29- Les Havres gris
Legolas regardait satisfait le bateau qui pourrait prendre la mer dans les jours à venir. Il avait fit du bon travail et en fit mention à Gimli qui terminait d'installer la barre.
- Je pense que nous avons fait beaucoup de progrès aujourd'hui. Qu'en pensez-vous maître nain? Dit Legolas en regardant fièrement son œuvre.
- C'est une belle réussite, je l'admets. Lorsque les voiles seront installées, que la barre sera bien fixée et les quelques menus détails terminés, vous serez près au départ. Dit Gimli en souriant, mais tristement.
- Oui, c'est un fait… mais rien ne presse, vous pouvez prendre votre temps. Je ne me sens pas prêt à partir tout de suite de toute façon. Dit Legolas d'une voix trainante.
Gimli le regarda en fronçant les sourcils intrigués. Il s'arrêta et lui demanda curieusement :
- Auriez-vous des regrets d'avoir quitté Minas Tirith? Vous ne semblez pas certain de votre décision! Dit Gimli
- Non, pas du tout, je n'ai aucun regret. Seulement, quelque chose me dit que je ne dois pas prendre le large tout de suite. Dit le prince et regardant tout autour de lui comme s'il cherchait la présence de quelqu'un.
Gimli fit comme lui et scruta les bois et ne put retenir une question en lui demandant :
- Vous attendez quelqu'un peut-être?
Cette fois, Legolas le regarda avec surprise et une parole de Galadriel lui revint en mémoire et il dit à Gimli :
- Je pense que c'est ce que mon cœur me dit. Lors du départ de Galadriel, elle m'avait dit de ne pas résister à l'appel de la mer, mais que je devais attendre à la toute dernière minute avant de lancer mon bateau à la mer. Elle m'a dit que je ne partirais pas seul. Dit-il en le regardant curieusement.
- Alors, il faut que vous attendiez encore un peu. Vous ne savez pas quoi au juste je suppose?
- Non, je n'en sais vraiment rien. Mais nous ne sommes pas prêts encore, je pense. Il reste encore à faire et je veux m'assurer que tout est en parfaite condition pour prendre la mer. Dit Legolas en vérifiant la solidité des cordages.
Gimli trouvait étrange son attitude, mais il avait appris avec le temps à ne pas poser trop de questions. Il reprit son travail et au bout d'un certain temps, Legolas lui demanda :
- Est-ce que vos bagages sont prêts?
Gimli cette fois était encore plus confus. Il lui dit alors :
- Mes bagages? Pour quoi faire? Dès que vous serez en mer, je vais retourner…
- Vous voulez vraiment retourner chez vous? Je croyais que vous auriez aimé faire la traversée avec moi. Je n'aime pas voyager seul dit Legolas en grimaçant de façon moqueuse.
Gimli le regarda de ses grands yeux et lui dit avec hésitation :
- Vous… Vous voulez que… vous m'ameniez avec vous… aux Valinors?
- Bien sûr!... Je ne laisserai jamais un ami comme vous derrière. Et puis, avec tout le vin et la nourriture que j'ai a bord, il est certain que je vais en perdre une partie. Je ne mangerai jamais tout ça à moi seul. Dit Legolas en riant.
Gimli éclata de rire à son tour et le rejoignit pour le prendre dans ses bras. Il était heureux et eut du mal à retenir ses larmes de joies. Il lui dit alors :
- Alors, c'est pour cette raison que vous regardiez partout autour de vous, vous vouliez me faire comprendre que j'étais celui que vous attendiez. Dit le nain avec jovialité.
Legolas sourit à sa remarque et secoua la tête négativement. Il n'avait pas tout à fait raison là-dessus et il sentit encore une fois cette étrange impression qu'il ne devait pas partir trop rapidement. Il ne savait pas pourquoi, mais il sentait qu'il devait attendre et que quelqu'un viendrait. C'était peut-être le nain après tout qu'il devait amener avec lui, mais cette bizarre de sensation ne le quittait pas. Il n'y avait plus d'elfe en terre du milieu. Il était sans aucun doute le dernier.
Mais à son air, Gimli se doutait bien que quelque chose le troublait. Il ne dit rien et timidement retourna à ses tâches en fredonnant un air de chez lui. Seulement, il ne pouvait pas croire que leur retard était inutile. Il ne fit aucune remarque ni aucun air, mais se promettait bien de revenir sur le sujet.
Il eu cette occasion deux jours plutard alors qu'ils mettaient la touche finale à l'embarcation. Legolas regardait avec fierté le résultat de leurs efforts. Il était tout sourire et dit au nain :
- N'est-ce pas qu'il est magnifique?
- Oui, il est splendide et très solide aussi. Il nous portera jusqu'aux terres immortelles en toute sécurité. J'en suis convaincu. Dit le nain.
- Oui, vous avez raison, j'ai confiance aussi… Allons mon ami, installons nos bagages et les provisions dans les cabines et assurons-nous que nous avons tout ce dont nous avons besoin pour la traversée. Demain, à l'aube, nous prendrons la mer pour les Valinors. Dit Legolas fièrement.
- Vous ne voulez plus attendre, je suppose? Dit le nain en voyant une ombre couvrir à peine quelques secondes le regard de l'elfe.
- Non, je ne sens plus le besoin d'attendre. Peut-être que vous étiez ce passager que j'attendais après tout. Dit Legolas en haussant les épaules.
Mais Gimli le regarda en fronçant les sourcils et sans rien dire entreprit de monter leurs bagages à bord tout en rugissant. Ce travail fut plus long que prévu et le nain soupçonnait un retard volontaire de l'elfe afin d'attendre à la toute dernière minute le départ. Ce fut lorsque le soleil se coucha et qu'il déclina à l'horizon que l'interminable attente du prince prit fin. Un bruit de carrosse se fit entendre au bout du sentier qui menait à la route.
À travers les arbres, le nain put voir un carrosse noir tirer par quatre chevaux. Le nain reconnut facilement les armoiries du Gondor et spécialement de la maison des intendants. Lorsque le carrosse s'arrêta, ce fut avec surprise qu'il vit descendre Faramir et quelques secondes plutard… Celaniel.
Gimli se mit à crier et en se retournant, il vit l'elfe regarder la même chose que lui. Legolas ne perdit pas une seconde et sauta sur le quai pour accueillir lui-même son amie. Celaniel sourit en approchant de lui et dit avec le sourire :
- Est-ce que le capitaine de ce bateau m'autorise à monter à bord?
Legolas ne lui répondit pas et la rejoignit en quelques enjambées pour la prendre dans ses bras et la serrer contre lui. Il lui dit en pleurant :
- Oh! Celaniel, que je suis heureux de te revoir… alors, c'était toi… c'était toi que je devais attendre. Dit Legolas en la faisant tournoyer autour de lui.
Faramir sourit et leva les yeux au ciel et comprit que les Valars l'avait mis sur la route de cette femme-elfe afin de ne pas manquer son voyage de retour. Il attendit que les deux elfes terminent leurs accolades et sourit au nain en le saluant. Cette fois, il savait qu'il n'y aurait plus d'elfe en terre du millieu.
