Tiens, et si on faisait un truc un peu joyeux pour une fois ? Avouez que ça manque de joie de vivre ces derniers temps. Les beaux jours reviennent, dans la vraie vie comme dans cette histoire, et il est temps de faire sortir un peu nos jeunes élèves. L'occasion de vous les montrer réunis et heureux… pour la dernière fois ? :D

Un immense merci pour les reviews qui m'ont beaucoup touchée, en particulier à Ana3031 et sa review qui ne veut pas s'envoyer et à LittleCookie x) C'est toujours génial de voir comment vous ressentez les choses :)

Bonne lecture à tous !


« Je fais partie de ces personnes qui n'ont rien vu venir. Je n'ai rien compris au drame qui se jouait en arrière-plan. Et encore maintenant, je ne sais pas tout. Je crois que je ne saurai jamais. Tout le monde mentait, tout le monde masquait quelque chose de sombre ou de brisé. Et tout le monde courait à sa perte. Parfois, je revois son sourire, j'ai l'impression de ressentir son bonheur. Et l'instant d'après, j'ouvre les yeux, pour me rappeler sa mort. Comment est-ce possible ? Comment une personne peut vous sembler parfaitement heureuse, et trois jours après, mourir de façon aussi horrible ? Comment peut-on être face à un être vivant, et l'instant d'après, se figurer qu'on ne le verra plus jamais ? On aurait dû savoir. On aurait dû se douter que quelque chose clochait. C'était trop beau. »


Chapitre 29 : Camping, ivresse et constellations :

Deuxième semaine d'avril, le printemps avait commencé et Shikaku Nara était inconscient depuis quelques semaines. L'espoir de le voir se réveiller diminuait de jour en jour.

La tentative de meurtre orchestrée par l'Akatsuki avait été déjouée par la police, mais des agents continuaient à veiller sur la chambre du père de Shikamaru. Seuls sa femme et son fils pouvaient désormais y entrer. Ce dernier évitait toutefois de s'y rendre trop souvent, par peur d'être trop atterré à la vue de son père sans vie. Quant à sa mère, elle venait une fois par jour durant une heure, après quoi elle se forçait à rentrer pour s'occuper de son fils. Elle voulait que leur vie recommence à prendre une tournure à peu près normale, n'éloignant pas de son esprit l'idée qu'un jour, peut-être, elle devrait se faire sans Shikaku Nara.

Au lycée, Shikamaru recommençait peu à peu à redevenir celui qu'il était. Il souriait même parfois. Il ne se confia pas à Temari pour autant, reconnaissant malgré tout de sa tentative de l'aider. Il ne se confia à personne. Jusqu'au jour où, alors qu'il était en cours, il reçut un appel de sa mère. Son professeur, mis au courant de la situation dans laquelle se trouvait sa famille, le laissa sortir.

Les mots de sa mère étaient embrouillés et elle pleurait, si bien qu'il eut l'impression que son cœur lâchait : son père était mort, c'était ça ?


A la pause, Kiba qui avait cours avec Shikamaru lorsqu'il était parti, l'appela immédiatement. Le brun lui indiqua le lieu où il se trouvait, le toit. Kiba envoya un message à Naruto et Lee, leur sommant de les rejoindre là-haut, avant de grimper les escaliers quatre à quatre.

Une fois au sommet du lycée, il aperçut, stupéfait, Temari qui serrait la main d'un Shikamaru visiblement sonné face à elle. Une angoisse sourde lui prit l'estomac. Il s'avança pas à pas, redoutant ce qu'il allait entendre. Son ami le vit et se tourna vers lui, retirant sa main de celle de la blonde. Il lui adressa alors un sourire, un vrai sourire de Shikamaru, sincère, avec ce petit coin de côté.

- Mon père s'est réveillé.

Kiba sentit un soulagement profond le gagner et serra son ami dans ses bras quelques secondes. Naruto et Lee arrivèrent et, après que Shikamaru leur ait annoncé la même nouvelles, ils se jetèrent sur lui.

Plus tard, Tenten, Sakura, Azur et Sasuke les rejoignirent à la fin des cours dans la chambre de Naruto, où le blond avait sorti des bouteilles de jus de pommes – « j'ai pas de champagne ! » avait-il dit- pour fêter le réveil du père de Shikamaru.

- Il s'est réveillé aujourd'hui. On ne peut pas le voir avant ce soir parce qu'ils sont en train de lui faire des examens, mais apparemment, il ne se souvient pas de ce qu'il s'est passé avant son coma. Ma mère est tellement survoltée que je préfère ne pas la rejoindre pour l'instant.

Il n'avoua pas que, même s'il avait très envie de fêter cela avec elle, il avait surtout envie, du moins pour le moment, d'être auprès de ceux qui l'avaient soutenus durant cette période.

Ils lui déclarèrent leur joie de savoir que la situation s'était arrangée, Tenten le serra dans ses bras, suivie de Sakura. Temari lui lança ce sourire qui signifiait tout, et Sasuke trinqua avec lui. Il observa Azur qui lui souriait, assise appuyée contre le torse de Kiba. Son meilleur ami était en couple, et il ne lui en avait même pas parlé. Complétement perdu à cause du coma de son père, il avait l'impression d'avoir dormi durant toutes ces semaines. C'était comme s'il se réveillait maintenant, et découvrait face à lui deux amis soudainement ensemble.

Kiba dit quelque chose à Azur, et elle lui frappa le bras qu'il avait posé contre elle. Leur position semblait ne choquer personne. Il était le seul à ne pas avoir vraiment réalisé qu'ils étaient bel et bien en couple.

Sasuke et Sakura riaient ensemble. Sasuke riait. C'était tout aussi choquant que Kiba et Azur en couple. Et Tenten, au contraire, ne riait pas. Elle semblait complétement ailleurs, perdue.

Combien de choses avait-il manquées durant son sommeil ? C'était comme s'il avait été dans le même coma que son père et avait repris conscience en même temps que lui. Temari vint s'asseoir à côté de lui. Il se rappela leurs mains enlacées et souhaita que le contact se reproduise. Son attitude à elle-aussi avait changé, du moins envers lui.

- Tu vas aller le voir après ?

Il hocha la tête.

- Je suis vraiment heureuse pour toi.

Il se baigna dans son sourire, dans ses yeux, dans tout ce qu'elle dégageait. Il se sentait plus léger que jamais. Toute l'horreur de ces dernières semaines avait enfin pris fin. Tout allait aller mieux, dorénavant.

- Eh les gens ! Il fait trop beau, on fait un camping ce week-end ?

Les jeunes acclamèrent l'idée de Naruto, alors que Sasuke faisait remarquer, sceptique, qu'à la mi-avril, ils risquaient fort de subir une averse.

Ce soir-là, Shikamaru se rendit auprès de son père. Les Nara ne se serrèrent pas dans les bras, ce n'était pas de cette façon qu'ils agissaient. Shikaku lança un sourire amusé à son fils, qui leva les yeux au ciel.

- C'est maintenant que tu te réveilles, soupira-t-il.

- Désolé, j'étais plongé dans un rêve merveilleux, ta mère était devenue douce et affectueuse, et tu étais une fille.

- T'aurais voulu que je sois une fille ?

La mère de Shikamaru pénétra dans la chambre à cet instant et serra si fort son mari que leur fils aperçut une grimace de douleur sur son visage. Lorsqu'elle s'éloigna finalement de lui, Shikaku l'embrassa doucement, sous l'air écœuré de son fils. Puis, il se tourna vers lui et lui adressa un sourire fatigué.

- Tu nous as manqué, marmonna Shikamaru.

- Je suis désolé. Je suis là maintenant.


Dans une autre vie, quand il était encore capable de ressentir ce genre de sentiments, Pein avait été fou amoureux de Konan. De son enfance à la fin de son adolescence, elle avait été ce qui lui avait permis de tenir face à la violence de son père et la douleur de sa mère. Elle l'avait guidé à travers les moqueries des autres, et lui avait témoigné ce respect dont il avait tant rêvé. Lorsque sa mère était tombée sous les coups de son père, elle l'avait bordé comme un enfant, et avait soulagé, au moins un peu, la douleur qui lui tordait le ventre.

Mais elle n'avait rien pu faire contre ce désir de vengeance qui l'habitait, cette haine et cette avidité de pouvoir qu'il l'envahissaient peu à peu. Elle avait donc voué sa vie à le protéger des autres, mais surtout de lui-même. Et voilà où cette dévotion l'avait menée.

- Elle est morte, avait annoncé Itachi.

Pein lut à nouveau l'article de journal qu'avait posé Itachi devant lui quelques temps auparavant. Une tentative de meurtre du policier dans le coma amorcée. La femme qui en était responsable tuée. Et des milliers de lecteurs soulagés de l'apprendre. Soulagés d'apprendre que Konan était morte.

Au fond, ils étaient tout autant cruels que lui, si ce n'était plus. Ils fêtaient la mort d'un être humain. Seuls des monstres pouvaient le faire. Lui ne s'était jamais réjoui des meurtres qu'il avait ordonné. Chaque mort était une perte, une perte nécessaire. Ces hommes et femmes, là-dehors, qui le craignaient désormais, ne valaient pas mieux que lui. Ils étaient ceux qui, enfants, s'étaient moqués de lui et l'avaient rejeté. Ils le faisaient avec tous ceux qui ne leur ressemblaient pas. Ils ne méritaient pas plus de vivre que lui, et pour cette raison, Pein n'allait pas renoncer.

La mort de Konan était terrible, mais il n'avait plus l'âme à la pleurer. Elle avait été le seul lien qui l'unissait encore au peu d'humanité qui lui restait. Ce lien rompu, Pein était incapable de le regretter puisque ces sentiments s'étaient éteints au même instant que le cœur de Konan.

Il n'y avait plus de haine désormais, plus de douleur, plus de remords, rien. Juste un trou béant qui le dévorait peu à peu. Et cette certitude qu'il ne fallait pas quitter cette ville. Elle devait payer.


- J'ai pas envie d'y aller.

Gaara répétait cette phrase sans cesse, espérant naïvement que sa sœur l'écoute. Elle l'avait traîné de force dans le magasin où elle avait rendez-vous avec Sakura et Azur pour acheter des bouteilles destinées à être vidées le soir-même.

- Si je ne te ramène pas, Naruto va me souler toute la soirée, répliqua Temari. Alors tu viens.

- T'as peur de Naruto ? soupira Gaara.

- Dieu sait qu'il peut-être putain de chiant.

Azur et Sakura les rejoignirent au rayon alcool, où la discussion portant sur les bouteilles qu'il fallait acheter eut vite fait d'ennuyer Gaara. Il se dirigea vers le premier pack de bière qu'il vit et le mit dans le charriot que sa sœur et lui avaient pris. Azur lui tomba immédiatement dessus.

- Mais elles sont super chères celles-là !

Sakura renchérit qu'elle en préférait d'autres, et finalement, Temari décréta que les garçons amenaient déjà des bières et qu'elles devaient choisir de l'alcool fort. Gaara s'empara alors d'une bouteille de tequila au hasard, et…

- Pas celle-là, elle est dégueulasse !

Finalement, le rouquin finit les courses au rayon mangas, où il se posa et entreprit de lire le premier tome d'une série qui avait l'air plaisante. Alors qu'il entamait le second chapitre, Azur apparut derrière le rayon.

- On a enfin trouvé, tu vi…

Face à l'air terrifiant de Gaara, l'adolescente comprit qu'il valait mieux le laisser là et courut rejoindre ses amies.

Temari réussit, après avoir accepté d'acheter le manga, à convaincre Gaara de les suivre à l'extérieur du magasin. Ils durent courir jusqu'à l'arrêt de bus, où ils attrapèrent de justesse celui qui était sur le point de démarrer. Azur et Temari s'assirent à coté et Gaara se retrouva avec Sakura, qui entreprit de discuter avec lui. Il se surprit à bavarder tranquillement avec elle, surpassant sa gêne habituelle avec les personnes qu'il ne connaissait pas.

Ils se rendirent ensuite chez Shikamaru, où ils devaient déposer les bouteilles qu'ils avaient achetées. Il avait été décidé qu'il amènerait tout le matériel en voiture sur le lieu que Naruto avait choisi pour le camping le soir-même.

L'adolescent les attendait sur le parking, accompagné de Kiba et Naruto qui avaient apporté deux tentes et des bouteilles. Après qu'ils se soient tous salués, ils commencèrent à remplir le coffre de la voiture. Alors qu'Azur et Kiba se chamaillaient sur la façon dont il fallait disposer les affaires, Lee et Tenten arrivèrent, des sacs remplis de victuailles dans les mains.

- Vous tombez bien, j'avais faim ! s'exclama Naruto en se jetant sur Tenten.

- C'est pour ce soir ! le coupa Temari en le tirant par le col.

- Juste un biscuit ? la supplia Naruto.

- Même pas en rêve !

Lorsque le coffre fut rempli, ils discutèrent un moment de l'heure du rendez-vous et de ce que chacun devait apporter de son côté. Tenten et Naruto amèneraient leur guitare, Azur son appareil photo, Naruto un vieux ballon et Temari des couvertures, au cas où il faisait froid. Shikamaru tenta de les avertir du risque de pluie, mais sa remarque fut couverte par les cris d'excitations de Lee et Naruto.

Peu à peu, le parking de Shikamaru se vida, et bientôt il ne resta plus que Tenten, Naruto et Lee. Les deux derniers mangeaient secrètement dans la voiture tandis que les deux autres discutaient des tentes qu'ils auraient à disposition.

- Naruto et Kiba ont amené chacun une tente de quatre places. Avec Sasuke on sera 10 je crois, j'ai une tente pour deux, ça devrait jouer.

- Dans le pire des cas, on force les mecs à dormir dehors, sourit Tenten.

- Les autres alors, parce que moi j'ai besoin de dormir, et c'est pas avec eux que je vais y arriver.

- Je te laisserai dormir avec Temari, ne t'inquiète pas !

Shikamaru ignora le sourire moqueur de la brune.

- En tout cas, ce camping c'est une bonne chose, déclara-t-elle, son sourire soudainement disparu. Ça va nous faire du bien.

- Ouais…

Son père allait bien, il devait rester à l'hôpital pour le moment, mais il était hors de danger. Sa mère était insupportable à la maison, mais mis à part ça, Shikamaru n'avait pas à se plaindre. Pourtant, l'idée de sortir avec ses amis et de se changer les idées avec eux était plus que plaisante : il avait traversé une période difficile.

Mais Tenten semblait avait tout autant besoin que lui de ce camping. Il n'osait pas vraiment lui demander pourquoi, mais il était persuadé qu'il y avait quelque chose qu'elle ne leur disait pas.

- C'est une bonne chose qu'on se retrouve tous pour oublier nos problèmes, ajouta-t-elle.

Il aurait dû lui demander quels étaient les siens, de problèmes. Un véritable ami l'aurait fait. Mais Shikamaru se tut. Il se contenta de hocher la tête.

Il n'était pas du genre à montrer son attachement à ses proches. Son amitié avec Choji en avait payé les frais. Il était donc incapable d'exprimer à quel point ils lui tenaient à cœur. La triste histoire de son père, Chouza et Inoichi lui avait inculqué au moins une chose : il fallait profiter des instants de bonheur partagés entre amis. Ils étaient éphémères. Et parfois, les amitiés l'étaient aussi.

Après tout, ils riraient ce soir-là. Mais qui pouvait assurer que d'ici quelques mois, tout irait aussi bien ? Le coma de son père lui avait donné l'impression que tout était fragile. Et ces moments de joie semblaient avoir plus de valeur que jamais.

La fin de l'année approchait. Temari, Azur et Tenten allaient quitter le lycée. Elles allaient s'éloigner d'eux, c'était juste évident. Sakura allait peut-être rentrer à Londres. Et puis, l'année suivante, ils termineraient à leur tour le lycée. Chacun partirait de son côté, et parmi tous les liens qu'ils avaient tissés, seuls quelques-uns auraient la chance de résister. Il n'y avait que dans les films et séries américaines que les hommes et femmes restaient ensemble pour toujours. L'histoire du père de Shikamaru était la preuve que peu d'amitiés parvenaient à grandir en même temps que ceux qu'elles reliaient. Souvent, les gens restaient coincés dans le souvenir, et, inévitablement, leur relation finissait par se briser.

Shikamaru n'était pas naïf. Certains d'entre eux garderaient contact. Ils se reverraient peut-être pour boire un verre, de temps à autres. Mais ces instants étaient précieux, car ils faisaient partie des derniers. La fin approchait.


- Naruto, tiens bien la sardine… Naruto, attends, la lâche pas déjà ! NARUTO !

Sakura se retrouva recouverte par la tente qu'elle tentait désespérément de monter avec les garçons. Azur et Temari observaient la scène, commentant :

- Non vraiment, belle autorité Sakura !

- J'admire le travail d'équipe, ajouta Azur.

- Au lieu de vous foutre de nous, venez nous aider ! râla Kiba.

- On laisse Sakura gérer, elle s'en sort si bien ! répliqua Azur.

Cette dernière s'agitait dans tous les sens, tentant désespérément de trouver la sortie de l'amas de tissus et de tiges en plastiques dans lequel elle était embourbée.

- M'aidez surtout pas à sortir hein !

Shikamaru leva les yeux au ciel avant de rejoindre l'adolescente sous la tente d'où il l'aida à sortir. Elle rejoignit immédiatement Naruto, rouge. Ce dernier se tenait droit, un air de culpabilité presque attendrissant collé au visage.

- Je te voyais depuis la fenêtre Naruto, je t'ai dit de ne pas lâcher cette sardine !

- C'est pas ma faute, marmonna le blond, ma main droite me grattait !

- Ah, si sa main droite le grattait, ça justifie tout, lança ironiquement Sasuke.

Tenten les rejoignit, un sac empli de nourriture dans les bras. Derrière elle, Gaara et Lee portait sa guitare et celle de Naruto.

- La voiture va pas se vider seule !

- Je te signale qu'on est occupés, répliqua Shikamaru.

- Oui, à essayer de monter une tente… depuis 20 minutes.

Azur rit à la remarque de Temari et les garçons les fusillèrent du regard.

- Vous pouvez aller vous faire foutre pour qu'on monte les autres !

Azur ramassa une des tente au sol, en retira la housse et la lança en l'air. La tente se déplia et atterrit sur le sol, parfaitement montée.

- La magie des tentes instantanées !

Temari et elle entreprirent de planter les sardines pour la fixer au sol, tandis que les autres maugréaient que c'était injuste.

Après plusieurs minutes à se débattre avec le mode d'emploi et la tente, ils achevèrent finalement sa mise en place. Tenten, Gaara et Lee apportèrent les derniers sacs de nourriture, les garçons coururent chercher le ballon dans le coffre et se mirent à jouer pendant que Temari et les filles partaient chercher du bois.

- C'est pas aux filles de faire le feu, déclara Kiba alors qu'elles revenaient.

Sasuke et Naruto le rejoignirent en vue d'allumer le bois ramené par les filles, mais Temari se dressa devant eux, une lueur terrifiante dans les yeux.

- Et pourquoi ? Tu crois que le fait d'avoir des couilles te rend plus apte à faire un feu que moi ? Dans une autre vie, j'étais pompier. Ce soir, je suis le maître du feu.

- Dans une autre vie ? répéta Kiba, sceptique.

- Oui, ma vie d'avant. Dans la tienne, tu devais être un mac… ou un insecte.

- Azur, ton amie critique ton mec ! lança l'adolescent, implorant son aide.

Elle se contenta de hausser les épaules, l'air de penser « t'aurais été pas mal en insecte ! » avant de lui lancer un sourire goguenard.

Après quoi, Temari fut la seule autorisée à s'occuper du feu. Elle mit le feu aux branches ramassées plus tôt et peu à peu, quelques flammes commencèrent à s'élever timidement. Tenten courut rejoindre les garçons qui jouaient au foot, faisant tomber au sol un Kiba qui lançait que « les filles ne jouaient pas au foot ». Naruto alla avec les filles qui avaient entrepris de faire les sandwichs pour le soir. Lorsqu'elles le virent arriver, elles écartèrent la nourriture du garçon.

- Les mecs au foot, les filles à la cuisine, on aime les clichés ici ! râla le blond.

- On aime pas les clichés, on aime manger des trucs qui ressemblent à quelque chose, répliqua Temari.

- Qu'est-ce que tu comptes mettre dans ces sandwichs ? demanda Azur, menaçante.

- Euh… des trucs normaux vous inquiétez pas…

- Des trucs normaux ? insista Sakura.

Naruto s'empara d'une boite de fromage.

- Genre du fromage, du jambon… et puis je pensais à un peu de ketchup, pourquoi pas des biscuits qu'on a ramené avec Lee, et peut-être du saumon et du…

- Dégage !

Le blond s'en alla, tout peiné, et il fut décidé que Shikamaru, Gaara et Sasuke, plus raisonnables, aideraient les filles à sa place. Un peu plus loin, Tenten et Lee jouaient contre Kiba et Naruto. La première équipe peinait un peu, non pas à cause d'une différence de niveau, mais parce que Kiba s'était mis en tête de réduire en charpie tout adversaire se dressant entre le ballon et lui. Tenten, agacée par son attitude, finit par lui tirer le ballon en plein visage. Les quatre revinrent vers leurs amis, pleins de sueurs, de terre et de bleus.

- Azur, elle m'a pété le nez ton amie ! râla Kiba, le visage enfoui dans ses mains.

- Ton copain m'a détruit la cheville !

- Fallait nous aider à faire les sandwichs, fit Azur en haussant les épaules.

- T'es vraiment à chier comme copine ! Une bonne femme console son homme lorsqu'il rentre du sport, crevé et blessé. Elle soulage ses blessures et…

- T'es assez mal placé pour donner des conseils en matière de relation de couple, l'interrompit Temari avant de se tourner vers Lee et Naruto qui sanglotaient dans les bras de Sakura en montrant leurs divers bleus. Et ben, quels hommes…

Azur laissa les autres finir de préparer la nourriture et commença à prendre des photos. Après quelques minutes, Lee et Naruto lui avaient volés l'appareil et photographiaient chaque brin d'herbe, se proclamant grand artistes visionnaires. La propriétaire de l'appareil photo les regarda faire, désespérée.

- Regarde Azur ! J'ai pris le soleil à travers les feuilles de l'arbre, c'est artistique non ? Tu penses que j'aurais une chance en tant que photographe ?

Elle hésita entre dire la vérité au risque de briser les rêves du jeune blond, ou le conforter dans sa na nouvelle idée d'avenir.

- Une photo de soleil, super original, fit Sasuke.

Naruto s'en alla, boudeur.

- Arrêtez de vous acharner sur lui, soupira Shikamaru.

- T'as raison, il va nous faire une dépression le pauvre, approuva Kiba.

- Naruto, on t'aime ! s'écria Lee en partant à la poursuite de son ami.

La journée passa rapidement, ils mangèrent les sandwichs et firent cuir de la nourriture sur le feu. Cependant, celle-ci cuisit si lentement qu'ils se retrouvèrent à manger des saucisses crues.

- C'est un peu logique, pour faire des grillades, y'a besoin d'une grille. Les saucisses sur une pique, ça marche que dans les films les gars.

La remarque de Shikamaru fut accueillie par quelques insultes de Naruto et Kiba qui rangèrent leur saucisses, dépités. Ce dernier se dirigea alors vers un des sacs et en sortit une bouteille d'alcool fort.

- Bon les gars, la bière ça va un moment, mais passons aux choses sérieuses !

Tenten et Naruto se mirent à jouer de leurs guitares tandis que les jeunes buvaient. Azur s'assit entre les jambes de Kiba qui demandait à ses amis de jouer la musique du générique de Game of Thrones. Les deux musiciens, ne connaissant pas la série, refusèrent.

- Mais allez ! Elle est vraiment cool ! Ça fait comment déjà…

Il avala une gorgée de vodka-jus d'orange et entreprit de chanter la musique.

- N'importe quoi, tu le fais super mal.

- Pitié, faîtes le taire, supplia Sasuke.

Azur et Sakura, qui connaissait elle aussi la série, se mirent à chanter, ignorant les jurons de Kiba. Naruto et Tenten reproduisirent plus au moins la même musique.

- Mon dieu, on dirait qu'une armée de chevaliers va débarquer d'un instant à l'autre, lança Shikamaru.

- C'est normal, c'est une musique épique ! s'exclama Azur.

- Du danger, fit Naruto d'une voix grave tout en jouant, de la passion… du suspens… de la mort ! Le camping, un film épique !

- Arrête, on s'y croirait presque, rit Sakura.

- Avec Sakura, dans le rôle de la princesse en danger !

- Et pourquoi la fille serait en danger ? soupira Temari.

- Et Temari, en grande prêtresse des ténèbres !

La blonde sembla apprécier son rôle et acquiesça.

- Lee, en fée de la nature !

- Fée de la nature ?

- Rapport au vert, j'imagine, fit Gaara en haussant les épaules.

- Et Gaara, en héros de la lumière !

Il haussa les sourcils, étonné de se voir conférer le premier rôle d'un film inexistant.

- Kiba, le prince noir du pays des pervers ! Et Azur, la prêtresse de l'amour et de la pureté qui le convertit à la bonté.

- N'importe quoi, rit la concernée.

- Et Shikamaru, le leader de la rébellion des dormeurs vengeurs de la contré de Prass dans le continent des 4 lunes roses et des lapins mangeurs de…

- Et Naruto dans le rôle de la mauvaise voix off de trailer ! C'est bon, on peut passer à une autre musique ?

Tour à tour, ils demandèrent des musiques de films, de séries ou d'émissions télé, puis des chansons qu'ils connaissaient tous. Tandis que Naruto et Tenten jouaient, les verres se vidaient et les bouteilles vides se multipliaient. Le réveil allait être dur, mais peu importait. Seul comptait l'instant présent. Azur continua à prendre des photos, et peu à peu, le sens des choses se perdit. Lee et Tenten décidèrent de faire un concours de colonnes droites, Azur et Kiba s'embrassaient sans retenue devant les autres qui s'en moquaient tout à fait, Gaara et Sasuke, évidemment sobres, pariaient sur divers événements qui risquaient de se produire, l'alcool aidant, et Naruto, Sakura et Temari s'étaient mis en tête d'aller chercher plein de bois pour le feu.

- Un des trois va se perdre, affirma Sasuke.

- Tu penses ?

Sasuke montra à Gaara Temari qui venait de s'étaler sur le sol après avoir trébuché sur la jambe de Shikamaru qui était allongé, les yeux rivés vers le ciel. Elle l'insulta et se releva, tentant de regarder un peu de dignité.

- Vu le peu d'équilibre qu'elle a, je parie sur Temari, lança Shikamaru.

Naruto se mit à courir, hurlant qu'il trouverait plus de bois que quiconque et Gaara le désignant d'un coup de tête.

- Naruto.

- Je suis pour Sakura alors, décida Sasuke.

- C'est pas très étonnant, lança Temari, mine de rien, avant de rejoindre les autres dans les bois.

Sasuke ignora le sous-entendu et se lança dans d'autres prévisions avec Gaara. Shikamaru lui, écoutait à moitié ce qui se disait autour de lui. Le soleil s'était couché depuis un moment et ses amis commençaient à tous être ivres. Évidemment, il n'avait aucune envie de boire. Et évidemment, ses amis allaient tenter de trouver un moyen pour qu'il le fasse malgré tout.

Quelques étoiles commençaient à apparaitre dans le ciel. Plus tard dans la nuit, si éloignés de la ville, ils pourraient certainement en apercevoir plus qu'ils n'en avaient jamais vu à Tokyo.

Ils étaient partis soit en train, soit dans la voiture de Shikamaru jusqu'à un vieux champ éloigné de la ville. Si le propriétaire débarquait, ils se feraient expulser. Mais tout ça n'inquiétait personne, pas plus que le fait que la météo prévue pour la nuit fut mauvaise. Parfois, il avait l'impression d'être le seul à réaliser les choses. Ses amis semblaient plongés dans un monde où tout allait merveilleusement bien. Lui était incapable de les y rejoindre, encore moins désormais. Le réveil de son père n'avait pas effacé la crainte de le perdre, ni les souvenirs de ces dernières semaines passées dans une espèce de léthargie.

Il songea à, lorsque enfant, il regardait le ciel avec son père qui lui apprenait le nom des étoiles. Ou quand, avec leurs père, Ino, Choji et lui admiraient ces dernières en découvrant des constellations inexistantes. Là, se trouvait le chapeau de cowboy, celle que tous appelaient la petite ours. C'était Choji qui l'avait baptisée ainsi. Plus au Sud, se trouvait le serpent des mers, découverte d'Ino. Et à l'Est, les maracas, création de Shikamaru. Il se souvenait de leur noms, mais était incapable de retrouver l'emplacement de la plupart. Elles n'avaient été que le fruit de l'imagination débordantes de trois enfants. Aussi éphémères que leur amitié.

Il se dit qu'il aurait dû inviter Choji au camping. Peut-être auraient-ils pu reconstruire quelque chose après le geste que lui et sa famille avaient eu envers lui. Quelle raison l'empêchait de renouer contact après tout ?

Était-ce de sa faute, au fond, s'ils s'étaient éloignés ? Son père n'avait rien fait lorsque Inoichi avait séduit sa femme, et ç'avait entraîné la fin de leurs rêves d'adultes. Lui avait laissé Ino et Choji s'éloigner de lui. Il était comme Shikaku. Il ne faisait rien.

Il se redressa un peu et vit Kiba et Azur qui s'embrassaient comme si le monde allait se mourir cette nuit. Bien sûr, Kiba espérait coucher avec elle plus tard. Mais il n'y avait pas que ça. Son regard, ses mains qui la touchaient doucement, son sourire quand ils se séparaient quelques secondes… tout ça appartenait à un garçon amoureux.

Même Kiba changeait un peu. Et il n'y avait été pour rien. Pendant que son ami décidait de grandir, lui se perdait dans ses peurs pour son père. C'était Azur qui l'avait porté.

Il sourit face au spectacle qu'ils offraient. A vrai dire, c'était assez ridicule, et même un peu gênant. L'alcool leur faisait perdre toute pudeur. Mais il y avait aussi un côté touchant à voir ainsi un garçon perdu et celle qui pouvait le sauver s'accrocher l'un à l'autre. Shikamaru avait été incapable d'aider Kiba comme il se devait. Azur le pourrait peut-être.

Comment vivait Ino le fait de voir celui qu'elle n'avait pu garder s'attacher à une autre, si différente d'elle ? Comme à son habitude, Shikamaru observait, devinait, mais ne faisait rien. Il avait observé Ino, deviné qu'elle souffrait plus que jamais… et ne lui avait pas parlé.

Temari finit par revenir, une grande quantité de bois dans les mains. Il lui lança un regard amusé.

Combien de temps lui restait-il avant que Temari quitte le lycée, et qu'ils se perdent de vue ? Combien de temps perdraient-ils ? Allait-il enfin prendre la décision, folle à ses yeux, de se bouger un peu dans sa vie ? Et s'il ne le faisait pas ?

Sakura arriva à son tour, apportant moins de bois que Temari. Kiba et Azur finirent par se séparer, et le premier déclara qu'il défiait quiconque de pisser plus loin que lui. Lee entraina Gaara et Sasuke avec eux tandis qu'ils se dirigeaient à l'écart pour se défier dans un domaine que Shikamaru ne voulait même pas envisager. Il plaignit Gaara et Sasuke lorsqu'il les entendit protester.

- Naruto est toujours pas revenu ? s'étonna Sakura.

Après une demi-heure, ils commencèrent à s'inquiéter sérieusement et Kiba et Tenten partirent à sa recherche après l'avoir appelé, sans succès. Ils revinrent avec un blondinet ravi de retrouver ses amis.

- Il s'était perdu… soupira Kiba.

- Tu as failli faire pareil je te signale, ricana Tenten.

Sasuke lança un regard amusé à Gaara qui esquissa un sourire satisfait. Il était déjà revenu vainqueur du défi de Kiba, qui avait marmonné, révolté :

- Jamais j'aurais cru qu'il allait gagner… Un mec aussi discret peut pas pisser aussi loin, c'est injuste.

La nuit se fit plus noire, ils allumèrent des lampes torches, le feu ne suffisant plus à les éclairer. Kiba décida de se mettre à la guitare, mais Sakura et Azur se jetèrent sur lui après trois notes, décidant, avec l'accord unanime des autres, qu'il valait mieux l'éloigner de tout instrument. Kiba s'empara alors d'Azur et la balança à terre. Ils se battirent un moment comme des idiots, alors que Lee se prenait en photo avec un Sasuke blasé.

Les esprits se calmèrent peu à peu. Ils finirent réunis autour du feu qui faiblissait peu à peu, écoutant le son des guitares de Naruto et Tenten et discutant de tout et de rien en mangeant les quelques biscuits qu'il restait. Azur s'endormait peu à peu dans les bras de Kiba, Sakura, la tête posée sur l'épaule de Naruto, chantait doucement et Temari observait Shikamaru qui avait le visage levé. Elle lui demanda s'il avait découvert un ovni quelque part.

- Y'a vachement plus d'étoiles ici qu'à Tokyo.

Elle sourit. C'était vrai.

- Là, c'est la constellation des maracas, je l'ai enfin retrouvée.

Il pointa une amas d'étoiles dans le ciel, visiblement satisfait.

- Elle existe pas cette constellation.

- Ce sont juste des étoiles. On voit ce qu'on veut dans le ciel.

Elle ne sut pas quoi répondre. Shikamaru n'était pas vraiment avec eux en cet instant. Elle le contempla, admira ses traits fins, ses yeux sombres plongés dans cette mer de constellations imaginaires.

- Celle-là, on dirait une bite, fit brusquement la voix de Kiba.

Temari éclata de rire malgré elle. Comment briser un instant magique. Rapidement, les autres se mirent à chercher des formes dans les étoiles. Un ananas, une sirène, un Iphone, des fesses ou une tasse. Tout y passa. Elle, observa plutôt Shikamaru, et le sourire étrange qu'il affichait en écoutant les trouvailles de ses amis. Comme si la discussion lui rappelait un souvenir lointain et agréable. Puis elle entreprit de découvrir, elle aussi, une constellation qui serait la sienne.

- Mais je te jure que y'a ton visage Sakura ! s'exclama Naruto.

- C'est pourri comme technique de drague, répliqua Tenten.

- Là, fit Temari à l'oreille de Shikamaru.

Il se tourna vers elle, puis suivit des yeux la direction que son doigt montrait.

- Il y a nous tous. Tu vois pas ?

Quelque chose traversa son regard. Il sembla les chercher un instant, comme avec espoir. Puis, un instant après, il se ressaisit.

- Pas vraiment. C'est rare de voir autant de gens dans le ciel.

- On peut y voir ce qu'on veut, non ?

Il sourit, vaincu à son propre jeu.

- T'es bourrée, c'est normal que t'y voies n'importe quoi.

Elle hocha la tête et posa son front contre son épaule. Ses lèvres murmurèrent contre son bras :

- Tu dors avec moi cette nuit ?

Quelque chose s'arrêta en Shikamaru. Il ne bougea pas et ne répondit rien, tenta seulement d'ignorer les gestes salaces que faisait discrètement Kiba dans sa direction en chuchotant, pour ne pas réveiller Azur :

- Pé-cho, pé-cho !

Temari n'avait pas remué. Peut-être avait-elle réalisé ce qu'elle venait de demander. Ou peut-être s'était-elle tout simplement endormie.

- On peut pas dormir dans la même tente, sinon demain, quand t'auras décuvé, tu vas me tuer, chuchota Shikamaru.

Elle se redressa et sembla d'accord avec lui.

- Mon moi sobre peut être hyper dangereux.

Peu à peu, chacun alla se coucher. Naruto, Sasuke et Gaara prirent une des tentes à 4 places, Tenten et Sakura allèrent dans la seconde tandis que Kiba réveillait doucement Azur pour qu'ils aillent se coucher dans celle à deux places. Alors qu'elle s'y rendait en titubant, Kiba s'approcha de Shikamaru, un sourire pervers sur le visage.

- Cette nuit, je baise !

Shikamaru lança un regard sceptique à Azur, qui semblait prête à s'effondrer mais ne voulut pas décourager son ami, et se contenta par conséquent de lui souhaiter une bonne nuit.

- On fera peu de bruit, promis !

- Il va jamais pouvoir se la faire, décréta Temari lorsqu'il eut rejoint Azur.

Il ne restait plus qu'eux et Lee qui s'était endormi dehors. Temari regardait les photos qu'Azur avait prises et riait de temps à autres. Elle finit par tendre l'appareil à Shikamaru.

- Je crois que c'est Lee qui s'est amusé à prendre tes fesses en photos. Y'en a pleins.

Il soupira. Les divers clichés de son derrière s'affichèrent. Il ne put s'empêcher de remarquer que son jeans lui faisait des fesses un peu trop rebondies à son goût.

- Il aurait pu choisir mieux comme objet de fantasme. Kiba a un joli cul.

L'idée qu'elle avait couché avec lui fit mal à Shikamaru. Il ne put pas s'empêcher d'imaginer Temari, nue dans les bras de son meilleur ami.

- Sasuke aussi.

La discussion dévia. Ils continuèrent à regarder les photos. Les dizaines de tentatives artistiques de Lee et Naruto, les photos de la nourriture, du feu, de Temari qui se tenait devant lui, fière de son œuvre.

- Je suis assez canon en maître du feu.

Les photos de chacun d'entre eux, des bouteilles d'alcools, de Naruto et Tenten jouant de la guitare, de Naruto faisant des grimaces.

Les filles qui se prenaient dans les bras, Sakura entre Naruto et Sasuke, Gaara et Temari, Lee et Tenten s'enlaçant, Kiba et Azur s'embrassant, Shikamaru admirant les étoiles, Tenten et Azur qui faisaient les idiotes dans son dos, Kiba hilare au sol, Gaara et Sasuke riant ensemble, Sakura sur les épaules de Naruto se battant contre Lee sur celles de Temari, Sakura embrassant la joue d'Azur, Kiba tendant son verre plein aux côtés d'un Shikamaru blasé, les garçons tous réunis pour une photo, Azur bavant dans son sommeil… Temari, le font posé contre l'épaule de Shikamaru.

Le défilé de photos s'interrompit. Ils se regardèrent.

- Quand tu auras décuvé, cette photo te fera honte, sourit Shikamaru.

- On aura tout oublié demain.

- La photo sera encore là.

- On n'a qu'à l'effacer.

Il la regarda, attendant qu'elle le fasse. Elle finit par se décider et appuya sur « delete ».

- Du coup on a plus de photos ensemble ! Tout le monde a des photos ensemble sauf nous !

Elle entreprit alors de les prendre en photos. Après quatre flashs aveuglants, Shikamaru lui retira l'appareil des mains.

- Je veux même pas voir nos têtes.

- Des têtes de gens bourrés, fit Temari.

- Je suis pas bourré.

- Je sais.

Elle n'avait pas l'air décidée à aller se coucher. Ils restèrent là à contempler le feu qui s'éteignait lentement. L'œuvre du maitre du feu qui se mourait. Puis, quelque chose d'humide frappa le visage de Shikamaru. Une goutte. Deux, trois, puis des dizaines.

Il pleuvait. Évidemment. La météo l'avait annoncé, il l'avait annoncé, mais personne ne l'avait écouté. Et maintenant, ils allaient se retrouver trempés.

- Il y a un abri plus loin, une cabane, déclara Temari. Je l'ai vue quand je cherchais du bois.

Elle appela Lee pour le réveiller, et, alors qu'il réalisait qu'il pleuvait, elle lui ordonna de réveiller les autres.

- Rejoignez-nous par là-bas.

Et elle saisit le bras de Shikamaru qu'elle tira à sa suite. Avant qu'il n'ait pu dire quoique ce fut, il se retrouvait courant derrière elle sous la pluie qui peu à peu devenait torrentielle.

- Bouge ! Tu cours jamais dans ta vie ou ? J'ai pas envie de tomber malade !

Ils arrivèrent à la petite bâtisse, certainement le domaine du propriétaire, et s'abritèrent sous son toit. Tremblante, Temari jura à cause du froid soudain.

- On aurait dû prendre à manger.

- C'est toi qui es partie sans même réveiller les autres.

- Lee peut bien le faire.

C'était une réponse qui ne servait qu'à masquer la véritable raison de cette fuite hâtive : d'ici peu de temps, les autres allaient tous se lever. Et ils ne seraient plus seuls. Ils ne le seraient certainement plus avant longtemps. Et l'instant étrange où tous deux avaient été si proches prendrait fin. Shikamaru allait mieux, Temari n'avait donc plus aucune raison de se montrer attentionnée envers lui. Cette nuit était la dernière où ils pourraient se comporter ainsi l'un envers l'autre.

Temari et lui parlaient encore, mais il ne savait plus vraiment de quoi. Elle le regardait dans les yeux, et ses réponses sortaient automatiquement. Peut-être ne l'écoutait-elle pas plus que lui. Seule la dernière phrase qu'elle prononça lui parvint :

- On aura tout oublié demain.

Il savait ce qui allait se passer. Et il ne voulait plus fuir, et encore moins mettre fin à ce moment. Sans même le toucher, elle était plus proche de lui que jamais. Quelques centimètres de franchis, et il n'y aurait plus de retour en arrière possible.

Bien sûr, ils n'oublieraient pas. Temari décuvait peu à peu, et l'alcool ne suffirait pas à masquer le souvenir de ce baiser. Ils feraient juste semblant, comme toujours. Juste une fois, rien de plus. Juste pour voir : cela en valait-il la peine ?

Et puis, les cris des autres parvinrent à leurs oreilles. Les lèvres de Temari restèrent en suspens, non loin des siennes. Le baiser n'aurait pas lieu. Et c'était certainement mieux ainsi.

Ils s'éloignèrent, les autres les rejoignirent, tous trempés et jurant. Ils s'abritèrent tous, se serrant pour ne pas avoir froid. Le bras de Temari se colla au sien et il lui lança un regard curieux. Elle lui sourit.

- Juste au bon moment.

Si elle était ironique ou sincère, c'était impossible à discerner. Mais il acquiesça et rit même. Tout ça voulait peut être dire quelque chose. C'était certainement la preuve qu'ils n'étaient pas faits pour être ensemble.

Qu'aurait-il fait avec Temari ? Ils se seraient embrassés, oui, et si ça avait été bien ? Et s'ils n'avaient pas voulu oublier ? Elle et lui étaient bien trop fiers, et bien trop peu prêts à vivre une vraie relation. L'indifférence et le calme de Shikamaru aurait agacé Temari. Sa fougue à elle et son instabilité lui auraient fait vivre l'enfer. Il n'osait imaginer une histoire d'amour avec elle, le drame auquel cela aurait débouché. Non, mieux valait rester ainsi.


Lee était accouru et les avait tirés de leurs tentes, hurlant qu'il s'était mis à pleuvoir. Azur et Kiba avaient mis un peu plus de temps à sortir, devant se rhabiller rapidement.

Lorsqu'ils étaient allés se coucher, Kiba avait tenté de convaincre Azur de coucher avec lui. Mais l'adolescente, ivre et épuisée, s'était finalement effondrée en sous-vêtements sous le poids du jeune, déjà nu. Il avait dû ravaler son envie et s'était finalement endormi frustré.

Après les cris de Lee, il avait dû réveiller Azur, avec difficultés car elle semblait bien décidée à dormir pendant une bonne dizaine d'heures. Finalement, après l'avoir aidée à s'habiller ( et la scène l'avait étonnée lui-même) ils étaient sortis en chaussettes. Leurs chaussures, qu'ils avaient laissées à l'extérieure, étant trempes, ils étaient partis en courant sans les enfiler. Kiba serrait la main d'Azur dans la sienne et peu à peu elle semblait se réveiller, puisqu'il l'entendait jurer. « Pluie de merde ! ».

Finalement, ils se retrouvèrent au milieu des bois qui se trouvaient à côté du champs où ils avaient campé, sans aucune idée de l'endroit où se trouvait l'abri dont avait parlé Lee. Les feuillages au-dessus de leurs têtes les abritaient un peu.

- C'est dangereux de rester sous les arbres pendant un orage, fit remarquer Azur.

- Bah trouve-le toi, l'abri !

Ils avaient tendance à se perdre lorsqu'ils étaient ensemble, remarqua Azur. Elle prit la direction de la marche, définitivement réveillée par la pluie et la course. Après quelques minutes, ils s'abritèrent sous un gros arbre, ignorant le danger dont elle avait elle-même parlé.

- Dis, je me souviens pas bien, mais t'as pas essayé de me violer à moitié ?

- Moi ? fit innocemment Kiba, jamais !

Évidemment qu'il avait essayé de coucher avec elle. Trop fatiguée, elle s'était certainement endormie alors qu'il s'imaginait parvenir à ses fins.

Azur ne saurait dire pourquoi, mais, bien qu'elle eût très envie de coucher avec lui, l'idée de le faire lui faisait peur. Elle avait parfois le pressentiment que si elle donnait à Kiba ce qu'il voulait, elle le perdrait. Bien sûr, cela pouvait être tout à fait faux. Il avait besoin d'autre chose venant d'elle, et malgré son attitude, elle le sentait s'attacher à elle peu à peu. D'un autre côté, elle savait qu'il pouvait la blesser à tout moment.

Les véritables raisons pour lesquelles elle refusait de coucher avec lui étaient assez idiotes, au fond. Ce n'était pas qu'elle ne voulait pas, ni qu'elle n'était pas prête : c'était simplement qu'elle avait l'impression que cela serait comme rendre toute cette relation réelle. S'ils couchaient ensemble, il y aurait un lien plus profond entre eux, et elle ferait partie de toutes ces filles qui étaient passées par là. Peut-être même se noierait-elle à ses yeux parmi toutes les autres, elle n'aurait plus aucune différence avec elles. Et s'il la trouvait inférieure aux autres ? Et s'il se lassait d'elle ? Et si, en faisant ça, elle perdait tout honneur? Était-ce se rabaisser que de coucher avec lui ? Était-ce renoncer à sa fierté ? Le sexe ne devait pas être une question de fierté. C'était une question d'amour et de désir, oui. Mais quand le désir risquait de mettre fin à l'amour, que fallait-il choisir ?

Peu à peu, leur relation commençait à prendre forme. Ils étaient en couple, et quand elle y réfléchissait, tout s'était passé comme si c'était évident. Les événements s'étaient enchaînés et cette chose improbable qu'était leur mise en couple était arrivée sans qu'ils n'y soient préparés. Comment gérer une relation née de hasards et de sentiments inavoués ?

Pourtant, ils étaient là, sous cet arbre, elle, serrée dans ses bras, frottant énergiquement son dos pour lui tenir chaud. Ils prenaient soin l'un de l'autre du mieux qu'ils pouvaient. Cela faisait-il d'eux un couple comme les autres ? Elle aurait voulu le croire. Elle tentait de se le figurer, tout ça n'était qu'une histoire d'amour normale. Mais elle n'était pas si naïve. Peu importait l'ampleur des sentiments qu'il n'osait pas lui déclarer : Kiba était un être blessé et plus fragile qu'elle. Quoi de plus dangereux qu'une âme brisée ?

- Ça va, t'as pas trop froid ?

Elle secoua la tête. Tout était parfait en cet instant, et la pluie glacée n'y changerait rien. Elle ne voulait pas qu'il bouge ou qu'il retire ses bras. Elle se sentait bien.

- On pourrait baiser pour se réchauffer sinan.

Elle lui frappa le dos et il éclata de rire. Puis il se mit à caresser doucement ses bras.

A quoi bon se poser tant de questions ? Elle avait évité de trop réfléchir jusque-là. Cette relation était ce qu'elle était, et elle irait jusqu'où elle devrait aller. Et s'ils devaient souffrir un jour, alors autant profiter du bonheur présent. Elle voulait se noyer dans cette histoire d'amour, quitte à en être ivre.

Et à sa façon de tenter de lui procurer un peu de chaleur, à ses essais plus ou moins réussis de se montrer affectueux… elle voulait croire qu'il ne la blesserait pas.


Shikamaru referma le coffre de la voiture et rejoignit les autres qui regardaient les photos de l'appareil d'Azur là où se dressaient auparavant leurs tentes.

Ils avaient achevé de tout ranger. Il ne restait de cette nuit que les traces de leur pas sur le sol.

La nuit difficile et l'alcool avaient transformé le visage de certains en espèce de masques d'horreur. Temari et Naruto étaient particulièrement touchés, faisant partie de ceux qui avaient le plus bu. La plupart d'entre eux avaient l'air de zombies à vrai dire, et même lui, ayant peu dormi à cause de la pluie, arborait un air cadavérique. Les voir ainsi tous réunis, buvant de grandes gorgées d'eau dont ils se passaient les bouteilles, à moitié endormis devant les photos de la nuit, lui arracha un sourire. Eh bien, ils étaient beaux les jeunes fringants et énergiques "d'aujourd'hui" !

Il se pencha derrière Kiba pour voir les photos que Lee faisait défiler. Des sourires, encore et encore. Et puis, ces photos que Temari avait prises d'elle et Shikamaru. Il sentit quelques regards converger vers lui mais ne dit rien.

« Instant de bonheur ». Ce fut ce qui vint à l'esprit de Shikamaru lorsqu'ils s'en allèrent finalement.


« Ça fait quoi… quelques mois ? Pourtant, il me semble que c'était il y a une éternité. Et je cherche encore notre image dans les étoiles. »


Voilà voilà. J'adore Shikamaru, de plus en plus. Je crois qu'il a même dépassé Kiba dans mon cœur, c'est dire.

Cet épisode était la dernière étape de calme, le dernier moment de joie. Mais alors vraiment le dernier x) Maintenant, la véritable descente aux enfers commence. Vous saurez qui de ce beau monde est mort dans 3 ou 4 chapitres. Je vous propose de continuer à chercher qui sera ou seront le/la/les mort/e/s, c'est toujours intéressant :D Je crois que quelques personnes sont sur le bon chemin.

Sinon, j'adore écrire ces chapitres. C'est toujours très triste, mais c'est aussi génial car des moments prévus depuis un ou deux ans dans ma tête arrivent enfin. Sortez les mouchoirs et ne vous attachez plus trop aux personnages ;)

Merci de me suivre, merci de lire cette histoire et merci infiniment de la commenter. Je n'aurai jamais continué sans vous, et c'est donc grâce à vous que je peux la terminer. Cette histoire est devenue très importante à mes yeux et m'a fait énormément progresser. Je suis bien loin du niveau dont je rêve, mais je m'en approche peu à peu. J'espère en tout cas vous toucher et vous faire rêver, au moins un peu.

A tout bientôt !