2 mai 1998 : Bataille de Poudlard
16 juin 1998 : Retour de Tunisie
Période couverte par le chapitre : du 18 avril 1999 au 3 mai 1999
Le reste de la journée se passa plutôt bien. Harry profita de cette seconde journée ensoleillée pour jouer un peu au Quidditch avec son père sous l'œil attentif de Lily. En début d'après midi, ils se rendirent tous les trois au Square pour parler avec Sirius et Célesta des aménagements à apporter dans la maison. Lorsqu'ils arrivèrent, Kreattur leur ouvrit cérémonieusement la porte.
- Bonjour Kreattur. Comment vas-tu ? demanda Harry.
- Kreattur est heureux de voir maître Harry dans la maison de son maître. Maître Sirius et Madame Célesta sont dans la cuisine.
Alors qu'ils passaient dans le corridor pour rejoindre la cuisine, la mère de Sirius décida qu'il était temps pour elle de pousser quelques insultes à l'égard des nouveaux venus.
- ESPECE DE TRAITRE A VOTRE SANG ! DEHORS ! DEHORS ! JAMAIS IL NE POURRA Y AVOIR DE SANG INFAMME, DE SANG DE TRAITRE DANS MA MAISON !
- Je n'ai jamais mis les pieds dans cette maison et par Merlin j'en suis heureux. Je ne comprends pas comment Sirius a réussi à vivre ici jusqu'à ses 16 ans.
- Désolé pour ma mère, s'excusa Sirius en arrivant dans le couloir. Elle est complètement siphonnée. Je ne sais absolument pas ce que nous allons bien pouvoir en faire.
- Il n'y a pas à dire, c'est une femme charmante, se moqua Lily.
- Venez Célesta nous attend dans la cuisine.
Sirius avait ressorti les plans de la maison. Il comptait faire la chambre du bébé dans celle qui avait été la sienne. Ils parlèrent pendant un bon moment charpentes, murs porteurs, baies vitrées, cheminées et James et Lily donnèrent à Sirius le nom des entrepreneurs avec lesquels ils avaient travaillé. Harry avait finit par laisser les adultes ensemble et était reparti à la découverte de la maison. Toutes les choses qu'ils avaient été contraints de laisser sur place lors de leur fuite du ministère étaient entreposés dans la pièce de la tapisserie. Rien ne semblait manquer, même pas la moitié de photo arrachée représentant Harry avec son père.
- Kreattur a gardé toutes les affaires du maître lorsque les méchants sont venus ici.
- C'est très gentil à toi Kreattur. J'espère que tu n'as pas pris trop de risques.
- Kreattur doit défendre les affaires de ses maîtres alors Kreattur a tout caché à Poudlard. Dobby a aidé Kreattur !
- Vous nous avez tous les deux beaucoup aidés tu sais.
- Kreattur trouvait que Dobby était un mauvais elfe parce qu'il avait été libéré mais il a aidé Kreattur à prendre soin de ses maîtres et est allé les sauver. Dobby était peut être un mauvais bon elfe.
- Alors vous parlez de vos bons vieux souvenirs, lança une voix ressemblant un peu à un aboiement.
- Kreattur a gardé toutes nos affaires lorsque nous avons dû nous sauver d'ici, expliqua Harry. Qu'allez vous faire dans cette pièce ?
- Je ne peux pas enlever cette saleté du mur alors nous avons penser la repeindre.
- Dommage pour les playmates de ta chambre, se moqua Harry
- Dommage en effet !
- Ta mère a dû enrager !
- Oui ! Et c'était super !
Les Potter rentrèrent chez eux en fin de journée. Ginny devait arriver dans la soirée pour qu'ils retournent à Poudlard via le réseau de cheminées.
- Ron m'a proposé d'emménager avec lui lorsque je serai chez les Aurors, lâcha Harry à Ginny juste avant le dîner tandis que James et Lily étaient occupés ailleurs.
- Je ne savais pas qu'il était ton genre, répliqua une Ginny un peu vexée.
- Tu m'en veux.
- Je pensais que tu préférerais faire ta vie avec moi plutôt qu'avec mon frère mais il faut croire que je m'étais trompée encore une fois !
- Mais Ginny, tenta Harry. Tu vas vivre pratiquement toute l'année au centre d'entraînement des Harpies.
- Tu décides pour moi encore une fois, cria-t-elle avant de partir s'enfermer dans la salle de bains.
- Que se passe-t-il, demanda James en arrivant dans la pièce. Vous vous êtes disputés ?
- Oui. Elle m'en veut parce que je vais aller vivre avec Ron après Poudlard.
- Qu'est ce qu'elle t'a dit, demanda doucement son père comme s'il parlait à un enfant hyperémotif.
- Que je décidais pour elle et que je préférais faire ma vie avec Ron plutôt qu'avec elle. Alors que c'est faux.
- Tu lui as proposé de vivre avec elle au moins, tu sais avant de lui parler de Ron.
- Elle va être une jeune joueuse des Harpies, elle ne sera pratiquement jamais là. Je ne voulais pas la culpabiliser encore plus qu'elle ne l'est.
- Harry mon grand tu es malin, mais niveau psychologie féminine tu es nul !
- Vas-y enfonce moi !
Alors James prit soin d'expliquer à son fils les bases de la psychologie féminine pour que ce dernier puisse se faire pardonner auprès de sa Ginny. Elle était partie se réfugier dans l'immense bibliothèque de Lily et caressait machinalement le nouveau chat de Potter qui s'était lové sur ses genoux.
- Je peux te parler, demanda Harry d'une voix douce.
- Tu me demandes mon avis cette fois, c'est étonnant, lâcha-t-elle acide.
- Je n'avais pas l'intention de te vexer.
- Je ne suis pas vexée, c'est juste que j'en ai marre que Ron passe toujours avant moi et que tu prennes seul des décisions qui semblent nous concerner tous les deux !
- Je veux te proposer de vivre avec moi lorsque nous aurons terminé Poudlard depuis plusieurs semaines, avoua Harry. J'allais te le proposer lorsque je t'ai entendue dire à Hermione que tu culpabilisais énormément de ne plus pouvoir passer beaucoup de temps avec nous l'an prochain parce que tu n'aurais pas souvent l'occasion de rentrer.
- Tu m'espionnes maintenant !
- J'avais prévu de rester un peu avec mes parents en attendant que ce soit plus facile pour toi, que tu ne sois plus obligée de rester à Hollyhead constamment.
- Mais tu vas quand même aller vivre avec Ron.
- Il est malheureux. Toute la journée, il supporte Georges qui n'est plus vraiment Georges depuis la mort de Fred et il a conscience qu'il aura beau faire tous les efforts du monde ce ne sera jamais assez. Il épaule Hermione qui culpabilise tellement d'avoir modifié la mémoire de ses parents qu'elle refuse d'aller vivre avec lui. Il a essayé de prendre soin de tous ses proches mais personne ne semble vraiment prendre soin de lui. Il a besoin d'un ami, il a besoin de souffler un peu.
Ginny continua à le fixer et ne répondit rien. Il décida de continuer.
- Je ne voulais pas te culpabiliser encore plus que tu ne l'es déjà en te faisant une proposition impossible. Mais si c'est ce que tu souhaites vraiment, alors je suis d'accord. Je ne veux pas que tu croies que Ron passe pas avant toi mais je ne peux pas non plus le laisser tomber. Je serais un très mauvais ami dans ce cas.
- Je veux qu'on emménage ensemble, dit-elle enfin.
- Très bien, lui répondit Harry.
- Mais je serai très souvent absente pendant ma première année chez les Harpies donc je pense qu'il serait peut être possible qu'on accueille Ron pendant quelques mois pour éviter que tu restes seul.
- Je t'aime, lui répondit-il en l'attrapant pour la faire voltiger dans les airs avant de l'embrasser.
Cachés dans l'embrasure de la porte, James et Lily n'avaient rien perdu de l'échange entre les deux amoureux.
- Tu as gagné, elle a passé l'éponge chuchota Lily à l'oreille de son mari. Tu gagnes toujours, çà en devient énervant.
- C'est le charme des Potter, c'est tout. C'était certain. En plus il a scrupuleusement respecté ce qu'on avait dit.
- Tu n'es qu'un seul tricheur, souffla-t-elle à voix basse.
- Je sais. Allez viens, qu'ils ne nous surprennent pas en train de les espionner.
Après être sorti de la bibliothèque, Harry annonça tout de suite à ses parents pour lui annoncer la bonne nouvelle. Ginny avait accepté de venir vivre avec lui lorsqu'ils sortiraient de Poudlard ! Après avoir reçu leurs félicitations, il s'isola quelques instants dans sa chambre pour avertir ses meilleurs amis de l'évolution de la situation. Il prit cependant soin de rédiger deux lettres différentes. Il ne voulait pas mettre son ami dans l'embarras et lui laisser le temps de parler lui-même de cela à Hermione. Il mit un point final à sa seconde lettre, celle où il expliquait à Ron qu'il serait le bienvenu à Godric's Hollow, lorsque Ginny arriva dans sa chambre.
- Tu as rédigé deux lettres, le questionna-t-elle
- Une pour ton frère et une autre pour Hermione. C'est à Ron d'annoncer à Hermione qu'il emménage à Godric's Hollow. Ce n'est pas à moi de le faire.
- Il ne faudrait pas commettre un impair, se moqua Ginny.
- Exact lui répondit son amoureux en souriant.
Il reçut une réponse de Ron dès le lendemain matin. Sassy était venue déposer sa missive à quelques centimètres de son bol de céréales du matin. Harry la décacheta aussitôt. Il lui expliquait que ce n'était pas vraiment ce qu'ils avaient décidé que c'était sans conteste une bonne idée. Il insistait cependant sur le terme de collocation à trois dans la maison des Potter à Godric's Hollow. Ginny qui lisait par-dessus son épaule le remarqua de suite.
- C'est du Ron tout craché.
- De quoi tu parles, lui demanda Harry.
- Il n'accepte pas le fait que ce soit nous qui lui proposions de vivre avec nous. Il préfère que ce soit une idée commune.
- Est-ce que ça change fondamentalement quelque chose ?
- Non mais çà laisse Hermione à l'écart.
- Alors il faut lui proposer lorsqu'on la verra. De toute façon, ton frère n'a pas prévu d'en parler avant que nous ayons terminé Poudlard pour éviter que ta mère ne lui fasse une scène.
- Elle sera là pour la cérémonie de commémoration et la remise des médailles dans deux semaines.
- Quelle remise des médailles, la questionna Harry.
- Celle où tu vas recevoir ton Ordre de Merlin pour service rendu à la société sorcière d'Angleterre. Si tu lisais l'intégralité de ton courrier, tu le saurais.
- S'il te plaît dis moi que tous ceux qui se sont battus à Poudlard vont en recevoir une également.
- Tous ceux qui ont combattu Voldemort et son régime seront décorés par Kingsley à l'occasion de la cérémonie. Percy et papa m'ont expliqué que ceux qui n'avaient pu être présents seraient également décorés à cette occasion.
- Mais tout le monde est venu à Poudlard non ?
- Non, lui répondit Ginny. Il y a ceux qui ont été emprisonnés pour avoir saboter des actions du ministère par exemple.
- C'est vrai, tu as raison.
- Il y aura même une Moldue.
- Une Moldue ?
- Oui. Les jumeaux m'ont raconté qu'elle a sauvé la vie d'Olivier Dubois. Il était traqué par plusieurs Mangemorts, il a réussi à transplanner mais il a atterri dans une rue moldue et s'est évanouie. En voyant sa baguette et ses vêtements, elle a compris qu'il était différent et elle l'a emmenée chez elle pour le soigner. Ensuite, elle a beaucoup aidé l'Ordre et la résistance en se servant des techniques moldues pour transporter des paquets, faire fuir des fugitifs ou passer des messages.
- Ingénieux.
- Oui.
Profondément plongés dans ses révisions pour les Aspics et son travail scolaire, Harry n'avait pas vu les deux semaines suivantes passées. Il ne prit conscience de la date que lorsque la veille de l'évènement, il avait vu des employés du ministère envahir le parc et le château pour mettre en place les éléments nécessaires aux commémorations du lendemain. Un an avait déjà passé depuis cette fameuse nuit où Poudlard s'était soulevée, où il était allé à la rencontre de Voldemort, où Tonks, Rémus et Fred étaient morts, où ses parents étaient revenus à la vie… Un an, 365 jours mais cela aurait pu être hier.
- J'ai perdu ma femme dans cette bataille, dit une voix derrière Harry l'arrachant à son observation des employés du ministère.
- Je l'ignorais, je suis navré professeur Steadworthy. Je vous présente mes condoléances.
- C'était l'amour de ma vie. La femme la plus malicieuse qu'il m'ait été donné de connaître. Elle était aussi exceptionnellement courageuse.
Harry se contenta d'hocher la tête. Il n'y avait jamais de bonnes paroles à prononcer dans ces circonstances. La blessure ne se refermerait jamais totalement. Il le savait.
- Je suis content d'être venu enseigner à Poudlard plutôt que de continuer mon métier d'Auror. J'aurais été obligé de traquer ceux qui ont contribué au décès de la personne que j'aimais le plus au monde. Poudlard m'a permis de souffler un peu, de prendre du recul sur ce qui s'est passé. Vous avez bien fait de revenir passer un an ici.
- Je devais avoir mes ASPIC pour entrer chez les Aurors, expliqua Harry.
- Vu votre histoire, il vous aurait pris même sans les ASPICS. J'ai vu passer plusieurs aspirants Potter, vous aviez déjà le niveau lorsque vous avez franchi la porte de ma salle de classe à la rentrée.
- Merci Monsieur.
- Il ne vous reste plus qu'à avoir Optimal à votre ASPIC. Je ne tolérerai pas un résultat moindre.
Et il repartit vers sa salle de classe.
Le 2 mai 1999 fût une journée particulièrement ensoleillée, comme si le soleil pouvait venir amoindrir la douleur des gens qui envahissaient peu à peu le parc de Poudlard. Harry et Ginny repèrent facilement leur famille à laquelle ils avaient donné rendez vous devant le saule cogneur. Teddy, qui commençait à marcher lorsque l'on lui tenait la main, se déplace aussitôt vers son parrain. Harry le prit alors dans ses bras et le petit garçon changea la couleur de ses cheveux. Bleu électrique pour aujourd'hui. Après les salutations d'usage la petite bande alla prendre place sur les sièges qui avaient été disposés dans le parc, comme pour l'enterrement de Dumbledore. Cette fois seulement, Harry ne dirait pas à Ginny qu'il la quittait, il ne partirait pas à la recherche des Horcruxes, n'aurait plus jamais à penser à Voldemort. Il était libre, sans entrave aucune. Il était serein, en paix avec lui-même finalement.
- Mesdames, messieurs, veuillez prendre place, la cérémonie va bientôt commencer, résonna la voix magiquement amplifiée de Lily Potter
Les derniers retardataires s'installèrent sur les chaises vacantes et lorsque tout le monde fut installé, le ministre fît son entrée. Il s'installa derrière le pupitre qui avait été installé sur l'estrade et entama son discours.
- Sorcières et sorciers d'Angleterre, commença-t-il avant de s'interrompre.
Il replia alors son parchemin et de le remit dans sa poche.
- J'avais préparé un discours mais je vais plutôt vous parler avec mon cœur. J'étais là, j'étais ici il y a un an lorsque Poudlard s'est soulevé contre le régime des ténèbres. J'étais là pour voir notre jeunesse s'opposer à Voldemort, pour voir des centaines de sorciers redresser la tête et décider de se battre pour leur liberté. J'étais présent pour voir Lord Voldemort mourir dans les murs de ce château mais j'étais hélas aussi présent pour voir tomber bon nombre des nôtres. Tous ici nous avons fait les frais de cette guerre. Vous avez perdu, un mari, une femme, un enfant, un ami et jamais vous ne pourrez l'oublier. En tout cas, moi je ne le peux pas.
Tous les membres de l'assistance étaient rivés aux lèvres de Kingsley. Aujourd'hui il n'était pas le ministre de la Magie, il était l'un des leurs.
- Ce qu'on appelle désormais la bataille de Poudlard, continua Kingsley, n'a été que le dénouement de cette guerre. Pendant près de 3 ans, des dizaines de sorciers se sont mobilisaient pour défier Voldemort. Certains d'entre eux y ont laissé leur vie ou leur santé mentale, d'autres ont été sévèrement blessés. Je voudrais leur rendre hommage. Je voudrais également remercier ceux qui, alors que ce combat n'était pas nécessairement le leur, ont pris par dans cette guerre au nom de leur conviction morale et ont risqué leur vie pour une communauté qui n'était pas la leur.
Une slave d'applaudissements retentit à la fin du discours de Kingsley même si certains étaient plutôt en train de réagir sur les révélations silencieuses du ministre. Il rappelait, certes implicitement, mais de manière assez claire, le rôle important joué par les centaures, les elfes et même par quelques Moldus. Harry était certain que cette déclaration de Kingsley allait faire couler beaucoup d'encre dans les journaux de la semaine suivante. Les proches collaborateurs du ministres, et notamment Hermione, Lily et Arthur allaient avoir un chaudron sur le feu dans les jours suivants. Harry fut sortit de ses pensées, par un petit cri venant de sa gauche. Fleur, assise, quelques sièges plus loin, son ventre arrondit par ses 8 mois de grossesse, se tenait le ventre à deux mains.
- Tu crois que c'est le bébé, demanda Harry à Ginny, tandis que Mme Pomfresh s'était approchée de la jeune femme.
- Il était prévu pour dans un mois normalement.
Les trois adultes discutèrent quelques minutes puis ils se retirèrent discrètement vers le château.
- Je crois que tu risques d'être tante aujourd'hui, dit Harry à sa petite amie.
L'incident clôt pour le moment, la cérémonie de remise des médailles débuta. Harry vit défiler bon nombre de personnes qu'il connaissait, des élèves de Poudlard pour la plupart : Hannah Abott, Susan Bones, Lavande Brown, Cho Chang, Olivier Dubois, Seamus, Angelina, Luna, Neville… Puis vinrent les noms de Nyphadora et Rémus Lupin. Se fut Andromeda qui se leva pour recevoir des mains de Kingsley l'ordre de merlin de sa fille et de son gendre.
- Teddy pourra être fier de ses parents, lui souffla Ginny à l'oreille.
- Même s'ils n'avaient pas reçus cet Ordre de Merlin, il aurait pu en être fiers. Ils auraient été des parents exceptionnels.
- Je sais.
Curieusement, Hermione et Harry n'avaient pas été appelés sur l'estrade. Ce dernier commençait à soupçonner Kingsley de leur avoir réservé un traitement de faveur, ce qu'il n'appréciait que moyennement. Ils n'étaient, à son sens, pas plus méritant que tous ceux qui étaient venus se battre. Il ne dit rien et attendit que la cérémonie se termine.
- J'ai encore trois décorations à remettre, continua le ministre. Je sais qu'ils n'auraient pas voulu être mis en valeur aujourd'hui et qu'ils m'en voudront certainement mais je tenais ici à remercier plus particulièrement ces trois sorciers au courage innommable, à la générosité sans limite et à la grande humilité. Je les ai connu lorsqu'ils n'étaient encore que des enfants mais déjà leur courage, leur vision du bien et du mal et leur détermination m'avaient époustouflé. Ces trois sorciers, nous leur devons tous beaucoup. Aussi, je suis honoré de remettre l'Ordre merlin 3ème classe, la plus haute distinction de notre pays, à Miss Hermione Granger, M. Harry Potter et M. Ron Weasley.
Un tonnerre d'applaudissement retentit dans le parc du château. Les trois amis montèrent sur l'estrade, les joues rouges, pour recevoir leur médaille des mains du ministre. Lorsqu'elle fut arrivée à sa hauteur, Kingsley étreignit Hermione et lui épingla son Ordre de Merlin sur le revers de sa robe. Il fit de même pour Ron, puis pour Harry.
- Nous vous devons tellement.
- Nous avons tous joué un rôle dans cette guerre, lui répondit simplement Harry. Vous, eux, nous.
- Je savais que tu serais gêné de recevoir une distinction plus haute que les autres.
- Je ne pense pas être plus méritant que Rémus ou Tonks.
- Je sais Harry, et c'est ce qui fait de toi une personne exceptionnelle.
Lorsque la cérémonie fut terminée, Harry en profita pour aller à la rencontre de ses anciens camarades. Il parla quelques instants avec Ernie et Cho, puis en avançant vers le parc, il tomba sur son ancien capitaine, Olivier Dubois. Ce dernier le salua chaleureusement mais Harry lui trouvait un air un peu taciturne.
- Comment vas-tu ? J'ai appris que tu avais fait une très mauvaise chute, la semaine dernière.
- Dis le joueur qui a avalé un vif d'or lors de son premier match et qui a fait une chute de plus de 10 mètres un jour, se moqua Olivier.
- Certes, ria Harry à son tour. Mais plus sérieusement, comment ça va ?
- Ils m'ont rafistolé en deux coups de baguette à Sainte Mangouste mais je suis interdit de vol jusque la semaine prochaine. Je vais louper le match contre les Canons mais je ne devais même pas le jouer de toute façon.
- Ils sont tellement mauvais que vous faîtes jouer cotre équipe B ?
- L'entraîneur essaie de faire entrer de nouveaux joueurs pour qu'ils soient capables de jouer des matchs si les titulaires venaient à être blessés. Ce sera un bon test pour eux. Ca aurait été le genre de match que tu aurais joué à la fin de ta première année de formation à Flaquemare.
- Tu essaies de me faire changer d'avis ?
- Non, j'ai dit à l'entraîneur que c'était bien mieux comme çà pour lui. Je ne sais pas s'il aurait pu résister à Harry qui passe les finales de championnat à l'infirmerie pour avoir sauver le monde, qui avale les vifs d'or, se fait poursuivre par des cognards fous.
- Quand tu dits çà, j'ai l'impression d'avoir été une catastrophe ambulante.
- On sait tous ce que nous te devons Harry. Si tu n'avais pas été aussi désintéressé et parfois un peu tête brûlée, je ne sais pas ce que nous aurions fait.
- C'est sympa, mais sans les actions de tous ceux qui ont résisté, je n'aurais peut être pas pu y arriver. Dumbledore me disait souvent que toutes nos actions ont des conséquences sur l'avenir, même les plus petites et insignifiantes.
- J'ai toujours trouvé qu'il était un peu fou, mais ce qu'il disait avait du sens.
- J'ai appris qu'une moldue t'avait cachée pendant la guerre.
- Elle s'appelle Constance. J'ai aidé un type de mon équipe à prendre la fuite quand les membres de la Commission des nés moldus sont venus l'arrêter. Quelques jours plus tard, des Aurors fraîchement nommés sont venus m'arrêter au club. Je me suis défendu comme j'ai pu et j'ai réussi à m'échapper en transplanant sur une ancienne friche que je connaissais pour y être allée avec mon père. Le truc, c'est que depuis le temps, les moldus y ont construit un hôpital. J'atterris sur ce parking couvert de sang devant une moldue et je m'évanouis baguette à la main.
- Oups
- Constance a compris tout de suite que je n'étais pas normal. Elle m'a mis dans sa voiture et m'a emmené chez elle. Elle est une sorte d'apprenti médecin qui ouvre les gens, alors elle m'a soigné.
- Et ensuite ?
- Lorsque j'ai repris connaissance, ma baguette était posée à côté de mon lit. Elle était en train de lire un livre installée dans un fauteuil. Elle m'a sourit, a posé son livre et s'est approchée de moi et m'a dit « je m'appelle Constance Lafon, je suis médecin. Vous êtes tombée devant ma voiture il y a deux jours. Vous vous souvenez ? ». Elle m'a expliqué que j'étais chez elle, qu'elle n'avait pas osé me faire admettre à l'hôpital à cause de ma baguette et de ma robe.
- Sacrée histoire quand même, souffla Harry stupéfait devant le récit de son ami.
- Elle m'a amené un grand bol de chocolat chaud puis m'a demandé de lui expliquer qui j'étais et comme j'étais arrivé sur ce parking. Je lui ait tout dit : mon nom, ma lettre de Poudlard et les conséquences que cela entraînant. Je lui ai parlé de Voldemort, de toi, de la guerre. Puis je lui ai expliqué pourquoi j'avais dû fuir. J'étais mort de trouille qu'elle parte en hurlant en disant que j'étais un grand malade.
- Elle t'a cru ?
- Oui. Je n'ai même pas eu besoin de lui montrer.
- Etonnante comme fille. Il faudra que tu nous la présentes. Ginny m'a dit qu'elle devait être là aujourd'hui, pour recevoir un Ordre de Merlin.
- Oui elle a été extrêmement courageuse. Lorsque j'ai eu finit de tout lui raconter, elle a jugé que mes parents devaient savoir que j'allais bien. Comme j'étais un fugitif, je ne pouvais pas y aller moi-même et çà aurait été bien trop risqué pour elle.
- Comment avez-vous fait ?
- Elle a pris contact avec Angelina Johnson. Puis comme elle était en relation avec les jumeaux Weasley, j'ai pu rejoindre le réseau de résistance de l'Ordre.
- Je ne me rendais pas bien compte de ce qu'il se passait pendant que j'étais parti, avoua Harry. Coupés du monde comme nous l'étions, j'avais l'impression que tout était figé.
- Constance a voulu participer à l'Ordre également. Au départ Kingsley s'y est opposé en arguant du fait qu'elle était trop démunie, qu'elle ne pourrait pas se défendre si elle venait à être prise et que c'était trop de risques pour l'Ordre. Mais elle a insisté.
- Et Kingsley a cédé ?
- Elle lui a parlé de la guerre qu'il y a eu chez les moldus et de la résistance. Elle nous a donné plein de bonnes idées : l'émission de radio, les filières pour faire quitter le pays à des sorciers, les arrestations falsifiées, les actions de sabotage. Fleur et elle ont permis à des dizaines de sorciers de quitter le pays en les faisant transiter par le train moldu. Elle allait chercher ou déposer des paquets sensibles dans des boîtes postales anonymes disséminées dans des gares, aéroports ou bureaux de poste moldus à Londres. Elle a même soigné certains d'entre nous, pour des petites blessures non magiques.
Harry se contenta d'hocher la tête en signe d'acquiescement. La voix de son ami était animée d'une telle passion quand il racontait l'histoire de Constance Lafon, qu'il n'avait pas envie de l'interrompre.
- Je me souviens encore du soir où nous avons appris que tu étais à Poudlard. Constance venait de s'endormir devant la télévision lorsque Angelina et Alicia sont arrivées. Là elles me disent que tu es revenu à Poudlard et que nous allons nous battre.
- Je risque de paraître indélicat ou insensible mais je me lance. Il ne s'est rien passé entre Constance et toi pendant tout ce temps ?
Il sourit à sa remarque, soupira un peu puis répondit avec cœur.
- Je crois que je suis amoureux d'elle depuis que j'ai ouvert les yeux et que je l'ai vu si tranquille en train de lire un livre dont je ne comprendrai jamais rien en enroulant une mèche de ses cheveux autour de son crayon.
- C'est bien ce que je pensais, se moqua gentiment son ami.
- J'ai commencé à sortir avec elle une semaine avant la bataille. Elle était partie faire une mission pour l'Ordre, une livraison de baguette dans une gare moldue, et elle était très en retard. J'étais fou d'inquiétude à l'idée qu'elle ait pu se faire attraper. Et c'est ce qui est en partie arrivé. Le sorcier à qui on devait livrer la baguette s'est fait arrêter quelques heures avant qu'on effectue la livraison et il a tout avoué. Ce qui lui a sauvé la vie, c'est que les membres de la police magique ne s'attendaient pas à ce qu'une moldue effectue la livraison. Elle a réussi à s'échapper par le métro et a fait plusieurs détours avant de rentrer pour s'assurer qu'on ne l'avait pas suivie. Lorsqu'elle est enfin rentrée, trempée de la tête aux pieds, je lui ai hurlé dessus puis je l'ai embrassé.
- C'est ce qui s'appelle passer du chaud au froid.
- Après la bataille, je me suis installé définitivement chez elle. Je n'avais jamais été aussi heureux de toute ma vie. Tu comprends, je reçois des lettres de filles enragées par dizaines mais elle ne connaisse rien de moi à part que je suis un joueur de Quidditch, mais Constance, elle, elle sait qui je suis vraiment. Elle a partagé la guerre avec moi, elle m'a accepté sans un mot.
- Qu'est ce qu'il s'est passé, demanda aussitôt Harry, alerté par le ton désormais triste d'Olivier.
- Elle est partie il y a une semaine, après ma chute et mon transport à Sainte Mangouste.
- Pourquoi ?
- Le club a prévenu chez moi et Constance est arrivée au moment où je demandais à ma mère de l'empêcher de venir parce que je ne voulais pas que les gens soient au courant de ma liaison avec elle.
- Aie !
- Elle est entrée dans ma chambre, à poser mon sac de vêtements sur la chaise, m'a dit qu'elle était contente que j'aille bien puis elle est repartie sans un mot. Aucun hurlement, aucun cri, aucun reproche, c'était horrible. J'ai vu tellement de douleur dans ses yeux je lui ai brisé le cœur
- Tu as essayé de t'excuser.
- Cela fait une semaine qu'elle n'est pas rentrée chez nous. Pas un mot, pas un message. Que du silence. J'espérais pouvoir lui parler aujourd'hui mais elle a tout fait pour m'éviter au maximum.
- Je ne comprends pas, pourquoi tu ne voulais pas que ça se sache ?
- Je suis en pleine négociation pour un contrat publicitaire. Il me veule moi parce que j'ai un bon contact auprès du public, notamment féminin. S'ils venaient à apprendre que je suis amoureux, que je vis avec quelqu'un depuis plus d'un an et que cette fille est une moldue, je n'aurais pas le contrat. Et en plus de çà, je n'avais pas envie de supporter les moqueries et railleries de mes coéquipiers.
- Mais tu regrettes ?
- C'est elle, là bas qui parle avec Angelina, dit-il soudainement sans répondre à la question de son camarade.
- Qu'est ce que tu attends alors ! Vas-y !
Olivier dodelina de la tête, souffla, comme il le faisait avant d'entrer sur le terrain, puis se dirigea d'un pas décidé vers la jolie jeune fille brune au teint pâle qui lui tournait le dos. Visiblement, Angelina n'était pas au courant de leur querelle d'amoureux, car elle n'essaya pas de prévenir la jeune fille de l'arrivée d'Olivier. Lorsque le jeune homme arriva à leur hauteur, Constance se raidit aussitôt. Olivier lui retint le bras, de peur qu'elle s'en aille, puis parla quelques minutes avec son ancienne coéquipière qui se dirigea vers Harry. Il avait certainement du lui dire qu'il voulait lui parler. Lorsqu'elle arriva près de lui, Harry lui expliqua brièvement les choses et ils regardèrent alors de loin la scène qui se déroulait devant eux.
- Je ne savais pas tu étais devenu Harry Cupidon après Harry le chasseur de mage noir.
- Je me recycle.
- Si tu as un ami à ma présenter, n'hésites pas !
- Regarde, elle a l'air de l'écouter.
- Oue, tu as raison.
Constance Lafon avait accordé à Olivier une période de pourparlers. C'était plutôt bon signe. Et pour discuter, ils discutèrent. La jeune fille ne semblait pas prononcer un mot plus haut que l'autre mais on voyait sur ses traits qu'elle en faisait baver à son interlocuteur. Les autres sorciers avaient du se rendre compte que les deux amoureux étaient en pleine dispute car peu à peu le vide se fit autour d'eux. Angelina et Harry avaient entrepris un repli stratégique dans un autre endroit du parc pour avoir une meilleure vue sur les deux sujets de leurs observations. Ils occupaient ainsi une place de choix pour voir Olivier prendre souplement la jeune femme dans ses bras et la faire voltiger dans les airs.
- Ils ont l'air réconciliés, constata Harry.
- Tant mieux ! Et toi Harry, quoi de neuf aux pays des amours ?
- Tout va très bien pour moi, je te remercie. Au fait tu ne m'as pas dit ce que tu faisais maintenant.
- Je travaille chez Gringotts comme briseuse de sorts. Comme Alicia et Kathy travaillent également sur le chemin de Traverse, nous avons emménagé ensemble toutes les trois.
- Un repère de filles. Merlin sauvait les pauvres hommes qui s'y aventureront un jour.
- Très drôle Harry, vraiment, dit-elle mi consternée, mi amusée.
- Il fait encore de l'humour douteux, demanda une voix qu'Harry aurai reconnu entre mille, celle de Ginny.
- C'est toi qui sors avec cette énergumène. Pauvre Ginny.
- Il a parfois ses avantages, répondit la jolie rousse.
- Arrêtez de parler de moi comme si je n'étais pas là, râla Harry en prenant un air faussement vexé.
- D'accord mon chéri, accepta Ginny en lui posant un baiser sur la joue et en prenant sa main dans la sienne. Nous parlerons de toi quand tu ne seras pas là !
Harry laissa les deux filles discutaient entre elles puis repartit vers la grande salle où un buffet était servi pour l'occasion. Il récupéra Teddy puis entreprit de faire découvrir le château au petit garçon, même s'il n'était pas en âge de se souvenir de cette visite. D'ailleurs, il s'endormit dans les bras de son parrain dès que celui-ci fut arrivé en haut du grand escalier de marbre. Prêt à rebrousser chemin, il tomba nez à nez avec Olivier qui faisait découvrir Poudlard à Constance.
- Oh Harry, le héla Olivier. Je te présente Constance.
- Je suis ravi de te rencontrer. Olivier m'a beaucoup parlé de toi. Tu as été très courageuse.
- Je pense que nous avons tous agi en notre âme et conscience, répondit la jeune fille philosophiquement. Je n'aurais plus été moi si je n'avais rien fait en sachant ce qu'il se passait, même dans un monde qui n'était pas le mien.
- Olivier m'a dit que tu étais française, comme Fleur.
- Oui, elle était très heureuse de trouver quelqu'un à qui parler français ici. Je suis arrivée ici à l'âge de 10 ans, après la mort de mes parents. Mon frère est devenu mon tuteur mais comme il voyageait beaucoup, il m'a placé dans un pensionnat en Angleterre.
- Je suis désolé pour tes parents, répondit Harry. Je sais que c'est toujours difficile de perdre ses proches.
Elle hocha la tête avant de lui répondre.
- J'ai été très triste d'apprendre la mort de Tonks et Rémus. Comme elle ne pouvait pas se rendre à Sainte Mangouste à cause de la guerre, c'est moi qui aie suivi la grossesse de Tonks. Nous sommes devenues amies au fil du temps. Sa mère n'était pas trop ravie mais comme sa fille ne pouvait pas être suivie ailleurs, elle a dû faire avec moi.
- Tu as fait naître Teddy ?
- Oui, répondit elle en souriant. Ils étaient tous les deux si heureux. C'est tellement cruel ajouta-t-elle émue. Ils auraient été des parents formidables.
- Je le pense aussi, conclut Harry, un sourire triste sur le visage.
- HARRY HARRY cria Ron depuis le bas de l'escalier. Fleur a eu son bébé ! Viens vite, elle est à l'infirmerie. C'était trop avancée pour la transporter à Sainte Mangouste.
- J'arrive cria-t-il à l'adresse de son ami. Je rends Teddy à sa grand-mère et je vous rejoints.
- Un bébé qui naît ici un an jour pour jour après la bataille, c'est très symbolique, constata Constance avec son esprit affûté.
Lorsque Harry et ses parents arrivèrent devant les portes de l'infirmerie, elles étaient ouvertes et tous les Weasley étaient auprès de Fleur. Molly tenait un bébé dans ses bras et pleuraient à chaudes larmes, visiblement très émus par la venue au monde du premier de ses petits enfants. Lorsqu'il remarqua les nouveaux arrivants, Bill, ravi, leur apprit que c'était une petite fille. Après les félicitations d'usage, Harry demanda s'ils avaient trouvé un nom pour le bébé.
- Victoire, souffla Fleur. Qu'est ce que tu en penses Bill ?
- Je pense que c'est de circonstances pour un bébé né le 2 mai à Poudlard.
- Alors ce sera Victoire, Gabrielle, Ginny Weasley.
- Bienvenue chez toi Victoire, souffla Arthur en prenant le bébé des bras de sa femme.
- En parlant de chez nous, chuchota Harry à l'oreille de Ron, tu as parlé à Hermione de ton emménagement chez nous ?
- Je lui ai tout dit.
- Et ?
- Elle m'a dit que c'était une bonne idée. Je lui ai dit que vous seriez heureux qu'elle vienne habiter avec nous aussi, mais elle m'a dit qu'elle voulait encore rester chez ses parents pour le moment, que son refus n'était pas liée à moi mais à eux. Par contre, elle a dit qu'elle serait très heureuse de passer ses soirées avec nous.
- Alors tout va bien.
- Oui !
- Tant mieux.
Cette journée, censée rappeler à tous les lourdes pertes qu'ils avaient subi lors de la bataille de Poudlard, était devenu une journée où l'on célébrait la joie, le renouveau. La naissance de Victoire en ce jour si particulier, était comme un signe que les choses allaient changer, qu'un futur heureux attendait tous les sorciers, tous les combattants.
- Epouse-moi, lança Sirius en se tournant vers Célesta en plein milieu de l'infirmerie bondée.
- Quoi ?
- Epouse-moi, répéta-t-il fermement, le visage résolu, le regard flamboyant.
- Tu es fou.
- Epouse moi, répéta-t-il une nouvelle fois.
Alors elle le regarda longuement, ses yeux rivés aux siens. Puis au bout de quelques secondes, qui semblèrent une éternité pour tous ceux qui assistaient à la scène, elle se mit à pleurer en s'avançant vers lui.
- Oui souffla-t-elle. Oui. Oui. Oui.
- C'est vrai ?
- Sirius Black, évidemment que je veux t'épouser, répondit-elle en pleurant de joie dans les bras de son futur mari.
Ils restèrent enlacés un moment, sous les regards heureux de leurs amis puis lorsqu'ils se décollèrent l'un de l'autre, James s'avança vers son ami, l'étreignit puis posa une main sur son épaule et celle de Célesta.
- Permettez moi d'être le premier à vous souhaitez beaucoup de bonheur. Il était tant que tu sois heureux à ton tour Patmol.
- Merci vieux frère.
L'inconvénient d'avoir fait sa demande au milieu d'une infirmerie bondée, c'est que tout le monde voulut féliciter le petite couple. Aussi lorsque les félicitations furent enfin terminées, on laissa Fleur se reposer un peu et on alla fêter les fiançailles de Sirius et Célesta et la naissance de Victoire à Pré au Lard, avec l'accord de la directrice pour Harry et Ginny. Ils décidèrent de se rendre aux trois balais pour l'occasion. Il ne pouvait pas fêter deux si belles choses dans le pub d'Alberforth. Mme Rosmerta, fut ravie de revoir Sirius et James entraient dans son pub, ensemble, comme ils le faisaient lorsqu'ils étaient à Poudlard.
- Je me souviens encore de vous deux lorsque vous étiez élèves à Poudlard, jamais l'un sans l'autre. Qu'est ce qui vous amène tous ici.
- Je vais me marier, répondit Sirius un sourire heureux sur le visage.
- Alors c'est ma tournée, lança Rosmerta.
La soirée dans le pub de Rosmerta dura une bonne partie de la soirée. Des gens qui avaient assisté aux cérémonies et qui repartaient chez eux, curieux, passèrent le nez à la porte du pub et se retrouvèrent tirés à l'intérieur, obligés de partager la bonne humeur ambiante. C'est notamment ce qui arriva à Olivier Dubois, Constance Lafon, Angelina Johnson, Alicia Spinett et Katy Bell.
- Tu as une famille de malade, hurla Olivier dans les oreilles d'Harry. C'est un peu inconvenant de faire une fête dans un moment pareil non ?
- Lorsque mes parents sont morts et qu'on m'a envoyé vivre chez les Moldus, les gens aussi ont fait la fête. Ils voulaient fêter les bonnes choses pour une fois, ce n'est pas pour autant qu'ils étaient insensibles à ce qui s'était passé.
- Fred aurait adoré çà, dit Georges en s'asseyant avec eux. Un truc à faire dresser les cheveux de la tante Murielle ! Tellement inconvenant, tellement lui. Il doit être content qu'on fasse une fête à tout casser !
Après avoir reçu un message via les gallions de l'AD, Neville, Seamus, Parvati, Padma, Dean, Hannah, Susan et Lee débarquèrent au pub à leur tour. La directrice fut choquée de voir plusieurs élèves en dehors du château mais ne vint pas punir les contrevenants au règlement. Ce soir, ils avaient des choses à fêter. Ginny et Harry furent les derniers élèves à rejoindre la tour de Gryffondor cette nuit là, grisés par les évènements de la journée, heureux pour leur famille et leurs amis, confiants en l'avenir et, également, un peu alcoolisés.
- Si on m'avait dit ce matin qu'on allait passer une journée comme celle-là, je lui aurais dit qu'il fallait ralentir sur la potion euphorisante.
- A qui le dis-tu. Plus jamais, je ne me laisserai entraîner dans un bar par Charlie. J'ai mal au cœur, se lamenta Harry en s'effondrant dans l'un des fauteuils près de la cheminée.
- Tu ferais mieux d'aller te coucher. Si nous séchons les cours de demain matin, McGonagall va nous étriller.
- On a quoi demain matin ?
- Métamorphose.
- Pourquoi par Merlin demanda Harry au plafond de la salle commune.
Harry Potter avait, durant pratiquement toute sa vie, souffert de maux de tête violents. Mais au matin du 3 mai 1999, le mal être était différent. En plus de ce sorcier qui frappait sur son chaudron avec une pierre dans sa tête, il avait une irrésistible envie de vomir. Il fut rassuré lorsqu'il vit que Neville, Seamus et Dean semblaient souffrir du même mal que lui.
- Je ne m'approche plus jamais de ton parrain Harry, grogna Seamus la tête dans les mains.
- Je hais James Potter, renchérit Dean.
- Que vous ont-ils fait ?
- Ils nous ont entraîné dans une fête à s'en retourner la tête, répondit Neville. En attendant, je vais me recoucher. Merlin a été charitable avec moi en m'empêchant de prendre métamorphose aux ASPICS.
Les quatre garçons furent néanmoins rassurés en voyant que les filles n'avaient pas été épargnées par cette soirée chez Rosmerta et lorsqu'ils arrivèrent dans la grande salle, ils furent surpris d'y trouver le professeur Steadworthy qui les attendait de pied ferme.
- Prenez une fiole chacun et avalez çà en vitesse avant d'aller en cours
- Je ne pense pas pouvoir avaler quoi que se soit professeur, se plaignit Dean.
- C'est un remède contre les lendemains douloureux. C'est infect mais efficace. Avalez avant que la directrice ne vous tombe dessus.
Alors Harry obéit à son professeur. Il prit une fiole dans la petite boîte en bois, la débouche en avala son contenu cul sec. Il faillit cependant recracher son contenu. C'est véritablement infect. Il se força cependant à avaler. Une minute plus tard, il se sentait déjà un peu mieux.
- Merci professeur.
- De rien Potter.
- Filez maintenant. Je n'ai pas envie que la directrice apprenne que je distribue des potions contre la gueule de bois dans son école. Pas un mot à quiconque d'ailleurs.
Ils filèrent alors vers leur cours de métamorphose, plus ou moins frais, mais évitèrent de s'attirer les foudres de leur professeur qui avait décidé de commencer le cours sur la métamorphose humaine.
- Le maîtrise de ces sortilèges est indispensable pour ceux qui envisagent de faire une carrière d'Auror notamment. Changer votre apparence sera un véritable atout pour vous. Aussi à moins d'être métamorphomage, vous devrez vous entraîner durement pour y arriver. Nous ne parlons plus ici de changer votre couleur de cheveux ou de sourcils, nous allons travailler sur la métamorphose des structures osseuses de votre corps.
- Elle a choisi le jour pour commencer les trucs compliqués, souffla Seamus
- Cette forme de magie vous demandera une concentration extrême. J'espère que vous êtes tous aptes à vous servir de votre baguette convenablement, il serait fâcheux que des esprits endormis ou partiellement altérés vous mettent dans des situations peu enviables.
Mais Harry qui avait suivi les cours de métamorphose de l'AD en plus des cours presque particuliers de Steadworthy et de l'Auror qui assurait la défense contre les forces du mal pour l'association d'entraide, maîtrisait déjà les sortilèges puisqu'il avait reçu ses premiers cours de filature et tapinois peu après les vacances de Noël. Aussi lorsqu'il arriva du premier coup à faire ce que le professeur McGonagall voulait, il s'attira les foudres de Ginny.
- Ce n'est pas juste. Tu as tellement d'avance en défense contre les forces du mal que tu te sers de ces heures là pour prendre de l'avance dans les autres cours. C'est énervant !
- Là je vais plutôt profiter du reste du cours pour finir ma nuit.
- Hors de question Potter, claqua la voix du professeur McGonagall derrière lui. Il est hors de question que mon cours vous serve à récupérer vos heures de sommeil en retard.
- Vous allez plutôt réviser pour vos ASPICS. Je n'attends pas moins qu'un Optimal de votre part dans cette matière.
Harry prit alors son livre, se mit dans le fond de la classe, juste derrière Parvati et Dean.
- Et oui, dur dur d'être le Survivant Harry, se moqua Dean.
La semaine prochaine : Bienvenue à Poudlard
Réponse aux reviews :
• Juju Potter : merci encore de suivre ma fiction de manière si assidue. Le fait de savoir que des personnes apprécient ce que j'écris me pousse à continuer encore et encore.
Pour en revenir à nos personnages, je crois que Sirius a été aussi surpris que toi lorsqu'il a appris qu'il allait avoir un bébé. C'était un imprévu mais je pense que cela cadre plutôt bien avec sa vie de manière générale. Rien ne se passe véritablement comme il l'a prévu. J'espère que la suite sera à la hauteur de tes espérances !
• Janeite : merci encore pour cette review. Je ne voyais pas la scène avec Sirius autrement. Je l'ai jouée plusieurs fois dans ma tête et je l'ai écrite comme je l'ai rêvée en fait. Je m'excuse quand même dans ce retard de publication parce que je n'aime pas donné des délais que je ne tiens pas, c'est une question de principe et Merlin sait que je suis un peu psychorigide sur certaines choses…
J'espère que ce nouveau chapitre a été à la hauteur de tes espérances. J'ai dans tous les cas prit beaucoup de plaisir à l'écrire (et à le modifier de nombreuses fois aussi).
A bientôt !
• Loly-rose : un grand merci pour ta review. Heureuse de te retrouver parmi nous sur cette fiction. J'espère que les autres chapitres te satisferont tout autant.
