Sujets sensibles
-Tu vois, Donnie a tort de me considérer parfait. J'ai à mon actif mon lot d'erreurs et de péchés. Principalement dû à mon orgueil. Je vais commencer mon récit à i ans. Lorsque j'étais encore mutant, avant que les mutants ne soient reconnus, grâce à nous principalement, il y a eu une bataille contre un Super vilain à New York à ce moment-là. Shredder. Aucune idée si ce fait est connu jusqu'au Nevada… Bref, mon plus jeune frère a été blessé et, à tant que médecin de la famille, Donnie l'a évacué. Il n'y avait que notre Sensei, moi et mon frère Raph. Nous venions lui et moi de recevoir un coup qui nous avait projeté à l'autre bout de la salle. J'étais tombé sur mon mauvais genou. Je ne pouvais marcher. Je ne sais si mon frère Raph s'en est aperçu. Le fait est que malgré tout, j'allais m'élancer de nouveau quand Raph m'agrippa. Je résistai et il prit alors la résolution drastique de m'assommer pour me faire sortir. J'ignorai sur le coup que Donnie nous avait envoyé un courriel. Je ne le sus qu'à mon réveil à l'hôpital. Sur le coup, j'avais mille choses à procéder entre la mort de mon père et la reconnaissance des mutants. Mes sentiments à l'égard du frère qui m'avait sauvé étaient mitigés. Je lui en voulais d'avoir abandonné notre père et m'avoir sauvé, moi. J'étais le chef, le responsable, ma vie n'avait pas d'importance entre ses yeux, mais ce n'est pas à moi qu'échut la décision. Distrait par mon genou, le combat, je n'avais pas regardé mon cellulaire. De toute façon, il n'avait rien à regarder. Donnie n'avait envoyé que le texto à Raphael.
Raph, interloqué, se demanda ce que signifiait cela. Dans sa tête, Donnie leur avait envoyé à tous les deux.
Léo continua :
-Donnie a choisi Raphael car il savait que celui-ci prendrait une meilleure décision que moi. Si je l'avais reçu, j'aurai dit à Raph de partir avec notre père ou de quitter seul. Que j'aie pu marcher ou non, c'est ce que j'aurai fait. Raph n'aurait jamais voulu me quitter, j'en suis persuadé. Nous serions tous morts, soufflés par la bombe, par ma faute. Donnie a compris que je n'étais pas si bon chef que cela. J'ai décidé de ne plus rien diriger. Tout le poids de cette décision avait pesé sur Raphael et j'avais honte. Je ne pouvais l'affronter. J'en venait même à penser qu'il devait regretter d'avoir sauvé un si piètre leader que moi. D'ailleurs, j'avais organisé toute ce combat qui s'est révélé un couteux échec. Mon père est mort, Raph a été gravement blessé et Mikey est presque mort au bout de son sang.
-Mais, suite à cela, les mutants ont été reconnus, non ? N'est-ce pas un peu grâce à toi qu'ils n'ont plus à vivre cachés ?
-Peu importe, j'ai boudé mon frère Raph a tort et il est parti. Au même moment, mon dégoût de moi-même prenait son apogée et je m'engageais. Mon entrainement militaire fut aisé mais dura plus de deux ans. Je n'aimais pas les armes à feu, mais étant un outil de précision, je m'habituais vite. Je ne veux pas perdre du temps à expliquer ce qui n'est pas important. Bref, ma première mission fut normale, chez les SEAL. Ou je demeurais plusieurs mois. Puis, on m'envoya en Asie rejoindre une unité des forces spéciales. Une promotion. Comme je le souhaitais, à l'époque, j'étais un soldat, et je n'avais plus à prendre des décisions qui pouvaient nuire gravement à autrui. Nous étions incognito dans le village. En fait plus ou moins, nous vivions comme de faux travailleurs humanitaires, qui étions là pour creuser des puits, construire des écoles, etc. Mais ce n'était que pour gagner la confiance de la population et pouvoir trouver la cellule terroriste. Bref, on a fait de moi un professeur. Je devais enseigner à un groupe de près de quarante enfants. Cela a été mes moments les plus heureux, je pense. Puis, environ une dizaine de jours après mon arrivé, il manquait un élève. Il avait complètement disparu. Cela m'a beaucoup perturbé car c'était un garçon d'une douzaine d'année très serviable et gentil. Quand j'en ai parlé à mon retour à la base, mon commandant a décidé de ne plus m'envoyer enseigner.
Le commandant de l'unité…me trouvait un excellent combattant. Il ne cessait de me louanger auprès des autres. J'en éprouvais un grand malaise. Je mis sur le compte de l'envie les commentaires des autres sur le fait qu'avec des fesses moins fermes et une bouche moins gourmande, il ne m'apprécierait pas autant. Il s'est mis à me surnommer « Arès », le nom du dieu grec de la guerre. Il disait que j'étais un bel Arès adolescent. Cela aurait dû m'ouvrir les yeux, mais j'étais encore un innocent à l'époque.
Je ne veux pas rentrer dans les détails, surtout pas graphique, car je déteste y repenser. Il m'a menti. Il a brodé une couverture de mensonge pour camoufler ses vices et ses crimes. Il m'a dit que sa femme avait demandé le divorce, mais c'était faux. Ce jour-là, dans la jeep, il me racontait combien ce divorce le faisait souffrir, qu'il n'avait plus personne sur qui se fier, à aimer et protéger. Une raison de se battre. Cela a éveillé un écho en moi puisque je ressentais quelque chose de similaire depuis l'éclatement de ma famille. Donnie dirigeait tout et comblait Mikey. Raph non plus n'avait plus besoin de moi. J'avais besoin d'une épaule sur laquelle me reposer. J'étais jeune. J'avais besoin encore d'un guide dans cette nouvelle vie d'humain où les valeurs et les traditions que l'on m'avait apprises n'étaient plus de mises. J'ai répondu à son baiser, sans penser à mal. Donner et recevoir de l'affection, lorsque notre vie n'est plus que devoirs est rafraichissant. La fois suivante…enfin le soir même, il me prenait dans les douches communes.
-De force ? Devant tout le monde ?
-Non, les autres n'y étaient pas là. Ils pouvaient sortir, seul moi et le commandant devions toujours demeurer. De force, non…par surprise, plutôt. Je n'avais jamais eu de sexe de ma vie et j'avoue ne pas avoir su comment réagir. J'aimais ce que ses mains me faisaient… Tu me méprises ? Tu me trouves facile ?
-Non, du tout ! Continue.
-Je vais sauter toute notre relation, si je peux la qualifier ainsi. Disons, qu'elle n'était plus…qu'elle n'a jamais été en fait ce que je croyais.
Raph se rappela alors les scènes d'un sadomasochiste assez élevé qu'il avait visionné avec un tremblement de rage, ainsi que la confidence de Mikey sur les marques que le corps de Léo arborait. Raph ne voulait pas détails, en fait si, deux seulement : qui était cet individu et où l'on pouvait le trouver.
-J'ai rompu. Je lui ai dit que je ne voulais plus. Il ne m'aimait pas et ne m'apportait rien de positif à part ses faveurs pour m'ostraciser de mes compagnons d'armes. Je ne sortais pas, je n'avais pas de tâches et je ne mangeais pas avec eux. J'étais le seul à la table d'honneur avec le commandant. Et il me couvrait de cadeaux clinquants comme l'horrible revolver que tu as vu. Mais, à part ces privilèges, je n'avais que des compliments sur mon physique, mon talent et rien de plus. Il ne s'est jamais intéressé à savoir si j'aimais boire du café ou du thé le matin, tant qu'il avait sa satisfaction matinale. Toi, Rick, tu as su instinctivement que j'aimais le thé et, étrangement, tu l'as toujours préparé exactement comme je l'aime. Maintenant que j'y pense, tu ne m'as même jamais questionné à ce propos. Cela doit être un signe. En fait, tu n'as jamais fait un plat avec un ingrédient que je n'aimais pas, point. Même le lapin, sourit tristement Léo.
Raph n'aimait pas le tour que prenait la conversation, il pressa donc Léonardo de continuer.
-J'ai donc rompu et il l'a mal pris. Il m'a dit que je le regretterais. Ils se tous mis alors à me traiter comme la Cendrillon de service. Mais, ce n'était rien. Un jour, que j'étais dehors, j'ai entendu un soldat repoussé une femme qui criait qu'elle savait qu'on lui avait enlevé son enfant. A l'armée, j'ai appris à parler neuf langues étrangères. Malgré les dénégations du soldat par la suite, j'ai tout compris.
J'aurai pu partir bien avant, Donnie m'avait supplié de le faire, mais je ne voulais me dérober au devoir d'accomplir cette mission. Finalement, je suis très heureux de cette décision. Le lendemain, j'ai surpris une conversation de ce même soldat avec un autre…parlant de ce jeune garçon et de sa mère qui l'avait réclamé, en donnant des détails particuliers…je ne veux pas en parler, mais je me suis interposé. J'ai dit que j'allais en parler au commandant. Ils se sont moqués de moi en disant que « mon » commandant n'était pas mieux. J'ai pu constater de visu le fait même en le surprenant avec…je ne veux pas en parler. Il m'a blâmé, que c'était de ma faute, que sans moi pour assouvir ses besoins, il devait les prendre ailleurs. Que je ne devais pas être jaloux, que cela n'avait rien à voir avec l'admiration qu'il avait pour moi. Que si je me donnais à nouveau…j'étais tellement écœuré, Rick…je…j'étais…je ne savais plus quoi faire. Alors, j'ai demandé de réfléchir vingt-quatre heures. Je me suis précipité sur mon portable et j'ai écrit à Donnie s'il pouvait filmer de mon portable ce qu'il y avait dans ma chambre, car je soupçonnais un vol et d'envoyer la preuve à qui de droit. Je ne voulais pas faire paniquer Donnie. Je ne voulais pas être rapatrier. Je voulais les appâter. Au bout du laps de temps, j'ai écrit que je ne voulais plus de lui, qu'ils me dégoutaient tous et que j'allais tout révéler de leurs agissements. Ils sont venus dans ma chambre. J'étais certain qu'il venait m'éliminer. Je ne comptais même pas résister, je voulais juste arracher des aveux, afin que tous ces viols d'enfants arrêtent. Cela ne s'est pas passé comme cela du tout…je ne veux pas en parler. L'important était que j'avais la preuve vidéo de leurs crimes. Mais Donnie, lui aussi a tout vu et je ne crois pas qu'il s'en soit remis. Assister au viol de groupe que subi ton frère, en simultané mais sur un autre continent… Cela a duré plus de deux heures. Donnie a tout vu, entendu…et il était impuissant. Donc, ne juge pas mon frère, je t'en prie. Il ne souhaite que me protéger, pour pallier à ces fois où il n'a pas pu.
Raph avait le cœur au bord des lèvres et il imagina très bien le calvaire qu'avait enduré Donatello. Il serra les poings et demanda d'une voix rauque.
-Qu'est-il arrivé ?
-Lorsque j'ai cessé la caméra, Donnie est apparu à l'écran et a dit que j'avais une heure pour me remettre et me laver. Ensuite, il couperait le courant à distance durant un quart d'heure. Il m'a dit de prendre mes katanas et de faire le ménage, que c'était un ordre d'en-haut. Cela devait être fait immédiatement et toute trace effacée de notre passage. J'ai fait ce que Don m'a dit. J'ai passé ma vie dans les égouts. Ma vision dans l'obscurité est supérieure de beaucoup à la moyenne. J'ai attendu, j'ai décroché mes katanas et j'ai tué tout le monde. Aucun d'entre eux n'avait la vitesse de reflexe de ninja, j'avais pour moi la discrétion et l'effet de surprise. Il n'y a que le commandant que je n'ai pas tué avec mes katanas. Leur lame est trop noble pour son sang de menteur, de pédophile et de criminel. Quand la lumière est revenue, j'avais le canon de mon revolver posé sur son front. Ce joujou ridicule qu'il m'avait offert, mais un joujou mortel, tout de même. J'ai appuyé sur la détente au moment où il disait m'aimer. J'ai tout brûlé et les gens du village m'ont recueilli dans leur bonté. Ils n'ont jamais revu leurs enfants disparus, mais ceux qui étaient encore là m'aimaient et ont supplié leurs parents de me garder. Deux jours plus tard, un avion venait me chercher. Voilà.
Raphael demeurait silencieux. Qu'est-ce que le décorum prévoit comme réponse à une telle confession ? Il articula faiblement :
-Et ensuite ?
-Je suis rentré. J'ai été mis à la retraite, sans doute sur l'instigation de Donnie, qui, les premières semaines de mon retour, me surveillait même dans mon sommeil. Donnie a refusé de me quitter des yeux durant près de deux mois. Ensuite, j'ai voulu sortir de ma léthargie, oublier, me replonger dans l'action, œuvrer pour la justice, le bien, la protection des citoyens. Je suis devenu policier. C'est tout.
-Et les Dragons pourpres ? Pourquoi en ont-ils après toi ?
-Dès que j'ai été libéré de l'emprise de Don, j'ai cherché le danger. Sans lui en parler, je suis devenu agent double. Je me suis intégré aux dragons. Leur chef, Hun, m'appréciait beaucoup. Un peu trop parfois…il a commencé à m'appeler « minet ». Il est…arrivé quelque chose…J'avoue que c'était peu…mais j'ai paniqué. J'ai eu des flash-back et je me suis sauvé à toutes jambes. Je connaissais tous leur plan des prochaines semaines et j'ai fait échouer toutes leurs activités criminelles, surtout celles concernant la drogue. Là-bas…en mission…ils droguaient les enfants. Hun et moi nous nous sommes retrouvés face à face, mais dans les camps adverses. Il a compris que je l'avais roulé. Il m'en veut, pour cela et ses transactions avortées. Il a compris que le sexe devait être pour moi un talon d'Achille, étant donné ma réaction à son geste. Le reste tu le connais. Es-tu dégoûté de moi ? Je veux dire de mes multiples relations ou de ma facilité à tomber dans les bras d'autrui ? Trouves-tu que j'ai trop de problèmes ?
Raph secoua la tête. Son frère était un putain de héros. Il comprenait le sentiment féroce de protection de Donnie. Mais, Raph allait prendre le flambeau désormais. Il prendrait soin de Léo tous les jours de sa vie et il ne lui arriverait plus rien. Il comprenait ce que Donatello avait voulu aussi dire du cadeau que lui faisait Léo. Il en saisissait toute la valeur et comptait vraiment être à la hauteur des espérances de Léo. Il embrassa doucement Léo pour le rassurer et le faire taire. Il se rendit compte qu'il n'avait jamais fait l'amour de sa vie à personne, mais son sentiment était si fort que les gestes lui venaient naturellement. Il fut le plus délicat qu'il put, prenant son temps, caressant Léo longtemps, lui susurrant tout ce qu'il avait maintenant le droit de lui dire, passant sa passion dans chacun de ses baisers. Il ne croyait pas que Léo pouvait être plus sexy que la première fois qu'il l'avait vu en policier, mais là, sous lui, gémissant et tendu comme un arc, ses doigts s'enfonçant dans son dos, ses baisers aussi ardents que les siens, c'était le nirvana. Ce n'était pas le changement de position qui rendait Raph plus exalté. Dessus ou dessous, avec Léonardo, cela n'avait aucune importance. Mais cette fois-ci, ils faisaient réellement l'amour, Léo lui ayant livré tous les sombres secrets de son âme tourmenté et il avait avoué lui retourner ses sentiments. Ils firent encore l'amour trois autres fois, insatiables, alternant les positions et les rôles, mais en gardant la même tendresse passionnée.
Il était près de cinq du matin et Léo proposa de dormir. Il devait aller avec ses frères le lendemain à une cérémonie de commémoration. Chute de Shredder, extinction des Foots, apparition des citoyens mutants et mort de leur père. Raph ne dit rien. Ce rappel de la réalité lui fit souvenir que la bataille pour conserver Léo était loin d'être gagnée. Un faux pas et une trappe s'ouvrait sous ses pieds. Léo dut lire dans ses pensées car, pressant son corps contre lui il rappela à Raph qu'il lui devait le secret d'où il avait appris à se battre. Raphael ne pouvait nier ce droit à Léo. Il prit une grande respiration et dit :
-J'avais un grand-père qui est devenu fou à son retour du Viêt-Nam. Il est devenu raide dingue d'art martiaux et nous obligeait mon frère et moi à nous battre, nous encourageant à nous blesser et il nous torturait si nous refusions. Il m'a même fait me battre deux ou trois dans une arène pour couvrir ses dettes de jeu…d'où mes nombreuses cicatrices, et…
Raph ne put continuer, Léo pleurait à chaude larmes à l'audition de cette histoire inventée de toutes pièces. Il pleurait pour lui, Raph, qui avait vécu ce faux martyr, alors que lui n'avait même pas songé à prononcer une parole de consolation à Léo, à la fin de son témoignage traumatisant. Raph de plus, connaissait Léo : il avait volontairement omis les pires détails. Raphael se sentit comme le pire des minables à nouveau, alors qu'il consolait Léo en l'assurant qu'il allait bien désormais. Il se mordit les lèvres : chaque mensonge rendait la marche arrière de plus en plus impossible. Il devait vivre et mourir Rick…en espérant que personne ne l'en empêcherait.
Léo murmura avant de s'endormir sur son épaule :
-Je suis si heureux, je ne pensais plus jamais l'être un premier novembre. Cet anniversaire me fera oublier toute la tristesse de l'autre. Je t'aime, Rick, bonne nuit.
Le cœur de Raph bondit de joie au mot « anniversaire ». C'était officiel. Ils étaient ensemble.
A neuf heures, Mikey les réveilla avec un plateau à déjeuner.
-Coucou les amoureux : je vous conseille de manger vite. Nous devons quitter dans trente minutes. Je vous ai repassé deux habits noirs…
-Deux ? marmonna Léo, encore ensommeillé de par sa trop courte nuit. Pourquoi deux ? Rick n'a pas à porter du noir, ce n'était pas son père. De plus..aaah!
Mikey avait échappé le plateau avec les deux verres de jus d'orange sur Léo et Raph. Raph avait un commentaire acerbe sur la maladresse proverbiale de Mikey sur le bout de la langue, mais il le retint quand il vit l'expression assassine des yeux de son benjamin. La constations le frappa de plein fouet : Mikey SAVAIT. Et si Mikey savait, Donnie savait aussi. Les deux n'avaient-ils pas insisté sur l'importance de la vérité ? Mikey venait de voir que Raph n'avait pas profité de leurs conseils et que même, la confession de Léonardo ne l'avait pas convaincu de le faire. Raph avait dit à Léo qui l'aimait, avait fait l'amour à Léo, mais en tant qu'imposteur, encore.
Léo se leva et expliqua qu'il n'avait pas faim et qu'il allait prendre simplement une douche. Il proposa à Raph de le rejoindre, mais celui-ci refusa. Ses yeux ne quittaient pas ceux de Mikey comme s'il était son pire ennemi et qu'il n'osait lui tourner le dos.
Léo dans la douche, Raph constata que Mikey regardait à travers la paroi vitrée son frère se doucher. La jalousie fut plus forte que la prudence :
-Regarde ailleurs, pervers !
-Pervers, moi ? Léo est mon frère. Il est mon frère OFFICIELLEMENT. J'ai le droit de regarder Léo, comme il me plait. Il sait que je lui ne ferait jamais de mal, moi.
-Moi non plus et tu le sais, Mikey. Je l'aime.
Mikey soupira :
-Je vais vous laisser. Je dois aller me préparer.
Raph le rattrapa, paniqué. Un sentiment d'angoisse glaçant ses veines.
-Mikey, je t'en prie…je l'aime. Ne gâchez rien. Léo est heureux. Il me l'a dit.
Mikey se dégagea :
-Je veux bien te le promettre, mais ma parole ne peut engager celle de Donatello.
Raph regarda Mikey quitter la chambre, le sang bourdonnant dans ses oreilles. Il devait prévenir le danger. Il chercha toutes les solutions possibles mais, il n'eut pas le temps d'en choisir une. Un cri d'horreur le fit se retourner. Donnie était allé rejoindre Léo, qui sortait de la douche, via la salle de bain, évitant Raph.
Raph accourut :
-Qu'est-ce qui se passe ?
Léo se retourna le visage si ravagé de chagrin, que Raph oublia sa propre situation périlleuse :
-Voyons bébé ! Dis-moi ce qui ne va pas ! le pressa Raph, tout retourné de voir Léo recroquevillé en larmes.
-C'est….Raph….mon frère….
Les hoquets de Léo étaient si déchirants que Raphael ne comprenait pas durant les premières secondes qu'il n'était pas supposé être Raph. Il ne voyait pas ce qui pouvait se passer de si grave avec lui.
-Il est mort ! Ils ont identifié son cadavre. Donnie a confirmé. Je…je ne le verrais plus. Je ne pourrais jamais lui demander pardon…je ne pourrais jamais lui dire combien il comptait pour moi…
Raph ferma les yeux : jamais il n'avait été coincé autant d'une main de maitre. Comment pouvait-il se regarder dans le miroir après avoir vu Léo s'arracher les cheveux et se labourer le visage, croyant à sa mort. Il était temps pour lui d'agir en homme. Il prit une grande respiration :
-Non, Léo. Je ne suis pas mort. Je suis ton frère Raphael. Usagi disait la vérité.
