Bonjour tout le monde et bonne lecture !


Rra :

Nadine : Merci beaucoup, ça me fait plaisir.

Lils : Je suis tout à fait d'accord pour ce que tu dis sur ce qu'est un vrai père. Je te remercie et pour ce qui est de l'aveu des sentiments, j'ai bien peur que ça ne soit pas encore gagné XD Cependant, ça viendra... surement... XD Merci à toi.


Chapitre 28


Même si je sais que tout s'efface,

Tu restes là et rien ne passe...

Tu m'aimes bien, je t'aime tout court,

La différence s'appelle l'amour.

Patrick Bruel – Tout s'efface


Lyanna venait d'arriver au manoir Nott, où son père de cœur logeait pendant son séjour en Angleterre. Elle sonna à la porte et fut accueillie par Théodore Nott sénior, le frère de son père.

- Bonjour mon oncle, je suis venue rendre visite à mon père, dit-elle sur un ton qu'elle espérait poli.

- Ton père est enterré dans le Wiltshire, désolé si je te l'apprends, répondit l'homme avec un sourire horripilant.

- Très drôle et surtout, très subtil ! s'exclama Lyanna, toute fausse politesse envolée.

L'arrivée de l'homme qu'elle considérait comme son père coupa court à la dispute qui s'annonçait. Théodore Sénior détestait Lyanna parce que son frère en avait fait son héritière alors qu'elle n'avait pas le sang d'une Nott. Lyanna détestait Théodore Sénior car il avait toujours été abject avec elle dès qu'il en avait eu l'occasion, depuis sa plus tendre enfance.

- Lya, ma chérie ! Que fais-tu encore dehors ? Entre donc ! s'exclama Julius en ouvrant les bras, sans se gêner de fusiller son aîné du regard.

Lyanna offrit un grand sourire à Théodore Sénior avant de le contourner et d'aller enlacer l'homme qui l'avait élevée.

- Viens, nous allons dans le petit salon, nous ne serons que tous les deux, dit-il.

Lyanna acquiesça et se tourna vers l'autre homme.

- Théodore, ça a été un plaisir, comme toujours, dit-elle avec un faux sourire.

- Plaisir que j'ai partagé, répondit l'autre alors qu'un tic nerveux agitait le coin de sa bouche.

La jeune femme passa le reste de l'après-midi à discuter avec Julius Nott. Il lui avait été d'une grande aide pour gérer ce qu'il lui arrivait. Il l'avait aidée à accepter le sale coup de Lucius, lui assurant que peu importait le nom qu'elle portait, elle resterait sa fille, dans son cœur, qu'il avait toujours su qu'elle ne l'était pas par le sang mais que ça n'avait jamais rien changé et qu'il ne voyait pas pourquoi ça le changerait maintenant.

Julius allait repartir pour les Etats-Unis dès le lendemain. Lyanna l'accompagnerait au terminal des Portoloins.

Après une dernière bise, Lyanna quitta le petit salon et se dirigea vers la porte d'entrée. Alors qu'elle avançait à présent dans le jardin du manoir, pour sortir des limites de celui-ci, elle croisa Théo qui rentrait.

- Salut, dit-elle une fois qu'ils furent à la même hauteur.

- Salut, répondit-il avec un sourire timide.

- Comment vas-tu ? demanda la jeune femme.

- Bien et toi ?

- Bien aussi. Théo, tu es sûr que tu n'as pas de soucis ?

Le jeune homme avait l'air de vouloir être n'importe où plutôt qu'ici. Au mariage, ils dansaient tranquillement puis il l'avait soudainement plantée là, sans un mot. De plus, la jeune femme avait remarqué qu'il la fuyait depuis son retour en Angleterre. Elle espérait se faire des idées mais elle n'était pas naïve. Elle ne pouvait pas ignorer tous les faits allant dans ce sens.

- Oui, oui, à merveille ! Je dois y aller, je suis pressé…

- Théodore Teignous Nott, je me fiche de savoir si tu as vraiment quelque chose de prévu ou si c'est une excuse bidon mais tu vas rester avec moi et je ne te laisserai pas partir tant que tu n'auras pas dit pourquoi tu cherches à m'éviter ! s'exclama Lyanna.

Le jeune homme regarda autour de lui, comme s'il cherchait une échappatoire quelconque et soupira lorsqu'il se rendit compte que personne ne pourrait lui venir en aide.

- Lyanna, il n'y a rien, je t'assure…

- Ne me prends pas pour une idiote. Je vois bien que tu fais tout ton possible pour m'éviter. A chaque soirée entre amis, tu trouves le moyen de te défiler alors que je sais de Pansy que tu n'en manquais jamais une seule avant mon retour.

- Lyanna…

- Oh non, ne me dis pas que c'est simplement un mauvais concours de circonstances ! Tu as refusé toutes mes invitations à déjeuner ou à diner ou simplement à prendre un verre ! continua la jeune femme, de plus en plus énervée.

- Lyanna ! tenta une fois de plus Théo.

- Puis j'ai dû te forcer à danser et tu m'as plantée au milieu de la piste avant même que la chanson ne soit finie.

Le regard de Théo était fuyant, ce qui contrariait un peu plus Lyanna.

- Lya…

- Enfin, aujourd'hui, tu essaies encore de me fausser compagnie. Je ne comprends pas Théo, on a toujours été proches lorsque j'étais en Angleterre. Qu'est-ce qui a changé ? Est-ce que ton père a enfin réussi à te monter contre moi ? Me détestes-tu comme lui ?

La jeune femme s'arrêta, essoufflée, énervée mais surtout, anxieuse de la réponse qu'allait lui donner celui qu'elle avait toujours considéré comme son cousin.

- Je ne déteste pas Lyanna, c'est même tout le contraire, répondit Théo, content de pouvoir enfin en placer une.

- Le contraire ? répéta Lyanna, perplexe.

- Oui, le contraire.

Théo savait que le moment de tout lui avouer été arrivé. Il l'avait évitée au départ parce que ça lui faisait trop mal. Par la suite, en apprenant qu'elle était officiellement une Malefoy, il avait commencé à espérer qu'un jour, elle partagerait ses sentiments mais il avait voulu lui laisser du temps afin qu'elle puisse s'adapter à son nouveau nom et surtout, à ce que cela impliquait. Ils n'avaient jamais été liés par le sang mais il restait son cousin, jusqu'à récemment en tout cas.

A présent, il n'avait plus le choix, il en avait trop dit pour faire marche arrière. De plus, il n'en avait aucune envie. Quoi de mieux que de la mettre devant la réalité de ce qu'il ressentait pour elle afin de l'encourager à le voir autrement ?

- Je ne comprends rien, Théo, dit Lyanna, calmée.

- Je t'aime, dit-il de but en blanc.

La jeune femme sourit et lui prit la main.

- Je t'aime aussi.

- Non Lyanna, je t'aime vraiment. J'ai envie d'être avec toi, j'ai envie de t'embrasser…

Au fil de sa déclaration, la jeune femme avait écarquillé les yeux de plus en plus grands.

- Oh ! Oh ! Euh… D'accord !

Elle lâcha la main de Théo et se recula de quelques pas.

- Je… Je ne m'attendais pas à ça. Depuis quand tu… tu… enfin, depuis quand ? bafouilla-t-elle, le regard fuyant.

Théo ne savait pas comment il devait prendre sa réaction. Dans un sens, elle était plus positive que celle qu'il avait imaginée mais elle restait négative malgré tout.

- Je ne sais pas vraiment. Je t'ai toujours adorée, admirée, trouvée magnifique mais quand tu as commencé à fréquenter d'autres personnes, j'ai fini par me rendre compte que j'étais jaloux.

- Ah oui, depuis tout ce temps !

Lyanna regarda autour d'elle, comme si à présent, c'était elle qui cherchait une échappatoire. Après un soupir, elle croisa brièvement le regard de Théo.

- Je vais y aller, lâcha-t-elle.

- Maintenant c'est toi qui va m'éviter ?

- Oui… Non ! Je veux dire, non, laisse-moi juste le temps d'assimiler ce que tu viens de me dire. J'ai besoin d'y voir clair pour savoir quoi te dire à ce propos.

- Prends le temps qu'il te faudra, dit Théo avec un sourire doux.

Lyanna acquiesça et après un signe de la main, elle partit vers le portail. Une fois dépassé, elle transplana sans attendre.

Arrivée à l'appartement, elle s'affala dans le canapé, toute grâce oubliée et se mit à réfléchir. Théo voulait être avec elle. Avait-elle fait quelque chose pour qu'il développe ce genre de sentiments ? Comme elle ne les partageait pas, est-ce qu'ils allaient couper les ponts à cause de ça ?

Prise dans ses réflexions, elle n'entendit pas Drago sortir de la chambre qu'il partageait avec Harry. Elle n'entendit pas non plus son bonjour. Elle se rendit compte de sa présence uniquement lorsqu'il claqua des doigts devant ses yeux. Elle sursauta avant de saluer son frère qui s'installa à ses côtés.

- Qu'est-ce qui te préoccupe ? lui demanda-t-il.

- Pas envie d'en parler, répondit Lyanna en s'enfonçant encore plus dans le canapé.

- D'accord, accepta Drago sans discuter.

- Comment ça se fait que tu sois là si tôt ? s'enquit la jeune femme.

- J'ai des heures à poser, du coup, comme j'avais du mal à me concentrer sur ce que je faisais, j'ai décidé de prendre la demi-journée, expliqua Drago.

- Qu'est-ce qui te déconcentrait ?

- Pas envie d'en parler, répondit-il à son tour.

- Je te connais par cœur, chéri. Si tu n'avais pas envie d'en parler, tu n'aurais jamais sous-entendu que quelque chose te préoccupait.

Drago fit un sourire en coin. Lyanna le connaissait bien, trop bien.

- Toujours cette allusion qu'a fait Harry le jour du mariage, répondit Drago en faisant référence à l'évocation d'une union dans le futur.

- Par Merlin, Drago ! Ça va faire quinze jours, remets-toi ! s'exclama Lyanna, excédée.

Elle regretta instantanément son emportement. Son frère avait du mal à parler sentiments et l'allusion d'Harry, même si ce n'était pas un « je t'aime », montrait ses sentiments à son égard. Drago savait pertinemment qu'il les partageait et cela le forçait à réfléchir à l'avenir. Lyanna ne se faisait pas d'illusions, son frère ne vaincrait pas ses peurs en seulement quinze jours et quelques discussions avec elle.

- Je suis désolée, j'ai eu une fin de journée assez surprenante. Dis-moi, l'encouragea Lyanna, plus douce.

- Je suis bien avec lui, je crois que… que je l'aime, lâcha Drago qui avait l'air de faire le plus gros aveu de faiblesse de sa vie.

Lyanna se retint de lever les yeux au ciel.

- Tu crois ? demanda-t-elle en haussant un sourcil.

- Oui… Bon, d'accord, j'en suis sûr, ça te va ?

- Quitte à parler, autant le faire le plus honnêtement possible, tu ne crois pas ? railla Lyanna.

Drago, lui, ne se retint pas de lever les yeux au ciel.

- Le problème c'est que je ne vois pas d'avenir pour nous. C'est bien actuellement mais que se passera-t-il quand l'envie d'avoir des enfants le prendra ? Il a toujours rêvé d'avoir une famille, il me l'a dit mais il a mis cette envie de côté depuis sa rupture avec Weaslette. Ça ne veut pas dire qu'il n'en rêve plus pour autant.

- Il reste l'adoption, suggéra Lyanna.

- J'y ai réfléchi aussi et là, c'est moi qui bloque. Quitte à avoir des enfants, je voudrais qu'ils soient de mon sang. Je ne sais pas ce que pense Harry sur le sujet mais honnêtement, je sais déjà que moi, ça ne me dit rien.

Lyanna acquiesça. Il était vrai que la situation était compliquée, surtout si Drago ne souhaitait pas adopter. Il y avait bien une solution possible, grâce à un de ses amis… Non, Lyanna ne voulait pas en parler avec Drago avant d'être certaine d'avoir une solution à son problème.

- Il ne veut pas d'enfants dans l'immédiat, si ? demanda-t-elle.

- Non, mais…

- Mais rien Drago ! Ça fait tout juste six mois que vous êtes ensemble, cesse de penser à ça. Profite du moment présent et le jour où le problème se posera, je suis certaine que vous trouverez une solution.

Drago regarda sa sœur, hésitant. Si le problème n'avait aucune solution, n'était-ce pas pire de rester en sachant qu'un jour, ils se sépareraient ?

Non, Lyanna avait raison, le problème ne se poserait peut-être pas et de toute façon, il se sentait bien incapable de le quitter maintenant.

La semaine prochaine, ils partiraient tous les deux dans le sud de la France. Harry n'avait pas oublié la promesse qu'il lui avait faite à Noël, celle de l'emmener y passer quelques beaux jours d'été. Cela dit, il avait préféré éviter les deux mois de vacances estivales qui étaient synonymes d'une explosion de touristes dans cette région française. C'était pour cela qu'ils iraient la première semaine de septembre. Drago manquerait les premiers jours de Lyanna en tant que professeur à Poudlard mais celle-ci lui avait assuré que ce n'était pas important.

- Oui, tu as raison, je vais voir comment ça se passe, conclut Drago.

Lyanna acquiesça, satisfaite.

Elle hésita à se confier à son tour mais finalement, elle y renonça. Ça n'était pas en rapport avec sa confiance envers Drago, non, elle ne voulait simplement pas en parler. Le faire rendrait cela bien plus réel encore puis elle voulait savoir quoi en penser avant d'être influencée par un quelconque avis extérieur.


Merci à tous, j'espère que vous avez aimé ?

A la semaine prochaine !

Bon Week-end et des bisous.