Titre : Aux Trois Balais...
Pairing : Abelforth Dumbledore/Mme Rosmerta
Rating : G
Ndla : Le deuxième drabble écrit pour Ruika.


Rosmerta tendit une chope de Bièraubeurre au sorcier devant elle qui la remercia puis, elle s'assit sur le tabouret haut qu'elle avait, à présent, toujours derrière le comptoir. Quand elle avait quitté l'hôpital Ste Mangouste, elle avait eu du mal à revenir au Trois Balais. La première fois qu'elle avait osé franchir la porte qui séparait ses appartements de l'établissement, elle avait été saisie par une peur indescriptible. Tous ces gens qui la dévisageaient, essayant de deviner si elle était guérie ou si elle était toujours sur le coup du sortilège, l'avaient rendue nerveuse. Elle, qui s'était toujours sentie à l'aise et qui avait une grande confiance en elle, avait perdu tous ses repères ! Elle n'avait tenu qu'une dizaine de minutes. Elle soupira. Depuis, elle s'était, tout de même, forcée à y revenir tous les jours. Elle ne quittait pas l'abri du comptoir mais pouvait rester dans l'établissement plusieurs heures sans ressentir de besoin urgent de s'enfuir.

Elle leva la tête quand elle entendit des éclats de voix. Elle vit alors Abelforth Dumbledore attraper un client par le col de la robe et l'emmener, sans difficulté, vers la sortie. Elle secoua la tête, amusée. Mundungus ne semblait pas avoir compris la première fois ! Pourtant Abe avait été bien clair quand il lui avait dit qu'il ne voulait plus le voir dans les parages en train d'essayer d'arnaquer les clients… Abelforth entra de nouveau dans le pub, sous les regards effrayés ou divertis des occupants des tables. L'homme impressionnait toujours par sa carrure et son caractère mais il était devenu, maintenant, un homme respecté.

Il avait laissé son propre établissement aux mains du jeune Seamus Finnigan pour reprendre les rênes des Trois Balais pendant que Rosmerta était soignée. Il rendait d'ailleurs souvent visite à la femme à l'hôpital. Si, au départ, la tenancière ne le reconnaissait pas, elle avait fini par s'habituer à ses visites presque silencieuses. Il ne se déridait que lorsqu'il parlait du pub… et pour s'en plaindre ! La clientèle était trop bruyante – comparée à la sienne, plutôt discrète -, les élèves de Poudlard n'étaient que des crétins arrogants et leurs professeurs étaient pires encore ! Cependant, Rosmerta avait compris, à demi mot, que le commerce était fleurissant et que tous attendaient son retour avec impatience.

Quand elle l'avait fait, elle avait craint qu'Abelforth ne coure se terrer à la Tête du Sanglier cependant, il était resté pour l'aider. Rosmerta soupçonnait que c'était aussi à cause des changements mis en place par Finnigan. La tête du Sanglier ressemblait maintenant à un pub de jeunes plus qu'à un repère de brigands.

Elle ne se plaignait pas de cette proximité. Le soir, quand le dernier saoulard s'éloignait pour cuver sur un banc public, ils partageaient un thé tout en comptant la recette et en papotant –et là, il fallait comprendre qu'elle parlait et que Abe écoutait-. Rosmerta avait de plus en plus de mal à laisser son ami repartir chez lui pour la nuit. La semaine précédente, n'y tenant plus, elle s'était entendue lui demander de rester. Il l'avait contemplée, les yeux écarquillés. La femme ne s'était pourtant pas laissée démonter. Elle voulait retrouver sa vie d'avant, la confiance en elle qui faisait son charme et sa notoriété. Abe avait juste hoché la tête et elle avait souri.

Elle revint au présent quand l'homme lui demanda de lui remplir une chope de Bièraubeurre. Tandis qu'elle le faisait, il la fixait, de son regard impénétrable. Quand elle eut terminée, elle prit une décision et se lança :

« Abe, pour qui est la boisson ? Je vais l'apporter. »

Les traits du plus vieux des Dumbledore s'adoucirent. Rosmerta allait enfin faire le dernier pas vers sa complète guérison et laisser derrière elle toute cette triste histoire. Une nouvelle vie allait pouvoir enfin commencer pour eux.

Alors qu'il l'observait se diriger vers la table, souriant et discutant avec les clients, il se dit qu'il ferait mieux de passer à la Tête de Sanglier, plus tard dans la journée. Les papiers de vente l'y attendaient. Finnigan pourrait enfin entreprendre tous les travaux qu'il avait en tête.

Abelforth soupira en voyant Ding essayer, encore une fois, de se faufiler dans le pub. Il allait devoir être encore plus clair. Personne ne ferait plus de tort au Trois Balais ni à sa délicieuse propriétaire.