Promesses retenues

Générique

Auteur : Robin4, sous le titre original de Promises Remembered

Inspiration JKR, mais très UA quand même !

Traduction : Petite Plume

Relecture et mise en ligne… Fénice qui essaie toujours de faire face !

Sponsors officiels : Siri l'aventurier, Kiri666, Ryan, Fée Fléau, Lunenoire, Digitalle (Bonjour, bonjour, sacré choix de commencer par cette fic là...), Eyleen (bonjour aussi !), Touffue, qui a découvert une nouvelle race de Weasley (lol), Chinader (bonjour 3 ! welcome !)...

Rappel : French Robin Universe est une communauté que nous avons créée, Alana et moi, regroupant toutes les fics de Robin – les originales et les traductions... Y'a de quoi occuper vos insomnies les plus solides !

Vous y trouverez notamment Prélude aux promesses et Unbroken (traduites par Alana) – et qui sont des clés de ce que vous allez lire...

Et on trouve tout ça sur ça suffit le bavardage...


Chapitre vingt-neuf : Advienne que pourra

Ils sortirent du train dans une nuit claire mais plus sombre qu'habituellement. Les premières années, nerveux, suivaient les élèves plus âgés, confiants. Harry et Ron échangèrent un demi sourire – c'était bien de ne plus être les nouveaux, bien de savoir ce qui allait se passer et où ils allaient. Ce qui était encore mieux, c'était de ne pas traverser le lac dans une de ces petites barques ; les calèches sans chevaux les attendaient et les Misfits se dirigèrent dans leur direction, ignorant les cris de Percy "Attendez, par Merlin !" Le groupe marqua cependant une pause pour faire un signe rapide à Ginny qui rejoignait les autres premières années près des bateaux.

Sans un mot, les cinq amis montèrent dans une calèche sans tenir compte du préfet qui leur ordonnait de se séparer. Ils n'étaient pas très enjoués ce soir, la personne qu'ils auraient voulu voir avec eux était coincée chez elle, à plus de 250km au sud de Poudlard. Pire encore, Fred et George n'avait même pas eu l'occasion de dire à Lee qu'ils ne venaient pas – ils étaient montés dans le train quelques secondes avant le départ. Même les autres Misfits n'avaient pas été au courant de leur échec jusqu'à ce que les jumeaux entrent dans leur compartiment, déprimés et vaincus. Mais ils n'avaient pas encore abandonné.

Cependant, alors que les calèches sans chevaux les menaient à Poudlard, Harry essayait de se figurer ce qu'ils pourraient faire. Quelle autre solution leur restait-il ? Ce n'était pas juste que Lee soit exclu du monde magique seulement à cause des craintes de sa mère, et que personne d'autre que ses amis ne cherche à l'aider. Quelqu'un comme le professeur Lupin aurait été capable de le faire revenir, mais tous les adultes disaient que la décision appartenait à Mme Jordan. Même les adultes qui savaient ce qui était bien.

Harry se mordit la lèvre. Ils devaient faire quelque chose. Tout ce qu'ils devaient faire était trouver quoi.

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Les flashs éclairaient son visage, et James cillait face à ces lumières vives. Les photographes devenaient fous, comme si la septième photo qu'ils faisaient serait meilleure et différente que les six précédentes. Cette pensée cynique le fit sourire faiblement, et des années de pratique lui permirent de rendre cette expression plus amicale. Ses années comme chef des Aurors et puis comme chef du DALM lui avaient appris à gérer son image en public, et il avait grand besoin de ces connaissances maintenant. De façon ou d'une autre, il avait fini ministre de la magie dans une des périodes les plus noires de l'histoire, et James savait que les gens n'avaient pas besoin de voir qu'il était inquiet. Ils n'avaient pas besoin de le voir froncer les sourcils. Ils avaient besoin de le voir confiant, assuré, et serein. Et il leur montrerait ce qu'ils voulaient voir.

James retint un soupir. Ils n'avaient pas besoin non plus de voir un ministre de la magie bloqué dans un fauteuil roulant mais il ne pouvait rien contre ça. On ne pouvait pas cacher certaines choses.

Les journalistes hurlaient des questions, il fit un signe de la main pour obtenir le silence. Curieusement, les journalistes furent les premiers à obéir, il fallut un long moment pour que la foule suive le mouvement. Il n'avait pas attendu une telle assemblée pour un simple discours, en fait, James avait prévu exactement l'inverse. La peur de Voldemort aurait dû en faire fuir un bon nombre. Était-ce bon signe qu'ils soient là ?

Il prit une profonde inspiration et commença à parler.

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"Le débat est clos !" hurla Miranda Jordan à pleins poumons, et pour une si petite femme, la maman de Lee avait une voix forte. Elle ne parviendrait jamais à rivaliser avec Mme Weasley, naturellement (et avait, heureusement, une voix moins haut perchée), mais elle se placerait certainement en seconde place dans n'importe quel concours de cris.

En ce moment, Lee estimait que seconde était déjà largement suffisant. "Mais, maman -"

"Hors de question !" le coupa-t-elle avec colère. "Comme si ce n'était pas suffisant que tes amis essayent de te sauver, il faut en plus que tu tentes de fuguer -"

"Maman, je veux juste retourner à l'école !" objecta Lee, essayant désespérément de ne pas parler comme un gamin de cinq ans. Ah, pourquoi Mme Weasley avait-elle cru utile d'appeler pour dire à sa maman ce que Fred et George avaient prévu ? De quel côté était-elle ?

"Tu iras à l'école lundi prochain," répliqua sa mère. "Une école normale, où tu ne pourras pas être blessé par ceux qui ont tué ton père."

Lee gémit. Son papa lui manquait à lui aussi, mais il essayait de ne pas jeter sa mort au visage de sa mère chaque fois que quelque chose n'allait pas comme il voulait. "Se cacher ne servira à rien," maugréa-t-il pour la nième fois. "Ce n'est pas comme s'il me voulait de toutes façons. Je suis juste un gosse."

"Tu as raison. Tu es un gosse - mon gosse, et ça veut dire pas de fugue." Sa maman fit un geste de colère avec la montre-bracelet argentée qu'elle avait dans la main. "Particulièrement pas en utilisant ce Porte clé."

"Portoloin."

Elle leva les yeux au ciel. "Quoi que ce soit, je vais le détruire."

"Maman, non!" supplia Lee. "C'était un cadeau !" Et c'est mon seul moyen de retourner là-bas.

"Il fallait y penser avant d'essayer de t'en servir pour t'enfuir," répondit-elle malicieusement, et Lee sentit un grognement menaçant monter dans sa gorge. J'aurais dû y penser avant de me faire prendre, pensa-t-il avec colère, mais il n'en dit rien. ça ne l'aiderait certainement pas, mais il devait quand même essayer encore une fois. Sa maman savait ce que Poudlard signifiait pour lui.

"Tu ne comprends pas. Je ne peux pas être normal. La magie fait partie de moi, et tous mes amis sont à Poudlard."

"Non, je ne comprends pas." Sa voix s'adoucit. "Mais mon rôle, Lee, est de te protéger, même si ça ne te rend pas toujours heureux." Elle essaya de sourire, mais échoua. "Je suis désolée. Si tout va bien tu pourras retourner à Poudlard l'année prochaine, mais pas cette année."

Lee soupira. Il connaissait la suite – c'était inévitable, et sa maman continua de cette même voix raisonnable.

"Maintenant, je veux que tu me promettes que tu n'essayeras pas de fuir," dit-elle tranquillement. "D'accord ?"

"D'accord", grogna Lee, se moquant que sa mère entende sa mauvaise humeur. "Je promets."

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Le choipeau acheva sa chanson avec un grand sourire, pourtant pour Harry, ce sourire sembla... faux. Alors que le choipeau avait fini sur une note heureuse et optimiste, Harry se souvenait des mots plus sombres au coeur de la chanson, ces mots qui parlaient de l'unité face aux ténèbres et de quatre maisons, séparées par leurs convictions. Il déglutit en s'en souvenant, il savait depuis un certain temps que la guerre avait atteint Poudlard, mais la chanson l'avait rendue réelle. En dépit de sa conversation avec sa mère, Harry avait voulu croire que Poudlard était un endroit sûr. Il avait toujours voulu imaginer que l'école serait le dernier refuge du monde magique face aux ténèbres... et elle l'était. Mais même Poudlard ne pouvait pas résister éternellement.

Debout près du choipeau, le professeur Rogue souleva un rouleau sans un regard pour les premières années. Harry renifla. "Ouais, il n'a pas changé du tout," fit-il remarquer à Ron à voix basse.

"Tu as tort," répondit son ami. "Je trouve ses cheveux plus gras."

"Ron !" siffla Hermione assise de l'autre côté. "Silence ! Ils commencent!"

Les garçons reniflèrent, et Harry attira l'attention de Fred à travers la table. Les jumeaux riaient – sans doute préparaient-ils déjà une blague, ça les rendait toujours heureux. Le sourire de Harry s'élargit. C'était une bonne chose que les Weasleys soient de son côté, sinon son expérience à Poudlard aurait pu être désastreuse.

Le professeur Rogue lut le premier nom, et une petite fille s'avança, "Bradley, Amanda."

La réponse fut presque immédiate, et le choipeau sourit en criant : "Serdaigle !"

Ainsi commençait une nouvelle année à Poudlard, de la même façon que des milliers d'autres. Depuis la création de l'école, les élèves avaient été répartis dans les maisons, et Harry espéra sincèrement que ça se passe toujours de cette façon. Quoi qu'il se passe, Poudlard était intemporelle, et la tradition était rassurante. Même si la sécurité n'était plus ce qu'elle avait été par le passé, Poudlard était Poudlard et le resterait toujours.

Sauf cette année, tout avait changé.

"Hopper, Geoffrey."

La voix du professeur Rogue résonna, et seul le silence lui répondit. Les premières années jetaient des regards nerveux autour d'eux mais personne n'avança. Immédiatement, les yeux noirs du directeur adjoint parcoururent le groupe, bien que quelques enfants aient soutenu son regard, aucun ne bougea. La voix de Rogue se fit plus forte.

"Hopper, Geoffrey," répéta-t-il. Personne ne bougea et un murmure parcourut la grande salle. Par-dessus la table, Harry croisa les yeux écarquillés de Fred sans comprendre complètement ce qui se produisait, mais il se doutait que quelque chose avait mal tourné.

"Hopper, Geoffrey."

Rien. Pour la première fois, Harry vit le calme de Rogue disparaître, et le professeur aux cheveux gras jeta un coup d'oeil au directeur par-dessus son épaule. Harry suivit son regard et nota que les yeux bleus de Remus étaient sombres... mais son expression n'avait pas changé. Il ne semblait pas surpris, il hocha simplement la tête.

Rogue se tourna à nouveau vers les élèves, inspira et reprit. "Isaacs, Anthony."

Pendant quelques temps, tout sembla se dérouler à merveille. Peut-être que Geoffrey Hopper était une exception, quelqu'un qui avait raté le train, déménagé, ou qui avait changé d'avis à la dernière minute. Cinq nouveaux élèves furent répartis, puis six, et puis un septième. Le huitième, cependant, n'était pas là. Ni était le neuvième.

Les élèves chuchotaient bruyamment, et les premières années avaient l'air terrifiés. Tous regardaient autour d'eux, espérant trouver les trois élèves absents, mais Rogue continuait, et Harry ne put faire moins que d'admirer sa persistance. La dixième élève (Johnson, Kelly) fut répartie à Gryffondor, suivirent deux Serpentards, un Poufsouffle, et trois Serdaigles. Et puis, encore une fois, rien. Trois élèves ne répondirent pas à l'appel – l'un d'eux, Robert Lichtenstein, était l'enfant unique d'une des quatorze familles. Harry ne l'avait jamais rencontré, mais connaissait son nom, et savait qu'il aurait dû être là.

Où sont-ils ? chuchotaient de nombreuses voix. Que s'est-il passé ?

Mais Harry savait.

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Sa longue amitié avec Fred et George Weasley avait enseigné à Lee à se servir de l'obscurité, et la nuit du 1er septembre 1992 ne fit pas exception. La nuit était tombée quand sa mère s'installa devant la télévision, Lee s'efforça de l'ignorer, plus par principe qu'autre chose. Il aimait sa mère. Il respectait même son chagrin et comprenait sa peur qu'il partage le destin de son père. Mais Lee ne comprenait pas qu'elle veuille qu'il change pour apaiser ses craintes. Et promesse ou non, il n'allait pas rester.

Soupirant tranquillement, Lee ouvrit sa fenêtre. Heureusement, leur maison était relativement vieille, et les charnières étaient cassées depuis longtemps. Personne n'avait jamais pris la peine de les réparer. Qui voudrait cambrioler la maison d'un Auror, quoi qu'il en soit ?

Le souvenir de son père le fit déglutir. Tous les matins, en se levant, il espérait voir son papa s'asseoir à la table de cuisine, la Gazette dans une main et un verre de jus d'orange dans l'autre. Les souvenirs étaient moins douloureux qu'avant, mais Lee sentait toujours la colère bouillonner en lui. Un jour, d'une façon ou d'une autre, il jouerait un rôle significatif dans la guerre. Il finirait ce que son père avait commencé. Ce n'était pas un rêve dont il avait parlé à sa maman, parce qu'elle serait susceptible de l'enfermer et de ne jamais le laisser sortir, mais Lee en rêvait pourtant. Un jour, il ferait ce qui devait être fait.

La fenêtre s'ouvrit sans bruit, il prit cela comme un bon présage. Lentement, Lee enjamba le rebord de la fenêtre, et fit passer son Brossdur 9 derrière. Le petit sac à dos suivit, il se félicita d'avoir réussi à faire partir sa malle à Poudlard avec Fred et George. Il ne savait pas ce qui avait cloché dans leur plan, ni où ils étaient, mais il ne pouvait pas se permettre d'attendre plus longtemps. Quoi qu'il advienne, il retournerait à l'école, et s'il les rencontrait à mi-chemin, ce serait encore mieux.

Il inspira profondément et sortit complètement, attentif au moindre bruit venant du rez-de-chaussée. Sa maman continuait à regarder un de ces affreux mélodrames moldus qu'elle aimait tant. Avec précaution, il passa sa jambe droite au-dessus du balai, donna un coup de pied, et décolla.

Pendant un moment, Lee se mordit les lèvres. "Désolé, maman," dit-il à la nuit, le pensant vraiment. Il n'avait pas l'intention de la blesser, mais il devait y retourner. Il souhaitait seulement qu'elle puisse le comprendre.

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"Helga Poufsouffle a dit un jour que les plus grands héros arrivent dans les périodes les plus noires. Ils viennent sans prévenir, mais ils viennent. Ils viennent parce qu'ils sont nécessaires, ils deviennent des héros parce que quelqu'un doit faire l'impossible même lorsque tout espoir semble perdu."

Les yeux de James parcoururent la foule, il vit plusieurs personnes ciller à cette introduction inattendue. D'autres penchèrent la tête pour écouter plus attentivement, et il continua.

"Les héros sont de toutes tailles et de toutes sortes. Tous les héros ne sont pas ceux qui luttent contre les ténèbres sur les lignes de front, qui risquent tous les jours leur vie. Certains héros se cachent dans l'ombre, mais ils sont là. Les héros sont ceux qui aident les autres sans penser à eux-mêmes, qui travaillent aujourd'hui pour s'assurer que le monde dont leurs enfants hériteront sera meilleur. Les héros sont ceux qui agissent sans attendre de reconnaissance ou de récompense.

"Les gens disent que notre monde a besoin de héros. Je réponds que nos héros sont partout. Regardez autour de vous. Tous ceux qui luttent, même discrètement, sont des héros. Nous ne pouvons pas tous être Aurors et défendre une société entière contre des mangemorts, mais nous pouvons tous être des héros. Nous pouvons tous lutter."

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Même le visage de Rogue sembla tendu quand cinq, et puis six élèves ne se montrèrent pas. Et les regards durs des professeurs ne suffisaient pas à faire taire les élèves qui regardaient autour d'eux comme s'ils s'attendaient à ce que les élèves absents apparaissent à tout moment. Mais personne n'apparut, et le directeur adjoint continuait à lire sa liste, appelant nom après nom, ne sachant jamais si l'élève appelé allait se montrer.

Ce soir, Remus semblait souffrir. Il n'avait pas eu l'air surpris avant – s'y attendait-il ? s'interrogea tristement Harry - mais maintenant il semblait très triste. Déçu ? Peut-être. Il observait Rogue continuer sans flancher, mais Harry savait qu'il devait bouillir à l'intérieur.

La liste touchait à sa fin. Il ne restait que trois élèves après que Jason Reagan ait été placé à Poufsouffle. Ensuite Zacharias Smith alla à Serdaigle et enfin :

"Thomas, Juliet."

A nouveau, rien. Rogue expira puis répéta encore le nom et passa à autre chose. Ginny avait été répartie à Gryffondor, mais personne ne l'avait remarqué autant que les sept élèves qui manquaient à l'appel. Même les applaudissements des Misfits manquaient d'entrain, ils étaient heureux pour Ginny mais la tristesse était contagieuse. Il semblait déjà y avoir moins de premières années qu'habituellement... et les sept qui n'étaient pas venus ? Qu'adviendrait-il de Poudlard si les élèves avaient peur de s'y rendre ?

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James parlait d'une voix calme – ce n'était pas la peine de crier ou de tempêter, la foule l'entendait très bien avec tous les sorts d'amplification. Il avait choisi de parler sur le chemin de Traverse avant tout parce que la rue était devenue un symbole, mais également parce qu'il y avait l'espace. Maintenant, il souhaitait presque avoir choisi un endroit plus grand parce que la foule se pressait. Mais où serait-il allé ? Le chemin de Traverse était tout ce qui leur restait, hormis Poudlard, et Poudlard accueillait ses élèves aujourd'hui.

Furtivement, il jeta un coup d'oeil à la lune, et pensa à Remus. Quoi qu'il advienne, Remus prendrait soin d'eux. Il l'avait toujours fait.

"Je ne peux vous faire aucune promesse. Je ne peux pas affirmer qu'assez de coeur et assez de résistance nous feront gagner cette guerre - mais je peux dire qu'il y a des batailles qui valent la peine d'être menées. Il y a même des causes qui valent de mourir.

"Nous avons vu trop de morts récemment, je sais. Vingt-sept hommes, femmes et enfants innocents sont morts ici sur le chemin de Traverse, simplement parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment. Nous les avons pleurés. Nous continuerons à le faire. Mais la meilleure manière de nous souvenir d'eux est d'honorer leurs sacrifices. Oui, ils sont morts à contrecoeur. Mais ne perdons pas espoir en pensant à eux... "

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Remus se leva, et des centaines d'yeux le regardèrent désespérément. Il était rarement nerveux devant les gens, plus maintenant, mais il déglutit avant de pouvoir parler. Ses mots, cependant, étaient calmes et posés.

"Le discours que j'ai préparé ne me semble plus si approprié," commença-t-il doucement. "Particulièrement après ce à quoi nous venons d'assister, je parlerai plutôt de notre besoin de rester unis, comme le choipeau l'a fait.

"Quatre maisons différentes sont dans cette salle. Quatre visions, quatre d convictions et quatre traditions différentes. Mais nous avons tous une chose en commun : nous tous venons de Poudlard." Les élèves acquiescèrent, même certains Serpentards. Le jeune Malefoy avait l'air de s'ennuyer, mais Remus ne parlait pas pour lui. Il parlait à ceux qui n'avaient pas encore choisi et qui avaient toujours peur.

"Quoi qu'il advienne, nous sommes tous les héritiers des traditions de Poudlard. Nous sommes tous une partie de quelque chose de plus grand que n'importe quelle maison, plus grand que Serpentard, Gryffondor, Poufsouffle ou Serdaigle. Ensemble, nous sommes bien plus forts que seuls, Poudlard l'a déjà prouvé à maintes reprises. Et c'est quelque chose que nous devons continuer à faire en ces jours sombres.

"Je ne peux pas promettre que la guerre n'arrivera pas à Poudlard. Elle est déjà là, de beaucoup de manières - nous l'avons vu ce soir, parce qu'il y a sept jeunes sorciers qui ne sont pas parmi nous. Au lieu de cela, ils sont chez eux, essayant d'échapper à la guerre." Il se retint de déglutir péniblement. "J'applaudis votre choix de continuer. Et je vous remercie de rester ici, ensemble, quand il aurait été bien plus facile de ne pas le faire.

"Advienne que pourra, j'aime cette école. Je sais que tout le monde dans cette salle aussi. Et je peux vous promettre que quoi qu'il arrive, Poudlard survivra."

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Le vent fouettait les yeux de Lee, mais pour une fois, il était heureux de sentir la douleur. Ca faisait longtemps qu'il ne s'était pas senti si libre, si lui-même. La peur de sa mère de toutes les choses magiques avait éloigné Lee de tout ce qu'il aimait le plus, et il n'avait même pas pu toucher son balai depuis que sa maman avait essayé de le détruire. Elle ne comprend pas, pensa-t-il, essayant de ne pas se sentir coupable de ne pas avoir tenu sa promesse. Je ne peux pas simplement arrêter d'avoir des pouvoirs, mais maman ne le comprend pas.

Pourtant, elle serait terriblement inquiète une fois qu'elle se rendait compte qu'il avait disparu, et Lee se dit qu'il aurait dû lui laisser un mot. Ce n'était pas comme si sa mère pouvait l'arrêter quand il volait haut au-dessus des moyens de transport moldus. Mais il n'avait pas pensé à ça, et maintenant elle s'inquiéterait. Je lui enverrai un hibou dès que je serai à Poudlard, se promit-il. Je suis sûr que même si le professeur Fletcher est furieux contre moi, il me laissera dire à maman que je vais bien.

Cette pensée le fit se sentir un peu mieux, bien qu'il ne se soit pas entièrement débarrassé de son sentiment de culpabilité. Quand il était parti, il était trop énervé pour voir le mauvais côté de ce qu'il faisait, mais le vent froid le rappelait à l'ordre. Sa mère était la seule famille qu'il lui restait et il n'avait pas voulu l'abandonner. Même si elle ne comprenait pas ce qu'il devait faire, ou pourquoi il devait le faire. Lee sourit sinistrement, sentant la morsure étonnement froide pour la saison du vent sur son visage. Je te donnerai des nouvelles, maman. C'est promis. Ce fut presque la dernière pensée qu'il ait eue.

Il avait été trop distrait pour remarquer les étincelles rouges avant qu'elles ne le frappent. Il faillit en lâcher son balai. Lee jura et fit une tentative désespérée pour retrouver son équilibre, il eut à peine le temps de voir la lumière blanche qui éclaira vivement le ciel sombre.

Et tout devint noir.

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Ron se tourna vers Harry comme le trio suivait le reste de leurs camarades de classe vers la tour de Gryffondor. "Tu y crois, toi, que le professeur Fletcher enseigne finalement la défense contre les forces du mal ?" demanda-t-il en souriant. "C'est un ex-Auror. Je peux seulement imaginer les sorts qu'il nous montrera - "

"Oh, honnêtement, Ron. Nous étudierons les créatures des ténèbres cette année, n'importe qui peut l'enseigner," l'interrompit Hermione, faisant grogner Ron, Harry pouffa. Ron le regarda.

"Tu ne vas pas t'y mettre aussi."

Harry haussa les épaules. "Elle a raison, tu sais."

"Naturellement elle a raison," aboya Ron. "Elle est Mme Je-Sais-Tout."

"En fait, si tu avais demandé à un des tes frères au lieu de jouer aux devinettes, tu l'aurais su aussi," répliqua Hermione.

Ron renifla. "A mes frères aînés ? Tu sais ce qu'auraient inventé Fred et George ?"

Hermione rit, et une voix arriva de derrière eux. "Nous avons entendu!" avoua George. "Et -"

"Cette remarque nous décrit bien," acheva son jumeau.

"Beaucoup de remarques vous décrivent bien mais ce n'est pas l'endroit pour les citer," murmura une autre voix.

"Allons, allons, Ginny. Tu n'est pas censée te moquer de ta famille le premier jour," lui expliqua Fred alors que tous trois rejoignaient le reste des Misfits.

"Ah non?" répliqua la plus jeune des Weasley. "Ce n'est pas ce que vous avez essayé de faire quand vous avez voulu colorer mes cheveux en vert pendant de discours du directeur !"

George grimaça. "Nous aurions réussi si Hermione n'avait encore joué les rabat-joie."

Hermione le fusilla du regard. "Les Misfits ne jouent pas de tour aux autres Misfits," répliqua-t-elle.

"Non," répondit Fred. "Les Misfits font juste -"

"Attendre que je prenne ma revanche," acheva Ginny en souriant.

Les jumeaux échangèrent des regards affligés, et George fit un geste de désespoir. "Bien, c'est fait !"

"C'est la fin," convint Fred.

"C'est horrible," acquiesça George.

Ginny leur jeta un regard confus. "Quoi?"

"Je ne peux pas le croire," continua George, ses épaules se voutèrent.

"Quel dommage..."

"Pourquoi, je ne comprends pas -"

"Oh, vous allez arrêter et nous dire ce qu'il y a ?" ordonna Ron, et les jumeaux le regardèrent gravement.

"Bien, c'est irrévocable, maintenant," dit sinistrement Fred.

"Inévitable."

Fred hocha la tête tristement. "Ginny est l'une des nôtres. Une Misfit. Purement et simplement."

George renifla. "Elle est bien trop machiavélique pour ne pas en être une."

"Ca vous a pris tant de temps pour décider ça ?" Ron leva les yeux au ciel, mais Ginny renifla.

"Bien, je suis heureuse d'avoir votre bénédiction," dit-elle à ses deux frères. "Parce que je serais devenu une Misfit que ça vous plaise ou non."

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Lee essaya de savoir si ses yeux étaient ouverts en essayant de dissiper les étoiles qui dansaient devant ses yeux. Tardivement, il comprit que c'était de vraies étoiles et qu'il se trouvait allongé sur l'herbe froide. Ca lui prit un long moment pour pouvoir distinguer nettement ce qui l'entourait, la tête lui tournait follement, et il eut du mal a se rappeler de ce qui s'était produit. Après plusieurs minutes, Lee se rendit compte qu'il avait du tomber de son balai, et il commença à rouler sur le flanc, imaginant que le Brossdur devait se trouver quelque part sur sa droite.

Au lieu d'un balai, il trouva une paire de pieds bottés. Lee cilla de surprise, essayant de comprendre ce que ça faisait là – il pensait être dans la forêt qu'il avait survolée avant de... tomber ? Il secoua la tête, essayant de s'éclaircir l'esprit assez pour faire disparaître les pieds, mais alors qu'il regardait vers eux, il se rendit compte qu'ils étaient fixés à des chevilles. Les chevilles étaient attachées à des jambes, et à un corps... dont une main tenait son balai. C'est mauvais signe.

Finalement, Lee se souvint qu'il n'était pas tombé de son balai. Il avait été frappé par celui qui avait causé cette explosion dans le ciel, ce qui signifiait que quelqu'un l'avait visé et il y avait fort à parier pour que ça ne soit ni sa mère moldue ni ses amis. Et ce n'était certainement pas Fred ou George non plus parce que ni l'un ni l'autre ne portait de bottes noires et coûteuses comme celles là. Et si ce n'est pas eux... il sentit la nausée le prendre.

Lee se releva en chancelant et se trouva face à face avec Bellatrix Lestrange.

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"Tant qu'il reste de l'espoir, les ténèbres ne peuvent pas l'emporter. Tant qu'une personne se bat, la bataille n'est pas terminée," continua doucement James. Tant d'yeux l'observaient, et il priait pour pouvoir y lire de l'espoir. Hochant la tête, il continua à parler d'une voix forte et posée. Et déterminée.

"Je me battrai. Je me battrai jusqu'au bout si je dois le faire, parce que je crois que notre monde vaut la peine que je lui donne ma vie. Je vous demande, aujourd'hui, de rester avec moi. Ne fuyez pas. Si le chemin de traverse nous a prouvé une chose, c'est qu'on ne peut plus se cacher, et je vous demande, je vous supplie, de ne pas essayer et de rester avec moi. Battez vous jusqu'à la fin.

"Je ne peux pas vous offrir plus que des paroles d'espoir. Je ne peux pas me comparer à des hommes comme Sirius Black, qui s'est opposé au Seigneur des ténèbres et a survécu, seulement pour payer un prix horrible pour sa résistance. Mais il a continué à se battre. Et je sais qu'il continuera toujours.

"Il y a beaucoup de héros, grands et petits, en ce monde. Je vous demande de devenir l'un d'entre eux, de mener cette bataille jusqu'à la fin, et de vous rappeler au moins de ça : nous nous battons pour avoir un avenir."


Bon, pas très gai tout ça quand même...

La suite s'appelle Les ténèbres intérieures - et ça va pas s'arranger...

La première phrase ? « Mauvaise nouvelle, James... »

Je vous le disais...