Visites et explication.

Harry se réveilla une heure plus tard comme prévu, ses doigts entrelacés entre ceux de Severus. Le jeune homme souleva sa tête puis la laissa retomber sur l'oreiller.

-Harry ! Demanda Snape en se levant de son fauteuil. Comment vas-tu ? Ajouta-t-il en le voyant cligner des yeux.

-Ca va, répondit-il un peu vaseux. Où sont mes lunettes ?

-Là, les veux-tu ?

-Ben si je demande ! Bien sûr que je les veux, ronchonna injustement Harry en s'asseyant au bord du lit et en posant ses lunettes sur son nez.

-Je croyais que tu allais dormir encore longtemps comme ça, pouffa Draco. Voilà une heure qu'on attend !

-Draco ! Qu'est-ce que tu fais là ? Demanda Harry ignorant totalement Lucius qui était assis bien sagement sur un fauteuil.

-Je suis venu voir ma filleule, Potter.

-Oh ! Severus t'a mis au courant ?

-Ouais ! Et je dois dire que cette petite ne pouvait avoir un meilleur parrain qu'un Malfoy, se rengorgea le blond ce qu'approuva Lucius d'un hochement de tête.

-Vantard ! Rigola Harry en se levant en grimaçant et en se penchant au dessus du berceau. Néanmoins je suis heureux que tu acceptes, Draco, et tu as raison elle ne pouvait avoir meilleur parrain.

-Harry, fais attention ! Grogna le professeur Snape. Ne fais pas trop d'effort.

-Oui je sais, ça fait d'ailleurs un peu mal, Severus, mais je veux prendre Ambre quelques minutes je ne l'ai pas encore vue. Et puis excuse-moi d'avoir ronchonné, je ne sais pas ce qui m'a pris.

-Elle te ressemble, renifla l'homme. Un petit nez et des cheveux noirs comme les tiens.

-Les tiens aussi sont noirs, mon amour, dit avec douceur Harry qui voulait se rattraper. Qui te dit qu'ils ne tiennent pas de toi ! Moi je dis qu'elle te ressemble plus que tu ne le crois, Sev.

-J'espère qu'elle aura aussi ton caractère, Harry, se moqua Draco. Parce que le tien, hein, Severus !

-Quoi ! Qu'est-ce qu'il a mon caractère ? Je suis on ne peut plus aimable, moi !

Lucius impassible sur son fauteuil ne disait rien. Il regardait pensif le Gryffondor caresser la joue de sa fille et ses yeux s'éclairer de bonheur alors que Severus le tenait par la taille. Lucius se sentait comme un intrus dans cette scène de famille. Lui qui était si sûr de lui il y avait quelques heures à peine doutait de sa décision à présent.

Et si Harry le rejetait ! Alors il serait là comme un imbécile à attendre quoi ? Un peu d'amour, un peu de tendresse ? Ou alors de la pitié ! Non, tout mais pas ça. Lui ce qu'il veut c'est faire parti intégrante de leurs vies, il n'y aura pas de demi-mesure ce sera tout ou rien.

Le sieur Malfoy poussa un long soupir de lassitude et se leva de son fauteuil avec regret.

-Messieurs, je vous laisse, annonça-t-il. Tout le monde se porte bien et je ne vois pas de raison de m'attarder ici.

Le survivant déposa sa fille dans le petit lit avec douceur et leva la tête avec colère et rancune.

-Alors plutôt que de me donner une explication, Lucius, tu fuis encore ! Lança Harry sans trop élever la voix de peur de réveiller son ange.

L'homme stoppa, la main posée sur la poignée de la porte de l'infirmerie.

-Ce n'est pas le bon moment pour ça, Harry.

-C'est quand le bon moment pour toi ? Un mois, deux mois, quatre mois peut-être !

-Je voulais attendre que tu ailles mieux, répondit le Serpentard.

-Je vais bien, je te rappelle que je ne suis pas malade donc ça ne te dispense pas de me donner une explication sur ton départ.

-Si c'est ce que tu veux et bien soit ! Fit l'homme en faisant demi-tour et en revenant près du jeune sorcier.

-Allons faire un tour Draco, proposa le maître des potions. Laissons Harry et Lucius régler leurs problèmes entre eux.

-Bonne idée, approuva le jeune blond. Il n'est pas loin de midi et j'avoue que j'ai faim.

-Dans ce cas allons à la grande salle, le dîner sera servi sous peu et j'en profiterai pour ramener un plateau de gourmandise pour Harry.

Le jeune Gryffondor sourit en voyant les deux hommes quitter la pièce en devisant tranquillement.

-Rallonge-toi, s'il te plait, demanda Lucius. Tu ne tiens pas debout.

Le jeune homme hocha la tête en bougonnant et se recoucha dans son lit tandis que le Serpentard reprenait place dans son fauteuil en croisant ses longues jambes avec élégance.

-Vas-y je t'écoute, grommela le petit brun entre ses dents. Pourquoi tu es parti comme un voleur sans même nous en avertir à l'avance ?

-Tu avais besoin de temps pour gérer tout ça.

-Tout ça quoi ? Lucius, s'énerva Harry en jetant rageusement ses couvertures sur ses jambes.

-D'abord ta relation nouvelle avec Severus, puis le fait d'attendre un bébé, expliqua le blond. Moi je ne faisais que compliquer ta vie, tu avais besoin de temps et moi aussi.

Le jeune sorcier le regarda incrédule.

-Tu as décidé pour moi, tu ne m'as pas demandé ce que j'en pensais, moi ! Ni même ce que Severus en dirait ! Est-ce que tu crois que cela m'a fait plaisir de te voir disparaître ?

-Tu m'aurais convaincu de rester, se défendit le blond. Harry…… comprends-moi, soupira l'homme dont les yeux gris ne quittaient pas le regard vert. J'avais besoin de savoir où était ma place avec vous deux.

-Ta place est avec nous, je suis certain de ça, Serpentard mal embouché !

Lucius Malfoy haussa un sourcil et décroisa ses jambes.

-Serpentard mal embouché !

-Ben oui c'est la première chose qui m'est venue à l'esprit, avoua Harry en souriant.

-Harry, j'ai pensé pendant quelques secondes que peut-être tu ne m'aimais pas réellement, que tu avais simplement fait ça uniquement pour Severus.

-Tu t'enfonces, Lucius, et ce que tu viens de dire est horrible. Est-ce que vraiment tu me crois capable d'une telle chose ? Tu crois sincèrement que je peux être aussi vil et calculateur et faire semblant de t'apprécier pour faire plaisir à Severus ?

-Non, bien sûr que non ! Comme je te l'ai dit cette pensée ne m'a effleuré que quelques secondes, je suis………..

-Je t'aime, Lucius, avoua le garçon. Et ce que j'aurais donné à Severus je te l'aurais donné aussi, pourquoi douterais-tu de mon amour ?

-Je n'ai jamais douté de ton amour, se récria le blond. Ni de celui de Severus. Disons que je suis arrivé comme un cheveu sur la soupe, notre relation a débuté beaucoup trop vite, c'était presque incongru, comme si je n'y avais pas ma place, je me sentais de trop. Pour te dire la vérité je me sentais mal à l'aise avec ça.

-C'est vrai que tout a commencé étrangement et alors ! Si tu penses que je me préoccupe de ça alors tu te trompes complètement, et si les autres ne sont pas contents de notre relation et bien je m'en fous royalement ! Ils peuvent bien penser ce qu'ils veulent, cependant si ça te perturbe……

-Non, ricana Lucius, l'avis des autres ne m'a jamais posé de problèmes.

-Ouais ! Ça je sais, pouffa le jeune homme. Lucius……. Si tu restes avec nous, ce que je désire sois en sûr, il ne sera plus question de fuite car cette fois je ne te le pardonnerai pas.

-Je suis sûr de moi, certifia le blond en se levant de son siège. Je n'ai jamais été aussi sûr d'une chose, ajouta-t-il en s'asseyant sur le bord du lit tout en posant sa main sur celle du jeune sorcier. Et je crois que je vais te le prouver maintenant, murmura le blond avant d'être interrompu brusquement par Pompom Pomfresh qui revenait guillerette dans son infirmerie.

-Monsieur Potter, dit-elle avec un large sourire. Je vois que vous allez mieux.

Lucius Malfoy ronchonna entre ses dents et Harry lui donna une légère tape sur la main pour le faire taire.

-Oui, répondit le Gryffondor en retenant un rire alors que Lucius à côté de lui boudait comme un enfant.

-Je suis en train de remplir l'extrait de naissance de la petite avant de l'envoyer au ministère. Je voulais être sûre des noms que mademoiselle Potter doit porter, je ne tiens pas à faire un impair, ce qui serait regrettable avouez-le !

-Severus ne vous les a pas donnés ! S'étonna Harry. Pourtant nous nous sommes mis d'accord.

-Effectivement il me l'a dit, mais je voulais l'entendre de votre bouche, avoua la femme. Je ne suis pas certaine d'avoir bien saisi tous les noms de cette enfant.

-Ambre Potter Snape Malfoy, madame Pomfresh. Ma fille portera le nom de ses trois pères.

-C'était juste pour être sûre, sourit-elle. Voilà une petite fille qui a de la chance et qui va être drôlement gâtée par ses papas.

L'infirmière découvrit Ambre et passa sa baguette sur l'enfant qui avait son pouce dans sa bouche et qui le suçait allégrement.

-Quarante-trois centimètres et deux kilos trente, déclara Pompom en recouvrant le bébé. Je vois qu'elle dort toujours, je lui porterai un biberon d'eau sucré quand elle se réveillera, expliqua la brave femme. En attendant évitez de vous lever, Harry. Quand à vous, monsieur Malfoy, si vous avez un tant soit peu d'autorité sur lui, surveillez-le, il ne doit pas faire d'effort et rester allongé au moins pour le reste de la journée.

-Je le surveille, répondit Malfoy en soulevant un sourcil devant l'ordre donné. Harry ne bougera pas de ce lit aujourd'hui.

-Très bien, gronda l'infirmière faussement sévère. Je reviendrais tout à l'heure voir si tout se passe convenablement.

Harry leva les yeux au ciel, exaspéré.

-Je suis assez grand pour m'occuper de moi quand-même ! Pourquoi tout le monde me considère comme un gamin ?

-Gamin, se moqua Lucius. Non, certainement pas, chéri. Tu es devenu un homme et un sacré bel homme même si tu en doutes ! Et d'ailleurs Severus ne s'y est pas trompé, lui.

-J'ai déjà entendu cette phrase, vil flatteur ! Et tu espères t'en tirer comme ça ?

-Je connais un moyen plus intéressant de me faire pardonner, mon ange. Mais l'infirmière m'approuverait pas je le crains, en attendant je peux toujours t'embrasser, tu es à damné ainsi et comme ça je pourrais aussi te remercier pour cette superbe canne que j'ai trouvé sur mon bureau ce matin.

-Alors qu'est-ce que tu attends, le houspilla Harry. Je n'espère que ça depuis que je suis réveillé et pour la canne ça m'a fait plaisir de te l'offrir et je savais quelle allait te plaire.

L'homme aux cheveux blonds se pencha vers le Gryffondor, il l'attrapa par la nuque et ramena son visage vers le sien.

-Je t'aime, susurra Lucius Malfoy. Je n'ai plus aucun doute sur mes sentiments pour toi, je voulais que tu le saches. Je suis aussi très fier d'être un des pères de ta fille même si je sais que Severus en est le vrai géniteur, votre geste me touche beaucoup. Tu n'auras jamais à regretter ton choix je t'en fais la promesse.

Harry voulu répondre devant ce petit réquisitoire émouvant, mais devant l'exigence des lèvres de Lucius il capitula, et puis c'était tellement bon ce baiser de son blond préféré, cet imbécile lui avait tant manqué, ils avaient perdu tellement de temps.

-Hum…….j'aime le goût de ta bouche, murmura Lucius en suçotant les lèvres rougies de son amant. Ton parfum est divin.

-Ne t'arrête pas dans ce cas, je te signale que j'ai des baisers à rattraper, moi.

-Tout ce que tu veux mon ange, sourit le blond en reprenant les lèvres offertes. Le Serpentard titilla de sa langue celle de son jeune sorcier, passant ses doigts dans ses cheveux redevenus hirsutes et glissant sa main le long de son oreille pour caresser l'anneau que Lucius trouvait tout à fait à son goût et qui ajoutait un charme indéniable au Gryffondor.

-Qu'est-ce que je t'avais dit, Draco. Tu vois ils se sont réconciliés, les railla le maître des potions qui revenait de la grande salle avec le jeune Serpentard.

-Je vois, Severus, tu avais raison encore une fois je dois le reconnaître. Se moqua lui aussi le jeune sorcier blond.

-Tu veux faire quelque chose d'important pour moi, Lucius, demanda Harry. A part fustiger les deux idiots qui viennent de rentrer bien sûr et qui se moque de nous.

-Tout ce que tu veux, mon ange.

-Va prévenir Molly et Arthur Weasley qu'Ambre est née. Elle m'a fait promettre de la prévenir aussitôt que la petite serait là.

-Pourquoi ne pas envoyer un parchemin par la cheminée dans ce cas ?

-Non, je veux quelque chose de plus officiel, après tout ils sont les grands-parents de notre fille et tu feras un très bon ambassadeur, chéri.

-Dans ce cas j'y vais, mais je te préviens ils vont vouloir tous venir !

-Mais j'y compte bien, ils sont les seules personnes que je considère comme étant de la famille, s'expliqua Harry. Je veux qu'Ambre ait des grands-parents et des oncles et des tantes, moi je n'ai pas eu cette chance.

-D'accord, bougonna le blond qui n'était pas contre cette idée bien au contraire. Mais ne viens pas me dire que je ne t'aurai pas prévenu contre cette famille envahissante !

-Non je connais bien Molly, elle viendra seule et les autres suivront dans la semaine, sourit Harry attendrit. J'espère que Ron et Hermione pourront venir la voir eux aussi, je sais qu'ils sont débordés en ce moment avec les examens qui arrivent.

Lucius se leva, déposa un rapide baiser sur les lèvres attirantes de Harry et disparut de la pièce en emportant sa nouvelle canne.

Quand le blond aristocrate arriva dans le jardin des Weasley il poussa un soupir. Vraiment ! Que ne ferait-il pas pour son petit brun. Lucius souleva une de ses chaussures trempée par la pluie tombée hier et claqua la langue d'agacement. Là c'est sûr sa paire de chaussures était foutue, des chaussures Italienne en plus !

L'homme leva sa canne et l'abattit sur la porte en trois coups distincts. Deux secondes plus tard une Molly échevelée lui ouvrait, la rousse essaya de remettre un peu d'ordre dans ses cheveux en les aplatissant de ses deux mains en voyant qui était à sa porte.

-Monsieur Malfoy ! S'exclama-t-elle. Que me vaut le plaisir de votre visite ? Lui demanda-t-elle surprise de voir le Serpentard devant chez elle et de la boue plein les chaussures mais se tenant superbement droit et fier.

Digne en toute circonstance, rigola-t-elle en elle-même tout en le faisant entrer et en nettoyant ses souliers d'un coup de baguette.

-Ce n'était pas utile, madame….Weasley. Mes elfes auraient très bien pu faire ça !

-Ce n'est pas grand-chose, répliqua Molly en l'invitant à s'assoir. Et puis c'était la moindre des choses.

Le blond prit place sur une chaise et la mère de Ron fit de même.

-Je peux savoir ce qui vous amène chez moi ? S'enquit la femme alors que Lucius regardait l'intérieur de la maison et la trouvait finalement très accueillante.

-C'est Harry qui m'envoie, dit-il.

-Harry ! A-t-il des problèmes ? A-t-il besoin de moi avant la naissance du bébé ? S'affola la brave femme en s'agitant soudainement.

-Non, il m'a envoyé vous prévenir que le bébé est né.

-Il est né déjà ! Le coupa Molly Weasley. Mais il est en avance, Comment va Harry ? Et le bébé est né cette nuit ou ce matin ? Est-ce que tout c'est bien passé ? C'est une fille ou un garçon ? Débita-t-elle d'une traite.

-Ils vont parfaitement bien tous les deux, la rassura le blond en haussant le ton pour la faire taire. Pour l'instant Harry se repose, et la petite est un ange, sourit Lucius.

-C'est une fille ! Alors Harry doit être heureux, cependant s'il dort je ne devrais peut-être pas y aller.

Lucius Malfoy expira et prononça des paroles qu'il n'aurait jamais cru prononcer.

-Permettez-moi de vous dire qu'Harry sera déçu si vous ne venez pas, après tout il m'a fait justement remarquer que vous étiez la grand-mère d'Ambre et que votre présence était nécessaire.

Molly laissa échapper deux larmes tout en exhibant un sourire heureux.

-C'est vrai, dit-elle en essuyant ses yeux avec le bas de son tablier. Je suis une grand-mère maintenant. Me laissez-vous dix minutes pour me changer, monsieur Malfoy. Ainsi je pourrais vous accompagner à Poudlard.

-Je vous en prie allez-y, opina l'homme aimable et heureux que la mère des rouquins vienne seule. De toute façon je retournais auprès d'Harry et de Severus pour le reste de la journée.

-Oh ! Dans ce cas alors ! S'exclama-t-elle en disparaissant dans les escaliers biscornus et en se précipitant vers sa chambre pour se revêtir plus convenablement.

Lucius pendant ce temps eut tout le loisir de détailler l'intérieur de la maison, il vit la vaisselle se faire toute seule et une brosse se remuer énergiquement pour récurer un plat récalcitrant. Il vit aussi un chiffon faire la chasse aux poussières efficacement et le balai nettoyer un sol au carrelage de terre cuite. Il devait faire bon vivre dans cet endroit même s'il déplorait l'absence d'elfes de maison. Cette demeure respirait la joie de vivre malgré le manque de confort et de luxe.

-Je suis prête ! Cria la femme en le rejoignant. Juste le temps d'envoyer un mot à Arthur et un autre à Ron pour les avertir de cette bonne nouvelle.

Quand les deux parchemins furent écrits et envoyés, Molly Weasley et Lucius Malfoy disparurent de la maison.