Pdv Adrien

Les yeux rivés sur l'écran de l'ordinateur qui éclairait fortement mon visage dans l'obscurité de la nuit, je passais une énième fois la main sur mes yeux fatigué en soufflant longuement, ne sachant pas ce que je devais croire. Ce message devait provenir de Rune, la fille que je cherchais sans cesse, mais un sentiment de méfiance m'empêchait d'avoir entièrement confiance en cette personne de l'autre côté de l'écran. Mon esprit de policier avait prit le dessus sur l'excitation de la discussion, bien heureusement pour moi d'ailleurs. J'étais devenu beaucoup plus sérieux et concentré qu'il y a quelques minutes et, serrant mon bol de café bouillant entre mes mains tremblantes, je fixais la surface bleuté de l'ordinateur en gardant les sourcils froncés. Après des semaines de disparition et de silence total, comment ce fait-il que par le plus grand des hasards, elle puisse me répondre comme si de rien n'était. Et d'après mon expérience dans les enquêtes, le hasard n'était jamais un bon signe, au contraire, il amenait le doute et la méfiance plus qu'autre chose. Je n'avais pas encore répondu et j'avais préparé des dizaines de messages sur une feuille à côté de mon bras, me préparant à toutes les réponses de sa part qui m'étaient passée par la tête, priant pour que cette discussion dure le plus longtemps possible pour que je puisse avoir encore quelques informations. Mieux valait être prêt mentalement pour ne pas encore tomber dans l'adrénaline un peu trop forte de ma mission.
Inspirant un grand coup une dernière fois en penchant la tête en arrière, prenant un instant pour me concentrer et me détendre, je me décidais enfin à écrire ma réponse. Qui aurait cru que taper un message sur un clavier soit aussi dur.

[Envoyé aujourd'hui à 22h43]
Moi: Puis-je avoir une preuve?Avez vous quelque chose pour prouver votre identité?
[Lu à l'instant]

Ca me paraissait plutôt professionnel et correct, peut-être même un peu trop, et j'espérais que mon destinataire me réponde quand même. Le doute dés inspecteur coupait souvent le dialogue avec les victimes, comme si on doutait trop d'eux et que jamais on ne pourrait croire ce qu'il on a raconter. Je tapotais des doigts sur mon bol presque vide, regardant l'écran avec beaucoup d'angoisse et d'appréhension, trouvant que le temps passait trop lentement à partir du moment où mes messages étaient envoyés. Je ne voulais prévenir personne au bureau pour le moment car, premièrement on était au beau milieu de la nuit, deuxièmement je suis sensé être en repos forcés, et enfin je ne sais pas si cette personne me fait juste un canular pour profiter des nerfs sur le bord de craqué d'un officier de police énervé et stressé comme moi. Autrement dit, pour le moment j'étais seul. Et je devais agit en conséquence en faisant attention à la moindre action.

[Reçu aujourd'hui à 22h45]
Cake: Je sais que ça paraît absurde mais il va falloir me croire! Et comment avez vous trouver mon ordinateur?! Qui êtes vous?
[Lu à l'instant]

Je comprenais son message, ressentant bien qu'elle était stressée que quelqu'un ait trouvé son propre PC. J'avais décidé, contre toute attente de ma part, de la croire pour le moment, acceptant que la personne à qui je parle soit bel et bien Rune. Je souriais un peu, pensant réellement que cette discussion pourrait m'aider à avancer dans mon enquête. J'attendais ça depuis tellement longtemps que j'avais l'impression de délirer complètement. Je me présentait brièvement pour la rassurer, essayant de gagner son entière confiance pour faciliter les choses. Si je perdais le seul atout que je semblais avoir dans l'heure où je l'avais obtenu, ça aurait clairement signé la fin de ma carrière professionnelle.

[Envoyé aujourd'hui à 22h47]
Moi: Adrien Retson, 25ans. Je suis policier et je travaille actuellement sur votre disparition ainsi que sur celle de Alessa et Vincent. Je suis en possession de cet ordinateur pour mon enquête.
Pouvez vous m'indiquer clairement où vous êtes?
[Non lu]

Je fronçais les sourcils, voyant qu'elle n'avait pas immédiatement lu mon message comme les fois précédentes. Je grognais un long moment, attendant quelques minutes en m'énervant tout seul, espérant qu'elle lise rapidement ce que je lui disais mais rien. Après dix minutes d'attentes interminable, j'étais toujours sans nouvelle d'elle, si bien que l'ordinateur venait de se mettre en veille à cause du manque d'activité de ma destinataire. Je donnais un coup dans la table, jurant doucement pour ne pas alerter le quartier et me leva de ma chaise, fermant l'écran de l'ordinateur en me massant l'épaule. J'avais mal au dos à force de rester pencher sur la table ou le bureau du boulot. Je tirais mes bras en arrière pour faire doucement craquer le long de ma colonne, regardant tristement le plafond en soufflant. J'aurais pu avoir tellement d'informations grâce à cette discussion mais il avait fallu qu'elle ne voit pas mon message, s'absentant pour une raison inconnue. Je me sentais horriblement frustré de ne pas pouvoir avancer plus que ça, mais aussi soulagé qu'elle soit en vie. J'avais mit tellement de temps à avoir le moindre contact avec elle, qu'elle aurait pu mourir depuis bien longtemps. Au fond, j'étais fier d'avoir pu en arriver jusque là mais je me sentais quand même aussi nul qu'un inspecteur débutant, j'étais beaucoup trop lent. Soufflant bruyamment dans mon appartement, bruit qui résonnait dans toute la pièce centrale, j'allais vers mon canapé, m'affalant dessus en enfonçant la tête dans mon oreiller. De loin, on pourrait presque me confondre avec un enfant qui boudait, mais c'était bien plus fort que ça, c'était un tout autre sentiment qu'un simple petit caprice, après tout j'avais quand même vingt-cinq ans, je ne pouvais pas m'autoriser ce genre de comportement.
Là j'avais la rage. Celle qui me serrait les intestins et qui me donnait envie de frapper dans le premier objet que je voyais, si bien que je devais me forcer à rester sur le canapé pour me canaliser. Je ne devais pas céder à la panique ou l'énervement pour l'instant, à la place, garder mes forces serait beaucoup plus utile que me blesser inutilement en frappant mon mobilier qui n'avait rien demander, à part servir de foutoire pour mes documents et affaires personnelles.
Me tournant pour m'allonger sur le dos, je jetais un coup d'œil rapide à l'horloge, m'indiquant qu'il était clairement l'heure d'aller dormir un bon coup pour ne pas resembler à un mort vivant le lendemain ;Je devais être en forme; et puis, j'acceptais d'être quelqu'un qui n'avait pas de mal à se coucher tard, mais dans la limite du possible je préférais dormir.
Et puis, je bois trop de café.

Pdv Rune

J'avais d'un coup fermé l'écran de l'ordinateur en entendant un bruit dans le couloir, avant de le fourrer rapidement sous l'oreiller en remettant les choses en place, comme si je n'avais rien touché dans cette pièce depuis mon arrivée. Les mains tremblantes et le cœur battant, j'étais assise sur le bord du lit en regardant le sol fixement, attendant que les choses passent rapidement. Mon attitude trahissait largement mon angoisse et mon stress, ne m'arrangeant pas du tout. Je pensais à cette étrange discussion avec un mélange d'assurance et d'angoisse, n'étant pas sure de ce que je venais de faire. Cette personne était en possession de mon ordinateur et si je continuais de parler avec cet interlocuteur, je pourrais peut-être m'échapper un jour d'ici. Mais en même temps, si n'importe qui se rendait compte que j'avais oser faire ça, ça n'étais plus la torture qui m'attendait qui c'est la tombe au fond de la forêt. Ma gorge se serrait quand j'imaginais mon corps se faire jeter lâchement dans une fosse entre deux arbres, là où personne ne pourrait me trouver et un long frisson me parcouru le dos, ne supportant plus ces scénarios de mort atroce qui défilaient dans ma tête. Je respirais tout bas avec un rythme, légèrement saccadé, me rendant compte que les bruits de pas s'étaient arrêtés juste devant la porte, laissant place à un silence effrayant.
La température de la chambre, qui étaient normale depuis le début, avait brusquement chuté, me glaçant le sang quand j'entendis la poignée de la porte se tourner et les gonds de la planche métallique grincer doucement. Je n'osais pas me tourner pour voir qui était là et je feignais de n'avoir rien entendu en fixant le sol, faisant semblant de remettre mon bandage en place. Les pas se rapprochèrent de moi et je me tournais brusquement en sursautant, mettant mes bras devant mon visage pour me protéger en cas de n'importe quel danger, comme si ce signe de soumission était devenu un réflexe pour moi.
J'entendais un claquement de langue agacé puis d'autres pas, avant de sentir une main se poser sur mon épaule.

-C'est bon, respire un coup je ne vais pas te frapper, me dit une voix peu familière. Le regard tremblant, je me tournais pour tomber nez à nez avec l'homme au masque bleu que j'avais déjà rencontré. En une fraction de seconde, mon estomac se retournait, de tordant dans tous les sens et une pressante envie de vomir me saisit la gorge. L'impression de manger de la chaire humaine me revenait en tête et le goût de la viande envahissait à nouveau ma bouche. Il s'écartait de moi en mettant les mains devant lui, apparemment amusé et dégoûté par ma réaction. Ola! Évites de me vomir dessus ma belle, je viens de laver mon sweat, il me pointait du doigt le dit sweat noir abîmé et grisé à de multiples endroits. Son ton sarcastique ne me plaisait absolument pas et je lui lançait un regard noir en ravalant difficilement le contenu de mon estomac qui avait réussi à atteindre ma bouche.

Mon regard de menace lui passait bien au dessus, il en avait même un rire moqueur, et il ne faisait pas de remarque dessus. Il restait même silencieux en me regardant, savourant juste des yeux la réaction qu'il avait réussi à m'arracher.

-Qu'est ce que tu me veux...? Je bloquais un instant, hésitant à l'insulter du premier nom qui me passait à l'esprit, mais je me rappelait rapidement que j'étais dans une maison de psychopathes et que mes petits élans de colères n'allait pas faire long feu face à une lame ou une balle dans le crâne. Il haussa les épaules d'un air las et me montra la porte dans son dos d'un geste de main.

-Appelle moi juste Jack princesse, il mettait un surnom ridicule à chacune de ces phrases et ça m'irritait au plus au point, surtout que je ne pouvais rien faire pour l'arrêter. Et je suis juste venu te prévenir que tu étais libre de sortir quand tu voulais, et voyant mon regard s'illumine un peu trop rapidement à cause de la nouvelle, il toussotait en rectifiant sa phrase en insistant bien, dans le manoir bien évidemment.

N'ayant apparemment plus rien d'intéressant à me dire, il rebroussait simplement chemin, avant que je ne lui attrape le bras en descendant rapidement du lit en le retenant un instant.

-Pourquoi c'est toi qui es venu me le dire? Je demandais l'air méfiante, comme si quelque chose n'allait pas, pourquoi pas Tim ou Brian.

Il se retournait vers moi, n'ayant peut-être pas l'habitude que quelqu'un les appelle par leur prénom. Ça me semblait tellement naturel que l'idée de les appeler Hoodie et Masky ne m'avait même pas traversé la tête. Jack soupirait à nouveau, se frottant le visage par dessous son masque, me laissant juste apercevoir un ou deux centimètres carrés de sa peau grisâtre et sèche, couverte par endroit de petites cicatrices. Il enlevait ma main de son haut d'un coup de poignet en grognant, trouvant que je lui faisais juste perdre son temps.

-Arrêtes de leur courir après tu veux? Il me lançait à la figure en me surplombant de la dizaine de centimètres qui nous séparaient. Écoutes moi bien, je ne sais pas pourquoi ils t'accordent autant d'importance et pourquoi tu as le droit de rester en vie mais si je devais te donner un conseil ça serait de te faire toute petite et de disparaître rapidement. Compris?! Il m'avait littéralement hurler dessus et j'avais reculer en un bond, ne m'attendant pas à ce qu'il se montre aussi agressif, même si au fond j'avais bien compris que personne ici 'allait se montrer agreable ou doux avec moi. J'hochais frénétiquement la tête en répondant à ça question avant qu'il ne s'écarte un peu en faisant volte face.

-Ce ne sont pas tes amis. Ici personne ne t'aidera dans quoi que ce soit. Et si tu les connaissais si bien, sache qu'ils sont loin d'être les deux garçons qu'ils étaient avant. Maintenant ce sont des tueurs et les chiens de Slender, accepte le et tout ce passera bien. Ne plaçant plus un mot, il s'engouffrait dans le couloir en laissant la porte ouverte, m'incitant à sortir dès que bon me semblait et, à bien y réfléchir, je ne savais pas si cela allait se montrer comme un avantage ou une prise de risque de pouvoir m'aventurer seule dans cet espace de fous furieux. Je jetais un regard sur le coussin derrière lequel était caché l'ordinateur et après l'interruption de Jack dans la chambre, je me rendais compte que j'avais plus de chances de me faire attraper à parler avec cet homme que d'être tranquille à préparer une évasion. Autrement dit, la seule chose que je pouvais faire était de sortir de cette chambre pour passer le temps jusqu'à trouver un moment où je pourrais continuer à communiquer avec l'extérieur. Je remettait mes cheveux un arrière, dégageant mon regard légèrement éclairé, illuminé par une infime source d'espoir.

Soupirant un grand coup, me rendant compte que j'étais debout devant cette porte depuis une dizaine de minutes, je craquais mon dos et sorti dans le couloir. Il était vide, bien heureusement et silencieux, les voix que j'entendais semblant venir d'en bas, de la salle de télévision dans laquelle j'avais été. Je souriais calmement et marchais un instant en faisant craquer le parquet abîmé qui couvrait le sol complet de cette bâtisse, mais mon poids plume me permettait de rester discrete dans ce silence oppressant. Je ne savais pas où aller ni quoi faire, mais j'avais déjà de la chance de pouvoir marcher correctement sans avoir mal à chaque pas. J'étais soulagée en voyant que la cicatrisation de mes blessures était bien entamée, même très bien, si l'on ne comptais pas les infections qui couvraient encore quelques plaies. Je descendais les escaliers en faisant attention autour de moi, pour voir si quelqu'un était là, mais j'étais seule à mon plus grand soulagement. Je passais dans un couloir étrange. Quand je disais étrange, c'était qu'une aura inquiétante émanait de chaque recoins, comme si dans ce lieu étaient condensée toutes les peurs possibles et imaginables. J'avancais avec peur et m'arrêtais quand des voix retentirent prêt de moi, tournant brusquement la tête, mais encore une fois personne ne me suivais.

-Qu'est ce que c'est que ce bordel... Je pensais en avalant ma salive, avant de voir la grande porte en bois du monstre que j'avais rencontré, légèrement entrouverte. Des voix énervées en sortait et, comme je m'y attendais, j'étais le centre de cette discussion compliquée. Étant beaucoup trop cureiuse, et au fond légèrement suicidaire, je m'en approchais et me plaquais contre le mur en écoutant la conversation plutôt claire.

-Même si elle passe à la télé, personne ne pourrait venir la chercher... Je reconnaissais facilement la voix de Tim, légèrement blasée, il suffira de les faire participer à la chasse...

-J'approuve ca, soufflait Brian, mais la question n'est pas là, de toute façon elle n'aura jamais le cran et la force de s'enfuir. Il faut décider ce qu'elle va faire ici. Je sentais dans sa voix qu'il était ennuyé de parler de ca, agissant étrangement quand il s'agissait de moi.

-Il n'y a pas quinze solutions de toute manière, grognait la voix du monstre sans visage, faisant trembler chacun de mes muscles, si elle coopère elle servira bien à quelqu'un, et si elle décide de se rebeler de quelque manière qu'il soit, ça sera elle qui me servira de jouet pour ma chasse.

Mon cœur manquait un battement alors que je retenais violemment mon souffle, sentant mon pouls battre contre mes tempes et ma poitrine à un rythme rapide. Cette chasse ne m'assurait rien de bon, je ne savais pas de quoi il pouvait s'agir et à vrai dire je ne voulais même pas le savoir. Rien que ce simple mot ne m'inspirait pas confiance, rien ici de toute manière ne pouvait inspirer de la confiance à quelqu'un. J'avais peur rien qu'en jetant un bref coup d'œil dans le couloir, ce qui me donnait la net envie d'aller me réfugier dans la chambre.
Mais encore une fois mes jambes refusaient de coopérer et je me retrouvais bloquer contre ce mur à trembler de tout mon corps, espérant juste ne pas connaître la véritable nature de leur discussion.