Disclaimer: Si KHR m'appartenait, ce serait visible. Déjà, l'apprentissage entre Dino et Hibari aurait été sensiblement différent. Ou plutôt, certaines scènes auraient été ajoutées. Puis on saurait exactement ce qu'il s'est passé pendant que Mukuro le « battait » si vous voyez ce que je veux dire... je n'en doute pas.

Avertissement: Attention. Cette histoire traite de relations homosexuelles entre deux hommes. On parle de slash, de yaoi. Merci de ne pas juger cette histoire selon ce seul critère s'il ne vous convient pas. Enfin, ici ne lisez pas. Je ne pense pas avoir un scénario assez intéressant à côté pour contre-balancer. Je tiens à remercier ma bien-aimée Tyu-chan qui malgré ses problèmes de boîte mail, malgré tout le temps qui lui est pris par ses obligations, est parvenue à me corriger ce chapitre du bout de la France.

Chapitre 28

Tsuna avait passé la nuit au téléphone, littéralement parlant. L'objet n'était pas devenu le Saint Graal, loin de là. Il était simplement l'élément qui lui apporterait la réponse, le renseignerait sur la fatalité qui s'abattait sur lui. Il n'avait pas voulu être un mafieux. Il ne se sentait vraiment pas à sa place dans ce monde où l'on tuait au lieu de dire bonjour. Et pourtant, il commençait à s'y faire, un minimum. Bien plus qu'aux messages brefs envoyés par son gardien du Nuage pour lui expliquer comment se déroulaient ses missions. Le Dixième Vongola connaissait bien la règle et savait qu'après chaque réussite, car le préfet de Namimori n'avait encore jamais essuyé de défaite, Hibari irait dormir et qu'en fonction de l'heure, il ne pourrait que se ronger les sangs en attendant d'obtenir des détails. Il s'était habitué à préparer un long plaidoyer qui ennuierait tellement l'autre homme qu'il finirait par lui donner des informations. En fonction qu'il soit l'heure de dormir ou d'une des nombreuses siestes de son gardien, Tsuna avait plus ou moins de temps pour se préparer à l'affrontement. L'homme parlait au téléphone comme il frappait avec ses tonfas, violemment. Chaque échange téléphonique était autant de combats dont il ne sortait pas vainqueur. Bien sûr, il finissait par glaner quelques informations mais il les payait au prix fort plus tard. Oui, Tsuna avait l'habitude des rapports concis de son gardien. Mais cette fois, tout était différent.

Il laissa un nouveau message sur le répondeur de Hibari et le rappela immédiatement. Il était accroché au combiné depuis qu'il avait reçu le sms. Il avait bien réussi à joindre Hibari mais dès son second appel, le gardien lui avait raccroché au visage pour ensuite éteindre son mobile. Depuis, Tsuna se sentait au bord de l'évanouissement. Malgré le stress intense qu'il lui faisait éprouver à chaque fois, le Dixième Vongola s'était habitué à attendre pour obtenir de plus amples connaissances quant au déroulement de la mission de Hibari. Mais là, il se retenait difficilement d'envoyer ses troupes. Tout ça à cause de deux mots qui avaient été ajoutés au texto habituel. Il l'avait lu dans tous les sens, espérant découvrir qu'il s'agissait d'un code et non pas de la dure réalité qui venait frapper à sa porte. Mais Tsuna devait bien se rendre à l'évidence maintenant. Tout comme un cadavre traînait quelque part au Japon, lui-même ne tarderait pas à mourir à cause de Reborn. Il lui avait pourtant bien dit à quel point Hibari était dangereux mais est-ce que l'Arcobaleno l'avait écouté ?

Soudain, quelqu'un décrocha à l'autre bout du monde.

« Quoi ? »

Et quelqu'un venait juste de se réveiller et semblait clairement de mauvaise humeur. Mais pour cette fois, le gardien du Ciel décida qu'il ne pouvait pas reculer.

« Bonjour Hibari. Qu'est-ce que c'est « mort problématique » ? »

« Dictionnaire. »

Tsuna ouvrit grand la bouche à cette réplique et resta statufié en entendant la tonalité. Il recomposa le numéro.

« Quoi ? »

« J'ai besoin de savoir à quel point la situation est grave Hibari. »

« C'est un ordre ? »

« Hibari... j'ai passé la nuit au téléphone. Si je pouvais te donner des ordres, je n'en profiterai pas hein, mais on le saurait. »

« Hum. » Tsuna blanchit. Il pouvait entendre le sourire carnassier. Il se retourna inconsciemment, s'assurant du coin de l'œil que personne n'était avec lui dans la pièce. « On a été attaqué. On s'est battu. Mukuro a tué. »

« Et il a réussi à tuer un grand dignitaire parmi tous les hommes qu'il y avait là-bas ? »

« Je ne me répéterai pas. »

« Il vous a attaqué ? »

« Oui. »

« Gokudera va contacter Kusakabe pour prendre les choses en main, si ça ne te gêne pas. »

« Je m'en fiche. »

« Très bien. Bonne journée Hibari. Et... bonne journée à Mukuro aussi ? »

« Je lui dirai. »

« Donc, vous vous êtes réconciliés ? »

« Ça ne te regarde pas. »

« Non non, ça ne me regarde pas! Mais même sans que cela me regarde je trouve admirable que vous parveniez à surmonter toutes ces situations qui se présentent à vous tout en agissant comme un couple normal, ayant une vie normale, avec des disputes et des réconciliations, pas que je veuille savoir ce qu'impliquent ces réconciliations, pas du tout même, ni les disputes d'ailleurs, mais donc, ce que je veux dire c'est qu'en admettant que vous ne soyez plus en froid, il est probable que je sois soulagé de l'apprendre. Enfin... pas que je veuille me mêler de ce qui ne me regarde pas! Enfin, ça y ressemble mais ce n'est pas le cas. Mais comme j'avais cru comprendre que vous étiez heureux ensemble... et que... enfin... »

« Je raccroche. »

« Oui, il vaut mieux. »

Tsuna ferma fort les yeux et essaya, en vain, de supprimer la rougeur qui lui était montée aux joues. Quoiqu'il fasse, il restait extrêmement mal à l'aise avec cette situation. Il se demanda un instant pourquoi il avait fallu que ça tombe sur ces deux hommes-là. Mukuro, l'homme auquel il voulait à tout prix accorder sa confiance malgré leur passé et Hibari, face à qui il avait toujours régressé au statut de Tsunaze.

Il poussa un profond soupir et appela Gokudera.


Mukuro regardait Hibari ranger tranquillement son téléphone. Le gardien était allé dans le salon pour répondre au coup de fil, ne le privant pas du tout de l'échange qui avait eu lieu et dont il avait facilement deviné les tenants et aboutissants. Il le suivit des yeux comme il regagnait sa place à sa table, face à lui. Le gardien du Nuage saisit une clémentine et l'éplucha.

L'illusionniste ne lui laissa cependant pas le temps de l'entamer, demandant, « Pourquoi ne dis-tu rien ? »

Hibari leva rapidement les yeux vers lui avant de glisser un quartier dans sa bouche, un air vague collé au visage. « Je n'ai pas de réponse à cette question. »

« Pourquoi ne fais-tu aucun commentaire sur hier ? », insista le chef du Kokuyo Gang.

Hibari fronça les sourcils en saisissant un autre bout de son fruit. Il l'avala sans se presser avant de répondre, toujours ailleurs, « Je préfère les choses telles qu'elles se sont passées. »

« Pour les informations que je t'ai obtenu ? Ou alors je t'aurai encore rendu un immense service suite à tes similis manipulations sans l'avoir encore réalisé ? »

Le gardien du Nuage haussa les épaules. « J'apprécie les informations. Pour le reste, ça n'était pas ma préoccupation première. » Il termina son fruit avant de poursuivre, « Tu aurais été pitoyable de t'en être pris à Namimori pour une lubie d'adolescent. »

« Tu préfères donc savoir que je n'abandonne pas mon objectif premier. Intéressé par la place d'époux du futur dictateur de ce monde ? »

« Qui tu veux tuer ne me regarde pas. Ce qui compte, c'est que j'ai toujours autant envie de te mordre à mort. »

« Kufufu. Heureux de ne pas baisser dans ton estime. Et si je m'en prenais à Tsuna ? »

Hibari le regarda droit dans les yeux, sérieusement pensif. « Tu fais bien de dire si. J'imagine que par principe, j'aurai dû t'exécuter immédiatement si tu avais dis quand. »

« Kufufu. Tu voudrais que je le dise ? »

« Tu voudrais le dire ? »

Mukuro sourit. Il prit son temps pour répondre, « Oublions cette question pour le moment. » Il prit une gorgée de thé avant d'ajouter, « Et si dans quelques années je me retournai contre les Vongola ? »

Hibari sourit, semblant particulièrement ravi. « Je te tuerai, toi et tous ceux qui essaieront d'intervenir dans ce combat. »

« J'imagine qu'ils seraient nombreux. », répliqua le gardien de la Brume en insistant bien sur la possibilité plutôt que sur un quelconque futur. « Tu te rends compte que cela ferait de toi un Vongola ? Tu ne pourrais plus m'utiliser comme excuse pour rester avec eux. »

« Je pourrai toujours les battre à mort après. »

Mukuro se leva, abandonnant les restes de son petit-déjeuner sur la table. « Je reviens te chercher dans une heure, j'ai une course à faire. »

La porte se referma sur l'illusionniste. Hibari fusilla un instant du regard les couverts déballés, toute la nourriture sortie des placards avant de se lancer dans le nettoyage. Finalement, il aurait peut-être dû tuer Mukuro tout de suite et abandonner son cadavre dans l'appartement sans se préoccuper de ranger.


Hibari s'enfonça profondément dans son siège. Il ferma les yeux, espérant s'endormir sans y parvenir. Il entendait toujours les piaillements incessants d'un gamin quelques rangées derrière qui tannait sa mère pour un soda. Le tapotement des ongles sur des touches d'un ordinateur portable n'avait pas cessé et un éternuement puissant le fit sursauter. Les yeux clos, Hibari se demanda si ce retour était vraiment insupportable. Après tout, il aurait tout aussi bien pu le faire avec Mukuro et son groupe, coincé dans une voiture qui lui aurait paru tout à coup très réduite. Les aboiements de Ken, les balbutiements de Chrome, les interventions spectrales de Chikusa et les remarques de leur maître lui auraient fait passer un voyage en enfer pour une promenade de santé et leur course se serait sûrement transformée en Battle Royal, la loi du plus fort décidant de la survie de ses membres. Mais cette pensée, si elle lui faisait relativiser sa situation, ne diminuait en rien la haine qu'il éprouvait pour Mukuro.

Le gardien de la Brume, pouvant à ce stade également être nommé futur cadavre refroidissant, avait placé Hibari dans un train. Il l'avait accompagné dans son wagon, avait déposé ses valises à l'intérieur et avait reprit la route avec Riri, Fifi et Loulou, lui disant qu'il reviendrait dans quelques jours à Namimori. Hibari avait donc "quelques jours" pour choisir entre l'étreindre avec ses menottes jusqu'à laisser une bouillie infâme ou le torturer en le frappant avec une petite cuillère. Cette mort serait lente, très lente. Sûrement trop. Il voulait de la violence, du sang, du combat, de l'intensité et sauter à pieds joints sur le corps sans vie de l'illusionniste.

Devant lui, un bébé se mit à pleurer.


Hibari avait passé une excellente semaine. Les appels incessants de Tsuna sur ses relations amoureuses avaient cessé, laissant la place à un agréable silence. Le Kokuyo Gang ne s'était pas remontré, lui permettant de profiter seul des rues de Namimori et de tous les combats qu'elles avaient à offrir. De plus, Lambo repartait passer ses vacances en Italie. Oui, tout allait pour le mieux.

« Hibari ? Il a été repéré. Il se dirige par ici. »

Le chef de la Fondation raccrocha avant de stopper tout ce qu'il avait en cours. Il referma son stylo, le rangeant dans ses tiroirs et séparant en deux piles distinctes dans un coin les feuilles qu'il avait signé de celles qu'il avait encore à lire et vérifier ; il enregistra en brouillon l'e-mail qu'il était en train d'écrire et se leva calmement de sa chaise. Il referma silencieusement la porte derrière lui et déambula dans les couloirs de sa base. Miraculeusement, aucun membre de la Fondation n'apparut pour soudainement lui agiter un rapport urgent sous le nez ou le prévenir d'un état d'alerte maximal. Hibari aurait pu ainsi tranquillement apparaître à côté du temple de Namimori, juste avant que la silhouette de l'illusionniste n'apparaisse.

Mukuro souriait en se dirigeant vers lui. Ses cheveux semblaient avoir poussé depuis la dernière fois. C'était peut-être de ne pas l'avoir vu pendant quelques temps qui lui faisait réaliser les changements, pourtant infimes, apportés à sa physionomie. Mais toutes les modifications qu'il apporterait à son être ne changerait en rien sa personnalité de misérable parasite. Hibari lui fit un signe de tête et l'illusionniste lui emboîta le pas, s'enfonçant dans la forêt avec lui. Le gardien du Nuage marchait silencieusement, glissant agilement sur le sol. Il ne restait plus que l'écho lointain d'oiseaux au-dessus d'eux quand Hibari s'arrêta. Le ciel était gris et nuageux, il n'allait pas tarder à pleuvoir. Hibari décocha un coup de pied au sol et saisit le katana au vol. Il dégagea la lame, tenant le fourreau dans l'autre main. La pluie tombait sur lui, collant ses mèches à son visage. Il se retourna lentement avant de refermer sa prise sur l'arme, la pointant en direction de son adversaire. Mukuro se tenait contre un arbre, les bras croisés sur son torse, un sourire amusé plaqué au visage.

« C'est le début d'un porno gay ou l'affrontement final ? »

Il n'obtint aucune réponse. Il se remit droit et avança en direction de son adversaire, sa tenue se transformant progressivement pour laisser place à un hakama aussi noir que celui de Hibari était blanc. Il allongea le bras et ouvrit la main, révélant la poignée d'un sabre long. Ses sandales accrochaient à la terre ramollie par l'eau qui coulait sur eux.

« Je t'ai à ce point manqué ? »

« Tu es à ce point vexé ? »

Mukuro retint un mouvement de surprise, maintenant son sourire en place. Pour une personne peu réceptive, Hibari pouvait faire preuve d'une lucidité déconcertante.

« J'aurai des raisons de l'être ? »

« Aucune qui m'intéresse. »

Le sourire devint beaucoup moins forcé. Mukuro se mit en position d'attaque, la lame dirigée sur le torse de son adversaire. En étant assez rapide, il pourrait le transpercer.

« Pourquoi le sabre ? »

« Pourquoi pas ? »

« Peur de ce que je pourrai faire avec des menottes ? »

« Qui aurait peur de toi ? »

Ils tournaient, échangeant les places, creusant un sillon dans la boue.

« Kufufu! Je me demande qui n'a pas peur. Pourquoi un sabre ? »

« Trancher. Déchiqueter. »

« Tu es d'humeur sanglante ? »

« Tu ne l'es pas ? »

Un éclair éclata, illuminant les lames. Ils restèrent sans bouger jusqu'à ce que le grondement de l'orage leur parviennent. Alors, ils s'élancèrent l'un contre l'autre, en même temps, échangeant les coups à toute vitesse. Ils ne se touchaient pas, se frôlant l'un l'autre sans qu'aucune des attaques mortelles ne parvienne à atteindre sa cible. Ils posèrent le pied au sol un instant avant de s'élancer l'un contre l'autre.

Hibari tranchait méthodiquement devant lui, ses attaques meurtrières frôlant le corps de son opposant quand elles n'étaient pas contrées par l'acier. Il sentait sa respiration qui se calmait, se posait comme il s'adaptait au rythme des échanges de coups. Il avançait en esquivant les attaques vicieuses de son adversaire qui surgissait soudainement derrière lui. Hibari ne parvenait à bloquer les attaques dans son dos que grâce à ses réflexes et son instinct. Mukuro se recula alors avec une pirouette, riant en le laissant revenir à la charge. Les passes étaient rythmées par les éclats lumineux qui déchiraient le ciel, chaque grondement donnant une succession de coups où l'acier venait frapper l'acier avant que les lames ne s'éloignent, libérant chacune une mélodie différente. La pluie brouillait leur regard, masquant certains détails. Ils trébuchaient de plus en plus régulièrement, toute leur concentration fixée sur les deux lames qui se croisaient avant de se heurter. Hibari frappa le sol devant lui, envoyant de la boue sur son adversaire et profita de son sursaut pour lui griffer le bras. Ils continuèrent à danser ainsi, s'effleurant sans jamais parvenir à se blesser mortellement. Un coup de pied à l'estomac fit chanceler le japonais qui n'abandonna pas pour autant sa progression. Il était hors de question de reculer. Il frappait devant lui, ses pas l'emmenant toujours plus loin. Il ne cilla pas quand la lame de son adversaire glissa sur son ventre, choisissant de recevoir cette légère blessure et porter un coup à l'illusionniste plutôt que de l'esquiver complètement. Et avant qu'il ne s'en rende compte, un sourire avait fleuri sur ses lèvres, faisant écho à celui de Mukuro.

Les éclats de rires et de lames se partageaient la bataille, comme le combat se faisait plus joueur qu'autre chose. L'agressivité première des attaques s'estompait au profit d'un défi de toujours plus impressionner l'autre, d'aller toujours plus loin dans les risques à prendre et les coups à donner. Pourtant, les gouttes de sang qui perlaient de cet affrontement prouvaient bien les risques encourus dans cet échange.

Le vêtement blanc de Hibari était devenu transparent quand Mukuro se retrouva coincé entre les arbres et le japonais. Le sourire de ce dernier s'agrandit alors qu'il armait son bras pour décocher un coup assassin et ne disparut pas quand sa lame se retrouva coincée entre le bras et la hanche de sa cible. L'illusionniste rit en accusant le coup, répliquant à son tour. Sa lame s'enfonça dans le fourreau que tenait Hibari au lieu de traverser la chair de son adversaire et Mukuro put seulement deviner l'éclat des tonfas glissés dans les manches de Hibari avant de sentir l'entaille sur son torse. Son sabre transformé en trident, il parvint à toucher l'épaule droite du japonais, utilisant son corps pour repousser son opposant et le bloquer à son tour contre le tronc. Il lui décrocha un coup de poing dans les côtes en ne prêtant pas attention à la lame qui lui coupait la taille, le sang s'écoulant doucement de cette blessure. Le trident redevint un katana pour lacérer le bras de Hibari. La fourche tournoya devant l'illusionniste qui repoussait les coups de sabre et de tonfa, reculant malgré lui. Le sabre restant voltigea avant de se coincer dans le sol, la lame résonnant pendant que le combat se poursuivait.

Hibari rouvrit rapidement les yeux, cherchant à retrouver ses esprits. Sa visibilité était diminuée et il vacillait sur ses jambes, n'abandonnant pourtant pas le combat. Son arcade sourcilière se mit à saigner abondamment, rendant rouge sa vue et toute une partie de son visage. Il avançait toujours, se concentrant pour ne pas tomber dans les illusions qui se dessinaient autour de lui, fixé sur son objectif. Il n'entendait plus que sa respiration, ne prêtant pas attention à la douleur qui éclatait dans son corps et aurait dû le rendre incapable d'avancer. Quand il tomba dans la boue, sa main saisit le t-shirt de Mukuro, l'entraînant avec lui. Il se sentit armer son bras, prêt à le frapper et tomba, enfin, inconscient.


Hibari se réveilla plusieurs heures plus tard en sentant un tiraillement au niveau de son œil droit. Il chercha à l'ouvrir, le sang séché amolli par la pluie qui tombait toujours cédant facilement. Il chercha à bouger,mais plus que la douleur qui l'habitait, c'était le poids sur son corps qui l'en empêcha. Il cligna plusieurs fois des yeux, la pluie et le sang troublant sa vue, avant de finalement distinguer ce qui l'entourait. Il était toujours dans la forêt avoisinant le temple, là où ils s'étaient affrontés. Petit à petit, il réalisa que le bras de Mukuro était sur ton torse, l'empêchant de respirer correctement. Il était allongé sur le côté, l'illusionniste lui faisant face, et la main de Hibari était toujours agrippée à son vêtement. Il desserra douloureusement sa prise, sa main engourdie restant un bon moment crispée sans qu'il parvienne à la relâcher. Tout son corps lui semblait blessé. Il chercha à replier la jambe sur laquelle il ne s'appuyait pas, sans y parvenir. Elle était peut-être cassée. Il porta sa main libérée à son visage pour se protéger de l'eau et s'aperçut qu'elle était maculée de sang. Il ne devait pas s'agir du sien, il ne ressentait pas les fourmillements qu'entraînaient chez lui une importante perte de sang. A côté de lui, l'illusionniste ouvrit les yeux.

« Ça y est, tu m'as lâché ? »

« Qui a gagné ? »

« J'imagine que tu te souviendrais de m'avoir battu, n'est-ce pas, Kyoya ? »

« Ts. Pousses-toi, tu m'empêches de respirer. »

« Toi aussi tu me coupes le souffle. » Mukuro roula sur le côté, s'allongeant sur le dos. Ses cheveux masquèrent sa grimace de douleur. « Tu n'es pas mauvais au sabre. »

Hibari aurait haussé les épaules si son corps avait répondu à sa commande. « Il est depuis longtemps interdit d'en porter en ville. Et je préfère les tonfas. », ajouta-t-il en regardant son vêtement, rouge. Il sortit son téléphone portable et s'apprêtait à composer un numéro quand la voix de Mukuro s'éleva, l'interrompant.

« J'ai déjà appelé l'hôpital. »

Il rangea son téléphone et resta silencieux quelques temps avant de dire, sa voix grave très basse, « Tu n'es pas non plus médiocre au sabre. »

« Oya, un compliment ? », Mukuro porta la main à son torse. Le rire qu'il avait au bout des lèvres avait réveillé des blessures. « Je préfère l'ironie du mot planter à découper. Et puis, c'est l'arme des Dieux. »

« Le rôle du mégalomaniaque a déjà été joué. Et par plus fort que toi. »

« Tu aurais rejoint les Vongola pour avoir la possibilité de le combattre ? »

« Je ne me souviens pas avoir rejoint les Vongola. »

Hibari entendit la réponse de Mukuro sans pour autant la comprendre. Et rapidement, il s'endormit.


Hibari cligna des yeux, s'habituant à la luminosité de la pièce. Il s'étira doucement, éprouvant l'élasticité de ses membres. Il pouvait sentir un plâtre autour de sa jambe gauche ainsi que des bandages sur plusieurs parties de son corps. Les bruits aux alentours lui confirmèrent ce qu'il savait déjà, il se trouvait à l'hôpital de Namimori. Un regard vers la fenêtre lui indiqua qu'il était bien dans sa chambre.

« Réveillé ? »

Le corps de Hibari se tendit en réalisant qu'il n'était pas seul ici et l'identité de la personne présente avec lui.

« Qu'est-ce que tu fais là ? »

« Je joue au docteur, tu fais le malade ? », s'amusa Mukuro en reposant le livre qu'il parcourait sur sa table de chevet. « Alors Kyoya, mal quelque part ? »

« Que fais-tu dans ma chambre ? »

« Oh, ils nous ont retrouvés main dans la main, ils n'allaient tout de même pas nous séparer.

« Je vais te mordre à mort. »

« Lève-toi et marche, on verra pour la suite. »

Hibari repoussa ses draps et se redressa dans son lit. Les poings crispés, il fit abstraction de l'élancement qu'il sentit parcourir son corps. Il n'eut cependant pas le temps de poser un pied par terre que la porte s'ouvrait, révélant la bête sauvage qui s'était tapi de l'autre côté.

« Hahi! Hibari, tu es blessé, tu ne devrais pas te lever! »


Haru était assise sur une chaise à côté de la porte d'entrée de la chambre. Les infirmières qui passaient ne la regardaient pas, ayant pour habitude de ne jamais jeter un œil sur la chambre maudite. Elle repensa à Hibari et Mukuro. Ces deux-là s'étaient fiancés et étaient assez proches pour ne pas vouloir être séparés quand ils allaient à l'hôpital. L'homme que devenait Hibari l'effrayait tout autant que le garçon qu'elle avait rencontré, parfois un peu plus et d'autres fois un peu moins. Mais depuis qu'elle le savait avec Mukuro, elle ne parvenait plus à le considérer comme un individu uniquement dangereux. Tout comme Barinezumi, il cachait ses côtés adorables derrière des épines acérées. Il était peut-être, tout comme sa boîte animale, quelqu'un d'extrêmement timide! Elle rougit à cette pensée, s'éventant le visage d'une main. Depuis qu'elle avait appris pour leur relation, elle ne pouvait plus en imaginer un sans que l'autre ne soit également présent. Le plus souvent, elle se les représentait adolescents, avec leurs uniformes scolaires. Essoufflés par le combat, le visage rougi de Hibari, ils s'élanceraient dans un assaut final. Ils ne sauraient pas alors lequel des deux aurait commencé le baiser mais leurs lèvres se rencontreraient pour la première fois. Ils laisseraient tomber leurs armes pour se serrer l'un contre l'autre et finalement, Hibari repousserait un peu Mukuro pour reprendre sa respiration. Il rougirait encore plus, de gêne cette fois et n'oserait pas croiser le regard de l'illusionniste. Il finirait par souffler, trébuchant sur les mots, « Je... Je t'aime! »

« HAHI! »

« … Haru ? Tu es toujours là ? »

« Tsu-Tsuna ? Oh pardon, j'étais partie ailleurs. »

« … S'il te plaît, ne me dit rien. Je suis certain que je ne veux pas savoir. Alors, comment vont-ils ? »

« Les médecins disent qu'ils devraient vite se remettre. Mukuro avait l'air en pleine forme mais je ne suis pas Hibari, je n'arrive pas à voir sa vérité intérieure, comment il se sent, ce qu'il pense, les vêtements qu'il voudrait porter, les désirs inavoués qu'il- »

« Hibari! », le cri les fit sursauter tous les deux. « Comment va Hibari ? »

« Oh, il a déjà essayé de se lever. Mais je pense qu'il était porté par l'amour, par le désir de se rapprocher de Mukuro car ses pas et son regard n'étaient dirigés que vers- »

« Haru! Je... merci. Tu pourrais encore veiller sur eux ? Je veux dire... Hibari ne te mettra pas dehors toi et je voudrai savoir comment ils vont, ou qui les a attaqués. »

« Bien sûr Tsuna. Tu vas bien sinon, pas trop fatigué ? »

Note de fin de l'auteur : Attention. Une référence à Izaya s'est glissée, complètement contre ma volonté, dans cette histoire. Un drabble aux personnes qui pourront citer la phrase. Et oui, Haru est des nôôtreuh, elle voit du yaoi partout comme nous auôtreuh! C'est une pervéerseuh, ça se voit rien qu'à son aiéreuh!

Vous avez pu remarqué que la suite a tardé à venir. Je m'en excuse auprès de tous les lecteurs qui ont attendu patiemment une semaine... puis une semaine et demi... puis... je suis sincèrement navrée. Cependant, il se trouve que ma bien-aimée bêta-lectrice ne profite pas de vacances comme le commun des mortels (dur d'être exceptionnelle). Elle a tout de même réussi à m'envoyer le chapitre corrigé que je poste maintenant, malgré le travail et toutes ces choses. Je ne veux donc pas vous faire de promesses quant à la publication du chapitre suivant. Sachez cependant que l'une comme l'autre, nous faisons tout notre possible.

Merci d'ailleurs à Koko-chan pour son message. En espérant que tu profites bien des vacances. Si tu parlais bien de rugby, je n'ai pas une équipe préférée. J'aime le sport en lui-même et l'ambiance dégagée par les tribunes.

Merci à undertaker (je n'ai pas eu de mal à lire ton message, ne t'inquiète pas). Les personnages de Reborn! ont pour la plupart des noms dans lesquels se trouvent des numéros (Roku donne six et Go cinq. Donc Gokudera devient 59. Et ainsi de suite). Hibari est le numéro 18 (hi pour un et ba pour huit) et Mukuro le 69. Après, c'est le même principe que Gundam Wing si tu connais. 69+18 pour une relation amoureuse, Mukuro amoureux de Hibari, 69+18+69 pour un amour réciproque, 69x18 pour une relation sexuelle avec Mukuro dominant et ainsi de suite. Dans le fandom de Reborn!, on écrit 6918 pour parler d'une relation entre Mukuro et Hibari, tout confondu. Dans de rares cas (mais là c'est moi qui délire toute seule je crois), on peut faire fusionner les numéros. Le Byakuran Hibari (que je défends envers et contre presque tous) donne 118. Enfin, quelques personnages n'ont pas de nombre et on utilise des lettres comme abréviation (type Dino D, Reborn R, Lambo L). Voilà pour la petite explication qui vient tardivement. N'hésites pas à poser plus de questions si je n'ai pas été très claire. C'est l'été, la saison de l'alcoolisme aigüe (buvez avec modération si vous êtes majeurs) ;).

Merci à Katou, même s'il s'agit ici d'un lemon et non pas d'un lime. Le lime s'arrête globalement au dessus de la ceinture (exemple : Mukuro dévorait la bouche de Hibari tout en parcourant son corps de ses mains, déboutonnant délicatement sa chemise et descendant plus bas, toujours plus bas. A son contact, Hibari gémit doucement et s'agrippa à lui avant de se laisser porter sur le lit où ils s'allongèrent ensemble. Leurs caresses reprirent et dans le secret de la nuit, ils firent l'amour.). Le lemon est plus (attention, l'exemple qui va suivre possède un rating M comme Majeur. Exemple : Mukuro faisait aller et venir ses doigts à l'intérieur de Hibari, écartant ses fesses de son autre main pour en faciliter l'accès. Il le regardait se tordre de plaisir sous lui, son corps s'habituant à la pénétration. Son membre gonflé témoignait de l'excitation qui l'envahissait lui aussi. Sous une dernière supplique, il positionna son sexe à l'entrée préparée du gardien du Nuage. Un sourire carnassier traversa son visage comme il soufflait « C'est ça que tu veux sal- » HUM! Donc, enfin, voilà.). Enfin, merci encore pour ton message. J'espère que la suite qui arrive enfin te plaira.

Merci à Akira, à qui je souhaite la bienvenue. Je suis heureuse que tu ais aimé cette histoire. Elle me tient à cœur cette fanfiction longue. Je ne sais pas si c'est la plus intéressante ou autre mais je te remercier du compliment. Sincèrement, j'ai dû rougir pendant toute la journée (et j'ai dansé la macarena avec ma petite sœur en lui parlant de ta review ). Je ne compte pas abandonner cette histoire. Un jour, je parviendrai à l'achever. Puisque tu arrives fraichement, je te raconte un peu comment ça se passe pour la publication. Idéalement, il y a un chapitre par semaine, le dimanche soir en général. Mais fonction du travail de ma bêta-lectrice, du nombre de fois où je prends le train, je peux prendre plus de temps pour poster. Malheureusement, en ce moment, je ne peux rien promettre. J'espère cependant que malgré le temps, tu n'hésiteras pas à repasser et que tu apprécieras les chapitres suivants.

Merci à tout le monde et à bientôt j'espère (mais n'y comptez pas trop).

Je vous propose tout de même une bande-annonce ? Allez!

Dans le prochain chapitre, vous retrouverez... le téléphone! « Celui qui gagne le pli décroche. »

Du cosplay! "Il ne pourrait sûrement jamais oublié la vision de la jeune femme habillée dans un costume de HiBird."

Un individu suspect! « Ushishishi! Livraison spéciale! »

Et enfin, et surtout, du sexe (ou presque. Bon, on approche du chapitre 30, vraiment presque)! "Le gémissement réchauffa soudainement la froide chambre d'hôpital."

A vous les studios!