette maison n'était même pas à lui. Mais cette fois-ci, la surprise de son entrée fracassante ne fut pas au rendez-vous, puisque la jeune fille l'attendait de pied ferme, baguette en main et pointée droit sur lui.

- Je commence à te connaître Malefoy ! J'étais sûre et certaine que tu allais encore envahir mon espace vital…, affirma-t-elle fièrement.

- Bravo ! J'en suis bouche bée petite lionne, tant de perspicacité m'épate, ironisa-t-il en levant les mains, comme s'il était pris en flagrant délit.

- Et que veux-tu au juste ?

- Voir ta chambre ! Quelle question ! se moqua le jeune homme en s'allongeant sur le lit de la femme brune.

Hermione baissa sa baguette en soupirant pour ensuite ranger ses affaires dans son armoire.

- Tu n'en as pas marre de tout le temps faire les mêmes choses, ronchonna-t-elle en dépliant puis repliant soigneusement son linge.

- Je voudrais faire bien plus, mais tu ne serais pas d'accord petite moldue, avoua-t-il en souriant malicieusement.

- Je préfère ne pas savoir. Et arrête avec tes surnoms stupides !

- Quels surnoms ? fit-il, curieux.

- Ma petite lionne, ma petite moldue, c'est très franchement nul, siffla-t-elle entre ses dents.

- C'est toujours mieux que sang de bourbe ou sang impur, après c'est comme tu le sens, répondit-il en s'amusant avec un coussin.

Hermione préféra ne pas riposter et continua à ranger méticuleusement chacune de ses affaires. Drago, allongé et occupé à jouer avec le petit coussin rouge, ne la lâchait pas des yeux, trop content de voir la Gryffondor accepter sa présence dans sa chambre, et même de continuer à vaquer à ses petites tâches sans se soucier de lui. C'était un peu comme si la semaine qu'elle avait passé dans sa maison, l'avait aidé à supporter sa compagnie, voire même à l'apprécier. Alors qu'il laissait le coussin rebondir sur son front, il le fit malencontreusement tomber au sol, ce qui le poussa à se pencher pour le ramasser, et ainsi découvrir un magazine caché sous le lit. Aussitôt qu'il l'eu aperçu, il oublia sa première distraction pour s'intéresser au magazine. Il s'allongea à nouveau et commença à le feuilleter, de toute évidence c'était un magazine de moldus, les images étant désespérément statiques. Il allait le jeter un peu loin quand il remarqua qu'un jeune homme, d'à peu près son âge, avait été entouré d'un gros marqueur rouge.

- Granger ? C'est qui ça ? interrogea-t-il en lui montrant les photos entourées.

Et sans même s'y attendre, Hermione sauta sur lui et lui arracha le magazine des mains, avant de s'éloigner pour le ranger dans le tiroir de sa table de chevet.

- Mais tu es cinglée ! s'exclama-t-il encore hébété de la réaction violente de sa camarade de classe.

- Tu n'avais pas à fouiner dans mes affaires ! souffla-t-elle pour ne pas crier, de peur d'attirer l'attention de ses parents.

- Et puis-je savoir pourquoi tu as failli m'étrangler ?

- Ca ne te regarde pas ! glapit-elle fermement avant de lui tourner le dos.

Amusé par l'attitude d'Hermione, Drago bondit du lit et s'empara du magazine, alors qu'Hermione se précipitait à sa rencontre pour le lui reprendre des mains. Néanmoins, maintenant qu'il était debout, le Serpentard était bien trop grand pour qu'elle puisse parvenir à atteindre le magazine, ce qui fit pouffer de rire son persécuteur.

- Alors alors… Qui est ce bel étalon qui réchauffe le cœur de la lionne au caractère farouche ? s'esclaffa-t-il alors qu'il lisait les articles concernant le fameux jeune homme.

- Arrête ça tout de suite ! Je te jure, tu vas vraiment me le payer ! s'égosilla-t-elle alors qu'elle sautillait sur place pour essayer de l'attraper, sans succès.

- « Tom Felton est le nouvel acteur à la mode, après sa fantastique interprétation de l'étudiant sorcier aux mœurs sombres et maléfiques dans la magnifique saga Hamy Slater «… », Tom Felton, qui joue depuis ses 12 ans le rôle de Slato Faledroy, a été récompensé, à juste titre, par le grand Festival de… »

- Mais rends-moi ça ! cria-t-elle en montant sur son lit pour bondir sur le garçon, qui à présent était totalement hilare.

- Non mais quelle tête de naze il a ! Ça se voit que ses cheveux ne sont pas réellement blonds, contrairement à moi… Puis franchement, Tom Felton… Qu'est-ce que c'est que ce nom ? ricana-t-il alors qu'Hermione était maintenant accrochée à son dos.

Drago continua à lire tous les articles le concernant, incroyablement content de sentir la lionne suspendue à son cou, les jambes enroulées autour de lui, et la poitrine compressée contre son dos. Il aurait aimé vivre ce genre de scène chaque jour de sa vie, passer des taquineries à quelque chose de plus lascif et brutal, cependant pour le moment, il savoura cette petite confrontation improvisée. Alors qu'il allait entamer la dernière page, la petite furie accrochée à lui planta ses ongles dans son ventre, pile à l'endroit où se trouvait sa plaie toujours à vif, ce qui le fit grogner de douleur et tomber à genoux. Hermione pu alors se saisir du magazine, mais à peine avait-elle fait deux pas qu'il l'attrapa par les chevilles pour la faire s'effondrer à son tour. La jeune fille s'étala de tout son long sur le sol, ce qui provoqua un nouvel élan de fou rire chez le Serpentard.

- Toi tu es vraiment un…, bourgeonna la jeune fille en se relevant, rouge de honte.

- Non mais franchement, tu es trop pitoyable, réussit-il à placer entre deux rires.

- Tu parles, c'est bien toi qui est tombé le premier, non ?

Drago se releva en titubant et se laissa tomber sur le lit, le visage souriant.

- Comment peux-tu le trouver beau ? finit-il par demander, sa crise de fou rire commençant à se dissiper peu à peu.

- Il est très charmant, puis de toute façon ce sont mes goûts, pas les tiens, répliqua-t-elle tout en essayant de cacher son sourire et en embarras.

- Je ne l'aime pas beaucoup ce type, lâcha le garçon visiblement jaloux.

Assise en tailleur par terre, Hermione l'observa les sourcils levés.

- Mais qui aimes-tu réellement, à part ta mère et toi-même ?

- Qu'est-ce que tu veux dire par aimer ? chuchota-t-il, les yeux cachés par son avant-bras.

- Je ne sais pas… Penser tout le temps à cette personne, vouloir être constamment à ses côtés, désirer la protéger et qu'elle soit heureuse. Ressentir ce genre de sentiments, expliqua-t-elle, troublée de converser sur un tel sujet avec Drago Malefoy.

- Peut-être que je le suis complètement alors…, murmura-t-il pour lui-même.

Hermione se redressa à son tour et contempla la silhouette allongée du grand garçon blond.

- Malefoy ?

- Oh non, pourquoi ne m'appelles-tu plus Drago ? plaisanta-t-il sans ouvrir les yeux.

- Pourquoi nous avoir détestés tout de suite ?

- Quoi ?

- Harry, Ron et moi. Pourquoi avoir, dès la rentrée, déclarer les hostilités contre nous ? précisa-t-elle.

- Parce que tu es une fille de moldus. Parce que Potter m'avait défié en refusant de me serrer la main et parce que Weasmoche… a une tête à claques tout comme le reste de sa famille de rouquins, expliqua-t-il sereinement.

- Et maintenant, qu'est ce qui a changé ?

- J'en ai eu marre de courir après eux pour les énerver, j'ai d'autres choses plus utiles à faire.

- Me harceler par exemple ? rétorqua-t-elle, les mains sur les hanches.

A ces mots, Drago dégagea ses yeux et la fixa d'un regard impénétrable.

- C'est exactement ça. Mais mine de rien, je t'ai sauvé la vie à plusieurs reprises…

- Oui, mais ma vie était en danger par ta faute, coupa-t-elle sèchement.

- Il n'empêche que je t'ai sauvé la vie ! J'attendais plus de reconnaissance de ta part… Petite lionne…, ronronna-t-il en souriant sensuellement.

- Je devrais t'étouffer avec mon oreiller plutôt.

- Si tu le fais, grimpe sur moi, que je sente un corps chaud glisser sur le mien avant mon funeste trépas, susurra-t-il.

Hermione se mordit la lèvre et lui tourna le dos pour ramasser le magazine et le jeter à la poubelle, à la plus grande satisfaction du garçon. Puisque après tout, toute concurrence devait disparaître. Aux yeux de Drago, la Gryffondor ne pouvait apprécier et désirer le corps que d'une seule et unique personne, son corps à lui. Il allait fermer les yeux quand plusieurs magazines tombèrent du ciel pour atterrir sur lui.

- Voilà ! Cadeau ! Amuse-toi bien ! s'esclaffa-t-elle en se frottant les mains.

Plusieurs heures s'écoulèrent dans le plus grand calme, Hermione occupée à repasser ses vêtements alors que Drago découvrait les hobbies des moldus, des distractions qu'il trouvait aussi futiles que leur pauvre existence. De temps en temps, il levait les yeux de ses lectures pour contempler sa femme, tout en songeant qu'il y a encore quelques mois, rester dans la même pièce qu'elle plus de 15 minutes l'aurait certainement rendu fou. Certes, il était complètement fou en ce moment, mais il était pris d'une autre folie, bien plus agréable mais incroyablement cruelle, car impossible à assouvir pour le moment.

Puis vint le moment du repas, Alaric et Lena s'attablèrent aux côtés d'Hermione et Drago, ravis de pouvoir parler à leur fille pour connaître son sentiment sur sa dernière année à Poudlard.

Il remarqua que la Gryffondor, très maligne, prenait soin de toujours occuper ses parents pour que ces derniers n'aient pas l'idée saugrenue de questionner le Serpentard, peu enclin à discuter avec des moldus. Hermione aida sa mère à débarrasser la table à l'aide d'un sortilège de 1ère année, ce qui eut l'air d'impressionner sa mère, au grand désespoir de Drago. Puis ils regagnèrent tous deux leur chambre respective. Ne sachant comment se distraire pour passer sa soirée, le jeune homme allait fouiner dans la petite chambre quand on frappa à la porte. Il s'avança pour l'ouvrir quand Hermione entra d'un pas vif.

- Pas très poli d'entrer sans que je t'y autorise, remarqua-t-il, ironique.

- Très drôle ! Tiens, c'est pour toi, dit-elle en lui tendant un coffret.

- Qu'est-ce que c'est ? s'enquit-il vivement.

- Le coffret de toute la saga Star Wars, je me suis dit que ça t'occuperait pour la nuit.

- Le truc avec « je suis ta sœur » ? demanda-t-il brusquement, de brèves sueurs froides se propageant dans tout son corps à ce simple souvenir encore trop vivace.

- Exactement ! Allez viens, je te montre comment changer de cassettes dès que le film est fini.

Hermione s'accroupit devant le magnétoscope et montra au garçon, encore abasourdi par l'acte de la Gryffondor, la manière de mettre un film en route. Une fois sa tâche accomplie, elle quitta la pièce sans un mot, laissant un Drago bouchée bée et pensif, comme ce fut le cas il y a de ça quelques jours encore, alors qu'elle avait délicatement posé ses mains sur les siennes avant de fuir à toutes jambes. Ce simple contact, et surtout le fait qu'Hermione y réponde, avait plongé le jeune homme dans un tourbillon de sentiments contradictoires, à savoir s'il devait se précipiter vers elle pour la retenir de force, ou bien la laisser s'en aller pour la pousser à recommencer plus tard. Il avait alors opté pour la seconde solution, bien que ce choix fût réellement douloureux tant il avait besoin du corps de la belle contre le sien.

Laissant de côté ses pensées troublantes, il prit place sur le lit et regarda les images défiler sous ses yeux. Au bout de plus de deux heures de film, il devait bien reconnaître qu'à défaut d'avoir une vie palpitante, les moldus avaient une imagination débordante. Il allait commencer le dernier volet quand un sentiment de manque naquit en lui, le poussant à sortir de sa chambre et à pénétrer dans celle de l'étudiante. Alors qu'elle dormait à poings fermés, il la souleva sans un mot, traversa le couloir alors avec elle dans ses bras, regagna sa chambre et la déposa sur le lit, avant de reprendre sa place à ses côtés et regarder la suite de cette histoire passionnante. Comment allait-il lui expliquer qu'il avait ressenti l'envie subite de la voir dormir à côté de lui ? Il n'en savait encore rien, mais il finirait bien par trouver une idée d'ici le lendemain matin. Il poursuivit donc avec grand intérêt les aventures de Luke Skywalker, Han Solo, Dark Vador et compagnie, tout en caressant distraitement les cheveux de sa femme assoupie, à présent sûr et certain que sa place, était de dormir près de lui chaque nuit.

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Je tenais à écrire une journée un peu plus "tranquille" et "calme"... Un genre de quotidien paisible entre la Gryffondor et le Serpentard ! Des moments complices, intimes, drôles et touchants, mais sans que ça fasse too much ^^

Merci infiniment pour toutes celles qui prennent le temps de poster un review, vous me comblez de joie ! Et je vous remercie par avance de celles que vous laisserez pour ce chapitre :D (bientôt le cap du trentième chapitre héhé).