Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi ;,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic

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LA COMMUNAUTÉ DES ELFES

Chapitre Vingt neuf – Tout assassin tue ceux qu'il aime

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Legolas marchait seul, au devant de la file sombre que formait la communauté dans la nuit. Par chance les nuages s'étaient quelque peu dégagés et de temps à autre, la lune apparaissait, éclairant de ses rayons bleutés la neige autour d'eux. Ils avaient froid, étaient las, aussi bien physiquement que nerveusement, mais serraient les dents. Car s'ils avaient commencé à parler, immanquablement, il n'y aurait qu'UN sujet de discussion.

Non pas l'anneau unique, non pas le grand seigneur sombre Sauron...

Mais l'elfe qui était parti en éclaireur loin devant eux, comme s'il ne se sentait déjà plus de leur groupe. Ils voyaient son attitude non pas comme quelqu'un prenant des distances pour deviner bien à l'avance les dangers et embuscades qui les attendaient, mais plutôt, quelqu'un qui avait décidé de se trouver le moins possible mêlé à eux.

Aragorn ressentait la tension, presque palpable dans l'air. Mais au lieu d'être dispersée dans tous les sens comme à l'habitude, elle se canalisait sur l'elfe. Il se doutait que ce dernier devait le sentir, et que cela ne devait pas vraiment aider à son moral. Il n'aimait pas le voir marcher si loin devant et seul. Que se passerait-il s'il avait de nouveau un rêve éveillé, et tombait par delà le rebord de la falaise, sans même s'en rendre compte ?

Ou même, que se passerait-il s'il voyait réellement des ennemis. Le ranger était prêt à parier que lorsqu'il lancerait l'alerte, nombre de gens de la communauté ne feraient que soulever un sourcil sceptique, pensant qu'il s'agissait à nouveau d'une fausse alerte.

Quand Legolas avait émis le souhait de marcher pour se changer les idées, laissant Boromir et Aragorn seuls derrière lui, l'humain blond s'était penché vers le ranger et lui avait parlé d'une voix ferme, où l'on trouvait une étrange pointe d'autorité qui avait rappelé à Aragorn que Boromir avait l'habitude de commander les armées du Gondor sur le terrain, tandis que lui furetait dans les terres du milieu, sous l'apparence habituelle d'un ranger ou d'un mendiant.

"Il n'est plus question qu'il fasse une seule veille de garde, tu m'entends Aragorn ? "

Aragorn était demeuré silencieux. Lui aussi s'inquiétait pour Legolas. Quatre jours et quatre nuits sans se reposer lui avaient fait atteindre ses limites. Il fut surpris que Boromir s'inquiétât aussi de la santé de l'elfe, jusqu'à ce que le gondorien continue sa phrase : " Dans son état, il nous met tous en danger. Aucun de nous n'acceptera de remettre son sommeil et sa vie entre ses mains".

Et voilà.

Ce n'était pas de l'inquiétude. Pas de l'inquiétude pour l'elfe. Juste pour eux tous... Le coin de ses lèvres avait prit un léger pli de mépris alors que son regard gris était devenu plus dur. Il avait été à deux doigts de laisser sortir une phrase blessante pour le guerrier blond quand une voix avait éclaté, amère, du fond de son esprit.

'Combien de temps vas-tu encore défendre l'elfe et te mettre le reste de la communauté à dos ?'. Aragorn avait serré les mâchoires pour chasser cette voix, en vain.

Le gondorien n'avait pas paru se rendre compte des pensées qui s'affichaient sur le visage du ranger, car il avait reprit de la même voix semi autoritaire : " Et il faut qu'il dorme ! On sait maintenant que ce n'est pas parce qu'il reste éveillé qu'il évite les crises. "

Aragorn avait eu un sourire ironique. " Je ne crois pas qu'il acceptera de s'endormir, Boromir. Vu ce dont il rêve, son esprit va se heurter à cette idée. Dans son état actuel, il n'arrivera jamais à s'endormir..."

" Et il rêve de quoi, exactement ? ", avait alors demandé Boromir d'un ton exaspéré. Aragorn avait un instant oublié qu'il n'était pas dans la confidence et le regarda comme si c'était un enfant attardé, puis se souvenant, il haussa simplement les épaules.

" De la fin du monde...". Comment mieux résumer le rêve de Legolas alors que ce dernier lui-même de n'y retrouvait pas ?

Au regard que lui jeta l'homme aux cheveux blonds foncés, Aragorn sut qu'il n'avait pas fait que murmurer ces mots. Il pâlit légèrement, le gondorien jeta un regard dans la direction que l'elfe avait prise, avec un reniflement presque dédaigneux, comme si le concept était trop vaste pour être pris au sérieux.

" On va l'aider à s'endormir! ", avait dit Boromir après une seconde de silence. Pendant un instant, Aragorn n'avait plus vu en lui quelqu'un qui sournoisement tournoyait autour de l'anneau, mais quelqu'un qui avait décidé de prendre la survie de leur groupe en main. "Je pense que tous ensemble, on va lui trouver un moyen", avait-il conclu avant de rejoindre le reste du groupe d'un pas décidé, laissant le ranger derrière lui empli de pensées et de doutes concernant le bien fondé de ce que Boromir avait sous-entendu. Il s'était dit qu'il resterait à proximité de l'elfe, au cas où «l'aider» signifierait "l'assommer", "l'empoisonner", ou autres réjouissances de ce style.

Et loin vers l'avant, Legolas marchait seul dans la neige. Il n'entendait pas ce qui se disait derrière lui, et en était soulagé. Il pressentait qu'il devait être le centre d'une conversation pas très amicale, mais préférait se concentrer sur tout ce qu'il voyait, testant leur réalité par rapport à ce qu'il était censé voir. Il avait l'impression d'avancer dans un doux coton, sous l'eau, les sons lui parvenant parfois de manière claire, parfois de manière étouffée. Il secouait parfois la tête, brutalement, pour clarifier ses idées. Il devait se répéter sans cesse où il était, avec qui, et dans quel but, afin de ne plus prendre ses rêves éveillés pour la réalité. Essayer, du moins.

Il avait réalisé une chose : après quatre jours et nuits sans repos, n'importe quoi pouvait paraître possible. N'importe quoi !

De temps en temps, il devait faire un arrêt. Non pas pour scruter quelque danger caché derrière un tournant, ou pour examiner une trace sur le sol, comme les autres auraient pu le songer, de loin, mais pour reprendre son souffle, ou pour se faire arrêter le tournis nauséeux qui le prenait parfois avec une violence incroyable. Son cœur cognait avec une force de titan dans sa poitrine, lui donnant l'impression de trembler à chacune des incroyables pulsations. Parfois, quand il avait dépassé un tournant, ou un amas rocheux et se retrouvait masqué du reste du groupe, il s'asseyait quelques minutes au sol, et tentait de se calmer. Mais pas trop ! Il craignait qu'une inactivité trop longue ne le fasse tomber endormi sans qu'il s'en rende compte. Parfois, pour se réveiller totalement et se clarifier les idées, il se frictionnait vigoureusement le visage avec de la neige qu'il ramassait par terre.

Aragorn vit ce geste, même de loin, et en comprit la signification ; et une pointe d'inquiétude vint se rajouter à la pelote d'épingles qui siégeait déjà en son cœur. Boromir avait raison, il fallait que Legolas dorme. De gré ou de force ! Les derniers événements venaient de prouver que demeurer éveillé pour lui n'apportait pas la solution désirée, mais plutôt une ribambelle d'inconvénients. Il pressa le pas vers l'elfe qui venait de disparaître à sa vue après un tournant derrière un pan rocheux.

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Legolas avança avec la précaution habituelle des éclaireur, s'attendant à tout moment à ce qu'un ennemi lui tombe dessus de l'autre côté de chaque tournant, mais une fois encore, il n'y avait rien ici, que de la neige et du roc. Il leva les yeux vers le pan rocheux près de lui, un long rocher dressé contre le mur de la montagne. Ecartant une mèche de ses yeux fatigués, il eut l'impression que la nature avait donné une touche animale à ce minéral inerte. D'une certaine façon, on aurait presque pu dire qu'il s'agissait d'un ours grossièrement taillé dans la pierre, levé sur ses pattes arrière, les coudes repliés, les paumes face à l'horizon, et regardant ce dernier d'un air pensif. Bien entendu, si Dame Nature avait effectivement voulu donner une allure d'ours à cette pierre, elle avait eu la main plus que maladroite...

Legolas se donna une claque mentalement. Surveiller la piste, veiller à ce que nulle embuscade ne les attende, surtout après l'attaque de Saruman. On pouvait s'attendre à n'importe quoi. Pas la peine de se mettre à rêvasser sur la forme d'un rocher ou d'un autre. Surtout dans son état de fatigue où n'importe quoi pouvait prendre une ampleur incalculée, pour peu que l'esprit s'y prêtât un peu trop.

L'elfe passa une main sur le "ventre" du rocher-ours. Il y avait là des traces de mousses. Pas de doute, on se rapprochait de la vallée. Au moins une bonne nouvelle qui revigorerait la Communauté. Et le poney pourrait se repaître un peu... L'archer dépassa le rocher, et s'engagea sur le chemin enneigé guère plus large que quatre pas, se dirigeant vers un autre rocher qui marquait le prochain tournant. Involontairement, Legolas trouva pour ce second rocher une autre forme animale, quelque sorte de gros canidé endormi en boule dans la neige. Il secoua sa tête, tentant de se concentrer sur ce qu'il était supposé accomplir.

Sa main touchait le plan rocheux de la montagne, laissant une trace là où ses doigts retiraient un peu de neige. Il voulait être certain de garder son équilibre et de ne pas se tordre la cheville ou de basculer dans le vide sur sa gauche. Il ne pouvait nier le vertige léger qui le prenait et le faisait tanguer parfois. Il se disait par moment que si quelqu'un l'avait accompagné en éclaireur, il aurait eu moins tendance à laisser ses pensées vagabonder, et aurait été plus attentif. Mais si quelqu'un avait été avec lui en ce moment, il aurait pu voir la dégradation mentale continue qu'il devait être en train d'exhiber. Il serra les dents devant cette évidence de faiblesse.

"Legolas Greenleaf ?"

Legolas se figea, avec l'impression que son cœur cessait de battre et que son sang gelait dans ses veines. Cette voix, ce timbre neutre, il la connaissait. Il aurait pu la reconnaître entre mille. Il leva une main, saisit une de ses dagues, rangée contre le carquois près de son épaule, et se retourna.

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Frodon avançait par automatisme, les pieds gelés. Il avait cessé de regarder vers où ils allaient, se contentant de faire pas après pas dans les traces des autres devant lui, avec la vague notion que si tout le monde faisait pareil, et que le premier de file venait à avoir des idées suicidaires et marchaient vers le vide, tout le monde se retrouverait quelques dizaines voire centaines de mètres plus bas avant de s'être rendus compte de quoi que ce soit.

Puis il se corrigea. Le seul de leur groupe qui aurait pu avoir de telles pensées, marchait sur la neige loin devant, et sans y laisser de traces. Ou, s'il laissait des traces, elles ne lui sautaient pas aux yeux. Peut-être que pour quelqu'un d'expérimenté comme Aragorn, elles étaient plus évidentes, qui sait...

Il leva les yeux vers le ranger et le vit qui avançait en tête de file. L'elfe n'était visible nulle part. Ou il était encore plus à l'avant, ou il s'était finalement jeté dans le vide et bon débarras. C'était bien qu'Aragorn soit parti vers l'avant. C'était probablement, de l'avis de tous, leur seul et véritable éclaireur. Qui ferait confiance à un elfe incapable de faire la différence entre ses illusions et la réalité ? Boromir avait sous-entendu qu'une bonne nuit de sommeil pourrait arranger son état, mais Frodon en doutait.

'Ou plutôt, tu ne le souhaites pas, n'est-ce pas ?', dit une petite voix au fond de son esprit. Frodon fronça les sourcils.

'Pourquoi je ne le souhaiterais pas ?', demanda-t-il sur le même mode.

'Parce que si l'elfe tombe', répondit la voix, 'Aragorn n'aura plus l'attention détournée, et tu redeviendras le seul pour qui il se bat... Comme autrefois, quand vous aviez quitté Bree, pour Rivendell...'

'Mais je ne souhaite pas la mort de l'elfe !', répondit Frodon en pensée avec une pointe de révolte, même si c'était plutôt l'idée qu'il ait pu avoir une telle pensée, plutôt que l'éventualité de la mort elle-même, qui le tourmentait.

'De toute façon', repris la voix avec l'équivalent sonore d'un haussement d'épaules, 'd'ici peu vous arriverez à la Moria. Si l'elfe ne vous a pas quitté d'une manière ou d'une autre avant, il cessera d'être des vôtres à ce moment précis'.

'Et Aragorn pourra enfin redevenir l'ami aidant et protecteur qu'il a été pour moi autrefois', acheva Frodon avec un léger sourire qui passa inaperçu pour ses compagnons directs, occupés qu'ils étaient à tenir debout et à s'éviter de se prendre les pieds pour s'étaler dans la neige.

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Legolas regardait le chemin qu'il venait de parcourir depuis le tournant du rocher-ours. Il n'y avait personne. D'un certain côté, c'était rassurant, car il n'aurait pour rien au monde voulu se retrouver nez à nez avec le propriétaire de cette voix. Cela n'avait été qu'une illusion. Très réelle, mais une illusion quand même. Finalement, il était heureux que personne de la communauté n'ait été en train de marcher à ces côtés en cet instant. Qu'aurait pensé son compagnon de route ?

Un ricanement se fit entendre près de son oreille droite.

"Bien piètre représentant de ta race que tu fais !"

Legolas se retourna à nouveau sur lui-même, persuadé que son frère Odúrin serait à ses côtés, tellement la voix était réelle ici aussi. Mais à nouveau, aucun être vivant ne se tenait debout sur la piste blanche. Seul le vent, qui poussait quelques cristaux de neige, créait un mouvement en cet endroit. L'elfe déglutit, mal à l'aise.

"Tu es parti avec la Communauté pour fuir Mirkwood". Legolas tressaillit à la voix de son père, mais quand il se retourna, nulle personne non plus ne se tenait. Malgré tout la voix continua, semblant venir de partout et de nulle part à la fois, avec un écho qui aurait du rassurer Legolas pour son côté irréel, mais qui l'effrayait bien plus, de par son côté sinistre. " Mais tu ne pourras m'échapper longtemps. Nous te retrouverons, et tu seras enfermé à nouveau".

Legolas jeta des coups d'œil dans toutes les directions, même en hauteur, sans trouver âme qui vive. Seuls quelques nuages planaient paresseusement au dessus de lui, teintés du rose de l'aube imminente, certain faisant vaguement penser à des oiseaux. Difformes, gigantesques...

"... a des espions partout"

La voix de Gandalf cette fois. Legolas se retourna, la logique lui disant que cette voix était le plus probable de toutes les voix qu'il venait d'entendre. Mais une fois encore, il réalisa qu'il était seul sur la piste blanche. Il fut pris d'un vertige et d'une légère nausée et du s'appuyer plus fort contre le pan rocheux de la montagne. Il ferma les yeux, attendant que son haut-le-cœur passe.

"... ils planent en l'air, il faut se cacher"

Il ouvrit les yeux mais ne regarda pas devant lui. C'était la voix de la petite fille aux cheveux rouges. Et si elle était réellement là, si en levant les yeux il la voyait face à lui, ça voudrait dire qu'il s'était endormi en voulant simplement faire passer une vague nausée. Avant qu'il ne relève la tête pourtant, la voix de Gandalf se fit à nouveau entendre :

" J'ai vu planer ... nous devons voyager de nuit"

Il releva les yeux, toujours soucieux que cette fois, Gandalf fut réellement là. Mais le vieux magicien n'était pas là. Personne ne se trouvait face à lui. Mais alors, il sentit une présence dans son dos.

"De jour il faut se cacher, tu peux sortir la nuit, mais tu dois quand même faire attention... Certains d'entre eux voient dans le noir"

"Kyrieh ! ", il se retourna, un sourire involontaire sur les lèvres, espérant vraiment que la femme humaine fut là. Dans ses cauchemars, elle était là, telle une mère, pour l'aider, le rassurer, le protéger. Cette fois encore, elle le tirerait de ce mauvais pas.

Mais en ne découvrant personne derrière lui, la solitude ne fut plus la seule à lui enserrer le cœur. L'angoisse venait également d'arriver. Il était seul face à ses démons. Personne pour l'aider... L'angoisse s'installa confortablement quand il eut l'impression d'une ombre fugitive à la périphérie de son champ de vision. La voix d'Odúrin sembla si proche qu'il eut l'impression de sentir son souffle contre son oreille droite.

"Petit frère, tu finiras par voir dans les ténèbres, mais seule les pierres seront ton paysage".

Il n'osait pas se retourner vers son frère. Que ferait-il s'il était réellement là. Battrait-il en retraite sous la frayeur ? Ou lui sauterait-il à la gorge, afin de se venger de ces siècles de souffrance et de brimades ?

Aurait-il un jour ce courage, se demandait-il.

Il essayait d'empêcher un gémissement de sortir de sa gorge quand une voix plus jeune se fit entendre sur sa gauche, claire, enfantine. «Viens, je vais te montrer quelque chose».

Il se tourna vers l'origine de la voix, et il lui sembla, dans sa vision trouble, voir une silhouette tremblotante, avant que la voix de Gimli ne résonne à ses oreilles.

"Vous avez l'air d'un cinglé, maître elfe"

Une fois encore, l'archer se tourna vivement dans la direction d'où il était venu, s'attendant réellement à voir le nain de la Communauté, et peut-être Boromir, tiens oui... L'humain blond avait le don d'arriver quand il ne fallait pas ! Mais une fois encore, il n'y avait personne d'autre que lui de vivant sur cette portion du chemin.

"Je suis peut-être cinglé ! ", sa propre voix. L'avait-il dit tout haut, ou était-ce le souvenir de quelque chose qu'il avait réellement répondu au nain ? Probablement les deux...

"Promets moi d'être heureux..."

Il eut un faible sourire. Kyrieh, qui autrefois dans ses cauchemars, avait toujours été là pour l'aider, le soutenir... Comment pouvait-il respecter cette promesse dans de telles circonstances ? Comment pouvait-il être heureux ? Comment, alors que les voix du passé et les voix de ses rêves venaient sans cesse le tourmenter ?

"Viens avec moi si tu veux vivre". La voix de la petite fille, comme une réponse à sa question. Devait-il la suivre pour quitter la torture que ce monde avait encore en réserve pour lui ?

"Viens avec moi si tu veux vivre". Les mêmes mots, mais cette fois, prononcés par Kyrieh. Il fronça les yeux face à tant de similitude avec ce que l'enfant lui avait dit avant l'arrivée de la vague de feu. Comment cela pouvait-il être possible ?

'Toutes deux ont des cheveux rouges...'. Il se sentit sur le point de faire une découverte phénoménale quand une autre voix se fit dans son esprit.

"Tout cela n'était qu'un rêve..."

Il mit du temps à retrouver l'auteur de ses paroles.

Lyrandael.

Le capitaine de la garde de son père. Dans ses souvenirs liés à Kyrieh, il était l'un des elfes qui étaient venu le chercher.

(Où ça ?)

Il avait l'impression que le lieu était important.

"Au Mordor... Dans les flammes de Mount Doom, nous avons du le jeter."

C'était à nouveau sa propre voix. Au Mordor ? Mais c'est là qu'ils étaient censés aller, tous ensemble, pour jeter l'anneau de Sauron.

Mais c'était là aussi qu'il avait été avec Kyrieh. Pour y jeter quelque chose... Il serra les dents et ferma les yeux avec force pour se souvenir des détails. Lyrandael lui avait dit que tout n'avait été qu'un rêve, car l'enfant avait le souvenir que les elfes de Mirkwood étaient venu le chercher au Mordor, alors qu'il...

Alors qu'il y était parti avec Kyrieh pour détruire...

Détruire quelque chose qui ne pouvait pas l'être par des armes.

Legolas Greenleaf ?'

Lui ! L'humain blond qui ne mourrait pas ! C'était pour le protéger de cet homme que Kyrieh était venue à lui. Et quand la menace avait été éliminée, les elfes de Mirkwood, menés par Lyrandael, étaient venu le chercher et l'avait ramené à Mirkwood.

'Lyrandael, est-ce qu'on pourrait aller un peu moins vite ? J'ai peur que Kyrieh ne puisse nous rattraper'. Sa propre voix, enfantine. 'J'ai oublié de lui dire... que je l'aime beaucoup...'

"Mais tout cela n'était qu'un rêve, Legolas...". La voix du capitaine, coupant plus tard court à toute discussion. Ainsi, rien n'était réel. Il l'avait questionné à plusieurs reprises, mais avait toujours obtenu le même type de réponse, que ce soit de Lyrandael, que des gardes qui l'accompagnaient dans ses souvenirs. Aucun ne semblait se souvenir d'être allé au Mordor pour récupérer le prince fugitif. Mais tous avaient semblés d'accord pour dire qu'il avait du rêver ça pendant qu'il était enfermé dans les cachots de Mirkwood.

"Pour avoir bravé mes ordres et avoir défendu des humains...", la voix de son père.

"Nous passerons par les mines", la voix de Frodon, semblant compléter la sentence du roi Thranduil.

"Non, père, pas sous la terre ! ", sa propre voix, enfantine.

"Cesse donc ces enfantillages ! ", la voix de Boromir, moqueuse et suffisante.

"Tu es maudit ! Maudit !". Cette voix féminine semblait venir de loin, en échos aux autres qui se pressaient et hurlaient à ses oreilles. Il eut l'image fugitive d'une femme vêtue de peau de bêtes et tenant un enfant inerte dans ses bras avant que la voix de Frodon ne revienne : "Tu es un monstres des valars".

Suivie par la voix de Boromir : "Tu vas complètement perdre l'esprit".

Il fut pris d'un léger rire hystérique, serrant les bras contre lui, alors qu'une voix calme - la seule - en lui tentait de le rassurer, de lui dire que les voix qu'il entendait n'étaient pas vraiment là, que c'était son esprit fatigué qui les imaginait.

'Ce ne sont que des voix du passé, ou des voix venues de tes rêves ou de tes cauchemars. Elles cherchent juste à se faire entendre, mais elles ne peuvent pas te faire de mal. Peut-être est-il temps d'utiliser le journal que t'a remis Gandalf pour mettre un peu d'ordre dans tout cela'

Mais à tout moment, les voix revenaient, bruyantes et se chevauchant, étouffant la voix sage qui tenait de l'apaiser. La voix d'Odúrin se fit à nouveau entendre près de son oreille, et cette fois, il eut la nette impression de voir quelqu'un se tenir à ses côtés. Seule la peur l'empêcha de se retourner vers son frère.

"-- de la part de Père. Sois attentif à ce qu'il dit, qu'il n'ait pas à discourir deux fois. Tu le connais... Tu sais où tu iras s'il doit se répéter, n'est-ce pas ?'

"Dans le cachot sous la terre...". Legolas frissonna, ne sachant s'il avait prononcé ces mots tout haut. La voix de son frère s'éloigna et se tut. D'autres voix retentirent encore autour de lui, certaines faibles comme autant d'échos désincarnés venus du fond d'un long hall obscur, d'autres plus fortes, le faisant presque sursauter tant elles semblaient réelles et lourdes de menaces. L'une d'elles retint plus son attention que les autres, les éclipsant d'une certaine manière. C'était la voix de son père, acide, autoritaire avec la pointe de cruauté qu'il réservait habituellement au plus jeune de ses fils.

"TUE-LES!". C'était dit avec une telle force que Legolas sursauta, s'attendant à trouver le grand elfe aux cheveux noirs pile derrière lui. Il n'osa pas se retourner, les sentiments de terreur totale se bousculant en son cœur avec ceux de haine pure. "Il faut les tuer, Laegolassië", continua la voix de son père décomposant son nom, non par marque de respect, mais avec la condescendance d'un professeur tentant d'inculquer une leçon simple à un élève limité lui faisant honte. "Tu es un assassin. Les valars t'ont gratifié du don de tuer. Tu n'excelleras dans ce domaine que si tu souffres. Car tout assassin tue ceux qu'il aime. Ainsi ils connaissent la voie de la libération de l'esprit. De toute façon, ils n'arrêteront jamais de conspirer contre toi, d'essayer de t'étouffer, de te faire sombrer. A la minute où je te parle, ils se disent que tu es un fardeau, tes rêves ne les intéressent pas. Tout ce qu'ils veulent, c'est leur propre bien-être. Mais qui les en blâmerait ?"

Ainsi son père, qu'il avait fuit en se joignant à la Communauté de l'anneau, et en risquant sa vie de ce fait, arrivait à venir le tourmenter malgré les centaines de kilomètres de distance. Il aurait presque pleuré devant tant d'injustice! "Ce monde va être bientôt détruit ! ", répondit Legolas, les poings serrés, sans se retourner vers son père. "Je le sais, je l'ai vu en rêve! "

"Mais aucun d'eux ne te croit". La voix de son frère. "Cela fait de toi un fou."

Legolas serra encore plus les dents, sentant son frère se déplacer, et arriver à sa gauche, croiser ses bras, avec un petit ricanement bref. "Tu es parti avec la communauté de l'anneau pour être libre ? Mais tu es encore plus fou qu'avant ! "

'Promets moi d'être heureux, Legolas'

'Tout cela n'était qu'un rêve, Legolas...'

"Pourquoi attacher autant d'importance à des mortels ? ", la voix de son père à nouveau. "Tu veux être libre ? Alors tue-les ! Il faut les tuer, Laegolassië. Tu es un assassin. Les valars t'ont gratifié du don de tuer. Tu n'excelleras dans ce domaine que si tu souffres. Car tout assassin tue ceux qu'il aime. Ainsi ils connaissent la voie de la libération de -- "

"TAIS-TOI !". Legolas avait fermé les yeux et pressé les mains sur ses oreilles alors qu'il hurlait à plein poumon, le vertige menaçant de le submerger à tout instant. "VA-T-EN ! ALLEZ VOUS EN TOUS ! JE NE LES TUERAI PAS ! VOUS N'ETES QUE DES VOIX DANS MA TÊTE ! "

Il entendit un craquement et ouvrit brusquement les yeux, craignant une avalanche provoquée par son hurlement, ou pire, un membre de la communauté qui aurait surgit à ce moment là et aurait assisté à une étape supplémentaire de la dégradation de sa santé mentale. Mais il n'y avait personne devant lui. Il jeta un coup d'œil vers le sommet du pan de montagne, où seuls les nuages en forme d'oiseaux doux et gigantesques teinté des premières lueurs de l'aube le survolaient ; il jeta un regard vers la piste blanche derrière lui, vers le rocher en forme d'ours, le dos arqué comme s'il s'apprêtait à déguster quelque poisson dans une rivière gelée. Tout était exactement comme avant. Il n'y avait plus personne ici. Tout était revenu à la normale, et il explosa d'un rire hystérique, soulagé en quelque sorte.

'Tu es soulagé ? Mais alors pourquoi tes cheveux se hérissent-ils ainsi sur ta nuque ?'

Le rire de Legolas mourut dans sa gorge et l'elfe chassa rageusement cette voix qui voulait semer le doute en lui. Tout allait bien, personne n'avait apparemment entendu ses cris ou vu le spectacle qu'il venait de donner. Il avança un peu tentant de récupérer totalement son équilibre, mais le bruit de ses pas dans la neige lui sembla anormalement sonore, presque comme autant de roulements de tonnerre. Sa respiration ralentit alors qu'il avait l'impression que ses jambes et ses bras étaient devenus aussi lourds et raides que du métal, et qu'une bulle d'acidité venait d'éclater dans son estomac pour étendre ses pseudopodes brûlants le long de sa gorge.

Et serrer...

C'était les rochers ! Il y avait quelque chose qui n'allait pas avec ces maudits rochers ! Et c'était tellement gros, tellement évident, tellement... simple, qu'il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus !

'Allons', lui murmura une voix chaude et rassurante aux accents d'Aragorn. 'Tu viens de passer près d'eux, tu aurais du voir si quelque chose clochait. Ca ne doit pas -- '

Non ! C'était bien ça ! C'était VRAIMENT ça !

Legolas en eut le souffle coupé. C'était si simple... !

Le rocher-ours était à quatre pattes, en train de déguster un poisson alors que deux minutes auparavant, il était dressé sur ses deux pattes de derrière, à regarder l'horizon. Il en était sur car il avait regardé l'état de la mousse sur son 'ventre'.

Il se tourna vers l'autre rocher, avant le prochain tournant. Quand il l'avait vu pour la première fois, il avait eu l'impression de voir un grand loup ou un warg, dormant paisiblement dans la neige, en boule, le museau sous les pattes avant, comme pour se protéger du froid. Maintenant, sa tête était relevée, les oreilles dressées, l'air d'humer le vent dans la direction de l'elfe.

'Ce n'est qu'une hallucination... Rien qu'une hallucination !'

Legolas ferma brusquement les yeux, et avec force, prenant une profonde inspiration gelée, espérant qu'une fois encore, tout redeviendrait à la normale et que les rochers animaux auraient repris leurs formes initiales, mais il n'en fut rien. Il laissa échapper une sourde complainte.

'Tu es parti avec la communauté de l'anneau pour être libre...', la voix d'Odúrin, à nouveau à son oreille ; et à nouveau Legolas ne se retourna pas, de crainte de voir que cette fois son frère était réellement à ses côtés. 'Mais tu es encore plus fou qu'avant !'

Mais alors qu'il regardait plus attentivement les rochers, l'un après l'autre, il note d'autres changements, survenus probablement alors qu'il avait les yeux fermés. L'ours avait dédaigné le poisson et avait commencé à faire un pas dans sa direction. Le warg s'était à demi redressé et avait entrouvert une gueule où des cailloux pointus pouvaient faire office de crocs. Dans certaines fissures de la roche, Legolas crut y distinguer des yeux. Froids, méthodiques, calculateurs.

'Quand tu veux t'en sortir et que tu as l'impression d'en être prisonnier... Ferme les yeux et compte jusque cinq... Quelque fois, ça marche...'

C'était une des paroles que Kyrieh avait autrefois prononcées. L'ironie était que – si ce que Lyrandael avait dit était vrai – la solution pour lutter contre un cauchemar avait été émise depuis un rêve.

Et comme ce que Kyrieh avait conseillé, il ferma les yeux et commença à compter.

UN !

La peur était en son ventre. Cette sorte de mantra ne fonctionnait peut-être que si l'on y croyait.

DEUX !

Mais alors, s'il doutait, peut-être que ça ne fonctionnerait pas. Peut-être que les monstres de ses cauchemars l'atteindraient réellement.

TROIS !

Il entendit un craquement dans la neige, tout proche, et ouvrit les yeux. Le warg face à lui avait avancé et n'était plus qu'à 5 mètres de lui, et – bien qu'immobilisé dans son mouvement, telle la statue de pierre qu'il était – il semblait trotter, les hanches inclinées, un membre antérieur rejeté en arrière, une patte avant tendue, des pointes de cailloux-griffes apparentes.

Il y eut un bruit sourd derrière lui et il se retourna pour voir que l'ours s'était lui aussi rapproché et que son énorme tête touchait presque le sol, rentrée dans ses épaules, comme s'il s'apprêtait à charger.

Dans un rire à la limite de l'hystérie, Legolas dut revoir son jugement. Ces animaux n'étaient pas grossièrement taillés dans la roche. Ils étaient plutôt des sculptures de bonne qualité, et à chaque pas, ils semblaient s'améliorer! Il remarqua que les deux animaux lui barraient le passage de chaque côté. Le pan rocheux de la montagne dans son dos et le précipice devant lui ne lui laissaient guère de solution.

'Tu sais comment ça va se terminer ?'. Une voix semblable à celle d'Odúrin se fit alors entendre à l'arrière de son esprit. 'Les deux animaux vont bondir sur toi, te déchiqueter et se repaître de tes entrailles.'

Une vague notion de métabolisme de ces animaux de pierre traversa l'esprit de l'elfe. Ils ne pourraient probablement pas digérer de la matière organique, et en auraient des aigreurs d'estomac. Bien maigre consolation. L'archer regardait tour à tour l'ours et le warg, tout en reculant vers le pan rocheux, notant les différences de moins en moins subtiles qui arrivaient en ces animaux-rochers.

'Ils bougent quand tu ne les regardes pas !'

Brillante découverte ! Mais pris entre deux feux, il ne pouvait les regarder tous les deux en même temps, et s'il surveillait l'un d'eux, l'autre en profitait pour s'avancer et gagner en qualité d'apparence. Il se retourna vers le warg qui n'était plus qu'à trois mètres de lui. Il lui sembla que les poils de la bête avaient commencé à se hérisser sur son dos, comme autant de minuscules stalagmites pointus. Il lui semblait entendre un grondement sourd dans la gorge de l'animal. L'animal avait aussi gagné en musculature, étant plus solidement bâti que quelques secondes auparavant. D'instinct l'archer lâcha la dague qu'il tenait toujours en main, arma son arc et décocha une flèche vers l'animal.

La flèche rebondit sur la peau de roche de l'assaillant, atterrissant dans la neige non loin, mais Legolas avait déjà armé son arc et fait face à l'ours de pierre qui s'était également approché, fendant la neige comme un véritable ours l'aurait fait d'un étang. Il décocha sa flèche ne s'attendant pas à plus de succès qu'avec le warg. La flèche fit un ricochet sur l'épaule caillouteuse de l'ours et acheva sa course dans le précipice.

Legolas se retourna vers le warg, qui s'était encore rapproché. Il n'était plus qu'à deux mètres de lui et ses muscles semblaient tendus, prêts à se déchirer sous l'effort, les poils de roche étaient totalement hérissés et son museau plissé laissait voir d'énormes crocs de pierre. Ses deux yeux semblaient aussi brûlants que deux braises.

Legolas faillit hurler lorsque son dos heurta le pan rocheux et il leva instinctivement les yeux.

Son souffle s'arrêta.

Les oiseaux-nuages doux et cotonneux, ce n'était plus des oiseaux ! L'un des nuages avait aussi changé d'apparence, donnant plutôt dans la forme d'un petit dragon, qui gagnait en solidité et en texture à chaque instant. Un petit dragon... Ou une wyverne !

Legolas reporta son attention sur l'ours, puis le warg, qui s'étaient encore rapprochés. Des grognements s'échappaient de leurs gueules béantes, l'ours avait toujours la tête baissée, les épaules bosselées par des muscles puissamment noués. Mais leurs grondements furent noyés par le rugissement qui vint d'au-dessus d'eux. Legolas leva les yeux et vit que la wyverne était désormais totalement recouverte de métal sur lequel se reflétaient les premiers rayons du soleil. Elle planait là, confiante, terrifiante.

'Le soleil se lève, il faut trouver un abri pour toute la communauté', fut sa pensée réflexe.

'Qu'importe, ils nous ont déjà trouvés !'

'L'ours à ta gauche, le warg à ta droite, la wyverne au-dessus de toi, la roche dans ton dos... il ne te reste guère que le précipice devant toi comme solution...'

La wyverne se pencha vers lui, et son rugissement redoubla alors qu'elle s'apprêtait à fondre sur lui comme un oiseau de proie. L'elfe entendit sur sa droite le bruit d'une croûte de glace qui craque sous l'effet d'un puissant bond.

Le précipice pouvait le libérer. De bien des souffrances, en fait...

Mais la peur et la rage l'emportèrent sur toutes autres réflexions et prirent le contrôle de son corps. Sans y réfléchir, mût par un pur réflexe qui allait au-delà de sa pensée, Legolas vit sa main lâcher l'arc, et remonter rapidement vers son carquois près de son épaule, pour y prendre la deuxième dague qui y était retenue. Les trois animaux étaient sur le point de l'atteindre quand il mit un genou en terre et que la main armée décrive un arc en l'air pour frapper de toutes ses forces son bras gauche avec un rugissement où frayeur et fureur se mélangeaient.

Il n'y eut plus rien que de la douleur, dans l'univers de l'elfe. Le monde perdit de sa couleur, et tout devint blanc et lumineux. Partant de l'elfe et se propageant comme une sphère autour de lui, qui grandit brusquement et finit par englober les trois animaux, et les y dissoudre. Le son lui-même devint l'écho d'un son, et perdit de sa consistance. Legolas entendit vaguement quelqu'un hurler de douleur, au loin, en dehors de ses perceptions.

Les animaux rochers, la wyverne, la peur de son passé, rien n'existait plus que la douleur blanche et aveuglante qui submergeait tous ses sens.

Puis, quand la lumière se dissipa dans l'esprit de Legolas, il prit conscience que les rugissements divers, le chaos qui régnait ici, avaient été remplacés par leur opposé. On dit parfois que le silence est le contraire du bruit, mais il n'en est que l'absence. Le son que Legolas entendait était bien plus effrayant que le bruit auparavant, tant il était son opposé. Seul lui parvenait le souffle du vent sur la neige, et dans les pics acérés au dessus de lui, créant presque une mélodie lugubre.

A genoux dans la neige, et tenant son bras gauche contre lui, une main encore serrée sur la dague dont le manche nacré ressortait de la protection de cuir sombre, il leva la tête et regarda brusquement vers la gauche, la droite, et au-dessus de lui.

Sur sa gauche, l'ours, grossièrement taillé dans la roche, était de nouveau debout sur ses pattes arrière, regardant l'horizon. Le warg sur sa droite était de nouveau endormi en boule dans la neige. Ils étaient dans la même position que lorsque Legolas les avait vu pour la première fois. Seuls les nuages au-dessus de lui avaient légèrement changé de forme et de position, mais ne ressemblaient plus en rien à la wyverne qu'il avait vu quelques instants auparavant. Tout semblait être redevenu comme avant...

'Ils ne sont pas simplement retournés à leurs positions initiales', tenta de murmurer une petite voix sage au fond de lui. 'Regarde les traces dans la neige auprès d'eux. Elles sont intactes... Ils n'ont jamais bougé'

'Tu es encore plus fou qu'avant'. L'écho du souvenir de la voix de son frère.

Il resta longtemps, à genoux dans la neige, sans pouvoir bouger, les regardant tour à tour, les yeux exorbités, comme s'il voulait être bien sur de ce qu'il voyait. Puis, il se détendit, sa respiration reprenant son rythme normal, et regarda son bras, la dague en ressortant toujours, impassible. Ses épaules furent agitées par un petit rire, qui s'enfla rapidement pour devenir effrayant tant il semblait proche d'un hurlement hystérique.

" J'ai trouvé le moyen de vous VAINCRE ! ", hurla Legolas dans l'air, sans être sur lui-même vers qui s'adressait ce cri de victoire. Son père ? L'homme blond ? Ses cauchemars en général ? Le Valar qui avait décidé qu'il serait intéressant de voir ce que ça donnerait de tourmenter un peu un premier né ?

Il ne pouvait plus s'arrêter de rire, mais ne s'en sentait pas soulagé pour autant, car ce n'était pas un rire de gaieté. Il avait plutôt la sensation qu'il allait se mettre à pleurer d'un instant à l'autre. Seule la sensation croissante de malaise et de douleur à son bras gauche le calmèrent, un peu. Il posa à nouveau les yeux vers la dague qu'il tenait toujours de la main droite, plantée dans son bras. Il leva le bras et vit que la lame ressortait de l'autre côté et que des gouttes de sang glissaient vers la pointe, pour tomber doucement dans la neige. Déjà, un petit cercle de neige carmine se formait, mais il ne s'en effraya pas. Il leva le bras presque à hauteur d'yeux et serra les dents alors qu'il commençait à retirer la lame, la douleur explosant à nouveau dans son esprit, menaçant d'occulter toute autre pensée. Il murmurait doucement, en souriant, probablement pour rester conscient.

"Avec ça... Vous ne m'attendrez plus...". Il tira un peu plus la lame de son bras, souriant toujours. " Je resterai conscient, vous ne pourrez plus me tromper...". Il sortit la lame complètement et l'examina à la lueur des premiers rayons du soleil qui venaient de trouer les nuages à l'horizon. Les rayons rougeâtres se reflétaient presque artistiquement sur la lame tachée de sang, il la fit tourner un instant devant ses yeux, puis se concentra sur son bras. Le sang continuait à perler dans la neige, et ce n'était peut-être pas bon. Il défit les lanières de sa protection de bras et la retira lentement, serrant les dents pour contrer la douleur, mais heureux que pour l'instant, les voix dans sa tête se soient tues.

Il laissa tomber la protection dans la neige, et elle ajouta au rougeoiement déjà présent. Lentement également, il retroussa la manche de soie gris bleutée qui se teintait de rouge foncé en deux endroits, et examina les deux blessures, de part et d'autre de son bras. Par chance, il avait évité – de peu – la profonde plaie qu'il s'était fait quelques jours plus tôt lorsqu'il avait voulu en finir. Cette plaie là, longue et droite, n'avait pas encore totalement cicatrisé, il faudrait qu'il soit très prudent.

La nouvelle plaie était profonde, mais pas vilaine, elle saignait, mais pas abondamment. S'il mettait un léger garrot, l'hémorragie cesserait rapidement, mais il garderait assez de sensibilité pour en ressentir la douleur. Il avait besoin de cette souffrance pour rester conscient sur ce qui se passait autour de lui, et éloigner la tentation d'écouter les voix et de prêter attention aux mirages qui s'offraient à sa vue.

Il défit son carquois, conscient d'un autre problème qui allait se poser. Il ignorait combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait passé le rocher ours, mais à tout moment, l'un des membres de la communauté pouvait surgir et le voir. Vers le bas du carquois, à la partie non exposée à l'air, il y avait plusieurs lanières de cuir, destinées à remplacer une attache si elle venait à céder. Il en prit une assez longue et fit plusieurs fois le tour de son bras, un peu en dessous du coude, serrant légèrement. Quand il vit que le filet de sang s'était réduit, il fit plier et déplier ses doigts pour voir s'il gardait encore une mobilité certaine, histoire d'être encore capable de manier du couteau ou de l'arc en cas d'attaque. Cette mobilité, il l'avait. Au prix d'une grande souffrance au bras, mais justement, c'était ce qui pourrait probablement lui permettre de demeurer lucide, et les deux pieds dans la réalité.

Il remit son carquois dans son dos, ramassa son arc, et la protection de cuir sur le sol, et poussa de la neige du pied pour enterrer les traces de sang dans la neige. Les hobbits seraient peut-être passé à côté sans les voir mais Aragorn, non. Il ne les aurait jamais manquées. Même maintenant, sous la neige, il était encore capable de déceler quelque chose. Il fallait que l'elfe parte tout de suite.

Ce qu'il fit, en se dirigeant d'un pas vif vers le rocher warg. La prudence aurait valu de ne plus s'approcher d'eux, de faire un détour, mais Legolas n'avait pas le choix quant au chemin à prendre. Son pas se fit précautionneux alors qu'il approchait du rocher-warg, la dague sanguinolente fermement serrée en main, prêt à la replanter dans son bras au besoin. Mais le rocher demeura immobile ; même quand Legolas fut à sa hauteur, risquant un regard prudent et mal à l'aise en arrière, vers le rocher ours. Mais celui-ci aussi était immobile. Legolas laissa enfin s'échapper de ses poumons l'air qu'il avait retenu depuis quelques longues secondes, et avant de passer le tournant, il rejeta un coup d'œil en arrière vers le rocher warg. Ce dernier était toujours roulé en boule, mais semblait presque l'inviter à revenir pour faire un deuxième essai. L'elfe déglutit, puis reprit sa marche et disparut après le tournant au moment même où Aragorn passait le tournant à hauteur du rocher ours.

Le ranger ne fit aucun parallèle entre la forme du rocher près de lui et celle d'un animal, car son attention fut attirée par l'état de la neige au milieu de cette corniche étroite. Elle semblait avoir été battue.

En pressant le pas, il traversa la neige avec difficulté comparé à l'archer vu que, bien qu'élevé par les elfes, il ne pouvait avoir leur légèreté, et s'enfonçait par endroits jusqu'aux hanches. Il s'arrêta là où Legolas avait cru mourir dévoré par les trois animaux, il nota des traces chaotiques. Comme si l'elfe avait senti une menace, et avait fait les cents pas au milieu de la corniche. Il pouvait également voir que l'elfe avait reculé contre la paroi rocheuse de la montagne, et instinctivement, il chercha une piste menant au rebord de la corniche. Il n'en trouva aucune, ce qui éloigna l'image mentale qui s'était formée dans sa tête : Legolas terrifié pour une raison connue de lui seul, et qui se précipitait dans le vide pour échapper à quelque ennemi qu'il n'aurait pu vaincre. C'est alors qu'il vit un petit monticule de neige face à lui. Rien de réellement étonnant, mais il était dans un état suffisamment aux aguets pour qu'une trace de neige qui semblait avoir été retournée, ou remuée, éveille assez ses soupçons. Quelqu'un avait essayé de cacher quelque chose ici. Il s'approcha, craignant ce qu'il allait découvrir, et estimant que le reste de la communauté ne le rejoindrait pas avant deux bonnes minutes au moins.

Les taches assombrissant la neige qu'Aragorn découvrit après avoir légèrement creusé, achevèrent de l'éveiller totalement, il chercha du regard des traces que Legolas aurait laissé derrière lui. Ce sang était-il le sien ? Si oui, où était l'elfe. Etait-il gravement blessé ? Qui lui avait infligé une blessure ? Un ennemi ou lui-même ?

'Allons, Aragorn', la petite voix moqueuse reprit en lui. 'Ce n'est pas comme si Legolas n'était pas habitué à s'infliger des blessures lui-même. Tu as vu l'état de ses bras, non ?'

Mais pourquoi recommencerait-il ? Qu'est-ce qu'il avait pu voir ici qui aurait pu provoquer un état de stress suffisant pour qu'il recommence à se mutiler ?

'Stress, ou fatigue accumulée...', de nouveau la petite voix. 'En début de marche, il a quand même eu un rêve éveillé où il a vu des ennemis qui n'existaient pas vous foncer tous dessus. Qui sait ce qu'il a du voir ici, livré à lui-même ?'

Aragorn parcourrait du regard la corniche où il se trouvait, essayant de voir par les yeux de l'elfe. Mais il n'y avait rien ici, que la neige, le pan de mur de la montagne, et quelques gros rochers. Et quelque chose scintillant dans la neige ...

Ses yeux s'arrêtèrent sur ce détail, comme s'il venait de localiser sa cible. Il fendit rapidement la neige pour s'approcher et vérifier qu'il avait bien vu.

·..·

'Les humains sont une nuisance. Ils sont telle la peste. Ils détruisent tout ce qu'ils touchent.'

Les voix étaient revenues. Et avec elles, des illusions visuelles. Mais Legolas ne les craignait plus. Il avançait dans la lumière croissante de l'aube, baigné par les rayons de soleil rougeâtre, ses pas laissant peu de marques derrière lui dans la neige. La manche relevée sur son bras gauche, il traçait de la lame qu'il tenait dans sa main droite, de fines striures rouges parmi des striures déjà plus anciennes, prenant soin de ne pas rouvrir celle – plus sérieuse – qu'il s'était faite non loin d'ici. De temps en temps il regardait, fasciné, le sang qui faisait comme des larmes rouges sur sa peau pâle avant de tomber dans la neige. Il n'avait pas peur. Il souriait.

'Tu t'opposes à mon jugement et à mon ordre. Tu défends des bannis, allant à l'encontre de la survie de ta propre race.' A nouveau, son père, tyrannique et cruel. Il ne pouvait pas le voir, et ne souhaitait pas vraiment chercher s'il y aurait un apparition liée à la voix qui résonnait autour de lui.

"Ca n'a pas d'importance si vous êtes là ou pas...", murmurait-il, un rire au bord des lèvres. "J'ai trouvé le moyen de vous chasser...". Et un nouveau coup de lame dans sa peau, une nouvelle fine plaie, un nouveau trait de douleur, et les formes et les voix s'éloignaient de lui. Pour un moment. Avant de tenter de revenir.

" Vous en avez assez ? Vous êtes repus ? Ou vous en voulez encore ? "

S'il continuait à sourire, l'expression de son visage était féroce. Il perçut un mouvement à la périphérie de sa vision alors que l'écho d'une voix du passé semblait l'atteindre.

'Qui d'autre que toi pourrait être mieux placé pour défendre les humains'. La voix d'Odúrin, bien que Legolas ne pouvait le voir.

" Vous voulez encore du sang et de la douleur ? ". Cette fois Legolas avait cessé de murmurer en s'entaillant le bras une fois de plus, l'idée qu'on le voie ainsi parler tout seul et qu'on le prenne pour un fou ne semblait plus l'effleurer.

Et il riait. Il riait.

·..·

Aragorn avait l'impression que ses yeux devaient lui manger le visage. Abandonnée dans la neige, il y avait une dague à manche fait d'ivoire et gravée de motifs végétaux. Il n'y avait nulle trace de sang dessus, mais Aragorn n'en sentit pas moins son estomac se nouer. Jamais l'elfe n'aurait abandonné une de ses précieuses dagues elfiques derrière lui. Une flèche à empennage clair gisant non loin acheva de le raisonner.

'Il s'est peut-être réellement fait attaquer, et je suis là à me demander s'il a eut une hallucination ou un délire visuel !'. Le ranger pesta rageusement contre lui-même, jusqu'à ce que ses yeux rencontrent une autre trace dans la neige. Tellement petite qu'il avait faillit ne pas la voir.

Il fila dans la neige jusqu'à elle, et vit un petit cercle sombre dans la blancheur immaculée. Une goutte de sang, minuscule, mais suivie de deux autres, toutes aussi minuscules, non loin.

Il tenait sa piste.

Il ne savait juste pas vers quoi elle le mènerait. Vers l'elfe ou vers un ennemi ? Et si c'était l'elfe, dans quel état allait-il le trouver ? Devait-il revenir en arrière et alerter les autre, ou se risquer seul face à un éventuel ennemi qui pouvait très bien se servir de Legolas comme appât ? Il jeta un coup d'œil dans la neige autour de lui. Mis à part les traces qu'il avait déjà relevées, et qui appartenaient apparemment à l'elfe, il ne voyait aucune autre trace qui aurait pu témoigner de la présence de quelqu'un d'autre en cet endroit. Le danger venait probablement de Legolas lui-même. Il devait le trouver très rapidement, sous peine de probablement ne plus jamais le revoir du tout.

Il hâta le pas, luttant contre la neige qui semblait vouloir le retenir, levant les genoux pour avancer, mais titubant plus qu'autre chose dans l'urgence.

·..·

Legolas regarda son bras et un instant, son rire mourut dans sa gorge et son regard s'assombrit alors que le monde lui parut soudain plus réel que jamais.

'Qu'est-ce que tu fais ? Tu es en train de briser la promesse que tu as faite à Aragorn !'

Il fronça les sourcils et regarda son bras et la vingtaine de plaies vives qui le barraient dans tous les sens. Depuis des siècles qu'il s'entaillait de la sorte, jamais il n'en avait fait autant à la fois. Ce n'est pas que sa vie était en danger, mais pendant un instant, le spectacle devant ses yeux lui renvoya l'état dans lequel sa santé mentale devait être.

"Mon frère a raison. Ils ont tous raison. Je suis en train de perdre l'esprit... "

'Oh, tu n'est pas EN TRAIN de perdre l'esprit petit frère', la voix d'Odúrin vint alors, doucereuse, sur le ton de je-ne-fais-que-constater. 'Cela fait un bon moment que ça a commencé chez toi. Tu es juste sur le point de toucher le fond'.

Des bruits sous la terre, le froid, des voix, des chuchotements,... Cela ne datait pas d'aujourd'hui.

'Pour avoir bravé mes ordres et avoir défendu des humains...', la voix de son père était revenue elle aussi, 'tu seras jeté dans les cachots souterrains, jusqu'à ce que clémence soit faite, ou que folie te gagne !'

'Non, père, pas sous la terre ! Pas dans le noir !'

'Petit frère, tu verras, il y a des choses dans le noir, insoupçonnables. Tu vas faire leur connaissance, et un jour tu finiras par voir dans les ténèbres. Mais alors, tu souhaiteras être aveugle.'

'De telle sorte, je respecte les désirs de la reine Cynduviel. Je ne le tuerai pas... Sa survie dépendra de lui désormais !'

Il retraça une nouvelle ligne dans la chair tendre de son bras, elle devint rapidement carmine.

'Pourquoi cet homme veut me tuer ?'. Sa propre voix, enfantine. 'C'est mon père qui l'envoie ?'

'Pas ton père', la voix rassurante de Kyrieh. 'De ta vie dépend notre avenir'.

Quel avenir ? Elle ne lui avait pas dit, et Lyrandael lui avait dit que tout n'avait probablement été qu'un rêve qu'il avait du faire pendant qu'il était prisonnier dans les cachots de son père. Les cachots où il n'avait pas vu une seule trace de lumière pendant une durée qui lui avait parut une éternité. Où le seul bruit intelligent qui lui parvenait était la pierre qu'on roulait pour lui passer un plateau avec une nourriture rance et peu copieuse, à intervalle irrégulier, probablement pour lui faire perdre toute notion du temps qui s'écoulait. Il avait passé beaucoup de temps à hurler et frapper les murs, cherchant une sortie, puis avait sombré dans de longues périodes de sommeil, seule façon pour lui d'échapper à sa prison.

Parfois, Alek était venu lui rendre visite dans ses rêves. Il lui parlait rarement, mais restait là, à le fixer sans mot dire, d'un regard accusateur, le sang séché sur sa tunique et son visage pâle, horriblement pâle.

Quelque fois, il souriait à Legolas, comme pour dire 'Puisque tu ne peux pas me ramener à la vie, au moins tu peux jouer avec moi. Nous serons amis, pour toujours dans les ténèbres'. Dans ces moments, il se réveillait en hurlant et recommençait à tambouriner les pierres qui le retenaient prisonnier, jusqu'à ce que ses poings lui fassent horriblement mal.

Ce qu'il avait vécu avec Kyrieh, l'échappée vers le Mordor, tout cela n'avait-il vraiment été qu'un des nombreux et horribles rêves qu'il avait fait dans cette prison?

Legolas regarda son bras à nouveau. Aragorn comprendrait-il ? Techniquement, il ne rompait pas sa promesse. Il n'attentait pas à ses jours. C'était plutôt l'inverse : il essayait justement d'empêcher ses démons internes de le tourmenter et de le pousser à se jeter dans le vide. Trop de gens, morts ou vivants, du présent ou du passé, semblaient vouloir sa mort. Se mutiler de la sorte était le dernier rempart qu'il avait trouvé pour lutter. Aragorn comprendrait, oui, probablement.

'C'est normal qu'on veuille me tuer'. Sa voix enfantine, à nouveau. 'Je suis un être maudit'.

'Tu es un assassin. Les valars t'ont gratifié du don de tuer.'

'Tu es un monstre des Valars. Pas très différent du mouton à cinq jambes que j'ai un jour vu dans une foire itinérante.'

'Vous avez presque l'air d'un cinglé, maître elfe'

'Il faut les tuer, Laegolassië'

L'elfe serra les dents pour faire taire les voix qui revenaient sans cesse. Il tendit le bras vers l'horizon, levant les yeux vers le ciel, ivre de joie. "C'EST CELA QUE VOUS VOULEZ? Vous voulez ma souffrance et mon sang ? ". Son sourire se fit encore plus féroce. "Mais vous ne m'aurez pas, MOI ! J'ai trouvé la manière pour vous échapper...". Et un nouveau coup de dague, victorieux, pour éloigner ces voix du passé et ces âmes perdues. Il fit un pas vers l'avant, certain que chaque pas, chaque coup de dague, ferait reculer ces voix tant haïes.

Il perdit alors pied, et se rendit compte, trop tard, que pris dans ses pensées et dans sa joie amère, il n'avait pas remarqué vers où le dirigeaient ses pas. Et son pied gauche venait de faire un pas dans le vide. Legolas partit sur le côté, glissa et se vit tomber dans le vide.

Il lâcha la dague et se tordit sur lui-même. Ses bras se lancèrent vers l'avant pour agripper tout ce qui pourrait le sauver, et s'abattirent sur le rebord de la corniche. Il glissa vers l'arrière, mais la douleur à son bras gauche fut telle qu'il se réveilla complètement. Il hurla, puis crispa les mains et parvint à trouver une prise sur le rebord alors que tout son corps surplombait le vide sous lui. Il jeta un coup d'œil vers le bas.

Son regard plongea vers ce qui lui sembla un abîme sans fin, où, à travers quelques tourbillons de brumes il pouvait distinguer plusieurs crêtes acérées de ce côté rocheux de la montagne.

'Ca y est ! Ô Eru, je vais y passer ! Le grand vol et puis hop !'

Son cœur battait la chamade. Pendant un instant, très court, il fut tenté de tout lâcher. Ne serait-ce pas une solution alléchante ? Finis les cauchemars, finies les brimades, finie la peur... La sensation courte de voler, puis ... le repos... S'il avait de la chance...! Le souvenir d'Aragorn flasha alors dans son esprit. Il ne pouvait pas l'abandonner. Serrant les dents, se nourrissant de la douleur à son bras, il parvint à se hisser à nouveau sur le rebord jusqu'à ce que son tronc repose sur la dure pierre, en sécurité. Il roula sur lui-même, les yeux fermés et toussa, pour reprendre son souffle.

'...de ta vie dépend notre avenir...'. La voix de Kyrieh.

'Surveille tes pas, Leggy... Tu veux tenter le destin ou quoi ?'

Il savoura le silence relatif pendant quelques secondes, essayant de calmer les battements frénétiques de son cœur quand une voix troubla la quiétude.

"Legolas... Viens, je voudrais te montrer quelque chose".

Sa respiration se figea dans sa poitrine. Il ouvrit les yeux, se redressa un peu et vit ce qu'il craignait.

" Oh non, je me suis finalement endormi", fut son murmure plaintif.

·..·

Aragorn trébucha, roula dans la neige, mais se redressa rapidement, vérifiant la proximité avec le bord du précipice, puis bondit à nouveau sur ses pieds et continua d'un pas rapide son chemin vers le rocher qui avait tant fait penser à un warg à l'elfe, un peu plus tôt. Une fois encore, il ne fit pas le parallèle, tout attentif qu'il était à retrouver l'archer avant qu'il ne fût trop tard. Son souffle était court, et la buée qui sortait de sa bouche se condensait rapidement, puis se redéposait dans sa barbe courte, gelant aussitôt en autant de petits stalactites.

·..·

" Je me suis finalement endormi... "

Face à lui se tenait Alek, dans sa vieille tunique, tachée de sang.

"Peut-être", lui dit l'enfant en souriant doucement. "Ou peut-être pas..."

'Il faut que tu sois endormi, Legolas'. La petite voix sage dans sa tête était revenue. 'Tu es épuisé, c'est normal que tu te sois endormi et que tu rêves d'Alek. C'est bien plus normal que de te dire que tu es complètement éveillé et que tu voies réellement l'enfant que tu as tué il y a près de trois mille ans. Car tu sais ce que ça signifierait alors ? Ce ne serait plus des cauchemars. Ca serait--'

"-- de la folie... ", termina Legolas tout haut. Alek le regardait sans sourciller.

"Qu'est-ce que tu veux me montrer ?", lui demanda l'elfe.

Alek ne répondit pas, mais se contenta de faire demi-tour de s'éloigner. Legolas, en le voyant de dos, se rendit compte qu'il ne pourrait rien obtenir de l'enfant tant que ce dernier ne se serait pas décidé de lui-même à parler. Il devrait le suivre et voir ce que l'enfant voulait lui montrer, quoi que ce pût être.

Legolas soupçonnait que ce ne serait pas un spectacle agréable.

'Patience...', la petite voix dans sa tête à nouveau. 'Tout vient à mal à qui sait attendre'.

L'elfe avança jusqu'à l'enfant, qui s'était arrêté au bord du précipice, et semblait contempler quelque chose à l'horizon. Legolas soupçonna que ce ne serait rien de bon. Il s'arrêta aux côtés de l'enfant, mais ne leva pas les yeux vers le spectacle, essayant de voir ses yeux, et apeuré à l'avance par ce qu'il pourrait y lire.

"Le monde tel que tu le connais va être détruit, Legolas", dit l'enfant en tendant la main devant lui. L'elfe acquiesça, certain cependant d'avoir déjà vu ce geste fait par une autre personne, et leva les yeux vers l'horizon. Le fait qu'il y vit une ville faite de tours qu'ils surplombaient depuis la corniche ne le surprit pas. Cela l'étonna à peine. Ce qui le surprit fut la suite.

"Il te faut te hâter"

La voix qui avait prononcé ces mots était bien enfantine, mais elle n'appartenait pas à Alek. Legolas rabaissa son regard sur l'enfant qui se tenait à sa droite et vit à la masse de cheveux rouges qui ondulaient légèrement dans le vent, qu'il ne s'agissait plus d'Alek, mais de la petite fille du terrain de jeu. Elle se tenait exactement à l'emplacement occupé précédemment par Alek.

'Quel est ce tour de passe-passe? '

Legolas regardait l'enfant, les yeux écarquillés, méfiant. Il jeta un coup d'œil vers la ville aux hautes tours, s'attendant presque à ce qu'elle eut disparut, mais elle était toujours là. Dans quelle civilisation était-il arrivé ? Une fois encore, la pensée lui vint que, par quelque magie, la communauté de l'anneau s'était retrouvée hors du temps dans la montagne, et que des âges s'étaient succédés en bas dans la vallée. Des civilisations entières qui voyaient le jour, croissaient et mourraient.

"Ne nous abandonne pas Legolas! "

L'archer ramena ses yeux vers l'enfant, et vit que c'était à nouveau Alek qui se tenait face à lui, les cheveux bruns encadrant un visage au teint livide, le regard sombre, des cernes mauves sous les yeux.

Legolas regarda derrière lui, s'attendant à trouver un membre de la Communauté, l'observant étrangement, se demandant sans doute quelle folie l'elfe était encore en train de commettre. Personne sur la piste. Pas encore du moins. Tout en surveillant le tournant par lequel tôt ou tard l'un des membres de cette communauté de l'anneau allait surgir, il posa une question concernant ce qu'il voyait cauchemar après cauchemar. Histoire de vérifier si tout cela concordait.

"Comment ce monde va-t-il disparaître ? ". Il avait l'impression de connaître la réponse, mais voulait tester les enfants.

"Il y aura une guerre, et une vague de feu qui détruira tout sur son passage". Ce fut la petite fille qui lui répondit, levant son regard gris clair vers lui. Legolas l'observa un moment, puis réalisa que, Alek ou cette petite fille, les deux enfants avaient la même fonction dans ses rêves : ils étaient des messagers. L'un d'eux se concentrait sur le passé, l'autre sur l'avenir, même si récemment les deux enfants tenaient des discours assez semblables. Pas étonnant que dans l'un de ses cauchemars, ils prennent le relais l'un de l'autre.

Legolas décida de ne plus lutter contre l'illogisme de ce tour de passe-passe et de continuer à poser les questions qui le tourmentaient. Il avait vu dans un de ses autres rêves, la vague de feu déferler depuis la ville, vers la plaine de jeu, balayant tout sur son passage. Il avait ressentit une terreur atroce, car il vivait ce rêve nuit après nuit... Mais ceux qui allait réellement vivre cette expérience, auraient-ils le temps de se cacher, de résister? Etait-ce pour ça que la petite fille essayait désespérément de les prévenir en montrant du doigt là où l'explosion aurait lieu ? Les gens auraient-il le temps de voir le danger venir? Auraient-ils le temps d'essayer d'empêcher cela d'arriver?

"Quand la guerre éclatera, qu'est-ce que les gens feront ? "

"Ils paniqueront... Mais pas longtemps", ce fut Alek qui lui répondit, bien que le ton utilisé ne fut guère différent de celui de la petite fille. Une pointe d'humour triste peut-être ?

Une autre question lui brûlait les lèvres, et il lui semblait qu'Alek était le mieux placé des deux enfants pour lui répondre.

"Alek... J'ai peur... ", commença l'elfe. "Est-ce que je suis toujours dans le cachot de mon père ? Sinon, qu'est-ce qui est réel, qu'est-ce qui n'est qu'un rêve ? Je ne m'y retrouve pas...". Il acheva par sa question que bien des gens se posent tôt ou tard dans leur vie: "Pourquoi moi ?"

Alek se tenait devant lui, mais le temps qu'il batte des cils, ce fut la petite fille aux cheveux rouges qui lui répondit. « Legolas, il te reste à peu près une dizaine de jours pour trouver la réponse à ces questions par toi-même, après quoi tu auras vraiment du mouron à te faire... !»

"Legolas ?"

(Greenleaf ?)

Legolas se retourna, la main serrée sur sa dague, prêt à voir l'homme blond derrière lui ; prêt à le combattre.

Mais ce n'était qu'Aragorn, l'air pantelant, inquiet, se tenant à une dizaine de pas de lui. Le ranger avait l'air précautionneux, et Legolas se méprit sur cette méfiance, alors que l'humain voyait juste d'un très mauvais œil la proximité de l'elfe avec le rebord du précipice.

"A qui parlais-tu ? ". Question, plus pour la forme que pour réellement savoir avec quelle vision Legolas était en train de parler. Si la raison de l'elfe était réellement en train de basculer, autant être prudent et calme avec lui. Lui parler et agir l'air de rien, tout en prenant ses précautions.

Le visage de l'elfe devint alors neutre, et calme, en total contraste avec l'air de bête traquée qu'il avait eu en se retournant l'instant plus tôt.

"A moi-même... Je réfléchissais tout haut... "

Aragorn eut l'air d'accepter l'explication.

(Et puis d'ailleurs, qu'est-ce que ça peut te faire ! )

Legolas fronça les sourcils face à la violence de la voix qui venait d'éclater dans son esprit.

'Ils n'arrêteront jamais de conspirer contre toi, d'essayer de t'étouffer, de te faire sombrer'. La voix de son père à nouveau, et cette fois Legolas ne pouvait s'entailler pour le faire partir. Pas devant Aragorn. Il se retourna et comme il s'y attendait, les enfants avaient disparus. Encore un rêve éveillé. Il serra les dents, craignant ce qui allait suivre.

"Legolas, est-ce que tu es blessé ? ". Aragorn avança de quelques pas lents vers lui.

'Il faut le tuer, Laegolassië', reprit la voix de son père, martelant ses tempes. 'Tu es un assassin. Tout assassin tue ceux qu'il aime. Ainsi ils connaissent la voix de libération de l'esprit'.

Legolas prit une profonde inspiration, ferma fortement les yeux et plaqua ses mains contre ses oreilles. "Tais-toi... ! ". Aragorn sursauta, pensant que l'elfe s'adressait à lui. Mais pour Legolas, c'était une défaite. Ce n'était plus vraiment un ordre empli de rage comme tout à l'heure, mais presque une supplication : il craignait que ce que son père lui répétait sans cesse, finisse par devenir comme une litanie, et que dans son état, il ne pourrait plus résister à l'injonction. Aragorn vit dans ce geste que l'une des mains de l'elfe serrait une dague à la lame ensanglantée. Il oublia ses doutes et se précipita vers Legolas au moment où celui-ci perdait l'équilibre et basculait vers l'avant. Vers le vide du précipice. Les yeux fermés, il ne vit pas le vide sous lui. Il entendit vaguement un cri d'alarme au fond de son esprit, mais n'ouvrit pas les yeux pour autant.

Le ranger ne savait pas si ce mouvement était volontaire ou non de la part de l'elfe, mais il le saisit in extremis à la taille et le tira en arrière. Ils tombèrent tous les deux dans la neige. Aragorn se redressa et vérifia que Legolas était conscient. L'elfe respirait brusquement, comme s'il luttait contre une nausée, ou qu'il voulait s'empêcher de pleurer. Il abaissa les yeux et vit que l'un des bras de Legolas, celui qu'il avait autrefois entaillé pour mettre fin à ses jours, était empli de sang. La panique prit contrôle de son cœur et il saisit le bras de l'elfe pour l'examiner. Peut-être d'un geste un peu trop brusque, car il arracha un gémissement de douleur de la part de l'archer qui s'assit d'un seul coup et tira son bras contre lui, loin du regard inquisiteur de l'humain. Mais le ranger avait eu le temps de voir, et en était effrayé, avec l'impression d'être ramené plusieurs jours en arrière. Il tendit à nouveau la main vers l'elfe, mais celui-ci recula, serrant toujours son bras contre lui.

"Ne t'inquiète pas, Aragorn", dit alors l'elfe avec un sourire contrit. Il continua cependant en refusant de rencontrer son regard. "Il y a beaucoup de sang, mais ce n'est pas dangereux... J'avais juste besoin de ça... pour rester éveillé... "

Aragorn demeura immobile, sans voix, les craintes qu'il avait essayé d'enfouir dans son esprit, revenaient maintenant avec force. L'elfe était au plus mal. La prochaine étape de dégradation de son état serait probablement mortelle. Boromir avait raison : il fallait qu'on trouve un moyen pour que l'archer puisse récupérer. Dormir sans faire des cauchemars ou sans entrer en transe. L'idée que Gandalf aurait peut-être une solution, une potion quelconque l'effleura. Il faudrait qu'il lui en parle au prochain arrêt. Il se tourna un instant vers le soleil levant : l'astre s'était détaché de l'horizon comme avec regret, mais il signifiait qu'ils étaient tous désormais visibles pour les oiseaux espions que Saruman aurait envoyé sillonner le ciel. Mais qu'importe ! Saruman savait déjà où ils se trouvaient, et avait peut-être déjà envoyé une équipe les intercepter. Et l'urgence ici était de trouver un moyen pour sauver la vie d'un des leurs. D'un membre de la communauté de l'anneau, très utile, quand il était en pleine forme. Aragorn doutait que dans son état actuel, Legolas leur fut d'une quelconque utilité s'ils étaient attaqués, mais il fallait absolument qu'aucun des autres membres de leur groupe – Gandalf excepté – n'en arrive aux mêmes conclusions. Le ranger craignait qu'à la prochaine crise, au prochain cauchemar, ou à la prochaine journée sans avoir dormi, l'elfe perde tout lien avec la réalité et ne meurt. Les options étaient variées : arrêt cardiaque du à la fatigue et la peur combinée, plongeon vers le bas de la falaise, coupure un peu trop profonde... Sans compter peut-être une baston mortelle contre un membre assez costaud de leur groupe, qui cette fois aurait le dessus car mieux reposé.

"Je vais bien, Aragorn... ", murmura encore l'elfe, et pendant un instant, le ranger eut l'impression que ce dernier avait pu lire dans son esprit. "C'est la seule solution que j'ai trouvé pour les éloigner... ". Il paraissait épuisé et ne termina pas sa phrase. Aragorn réfléchit un moment sur l'identité exacte de ceux que Legolas devait écarter de la sorte.

Legolas n'osait pas relever la tête pour lire ce qu'il y aurait dans le regard du ranger. Il avait peur des voix, des rêves et des visions. Mais plus encore, il avait peur de perdre l'estime de la seule personne qui comptait pour lui, la seule personne qui l'ai jamais considéré comme un être à part entière, et non comme un guerrier sans faute, tout juste bon à se battre et à tuer.

Pour Aragorn, même si Legolas paraissait calme pour le moment, le tableau contrastait grandement avec tout ce sang sur ses bras et sa manche. Le peu de contrôle sur lui-même que l'elfe avait semblé – aux yeux des autres - encore posséder en début de 'journée' quand il avait prétendu que marcher un peu seul lui ferait le plus grand bien, semblait fondre comme neige au soleil. Il fallait absolument que personne dans la Communauté ne le vit dans cet état. Le ranger eut l'impression acide que c'était probablement ce que certains membres du groupe attendaient pour hurler aux autres : "vous avez vu ? Nous avions raison ! La présence de cet elfe n'est plus qu'un fardeau, elle est une menace ! Débarrassons nous en ! ". Il serra les dents pour chasser ces pensées morbides, ramassa la protection avant-bras de cuir sombre qui était tombée dans la neige et la tendit à l'elfe.

" Je sais que ça risque de faire mal ", commença-t-il un peu trop maladroitement à son goût. " Mais les autres vont arriver d'un instant à l'autre. Il est préférable qu'ils ne voient pas ça... "

Il désigna d'un geste vague les plaies ouvertes de l'elfe et du sang dans la neige. Ils pourraient cacher ces deux évidences aux autres, mais pour ce qui était des traces de sang sur les vêtements de l'elfe, le ranger ne pouvait que prier les valars pou qu'aucun ne les remarque et ne pose de questions indiscrètes. " Nous reparlerons de tout ceci lors de l'arrêt ", dit-il en posant une main rassurante sur l'épaule de l'elfe avant de se lever et de faire quelques pas vers le précipice.

Legolas regardait la neige tachée de sang devant lui. Il ne savait comment réagir. Aragorn acceptait apparemment de partager ce secret avec lui, c'était un point positif. Il n'avait techniquement pas attenté à ses jours, donc il n'avait pas brisé sa promesse vis-à-vis du ranger. Mais il avait bien vu la lueur de choc et d'inquiétude dans le regard de l'humain. Sa crainte de perdre sa confiance augmentait dans son cœur. Legolas réalisa alors qu'il n'entendait plus l'humain. Seul lui parvenait le souffle du vent qui sifflait entre les pics acérés au-dessus d'eux. Il lui vint la pensée alarmante que peut-être que le ranger avait finalement sauté de la falaise, désespéré... mais c'est à ce moment là que la voix de l'humain lui parvint, proche, et rassurante.

"C'est fini, Legolas..."

Il sentit malgré tout une nouvelle bulle d'acidité dans son estomac. 'Fini, quoi?' Diverses réponses, pas très rassurantes, voire très paranoïaque firent apparition dans son esprit (c'en était fini de leur amitié, fini de ces "simagrées" comme l'appelait Boromir, fini de sa tolérance à la faiblesse de l'elfe,...), et il releva la tête vers le ranger. Ce dernier était toujours là, debout au bord du précipice, ses cheveux doucement soulevé par la brise, des rayons timides de soleil se prenant dedans, et auréolant sa tête. Il se tourna vers l'elfe et lui adressa un sourire épuisé, mais chaleureux: "Ce cauchemar est terminé...".

Legolas fronça les sourcils, les battements de son cœur s'accélérant dans sa poitrine. L'humain avait-il trouvé un moyen pour qu'il ne fasse plus ces rêves de destruction? Ou avait-il vu qu'ils étaient tous dans un monde onirique, et venait d'en trouver la sortie?

Le ranger tendit la main vers l'elfe quand il vit que ce dernier faisait mine de se relever, et l'aida à se mettre sur ses pieds quand il lui saisit doucement le poignet.

Legolas sentit la chaleur de la main d'Aragorn au travers de ses mitaines. Et la voix de Kyrieh lui revint à l'esprit.

'Un jour, tu rencontrera un homme... Un roi des hommes... Il sera ton ami... Et il te protégera...'

Legolas sourit, sentant un peu de paix diffuser en lui. Grâce à un tel ami, il pourrait peut-être vaincre les démons de son passé. Il regarda d'abord la main qu'Aragorn avait refermée sur son poignet, puis ses yeux, et se leva sur ses pieds. Il perdit un peu l'équilibre et le ranger le soutint doucement, pour lui éviter une nouvelle chute, avant de reporter le regard devant lui, vers l'horizon.

Legolas leva aussi les yeux, et les plissa, pour mieux distinguer. Il vit ce que ses visions lui avaient caché et sa respiration se figea un moment, avant qu'il inspire profondément et lentement, l'émotion le submergeant. Il sentait presque des larmes poindre à ses yeux en réalisant ce que cette vision signifiait: la fin d'une ère, et l'espoir... Il resserra ses doigts sur la manche du ranger. Pendant un moment, ils demeurèrent silencieux tous deux avant que Aragorn ne brise ce silence.

"Tes yeux d'elfes voient-ils, Legolas?"

"Ils voient...", répondit l'elfe d'une voix presque brisée, pour la première fois, un faible sourire de véritable soulagement se peignait sur ses lèvres. "C'est si beau..."

"Que se passe-t-il donc ici?", une voix bourrue brisa le silence derrière eux. Aragorn et Legolas se tournèrent vers Gimli, qui venait de passer le tournant de la corniche et n'avait donc pas encore pu voir le spectacle qui s'étalait face à eux.

L'elfe et l'humain lui sourirent. Aux yeux du nain, ils avaient l'air de deux êtres assoiffés qui après avoir traversés une plaine désertique, venaient de trouver un lac empli de promesse. Il fut surpris de voir le sourire de l'elfe, non plus mauvais ou tendu, mais soulagé, les larmes aux yeux. Il craignit pendant un instant que ce ne fut que l'annonce d'une nouvelle crise chez l'immortel. Gandalf apparut derrière Gimli au moment où Aragorn prit la parole.

"Legolas vient de faire la meilleure découverte possible de ces derniers jours". Le ranger voulait que l'archer commence à remonter un peu dans l'estime des autres. Le léger froncement de sourcils de l'elfe, le coup d'œil qu'il jeta au ranger et son expression de surprise passèrent complètement inaperçus chez le nain : sa curiosité - encore teinte d'une légère méfiance - venait de prendre le pas sur toute autre pensée. Et alors qu'il avançait pour rejoindre l'humain et l'elfe, ce dernier se retourna vers le spectacle qui s'offrait à leurs eux.

Sur leur gauche, la paroi rocheuse tombait à pic, découvrant une vallée découpée en dent de scie, aux flancs tapissés de pins et de sapins, et qui semblaient plonger dans un océan vert foncé plusieurs centaines de mètres plus bas, avant de rejoindre une pente plus douce. Du haut d'une des falaises qui s'étalaient devant leurs yeux dévalait une cascade dans laquelle la lueur des premiers rayons du soleil étincelait comme une myriade de poissons rouges pris dans les mailles d'un filet argenté. Ce paysage aurait pu paraître féérique aux yeux de Legolas s'il n'avait pas eu l'impression d'un mauvais présage.

D'autres bruits derrière lui détournèrent l'elfe du spectacle. Il vit que Gandalf, Sam et Frodon venaient de passer le tournant, suivit de Merry et Pippin. Boromir n'allait probablement pas tarder, se dit-il en serrant les dents, n'ayant pas oublié les frictions qui existaient entre lui et le gondorien. Sans quitter les hobbits des yeux, Legolas ramena sa cape au-dessus de son bras gauche d'un geste neutre, dans le but de cacher le sang qui devait être visible sur sa manche. Sam tirait Bill le poney avec lassitude, accentuée par la légère résistance que l'animal manifestait après cette longue marche. Frodon derrière lui, semblait avancer comme un somnambule. Malgré la remarque de ce dernier durant sa garde, Legolas sentit quand même une pointe de triste sympathie pour le hobbit. Ce dernier non plus n'avait pas du dormir une nuit complète et reposante depuis longtemps...

'A qui la faute?'

Legolas serra les mâchoires imperceptiblement pour éloigner cette pensée avant qu'elle ne fasse plus de chemin. Il allait détourner le regard vers Aragorn, quand soudainement, Frodon lui parut enroulé d'une sorte de lueur bleue grise - une auréole qui illuminait ses joues, son front, et ses yeux clairs. Un peu effrayé, Legolas ferma fortement les yeux et les rouvrit. L'enveloppe grise avait disparut autour du jeune hobbit, et Legolas en ressentit un bref soulagement. Cependant, Boromir avait raison : il avait vraiment besoin de retrouver un sommeil sain, et vite!

"Legolas?". La voix de Gandalf semblait lui parvenir depuis l'autre versant de la montagne alors qu'il était tout près de lui. "Tu vas bien?"

"Oui, oui, très bien", mentit Legolas. "Je pensais juste à ce que ces pauvres hobbits subissent... Est-ce que tu te doutais que Saruman était devenu cinglé à ce point, Gandalf?".

"Jamais de la vie", dit doucement Gandalf, soupçonnant Legolas d'essayer un superbe détournement de conversation, mais sachant bien qu'il ne pourrait le faire parler de force. "Et j'ai beau avoir été surpris par moment, par l'intensité de ses recherches sur l'anneau, j'ai toujours cru à ses explications. Je n'aime pas trop me considérer comme quelqu'un de crédule... Mais je risque de devoir réviser mon jugement sur ce sujet..."

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A suivre...

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Uhm ... ;)

Du retard, du retard... Du principalement cette fois aux nouvelles résolutions de fanfiction . net qui non seulement ont viré une grande partie de mes fanfics, mais m'ont interdit d'upload pendant un moment ;'-(...

Du coup, je vous ai fait un LONG chapitre à nouveau :)

Bon, il faut dire ce qu'il est : j'avais une certaine appréhension face à ce chapitre, du aux thèmes qu'il allait aborder : la schizophrénie et l'automutilation. Je voulais être certaine que j'allais utiliser les bons termes pour décrire le tourment interne et la dégradation progressive de Legolas. Je ne voulais pas du : Legolas entends des voix, de plus en plus, pète un câble et s'automutile pour chasser ces voix (c'était un peu le résumé du chapitre 29 dans mon fichier ;) ). Je voulais que vous puissiez ressentir ce qu'il traversait, que vous puissiez comprendre (du moins en partie) pourquoi il en arrivait au point où il en était. C'est à vous de me dire si ça a marché ou pas. ;-) Encore maintenant, je ne suis pas satisfaite à 100 (mais il parait que je suis une perfectionniste ;) ), mais bon, il fallait bien que ce chapitre sorte un jour, hein ? ;D

J'ai passé beaucoup de temps à me retourner sur ce chapitre pour être certaine qu'il soit réaliste. J'ai même fait des balades toute seule dans les bois pour mieux me mettre dans la peau de Legolas (désolée, pas de montagne où je vis ;p ), et essayer d'expérimenter ce qu'il ressentait, les «dialogues» qu'il aurait avec ses voix intérieures... Oui, j'espère que personne ne m'a vue, parce que hors contexte, j'ai du vraiment passer pour une tarée ;P Je me suis également, pour certains passages, inspirée de l'état dans lequel j'étais, à un réveillon de noël à Hawaii (2001), où des amis m'avaient fait goûter des « pokolono brownies » (alors qu'on crevait la dalle parce que les chasseurs n'étaient pas encore revenu avec de quoi préparer à bouffer pour le clan, et du coup j'avais bouffé la moitié d'un paquet de ces 'pokolono brownies' avant de commencer à voir... bizarre, et à ... mal comprendre les paroles autour de moi ;) Hé oui, ils avaient mis des CHAMPIS dedans, les cons ! ;P Enfin, j'ai pris des notes au fur et à mesure de ce que je voyais et entendais... je savais que tôt ou tard ça me servirait ;)

Musiques pour le chapitre 29 :

Lors de l'écriture, j'avais en musique de fond la BO des Chroniques de Narnia. Je dois dire que pour certains passages, ils sont tombés pile poil au moment où je tapais les lignes, et ça collait super bien 8)

Exemple : après la première litanie du père de Legolas, quand il dit «il faut les tuer... tu es un assassin... liberté de l'esprit...». Au moment où l'elfe commence à hurler le «TAIS-TOI !» et tout ce qui suit, j'avais la musique : «The Battle», au temps 3 :02

Puis au passage où Aragorn lui montre la vallée verte, j'écoutais : «Evacuating London», à la minute : 1 :44 (avec 1 :51 quand Aragorn saisit la main/poignet de Legolas). A 2 :13 je voyais : Aragorn et Legolas de dos, la caméra monte derrière eux (Boom up) et révèle la vallée face à eux (même si l'histoire ne la décrit qu'avec l'arrivée du nain ;) ).

Des fois, j'ai envie de monter en film certaines séquences de la fanfic, joué par les gens de «Silence of the Rings», bien sur ;) (pour une fois qu'on ferait du sérieux, ça nous changerait ;p ). Pourquoi j'ai pas des journées de 48heures ? OUIN ! ;,-O...

Je ne sais pas si ça vous intéresse qu'à l'avenir je vous fasse des indications musicales de la sorte ;) Vous me dites ;-) (C'est ma déformation professionnelle ;p ).

Et maintenant, les REPONSES AUX REVIEWS ;D

Un GROS MERCIIIII à Aguila, Alan Chantelune, Angel of seven dreams, Babou, Barbara, Caladwen , Celebaelin, Delphine Gillard, Dunedain fils de Fremen, Elo Blue, Fanderpg, Fushicho, Giver, Jilly Brandebouc, Junon, Kain, Kalas1209, Lilynette, Lyane, Lysie, Morgana Black, Niph, Simbelmude, Tari Miriel, et Vyrses.

Merci à tous et toutes pour vos gentilles reviews qui m'ont fait chô au cœur ;,-)... J'aime toujours savoir ce que vous pensez de ce que j'écris, que ça vous motive, etc... Les reviews pour moi, ce n'est pas compter le nombre que j'ai pour frimer ou faire des concours du style « qui pisse le plus loin » avec d'autres auteur/ses ;) C'est réellement comme ça que je sais ce que vous pensez de ce que j'écris ;) Une petite interface, quoi ! ;)

Vous avez été plus d'un(e) à détester Frodon et Boromir pour leur attitude vis-à-vis de Legolas. Ca me rassure sur la nature humaine, ce genre de reviews ;D Car si l'un de vous avait dit : « ouaaah, ils ont trop la claaaasse dans leurs répliques, chuis faaan ! » ? J'aurais eu (très) peur oO ;

Frodon est sous l'influence de l'anneau pour sortir de telles horreurs ? C'est plus que certain. Dans le film, on avait déjà des aperçus de son humeur maussade dans la montagne de carad-has, ici je ne pouvais passer à côté de ça. L'anneau murmure sans cesse des idées de gloire ou de victoire, ou de promesse de bonheur à ses porteurs. Pour Frodon, être aux côtés d'Aragorn, c'est rassurant car ce dernier lui a sauvé la vie à plusieurs reprises. S'il s'inquiète qu'Aragorn risque de ne plus être autant là car il s'occupe de l'elfe malade, il est normal que rapidement l'anneau insuffle un doute dans le cœur du hobbit en lui faisant croire que l'elfe ment, que Aragorn l'a juste protégé 'pour le boulot', etc... Diviser pour mieux régner, quoi. Sous influence des pensées insidieuses de l'anneau, Frodon – avec ses propres idées fausses - ne tarde pas à avoir l'attitude que vous avez vue ;)

Vous aimez l'action et la baston ? ;D C'est clair que de nombreux chapitres ne se sont quasi passés que dans la tête de Legolas. Je ne peux pas vous annoncer de numéros de chapitre où ça va encore bastonner, mais il y en aura ;) Et pas qu'un peu :D D'ailleurs quand vous voulez me dire que vous voulez en coller une aussi à Boromir ou kicker « ce petit con de Frodon », ça me fait chaud au cœur ;D Si si ;)

Est-ce que les rêves de Legolas sont liés au passé, au futur, ou à une tierce personne ? Vous le découvrirez dans les chapitres suivants ;) (non non, c'est pas une réponse facile, c'est parce que ça tuerait un des suspens en cours ;) Il ne faudrait pas que vous sachiez plus que Legolas ce qui l'attend, si ? ;) ). Mais merci d'avoir posé la question ;D

Y a-t-il un lien entre les rêves de Legolas et le Balrog ? C'est ce que Gandalf est enclin à penser. Bien sur, il n'arrive à cette conclusion qu'en s'appuyant sur les flammes dans un des rêves très récurrent de l'elfe. Or, comme on sait que la bébête dans la montagne est une bébête très affectueuse et surtout très chaleureuse, on peut le comprendre ;) Mais rien ne dit que son interprétation, tout comme celle d'Aragorn qui fait le parallèle entre la ville en flamme et Minath Tirith, soient correctes ;) Ce ne sont que des interprétations de personnes n'ayant peut-être pas toutes les informations en main, et qui donc, peuvent se tromper (ou avoir un sacré coup de bol et être dans le vrai ;) )

Si le chapitre 27 vous a ramené dans l'action du Seigneur des Anneaux (bouquins) je me doute que celui-ci vous en a à nouveau un peu éloigné. Bien entendu, dès que ça se passe dans la tête de Legolas, personnage un peu oublié par Tolkien, il est clair que ça sort rapidement du style de l'auteur ;)

Le journal de Legolas. A mon avis, il ne fera pas l'objet d'une fanfic à part (quoique... je peux toujours changer d'avis :p ), mais sera intégré à cette fanfic, surtout pour les passages qui concernent l'action qui suit dans le chapitre. L'idée m'est venue récemment (style, il y a 40 secondes :p ) qu'éventuellement, plus tard, je pourrais faire comme dans les livres de DUNE : L'intro de chaque chapitre est un extrait du journal ;) Enfin, on verra ;)

La prophétie à la naissance de Legolas : elle sera révélée en temps voulu (et là, j'entends déjà vos grincements de dents ;p ), mais vous aurez des indices de temps en temps pour commencer à la deviner, histoire que lorsqu'elle sera annoncée, vous serez plus d'un à dire « ah mais oui, bien sur ! » ;P Oui, je suis sadique, mais je fais en sorte dans cette fic que la lecture des chapitres ne soit pas qu'une simple lecture, mais aussi un moment de recherche, un moment où les méninges se creusent pour essayer de faire des liens, etc... Je fais en sorte que vous soyez au même niveau des personnages, sans savoir à l'avance des choses qu'ils ne savent pas ou qu'ils n'ont pas encore découverte. Il n'y aura pas dans « Communauté des Elfes » de phrases comme : « L'anneau allait encore tomber 389 fois dans la neige avant qu'ils ne quittent la montagne, mais Frodon ne le savait pas encore » ;)

Baston versus psychose versus repos. Je sais qu'il y a eu peu de baston dans la fic comparé aux moments de prise de tête des persos, mais bien plus que de moments de « repos ». Or, il y en a eu... mais très peu ;) Chapitre 2 quand Boromir entraîne les hobbits, et récemment lors du frugal repas, peu avant que la baston n'éclate ;) Vu la tension qui s'accumule sur les épaules de Legolas, je ne peux difficilement mettre des chapitres où rien ne grave ne se passe et où on souffle un peu. C'est la pression continue qui va faire que les gens vont commencer à se sauter à la gorge, et que Legolas va perdre pied avec la réalité. Et désolée, chers lecteurs, pour que vous puissiez comprendre et ressentir ce que les persos ressentent, pas de repos pour vous non plus ;) Il va y avoir des moments de repos, mais ils seront justifiés par l'action qui se passe à ce moment dans l'histoire. Ce sera une volonté 'diégétique' ;) (sinon je peux faire une PAGE DE PUB pour couper l'action mais y avait un fic pour ça...Avant que ff . net ne m'oblige à la retirer TT ). Mais ce qui est marrant, c'est que vous êtes quasi en deux groupes égaux : la moitié (ou presque) d'entre vous voulant plus de baston, et la moitié (ou presque) d'entre vous voulant plus de repos ;P

Vision et réalité se mélangent : amorcée avec force dans le chapitre « Crépuscule sur la vallée », elles ont continué de plus belle dans ce chapitre ;) (et j'en connais qui ont du être contentes :p )

Les doutes d'Aragorn : Aragorn adore Legolas, c'est le seul véritable ami qu'il ait à la base, au départ de la Communauté, même si d'autres amitiés se forgent lors d'un tel voyage. Mais la fatigue, la pression, les craintes pour l'avenir de la communauté, des terres du milieu, le manque de sommeil, les prises de tête, le fait de devoir systématiquement défendre Legolas contre le reste de la communauté, le fait qu'à chaque fois qu'il soit qu'il comprends ce qui arrive à Legolas, ce dernier arrive encore à le surprendre, autant de facteurs qui font qu'Aragorn commence à être épuisé nerveusement, presque sur la corde raide. Donc, il est logique qu'il commence à être moins armé contre des pensées de doutes ou des paroles apparemment sages émises par d'autre. Aragorn, en gros, est presque au stade du « je n'en peux plus ! Je veux du repos ! Des vacances ! Vite ! ». Lui aussi, a ses voix internes qui le 'titillent' de temps à autres...

Les rapports sociaux dans la Communauté : A la fin de LOTR 1 (le film), les doutes de Frodon concernant le fait qu'il ne peut faire confiance à personne, sous-entendent – de son point de vue – qu'il ne les voit pas vraiment comme des amis (sauf Sam, et également Merry et Pippin car il a pu être amis avec eux AVANT que tout le binze de l'anneau ne démarre), mais presque comme des gens uniquement rassemblés pour une mission (bien sur, les événements de LOTR 2 et 3 penchent plus pour le côté 'amitié' ;) ). Ici, dans « Communauté... », c'est ce que Boromir explique à Legolas quand il dit qu'ils ne sont pas un cercle de résolution de conflits psychologiques où tout le monde est en cercle, se présentent, etc... (Z'avez déjà vu Fight Club ? ;) ). Ils n'en sont également qu'au début de leur quête. Les liens doivent encore se forger entre les gens, certains deviendront des amis, d'autres des ennemis forcés à bosser ensemble dans un but unique, et d'autres resteront neutres, également du style 'on est là pour faire notre boulot. Point !'

Moria et cachot : hé oui, j'ai commencé à vous donner des indices pour que vous puissiez deviner par vous-même ce qui s'est passé ;) Il y a encore des horreurs dans le coffre à jouet du petit Legolas qui ne vous ont pas encore été montrées ;)

Thranduil et les humains : honte à moi d'avoir écorché le nom du roi (parfois Thranduil, parfois Thandruil ;) ). Oui, le père de Legolas a un GROS problème avec les humains. Et de son point de vue, son attitude vis-à-vis de cette race, les idées qu'il essaye d'instaurer en Legolas, les manières utilisées pour y arriver, sont parfaitement justifiées, comme je l'avais dis dans un chapitre précédent. En temps voulu, vous comprendrez pourquoi, et comme je l'avais déjà dit : vous vous diviserez probablement en deux camps ;)

Les lecteurs pètent un câble : Fo dire aussi que certains d'entre vous semblent rechercher cet état ! ;P Non mais ! C'est pas humain de lire « Communauté... » en une traite ! ;P

Il est vrai que je recherche le fait que vous ressentiez les tourments des persos, mais loin de moi l'idée de vous faire verser dans la schizophrénie ou autre charmante petite maladie psychologique dont nous avons tous les bases ;p Justement, avant j'avais des fics humoristiques qui pouvaient vous détendre après une lecture de « communauté... » mais les 3/4 ont été virées par fanfiction . net TT

Références à d'autres films ou livres dans « Communauté » : hé oui, c'est un des petits jeux que j'aime bien : planquer des références (tout à fait justifiée niveau histoire) et voir si vous les voyez ;) Je ne pourrais pas faire ça dans une œuvre originale, because droits d'auteurs et tous les avocats de Cameron sur le gueule dès qu'un des persos dirait « je reviendrai », mais en fanfic, on a le droooooooit :D

Réponse à la question 'es-tu belge ?' : oui ;) Enfin... née en Belgique, de parents et grand parents nés en Belgique... Après, ça part dans tous les sens, aussi bien scandinave qu'écossais, que français, que japonais, etc... (la liste est longue).Mais oui, j'habite en Belgique, à Louvain-la-Neuve, où j'étudie encore pour perfectionner mes connaissances en technique caméra/éclairage etc... pour les films :) (ceux qui connaissent l'IAD... ;) )

Et voilà ;) c'est tout pour cette fois ;)

J'ai fait différent pour répondre aux reviews, par rapport à avant, centralisant plus toutes les questions que répondant question par question, surtout après avoir vu que certaines se recoupaient ;P

Merci à tous et toutes pour votre soutien ;) Ca m'a fait plaisir de savoir que vous aimiez mon style d'écriture (du coup, quand je relis les premiers chapitres j'ai parfois peur ;( ). Y a des fôôôtes d'orthographes, mais la fanfic sera un jour revisitée, corrigée et mieux présentée ;) Merci à ceux et celles qui ont laissé des commentaires (souvent marrants ;D ) sur mon blog. Je compte y mettre les dernières news d'update, des dessins tirés de la fanfic, ainsi que les news concernant le site alterne de fanfics que je compte faire, afin d'assurer asile aux fanfics que l'administration ici a cru bon d'expulser hors de son territoire ;,(... )

Je vous fais de GROS BIZOOOOOOOH et je vous dis à bientôt dans le prochain chapitre pour « Jet de pierre dans un lac » cette fois ;)

Smoooootch ;-x

:Roselyne :