CHAPITRE 27 : Du réconfort
Mes yeux fixèrent à travers la vitre transparente, les larmes inondant mes joues lentement.
J'entendais Melissa me crier après le portable. Jennifer venait de lui passer le combiné pour essayer de me parler. Mais j'étais beaucoup trop submerger par la douleur pour lui répondre.
Ma main glissa doucement contre le bois, allant vers mon BlackBerry, coupant la communication, mettant un terme à ses supplications. Je ne voulais plus rien entendre. Écouter seulement le silence que régnait entièrement la villa.
Ramenant mes jambes contre ma poitrine, je plaquais mes coudes contre mes genoux, en prenant ma tête entre mes mains. Mes joues étaient baignées par mes larmes, roulant dans une allure affriolante. Me laissant tomber violemment en arrière, un hurlement sortait de mes lèvres. Tellement fort, que je m'en brisais les cordes vocales. Je demeurais au sol, mes yeux clos. Mes sanglots se mêlèrent à mes cris. Je n'arrivais pas à supporter une chose pareil. Un tel supplice. Une fois de plus, cela me rongeait totalement.
Mon portable se mettait à vibrer contre le sol. Melissa. Je ne voulais pas lui parler. Parce que je savais qu'elle allait me convaincre de ne rien faire, jusqu'à ce qu'elles arrivent. Je passais une main dans ma frange en me relevant. J'étais encore énervée, alors je shootais dans le BlackBerry, le faisant glisser contre le sol, et se projetait contre la baie-vitrée, dans un bruit sourd.
Sortant de la chambre à grand pas, je descendais en bas, pour aller sur la terrasse. J'attrapais la bouteille de Vodka que j'avais laissé, et la plaquais contre ma bouche. Le liquide coulait lentement dans ma gorge. Je buvais à grandes gorgées, me faisant tourner la tête plus vite. M'essuyant du revers de la main mes lèvres, je me mettais à fixer l'eau de la piscine. J'ignorais pendant combien de minutes je regardais l'eau, mais mon cerveau me disant qu'une seule chose ; celle de m'y engouffrer dedans. À quoi bon deviendrait le monde sans ma personne ? Mes fans, mes proches, mes amies, mon staff...
Tous leurs visages me repassèrent en boucle devant mes yeux. Je savais que je ne pouvais pas faire ça. Que je ne méritais pas cela. Mais je me retrouvais... perdue. Je ne savais plus quoi faire. Je n'arrivais plus à penser la moindre chose infiniment apaisante dans ma tête. J'avais tellement de problèmes. Et c'était ce problème dont je n'arrivais pas à m'en débarrasser. Définitivement.
Mes jambes s'avancèrent toutes seules jusqu'au bord de la piscine. Je n'arrivais plus à les contrôler. C'était plus fort que moi. M'arrêtant, je tenais toujours la bouteille dans ma main droite, retrouvant mes orteils dans le vide, face à la piscine. J'ingurgitais plusieurs gorgées de Vodka.
Retenant ma respiration en admirant la vue de Los Angeles devant moi, mes larmes roulèrent abondamment contre mes joues, voulant mettre un terme à tout ça.
− Robyn ! S'exclama une voix masculine familière derrière moi.
Je me retournais lentement, laissant place à de la surprise dans mon regard.
− Aub' ? Murmurais-je.
Il s'avançait vers moi, d'un pas rapide. Son regard se faisait anxieux.
− Mon dieu, Robyn ! Dans quel état tu t'es foutu ? S'inquiéta-t-il.
Je le fixais à travers ma vision devenue floue. J'avais mal. Terriblement mal. Je n'arrivais plus à supporter cette douleur. Je faillis m'écrouler par terre, mais Drake me rattrapa de justesse. Mes larmes redoublèrent en même temps que je lâchais la bouteille, se fracassant par terre. Il me prenait directement dans ses bras. Il resserra sa prise autour de mes hanches, ma poitrine collait contre son torse. Je renforçais à mon tour mes bras autour de son cou.
Mes pleures s'intensifièrent en même temps qu'il accentuait sa prise plus fortement.
− Calme-toi, calme-toi, me supplia-t-il.
Drake me relâchait un peu, en prenant ma joue contre la paume de sa main droite.
− Aubrey... marmonnais-je, alors qu'il fixait mes yeux rougis par mes larmes, en essuyant celles-ci.
− Je suis là maintenant, ne t'inquiètes pas.
Ses yeux brillaient quelque peu. Je remarquais qu'il avait envie de se mettre à pleurer lui aussi. Me voir dans un tel état, le blessait énormément.
Il me prenait par mes épaules, et m'incitait à rentrer à l'intérieur en m'évitant de marcher pieds nus sur le verre brisé par terre. Aubrey m'installait sur le canapé délicatement. J'essuyais les larmes qui venaient de rouler le long de mes joues, en reniflant. Il s'accroupissait devant moi contre le sol, ses genoux butant le parquet en bois, et se plaçait entre mes cuisses. Aubrey déposait ses mains contre mon dos, voulant me prendre dans ses bras une nouvelle fois. Je me laissais faire, en refermant mes bras contre ses épaules.
Les yeux clos, et ma tête déposait contre son épaule de gauche, je délaissais mes larmes coulées lentement. Nous restâmes pendant de longues minutes dans cette position. Quelques fois, je sentais la main de Drake me frotter le dos délicatement. Mon rythme cardiaque s'abaissait au fur et à mesure que je me calmais.
Aubrey me relâchait doucement, en me fixant. Ses yeux marron s'encrèrent dans les miens pendant un instant. Ses sourcils noirs épais, se froncèrent. Sur ses joues naissait une barbe de trois jours, lui rendant un côté plus séduisant. Aubrey était un ami qui comptait beaucoup pour moi ; un ami proche.
− Qu'est-ce que tu fais là ? Murmurais-je, en décidant de mettre fin au silence.
− Jennifer m'a appelé, me répondait-il. Elle m'a dit que tu n'étais pas bien. J'ai pas cherché, et j'ai sauté dans la première voiture que j'avais depuis chez moi pour venir ici.
Jenn évidement, j'aurais dû y penser plus tôt... Drake se relevait pour s'asseoir à mes côtés. Il rabattait la couverture du canapé sur moi, même si je n'avais pas tellement froid, en maillot de bain, vu que nous étions au mois d'août.
− Mais dis-moi plutôt ce qui t'as mis dans cet état, Robyn ! C'est quoi le problème ? C'est l'autre fils de pute de Brown qui s'est repointé ?! S'emporta-t-il, en me regardant.
Il avait touché un point sensible. Il me connaissait par cœur. Je me mettais à soupirer.
− Non, gémissais-je, en repoussant la couverture.
Visiblement, il attendait mes explications. Qu'est-ce que je devais lui dire ? Ce qui s'était passé avec Matt, ça oui mais... l'appel de Chris ? Non. Et encore moins la lettre. Je savais qu'Aub' me demanderait des explications : pourquoi je n'aurais pas coupé les ponts avec lui, si je ne serais pas allée le voir, ou si on aurait pas fini par recoucher ensemble...
Je pinçais mes lèvres, en évitant son regard.
− Je me suis disputé avec Matt, lui confiais-je.
− Qu'est-ce qui s'est passé ?
Aubrey savait que j'étais avec Matt. Je lui avais déjà raconté, une fois quand je l'avais eu au téléphone il y a plusieurs jours. Et puis, je me doutais qu'il l'eût appris aussi dans la presse ; je leur avais moi-même confirmé dans une interview, parce qu'ils tournaient comme des cons autour du pot, et Matt et moi en avions parlés pour valider notre choix dessus. Celui de leur dire la vérité de notre relation.
Je mordillais mes lèvres instinctivement.
− Uns de mes musiciens m'avait lâché comme une merde, lâchais-je, volontairement, en sautant le passage de la production de mon album, vu que j'avais enregistré un duo avec lui pour, et qu'il savait que j'étais encore en plein dedans. Alors j'ai demandé à un... ami de venir en aide qui l'est, reprenais-je, en ayant hésiter pendant une seconde sur la soi-disante "relation" que j'entretenais avec Edward.
Drake hocha la tête, approuvant, et m'écoutant jusqu'au bout.
− Je suis allée me baigner tranquillement dans la piscine, et... Edward est seulement venu me rejoindre, insistais-je, ne voulant pas lui dire ce qui s'était réellement passé. Je suis ensuite partie, et montée dans ma chambre. Matt est arrivé, et il a commencé à me faire une scène. Il m'a demandé ce qu'il foutait là, et pourquoi j'étais avec lui à moitié à poil. Matt a certainement dû nous voir ensemble à l'intérieur, et croire que je profitais de la situation pendant son absence...
Je me taisais en fixant mes mains contre mes cuisses, étant envahie par l'émotion qui revenait soudainement.
− J'ai l'impression que tu ne me dis pas tout, finissait par me dire Aubrey, recouvrant le silence qui s'était installé.
Je haussais mes sourcils.
− Je te connais, Robyn. Je sais quand tu mens, et ne me fais pas dire le contraire, continua-t-il, en déposant deux doigts sous mon menton pour m'inciter à le regarder.
Comment le dissuader qu'il avait raison ? Je soupirais intérieurement. Son regard marron s'attirait langoureusement au mien. Pendant quelques secondes, j'essayais de trouver n'importe quel mensonge qui ferait l'affaire ; aucun n'atteignait mon esprit.
Je me trouvais voué à l'échec total.
− J'ai eu une relation avec Edward, lui avouais-je en soupirant, et passant ma main dans mes cheveux.
Il arquait un de ses sourcils.
− C'était pendant que je m'étais retirée de l'industrie... et c'est pourquoi j'ai mis du temps aussi à revenir, me moquais-je, avec ironie.
Aubrey se grattait légèrement sa barbe, en hochant de la tête.
− Et Matt vous a vu vous embrasser, concluait-il, en me regardant plus sereinement.
− Aub'... commençais-je. Je suis certaine qu'il n'a rien vu.
− Tu détournes ma réponse. Ça veut dire que c'est vrai, sourcilla-t-il, en se réinstallant confortablement dans le canapé.
Un point pour lui. À ce stade-là, il allait savoir beaucoup plus avant même que je ne lui en révèle les détails. Mordillant ma lèvre inférieure, il reprenait.
− Il peut très bien n'avoir rien vu, mais il peut croire qu'il s'est passé quelque chose, même si je parie que tu ne lui as pas dit ta véritable ancienne relation avec ce Edward, et que tu ne lui avais pas dit qu'il serait avec toi aussi.
Je sentais une larme rouler lentement le long de ma joue. Cette putain d'émotion me revenait en pleine gueule. Je me mettais à renifler.
Drake me reprenait dans ses bras. Je me laissais me submerger par mon chagrin, tandis qu'il me frottait le dos, tout en déposant un baiser au sommet de mon crâne. Ses gestes étaient tendres. Il me pressait légèrement dans ses bras, alors que j'entendais un reniflement. Ce n'était pas le mien, mais le sien.
Je me dégageais rapidement de sa prise, en le fixant à travers ma vision brouillée. Une larme perlait contre sa joue. Il pleurait. Je n'aimais pas le voir pleurer à cause de moi. Je n'arrivais pas à supporter ça.
Je mordillais ma lèvre, toujours en le regardant, sentant plusieurs autres larmes roulées le long de mes pommettes. Il s'essuyait rapidement à l'aide du revers de sa main droite.
− Aub', pourquoi tu pleures ? Chuchotais-je, étant incapable de parler plus fort.
− Te voir pleurer me donne envie de pleurer aussi, renifla-t-il. Et j'aime pas te voir comme ça.
Un faible sourire apparaissait pendant quelques secondes contre mon visage.
− Rah, putain, grogna-t-il, en s'essuyant de nouveau.
Après quelques minutes, le silence refaisait surface. Nous nous calmions tous les deux. Drake accouda son coude contre le dossier en déposant sa tête contre la paume de sa main. Mes yeux fixèrent la terrasse de dehors, le verre de la bouteille que j'avais brisé tout à l'heure.
De son autre main valide, je sentais les doigts d'Aubrey me prendre la mienne, pour me la serrer.
− Aub', tu ne voudrais pas aller me chercher mon portable là-haut dans ma chambre, s'il te plaît ?
Il acquiesça, en se relevant, et montait les escaliers. Mes jambes se calèrent en dessous de mes fesses. Je m'adossais en retenant ma tête contre le dossier en soupirant. J'ignorais si Edward était toujours dans la villa où s'il était parti. Après notre baiser, je présumais qu'il serait sorti en pensant que ce qui s'était passé, était une erreur. Du moins, c'est ce que je croyais...
Les pas de Drake me sortirent de mes pensées, l'entendant s'approcher de moi dans mon dos.
− Tu m'expliques, ça ?
Retournant ma tête vers lui, mon cœur eut un raté en fixant l'objet qu'il tenait entre ses doigts, en l'air. La lettre. Je l'avais laissé à mon insu dans ma chambre, à un endroit bien voyant... sous le compartiment en verre de ma table de chevet. Eh merde... pensais-je.
Il vit mon air paniqué, car il ouvrit l'enveloppe pour en sortir le contenu.
− Aubrey, attends...
Mais il ne m'écoutait pas, parce qu'il dépliait le bout de papier pour commencer à le lire à voix haute, à mon plus grand malheur.
− "Je m'excuse de m'être encore comporté avec toi comme ça. Je me répète mais je tiens vraiment à ce que cet incident ne soit plus quelque chose qui devient trop encombrant entre nous", lisait-il, avant de marquer un temps de pause.
Drake s'avançait vers moi, en contournant le canapé. Il se mettait soudainement à froncer les sourcils.
− "...mes sentiments sont toujours d'autant présents que la dernière fois que l'on s'était vue..."
Il s'arrêta dans sa marche, en relevant son regard vers moi.
− Ne me dis pas que... Oh non, Robyn... hocha Aubrey de la tête.
− Non, c'est pas ce que tu crois !
− T'as pas couché avec lui quand même ? Me dis pas que t'as revu ce fils de pute ?!
Je soupirais, en passant une main dans ma frange.
− Et il a encore le culot de te dire qu'il a toujours des sentiments pour toi ?
− Arrête de t'énerver ! M'exclamais-je.
− Mais putain, Robyn ! T'es pas consciente de ce qui s'est passé avec lui ou quoi ? S'écria-t-il, en levant ses bras.
− Mais tu veux que je fasse quoi ? Que je l'oublie comme ça, du jour au lendemain ?! Putain, Aub' ! Tu peux pas me demander de faire ça !
Plusieurs larmes de rage, inondèrent mes joues. Drake s'avançait vers moi, et prenait directement mon visage dans ses mains. Ses yeux me fixèrent. Nos visages étaient proches.
− Dis-moi la vérité, me supplia-t-il. Tu as couché avec lui ?
− Non, gémissais-je.
Ma vision se brouillait, et c'était parti pour un autre tour... Ma tête se calait une énième fois contre son épaule, mes bras contre sa nuque, alors qu'il me tenait par ma taille. Drake me caressait les cheveux, tout en me murmurant des mots réconfortants.
− Allez viens, on va dormir, et tu me reparleras de tout ça demain, quand tu auras repris des forces, me lança Aub' en se détachant de moi. Tu as assez pleuré comme ça, Rih'.
Un sourire s'étirait sur ses lèvres. Je lui rendais discrètement. Aubrey allait refermer la baie-vitrée, pendant que je me relevais. Nous montâmes par la suite en haut, après qu'il m'est rendu mon portable. Il se dirigeait vers l'une de mes chambres d'ami, mais je l'arrêtais en lui demandant s'il pouvait rester dormir avec moi. Il acceptait sans rechigner.
M'enfermant dans la salle de bains, je m'avançais vers le miroir. Je faisais peine à voir. Mes yeux étaient rougis par mes larmes, et mes cheveux rouges étaient en batailles à moitié secs. Je déposais mon BlackBerry que j'avais réussi à allumer malgré le petit "accident" de tout à l'heure sur le rebord du comptoir. J'enlevais mon maillot de bain en le jetant dans la corbeille, enfilais un string, et mettais par la suite un Marcel blanc de Matt qu'il avait laissé. Le tissu cachait légèrement ma poitrine nue, s'arrêtant en dessous de mes fesses. J'aimais avoir son odeur sur moi quand il n'était pas là.
Pinçant mes lèvres, je remontais mon regard sur mon BlackBerry. Je le prenais en main, et sortais de la salle de bains en luttant contre d'autres larmes. Aubrey venait d'enlever ma serviette que j'avais laissée tout à l'heure sur le lit. Je me laissais m'écrouler en m'asseyant, le dos contre la tête de lit. Il retirait son t-shirt noir dos à moi, et son pantalon bleu marine. Mes yeux fixèrent mon portable. Pendant quelques secondes, j'hésitais. Je savais qu'il n'allait pas me répondre, mais j'avais envie qu'il m'écoute. Son numéro s'affichait devant mes yeux. J'appuyais sur la touche verte, et attendais. Les trois tonalités résonnèrent à mon oreille avant de tomber sur sa messagerie. Je raccrochais, et le rappelais une nouvelle fois, sous l'œil scrutateur de Drake.
− Ne me dis pas que tu essayes de l'appeler, là ?
Je remarquais qu'il se retrouvait en boxer blanc. Je tombais encore sur sa messagerie. J'essayais une troisième fois, mais Aubrey me l'arracha des mains.
− N'insiste pas, me lança-t-il, en déposant mon portable contre sa table de chevet, alors que j'allais protester, laisse-le digérer ça jusqu'à demain, Robyn. Si j'étais à sa place, je ferais la même chose.
Il se coucha à côté de moi, sa tête contre l'oreiller après avoir éteint la lumière de la chambre. Je me laissais glisser sur le dos en soupirant. Nous nous retrouvions dans le noir, en ayant seulement les lumières de la ville au loin qui éclairaient faiblement à travers la baie-vitrée.
Sa main recouvrait mon bras délicatement.
− Viens là, me chuchota-t-il.
Je roulais sur mon flanc gauche. Aubrey me rapprochait de lui. Je déposais ma tête contre son torse, en plaquant la paume de ma main droite sur son ventre. Ses doigts caressèrent doucement mon épaule, tandis que mes paupières se fermèrent lentement, empreignant un rythme régulier de ma respiration.
La voix d'Aubrey me sortait légèrement de ma rêverie. Mes yeux s'ouvraient doucement, ma joue gauche posait contre l'oreiller. J'étais allongée sur le ventre, mes bras au-dessus de ma tête sous le coussin.
Aubrey retourna sa tête vers le réveil. Je battais lentement des paupières, en le regardant.
− Aub', tu dors toujours pas ?
Un bâillement s'échappait de mes lèvres. Il me chatouillait le bout de mon nez, en souriant.
− Tu ronfles tellement fort comme un moteur de moto Kawasaki, impossible de dormir avec toi.
Je le fixais, surprise. J'attrapais mon oreiller, et le frapper avec, ce qui le faisait rire.
− Attends, moi ronfler ? T'es con ou quoi ?
Aubrey se mettait à sourire.
− Tu as prévu de faire quoi normalement aujourd'hui ? Changea-t-il de sujet.
− Je devais allée au studio mais bon...
− Je t'invite au resto, me souria-t-il, en embrassant mon front. Tu choisis l'endroit !
Aubrey bondissait du lit, pour descendre en bas dans la cuisine. Il voulait me préparer un café. Je m'extirpais à mon tour du lit, en baillant une nouvelle fois. Je lui avais demandé aussi d'aller me charger mon portable en bas, vu que le chargeur se trouvait aussi dans la cuisine.
J'allais directement sous la douche. Je restais au moins plantée pendant cinq minutes sous le pommeau, voulant noyer mes pensées envers Chris, ainsi que ma gueule de bois qui se faisait ressentir. Même si j'avais dormi toute la nuit, quelques fois quand je me réveillais pour me retourner, j'avais senti Aubrey un peu ailleurs. Il avait été agité. J'en présumais que c'était à cause de ce que je lui avais dit. Ou plutôt de ce qu'il avait découvert...
J'enfilais une jupe fleurie "esprit Liberty", qui était la grande tendance de cet été, et un débardeur semi-transparent marron clair. J'avais tout de même mit un soutien-gorge couleur chair par-dessous sans bretelles... À mes pieds, je portais de sublimes escarpins beiges cloutés à hauts talons Brian Atwood. Je mettais plusieurs joncs à mon poignet gauche, ainsi que des énormes boucles d'oreilles en or jaunes signées Clara Kasavina.
Je m'étais maquillée légèrement ; un mascara avec un simple trait d'eye-liner noir, et l'un de mes rouges à lèvres rosés favoris. Après m'être lissé correctement ma frange latérale, je sortais de la salle de bains. Je descendais en bas, pour aller rejoindre Drake dans la cuisine. Mes talons claquèrent doucement contre les escaliers, pendant que ma main glissait lentement contre la rembarre en fer forgé.
Lorsque je me dirigeais vers la cuisine, j'entendais la voix d'Aubrey résonnait. À première vue, je pensais qu'il me parlait, vu qu'il m'avait entendue sûrement arriver avec mes talons, mais vu au ton qu'il prenait, je constatais le contraire.
Je m'approchais délicatement derrière le mur, à côté de l'encadrement de la porte, sans faire de bruit.
− ...t'as pas de couilles, mec. La preuve, je parie que tu mouilles déjà dans ton falzar.
Aubrey était énervé. Je le sentais à sa voix, mais aussi à son comportement. Il se trouvait de dos, et tenait un chiffon férocement dans son autre main de libre.
Je savais qu'Aub' n'était pas du genre violent, mais quand il s'énervait, il ne faisait pas semblant. Je me rappelais la dernière fois, quand nous étions en train d'enregistrer notre premier duo ensemble qui s'intitulait What's My Name?, il s'était foutu à gueuler auprès de son ingénieur de son...
− ...penses vraiment que je vais me rabaisser à ton niveau, gamin ? Oh non, ne t'en fais pas. J'ai beaucoup mieux pour toi, négro. Nous nous reverrons. Compte sur moi.
Il raccrochait par la suite. Je fronçais mes sourcils. Je l'entendais lâcher un juron. Je décalais ma tête rapidement pour l'apercevoir. Il se passait les mains dans les cheveux.
Je m'extirpais de ma cachette, en croissant mes bras contre ma poitrine.
− C'était qui ? Lui demandais-je, en m'arrêtant dans mes pas.
− Personne, une erreur, mentait-il.
J'arquais un sourcil.
− Aub', dis-moi la vérité.
Il retournait son regard vers moi. Lorsqu'il pinçait ses lèvres, tout me parut clair dans mon esprit. Je comprenais.
− C'était lui, c'est ça ? Montrais-je du doigt mon portable posé contre le bar.
− Robyn attend... commença-t-il, en s'avançant.
− Pourquoi tu ne me l'as pas dit plus tôt ? POURQUOI TU NE L'AS PAS FAIT ?! Pétais-je un câble.
− Parce que je sais que t'aurais craqué ! S'exclama Aubrey à son tour.
− Putain, mais qu'est-ce qu'il voulait ?
− Te parler...
Pour qu'on se revoie ? Ça aurait été trop dangereux avec l'autre salope, pensais-je.
− T'aurais dû me passer ce putain de téléphone ! Mais merde, quoi ! Hurlais-je, en sentant des larmes coulées le long de mes joues. T'aurais dû me laisser lui parler !
− Pour te dire quoi ? Qu'il t'aime toujours et qu'il veut que vous baisiez ensemble ?!
Aubrey venait de toucher un point sensible, et il le savait. Il venait de le voir dans mon regard. Je séchais mes larmes rageusement, en le fixant froidement.
D'un pas précipité, je montais les marches rapidement, faisant claquer mes talons, lui disant que j'allais chercher mon porte-monnaie, retenant mon sanglot ; le laissant me submergeait seulement lorsque j'entrais dans ma chambre, après m'être assurée, qu'il ne m'écouterait pas.
~ Point de vue de Drake ~
Je connaissais Robyn déjà depuis un long moment. Cela remontait à deux ans. Nous nous étions rencontrés à une soirée. Dès que j'avais posé mes yeux sur elle, j'avais été totalement submergé par son physique. Elle était tellement belle. Cette fille était énormément incroyable. La pression sur ses épaules était tellement forte. Ses fans étaient quelque peu exigeants, et son label était concret et peu intransigeant.
Jennifer m'avait appelé alors que je me trouvais dans ma villa à Los Angeles, tandis que j'avais prévu de partir faire un petit voyage en République Dominicaine. Dès qu'elle m'avait dit que Robyn n'était pas bien, j'avais tout laissé tomber directement pour venir me rendre ici. Elle n'était plus seule. J'étais là pour elle, comme elle était là pour moi.
Au début, quand elle m'avait raconté pour ce qui s'était passé avec Matt, et ce prénommé Edward, je l'avais pris à la légère. Parce que je savais que ces deux-là allaient se rabibocher dans les heures qui allaient venir... J'avais un moyen. Il fallait que je la convainque d'aller le voir, pour remettre à plat les choses. J'y avais pensé pendant une partie de la nuit. Quant à l'autre partie, je l'avais consacré à l'autre connard de Brown. Cet enfoiré ! Comment osait-il se resservir de Robyn ? Après tout ce qu'il lui avait fait subir, il continuait toujours à chercher à la contacter ? Putain ! Ça me mettait hors de moi. Le simple fait d'évoquer son nom, m'énervait.
Je me doutais bien qu'il y eût aussi un rapport avec lui, pour qu'elle soit encore plus dans cet état. Mais pourquoi m'avait-elle caché ceci ? Je m'y attendais bien qu'elle n'avait pas non plus dit aux filles ça... mais... je ne la comprenais plus. Comment faisait-elle pour revenir vers l'homme qui lui a fait tant souffrir ? L'amour. C'était la seule chose. Elle l'aimait toujours. Mais j'attendais plus d'explications venant de sa part. Je voulais comprendre pourquoi elle l'avait revu, et ce qu'ils s'étaient dit. Et j'avais bien l'intention de la faire parler.
Robyn était tout pour moi. Même si nous avions eu une relation juste après ce qui venait de se passer avec l'autre, j'avais toujours des sentiments envers elle. Elle était la seule fille avec qui j'avais ressenti une telle chose. Mais elle avait été blessée, et déçue à ce moment-là. Physiquement, et moralement. Elle avait besoin de quelqu'un qui était bien pour elle. J'avais cru qu'à un moment donné, cette personne, c'était moi. Mais malheureusement, cela n'avait pas marché pour plusieurs raisons...
Tout en étant perdu dans mes pensées, je fixais la cafetière se mettre en marche. Je décidais de lui éplucher une orange qu'il y avait dans sa corbeille de fruits, voulant qu'elle mange quelque chose, même si dans moins d'une heure nous irions au restaurant. Son portable que j'avais branché à l'une des prises, vibra contre le marbre du comptoir du bar. Je me lavais, et séchais mes mains rapidement, avant de prendre l'appel.
Le portable collait à l'oreille retenu par mon épaule, je finissais d'éplucher le fruit. J'entendais une respiration à l'autre bout du fil, puis un mouvement.
− Robyn...
Je me figeais. Cette voix, je la reconnaissais. Posant l'orange entièrement épluchée, je m'essuyais les mains avec un chiffon, et prenais le portable en main.
− Elle ne veut pas te parler, crachais-je.
Durant une seconde, je me doutais qu'il fût surpris que cela soit moi qui réponde. Je l'entendais retenir sa respiration pendant un moment.
− Tiens, tiens, te revoilà encore ? T'en as pas eu marre qu'elle te laisse tomber comme une merde, en s'étant juste servi de toi ? Se moqua-t-il. Laisse-moi rire...
− Je devrais plutôt te retourner la question, bâtard.
− D'où tu me traites de bâtard ? Tu t'es vu ?
Il s'énervait. J'aimais le voir comme cela. Ça me faisait rire.
− Écoute, négro, si t'as un problème vient pas en y mêler Robyn à l'intérieur...
− Justement, c'est toi mon problème, me lâcha-t-il, en commençant à s'exclamer.
− Pourquoi tu t'excites ? T'as plus de chattes en chaleur ?
− J'en ai bien plus que toi à ma disposition, connard.
J'éteignais la cafetière, en lui répondant, la voix rauque.
− Tu crois que c'est avec ta bite de cheval que tu vas réussir à t'en tirer une ? Excuse-moi, mec mais... riais-je.
− Ta gueule.
− Quoi ta gueule ? Moi j'ai une bite de millionnaire, les diamants sortent de mon dard. Et toi, tout ce qui sort du tien, c'est toutes les dettes que tu dois, et les heures de travaux d'intérêts généraux.
Brown se mettait à répliquer immédiatement. Je le coupais, ne voulant plus entendre ses sordides sortir de sa bouche.
− Eh négro ! Tu vas fermer ta grande gueule, ok ?
Chris criait au téléphone, me lançant des insultes les plus impitoyables, autant les unes que les autres.
− Arrête avec ton accent de merde que t'as ! On dirait que t'as le nez bouché. Hum, t'es malade ? Ah non, c'est vrai, quand tu veux parler à Robyn, tu chiales plus !
− Va te faire foutre, mec ! Qu'est-ce tu fous avec elle ? Elle est à moi, elle m'appartient.
− Oh ? Tu crois ça ? J'ai vu la lettre que tu lui as écrite. Dis-moi, elle était très touchante... j'en avais les larmes aux yeux, ironisais-je, en reniflant. Mais crois-moi, elle ne t'appartient pas qu'à toi. Une femme, négro. Ta femme ? Robyn te regarderait avec autant de peur dans les yeux, pour que tu recommences encore ?! Tu la laisserais encore tenter de se suicider en voulant se noyer dans la piscine ?
− Se suicider ? S'étonna-t-il.
− Elle était en pleure nigga quand je l'ai retrouvé.
− Putain...
Il grommelait dans sa barbe. Eh ouais, négro, on joue pas avec le cœur fragile de la petite Robyn, pensais-je. Surtout avec ta putain de lettre.
− Elle est où ? Reprenait Brown. Je veux lui parler.
− Mais t'as pas pigé dans ta cervelle de moineau, putain ? Je ne te la laisserais pas l'approcher, tu m'as entendu. À moins que t'es un moyen ? Ah nan, c'est vrai, j'avais oublié, t'as une bite à la place du cerveau, m'amusais-je.
− Sale juif ! Il y en a qu'un seul ici qui prend des bites, et c'est ni moi, ni toi. C'est ta pute de mère le travelo. Reste tranquille tu veux, je suis déjà très nerveux.
− T'as les chocottes ? Souriais-je, niaisement.
Il fulminait de rage.
− Fils de pute ! J'ai pas peur de toi, cracha-t-il.
− T'as pas de couilles, mec. La preuve, je parie que tu mouilles déjà dans ton falzar.
− Et tu vas faire quoi ? Hum ? Vas-y, dis-moi puisque tu as l'air de savoir mieux que moi.
− Du calme, petit. Ici c'est le jeu des grands.
− Attends ton tour, tu vas voir. Je vais tellement te niquer, que ta bite de millionnaire comme tu dis, va te faire tellement mal que tu vas plus pouvoir baiser pendant toute ta vie.
Me retournant en me calant contre le plan de travail, ma mâchoire se resserra.
− Tu penses vraiment que je vais me rabaisser à ton niveau, gamin ? Oh non, ne t'en fais pas. J'ai beaucoup mieux pour toi, négro. Nous nous reverrons. Compte sur moi.
Mon pouce appuyait sur la touche pour raccrocher, en décollant le portable de mon oreille. Je serrais des dents.
− Connard, crachais-je, en déposant l'objet sur le plan de travail.
Je passais mes mains dans mes cheveux en fermant mes yeux, et soufflais. Ce putain de bâtard, il m'inspirait déjà tellement de dégoût, qu'il n'arriverait pas encore plus bas dans mon estime. À mes yeux, il n'était qu'un chien galeux. J'étais profondément déçu du comportement de Robyn. Et elle le savait. Avec tout le dispositif qu'on avait fait pour la protéger, elle avait quand même recouru dans les bras de son tortionnaire. Mais elle était avec moi maintenant. J'allais tout faire pour qu'elle se sente mieux.
Alors qu'elle m'avait fait une scène, Robyn repartait en haut énervée, pour chercher son porte-monnaie. J'entendais ses talons marteler le sol. Il fallait qu'elle m'explique ce qui s'était passé avec l'autre. J'avais l'intention de lui faire craché le morceau, même si elle avait couché avec lui ou pas. Elle devait tout me dire, pour que je comprenne pourquoi il voulait absolument la revoir, avant qu'il ne lui refasse du mal...
J'attrapais la tasse de café que je m'étais faite en plus de la sienne, et buvais quelques gorgées en la regardant monter les marches. Je prenais mon portable dans la poche arrière de mon pantalon.
− Salut, Meek c'est Aubrey !
− Salut, négro ! Quoi de neuf ?
− Je dirais pas bien du tout, mec.
− Ah ? Ria-t-il. Plus de chattes fraîches en réserve sous le coude ?
− J'ai pas dit ça, ta gueule, lançais-je alors qu'il se foutait à rire encore, et déposais la tasse. J'ai un deal pour toi.
Je le sentais se crisper, d'un coup.
− J'ai besoin des gars. Le plus rapidement possible. Il faut qu'on règle son compte à l'autre baltringue, reprenais-je en croisant mes bras contre mon torse.
− Tu parles de Brown ? Attends... tu veux dire quoi par là ? S'inquiéta Meek. Eh mec, je veux pas d'embrouille, ok... J'ai fini avec le...
− Non, t'en as pas fini, négro, le coupais-je. Dis-moi, t'aimerais pas qu'on apprenne que t'as repris le deal de coke ? Pas vrai, nigga ?
− Ne joue pas à ça avec moi, putain...
Il n'avait pas le choix de toute façon, ou sinon je mettrais en péril sa carrière, quoiqu'il dit...
− Putain, qu'est-ce que tu veux dire par régler son compte ? Jura Meek.
− En finir avec lui. Complètement.
Je raccrochais directement, coupant la communication. Il fallait que j'aide Robyn à sortir de cette merde, et le plus vite possible.
Brown avait touché la corde sensible, et il allait en prendre plein la gueule jusqu'à en foutre sa vie en danger, sans qu'il ne s'en aperçoive.
THIS IS THE END !
Un avis ?
See you nigga at the next chapter...
Kisses !
NFL.
