NDA :

Rating : K+

Cette fiction a été écrite dans sa totalité par trois auteures différentes :

POV Alyssa - Charliflex

POV Louna - DoraFlickFlack

POV Léna - Tanounette

Elle se situe à la fin de la saison 6 et c'est donc la SUITE DE LA SÉRIE, attention aux possibles spoilers.

Elle respecte entièrement le script et le canon de la série, les personnages morts resteront donc morts (désolées).

Disclaimer : Teen Wolf ne nous appartient (malheureusement) pas.

oOo

Hello les lecteurs !

Voici enfin le prochain chapitre, on espère qu'il vous plaira ;)

Au programme ; des cookies et une petite escapade romantique.

Bonne lecture !

oOo

Chapitre 29

« Le fond du cœur est plus loin que le bout du monde »

~POV Léna~

Plongée jusqu'au cou dans mes révisions d'histoire, je sursaute quand Lou débarque dans ma chambre d'un coup. Elle me fixe avec un large sourire.

- Oui ? je souris en levant la tête.

- Est-ce que Mademoiselle Tyler aurait dix minutes à consacrer à la cuisine ? Car voyez-vous, il est presque treize heures et les deux filles qui lui servent d'amies sont dans l'incapacité à cuisiner, puis, les cookies au beurre de cacahuète c'est bon, mais ça ne vaut pas les bons petits plats de cette charmante demoiselle.

- Lou, ravale ton sarcasme ! lance Aly depuis la cuisine.

Elle lève les yeux au ciel et me fixe en souriant comme une gamine qui attend de recevoir ses cadeaux à Noël.

- Alors ?!

- Je sais pas, je n'arrive plus à marcher, tu sais, mes chevilles ont triplé de volume avec ce que tu viens de dire ! je ris.

- Ah non ! Sinon plus de talons !

- Un point pour Lou ! cris à nouveau Alyssa. Bon Léna, dépêche-toi, j'ai faim !

Je ris de plus belle et pose mon stylo sur le bureau pour me rendre dans la cuisine.

- Calme-toi sinon je te cuis un steak !

- Beurk, tu n'oserais pas ?!

- Tiens donc, tu me défis ?

- Un point pour Léna, déclare Lou.

- Bon ok c'est perdu d'avance. Je t'aime Léna !

- Mmh mmh.

Quand je passe devant la table, je vois qu'elle est déjà mise, bon ok, elles ont la dalle ! J'ouvre le frigo et vois qu'il reste des œufs, des poivrons, carottes et courgettes, je vais pouvoir préparer une bonne omelette, accompagnée par des filets de poulets pour Lou et moi. J'épluche, lave et coupe les légumes avant de les rajouter avec les œufs dans une poêle. Dans une autre, je fais cuire les morceaux de poulet et quand le tout est cuit, je me tourne pour chercher les assiettes et vois que les filles sont déjà à table. Je remplis leurs assiettes et vais les rejoindre.

- Bon appétit, on déclare en même temps.

- Par contre, vous faites la vaisselle.

- Pas de problème.

Je mange à vitesse grand V pour pouvoir retourner réviser. Une fois fini, je vais m'installer à mon bureau, réviser l'histoire. J'ai beau avoir fait des fiches colorées, avec des dessins, qui donnent envie d'apprendre, rien n'y fait, l'histoire ne me passionne guère.

Je laisse finalement tomber mes révisions au bout de deux heures pour prendre mon ordinateur. Je m'installe sur mon lit et ouvre le chapitre en cours. Je suis arrivée au moment clé de mon roman, le personnage principal est face à un choix qui va être déterminant pour le reste de l'histoire. J'ai, pour cela, décidé « d'innover », je vais écrire les deux versions possibles et laisser le choix aux lecteurs de la suite, si lecteur un jour il y a. C'était un des conseils de Brooke, innover pour s'imposer. J'espère qu'elle a raison.

Je suis stoppée dans mon élan par la sonnerie de mon téléphone posé sur mon bureau. Je me lève péniblement et le déverrouille, il s'agit d'un message de Théo.

[De Théo : prépare-toi princesse, je viens te chercher dans 15 minutes.]

Je souris bêtement devant mon portable, puis me regarde dans le miroir. J'ai encore mon pyjama qui est constitué d'un jogging et d'un tee-shirt de Gab', bien trop grand pour moi. J'ouvre mon armoire et après cinq minutes d'hésitation j'opte finalement pour un haut blanc et un jeans bleu troué. Je me précipite dans la salle de bain, il ne me reste que dix minutes pour me préparer. Je passe de l'eau sur mon visage, mets ma crème, de l'anticerne et du mascara.

On toque à la porte d'entrée quand je termine de mettre mon soin dans les cheveux. J'ouvre celle de la salle de bain pour ouvrir mais Lou me devance. Quand elle voit que c'est Théo, elle manque de lui claquer la porte au nez, jusqu'à ce que son regard se porte sur ce qu'il lui tend. Des cookies.

- Tiens, dévore ça à la place de ma tête.

- Tu ne les as pas empoisonnés ?

- Non, t'inquiète, il rit.

- Ah ben alors, heu...merci.

Je termine le laçage de ma botte, et prends Théo par le bras pour sortir de l'appart. On arrive devant sa voiture sans avoir échangé un mot. Il se met face à moi et me colle contre la voiture, comme s'il avait peur que je m'en aille. Il me fixe avec ses yeux verts étincelants. Il vient plaquer ses lèvres contre les miennes. Son baiser est si débordant d'amour qu'il me fait presque tomber en arrière, heureusement que sa voiture est là !

Je ferme les yeux pour savourer chaque instant et passe une main dans ses cheveux et l'autre dans son dos en le rapprochant le plus près de moi. Il met une de ses mains sur ma taille et pose l'autre sur la vitre de la voiture. Sa bouche vient se glisser dans mon cou. Sentir son souffle chaud contre moi me fait frissonner.

Je lève la tête et ouvre les yeux. Je vois à la fenêtre deux têtes que je connais trop bien mes meilleures amies. Je souris et Théo lance une rafale de bisous sous mon oreille. Mon Dieu ! Je pousse -malgré moi- un léger gémissement.

- Oh ! Y a des lits pour ça ! hurle Lou à la fenêtre.

Je ris et Théo lève la tête pour regarder les filles, puis moi. Il m'embrasse une dernière fois puis m'ouvre la porte pour que je m'y installe. Il lève le bras pour saluer les espionnes puis vient s'installer au volant.

- Je ne m'attendais pas à les voir à la fenêtre !

- Moi non plus ! je ris.

Il rit à son tour puis démarre la voiture. Il allume la radio et quitte le parking. Il pose sa main sur ma cuisse et je la lui sers légèrement. On sort de Beacon Hills et on s'engouffre sur l'autoroute.

- On va où ?

- Tu verras, il répond en me jetant un regard amusé.

J'ai horreur des surprises. Je n'aime pas ne pas savoir où l'on va, ça m'angoisse. Rien que de penser au fait d'angoisser mon pouls s'accélère. Les filles ont la fâcheuse tendance de dire que penser au stress va me faire stresser et que du coup, je stresse à cause du stress. Quelqu'un a compris quelque chose ? Non ? C'est normal ! Il n'y a rien à comprendre. C'est « Léna » comme disent Aly et Lou.

- Panique pas princesse, je ne vais pas te tuer !

- Ah ah ah, très drôle, surtout venant de toi !

Il me sourit et retourne à sa conduite. Il faut dire que ça fait plus de quinze minutes qu'on roule et je ne sais pas où l'on va. Je pose mon coude sur la portière et fixe le paysage défilant à toute allure sous mes yeux. Rapidement, des panneaux m'interpellent. Beverly Hills. Los Angeles. San Pedro. Attendez, Los Angeles ?

- Ne me dit pas qu'on va à Los Angeles ?! je m'exclame dans le silence de la voiture.

- Presque, il répond, un sourire espiègle aux lèvres.

- On va où du coup ?

- Tu verras.

Je tourne la tête pour le fixer.

- Théooooo ! Dis-moi où on va, je le supplie.

Il tourne la tête vers moi et me lance un sourire malicieux.

- Hum, non, il sourit en passant sa main sur ma joue.

- Pffff t'es pas cool, je râle.

Je repousse sa main et croise les bras contre ma poitrine. Je détourne la tête de Théo et regarde par la fenêtre. Je me demande bien où il m'emmène.

- T'es ridicule, Léna ! il rit.

Je me retiens de rire, ne réponds pas et ne quitte pas la route des yeux, les bras toujours croisés.

- Tu boudes ?

- Nan.

- Une enfant ! T'as pas 18 ans bientôt ?

- Nan, je réponds avec un léger sourire.

- Bon ok ne parle plus, je ne te dirais quand même pas où on va.

Je ne lui réponds pas, toujours absorbée par la route. Il roule sur la l-405n durant trente kilomètres puis, au lieu d'aller à droite vers Los Angeles, il tourne à gauche sur la l-10W, direction Santa Monica.

~POV Alyssa~

Je toise d'un œil suspect les cookies que Théo vient de donner à Lou. Chercherait-il à acheter son amitié ? En tout cas, c'est définitivement la bonne stratégie. Mais bon, c'est Théo, quand même. Lou ne va pas devenir sa meilleure amie parce qu'il lui a offert des cookies. No way. À la limite, elle l'insultera moins. Enfin, en face à face j'entends. Je ne crois pas qu'elle arrêtera un jour de l'insulter dans sa tête. Moi non plus, d'ailleurs.

- T'es sûre que tu veux manger ça ?

- S'ils sont effectivement empoisonnés, et que je meurs, je voudrais que tu tues Théo pour moi.

- Aucun problème, je ris.

Elle croque donc dans l'un des cookies.

- Pas le meilleur que j'ai mangé, mais c'est comestible pour quelque chose donné par PsychoThéo.

- Et ce n'est pas empoisonné.

- En plus. Je peux au moins lui accorder les efforts qu'il fait.

J'acquiesce. Mais à moins qu'il ne m'offre un paquet de trois kilos de gaufres, je ne lui accorderai rien du tout. Non mais. Ce n'est pas la fête du slip, ici. Déjà, il embarque ma meilleure amie je-ne-sais-où, sans daigner nous en informer, donc je ne vais pas serrer sa main de sitôt. Bref, j'attrape mon livre, qui traînait sur la table basse, et m'installe confortablement sur le canapé. Je reprends ma lecture, tout en enroulant le plaid autour de mes jambes.

- Tu sais lire, toi ? me demande Lou en riant.

- Ha, ha, hilarant. Pour ta gouverne, je trouve ce livre génial et à chaque fois que je dois m'arrêter, c'est hyper difficile.

- Franchement, je me demande bien comment c'est possible que tu lises un bouquin sans le poser après deux minutes de lecture, et sans foutre du chocolat sur les pages.

- Moque-toi de moi, Louna Collins, mais c'est un livre qui parle de maths. Et c'est Nolan qui me l'a prêté en disant que c'est génial.

- Ah, Nono, évidemment. Il n'y a que lui qui aurait pu te pousser à lire.

- Tu parles comme si j'étais une sorte d'anti-livres, c'en est presque offensant.

- C'est juste qu'à part des mangas et des BD, je ne pensais pas te voir lire un jour. Rien d'offensant.

- Non, pas du tout, j'ironise en riant. Bref, du coup je ne t'ai pas dit mais on a reçu notre paye aujourd'hui. Le patron a envoyé les fiches de paye par courrier.

- Ah bon ? Où tu les as mises ?

- Ben, je les ai mises… merde, je ne me souviens plus.

- Aly ! s'exclame-t-elle d'une voix désespérée.

- Attends, je vais les trouver, t'inquiète.

- Ouais, t'as intérêt.

Je me mets donc à regarder aux endroits où je suis passée après avoir cherché le courrier en bas, sous l'œil affligé de Lou. Ouais, je perds tout le temps tout, et étonnamment les documents importants plus que n'importe quoi d'autre. C'est après vingt minutes de fouilles que je retrouve les enveloppes contenant nos fiches, dont la mienne qui est déjà ouverte, enterrées sous mes livres de classe, sur mon bureau, juste à côté de ma tasse de café du petit déjeuner. C'est ça d'entamer un rangement de bouquins à neuf heures du matin, jamais une bonne idée. Je donne la sienne à une Lou plus que soulagée, qui m'ordonne ensuite de lui donner la mienne pour qu'elle la range et que j'évite d'encore la perdre. Non mais sérieusement ?! Elle ne me fait même pas confiance. Pff.

Ouais, elle a raison, en fait.

~POV Léna~

- Waw !

Je reste bouche bée devant l'entrée de Pacific Park. Je serre un peu plus fort la main de Théo et me tourne vers lui pour l'embrasser.

- Alors, heureuse ?

- Bien sûr ! Mais pourquoi tu m'emmènes ici ?

- Je ne sais pas, on m'a dit que je devais faire des efforts. Puis, j'ai entendu dire que tu aimais bien les attractions et Santa Monica c'est une première pour toi, pas vrai ?

- Si. On y va ?

- Après toi, princesse !

Je passe devant lui sans lui lâcher la main. On se faufile entre les autres visiteurs. Je promène mon regard tout autour de moi. C'est magnifique. Le grand 8 a l'air génial. Les autres attractions en ont tout autant l'air et l'ambiance qui règne ici est démente. Je tire Théo vers la queue du grand 8 et nous patientons. L'attente dure environ vingt minutes puis nous embarquons dans le quatrième wagon. Dans la montée, Théo me tient le bras comme si sa vie en dépendait. Je me mets à rire.

- Ne me dis pas que tu as peur ?

- Qui ? Moi ? Ça va pas, j'ai peur de ri… aaaaaaaah !

J'éclate de rire et lève les bras tandis que Théo s'agrippe à la barre devant lui. Il crie à chaque descente et j'explose de rire un peu plus à chaque fois. Une fois le tour terminé, il se précipite vers la sortie. Une fois extirpés de la foule, on trouve un banc où s'installer.

- Alors comme ça t'as eu peur ? je demande ironiquement.

Il me regarde et tire la langue comme un enfant. Je m'approche de lui. Nos visages sont à quelques centimètres et j'ai l'impression que nous sommes seuls. Il n'y a que lui et moi. Je le dévisage. Sa barbe taillée, ses lèvres pulpeuses, ses splendides yeux en amande d'un vert pétillant d'amour. Je pourrais le croquer là, maintenant. Nos yeux se croisent et on reste là, à se fixer sans parler.

Ses lèvres s'approchent des miennes et c'est là que le temps s'arrête. Je ferme les yeux et passe ma main gauche dans ses cheveux. Il incline sa tête vers la gauche et ses lèvres touchent les miennes. Un frisson se propage dans mon corps tout entier. Ses lèvres ont un gout sucré qui me donne envie d'une barbe à papa.

Une barbe à papa, sérieux Léna, t'es en train d'embrasser ton copain et tu penses à manger une barbe à papa ? Je souris à ma réflexion et Théo se détache de mes lèvres. Il me regarde d'un air perplexe.

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- J'ai envie d'une barbe à papa.

- J'ai une barbe, mais je ne suis pas ton père, il faudra t'en contenter, il sourit.

- T'es vraiment très drôle Théo, je ris jaune. Nan mais sérieux vient on va en chercher une.

Je le prends par le bras et le force à se lever. Il se met sur ses pattes -veuillez excuser mon jeu de mots- et me suit. Je le tiens par la main et on se faufile entre les gens. On arrive devant un stand de gourmandises. Je regarde les étalages et j'en ai l'eau à la bouche. Je pourrais tout dévorer d'un coup. Devant les pommes d'amours, les beignets, les brochettes de fruits enrobés de chocolat, les barbes à papa et les centaines de bonbons différents, je suis une enfant qui ne peut se décider. Je tiens la main de Théo, nos doigts sont enlacés depuis qu'on attend notre tour.

- Une barbe à papa pour mademoiselle s'il vous plait, demande Théo à la vendeuse.

Je regarde la vendeuse réaliser ma barbe à papa et quand elle me la tend, un large sourire se dessine sur mon visage. Je dépose un bisou sur la joue de mon amoureux une fois qu'il a payé.

Il m'emmène devant les stands de jeux et s'arrête devant le stand de tir. Tiens, je ne sais pas pourquoi, mais ça ne m'étonne pas. Je rigole, bien sûr. Il s'empare d'un fusil et s'apprête à tirer sur les ballons. Je le regarde faire en mangeant ma barbe à papa. Sans surprise, il réussit tous ses coups.

- Vous gagnez le gros lot, jeune homme, bravo ! Faites votre choix parmi celles-ci, dit le forain en montrant les grandes peluches accrochées au-dessus des ballons.

- Celle-là ! il répond en pointant un ours en peluche géant qui tient un cœur rouge avec inscrit « I love You »

L'homme attrape la peluche et la tend à Théo. Il le remercie et on s'en va, l'ours sous le bras. On sort de Pacific Park et on part sur le bord de la plage. Là-bas, on s'installe sur un banc au bord du sable. Il prend un filet de barbe à papa et le met en bouche. Un bout reste collé sur le coin de sa bouche. J'approche mon pouce pour le lui enlever et quand je touche ses lèvres, il attrape mon poignet et lèche mon pouce qui contient le sucre. Cette attention fait naître un nouveau frisson dans mon corps tout entier.

Une fois ma barbe à papa terminée, je vais jeter le bâton dans la poubelle un peu plus loin et retourne aux côtés du beau brun. Il baisse la tête et enlace ses doigts dans les miens puis prend mes jambes pour les mettre sur les siennes. Je me retrouve à moitié sur lui et pose ma tête sur son torse. Sa poitrine monte et descend au rythme de sa respiration.

C'est à ce moment-là qu'un flash apparaît. Quand les entraînements de Gabriel étaient terminés, il passait une heure avec moi pour essayer de m'apprendre à maîtriser mon pouvoir. A la fin de cette heure, on aimait rester tous les deux dans la forêt, assis sur un muret, toujours le même d'ailleurs. On passait une demi-heure là-bas sans rien dire, dans la position où je me trouve actuellement. Il m'arrivait parfois de m'endormir sur son épaule car les exercices qu'on faisait m'épuisaient. Alors Gab', en bon gentleman, me portait jusqu'à ma chambre au QG. Ce souvenir me fait verser une larme que j'essuie rapidement du dos de ma main.

- Léna, ça va ?

- Oui, oui t'inquiète pas.

- Tu es sûre ?

- Oui ça va, c'est juste un souvenir qui m'est revenu.

- D'accord. Viens, on retourne à la voiture, il faut que je cherche quelque chose.

Il me prend la main et on s'en va direction la voiture. Au bout de trente minutes de marche on arrive à la voiture. Théo installe la peluche sur le siège avant et prend un sac derrière les sièges. Il le met sur son dos et ferme la porte de son véhicule. Il passe sa main autour de ma taille et nous rebroussons chemin jusqu'à la plage. Arrivé sur le sable fin, Théo pose son sac au sol et sort une serviette qu'il déplie.

- Installe-toi.

Je m'exécute et il me rejoint en vidant son sac. Il dépose sur la serviette des sandwichs, des chips et une bouteille de soda avec des gobelets.

- Bon, ce n'est pas grand-chose, mais j'ai fait de mon mieux, il déclare avec un sourire satisfait.

- Non, c'est parfait, Théo. Tu sais, pas besoin de dîner gastronomique pour faire plaisir. Je peux t'assurer que cette attention, cette journée entière me rend heureuse.

- Tant mieux, princesse, car la journée n'est pas terminée.

J'arque un sourcil et il sourit. Qu'entend-il par-là ? Il est vingt et une heure passée, quand même.

- Léna, arrête de te prendre la tête et fais-moi confiance.

Il lit en moi comme dans un livre ouvert, c'est flippant. Je souris quand il dépose un baiser sur mon front et qu'il me tend un sandwich. C'en est un au jambon fumé, accompagné de chips et de soda, ce repas n'a rien de diététique, mais bon c'est l'attention qui compte comme on dit ! Nous dévorons ce pique-nique et quand nous avons fini, il se lève pour jeter les déchets à la poubelle.

Le temps qu'il fasse l'aller-retour je me penche en arrière en appuyant mes mains dans le sable. Je fixe l'horizon, le soleil disparait petit à petit et la mer est plutôt calme en ce samedi soir. Les nuages, blancs il y a quelques minutes, sont roses à présent. Ce tableau qui s'offre à moi me fait me sentir légère et vidée. Une brise vient me rafraichir. J'inspire un grand coup cet air marin et expire en fermant les yeux.

- C'est magnifique n'est-ce pas ? demande mon petit copain en s'installant à mes côtés.

- Oui. C'est merveilleux, je souffle.

Nous restons là, sans parler, à regarder la mer et ses légères vagues qui commencent à se former sous l'effet du vent qui se lève. Le vent marin est à la fois doux et froid. Je me redresse et frotte mes bras avec mes mains pour me réchauffer sans jamais quitter l'horizon.

Je plisse légèrement les yeux et vois l'image floue d'une femme. Elle est en face de moi, les pieds dans l'eau et me fait des signes. Ses longs cheveux bruns et sa frange volent au vent. Je crois reconnaître cette dame quand elle s'avance vers moi. Elle est habillée de manière élégante avec son chemisier blanc et son pantalon noir. Plus elle avance vers moi et plus je me dis que je la connais. Elle continue de s'avancer et commence à dire mon nom, encore et encore. Ça fait une bonne minute qu'elle marche mais n'est toujours pas devant moi. Elle dit mon nom de plus en plus fort, jusqu'à ce que mon cerveau se mette à trembler.

- Léna ! s'exclame Théo en me secouant légèrement.

Je secoue la tête et cligne des yeux. La femme en face de moi a disparu. Mon copain me prend dans ses bras et me berce délicatement.

- Shhhh c'est fini, Léna, calme-toi. Je suis là. Viens, lève-toi, on rentre, tu trembles.

Il m'aide à me lever et enlève son pull gris qu'il me tend pour que je l'enfile. Il se retrouve alors en tee-shirt et moi avec son sweat trop grand qui sent merveilleusement bon. Je fixe ses bras musclés où l'on peut légèrement voir ses veines saillantes. Il se baisse pour ramasser la couverture et la secoue pour enlever les grains de sables. Il la plie de manière négligée et la fourre dans son sac qu'il met sur le dos. Il enlace ses doigts aux miens, puis nous partons en direction de sa voiture qui nous attend sur un parking, non loin de là.