Titre Français : Réalizations
Auteur : Wishweaver
Ancienne traductrices : Irlis(1 au 9)
Bêta lectrice et correctrice : DS of Bloody Dreams – Remus Lupin James
Rating : K
État de la fic en anglais : 35 chapitres (en cours)
État de la fic en français : 29 chapitres ; Reste à traduire : 32
Chapitre traduit par : Patmolcornedrue
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Disclamé : Aucun des personnages ne nous appartienne (ils sont à JK Rowling), ni même l'histoire que nous ne faisons que traduire.
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Résumé : UA. Harry retourne à Privet Drive après sa quatrième année et retrouve la maison...vide ! Que feriez-vous si vous ne pouviez pas demander de l'aide à vos amis ?
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Nous avons toutes les autorisations pour continuer cette histoire.
Ainsi que de reprendre, les premiers chapitres, traduits par Irlis
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Bonne lecture
Eni et Onarluca
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Chapitre 29 : Rencontre avec le Ministre
Sirius Black se trouvait devant la vitre du salon d'Arabella Figg, propre comme un sou neuf, il surveillait avec une telle intensité que la vitre aurait pu fondre. La seule vue de la maison de Privet Drive suffisait à lui donner envie de tout casser dans la pièce, y compris cette satanée vitre, et tant pis pour les sept ans de malheur.
Sirius n'avait jamais eu une très haute opinion de la famille moldue de son filleul, mais désormais, il devait se concentrer de toutes ses forces pour garder un self contrôle dont il ignorait l'existence, afin d'éviter d'aller jusqu'à Perth et de s'occuper personnellement des Dursley. Encore aujourd'hui, alors que deux jours étaient déjà passés, il était encore retourné par la dernière réunion à Poudlard.
La seule bonne chose était que la grande majorité de pure rage qu'il avait alors éprouvé avait bien voulu diminuer à un niveau plus gérable. Bien sûr, il était encore furieux, mais désormais il pouvait à nouveau penser intelligemment.
Ou de manière moins embrouillée en tous cas.
Soupirant, Sirius détacha ses yeux de l'habitation détestée, et las, se frotta le visage. En vérité, cette réunion n'aurait pas du être un tel choc. De ce qui avait été vérifié, de ce qui avait été rassemblé, il avait bien eu conscience, ou tout au moins fortement soupçonné que la vie de Harry chez les Dursley n'avait pas été tout sucre et tout miel. Ces haineux moldus avaient abandonné Harry sans le moindre regret !
Pourtant, c'était une chose de suspecter des abus, et une autre d'entendre ses soupçons confirmés, et tout autre chose d'être témoin d'un événement sans s'en rendre compte. Sirius, comme tout le monde, se rendait responsable et culpabilisait. Même lorsque quelqu'un avait remarqué quelque chose, il n'y avait pas vraiment cru. De cette manière, ils avaient prouvé qu'ils ne valaient pas mieux que cet idiot de Fudge, toujours prêt avec une quelconque excuse sous la main :
Harry revendiquait que sa famille le détestait et ne comprenait pas combien les adolescents peuvent être angoissés. Certes, mais il n'était certainement pas le premier adolescent à ressentir cela à Poudlard.
Même après que l'histoire des barreaux à la fenêtre ait été reconnue, prouvant ce qu'il en était des revendications d'Harry, ils allaient se consolaient en constatant que les Dursley semblaient plus réactif que dangereux. Cela n'excusait peut-être pas leur comportement et les moyens employés, mais cela ne représentait dès lors que des événements isolés.
De mauvais choix guidés par la colère dans l'instant.
Des réactions excessives en réponse à des mésaventures occasionnelles.
Une fâcheuse incapacité à gérer le stress de manière civilisée.
Autrement dit des aberrations au lieu de tout ce qui était normal. Et les barreaux sur la fenêtre d'Harry ne peuvent pas être considérés comme un exemple de sa vie de tous les jours !
Sirius renifla amèrement, son esprit commença à errer de nouveau vers la dernière réunion à laquelle il avait assisté à Poudlard, il y a quelques jours. Remus et lui avaient été convoqués au bureau du directeur ainsi que Filius, Minerva, et Mme Pomfresh.
« Merci à vous tous d'être venu si rapidement » les avait salué Dumbledore, après que tout le monde soit arrivé. Son ton était vif, presque précipité, et il arborait un inhabituel comportement grave. Le pire restait cependant l'apparence du directeur. Albus les regardait d'une manière terrible, il avait l'air totalement éreinté. Il avait par ailleurs hésité d'une manière qui lui était totalement inconnu autrefois, il avait tout de même finalement annoncé, « Quelques nouvelles informations sont apparues en ce qui concerne le jeune Mr Potter. »
Sirius avait dès lors immédiatement sauté sur ses pieds, s'attirant par la même occasion les sourires soulagés de ses compagnons. « Il a été retrouvé alors ? » avait-il demandé, le regardant avec impatience. « Où est-il ? Ici ? Harry ! »
Dumbledore, au lieu d'apparaître soulagé ou de sourire doucement face à l'impatience de l'animagus, il l'avait regardé avec des yeux plus éteints et plus fatigués que jamais. « Pardonnez-moi Sirius, je ne voulais pas vous donnez cette mauvaise impression. La nouvelle que j'ai n'est pas liée à nos efforts de recherche. Bien au contraire, elle concerne Mr Potter lui-même. »
Dumbledore s'était interrompu une fois de plus, comme s'il recherchait les bons mots, l'impatience semblait grandir d'elle-même. « Il n'est pas facile de dire cela, aussi je vais juste aller de l'avant. Avant de poursuivre, je dois vous dire que ceci est une réunion officielle de l'école concernant un étudiant, et que tout ce qui doit être discuté ici, doit être conservé dans la plus stricte confidentialité. »
Sirius avait pensé que c'était une entrée en matière assez inquiétante, et avait dès lors senti se hérisser les cheveux à la base de sa nuque, alors que le directeur observait chacun d'entre eux les uns après les autres, tour à tour. Lorsque Dumbledore avait été convaincu qu'ils avaient tous compris, il avait repris.
« Comme vous le savez tous, des préoccupations ont vu le jour cet été au sujet d'Harry Potter et de sa famille de moldus. Je me suis penché sur la question, et est le regret de vous annoncer que ces craintes n'étaient pas sans fondements. »
Sirius fit une pause dans ses pensées, se rappelant la sensation de naufrage qu'il avait ressenti à l'énonciation de ces mots. Avec cette déclaration, Dumbledore avait balayé tous les prétextes et les avaient obligés à s'arrêter uniquement sur les faits énoncés. Le fait qu'Albus lui-même avait mal jugé toute cette affaire, avait été un bien maigre réconfort. Presque contre son gré, son regard fut attiré à travers la vitre, à observer cette maison, alors que les paroles de Dumbledore faisaient à nouveau écho dans sa tête.
« L'information est venue à la lumière au cours de mes recherches que vous devriez connaître. Sirius est ici en tant que parrain bien sûr, Remus a été invité en raison des résultats exceptionnels que Mr Potter a obtenu au cours de son tutorat lors de sa troisième année, et vous trois, Albus indiqua l'endroit où se trouvait Pomfresh, McGonagall et Flitwick, êtes ici en tant que médicomage de Mr Potter et principaux instructeurs évaluateurs de flux magiques. »
« Evaluateurs de flux magique Albus ? »
Sirius avait ressenti une incroyable fierté quand McGonagall avait partagé un froncement de sourcil avec Flitwick, puis avait pris la défense de son élève. « Même si je reconnais que le garçon pourrait se montrer un peu plus assidu dans ses études, il n'a jamais été question de tester son talent magique ou de douter de ces capacités. »
« Non, il a aussi bien travaillé que les autres étudiants, mais seulement aussi bien je pense. »
Dumbledore avait alors laissé les informations de cette déclaration se répandre dans l'atmosphère, pendant un moment avant de poursuivre. « A tort ou à raison, je pense que nous nous attendions à mieux que la performance moyenne de la part du Garçon Qui A Survécu lorsqu'il est arrivé à Poudlard. Nous l'avons cru capable de plus. »
Sirius s'était un peu vexé, n'appréciant naturellement pas, mais il avait été devancé par Remus au niveau de la protestation. Ah, Remus, que deviendrai-je sans toi, compagnon ? pensa Sirius, souriant affectueusement à son ami qui somnolait dans un des confortables fauteuils d'Arabella. Les yeux d'ambre aidant, il était normalement sympathique et calme, il était facile d'oublier la bête qui sommeille en lui.
Le loup était de sortit ce jour-là, en bien évidemment, il défendait son petit, se rappela Sirius avec un sourire malicieux. Dès que le directeur avait eu fini de parler, Remus s'était dressé d'indignation. « Avec tout le respect que je vous doit, directeur, Harry est capable de plus. Il a réussi à produire un Patronus corporel au cours de sa troisième année, ce qui est un acte de magie ridiculement avancé ! »
Dumbledore avait eu tôt fait de l'apaiser avant que ne lui pousse de la fourrure. « Vous vous méprenez Remus. Je ne voulais pas dévaloriser les actes de Mr Potter, mais compte tenu de ce qu'il s'est montré capable de faire cela, vous ne trouvez pas étrange qu'il se batte avec certains enseignements de bases ? »
Sirius s'était chargé de répondre à cela. Remus et lui avaient passé tout cela en revue lors de leurs longues nuits de discussions auparavant. « Si vous faites référence au sortilège d'attraction, c'était probablement le stress » déclara t-il avec fermeté. « Harry était perturbé par son altercation avec Ron et par l'approche de la première tâche du tournoi. C'est suffisant pour déstabiliser n'importe qui ! »
Les autres avaient acquiescé pour montrer leur accord. « Mises à part les difficultés initiales, Mr Potter a finalement maîtrisé le sortilège d'attraction, et l'a utilisé le plus efficacement possible » avait fièrement rajouté Filius.
« C'est vrai, » avait concédé Albus. « Mr Potter était indéniablement stressé à cette occasion. Si cela avait été le seul incident étrange, je ne le remettrai pas en cause, mais hélas, cela ne l'ait pas. Il a eu des difficultés similaires avec le Wingardium Leviosa et d'autres sortilèges, au fil des ans. Non, je regrette de le dire, nous avons affaire à un peu plus qu'une performance médiocre à la suite d'une mauvaise journée. »
Sirius leva les yeux au ciel alors qu'il se rappelait des sous-entendus du directeur. C'était comme dire que la mer du Nord était une flaque de boue de taille un peu plus importante que les autres.
Prenant les rênes de nouveau, Dumbledore avait expliqué sa stratégie pour éliminer l'influence que les Dursley avaient encore sur Harry et sur sa magie, et les avait informés des « impressions » que Dobby avait pu rassembler.
« Trier toutes ces informations fut très fastidieux et a pris beaucoup de temps » expliqua t-il, tout en sortant sa baguette. « Heureusement, Severus est revenu me rendre un rapport lors de mon premier examen. La condition de Dobby est un point très utile, mais nécessite une certaine subtilité dans l'interrogatoire pour obtenir une efficacité maximale. Severus a émis plusieurs suggestions judicieuses qui m'ont permis d'aller au cœur du sujet beaucoup plus rapidement. Comme je vous l'ai énoncé plus tôt, tous nos doutes ont été confirmés. J'avais commencé avec des mots comme « affamé » et « battu ». « Sous-alimenté » et « frappé » ont donnés de bien meilleurs résultats. »
Sirius avait été un peu surpris qu'il y ait si peu de nouvelles, et avait protesté sur la participation de Rogue. Comme d'habitude, cette ligne de conduite s'était avérée inefficace avec le directeur, alors il avait rapidement abandonné. Au moins le con aux cheveux gras n'était pas présent à cette réunion. Bien sûr, il n'était pas un des évaluateurs de flux magiques d'Harry.
« Visionner toutes les impressions tirées de la maison prendrait littéralement des années, c'est pourquoi pour gagner du temps, j'ai choisi un échantillon représentatif, » continua Dumbledore, tandis que les mèches ébouriffées de Sirius étaient de nouveau partiellement revenues à leur place. « Un incident en particulier, semble traiter de la plupart de nos interrogations de tout à l'heure. Je crois également que c'est un indicateur du temps qui s'est écoulé pendant que le dossier était en disfonctionnement » termina t-il en attirant leur attention sur la pensine posée sur son bureau.
« Attendez Albus, » interrompit McGonagall alors que Albus levait sa baguette, se préparant à activer la pensine. « Ne serait-il pas préférable de simplement nous dire ce que vous avez vu qui vous ai à ce point perturbé ? » demanda-t-elle en le regardant de façon mal à l'aise.
Dumbledore, avait noté Sirius, avait l'apparence d'un homme qui avait longuement lutté avec acharnement contre lui-même au sujet de cette question. « Je ne veux pas empiéter sur la vie privée de Mr Potter, du moins pas plus que nécessaire Minerva. Toutefois, je crains, ne pas être en mesure de décrire correctement ce que je souhaite vous faire voir. L'évènement pourrait avoir des répercutions sur sa future scolarité, et il est possible que l'un d'entre vous remarque quelque chose que j'aurai pu rater. » Levant de nouveau sa baguette, Dumbledore la garda à la main. « Préparez vous, » les averti t-il comme il remuait les pensées avec l'extrémité de sa baguette, « être plongé dans des pensées dénuées de sentiments est une expérience assez choquante. »
Ce fut les paroles les plus véridiques qu'il ait jamais prononcé, pensa Sirius, se rappelant de l'expérience, et encore c'était un doux euphémisme. Il n'avait jamais vraiment eu d'expérience avec une pensine auparavant, mais Dumbledore avait eu raison. C'était tout à fait différent. La maison pris forme de manière beaucoup plus rapide que s'il venait d'y pénétrer, faisant disparaître le bureau du directeur, et mettant en avant le pointillisme et l'ordre de la demeure. Alors qu'ils tentaient de retrouver leur équilibre, Dumbledore commença à leur expliquer.
D'une part, l'attitude imperturbable du vieil homme était rassurante, et d'autre part, elle avait également donné à Sirius une furieuse envie de l'embrasser.
« D'après ce que j'ai pu recueillir, les premiers douze à dix-huit mois que Mr Potter a vécu avec sa famille moldue ont été relativement sans incident, » avait dit Albus, inconsciemment, employant un ton professoral. « Mme Dursley était évidemment plus attentive avec son propre fils, et elle et son mari n'étaient pas aussi démonstratif envers Harry comme nous aurions pu le souhaiter et l'attendre, mais l'ensemble de ses besoins physiques ont été satisfaits. »
Ce souvenir fit remonter la colère de Sirius envers les Dursley. Il jeta un coup d'œil à la maison à travers la vitre et renifla dédaigneusement. Lorsque le visionnage de souvenirs s'était achevé, Dumbledore avait donné la permission à Sirius de visionner d'autres images de la pensine, bien qu'il fût quelque peu réticent. Il ne lui avait pas fallu beaucoup de temps pour comprendre que ce qui avait surtout motivé Pétunia Dursley était la peur et non une quelconque générosité ou un certain altruisme qu'elle aurait pu posséder. La femme avait bien évidemment vu Harry, au mieux comme un désagrément, au pire comme un monstre de la pire espèce, et l'avait privé de l'amour et des soins à cet être méprisable qui lui était désormais imposé.
Pourtant, il avait du admettre que Dumbledore avait raison. Comparativement à ce que serait sa vie plus tard, la première année qu'Harry avait passée dans le Surrey avait été exemplaire. Prendre soin de deux petits bébés se révélait être une mission difficile même pour une femme organisée comme Pétunia, Harry avait donc dormi dans un petit berceau dans la chambre de Dudley. Il n'avait jamais été l'enfant préféré de la famille, et était toujours éternellement deuxième pour ce qui était de l'affection de son oncle et sa tante, mais au début, ils l'avaient au moins toléré.
Une fois, Pétunia s'était aperçu de l'absence de phénomène magique et avait théorisé, ou plutôt espéré que le traumatisme crânien qu'avait subit Harry aurait pu le rendre « normal ». Sirius s'était presque étouffé de rage en entendant cela. Stupides moldus, pensa t-il avec mépris alors qu'il jetait un nouveau coup d'œil à la maison de Privet Drive, histoire de faire bonne figure. Comment osait-elle souhaiter qu'Harry soit devenu un cracmol ! Fronçant les sourcils, Sirius détourna les yeux de la maison, avant que la tentation ne devienne trop forte, et à la place décida de maudire les Dursley sur plusieurs générations durant les prochaines semaines.
Quand il avait pénétré dans la pensine avec les autres, il avait pensé avoir une idée assez précise de ce qu'il allait voir. Prévenu, et préparer au pire, Sirius avait cherché chaque indice de la vie de son grand et courageux Gryffondor et avait cherché malgré lui l'image d'un Harry blessé ou même pire encore. Lorsque la scène se fut stabilisée, il avait été plutôt surpris d'être accueilli par le son d'un rire enfantin.
Rires ? Sirius avait soulevé un sourcil interrogateur vers Remus, et avait reçu en retour une mimique perplexe. Presque comme un seul homme, le groupe avait alors tourné des yeux interrogateurs vers Albus, demandant silencieusement une explication. Etait-il sûr que leur mauvaise impression était fondée ?
Dumbledore n'avait pas répondu directement à leur question. Il leur avait plutôt fait signe de le suivre, et les avait conduits à travers l'ouverture de la porte qui s'ouvrait sur le salon. Une fois à l'intérieur, la source du rire était devenue claire. Sirius avait alors senti sa mâchoire se décrocher d'incrédulité, alors qu'il inspectait les lieux, remarquant à peine l'émerveillement de ses compagnons.
Dudley Dursley, qui ne devait pas avoir plus de trois ans, frappé dans ses mains et riait aux éclats, tout comme le jeune Harry Potter qui souriait largement, émerveillé. Les bras levés, Harry faisait flotter et tournoyer plusieurs jouets, créant des cercles les entourant son cousin et lui.
Sirius et Remus avaient regardé avec fascination durant deux bonnes minutes cette petite scène, puis s'imposa à eux ce qu'Harry était en train de faire. « Le Carrousel ! Il joue au Carrousel, Sirius ! » avait murmuré Remus, en utilisant le nom que Lily avait toujours donné à ce jeu, alors que Sirius hochait fébrilement la tête. « Je ne peux pas le croire, il s'en rappelle ! »
Sirius eu un petit sourire face à ce souvenir. Bien sûr, tout le monde avait été étonné et heureux, mais Sirius du admettre que Flitwick avait probablement été le plus enthousiaste. Le petit professeur de sortilèges avait presque été aussi heureux que lui. « Albus ! » avait dit Filius, jubilant, « il a une parfaite maîtrise d'au moins deux douzaines d'objets ! C'est fantastique ! Savez-vous ce que cela signifie ? »
« Oui, » avait répondu Dumbledore, en souriant, apparemment de dépit lui aussi, tandis qu'Harry écartait ses bras et tournait en rond avec les jouets. « Le cousin de Mr Potter avait une fâcheuse tendance à le frapper et le tourmenter. C'était sa méthode plutôt ingénieuse pour distraire le jeune Mr Dursley » expliqua t-il, avant de prendre un air plus grave.
Sirius venait d'ouvrir la bouche pour demander ce qu'il se passait, lorsque la terrible réponse devint évidente. Dudley avait sourit à Harry et avait exigé, « Soulève Duddy ! » Harry avait innocemment obtempéré tandis qu'au même moment les parents Dursley entrait dans la salle pour voir ce que leur « petit trésor » était en train de faire, et la situation s'était vite détériorée.
Sans signe avant coureur, Pétunia s'était mise à hurleur d'horreur, surprenant Harry et brisant ainsi sa concentration. L'ensemble des objets volants été allés s'écraser au sol dans un vacarme assourdissant et effrayant. Sirius remarqua que le cousin semblait plus surpris que blessé, surtout avec tout le « rembourrage » qu'il abordait déjà, mais ses parents n'étaient manifestement pas de son avis.
C'était un accident. Même Sirius avait été forcé de l'admettre. Pris dans sa colère, l'oncle n'avait pas vraiment au l'intention de causer des lésions corporelles. Alors que Pétunia se précipitait pour calmer les pleurs de Dudley, Vernon s'était lui dirigé promptement vers Harry tout en émettant des grondements inarticulés et avait saisi l'un des petits bras d'Harry entre ses gros doigts boudinés. Il avait alors tiré d'un coup sec le garçon vers lui, sans doute dans le but de le mettre au coin ou de lui donner une fessée, et…
Crack !
Sirius serra fort sa mâchoire et ses poings, se rappelant avec force le petit bruit de l'os se brisant et l'air terrifié d'Harry, son cri de douleur résonnant encore en lui. Il avait espéré que le disfonctionnement avait eu lieu plus tard, et que Harry avait au moins été surveillé jusqu'à ce qu'il ne soit plus un enfant tenant à peine debout, mais non. Le mécanisme d'alerte du dossier n'avait pas fonctionné encore plus tôt que ce que Dumbledore avait supposé. Au tendre âge de trois ans, Harry avait du se débrouiller seul, dans un environnement hostile, et personne ne s'en était jamais aperçu.
Le caractère impulsif de Sirius avait fait bouillir son sang. Si quelqu'un était arrivé à la maison à ce moment là, le bras d'Harry aurait été guéri d'un simple coup de baguette magique, et il aurait certainement était enlevé à la garde de cette famille, ou du moins surveillé de plus près si le Ministère avait fait passé la protection du sang en premier lieu.
Que s'était-il passé ? Qu'est-ce qui était mal allé ? se demanda Sirius, recommençant à s'agiter. S'il était vrai que son filleul n'avait jamais été sévèrement battu ou agressé, dieu merci, vivre des années dans cette atmosphère de tension et de peur sans raison apparente, avaient clairement laissé leurs marques. Certains comportements et attitudes qu'Harry avait eu par le passé et qu'il avait trouvé étrange, prenaient tout leur sens à présent.
Grimaçant, Sirius admis intérieurement que passé sa colère et sa frustration sur le garçon quand ils avaient « parlé » via le parchemin enchanté n'était probablement pas la meilleure décision qu'il n'ait jamais prise. Bien, compte tenu du passé de son filleul, il est possible, voir très probable, que Harry ait peur, ou se méfie de lui à présent !
Merveilleux. Tout simplement fabuleux. Grommelant, Sirius secoua la tête de dépit.
Pour bien comprendre ce qui s'était passé, Vernon et Pétunia Dursley avaient effectivement été plutôt horrifié par ce qui s'était passé, même si « ce que les voisins allés penser » ou « ce qui allé advenir d'eux » avait plus avoir avec leur détresse que le souci qu'ils auraient pu se faire pour leur neveu.
Oublié, Harry avait ramené son bras cassé contre sa poitrine, et semblait vouloir disparaître tandis que son visage prenait la couleur du lait. Ses grands yeux verts s'élargissaient et des larmes commencées à perler, pendant une minute ou deux, il semblait réellement être au bord de l'évanouissement, ou encore proche de la mort.
Sirius et Dumbledore, ainsi que le reste du groupe n'étaient pas dans un meilleur état à cet instant. Le temps semblait s'être arrêté. Durant l'espace de plusieurs battements de cœur personne ne respira brusquement, chacun essayant de traiter les informations dont il avait été témoin. Finalement, McGonagall sembla retrouver l'usage de la parole.
« Vous pensez qu'une partie de ces capacités magiques puisse être bloquée, Albus ?» demanda-t-elle d'une toute petite voix, sortant Sirius de son propre état de stupeur. Le surpassant, pour faire face à ses compagnons, il avait été un peu surpris par l'intensité de leurs réactions.
Rémus était en colère, il s'y attendait. Moony, il le savait, serait aussi furieux que lui, mais il avait été profondément bizarre de voir l'habituelle implacable Mme Pomfresh, son appréhension, et le fait de la voir, lever sa baguette et libérer toute sa frustration d'être impuissante dans une démonstration impressionnante de sorts. Le professeur Flitwick se tordait les mains et serrait les poings alternativement, et McGonagall…
Sirius avait secoué la tête, émerveillé. La transformation de son professeur, baguette levée, bien droite, et lançant des avada avec ses yeux à travers ses lunettes rectangulaires était surprenante. Dans la majorité des expériences que Sirius avait eues avec la sorcière, cette posture devant un étudiant signifiait que celui-ci était sur le point de recevoir la punition du siècle. Une bonne douzaine d'excuses avaient surgies brusquement dans l'esprit de Sirius avant qu'il ne s'aperçoive que la colère de McGonagall ne lui était pas adressée. Elle était en effet légèrement penchée sur l'épaule gauche du directeur, et sa colère semblait crier « Je vous l'avais bien dit ! ». Ses yeux étincelaient de colère et de ressentiment, ce qui la rendait assez suspecte, et une petite partie de Sirius, qui n'était ni occupée à être abasourdie ou furieuse, se demanda si McGonagall avait été si d'accord que cela pour laisser Harry dans sa famille moldue durant toutes ces années. Intrigué, il se fit une note mentale afin d'en discuter plus tard avec Remus.
Dumbledore pour sa part, prit le relais, et rencontra lui aussi l'éblouissant regard accusateur silencieux de son adjointe. Quand il était devenu évident qu'elle ne reviendrait pas sur sa position, il soupira et répondit à son accusation, ainsi qu'à la question précédente. « C'est possible, Minerva. Lorsque nous aurons retrouvé Mr Potter, il pourrait être instructif de lui faire passer quelques-uns des tests que nous donnons aux enfants nés moldus. Nous en reparlerons prochainement, mais pour l'instant il y a un peu plus à voir, » avait-il admis, englobant les autres dans cette information. « Soyez assurés que le pire est passé, » avait-il dit, agitant sa baguette, permettant à la scène de reprendre la où elle s'était arrêtée.
Juste à ce moment là Sirius comprit que Dumbledore leur avait laissé ce temps de répit pour pouvoir assimiler ce qu'il venait de voir et les conséquences que cela pourrait avoir.
Une fois que la scène eue reprit vie, les choses commencèrent à se produire très rapidement. Mme Dursley semblant prise d'une véritable crise de panique. Les Dursley semblaient absorbés inconsciemment par ce qu'ils allaient bien pouvoir dire, maintenant que les « monstres » allaient venir.
Allez t-on leur retirer le garçon ?
Seraient-ils blâmés ? Punis ?
Bien sûr, c'était un accident. Toute personne ayant été présent l'aurait vu !
Sirius avait grimacé face à l'angle non naturel du bras d'Harry lorsque Pétunia s'était enfin rappelée de sa présence. Vernon Dursley abandonnant l'idée de soins, avait alors attrapé son neveu (par son bon bras, au moins), et l'avait traîné à l'étage, l'avait déposé sur son petit lit et l'avait laissé là, pleurant et sans réconfort.
« Quelques heures se sont écoulées, » leur avait dit Dumbledore à ce moment là, faisant tourner sa baguette au dessus d'une montre, ce qui permit heureusement de faire accélérer la mémoire. Harry avait pleuré pendant un long moment avant de finalement succomber au sommeil, tout en étreignant son bras blessé, toujours serré contre lui.
« Quand personne n'est arrivé, les Dursley ont compris qu'ils devraient faire face à la blessure de Mr Potter par leurs propres moyens, » avait commenté Dumbledore alors que les images continuaient à défiler. «Maintenant, » avait-il dit, rendant à l'image son déroulement temporel, « observez ce qui s'est passé. »
Mme Pomfresh vit instantanément le changement. « Albus ! Son bras ! » s'était-elle exclamée, se précipitant en avant, et essayant sans succès d'exécuter un sortilège de diagnostic malgré elle. Elle émit un grognement de frustration quand tout ce qu'elle rencontra fut un mur de mémoire solide au lieu de la chair et du sang du garçon, mais même l'œil non exercé de Sirius pouvait voir que le bras d'Harry allait beaucoup mieux. Pétunia n'avait pas semblé inquiète de l'état de son neveu et avait à contre cœur finalement accepté d'amener son neveu se faire examiner plus sérieusement.
Dumbledore avait à nouveau accéléré les événements lorsqu'elle eut franchis la porte avec Harry, ce dont Sirius lui fut très reconnaissant. Il n'était pas certain qu'il aurait était en mesure de supporter à quel point cela avait pu creuser l'appétit de Vernon, ou comment cela allait affecter ces chances de promotion, ou les gémissements de Dudley pour être diverti ou nourri.
Quand Pétunia était revenu, Albus avait remis le défilement temporel. « Eh bien ? » avait exigé Vernon avec impatience, avant même qu'elle n'ait eu le temps d'enlever son manteau.
« Ce n'était rien, Vernon, avait répondu Pétunia, en le regardant un peu choquée. Mécaniquement, Harry avait enlevé sa veste, exposant le nouvel équipement qu'il devrait porter pour réparer son bras. « Ils ont examiné son bras, et on seulement trouvé une très légère fracture. Je leur ai dit que le garçon avait eu un petit accident… ça a suffit… ils n'ont rien remis en cause. »
« Mais… »
« Je sais. »
« Mais le bras… »
« Je sais ! »
« Comment alors ? »
« Je n'en ai pas la moindre idée. »
« Penses-tu qu'ils aient pu venir ici sans que nous ne nous en apercevions ? »
« Je ne sais pas. C'est possible, je suppose, à moins que les os ne se soient réparés eux-mêmes, ou que le garçon ne se soit guéri tout seul. »
« A ce propos, Pét, je suis le plus favorable pour la prochaine promotion, mais je ne peux pas me permettre ce genre d'allers-retours dans ma propre maison. Qu'est-ce que les gens vont dire ? »
« Tu ne suggères tout de même pas que j'en ai envie ! »
« Non, non, bien sûr que non, mais on doit bien pouvoir faire quelque chose ! »
En les observant ainsi, Sirius avait ressenti la même fascination horrifiée que lorsqu'on est le témoin d'un accident, horrifié par ce qui se passait, et pourtant incapable de détourner le regard.
C'était incroyable de voir combien ils avaient vraiment l'air convaincus du fait qu'ils n'avaient pas d'autres choix, que la magie devait être « éliminée » de leur neveu. Au lieu d'être soulagé que le bras d'Harry soit guéri, Vernon et Pétunia semblaient être devenu encore plus hostile envers le jeune garçon, persuadés que d'autres « énergumènes bizarres » lui étaient venu en aide à leur insu.
Sans grande surprise, Harry avait été délogé de la chambre de Dudley en raison de problèmes de sécurité. Au début, il avait été mis dans la chambre où les jouets de Dudley s'entassaient, puis ils avaient commencé à s'inquiéter du fait qu'il pourrait « saccager » ou « contaminer » les jouets de Dudley. Pétunia avait catégoriquement refusé de céder sa chambre d'hôtes, d'autant plus depuis que Marge Dursley était une visiteuse régulière, ainsi, il avait finalement atterri dans le placard sous l'escalier, seule pièce disponible dans cette grande demeure !
Dudley, qui n'avait pas compris pourquoi son jeu préféré avait été interrompu, avait dès lors repris ses mauvaises habitudes, à savoir prendre Harry pour son punching-ball personnel. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour que cela devienne régulier, de plus, comme ses parents ne l'avaient jamais repris, son comportement agressif avait continué et s'était même amplifié. Pour autant que Sirius en savait, il était peut être même encore d'actualité.
Quel gâchis, pensa Sirius, se passant une main dans les cheveux.
Après ce premier incident, et le déménagement d'Harry jusqu'au placard, les images avaient commencé à s'accélérer. Les autres impressions que Dumbledore avait sélectionnées ressemblaient plus à des photos instantanées montrant Harry dans des moments de sa vie de tous les jours. Le fait qui avait le plus surpris l'assistance était que le cousin d'Harry avait causé plus de soucis que ses parents, lui et sa « bande de copains». Les résultats étaient toujours les mêmes, quoique. A l'occasion, lorsqu'il s'était fait attraper par la bande à Dudley, Harry se glissait dans son placard couvert d'éraflures et le corps meurtri, et en ressortait le lendemain, comme si de rien n'était.
Le pire dans tout ça était que le merveilleux contrôle dont Harry avait fait preuve semblait avoir été anéanti. Il n'avait plus jamais utilisé consciemment sa magie après ce jour là, et était devenu sujet à des poussées de magies accidentelles. Cela, bien sûr, n'avait pas arrangé ses rapports avec sa famille moldue, et le cercle vicieux avait été bouclé.
Le regard de Sirius fut une nouvelle fois attiré vers l'image de la maison, et il laissa s'échapper un autre grognement. Il était intimement persuadé qu'il aurait suffi de maintenir un environnement calme et heureux autour d'Harry pour que ces incidents diminuent voir cessent complètement. Une fois de plus, l'envie de faire un voyage en Australie pour mettre les points sur les i, pointa le bout de son nez. Le brun observa d'un regard absent la cheminée d'Arabella. Cela ne prendrait que quelques minutes…
« Sirius ? »
Extrait de ses pensées et surtout de ses mauvais souvenirs, Sirius se retourna pour découvrir Remus l'observant. « Est-ce que tu vas bien ? » lui demanda le loup-garou, grimaçant gentiment.
« Ouais, » répondit Sirius, soufflant doucement.
Toujours apte à flairer les mensonges, Remus soupçonneux, releva un sourcil. « Tu en es sûr ? » pressa t-il.
Sirius soupira plus fort. « Non, » admit-il tout en prenant un air boudeur. De toutes évidences, il se sentait prêt à exploser en mille morceaux, et voulait frapper quelque chose. Il allait vraiment exploser !
Il avait vraiment cru agoniser tout le temps de la réunion, temps qu'il avait passé à se retenir de faire quelque chose. Le besoin, le désir de faire quelque chose d'utile, de juste, avait été presque insoutenable, et quand Arthur Weasley, Ron et Hermione étaient arrivés, sa maîtrise de lui-même avait bien manqué volée en éclats. Vous étiez censé être ses amis ! Pourquoi ne l'avez-vous pas aidé ? Pourquoi n'avez-vous rien remarqué ? Voilà ce qu'il aurait voulu crier. Seul le fait de savoir que c'était complètement déraisonnable lui avait permis de maintenir un minimum de contrôle.
Le fait que Ron et Hermione avaient toujours été loyaux envers Harry avait été un point primordial aux yeux de Sirius. Ils avaient coopéré avec le directeur, mais uniquement dans la mesure du possible sans avoir à contacter Harry.
« Je pense qu'Arabella ne devrait plus tarder maintenant, » continua Remus incertain, essayant de faire sortir Sirius de ses sombres pensées en le ramenant au présent. Après que tout le monde soit parti, Sirius avait demandé un peu de temps pour pouvoir examiner les impressions de la maison un peu plus longtemps. Dumbledore avait suggéré d'attendre un moment avant de retourner dans la pensine, mais Sirius avait été catégorique, et le directeur lui avait permis un bref coup d'œil. Il avait réussi à garder une parfaite maîtrise de lui-même durant la réunion, mais la pensine avait finalement été sa perte.
Au moment où il avait enfin regagné Magnolia Crescent, il était au-delà de furieux. La peur déraisonnée des Dursley qui les avait fait déprécier Harry, le priver de nourriture, l'enfermer, et même lui retirer le peu de soins qu'ils lui avaient donné au début, tous cela le rendait malade. Quand il était revenu et avait aperçu Arabella somnolant sur le canapé pendant que Remus montait la garde, il avait finalement explosé, et la pauvre Arabella avait fait les frais de sa colère, de son sentiment d'impuissance et de sa frustration. Il l'avait tellement fustigé qu'elle avait fui vers l'escalier en larmes.
Plus tard, il l'avait bien évidemment regretté et lui avait présenté ses excuses. Excepté si elle avait été présente lors des incidents, ce qui n'était pas vraiment le cas, il y avait très peu de preuves solides qu'elle aurait pu exploiter. Pétunia avait toujours plaidé la maladresse de son neveu, et Harry lui-même avait fait preuve d'une discrétion effrayante pour garder ses secrets.
Réalisant que Remus était toujours en train de l'observer, Sirius tenta de lui expliquer son dilemme. « Harry a essayé de se rapprocher d'eux, il a vraiment essayé. Il ne voulait rien de plus que quelques petits signes d'amour et d'attention, surtout au début, » dit-il, se rappelant combien son cœur s'était serré face aux veines tentatives de son filleul de se faire accepter par se famille, face à ses échecs, encore et encore.
« Finalement, il a tout simplement abandonné et a commencé à s'éloigner. Tu pouvais presque repérer le moment où il a compris qu'il n'y arriverait jamais, quoi qu'il pourrait faire, et il était jeune Moony ! Encore juste un tout petit bout de chou. Il a cessé de réagir, cessé de demander de l'aide et a suivi son propre chemin. Nous sommes tous en colère qu'Harry ne soit pas venu se confier à nous et nous demander de l'aide, mais il n'a jamais vraiment eu quelqu'un sur qui il pouvait réellement compter. Il n'a probablement jamais pu compter que sur lui-même. », dit-il tout en poussant un lourd soupir. « Remus, comment peut-on l'aider ? »
L'ironie de la situation n'échappa pas à Remus. « Je ne sais pas Paddy, » avoua t-il tristement. « Allez, pensons à autre chose », proposa t-il, tentant évidemment de changer les idées de Sirius. « Maintenant, nous devons simplement être reconnaissant du fait qu'Harry ait été suffisamment fort pour survivre et être toujours saint d'esprit. »
« En partie seulement en tout cas, » convint Sirius d'un air sombre, triturant distraitement un des bibelots d'Arabella. Harry avait fait preuve d'une volonté forte et tenace, et ce malgré les efforts des Dursley pour le garder le plus opprimé possible, mais maintenant qu'il savait où chercher, Sirius pensait voir des signes subtils de ce que le garçon avait du endurer.
« Il n'a pas confiance en nous », résuma t-il abruptement, après quelques minutes de réflexion silencieuses.
« Il a confiance en nous à sa manière, » le détrompa Remus, « et il a confiance en toi plus qu'en n'importe qui d'autre, tu ne peux pas douter de ça », poursuivit-il, en agitant un doigt réprimandant. « S'il choisit de se confier à quelqu'un, ce sera certainement à toi. »
« La bonne blague ! » répliqua Sirius avec un geste impatient de la main. « Si c'était réellement le cas, pourquoi est-ce que tout cela est arrivé ? Et ne vient pas me dire que c'est à cause de cette scène dans le bureau de Dumbledore l'autre soir. »
« Eh bien, peut-être pas pour tout. Tu dois admettre qu'il n'a probablement pas besoin d'aide pour tout, » lui fit remarquer Remus. Il le regarda comme s'il était sur le point de poursuivre, mais s'interrompit lorsque la pile de parchemin de l'Ordre attira leur attention.
« Qu'est-ce qu'il veut maintenant ? » grommela Sirius, s'attendant encore à une autre « course » pour Dumbledore, ou pire encore, une autre « réunion ». Attrapant la pile de parchemin, il se figea, surpris, lorsqu'il reconnut l'écriture d'Harry.
« Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda Remus, inquiet.
« C'est Harry ! » trépigna Sirius, souriant en réalisant pour la première fois en quelques jours à quel point il avait attendu cela, tandis qu'il arrachait presque les premières pages de la pile. « C'est une lettre d'Harry ! »
« Excellent ! Qu'est-ce qu'il dit ? » demanda Remus avec empressement, un sourire s'étalant sur son visage fatigué.
« Eh bien, si tu me laisses lire je pourrais te le dire », répondit Sirius aplatissant les pages et s'éclaircissant la voix. « Cher Sirius, » commença t-il, « J'ai essayé de vous écrire depuis quelques jours maintenant, mais tout ce que j'ai réussi à mettre sur papier, c'était des mots qui sonnaient faux. Pour tout vous dire, j'ai beaucoup de mal à vous expliquer quelque chose que je ne comprends pas vraiment moi-même. Quoiqu'il en soit, j'ai décidé d'écrire simplement les choses, même si je sais que cela va certainement sonner bête. » Sirius arrêta et jeta un regard vers Remus. « Hum. Nous devrions vraiment parler avec Harry au sujet de la dominance de confiance en lui dont sa personnalité fait preuve. Pas étonnant que Snape le trouve arrogant. »
Remus renifla malgré lui. « Donne-lui une chance Paddy. Nous n'avons pas toutes les réponses surtout à quinze ans. »
« Ceci est véridique Mr Moony. Mr Patmol vous concède ce point et vous prie respectueusement de lui donner la permission de poursuivre. »
« Mr Patmol, Mr Moony observe que la critique était la cause de cette interruption, mais Mr Moony vous accorde sa permission pour l'amour de la liberté, » répondit Remus, glissant naturellement dans leur ancien style, utilisé à Poudlard pour tous leurs débats, sans éprouver aucune gène.
« Ouais, ouais, » répondit Sirius, délaissant les détails avec un vague geste de la main, avant de revenir à la lettre. « Je suppose que je devrais commencer par m'excuser pour mon comportement de l'autre soir. J'ai juste…je ne sais pas. Peut-être que je devrais commencer par le commencement et arriver ensuite sur la nature et le lieu de mon travail, jusqu'à l'autre soir. J'imagine que l'histoire commence au début du mois de Juillet, à la gare de King's Cross. Non attendez. Cela commence un peu plus tôt dans la journée, à la station de Pré au Lard. Le professeur Dumbledore est venu vers moi pendant que j'étais en train d'attendre l'arrivée du train avec Ron et Hermione. J'étais un peu excité, à vrai dire. J'avais vraiment espéré que je serais autorisé à aller directement au Terrier, mais il a dit que c'était trop dangereux, et que le Surrey était l'endroit le plus sûr pour moi et pour eux. »
Fronçant les sourcils, Sirius commença à résumer les choses. « Il parle de quelqu'un qu'il aurait pris pour son oncle, à King's Cros et d'attraper un bus pour Little Whinging, et de trouver la maison vide. Tu avais raison, il est passé chez Arabella avant d'appeler le Magicobus pour aller au Chaudron Baveur », commenta t-il sans faire attention à Remus, puis il renifla d'incrédulité. « Il avait peur que Tom le prenne pour un cinglé ou le jette dehors. S'il te plaît. Est-ce que tu as déjà vu Tom refuser un client ? Il dit également qu'il avait l'intention de passer la nuit là-bas et d'envoyer Hedwige prévenir quelqu'un le lendemain matin. »
« Eh bien cela semble raisonnable. Qu'est-ce qui l'a fait changer d'avis ? »
Sirius passa une main à travers ses cheveux, partagé entre l'amusement et l'exaspération. « Il semble qu'il ait rencontré son mystérieux employeur assez rapidement, et une fois que toutes les dispositions nécessaires furent prises, il a simplement décidé de laisser faire les choses et d'attendre. Il a estimé qu'il ne devait pas nous « déranger ». Il dit qu'il n'était pas certain de « la manière dont nous aurions réagi. »
« Est-ce que tu essayes de me dire qu'il était embarrassé ? » proposa Remus, horrifié, alors qu'il tentait de comprendre le raisonnement d'Harry. « Il pense qu'on allait lui en vouloir parce que ces ignorants de moldus ont remballé leurs affaires et se sont fait la malle ? »
« C'est à peu près ça, on dirait, » dit Sirius, en continuant à balayer la lettre du regard, « mais il ne dit pas toujours pas pourquoi, à si, ici ! » « Je sais que vous vous demandez probablement pourquoi je refuse de vous dire où je suis. J'imagine que c'est parce que… » Sirius releva un sourcil et sembla être déconnecter de la réalité.
« Parce que quoi ? » exigea finalement Remus, regardant avec impatience son ami froncer les sourcils et scanné intensément la lettre.
« Je ne sais pas », dit Sirius, lui faisant voir la page pour qu'il constate les nombreuses ratures. « On dirait qu'il ne sait pas non plus. Il le dit même ici. » dit-il en pointant du doigt l'endroit où l'écriture reprenait. « Tu vois ? » « En vérité Sirius, je ne comprends pas moi-même. Bon, d'accord, je crois que je comprends en partie. Je ne veux pas partir. Je suis heureux ici. Et aussi très certainement, je ne veux pas retourner chez mon oncle et ma tante, que ce soit en Australie ou ailleurs. » lu t-il, puis il regarda le parchemin comme s'il venait de le frapper. « Est-ce que j'ai bien lu ? Est-ce qu'il pense réellement qu'il va être renvoyé dans sa famille sans qu'on s'en souci ? »
Remus soupira longuement. « C'est possible, » admit-il avec réticence. « Cela expliquerait beaucoup de choses, tu ne trouves pas ? »
Sirius refusa de se laisser amadouer. « Et nous alors ? Comment peut-il simplement penser à cette idée ? »
« Oh, je t'en prie ! Dumbledore lui-même, lui a ordonné de ne communiquer avec qui que ce soit. D'ailleurs, reconnaît que tu as les mains liées pour l'instant. Qu'est-ce que tu comptes faire ? Te ruer au Ministère de la Magie et intenter des poursuites pour détention ? »
« Je pourrais », répliqua Sirius, relevant le défi.
« Ne soit pas stupide. Tu serais de retour à Azkaban avoir d'avoir eu le temps de dire deux mots et que feras-tu d'Harry à ce moment là ? »
« Harry semble très bien s'en sortir sans moi », répliqua Sirius avec humeur. « C'est évident qu'il pense n'avoir besoin de personne. »
« Hum hum. C'est pour ça qu'il te parle de ses cauchemars et des visions, et insiste pour savoir si les Weasley et toi voulez toujours de lui ? » demanda sèchement Remus, ému par les lignes qu'il continuait à lire par-dessus l'épaule de Sirius.
« Quoi ? »
« Peut-être que tu devrais terminer de lire la lettre avant de sauter, abruti. »
« Oh tais-toi, j'allais le faire. »
« Mais bien sûr. Avec la grâce et la vitesse d'un verracrasse, je pourrais ajouter. »
Sirius se détourna de lui puis balaya rapidement du regard le reste de la lettre. « Par Morgane, il est tombé sur la tête ? » Si tu as changé d'avis pour que je vive avec toi ! » Il doit plaisanter ! Et pour les Weasley ! Il doit bien savoir combien de fois Molly à demandé à l'avoir pour les vacances ? Est-ce qu'il est sérieux ? Il ne peut pas être sérieux ! Dis-moi qu'il n'est pas sérieux ! »
« Non, ce serait plutôt toi, » sourit Remus, puis redevenant sérieux. « De toute façon, Paddy, je pense qu'Harry est bel et bien sérieux. »
« Je suppose que c'est mieux que rien, n'est-ce pas ? » marmonna Sirius, s'affalant sur le canapé.
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Le travail d'un sorcier n'est jamais terminé, Lucius Malfoy soupira en lui-même tandis qu'il traversait en de grandes enjambées le Ministère de la Magie avec le Ministre en personne à ses côtés. Ils avaient participé à la plupart des réunions ayant eu lieu dans la matinée et se rendaient désormais à l'extérieur pour profiter d'une déjeuner, après avoir déposé quelques documents dans le bureau du Ministre.
Cornélius Fudge, c'était devenu comme une habitude depuis la renaissance du Seigneur des Ténèbres, autant que celui-ci courrait après Albus Dumbledore ou cet insupportable môme Potter.
Potter.
Lucius resserra inconsciemment son emprise autour de sa canne à tête de serpent comme il se rappelait la façon dont le garçon s'était glissé hors de leur portée, mais il réussi à dissimuler toute trace de gêne de son expression. Au lieu de cela, il garda un masque d'attention et fit quelques bruits d'accord ou de consolation le cas échéant, tandis que le Ministre poursuivait son monologue.
Fudge n'avait encore rien dévoilé de l'affaire, aussi Malfoy le laissa babiller tout en continuant son analyse. Quelle que soit la façon dont il distinguait les choses, il ne pouvait pas comprendre pourquoi cet idiot de Barty Croupton Junior avait utilisé un portoloin « aller-retour ». L'homme avait bien évidemment moins d'une once de bon sens, d'intelligence ou de jugeote, tel un simple moldu, si tel était le mieux qu'il pouvait faire. Toutes ces années passées sous Imperium devaient définitivement avoir endommagé son cerveau.
Tandis qu'ils poursuivaient leur chemin vers le bout du couloir, Malfoy maudit leur malchance. Il n'aurait jamais fait une telle erreur de débutant ! Servir une issue de secours toute tracée sur un plateau d'argent aux prisonniers n'était pas un plan solide. Surtout des prisonniers qui avaient prouvés par le passé leur capacité à se sortir des ennuis dans lesquels ils s'étaient fourrés. N'importe quel imbécile de première année à Poudlard aurait été capable de déduire ça ! Malheureusement pour le Seigneur des Ténèbres, les seuls mangemorts qui pouvaient remplir les tâches de longue durée sans se faire remarquer étaient Croupton Junior et Pettigrow. Lucius et une grande majorité des autres ayant un travail, ou tout au moins de la famille, des amis et des relations, ne pouvaient donc pas tout simplement disparaître durant des mois.
C'était l'inconvénient. La scène du cimetière se serait jouée différemment si quelqu'un de compétent en avait été chargé, et Potter aurait été pris au piège au cœur d'une course sans retour possible à Poudlard. Comme il était blessé, le garçon n'aurait pas été bien loin à pied. Il aurait été fatigué et serait rapidement devenu une proie facile.
Se délectant à cette pensée, les doigts de Lucius effleurèrent les crocs de la tête de serpent de sa canne, pensant à la lame cachée dedans. Oh, oui. Très différente.
L'évasion de Potter avait bien évidemment irrité le Seigneur des Ténèbres, mais il s'était montré étonnamment clément pour leur « châtiment ». Les mangemorts restant debout les mains vides à l'endroit où se trouvait le portoloin quelques secondes auparavant s'attendaient à recevoir les foudres de cette grotesque erreur, mais le Lord Noir avait d'autres plans. Au lieu de les torturer pendant des heures, jusqu'au bout de la nuit, il s'était contenté de commencé à travailler à l'obtention des autorisations d'habitations de son vieux manoir au lieu de se contenter de « l'habitation » pitoyable qui était déjà trop dure à entretenir pour cet incapable de Pettigrow. Il avait seulement jeté également quelques Doloris occasionnels de manière à les faire se tenir sur leur garde.
Heureusement, Lucius Malfoy avait encore la chance d'avoir des relations, ce qui était très utile pour éviter certaines des tâches les plus subalternes. Comparativement à la plupart des autres mangemorts, son cas avait été réglé de manière expéditive et très simple. Tout ce que le Lors Noir attendait de lui concernait les intrigues politiques, les Gallions du clan Malfoy, et une chance de recruter Draco, une fois que celui-ci aurait atteint ces seize ans. Secouant légèrement la tête, Malfoy ne pu qu'appréciez le choix des termes dont faisait preuve son maître. Cela avait effectivement sonné comme si le garçon avait le choix !
Croupton Junior avait de toute évidence raté sa « vocation », il été bien plus doué pour agacer ses « compagnons » mangemorts jusqu'à les faire sortir de leurs gonds, d'autant qu'il était responsable de la stupéfiante humeur négative du Lord Noir. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait déjà eu le déplaisir de recevoir le baiser du détraqueur, mais il n'avait pas la satisfaction de prendre les choses en mains dans ce domaine. En tout cas le simplet avait été réduit au silence avant de pouvoir faire la moindre gaffe, et que celui-ci soit aussi sensible à l'Imperium était de toute façon une faiblesse inacceptable.
En parlant de passivité, Cornélius était encore entrain de parler. C'est incroyable à quel point celui-ci semble n'être jamais à cours de choses à dire. Mais d'autre part, c'est son seul intérêt. Pour donner du crédit lorsque cela fut nécessaire, les actions de Fudge à l'égard de Croupton Junior avaient entraîné le cours actuel des événements. Le Ministre donnait l'apparence d'un homme sage et bon ami, mais, dans la nuit de la renaissance du Seigneur des Ténèbres, il s'était montré capable de rapidité, vicieux à souhait, et même d'action téméraire pour peu qu'il se sente menacé.
L'ironie de la situation était délectable. Potter était littéralement destitué de tous ses droits. Il avait vu son camarade se faire tué sous ses yeux, avait assisté à la cérémonie de la renaissance, savait que le Lord Noir avait survécu toutes ces années et l'avait entendu parler de la plupart sinon la totalité des répondants mangemorts par leur nom. Il avait été capable de les identifier et aurait pu tous les faire envoyer à Azkaban en un instant, mais à cause de son jeune âge, de certains mauvais choix faits pour le jeune garçon et de la part de certaines tournures désobligeantes du sort, personne ne voulait le croire !
Grâce à Draco et au très estimé Maître des Potions, Severus Rogue, Lucius conservait une mise à jour convenable des évènements scolaires, de sorte qu'il savait beaucoup de choses sur ce qui ce passait à Poudlard. Grâce principalement à Rita Skeeter et au fiasco de l'affaire Sirius Black, la parole de Potter était considérée comme suspecte, au mieux, par le Ministre. Personne n'avait encore ne serait-ce que pris la peine de vérifier la validité de son histoire.
Maintenant qu'il y pensait, ce n'était pas une mauvaise chose, bien sûr, ou même inhabituelle. Ce bavard de Weasley ramenait toujours le sujet sur des « innocent tant qu'on n'a pas prouvé qu'il est coupable » proverbe moldu écoeurant, mais personnellement Lucius n'en voyait pas l'intérêt. Les procès étaient coûteux et de toute évidence une perte de temps et d'argent, surtout quand les faits parlaient d'eux-mêmes avec tant d'éloquence. Le cousin de Narcissa avait été immédiatement envoyé à Azkaban, sans que personne ne se donne ne serait-ce que la peine de prendre la parole. De même, selon Severus, les autorités n'avaient pas interrogé Croupton Junior dans la nuit du 24 Juin. Il avait simplement reçu le baiser, sans qu'on lui pose de questions.
Avec Croupton Junior aussi bien forcé au silence, leurs principaux problèmes restaient Potter et Dumbledore. Potter, car il était le seul outsider qui connaissait la vérité, et Dumbledore, qui était la seule personne ayant un pouvoir quelconque et qui semblait le croire. Tous les deux étaient beaucoup trop bien protégés pour attaquer ouvertement, d'où la campagne actuelle pour les discréditer totalement. Une bonne partie du grand public sorcier croyait aveuglément tout ce qu'il lisait, en particulier si c'était un article publié dans la Gazette du Sorcier.
Jetant un coup d'œil à l'homme à ses côtés tout en gardant son air suffisant, Lucius se félicita silencieusement. C'était l'une de ses meilleures idées. Comme il avait déjà de bons rapports avec Cornélius Fudge, le Lord Noir lui avait confié la tâche de cultiver le côté paranoïaque d Ministre et de le guider doucement vers la porte de sortie. Il était reconnaissant de cette opportunité, il suffisait de sourire ouvertement lorsque le Ministre faisait une petite blague. Oh oui, Fudge était d'une étonnante facilité à manipuler ! Tout ce qu'il devait réellement faire, c'était dire ce que le Ministre voulait entendre, et faire glisser la conversation à l'aide de « subtiles » suggestions.
A ce propos… Lucius pesait ses options. Il supposait qu'il était probablement temps de dire quelque chose, des compliments avant tout, mais d'un autre côté ils avaient presque atteint leur destination. Peut-être quelque chose de rapide et de direct, alors. Il regrettait de ne pas avoir bien écouté au cas où l'opportunité d'intégrer une « subtile » suggestion avant de faire face à Albus Dumbledore s'était présentée. Ils étaient arrivés en vue du bureau du Ministre et Lucius, qui avait l'avantage de la taille, pouvait voir le vieux sorcier qui patientait, parlant avec le coq reproducteur des Weasley. Vraiment charmant.
Fudge était encore entrain de discuter au sujet des bizarreries du vieux directeur de Poudlard, donc Lucius pourrait passer pour un héros aux yeux du Ministre s'il lui recommandait de cesser immédiatement ses stupides babillages.
Tant qu'il y mettait les formes bien évidemment.
« Pardonnez-moi de vous interrompre Monsieur le Ministre, mais n'est-ce pas le directeur qui vous attend ? » demanda t-il, faisant de son mieux pour imiter la surprise.
Comme il l'espérait, Fudge s'interrompit immédiatement. « Quoi ? » souffla t-il, en regardant autour de lui horrifié. Lucius jouit de quelques secondes de silence, tandis que l'autre sorcier regardait devant lui, il soupira mentalement lorsque le Ministre recommença à blablater, cette fois fiévreusement, pour le remercier.
« Oh, bien observé, Lucius ! Très bien observé ! Le vieux directeur a peut-être des idées saugrenues, mais ce serait de très mauvais goût d'insulter les sorciers sous leurs nez ! »
« De très mauvais goût en effet, Monsieur le Ministre, » convint sagement Lucius. Il est plus facile et plus sûr de les insulter quand ils ont le dos tourné.
« Je me demande ce qu'il vient encore faire ici ! » dit Cornélius, nageant apparemment en pleine confusion. « Je me rappelle distinctement de Mr Weasley –Percy– m'informant qu'il avait pris rendez-vous dans deux semaines et non aujourd'hui ! »
Lucius opina de la tête, cachant son intérêt curieux derrière une façade impassible, tandis que son esprit commençait à développer diverses hypothèses. Fudge l'avait déjà informé de la tentative de Weasley père de prendre rendez-vous pour le directeur, tout cela par l'intermédiaire de Weasley fils. A l'époque il avait rejeté cette information, la considérant comme faisant parti de la routine, surtout si Dumbledore se contentait d'attendre. Mais puisque Dumbledore semblait pressé de résoudre la question au point de se déplacer lui-même, cette information pourrait bien intéresser son maître. Il devait donc jouer serré pour ne pas se faire exclure de la conversation. « Peut-être souhaite-t-il repousser, » spécula t-il innocemment. « Ou peut-être est-il entré en contact avec Potter et a encore de choquantes et absurdes révélations à vous faire. » se permit-il d'ajouter avant qu'ils ne fassent leur entrée.
Les deux sorciers partagèrent un regard, puis firent une pause d'une seconde pour permettre à Fudge de mettre son « air sympathique mais très occupé » avant de s'avancer. « Professeur Dumbledore ! » s'exclama-t-il tandis qu'il s'avançait vers celui-ci. « Quel plaisir de vous voir, je…»
« Moi de même, Monsieur le Ministre, » répondit Albus doucement, coupant Fudge avant qu'il n'ait le temps d'ajouter « je suis désolé, mais je n'ai pas le temps de discuter ». Lucius restait en arrière et gardait le silence, appréciant le spectacle. Dumbledore restait l'un des principaux adversaires du Lord Noir, mais il devait bien admettre que le vieux sorcier savait s'y prendre.
Ou peut-être était-ce Fudge qui était tout simplement pathétique.
Néanmoins, il ne fallait jamais perdre une occasion d'observer un adversaire. Il y avait toujours quelque chose à apprendre.
« Je sais que vous devez être très occupé, Monsieur le Ministre, alors je vais être bref, » continua Dumbledore, avant que Fudge ne puisse suffisamment retrouver le fils de ses pensées pour le dire lui-même. « J'ai confiance en votre excellent assistant, Mr Weasley, qui vous a informé que nous soupçonnions qu'une des archives de surveillance soit défectueuse et qu'en conséquence, c'est la raison pour laquelle nous avions besoin de votre aide. Si vous considérez les circonstances, je pense que vous serez d'accord pour dire qu'il doit être examiné immédiatement, » déclara le directeur, en ignorant allègrement Percy, qui tentait d'attirer l'attention de Fudge en faisant de grands gestes. « Pour accélérer les choses, j'ai fait venir l'expert en sortilèges de Poudlard, le professeur Flitwick. Il devrait être en mesure de déterminer si le dossier a été altéré, et, nous l'espérons, régler le problème en peu de temps. »
Fudge tentait de reprendre ses esprits, cherchant à s'extirper de cette situation inconfortable et confuse, du moins c'est ce qu'il semblait à Lucius. On ne doit jamais admettre être dans l'ignorance. Le Ministre lui-même semblait connaître cette règle d'or, et tenta de se racheter quelque peu en saluant poliment d'un bref mouvement de tête le petit professeur de sortilèges, et fit signe à Percy Weasley de cesser ces mouvements de bras désespérés. Lucius sourit sournoisement derrière sa main, et se déplaça nonchalamment vers un endroit où il pouvait s'appuyer confortablement contre le mur. Et si cette place lui permettait de surprendre « inopinément » leur conversation, c'était là une simple coïncidence.
« Je pensais que c'était une simple affaire de routine, sans grande importance, Mr Weasley ! »
« Je n'ai… Il est… Mon père est venu m'entretenir à propos de certaines histoires ridicules portant sur la façon dont Harry aurait été négligé par sa famille moldue ! Je lui ai dit que j'allais envoyer une équipe pour enquêter, mais il a refusé ! De toute évidence, une enquête permettrait de découvrir leur manque de preuves. »
Peut-être, concéda Lucius en réfléchissant, ou bien ils ne veulent tout simplement pas que les faits soient exposer dans la Gazette du Sorcier.
« Peut-être que nous devrions aller continuer cette conversation dans votre bureau, Monsieur le Ministre, » suggéra Dumbledore, pour mettre un terme à la dispute puérile des deux autres sorciers. « Le professeur Flitwick et moi-même serions heureux de dissiper tout malentendu et de répondre à vos interrogations, » poursuivit-il d'un ton apaisant.
« Oui, oui, bien sûr, » décida Fudge, avant de se souvenir de son déjeuner. Il s'arrêta et attendit avec indécision Malefoy, mais Lucius lui fit un geste de main apaisant. « Le devoir vous appelle, Monsieur le Ministre. Je serai heureux de vous attendre. » Pour appuyer ses dires, il s'installa confortablement dans l'un des fauteuils situés devant le bureau du Ministre et lança une pique à Dumbledore. « Si le directeur est aussi efficace qu'il le prétend, vous devriez en avoir terminé en un rien de temps. Peut-être que Mr Weasley ici présent pourrait aller aux archives chercher lui-même le dossier en question, juste pour gagner du temps. »
Cornélius s'enthousiasma. « C'est une excellente idée ! Exécution Percy, et ne traînez pas. Merci, Lucius, nous allons essayer d'être bref. »
« Prenez votre temps, Monsieur le Ministre, je suis en congé pour le reste de la journée aussi il n'y a pas grand besoin de se précipiter, » pardonna facilement Malfoy, regardant comme un bon divertissement un Weasley rouge de honte se précipiter vers la porte aussi vite que ses grandes jambes le lui permettaient, et les autres sorciers disparaître dans le bureau de Fudge. Et pour parfaire le tableau, Dolores Ombrage, et un autre membre du personnel de Fudge pointèrent le bout de leur nez pour un déjeuner déjà parfait !
Pressé contre la porte, il jeta une petite alarme de sorte qu'il serait averti si quelqu'un s'approchait du couloir, puis passa outre le bureau de Weasley. Il jeta un rapide coup d'œil sur les dossiers disposés dessus, puis saisi l'interphone magique et resta à l'écoute des voies qui filtraient à travers le dispositif magique.
« Monsieur le Ministre, il demeure plus prudent… »
« Cessez vos inepties Albus, il n'y a aucun moyens de détruire ses sortilèges ! Et encore moins par quelqu'un du Ministère ! Tout est mis en œuvre pour prévenir le moindre souci ! D'ailleurs ce n'est pas le moment de discuter de tout ceci, Lucius et moi avons à faire. »
Lucius leva les yeux au ciel. Comment quelqu'un d'aussi naïf avait-il pu accéder au poste de Ministre ? se demanda-t-il, puis recommença à écouter intensément Dumbledore qui après avoir soupiré longuement d'exaspération, se mit à expliquer son affaire.
Les professeurs de Poudlard soupçonnant évidemment que leur réunion était loin d'être privé comme ils le souhaitaient, essayaient clairement de filtrer les informations, et de rester subtil. Connaissant l'inutilité d'une telle entreprise, Lucius se mit à rire lorsque Fudge en homme bien naïf, déjoua habilement ce plan, et les obligea à parler plus clairement qu'ils ne l'auraient sans doute souhaité. Ramenant ses doigts sous son menton, Lucius releva un sourcil curieux et prit note des détails qui pourraient intéresser son maître.
Ainsi ils soupçonnaient que le dossier de Potter avait été altéré…
Le système d'alarme ne fonctionnait pas correctement ?
Potter devait être retiré des soins de ses tuteurs moldus, et le plus tôt serait le mieux ?
Hum. Intéressant. Très intéressant en effet, pensa Malfoy, une lueur calculatrice brillant au fond de ses yeux gris pâle.
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« Cela devrait faire l'affaire pour les robes de femmes Sparky, » dit Maggie McKnight, jetant des sorts anti-plis et de protection sur certains des vêtements qu'elle venait de terminer d'accrocher. « Maintenant, tout ce qu'il nous reste à faire c'est trier ce tas de vêtements pour homme. » Harry acquiesça, puis leva un sourcil devant le nombre de robes toujours en attente d'être rangée. Quand il était arrivé, Madame Malkin l'avait assigné au rangement, et lui avait demandé d'aider Maggie à tout trier. « Vous devez avoir eu une sacrée clientèle ce matin ! » nota t-il, tandis que la sorcière enlevé les dernières robes reposant sur le sol et les drapées à son bras.
« Oh, pour sûr, » confirma Maggie, s'arrêtant un instant pour mettre sa baguette dans une de ses poches et étirer ses doigts engourdis. « C'était une matinée bizarrement très chargée. Normalement nous n'avons pas autant de clients à la fois. La plupart était des clients de dernière minute pour le mariage des Whitworth, » dit-elle, en lançant à Harry un clin d'œil complice. « Peut-être que certaines ne veulent pas se montrer dans des robes de la saison dernière, qui sait ! »
Harry rit tout en roulant des yeux face aux pitreries de sa collègue, puis se dirigea vers le rayon femme. Actuellement, pensait-il, c'est fou ce que les riches pouvaient se permettre dans leur vanité, ils allaient y passer la journée pour tout trier puis ranger. La tournure de sa journée était définitivement étrange.
Tout d'abord, il y avait eu l'horripilante arrivée du petit Coquecigrue ce matin. Fronçant les sourcils, le jeune brun se fit la note mentale de vérifier l'état de la petite chouette quand il rentrerait au Chaudron Baveur, et peut-être de la conduire chez le marchand de chouette pour la faire examiner plus tard. Le piaf hyperactif dans son état normal était arrivé se matin dans un état d'abattement assez inquiétant, et Harry n'avait pas su quoi faire. Il avait observé l'oiseau avant son départ pour chez Mme Malkin, mais n'avait pas vraiment été en mesure d'obtenir une indication précise de son état de santé. Il lui avait semblé que tout allait bien, mais l'avait tout de même laissé en bonne garde sous l'œil attentif d'Hedwige, convaincu que la chouette des neiges le préviendrait en cas de besoin.
Tout en réfléchissant, Harry accrocha le dernier vêtement et retourna auprès de Maggie, qui travaillait encore sur le capharnaüm résidu de la matinée. C'était une véritable porcherie, en arrivant il avait eu un choc en voyant l'état de la pièce, mais ce n'était rien comparé à celui qu'avait provoqué l'inquiétante théorie d'Hermione selon laquelle sa magie était en quelque sorte bloquée. Cela l'avait tout de même quelque peu tracassé lorsqu'il avait eu fini de lire la lettre que Coq lui avait apportée, mais au fur et à mesure que le temps passait, tandis qu'il nettoyait et écrivait à Sirius, il s'était lui-même convaincu qu'Hermione, aussi brillante soit-elle, devait se tromper dans le cas présent. Excepté si sa magie décidait de faire quelque chose sans son consentement ou sans qu'il en ait conscience, il n'y avait aucun moyen pour qu'il soit capable de faire ce qu'elle suggérait. Pour l'amour du ciel, il ne saurait même pas par où commencer !
Ou alors…, pensait-il.
Désormais, il commençait à s'interroger.
Harry sourit à Maggie comme il accepté une autre tournée de robe de sorciers, (« doucement, pas trop j'vais mourir étouffé si je tombe ! »), puis il poursuivit ses rêveries tout en se dirigeant vers le rayon homme.
Au moment où il était descendu à la cuisine pour aider Tom à commencer la journée, il avait rejeté la théorie d'Hermione comme l'idée loufoque qu'elle était, et était passé à des questions plus pressantes comme la façon dont il allait pouvoir renvoyé la petite boule de plume de Ron, et s'il pouvait indiquer de manière sûre ce qu'il se passait à ses amis. Perdu dans ses pensées, il avait salué Tom, puis ils s'étaient dirigés vers la salle à manger, et Harry avait commencé à mettre en place les chaises autour des différentes tables. Il n'avait pas vraiment fait attention à ce que le gérant faisait, et ne réalisa qu'à son retour que Tom n'avait pas bougé d'un pouce.
Curieux, il s'était avancé jusqu'à lui pour voir ce qui se passait, et avait trouvé Tom fustigeant avec irritabilité le sort de suivi qu'il avait jeté sur Harry la nuit où celui-ci avait gardé les filles, jusqu'au retour de Janet. Tom avait insisté sur l'utilité d'un sort comme mesure de précaution, d'autant plus qu'il était hors des limites du monde sorcier et pour beaucoup d'autres raisons également, de telle manière que finalement Harry avait accepté à contrecœur de se faire surveiller pourvu que cela reste secret.
En toute honnêteté, Harry avait considéré le fait de se faire suivre par un charme comme une nuisance, et n'avait pas tenté quoi que ce soit lorsque Tom avait rencontré des difficultés avec le sort. Il avait d'ailleurs eu un vif intérêt lorsque Tom lui avait annoncé qu'il se pouvait que le sort fonctionne mal.
Depuis Harry avait du mal à se rappeler de chaque corvée qu'il effectuait, en particulier lorsqu'il avait plusieurs petits boulots dans la journée, Tom lui avait en effet demandé de tenir une liste, de documenter son travail. Aucun sorcier n'aurait pu apprécier cela, quoique… Enfin, depuis il devait rédiger ces espèces d'articles, et tenir le compte chaque jour était ennuyeux et fastidieux, cela n'avait pas duré longtemps avant que Tom ne trouve un moyen de l'automatiser. Le résultat était un parchemin qui servait de journal de bord, afin de suivre au fur et à mesure les revenus d'Harry et ses dépenses au Chaudron Baveur. Harry pensait bien sûr que c'était une petite chose inutile, et avait continué son travail fébrilement pendant que Tom s'évertuait à résoudre le problème, mais les deux sorts semblaient s'être évaporés comme par magie. Le journal avait cessé de se remplir d'inscriptions samedi dernier et parfois, au lieu de donner des détails sur l'endroit et le statut d'Harry, on pouvait juste lire pour le sort de suivi :
Sparky
Emplacement : Inconnu
Statut : Inconnu
« Bizarre », avait commenté Tom, se frottant le menton avec une main. « Vraiment bizarre », avait-il affirmé après avoir tenté de relancer le sort en vain.
Personnellement, Harry pensait que le mot « bizarre » ne convenait pas pour décrire cette situation, et avait plus considéré cela comme quelque chose de curieux, il retourna une nouvelle fois chercher un lot de robes. Hermione pourrait-elle avoir raison ? Et si oui, comment ? L'idée était fantastique en elle-même, cela expliquerait pourquoi le professeur Dumbledore n'avait pas tout simplement envoyé quelqu'un pour venir le chercher et le ramener avec lui. Cela expliquerait aussi dans une certaine mesure le comportement du hibou de Ron, et les problèmes de Tom avec ses sorts. Eurk ! Il s'interrompit de lui-même quand il remarqua l'ensemble de robes particulièrement répugnantes qui l'attendaient sur le plancher. Je ne savais même pas que Madame Malkin faisait ce genre de choses !
« Ce ne sont pas les choses les plus attractives, n'est-ce pas ? » observa Maggie de loin, en croisant son regard.
Harry pris la robe, puis secoua la tête de désarroi comme il ramassait d'autres assortiments du même genre. Un grand nombre de robes qui formaient une pile pour tout dire, mais comme il y travaillait avec Maggie, celle-ci commençait à diminuer, la plupart des vêtements étaient horribles, les plus scandaleux qu'Harry n'ait jamais vu. Un exemple parfait était cette espèce de jaquette orange vif que Maggie portait sur son bras. Harry grimaça, se demandant si elle ne brillait pas dans l'obscurité, puis demanda : « Est-ce que quelqu'un à fait le tour de la boutique pour trouver ce que vous aviez de plus horrible en stock ? »
C'était censé être une question rhétorique, mais Colleen, qui était venue à leur secours, jetant un coup d'œil malicieux à Maggie avait de lui répondre en riant comme les autres sorcières de la boutique. « Quelque chose comme ça en effet, » avait-elle confirmé, rendant Harry de plus en plus perplexe.
Ne pouvant s'empêcher de rire en repensant à cette histoire, Colleen lui avait alors tout raconté. « Mags t'as parlé de la panique qu'a causé le mariage, pas vrai ? » Elle avait attendu qu'il acquiesce pour reprendre. « Eh bien, certains des garçons Weasley sont venus ce matin, également à la recherche d'une robe de sorcier, tandis que nous étions toutes occupées avec les invités du mariage des Whitworth. Mags, ici présente, leur a dit de ne pas hésiter à jeter un coup d'œil sur tout le stock, en attendant que quelqu'un puisse venir les aider. »
« Je ne savais pas qu'ils allaient littéralement tout dévaster, » grommela piteusement Maggie, insistant pour que ses collègues cessent de la harceler avec cette affaire, tandis qu'elle raccrochait une autre robe, tentant d'en faire partir les faux plis et la poussière.
« Je sais, trésor, je l'informe juste de ce qui c'est passé. Ils se sont juste un peu emporté c'est tout, » déclara pragmatiquement Colleen, avant de se tourner de nouveau vers Harry.
« Les aînés se sont un peu amusés aux dépends des plus jeunes », dit-elle, continuant son explication. « Depuis qu'ils paient, ils ont décidés que c'était à eux de choisir les vêtements qu'ils allaient achetés. » Regardant les dentelles et les guipures présentes sur une des robes qu'elle tenait, tout en savant qu'Harry avait suivi son regard. « De toute évidence, l'objet de leur générosité n'a pas du être apprécier face à leurs différents choix ! »
« Évidemment, » convint Harry, riant nerveusement sans pouvoir se contrôler rien qu'en imaginant la scène. Pauvre Ron, pensa t-il, ramassant un ensemble de robe de velours marron généreusement garnies de dentelles et d'autres fanfreluches aux poignets, et sur un jabot au niveau de la gorge. Son meilleur ami avait probablement réagit d'une manière qui devait donnait à peu de chose près ceci : « Non, non et non, par l'enfer ! » Les jumeaux Weasley et son cousin moldu ne partageaient pas de nombreux traits de caractères, mais Harry devait admettre que tous les trois avaient en commun d'être des experts pour trouver le point faible de leurs « victimes » et de savoir parfaitement comment les exploiter par la suite. Fred et George n'étaient pas méchants à proprement parler dans leurs taquineries, à la différence de Dudley, mais une fois qu'ils avaient trouvé un filon, ils l'exploitaient jusqu'à en avoir trouvé la dernière pépite !
Les cons, pensa moitié amusé, moitié exaspéré Harry comme il continuait à ramasser les horreurs traînant sur le sol se dirigeant vers la remise. Ron et sa famille ainsi que Coquecigrue portaient de nouveau au premier plan de ses pensées ; Harry se retrouva donc de nouveau en train de spéculer sur sa magie et le suivi des hiboux messagers alors qu'il rangeait les robes à leurs places d'origine.
Le principal point noir qu'Harry pouvait voir à l'égard de la théorie d'Hermione était Hedwige. Errol et Coq avaient peut-être eu des difficultés à le trouver, mais elle, elle n'en avait manifestement pas eu. On pourrait faire valoir qu'elle savait déjà où il était, mais Errol et Coq aussi, puisqu'ils lui avaient délivré des messages tout l'été. Pourquoi éprouvaient-ils soudainement des difficultés ?
Frustré, Harry retourna chercher les dernières robes. Ok. Bien. Ignorons Hedwige pour le moment, et supposons qu'il était soudainement indétectable par n'importe qu'elle forme de magie, comment était-ce arrivé ? Et quand ? Pouvait-il contrôler tout cela ? Pouvait-il faire en sorte que cela s'arrête ?
Attendez.
Revenons en arrière.
Quand !
Si le journal de Tom est exact, je sais quand cela à commencer ! réalisa Harry. Quand Tom n'avait pas été en mesure de faire fonctionner le journal, il avait récupéré une plume et de l'encre et avait demandé à Harry de remplir les blancs, alors qu'il se précipitait pour installer les tables et les chaises de la salle à manger.
Harry eut une belle frayeur, puis renifla quand il ramassa sur le sol une robe en satin noir avec une cape d'appariement au niveau des épaules. Tous deux étaient richement brodés d'argent, et la cape était maintenue en place par deux broches sculptées en forme d'araignées. Oh, merveilleux ! Je ne voie pas du tout pourquoi Ron ne l'a pas choisie ! murmura t-il sarcastiquement. Au moins elle avait plus fière allure que l'innommable chose rose fuschia qu'il venait de ranger.
En temps normaux, l'idée de se remémorer trois jours de travail devrait être rébarbatif, mais Harry le faisait avec un plaisir non dissimulé. Vraiment, entre le fait d'avoir dormi une bonne partie du week-end, et avoir fait beaucoup de dépenses lundi à Lancaster, il n'avait pas vraiment eu beaucoup de rapports.
Selon toute vraisemblance, le journal avait cessé de fonctionner très tôt dans l'après-midi. Malheureusement, sur la fin, le journal avait clairement noté sa perte d'appétit et il avait du venir dans la cuisine expliquer à Tom ses récents maux d'estomac, se rappela Harry, sa bouche formant un pli amer. Tom s'était inquiété du fait qu'il aurait peut-être attrapé une grippe d'été, mais Harry avait simplement haussé les épaules, sans relever, c'était juste la réponse de son corps à tout le stress qu'il ressentait.
Il en était presque sûr en tout cas.
Maintenant qu'il avait presque fini de ranger les robes, il ralenti suffisamment pour remarquer quelques petites choses, Harry se rendit compte consterné qu'il était en sueur et qu'il avait étrangement chaud, et même les mains moites. Fronçant les sourcils, il accrocha la dernière robe, puis s'appuya contre le mur et pris une profonde respiration. Bon sang, pourquoi était-il si fatigué ? Ce n'est pas comme si Maggie le surmenait. Pour l'amour du ciel, elle l'avait obligé à faire une pause, et lui avait interdit de prendre plus de cinq robes à la fois !
« Jimmy ? »
Mortifié, Harry releva la tête et trouva Madame Malkin l'étudiant avec attention. « Excusez-moi madame, » dit-il, en espérant qu'il n'avait pas l'air aussi coupable que ce qu'il ressentait. « Je faisais juste…juste une petite pause avant de venir vous trouver. Maggie et moi avons fini avec les robes dans la réserve. »
« Oui, bien, » reconnu de manière absente la petite sorcière, rendant Harry un peu plus inconfortable encore, surtout lorsqu'elle mit les mains sur les hanches et poursuivit en fronçant les sourcils. « Es-tu sûr que tout va comme tu veux, chéri ? » lui demanda t-elle finalement. « Tu m'as l'air un peu pâle. »
« Je vais bien Madame Malkin, » lui répondit-il automatiquement, simplement soulagé qu'elle ne soit pas en colère. Et c'était vrai de toute façon. Ou toutefois mieux que lorsqu'il s'était levé ce matin, ajouta silencieusement Harry tandis qu'il faisait un récapitulatif rapide. Son endurance n'était pas au top de sa forme et sa gorge le piquait un peu, mais les nausées quasi perpétuelles étaient passées. Dans l'ensemble, il n'avait rien qui pouvait l'empêcher de poursuivre ses activités.
La couturière ne semblait pas totalement convaincue, mais elle n'insista pas. « Très bien, chéri, mais si tu veux partir plus tôt prévient juste quelqu'un, » dit-elle, en remettant sa robe mauve en place et en lui montrant l'arrière salle. Une fois qu'ils y furent, elle le fit asseoir et alla chercher plusieurs caisses d'accessoires.
« A tout ça maintenant, » dit-elle, en les posant face à lui. « Il faut juste les trier, et étiqueter le prix pour l'instant. Si tu veux, lorsque tu auras terminé, tu pourras commencer à tout ranger sur les étagères. Tu te souviens de la place de chacun, et comment utiliser l'étiqueteuse ? »
Harry acquiesça, reconnaissant. « Oui, madame. »
« Ce sera tout ensuite. Sur ce je vais te laisser. »
Harry sourit, face aux transparentes tentatives de la sage sorcière pour qu'il se repose un peu, mais lui en fut néanmoins reconnaissant. Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? Est-ce que je suis juste épuisé ? se demanda-t-il pensivement. Il ne pensait pas qu'il pouvait s'épuiser si rapidement, mais cela faisait plusieurs jours, depuis il avait effectué quelques travaux pénibles…peut-être que le vieux proverbe moldu qui dit « c'est à prendre ou à laisser » avait plus de mérite qu'il ne le pensait.
Reniflant dédaigneusement, Harry ouvrit la première caisse qui se trouvait être pleine de cravates de Poudlard et commença à les classer par maison. Si sa condition physique était le problème, Harry avait une solution toute trouvée. Steve lui avait encore clairement indiqué ce matin, de nouveau, qu'il ne serait pas contre d'aider Harry pour s'entraîner un peu. Jusqu'à maintenant Harry s'était toujours senti trop timide pour accepter l'offre, mais, de toute évidence, il en avait grand besoin s'il n'était même pas capable de ranger quelques robes sans être essoufflé.
Steve lui fit bien sûr penser au reste de la famille Wright avant qu'il ne secoue la tête et ne commence à étiqueter les prix sur les articles de Madame Malkin. Maintenant c'était un projet intéressant, pensa t-il avec une grimace. Cinglée, c'est le seul moyen pour décrire cette famille. Toute la famille était complètement cinglée, mais dans le bon sens, bien évidemment.
Tom avait résolu le mystère de leur soudaine disparition de la matinée, se rappela Harry, tandis qu'il continuait à étiqueter les prix sur les articles correspondant. La conversation sur son manque d'appétit avait subitement activé la mémoire de Tom, puisque qu'en plein milieu d'une recommandation de prendre quelques jours de repos qui lui était bien évidemment destinée, il s'était soudainement figé comme frappé par un Stupéfix, s'était tapé sur le front et s'était lui-même sermonné légèrement.
« Désolé, mon garçon, je devais te le dire, mais ça m'est complètement sorti de l'esprit ! » lui avait-il dit, faisant face au jeune homme perplexe. « Steve, Janet, et les filles, sont venus alors que tu étais endormi dimanche après-midi. J'allais venir te chercher mais soudainement Janet a commencé à agir bizarrement, comme si elle ne se sentait pas bien du tout. Je leur ai dit que je te préviendrai lorsque tu serais réveillé et je leurs ai présenté des excuses avant qu'ils ne s'en aillent… » lança-t-il à Harry en faisant un geste de la main pour signifier son impuissance. « Je m'excuse d'avoir oublié. Je suppose que j'ai été plus distrait que je ne l'aurais cru. »
Harry avait été surpris et un peu sonné dans un premier temps, mais ne pu rester longtemps à réfléchir. Certes, il ne pouvait pas prétendre que ce comportement été normal. En fait, si Tom n'avait pas joué au « patron » des affaires, et ramené d'autres commerçants à lui envoyer des demandes de services pour Jim au Chaudron Baveur, les « affaires» d'Harry aurait pu ne jamais décoller de la case départ. Le fait que « Jim Patterson » n'était pas une vraie personne aurait pu embrouiller certains des hiboux postaux, voir tous, et la coopération de l'homme avait donc joué un rôle essentiel. Harry était responsable d'établir son emploi du temps, et d'envoyer les réponses par chouettes, bien sûr, Tom veillait toujours à ce qu'il ait les offres en temps voulu. Ce petit oubli était en fait un témoignage parfait pour montrer à quel point l'homme avait été touché par leur conversation et les révélations du dimanche après-midi sur la vie « familiale » d'Harry.
Soupirant, Harry réinitialisa l'étiqueteuse de prix et commença à travailler sur la boîte pleine d'uniformes de premières années de Poudlard. Franchement, il avait admis qu'il n'y avait pas beaucoup de choses qu'il aurait pu faire différemment, ou mieux, mais étonnamment, Tom ne semblait pas être en colère contre lui. En fait, il lui semblait plus que son oubli puisse être la conséquence de sa subite « maladie », avec son « indécision » ! Harry avait essayé de rassurer le vieil homme, mais à ce moment, les premiers clients de la journée étaient arrivés et ils avaient eu beaucoup d'autres choses à faire.
Harry avait essayé de se concentrer sur son travail, somme sourire à la clientèle, et desservir les tables, mais après avoir appris que Janet était malade, il avait été…pas exactement inquiet, mais distrait. Oui, distrait. Distrait et préoccupé de savoir si tout allait bien. Steve n'était pas en ville depuis longtemps, savait-il où se trouvait le docteur, ou la pharmacie ? Que faire s'il était obligé de rester à la maison parce que Janet n'était pas en état de garder les filles ? A la fin de la ruée du petit-déjeuner, il avait décidé de passer leur rendre une petite visite, juste pour voir s'ils avaient besoin de quoi que ce soit. Il avait hésité à l'idée de prendre un pichet de jus de citrouille qui de cette façon serait le prétexte idéal.
Tom lui avait adressé un sourire éblouissant lorsqu'il lui avait annoncé ses intentions, et Harry lui avait demandé d'ajouter deux litres de jus de citrouille à son compte. Tom n'avait rien dit à haute voix, mais quand il était revenu avec la cruche de jus de citrouille à la main, il avait aussi glissé un gros paquet de biscuits entre les mains d'Harry.
« Donne-lui avec mon affection, mon garçon » lui avait-il dit avec un clin d'œil, faisant fi du garçon et de la rougeur des ses joues pendant ses vaines protestations. « Oh, et tente de revenir avant que les clients du déjeuner ne commence à faire la queue. »
Harry ne pensait pas qu'il y aurait le moindre problème pour cela, et avait assuré à Tom qu'il serait de retour à temps, mais les paroles de l'homme l'avaient troublé et ce trouble avait persisté alors qu'il se déplaçait dans la rue. L'affection était quelque chose de difficile à exprimer, et il était terriblement mal à l'aise d'en parler. Il estimait que c'était totalement au-dessus de ces capacités, et n'était même pas certain de pouvoir exprimer correctement ce sentiment ! Etait-ce, repensa t-il nostalgiquement, ce sentiment qu'il avait autrefois ressentie devant le miroir du Risèd ? Etait-ce la chaleur des sentiments qu'il avait pour ses amis, ou peut-être le sens de parenté et de gratitude qu'il avait ressenti lorsque Sirius lui avait proposé de vivre avec lui ? Certes il y avait une longue liste de personnes pour qui il avait une grande affection, mais ses sentiments n'étaient pas exactement les mêmes. Etait-ce l'amour, alors ? Ou simplement différents tons d'une grande affection parmi d'autres ?
Au moment où il s'était approché de chez les Wright, il avait réussi à être complètement confus, et avait décidé qu'essayer de faire le tri dans ses sentiments était une sordide perte de temps. Malheureusement, il avait aussi eu le temps de réfléchir et de construire des doutes à propos de sa place dans le grand cycle de la vie, et s'étais retrouvé à se demander si cela avait était une si bonne idée que ça. Les Wright semblaient assez l'apprécier, mais il n'était jamais venu chez eux sans avoir au préalable reçu une invitation auparavant.
J'aurais d'abord du téléphoner, avait pensé Harry, se donnant une gifle mentale tandis qu'il poursuivait son chemin. Contrairement à la plupart des sorciers nés moldus, il ne pensait pas systématiquement a téléphoner avant de se présenter chez les gens. La raison était bien sûr que chez les Dursley il n'avait pas le droit de toucher au téléphone, et son évolution dans le monde sorcier faisait qu'Harry avait bien plus tendance à envoyer Hedwige pour porter un message que de se saisir d'un téléphone lorsqu'il voulait communiquer avec quelqu'un.
Pendant qu'il était perdu dans ses pensées, Stephen Wright était venu répondre à la sonnerie de la porte, Harry avait été convaincu qu'il se verrait éconduit, et il était disposé à simplement prendre des nouvelles de Janet, remettre les marchandises et retourner au Chaudron Baveur. Steve avait paru surpris de le voir, même s'il l'avait salué chaleureusement, et s'était répandu en excuses pour ne pas l'avoir rappelé plus tôt. «Est-ce que tu as un peu de temps devant toi, ou dois-tu retourner au Chaudron Baveur immédiatement ? Jannie m'a dit que tu avais un horaire chargé, mais les filles seraient heureuses de pouvoir te faire un petit coucou. Chacune d'entre elles d'ailleurs ! » avait-il souligné avec un petit clin d'œil.
Le déjeuner était encore loin, et les clients ne commenceraient à se précipiter que dans une heure ou deux, Harry avait donc accepté avec joie l'invitation, et en avait profité pour prendre des nouvelles de Janet tandis que Steve le faisait entrer.
« Elle va beaucoup mieux aujourd'hui » lui assura Steve avec un soulagement évident. « Elle a juste essayé d'en faire trop, et n'a pas pris soin d'elle-même. Je lui avais dit d'attendre que j'arrive, mais elle est sacrément têtue ! »
Harry secoua la tête de nouveau, un petit sourire satisfait se dessinant sur ses lèvres, car il se souvenait de l'instinct protecteur de l'homme. L'attitude générale de Steve, associée en grande partie à l'ambiance « normale » de la maison, l'avait aidé à se détendre bien plus que n'importe quel mot n'aurait pu le faire. Lumineuse, de la musique dynamique venait du séjour, et l'atmosphère « garder le silence » qu'il avait associée à une maladie sérieuse, ne semblait pas être de mise. C'était définitivement un bon signe.
Les Wright étaient en train de faire leur lessive lorsqu'il était arrivé, et comme il pénétrait dans le séjour, il fut heureux d'avoir la preuve que Steve avait tout à fait raison. Janet était assise sur le sol avec ses filles, pliait les dernières chemises, et semblait avoir complètement récupérée.
« Hé, regardez qui est là ! » avait demandé Steve, un petit sourire ornant ses lèvres, attirant l'attention de tous. Becky et Kitty avaient alors relevé les yeux et avaient sourit aussi fort que si elles ne l'avaient pas vu depuis un an avant de venir se presser contre lui. Janet avait été plus tempérée, mais de peu. Elle lui avait donné une grande accolade et avait déposé un baiser sur sa joue, rayonnante lorsqu'il lui avait transmis les paroles de Tom et le remerciant pour le jus de citrouille et les biscuits.
L'ensemble avait vraiment été inoubliable. Il s'était senti comme un intrus lorsqu'il avait sonné à la porte, mais en moins de dix minutes il avait été admis dans la famille comme s'il avait vécu avec eux depuis toujours. Harry arrêta un instant son étiquetage, essayant de se souvenir qui avait fait le premier pas. Même maintenant, il ne pouvait pas jurer de manière certaine. Cela avait sûrement été Kitty, mais cela aurait aussi bien pu être Janet. Elle savait détourner l'esprit de cette manière, parfois. Toujours est-il qu'une minute plus tard il s'était retrouvé assis sur le plancher avec le reste de la famille, triant les chaussettes sur les rythmes d'une musique rock, puis la minute qui suivit fut le temps qu'il fallut pour qu'une paire de chaussettes roulée en boule atterrisse sur la tête de Steve.
Harry avait été figé d'étonnement, pas tout à fait sûr de l'attitude à suivre lorsque les chaussettes décidaient comme par magie de passer à l'attaque, un peu aidées par de jeunes demoiselles… C'était certain que l'oncle Vernon n'aurait jamais toléré un tel comportement. Et de toute manière l'oncle Vernon n'aurait jamais trié les chaussettes avec toute sa famille ! Harry était légèrement tendue, ne sachant pas ce qui allait se passer ensuite, mais Steve avait simplement haussé un sourcil, avant de prendre une ancienne bande dessinée qui traînait par là avant de déclarer :
« Bien sûr, vous savez que vous venez de déterrer la hache de guerre… »
Les deux sœurs n'avaient pas vraiment réagit à cette réplique, avait noté Harry. Cela semblait être un trait dominant dans cette famille de ressortir des répliques de films ou de séries télévisées dans leur vie de tous les jours. Durant les premiers jours qu'il avait passé avec la famille, il avait effectivement constaté que Janet et Kitty répondraient la même chose dans une situation donnée, et c'était encore pire si Becky se mêlait à la partie. Steve semblait avoir les mêmes réflexes, et sa réplique avait bien sûr eu pour conséquences une pluie abondante de chaussettes. Harry avait d'abord pensé s'abstenir, et simplement observé le spectacle, mais avait changé d'avis lorsque Kitty s'était littéralement jetée sur lui. Ils avaient donc ainsi joué pendant quelques minutes, rejetant les projectiles les uns sur les autres avec beaucoup de sottises et de rires, jusqu'à ce que quelqu'un tire bruyamment la langue dans l'oreille de Becky, son désagréable au possible, qui mit fin aux hostilités.
La visite avait était étonnamment très agréable, mais trop courte. L'heure, qui semblait bien assez suffisante lorsqu'il avait quitté le Chaudron Baveur, avait filé plus vite que son éclair de feu, et, avant qu'il ne s'en aperçoive, Harry s'était retrouvé derrière l'auberge des sorciers, aussi rapidement que son estomac irritable lui permettait.
Là, pensa Harry, satisfait, tandis qu'il finissait de mettre les prix sur les articles qu'il avait trié. Il était sur le point de tout organiser sur les étagères lorsqu'il fut brutalement arraché au décor de la boutique par des cris furieux.
« TOI, MONORIC, ESPECE D'IMBECILE ! EST-CE QUE LE CONCEPT DE SUBTILITE TE DIT QUELQUE CHOSE ? A QUOI PENSAIS-TU ? ESSAYAIS-TU D'ANNONCER MON RETOUR A TOUT LE MINISTERE ? »
Harry aspira une grande bouffé d'air, surpris que le lien avec Voldemort se soit enclenché aussi soudainement. Il semblait être entré dans une véritable rage, et même plus encore, pensa Harry tandis qu'il surveillait la porte menait à l'intérieur de la boutique. Personne n'arrivait. Parfait. Automatiquement, ses doigts s'envolèrent jusqu'à une petite poche dans sa chemise, à la recherche d'une plume et d'un bloc-notes afin de retranscrire la conversation à laquelle il allait assistée.
« C'était un moldu maître ! Juste un moldu ! Nous ne leur avons pas rendu visite et n'avons pas laissé la marque des ténèbres ! C'étaient les chouettes ! Juste quelques chouettes ! Elles laissaient quelques messages d'avertissement sur le bas de la porte ! » supplia le malheureux mangemort, en sachant, tout comme Harry, ce qui allait sans doute suivre.
« Des chouettes porteuses de messages sont sensées revenir ensuite ! » cracha Voldemort. « Comment ces moldus pourraient-ils faire autrement sans l'aide du Ministère ? »
« Je ne sais pas, maître, mais le Ministère n'est pas impliqué ! Ce n'est pas seulement moi, il y en a d'autres qui pensent qu'ils n'ont pas leur place… » essaya-t-il d'expliquer, avant d'être brutalement coupé, poussant alors des cris déchirant lorsque Voldemort lui lança des Doloris.
Comme si l'énergie du sort passait à travers la cicatrice, celle-ci devint de plus en plus douloureuse, obligeant Harry à serrer les dents au maximum, pour retenir ses propres cris. Soit Damné ! La connexion n'était pas si brutale d'habitude, il avait dès lors le temps de se préparer !
Harry nota subrepticement que le mangemort se faisait « discipliner » lorsque qu'un souffle d'une force peu commune détruisit toute forme de pensée cohérente. Paniquant légèrement, Harry décala ses pieds, tombant de la chaise par ce processus. Il devait courir, rompre la connexion, se cacher aux toilettes, faire quelque chose, n'importe quoi, avant que quelqu'un alerté par le bruit de la chaise ne vienne voir se qu'il se passait ! Il ne pouvait pas être découvert ainsi ! Il ne serait jamais en mesure de trouver une explication valable par lui-même. Il envisageait d'utiliser un boulon qui traîner pas là pour justifier les bruits, lorsqu'un nouvel hurlement fut interrompu par une autre voix.
« Maître ? »
Gémissant doucement, Harry se redressa un peu et appuya ses mains sur la table de calage en face de lui, comme l'attention de Voldemort avait été détournée, la douleur dans sa tête avait diminué, mais son aptitude à entendre avait décliné avec elle. Harry émit un bruit de frustration avec sa gorge, et se concentra pour essayer de rétablir complètement la connexion, mais ses forces étaient exténuées. Il réussit néanmoins à obtenir quelques mots, mais l'irritation de Voldemort ne suffisait plu à maintenir le lien correctement.
« Ceci…être…tr…portant…Malfoy, » l'avertir le sorcier aux yeux rouges, tandis que sa précédente victime gémissait en arrière plan.
« Oui, Maître. » Malfoy était extatique, c'était tout ce qu'il pouvait entendre. Son ton était vil, efficace, et totalement dépourvu de son habituelle condescendance. Il n'était plus que l'ombre de lui-même. « Dumble…visite……insisté…inquiet……dossier Potter. »
Dossier ? Harry fronça un peu les sourcils, se demandant s'il avait mal compris, mais non, le mot était bien « dossier ». Il avait de plus en plus de mal à entendre, il parvint à peine à noter « avancer le calendrier » et « faire à notre avantage » avant que le lien se s'éparpille comme de la poussière au vent, dispersée dans le silence.
Pendant plusieurs longues secondes, il resta ainsi, les mains contre la table, la respiration difficile, essayant de rassembler ses esprits et de reprendre son souffle. Mr Malfoy avait bien évidemment remarqué le professeur Dumbledore quelques heures plus tôt ! Il estima qu'il était temps de relever la tête, et de tester sa capacité à tenir debout. Le professeur Dumbledore voudrait certainement l'apprendre le plus rapidement possible ! Espérant que Mme Malkin était dans les parages, Harry s'avança chancelant vers la porte, essayant de trouver un plan. Tout d'abord, il avait besoin de retourner au Chaudron Baveur, puis il faudra écrire au professeur Dumbledore, et puis il avait besoin de repos.
Tout ça dans cet ordre.
Heureusement, la petite sorcière avait évidemment entendu sa chaise tomber, et s'était précipité vers la porte aussi vite que possible, même si elle avait été obligée de s'arrêter plusieurs fois sur le chemin. « Est-ce que tout va bien, chéri ? J'ai entendu quelque chose tomber… Oh ! Jim ! Par Merlin, mon garçon, tu ressembles à la mort incarnée ! »
Harry ferma les yeux et hocha la tête, arrêtant lorsque son mal de tête s'en vu empirer. « Désolé, Mme Malkin, mais je pense que j'ai besoin…d'y aller », marmonna t-il, doublement reconnaissant au sort d'apparence, qui cachait non seulement le célèbre éclair, mais aussi la sueur qui coulait sur son front et dans ses yeux.
« Bien sûr chéri, bien sûr, » l'apaisa Mme Malkin, en posant une douce main sur sa joue, puis en enveloppant son bras autour de son dos. « Oh chéri, vous tremblez de la tête aux pieds, » nota t-elle mortifiée, tandis qu'il déglutissait difficilement. « Peux-tu rentrer ou souhaites-tu utiliser le système de cheminées pour une fois ? Oui. » décida-t-elle, prenant la direction de l'âtre. « Tu seras bientôt de retour sur tes deux pieds. Ne t'inquiètes pas, chéri, tu seras dans ton lit en un rien de temps » lui dit-elle d'un ton apaisant, ramassant nonchalamment une poignée de poudre de cheminette tout en le faisant avancer.
Cheminée ? Oh, non. Non, non, non, et non. Harry sentit son virage virer au vert rien qu'à cette pensée. Il essaya de le dire à Mme Malkin que c'était vraiment une très mauvaise idée, mais sa gorge était à nouveau à vif et l'empêchait d'émettre le moindre avis, sinon difficilement.
Ayant déjà choisit son plan d'action, Mme Malkin rejeta ses objections négligemment, soulignant que c'était presque le moyen le plus rapide pour se déplacer, et le plaça dans le foyer. Avant que Harry n'ait pu trouver une solution pour se sortir d'affaire, elle avait jeter la poudre, et crié « Le Chaudron Baveur ! ».
Tandis que les flammes vertes l'enveloppaient, Harry exprima une exclamation indignée, puis serra les dents au maximum, en se concentrant sur n'importe quoi d'autre que tout ce que le réseau de cheminées projetait sur lui. Les trajets en cheminée entre le Chemin de Traverse et le magasin de Lancaster étaient généralement assez cours, se souvint-il, tandis que son estomac remontait dangereusement vers le fond de sa gorge. Il eut juste le temps de se demander si le réseau de cheminée comportait un sort qui empêchait les « accidents gastriques » lorsque le trajet prit fin, le faisant tomber lourdement sur le sol devant le feu de la taverne.
« Tu vas bien, chéri ? »
Déglutissant difficilement, Harry se déplaça légèrement pour faire face à la cheminée, et hocha la tête à Mme Malkin, rajouta un léger et rapide merci.
« Ce n'est rien, mon chéri. Prends bien soin de toi ! » lui dit-elle avant de disparaître dans un pop sonore.
Le Chaudron Baveur était assez calme à cette heure ci, donc, Harry décida de rester quelques minutes là où il avait atterri, fermant les yeux et appuyant son front contre le mur de pierres fraîches. Paresseusement, il se demanda si Tom contacterait Sainte Mangouste en le découvrant ainsi, lorsque soudain un cri provenant du bar lui fit rouvrir les yeux.
« Parky ! Maman Parky par terre ! »
« Quoi ? »
Relevant un sourcil, Harry leva péniblement la tête quand il entendit des pas se rapprocher.
« Sparky ? Est-ce que tout va bien ? » demanda Janet lorsque Becky l'eu amené en la traînant par la main. « Que s'est-il passée, bébé ? Est-ce que tu as trébuché sur le pas de la porte ? »
Quoi ? Harry ne pu empêcher la perplexité de se transcrire sur son visage. Il n'y avait pas de porte dans cette partie du Chaudron Baveur.
« Hum. Il a pu se cogner contre le téléphone, » suggéra Steve, en regardant de manière tout à fait sérieuse le poteau situé à côté de la cheminée. « Quand a-t-il été installé, Tom ? »
Téléphone ? Harry se demanda si Steve et Janet avaient tous les deux des hallucinations, ou s'ils se payaient sa tête. Il n'y avait jamais eu de porte, et encore moins de téléphone. Grimaçant de confusion, il commençait à se demander s'il ne s'était pas cogné la tête en tombant, mais son inquiétude diminua lorsqu'il remarqua les signes désespérés que Tom lui adressait, lui indiquant de se tenir tranquille.
Kitty et Becky n'avait cependant pas compris le message. « Maman, » dit doucement Kitty « Où tu vois une porte ou un téléphone ? »
« La porte de droite ! » déclara Janet, désignant la cheminée. « Je ne vois pas vraiment le téléphone, » affirma t-elle cependant, en regardant autour d'elle confuse. « Tu ne m'avais pas dit que le Chaudron Baveur n'avait pas de téléphone, Jimmy ? » demanda t-elle plaintivement tandis qu'elle continuait à chercher du regard le mystérieux appareil.
« Mais il n'y a pas de porte, Maman ! » insista Kitty, de plus en plus agitée. « Pas de téléphone, et pas de porte ! Il y a juste une grande cheminée ! »
« S'il n'y a pas de porte, comment selon toi Jimmy est-il arrivé dans cette pièce ? » demanda Steve, de toute évidence tout aussi désorienté que sa femme et sa fille aînée.
Etonnamment, Becky était la seule qui restait calme. « Parky tombé du feu, » dit-elle tout à fait calme et sérieuse, « Tout comme le Père Noël ! » Elle marqua un temps de pause de quelques secondes avant qu'un brillant sourire ne s'étale sur ses lèvres. « Parky allait voir le Père Noël ? » demanda-t-elle, ses yeux bleus pétillants, et espérant.
« Ne sois pas bête, Becky, » la reprit Steve de manière instinctive, tandis qu'il tendait une main à Harry pour l'aider à se relever. « Oh, doucement, » dit-il, soutenant l'adolescent lorsqu'il le vit tituber légèrement.
Blessée, Becky secoua la tête. « Non ! Parky tombé du feu ! » insista-t-elle, en commençant à s'irriter. « Becky a vu ! »
« Becky, » réprimanda Janet un peu plus fortement.
« Eh bien, il est affreusement sale, Maman, » fit remarquer Kitty pour défendre sa sœur. « Je ne l'ai pas vu tomber, mais j'ai cru voir un flash venant de la cheminée. »
« Sale ? » fit écho Steve, scrutant Harry de haut en bas. « Eh bien, il faudrait l'épousseter un peu, pour enlever la poussière du à sa chute, mais je ne dirais pas qu'il soit sale ! »
Harry sentit sa mâchoire s'ouvrir sous le choc. Il était littéralement couvert de suie, il avait même tâché la main et la chemise de Steve, bordel de merde ! Comment pouvait-il ne pas s'en rendre compte ? Cependant, ce fait n'échappa pas à Kitty.
« Mais Papa, » objecta t-elle, « il est aussi noir que du charbon ! Tout comme ta main et ta chemise, là où tu l'as aidé ! »
Harry jeta un coup d'œil à Tom, souhaitant leur donner l'explication, mais il ne pouvait contraindre l'homme, et n'oser lui demander la permission. Par le regard désespéré qu'il pouvait voir sur le visage de celui-ci, il comprit que pour lui, c'était comme si une catastrophe naturelle n'allait pas tarder à éclater, et cela ne fut en effet pas bien long. Tandis qu'Harry les observait nerveusement, Janet afficha soudain une expression totalement perdue. « Elle a raison. Ta main, Steve. La suie recouvre entièrement ta main, et Jimmy en est complètement recouvert, et il y a une grande cheminée en pierre, et TOM ! » souffla-t-elle, totalement abasourdie, cherchant visiblement à se rassurer. « Tom ? »
« Oui, très chère, c'est moi, » lui assura Tom, en prenant sa main d'une des siennes pendant que l'autre tenait sa baguette. Avec une paire « d'Accio » il amena quelques chaises jusqu'à lui, sur lesquelles Steve et Janet s'écroulèrent avec gratitude.
« Que voyez-vous désormais ? » demanda Tom doucement.
« Un foyer, » commença à énumérer Janet, tandis que Steve opinait de la tête pour montrer son accord. « Une porte menant sur Londres, je n'avais jamais remarqué cette porte auparavant, un bar, une salle à manger…au moins eux n'ont pas changé. Tom, que se passe t-il ? » exigea-t-elle, de plus en plus effrayée qu'en réelle colère.
Soupirant, Tom frotta une main sur son crâne dégarni. « Cela va sans doute vous sembler étrange comme question, mais répondez moi tout de même sincèrement. Croyez-vous à la magie ? »
À suivre
