Bonsoir !
J'espère que vous vous portez toutes bien !
Pour information, j'ai réussi à modifier l'avatar de Sous X : vous pouvez désormais voir celui que Ninie a créé pour cette fiction. Un grand merci à elle et à son imagination débordante pour créer de telles merveilles, chose que je suis incapable de faire, n'y connaissant pas grand chose (et plutôt rien) en infographie. C'est aussi Ninie qui a créé les deux autres avatars pour mes autres fictions.
Bonne lecture !
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Titre de la fiction : Sous X
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Enjoy !
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Chapitre XXII – Installation lyonnaise
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Lyon !
La capitale des Gaules selon les Romains se souvenait Bella.
La jeune fille aux boucles brunes n'en revenait toujours pas d'être installée dans un joli pavillon avec jardin.
Tout s'était enchaîné si vite dès lors que Edward et elle avaient pris la décision de quitter la capitale parisienne.
Edward avait d'abord demandé et obtenu son transfert vers le barreau de Lyon.
Puis, ils s'étaient tous les deux déplacés à Lyon afin de visiter quelques appartements. Toutefois, c'est un pavillon qui avait remporté leur coup de cœur.
Au rez-de-chaussée se trouvait d'abord le vestibule dans lequel déboulait l'escalier qui montait à l'étage. À droite une porte s'ouvrait sur un salon avec cheminée et une salle à manger spacieuse. Tout au fond une petite pièce leur servirait à la fois de bibliothèque et de bureau. De retour dans le hall, à gauche, une grande cuisine claire s'ouvrait sur une petite véranda puis le jardin qu'elle envisageait de fleurir au printemps prochain. Derrière l'escalier, une petite pièce servirait pour laver le linge et le repasser. À l'étage étaient disposés trois chambres et une salle de bain. Accolé à la maison, un petit garage permettait à Edward de garer sa voiture, mais aussi les vélos qu'il avait achetés pour Bella et lui, ainsi que les outils de jardinage.
Bella avait craint que cela ne fusse une folie de l'acheter. Mais Edward lui avait garanti que les prix de l'immobilier lyonnais étaient bien inférieurs à ceux de Paris. L'appartement du jeune avocat dans le Ve arrondissement fut immédiatement mis en vente pour leur permettre d'investir dans cette jolie maisonnette.
Une fois l'affaire rondement menée, le jeune couple était ensuite retourné à Paris pour emballer leurs affaires dans des cartons. Des déménageurs s'étaient occupés des livres, de la vaisselle, des luminaires, des meubles volumineux et de la literie.
Et le trajet vers Lyon s'était à nouveau effectué, mais cette fois en voiture, et non en train ! Bella, toute à sa joie de débuter une nouvelle vie à Lyon, avait quand même versé une larme lorsque ses beaux-parents étaient venus les saluer elle et Edward avant leur départ définitif.
La jeune fille était d'autant plus heureuse ici que, contrairement à l'appartement dans lequel Edward vivait déjà avant leur union, elle avait pu tout choisir pour aménager leur nouveau domicile. Edward lui avait laisser carte blanche. Elle avait pris beaucoup de plaisir à effectuer cette nouvelle activité, qui reflétait la confiance qu'Edward avait en son jugement. Bien sûr, elle avait été raisonnable et avait réutilisé tous leurs anciens meubles, mais leur disposition ainsi que les papiers peints, les peintures, les boiseries étaient son idée.
Cerise sur le gâteau ! Bella était autonome ! Elle n'avait pas besoin de faire appel constamment aux services d'Edward pour la véhiculer. Certes, les transports en commun étaient moins développés qu'à Paris, mais elle effectuait tous ses trajets en vélo dans cette jolie ville. Edward avait même fixé un panier à l'avant de sa bicyclette pour qu'elle ne soit pas déséquilibrée en tenant un sac d'une seule main.
Enfin, Bella se faisait une joie de revoir très prochainement Sue.
En effet, cette dernière avait été convaincue de suivre le jeune couple dans sa nouvelle vie. Lorsqu'elle avait accepté, la jeune fille brune en avait presque fait une syncope de bonheur ! Sue, que plus rien ne retenait à Paris, allait vivre dans un petit appartement situé à 15 minutes à pied de la maison de ses employeurs. Son contrat restait le même en terme de salaire et d'horaires que lorsqu'elle était à Paris. Monsieur et Madame Edward lui avait même fait la gentillesse de la dédommager de ses frais engagés pour déménager.
Bien sûr, il arrivait parfois que Bella demeure songeuse, assise dans un fauteuil près d'une fenêtre, les yeux dans le vague, une broderie entre ses mains inactives. La tristesse la gagnait lorsqu'elle songeait à l'enfant qu'elle avait perdu il y a déjà quatre mois ou à sa petite fille qu'elle ne verrait pas grandir.
Edward avait conscience des accès soudains de mélancolie de sa femme. Il savait qu'ils étaient plus fréquents lorsqu'il travaillait que lorsqu'ils étaient tous les deux ensemble. Il détestait la retrouver, assise dans sa bergère au salon, le regard à demi-éteint, en train de se triturer les mains dans tous les sens.
Néanmoins, il constatait avec plaisir que Bella allait mieux, qu'elle souriait plus souvent, même si son rire n'était pas encore totalement revenu. Le jeune avocat n'oubliait pas que sortir d'une telle dépression était un passage lent et progressif. Il savait que sa femme était sur le chemin de la guérison et il ferait tout pour qu'elle le poursuive.
Un grand pas avait été franchi lorsque le jeune couple avait retrouvé son intimité la plus totale.
Dès la première nuit dans leur villa lyonnaise, Edward avait perçu un changement chez son épouse : elle était plus câline, plus demandeuse de signes d'affection et de caresses. Cela changeait de ces derniers mois où elle fuyait le moindre geste tendre de son mari.
Toutefois, le fait de « camper » dans leur salon, en attendant leurs meubles en provenance de Paris, avait retardé leurs retrouvailles corporelles. Dormir sur deux simples matelas à même le sol n'encourageait pas un rapprochement, sans compter que Edward était conscient que Bella avait besoin de prendre ses marques dans ce nouvel environnement, de se sentir chez elle pour s'abandonner à nouveau pleinement à l'amour qu'ils partageaient.
Lorsque leurs meubles avaient été livrés, ils avaient installé en premier leur chambre : le mobilier composé d'un grand lit, de deux tables de nuit, d'une armoire, d'une coiffeuse et d'une commode, avait été rapidement monté et disposé selon les exigences du jeune couple.
Et la nuit qui s'en était suivie avait été merveilleuse...
Baisers fougueux et gestes tendres avaient été échangés. Les caresses s'étaient progressivement approfondies, leurs vêtements de nuit avaient rapidement disparu comme la neige fond au soleil.
Edward avait longuement préparé son épouse, lui offrant un splendide orgasme avec sa langue si chaude et ses doigts si divins. Même si elle ne lui avait rien dit, il avait ressenti son appréhension, sa crainte d'avoir mal lors de la pénétration. Il savait que son épouse devait se ré-approprier son corps pour connaître à nouveau le plaisir charnel après avoir connu la douleur -physique et morale- d'une fausse couche.
La pénétration qui avait suivi n'avait été que douceur et tendresse. Dans la position classique du missionnaire, qui permettait à Edward de vénérer comme il se devait le corps magnifique de son épouse, d'embrasser ses lèvres pulpeuses et rougies, de mordiller le lobe ses oreilles, de caresser sa poitrine si ronde, le jeune couple s'était uni avec langueur et suavité.
Des mots d'amour avaient été murmurés, des regards tendres avaient été échangés, des caresses voluptueuses avaient été réapprises. Leur étreinte s'était approfondie et quelque peu accélérée leur permettant d'atteindre collégialement leur apogée, Edward éjaculant alors profondément dans l'antre si chaude et fine de Bella qui s'était resserrée sur son vigoureux pénis.
Lorsqu'il s'était retiré d'elle, Bella avait pleuré.
Un instant, Edward s'était senti mal de lui avoir imposé un acte qu'elle ne voulait peut-être pas ou de l'avoir fait souffrir à nouveau. Toutefois, Bella s'était collée contre la poitrine musclée de son mari, collant son visage contre son cœur qui battait pour elle, agrippant de ses petites mains ses épaules larges. Les quelques mots épars qu'elle avait prononcés avaient permis à Edward de se rassurer et de comprendre qu'elle était émue de leurs retrouvailles, que c'étaient des larmes de joie qui coulaient, et non pas de douleur.
Edward avait longuement serré contre lui son épouse pour qu'elle se calme, qu'elle s'apaise, jusqu'à ce qu'elle finisse par s'endormir, un sourire sur ses lèvres, sa tête brune reposant sur son torse viril.
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Edward avait inscrit Bella à l'Université de Lyon, en première année de Lettres Classiques.
Toutefois, il n'avait pas encore osé en parler à sa femme. Il attendait le bon moment. Il avait encore du temps devant lui, la formation universitaire ne reprenant qu'à la mi-octobre.
Le mois d'août battait son plein, la chaleur était étouffante dans la ville lyonnaise. Edward avait donc prévu d'emmener Bella quelques jours dans les Alpes autour du 15 août afin de trouver un peu de fraîcheur.
Ce changement d'atmosphère vint tomber à pic.
Quelques jours avant leur départ pour la montagne, Bella avait eu ses règles, ce qui l'avait rendu morose et mélancolique d'autant plus que, comme elles avaient tardé, la jeune fille s'était mise à espérer une belle nouvelle. Elle avait pleuré toute la première journée. Sue avait été incapable de lui faire entendre raison, Edward s'était senti impuissant face à la détresse de sa femme.
Avant de quitter Lyon pour cette semaine de congés estivaux, Edward avait enfin contacté le médecin psychologue que son père lui avait conseillé avant leur déménagement. Bella et lui débuteraient une thérapie au retour de leur séjour alpin. Il était tout aussi vital qu'ils expriment leur chagrin dû à la perte de leur enfant que Bella apprenne à relativiser lorsque son cycle menstruel se manifestait.
Le jeune couple avait ainsi découvert le lac d'Annecy et la vieille ville dans laquelle ils avaient déambulé main dans la main.
Ils étaient aussi allés à Chamonix admirer le Mont-Blanc grâce au nouveau téléphérique de l'Aiguille du Midi mis en service depuis quelques années. Ils avaient été totalement impressionnés par cette montée vertigineuse dans la beine, qui les avait menés à plus de 3700 mètres d'altitude. L'appel de la montagne avait été saisissant et Edward avait suggéré à son épouse qu'ils reviennent dans la vallée apprendre le ski l'hiver prochain. Bella s'était empressée d'accepter, même si elle redoutait déjà de chuter et d'avoir les fesses constamment dans la neige.
Ils avaient découvert la gastronomie locale, les fromages de vache, les fondues savoyardes, la polenta et les diots. Bella avait questionné avidement le cuisinier de l'hôtel dans lequel ils résidaient afin de pouvoir faire découvrir à Sue cette manière si particulière de cuisiner le maïs.
Les nuits en hôtels étaient tout aussi féeriques que celles vécues à Lyon ou lors de leur voyage de noces en Normandie. Le jeune couple ne cessait de se rapprocher, de se fondre l'un dans l'autre, de faire parler et vibrer leurs corps, d'atteindre ce plaisir ultime qu'ils ne ressentaient que grâce à l'autre.
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Bella se laissait guider par son époux, qui la tenait par la taille. Ils avaient tous deux rendez-vous, mais elle ne savait pas où.
Lorsqu'ils entrèrent dans l'immeuble à la façade bourgeoise, Bella aperçut de multiples plaques de médecins : cardiologue, ophtalmologue, dentiste, psychologue, gynécologue...
-Edward, que venons-nous faire ici ? Chuchota-t-elle alors qu'Edward l'entrainaît vers la cage d'escalier.
-Bella, nous venons... Il s'arrêta sur le palier du premier étage. Je pense que tu ne vas pas être d'accord, mais j'ai pris rendez-vous pour que nous puissions consulter un psychologue.
-Mais... à quoi cela va-t-il nous servir ? Bégaya Bella, qui s'était tendue. Elle avait tant entendu ses parents critiquer les psychologues, leurs délires et de leurs inaptitudes. Ni l'un ni l'autre... Aucun de nous deux n'est fou...
-Il ne s'agit pas de folie, ma mie. Juste de parler avec un professionnel pour « vider son sac ». Edward mima des guillemets de ses doigts pour la dernière partie de la phrase.
-Je ne comprends toujours pas pourquoi nous avons besoin de ça. Nous parlons tous les deux, cela nous suffit, déclama Bella d'un ton péremptoire tout en reculant vers l'escalier, prête à repartir.
-Je t'en prie, Bella, insista Edward la voyant fuir. Fais-le pour moi.
Le ton suppliant de son époux la fit frissonner. Son regard vert était demandeur. Elle l'aimait tant qu'elle ne pouvait pas refuser. Elle devait lui faire confiance.
-D'accord, accepta-t-elle, pour cette fois seule.
Edward sourit puis l'embrassa fougueusement pour la remercier d'avoir cédé.
Puis il reprit sa main et ils montèrent d'un même pas deux étages de plus pour s'arrêter définitivement sur le troisième palier. Edward sonna à la porte de gauche, qui portait une plaque : « Docteur Jasper Withlock, docteur en médecine et psychologie ».
Il sonna puis entra dans un petit hall dans lequel se tenait le bureau de la secrétaire qui, après avoir pris les informations nominatives pour ouvrir leur dossier, leur demanda de patienter quelques minutes dans la salle d'attente.
Bella était anxieuse. Elle craignait cet entretien. Elle n'arrêtait pas de se frotter les mains l'une contre l'autre. Edward glissa alors la sienne entre les deux paumes si douces de son épouse pour la calmer. L'effet fut immédiat.
-Tout va bien se passer, je te le promets, lui murmura-t-il à l'oreille tout en la ramenant de son autre bras contre lui.
Ils furent interrompus par un grand homme blond d'une quarantaine d'années, en blouse blanche qui ouvrit la porte de la pièce.
-Monsieur et Madame Cullen ? Interrogea-t-il d'une voix claire en lisant leur nom sur son dossier.
-Oui ! Approuva Edward.
-Bien, veuillez me suivre s'il vous plaît.
Ils le suivirent et entrèrent dans un bureau grand et clair. Le docteur Withlock s'installa derrière son bureau parfaitement rangé sur lequel il déposa leur dossier et leur désigna les chaises en vis-à-vis pour qu'ils puissent s'asseoir. Sur la gauche se positionnait une gigantesque armoire de chêne qui renfermait certainement les dossiers des patients du médecin psychologue alors que sur la gauche, on pouvait voir un divan avec couvertures et oreillers.
-Qui est à l'origine de ce rendez-vous ? Débuta le médecin.
-Moi, Docteur, répondit Edward.
-Êtes-vous d'accord pour être présente ici ? Questionna-t-il en se tournant vers la jeune femme, qu'il sentait tendue et anxieuse.
-Je... Elle bégaya avant de se reprendre péniblement. Oui, … bien sûr..., car cela fait plaisir à mon époux.
-Êtes-vous d'accord pour que nous commencions la séance ?
-Oui, bien sûr, approuva Edward.
-Mais n'a-t-elle pas déjà commencé ? Demanda Bella d'une toute petite voix.
-Non, il ne s'agissait que de questions de présentation. La vraie séance ne débute qu'avec l'accord des patients. Bella remua positivement la tête signifiant qu'elle avait compris. Edward, permettez-vous que je vous appelle par votre prénom ? Cela sera moins cérémonieux que Monsieur ou Maître.
-Oui, bien sûr, répéta pour la seconde fois le jeune avocat.
-Pour quelle raison avoir choisi de consulter un médecin psychologue ?
-Nous... Edward lança un rapide coup d'oeil en direction de son épouse, ne sachant comment elle allait réagir à l'entente de ses propos. Nous avons perdu un enfant au printemps dernier et nous...
-Non ! C'est faux ! Le coupa brutalement Bella un sanglot dans sa voix. C'est moi qui ai...
-Laissez votre époux s'exprimer, l'interrompit à son tour fermement le médecin. Madame, puis-je également vous appeler par votre prénom ?
-Oui, mais il a tort...
-Isabella, vous parlerez ensuite, trancha-t-il à nouveau d'un ton qui n'impliquait aucun appel. Pour l'instant, la parole lui revient. Profitez de ce temps pour vous reprendre, ajouta-t-il d'une voix plus douce en lui tendant une boite de mouchoirs en papier. Je vous en prie, reprenez là où vous en étiez, Edward.
-Ces derniers mois n'ont pas été faciles, ni pour Bella, ni pour moi.
-Votre épouse exprimera son ressenti tout à l'heure, avança doucement le docteur Withlock. N'évoquez que le vôtre, s'il vous plaît.
-Je vais essayer, souffla Edward en passant un main dans ses cheveux, un peu décontenancé par la demande du médecin. C'est difficile de faire la part des choses, nous sommes un couple, nous avons été deux à souffrir, même si j'ai bien conscience que Bella a été éprouvée davantage, d'un point de vue physique.
-Quel âge avait l'enfant ?
-Bella entamait le début du quatrième mois de sa grossesse.
-Est-ce que cette grossesse était désirée ?
-Bien entendu ! S'exclama Edward. Nous nous sommes mariés en septembre dernier. Avoir un enfant est la conséquence logique et heureuse de notre union.
Jasper Withlock notait au fur et à mesure les réponses sur son bloc notes, tout en gardant un œil attentif sur les réaction du jeune couple, et notamment celles d'Isabella Swan, qui semblait se décomposer de plus en plus au fur et à mesure de l'entretien.
-Est-ce que vous envisagez d'avoir d'autres enfants ?
-Oui, certainement, mais pas forcément dans l'immédiat. Observant le regard rougi et choqué de sa femme qui se retenait d'intervenir, Edward précisa sa pensée. Si un enfant pointait le bout de son nez dès le mois prochain, nous serions ravis de l'accueillir au sein de notre foyer. Mais s'il ne vient pas tout de suite, ce n'est pas grave non plus. Nous sommes tous les deux jeunes, nous avons le temps pour devenir parents. Edward se tut un long moment avant de reprendre la parole lentement. Je souhaiterai vraiment que Bella comprenne qu'elle n'a pas à s'angoisser et à pleurer lorsque surviennent ses règles, qu'elle ne me décevra pas si elle n'enfante pas immédiatement. Je l'aime telle qu'elle est, avec ou sans enfant.
Cette déclaration non voilée et devant un témoin fit rougir Bella tout en lui mettant les larmes aux yeux. Émue, elle se moucha de manière fort peu gracieuse. Elle eut soudain envie d'avoir un contact avec son époux pour qu'il prenne conscience de l'importance qu'elle accordait à ses paroles. Elle lui tendit sa main qu'il attrapa bien volontiers dans la sienne, la serrant doucement, la rendant progressivement chaude du désir qui les abritait tous les deux.
Ce geste si significatif n'échappa pas à l'oeil expert du médecin psychologue, qui constata également qu'il calmait sa patiente. C'était donc le moment de la questionner. Mais il fallait d'abord la mettre en confiance, sinon elle risquerait de se braquer.
-Isabella, qu'avez-vous ressenti à l'annonce de votre grossesse ?
Surprise par cette question, Bella, qui s'attendait à ce qu'on lui reproche la perte de l'enfant, tressaillit et bégaya une fois de plus.
-J'ai... Je...
-Respirez Isabella et prenez votre temps pour répondre, l'encouragea le docteur Withlock.
-J'ai été si heureuse, souffla-t-elle en resserrant sa main sur celle de son mari alors que l'autre venait caresser son ventre plat et inhabité. Si heureuse de faire plaisir à Edward, ainsi qu'à ma mère. Et je crois même que mon père et les parents d'Edward étaient contents pour nous.
-Votre mère ? Le médecin précisa sa question lorsqu'il constata l'incompréhension de sa patiente. Quel rapport entre votre grossesse et votre mère ?
-Hum... Elle m'a toujours dit et répété que c'était le premier rôle qu'une femme devait remplir auprès de son époux.
-C'est ce que la société française se plaît à proclamer, confirma le docteur Withlock d'un ton laconique. Vous n'êtes en aucun cas obligée de suivre les recommandations de votre mère. Le désir d'avoir un enfant doit être une décision prise par le couple, et non leurs parents.
-Nous en avons parlé ! S'exclama Bella outragée par les propos du médecin. Edward et moi en avons parlé ensemble lorsque... Rougissante et gênée par les circonstances de cette conversation, elle se tut tout en se mordillant la lèvre.
-Lorsque... ? Reprit le médecin qui souhaitait pousser sa patiente dans ses retranchements les plus ultimes.
Devant le mutisme total et absolu de son épouse, Edward, qui connaissait les réticences de Bella et son malaise à évoquer ses menstruations, reprit la parole.
-Lorsque ma femme a eu ses règles pour la première fois après notre mariage.
-Edward ! Le gourmanda Bella encore plus bouleversée par une telle révélation.
-Vous n'avez pas à être gênée par ces révélations, Isabella, essaya de la rassurer Jasper Withlock. Tout comme votre époux, je sais comment fonctionne un corps de femme. Il n'y a pas de tabou à avoir sur ce sujet-là dans mon cabinet. Constatant que sa patiente rougissait de plus en plus, il rajouta. Respirez lentement Isabella ! Inspirez ! Expirez ! Inspirez ! Expirez ! Ne bloquez pas votre respiration par gêne.
Une fois son rythme respiratoire redevenu plus régulier, Bella ne put s'empêcher de répliquer sèchement :
-C'est bien plus simple pour vous ! Ce n'est pas de votre corps dont nous sommes en train de parler !
-Exact ! Confirma Jasper Withlock. Sans pour autant s'étaler sur la place publique, la société actuelle a tendance à rendre tabou et mystérieux le cycle féminin. Vous n'imaginez pas les fortes conséquences que cela peut avoir sur les jeunes filles ou les jeunes femmes, qui n'osent bien souvent pas en parler ni à leurs époux, ni à leurs médecins quand surviennent des soucis. C'est un tabou qu'il faut briser. C'est pour cela que je ne veux pas qu'il existe dans mon cabinet. J'ai bien conscience que cela va à l'encontre de l'éducation que vous avez reçue mais, ici, nous parlerons de tout sans que l'un de nous trois ne soient choqués par de tels propos.
-Je vais essayer, mais je ne vous le promets pas, souffla Bella décontenancée par un tel discours.
-Essayer est déjà un grand pas vers l'avant, sourit Jasper heureux de voir la jeune fille s'ouvrir un peu. Donc, vous aviez discuté de la possibilité d'avoir un enfant rapidement, reprit-il tout en ramenant la conversation à leur sujet d'origine.
-Oui, et nous étions tous les deux d'accord, approuva Bella plus sereine puisqu'elle avait désormais compris qu'elle n'était aucunement forcée d'étaler sa vie intime devant ce médecin qui la chahutait quelque peu. Plus audacieuse, conservant toujours le contact de la main d'Edward dans la sienne, elle osa préciser sa pensée. De toute façon, je ne vois pas comment nous pourrions faire pour ne pas avoir d'enfant. Avoir un bébé est la conséquence obligatoire d'une relation qui existe entre un homme et une femme. Rien ne peut l'empêcher de... Elle se mordit subitement la lèvre se souvenant d'un détail que Edward lui avait expliqué lorsque sa mère leur avait mis trop de pression sur les épaules lors du réveillon du Nouvel An. Sauf le truc... que tu m'avais expliqué, les joues à nouveau rouges, elle bafouilla en direction de son époux, tu sais... lorsque l'homme ne... Puis choisit de se taire par honte et par ignorance.
Avant que Edward ne puisse intervenir, le docteur Withlock reprit la parole :
-J'imagine que vous voulez parler du coït interrompu ? Edward acquiesça aux propos du médecin alors que Bella baissait davantage la tête, fuyant le regard observateur du médecin, par pudeur. Une telle technique pour éviter une grossesse est possible mais loin d'être garantie à 100 %. Jasper ressentant le malaise optimum de sa patiente à parler de tels actes choisit de changer de sujet, ce n'était pas en si peu de temps qu'elle pouvait être à l'aise avec son corps, avec les mots qui décrivaient l'acte sexuel. Pour l'instant, rien n'existe de réellement fiable pour empêcher une grossesse dans un couple, mais pour votre information, des chercheurs américains travaillent sur la conception d'une pilule qui bloquerait le cycle féminin et donc les grossesses non désirées.
-Oui, j'en avais entendu parler lors de mon séjour aux États-Unis, approuva Edward. Mais je pensais que ce médicament était encore à l'état de chimère.
-Non, des tests ont commencé ces dernières années, mais uniquement chez les femmes sujettes à des pathologies spécifiques, comme des fausses couches à répétition ou des troubles menstruels importants. Il est possible qu'un prochain jour cette pilule devienne accessible à l'ensemble des femmes, qui pourraient ainsi décider du moment où elles se sentent prêtes pour enfanter.
Silencieuse, Bella écoutait attentivement son époux et le médecin parler de cette innovation.
Elle était doublement stupéfaite : d'une part, elle ne comprenait pas en quoi cette pilule la concernait puisqu'elle -et Edward- voulai-en-t des enfants d'autre part, c'était fort curieux de voir deux hommes discuter de problèmes féminins. Voilà encore une chose qui allait en contradiction totale avec son éducation. Elle était toujours autant surprise que son époux soit aussi à l'aise pour parler de son cycle féminin. Et cette discussion venait encore renforcer cette stupeur.
-Cela changerait bien des choses pour les femmes ! Admit Edward. Toutefois, je doute que les hommes acceptent bien volontiers cette pilule contraceptive, surtout en France.
-C'est clair, confirma Jasper Withlock. L'acte sexuel ne serait plus uniquement un acte de reproduction pour la femme, mais également un acte de plaisir, plaisir que seul l'homme est sensé ressentir. Le plaisir féminin est malheureusement un sujet tabou dans notre société actuelle, chez les hommes comme chez les femmes.
Le médecin lança un regard appuyé sur sa patiente tétanisée par le cours de la conversation.
-Pourquoi me regardez-vous ainsi ? Osa-t-elle murmurer.
-Éprouvez-vous du plaisir lorsque vous partagez une étreinte intime avec votre mari ? La jeune fille rougit jusqu'à la racine de ses cheveux et resta silencieuse, mortifiée par cette question qu'elle jugeait honteuse et indécente. Votre teint parle pour vous ! Vous m'en voyez ravi ! Bella dissimula alors une partie de son visage dans sa main libre. Était-ce une chose à laquelle vous vous attendiez lors de votre nuit de noces ? Faites votre possible pour me répondre franchement.
Edward resserra son emprise sur la main de son épouse afin de l'encourager à répondre.
-Non, murmura-t-elle. Mère m'avait simplement dit que... Que j'aurai mal et que je devrai faire tout ce que mon mari me demandait.
-Isabella, attaqua froidement Jasper pour être sûr qu'elle l'écoute. Bella ! Reprit-il même. S'entendant être appelée par son surnom, la jeune fille releva la tête et le regarda droit dans les yeux. Ce que j'essaie de vous faire comprendre, c'est que vous êtes désormais une adulte et que vous avez le droit de prendre de la distance avec l'éducation que vous avez reçue, et surtout avec les dires de votre mère. Elle n'a pas toujours raison ! Vous en avez la preuve, chaque nuit, lorsque vous ressentez du plaisir dans les bras de votre époux !
-Mais j'ai toujours entendu dire...
-J'ai bien conscience que ce n'est pas facile de renier des années durant lesquelles on a pu entendre certains propos, mais vous avez ce droit et vous pouvez l'utiliser pleinement. Jasper précisa sa pensée. Vous n'avez pas à vous rendre malade lorsque votre cycle menstruel apparaît, vous n'avez pas à culpabiliser de ne pas être enceinte. Oubliez votre mère ! Oubliez ses conseils et ses recommandations lorsqu'il s'agit de votre couple ! Cela ne la concerne pas ! En aucune façon ! Le ton de Jasper était péremptoire, il voulait être certain de marquer sa jeune patiente pour qu'elle soit capable de prendre le recul nécessaire le mois prochain. Le seul qui pourrait vous le reprocher, c'est votre époux ! Et il ne le fait pas ! Bien au contraire, il souffre même de l'exagération de votre réaction.
Bella, en pleurs, se précipita alors sur Edward qui la fit asseoir sur ses genoux.
-Pardon, pardon, ne cessait-elle de murmurer au creux de l'oreille de son époux.
-Calme-toi mon amour, chut, calme-toi... Il lui caressait le dos de la paume de sa main pour qu'elle s'apaise.
-Laissez-la pleurer, elle en a besoin, l'interrompit doucement le docteur Withlock en lui tendant à nouveau des mouchoirs.
De longues dizaines de minutes plus tard, Bella se redressa les yeux fripés et rougis. Elle n'en demeurait pas moins belle aux yeux de son mari.
-Excusez-moi de m'être laissée aller, docteur... Reprit-elle tout en se réinstallant à sa place initiale. Edward reprit sa main qu'il cajola encore et toujours pour lui manifester tout son soutien.
-Ne vous excusez jamais d'avoir pleuré dans mon cabinet ! Nous ne sommes pas sur la place publique ! Vous avez le droit d'avoir vos moments de faiblesse et il faut mieux les avoir ici, en étant accompagnée de votre mari et d'un professionnel, que seule à la maison.
Bella acquiesça, signifiant ainsi qu'elle avait compris.
Le docteur Withlock reprit donc doucement :
-Isabella, que comptez-vous faire désormais ?
-Comment cela ? Bella ne comprenait pas où le médecin voulait en venir.
-Vous êtes nouvelle dans la ville de Lyon. Votre époux est accaparé par son travail d'avocat. Comment comptez-vous occuper vos journées ?
-Je ne sais pas... J'aime cuisiner pour Edward... Et je pensais que je serai rapidement... N'étant pas capable de prononcer le mot « enceinte », elle déposa sa main sur son ventre.
-Mais si tel n'est pas le cas ? Insista le docteur Withlock, qui voulait envisager toutes les solutions.
-Je ne sais pas, murmura à nouveau la jeune fille brune. À Paris, je voyais Esmé régulièrement, parfois mes parents... Mais ici, je ne connais personne.
-Pourquoi ne pas t'inscrire à l'Université ? Suggéra Edward. En Lettres ?
-Nous en avons déjà parlé, Edward ! Les inscriptions doivent être sûrement dépassées, et même si j'aime lire, je n'en serai pas capable ! Soupira-t-elle.
-Pourquoi penser cela ? Questionna Jasper.
Bella haussa les épaules avant de comprendre que cette réponse gestuelle ne suffirait pas au médecin en face d'elle et qu'il attendait qu'elle verbalise cette réaction.
-Pfff... Les études ne servent pas à grand chose pour quelqu'un comme moi... En plus, cela coûte cher et si c'est pour échouer, c'est dépenser de l'argent pour rien !
-Pourquoi cela ne vous servirait-il pas ? Relança Jasper ? Parce que vous êtes une femme mariée et que votre époux assure financièrement votre quotidien ? Bella acquiesça vivement. Et votre culture générale ? Le plaisir intellectuel que vous pouvez retirer de ces apprentissages ? Y avez-vous pensé ? Bella haussa les épaules. Pourquoi pensez-vous ne pas être capable de réussir ? Devant le mutisme de la jeune fille, le médecin avança lentement. Est-ce parce qu'on vous a toujours répété qu'une femme ne devait pas faire d'études ?
-Oui, chuchota-t-elle.
-Qui ?
-Ma mère !
-Ce n'est pas parce que votre mère n'a pas fait d'études que vous n'êtes pas capable de réussir les vôtres. De plus, comme vous savez que votre époux assure la subsistance de votre foyer, vous n'avez pas d'enjeu vital sur ces études littéraires. Le seul but est que vous preniez plaisir à étudier.
-Si je ne réussis pas, ce n'est pas grave ?
-Bien sûr que non, Bella ! Intervint Edward. Soit ces études te plaisent, tu réussis et c'est super ! Soit cela ne te plaît pas et tu arrêtes au bout de trois ou quatre mois, et tu passes à autre chose !
-D'accord, je vais réfléchir à cette proposition... De toute façon, pour cette année, c'est trop tard, les inscriptions doivent être closes.
-Hum... Bella, j'ai pris les devants et je t'ai déjà inscrite à l'Université de Lyon en Lettres Classiques.
-Mais pourquoi avoir fait cela ? Les yeux chocolat de la jeune fille étaient effrayés à l'entente de cette résolution.
-Bella, je suis convaincu que ces études te plairont et que tu es capable de les réussir. J'ai confiance en toi. Le docteur Withlock sourit à l'entente des derniers mots employés par le jeune avocat, des mots rares que la jeune fille n'avait jamais entendus de la part de sa mère. Il savait d'ores et déjà qu'elle irait suivre les cours en faculté, son époux savait plaider sa cause et ce qu'il pensait être bénéfique pour sa femme. Et si cela ne te plaît pas, tu arrêtes à la fin du premier semestre. Mais essaye d'y aller pour voir ce qu'il en est !
-Tu crois vraiment que je suis capable d'y arriver ? Bella doutait encore et toujours.
-Oui, tout à fait ! Lui sourit Edward.
-Et si je suis enceinte, je ne pourrais pas finir l'année...
-Et ce ne sera pas dramatique ! Intervint Jasper. Toute femme, même étudiante, a droit à un congé maternité. Mais pour l'instant, la question ne se pose pas. Réglons les problèmes un par un.
-Oui, bien sûr, admit Bella.
-Si vous êtes d'accord, nous allons clôturer la séance.
-Oui, approuvèrent d'un commun accord Bella et Edward.
-Et je vous propose un nouveau rendez-vous pour dans un mois, à la mi-septembre...
-Encore ? Bella était étonnée. Elle se tourna vers Edward. Mais tu avais dit que...
-J'avais dit que nous ne viendrions qu'une seule fois si le contact passait mal avec le docteur Withlock.
-Et je pense sincèrement que nous n'avons pas tout abordé tous les problèmes qui tournent autour d'une potentielle grossesse et d'une future naissance, avança lentement Jasper en regardant droit dans les yeux sa patiente, qui remua négativement la tête. Isabella, si vous voulez avancer dans votre couple, dans votre vie, dans votre désir d'avoir un enfant, il faut me faire confiance et revenir si je vous le demande.
-D'accord, répondit péniblement Bella qui n'avait pas vraiment encore pu faire un point sur tout ce qui s'était échangé lors de la séance.
-Isabella, j'aimerai vous rencontrer seule lors d'un entretien, mais j'imagine que vous le demandez pour le prochain rendez-vous est encore bien trop tôt, n'est-ce pas ?
-Je viens ici avec mon époux, trembla Bella en renforçant sa poigne sur la main d'Edward.
-J'en ai conscience, admit aisément le médecin qui n'aurait pas lancé de pari sur ce sujet-là. Pour la prochaine fois, faites d'abord un point sur tout ce que nous avons pu échangé aujourd'hui. Beaucoup de choses ont été dites, certaines éprouvantes, il y a parfois eu des pleurs, il est utile que vous preniez du recul et que vous fassiez un point ensemble d'ici une semaine. Le jeune couple acquiesça positivement. Ensuite, j'aimerai connaître votre réaction à chacun d'entre vous la prochaine fois que le cycle d'Isabella fera son apparition. Je sais que c'est quelque chose qui ne vous met pas forcément à l'aise, en disant cela, Jasper regardait essentiellement sa jeune patiente, mais pour avancer et moins souffrir, il faut que vous ayez conscience de vos réactions.
-C'est noté ! Je vous remercie, Docteur. Edward se leva et lui tendit un règlement par chèque. À la prochaine fois !
Bella, encore bouleversée par le flot d'émotions qu'elle avait ressenti tout comme par la multitude des informations qu'elle avait apprises ou dont elle avait pris conscience, se contenta d'un salut de la tête.
Il allait falloir revenir... Et elle ne savait encore pas si elle devait en être triste ou au contraire heureuse...
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Chapitre publié le 20 février 2013
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Prochain chapitre : Thérapie
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Pour la publication du prochain chapitre : environ une quinzaine de jours.
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Réponses aux anonymes :
Anges0112 : J'espère que ce nouveau départ t'a plu et que tu n'es pas trop déçu(e) du fait que je n'explique pas plus la conversation entre Renée et Bella du dernier chapitre. Quant au départ de Bella pour Lyon, Renée n'a pas son mot à dire : sa fille doit suivre son époux. C'est clair comme de l'eau de roche pour Madame Swan. À bientôt !
Fan de Sous X : Merci pour ta review ! Je suis ravie que ma fiction te plaise autant ! Par contre, désolée pour l'expression « ma mie », je vais continuer à l'utiliser. Oui, elle date plutôt du XVIIIe ou XIXe siècle, mais elle est encore utilisée dans les classes aisées au XXe siècle jusqu'à la fin des années soixante-dix. J'espère que tu sauras passer outre pour imaginer le sex appeal d'Edward ! À bientôt !
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Portez-vous bien et à très bientôt !
AliLouane
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