Eeeet.. c'est le chapitre final. Y a plus rien après! Snif snif! Non je rigole, le tome suivant est déjà écrit, et vous devriez vite l'avoir!
Je l'ai déjà dit, ici et en privé, mais un énorme merci pour vos commentaires et réponses: j'ai attendu des années avant d'oser écrire cette fic, et j'étais terrifiée des réactions. Je suis tellement heureuse qu'elles soient positives, cela m'encourage à continuer et ce alors que je peine sur mon tome actuel (dark times people). Jack est une part de moi depuis longtemps maintenant et je voulais lui rendre hommage, ainsi qu'à sa relation avec le Docteur :)
WARNING: mouchoirs à sortir, un duo de débiles transis s'explique!
Chapitre 29
Jack avait presque atteint le rez-de-chaussée lorsque les lumières se coupèrent, faisant tomber dans le noir tout le sous-sol. Il pesta, avant d'accélérer le pas .. et percuter de plein fouet quelqu'un. Tombant à la renverse, il manqua une marche et vint s'écrouler lourdement quelques mètres plus bas dans un bruit sourd.
-Jack ? Damn !
Celui-ci cligna des yeux, une douleur intense lui déchirant le dos.
-Doc? murmura-t-il incrédule.
-Vous êtes en vie? s'inquiéta ce dernier en employant la lumière de son tournevis pour s'éclairer.
-Oh, une lampe sonique...
-Il est en vie, confirma en soupirant le Seigneur du temps alors qu'il descendait les marches quatre à quatre.
S'accroupissant à côté de lui, il passa sa main dans son dos, le palpant avec précaution, avant de l'aider à se relever. Jack poussa un grognement, se laissant tomber contre lui.
-ça fait mal !
-Désolé, murmura le Docteur. Qu'est-ce que vous faites là ? Je vous croyais en cellule.
-Je me suis échappé. Et vous ?
-J'ai coupé les lumières, répliqua l'intéressé de son large sourire, un sourire auquel Jack ne put s'empêcher de répondre. Mais ils ne vont pas tarder à les rallumer, alors venez! s'exclama-t-il en le saisissant par le poignet, l'entrainant à sa suite.
Tous deux s'enfuirent au milieu des cris et autres appels, remontant le commissariat comme s'ils avaient le double aux trousses. Il faisait nuit à l'extérieur, et Jack se demanda combien de temps il était resté prisonnier exactement. Il se lécha les lèvres en suivant le Docteur, incapable de ne pas mater son arrière-train. Celui-ci se retourna pour vérifier si le plus jeune le suivait toujours. Il piqua un fard en se rendant compte d'où étaient posés ses yeux.
-Harkness !
-Joli cu, Doc, commenta l'intéressé en jouant des sourcils.
Sa cible grogna. Pourquoi est-ce qu'il était venu le chercher, déjà ? Ah oui, sa morale. Si seulement il n'en avait pas, il pourrait assommer ce morveux et le laisser aux mains des policiers. Mais il en avait malheureusement une, et elle lui commandait de le ramener avec lui, en entier. Il l'avait cherché pendant des heures, ce n'était pas pour le perdre maintenant.
Il avait honte de reconnaître qu'il avait manqué ne pas le faire. Après la fuite de Jack, il était resté un certain temps appuyé contre le mur, choqué, incapable de comprendre ce qu'il venait de se passer. Tout allait bien quelques instants auparavant et soudainement, sans qu'il ne comprenne pourquoi, tout s'était effondré. Des cris avaient été poussés, des insultes échangées, et le garçon l'avait frappé. Une colère froide l'avait saisi à cette pensée: comment Jack avait-il osé? Comment avait-il pu lever la main sur lui? Comment avait-il osé l'insulter comme il l'avait fait ? Les coups avaient fait mal, mais les insultes encore plus, et le Docteur avait sérieusement envisagé de laisser tomber Harkness. Pourquoi chercher à le ramener quand il était évident qu'il ne voulait pas faire partie du vaisseau ?
C'était sans compter sa conscience. Celle-ci s'était matérialisée dans son esprit sous la forme de Rose, le fixant avec une fureur rare. Il avait tressailli, et tenté de la repousser, mais elle avait sifflé hargneusement:
Ose revenir sans lui. Ose revenir et expliquer que tu l'as laissé derrière. On verra sa réaction.
Rose. Sa douce Rose. Féroce Rose. Il ne pouvait pas lui faire cela. Elle serait détruite. Son grand cœur s'était déjà suffisamment attaché au morveux pour souffrir si quoique ce soit lui arrivait. S'il l'abandonnait, le Docteur n'avait aucun doute qu'elle le hairait, et ce à juste titre. Quel sorte de Seigneur du temps serait-il s'il laissait tomber le garçon ? Non.. quelle sorte d'ami?
Il s'en sortira, avait répliqué avec mauvaise humeur son orgueil.
Vraiment? Et s'il lui arrive quelque chose? Tu arriveras à te regarder dans le miroir? avait demandé Conscience. Et puis ce n'est pas la question! Va le chercher! Tu voulais en faire ton compagnon! Tu irais chercher Rose !
Rose ne m'a pas insulté !
Tu l'as cherché! Tu as blessé sa fierté avec ta barre astronomique! Il survit seul depuis des années ! Évidemment qu'il l'a mal pris !
Je voulais l'aider !
À ses yeux, tu en as eu pitié. Tu l'as regardé de haut. L'intention était bonne, mais la façon dont tu l'as géré.. Franchement, tu es surpris qu'il ait hurlé ainsi? Il n'est qu'humain, Docteur, empli d'orgueil mal placé et de vieux démons. Ça te rappelle quelqu'un ?
Oh, la paix !
Bref. Le Docteur était donc parti à la recherche du bougre, pour apprendre que personne ne l'avait plus vu dans le salon depuis maintenant une demie-heure. Il était demeuré tout ce temps hébété? C'était un temps énorme. Il pouvait s'en être passé des choses en une demie-heure de son temps. Deux planètes pouvaient être sorties de leur axe et provoqué une explosion interstellaire par leur collision. Un nouveau soleil pouvait être né. Il pouvait avoir été enlevé.
Les ennuis s'étaient confirmés quand des tigres en uniforme avaient cherché à l'arrêter, plutôt brutalement d'ailleurs. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour comprendre que le sale gosse s'était fait arrêter pour vol. Sérieusement? Harkness? Toujours fichu dans des ennuis.. Un vrai compagnon, avait-t-il pensé mi-amer, mi-amusé. Incapable de ne pas s'éloigner sans se retrouver mêlé à une catastrophe.
Le Docteur doutait que Jack ait réellement volé ce diamant, l'ancien agent pouvait se montrer avide mais pas il n'était pas stupide à ce point. Il lui avait fallu remonter des ruelles détournées et faire mille détours avant de finalement parvenir au commissariat, où, avait-il compris, Jack était détenu. Son papier psychique avait fait des merveilles sur les policiers pas encore au courant qu'il était poursuivi, et il avait remonté le hall d'accueil, avant de couper discrètement la lumière grâce à son tournevis.
Il sourit en apercevant le TARDIS garé à une centaine de mètres, prêt à les accueillir. Sa joie disparut quand il se rendit compte que Jack ne le suivait pas. Le capitaine avait pilé sur place, une expression mitigée déformant son beau visage. Le Docteur contint une grimace, réalisant qu'il allait au devant d'une conversation difficile. Pourquoi est-ce qu'ils ne pouvaient pas tout simplement entrer et repartir? Pourquoi fallait-il toujours que les humains rendent tout si difficile? Les humains, ou ton sale caractère?, rétorqua sa conscience. Tu veux le garder? Parle-lui!
-Jack ?
Celui-ci le fixait toujours, clairement déchiré.
-Jack ? répéta le Docteur.
Il n'avait jamais été doué avec les mots, et c'était encore pire dans ce corps. Rose l'aidait toujours, d'habitude, mais Rose n'était pas là, et il fallait qu'il s'en sorte seul.
-Vous êtes venu, murmura le capitaine sans comprendre.
Le malaise du Docteur augmenta.
-Je ne pouvais pas franchement vous laisser derrière, non? Et puis Rose m'aurait tuée, tenta-t-il de plaisanter.
Jack esquissa un léger sourire, mais ne répondit pas, le souvenir de leur dispute et de ses coups toujours clairement imprégnés dans sa mémoire. Bordel, il avait si honte. Il avait réagi comme un petit con effrayé, et pourtant, contre toute attente, le Doc était quand même venu le chercher.
-Doc, je..
-Je suis désolé, l'interrompit ce dernier de sa voix grave, terrifié à l'idée de l'entendre dire qu'il voulait partir. Je voulais vous aider.. Je ne voulais pas vous faire passer pour un incapable, vous n'en êtes pas un, bien au contraire, vous êtes fantastique, mais je ne suis pas doué, Rose l'est, elle n'arrête pas de dire que je suis brusque et elle a raison, je suis désolé je ne voulais pas vous blesser..
Il s'interrompit, les joues rouges de honte. Il ne parlait jamais autant d'habitude, et encore moins depuis qu'il était dans cette peau. Ses compétences sociales avaient toujours été rouillées, mais cette incarnation était clairement au niveau 0 de l'échelle. À sa grande surprise, Jack détourna le regard avant de marmonner :
-Je sais, je.. Doc, vous n'avez pas à vous excuser.. J'ai réagi comme un con, j'ai.. Il secoua la tête. Je n'aurais pas dû vous frapper, je suis désolé..
-Ce n'est rien. C'était mérité. Je n'aurai pas dû vous insulter.
-Ce n'est pas une insulte si c'est vrai, murmura le jeune homme d'un ton las qui brisa les deux cœurs du Seigneur du temps.
-Ne dites pas ça, souffla-t-il. Vous n'êtes pas si mauvais. Vous foirez parfois, mais vous voulez bien faire.
Les boyaux de Jack se tordirent. Et les voilà, les compliments. L'empathie. La compréhension. Les regards chaleureux qui apaisaient son esprit tempétueux. Il voulait tellement que le Doc le regarde ainsi. Il voulait tellement le rendre fier.
Il ne savait pas pourquoi, ni comment, mais le Seigneur du temps était devenu un phare dans sa vie désastreuse. Une lumière dont il ne voulait plus s'éloigner de peur de couler de nouveau dans les ténèbres. Il était son modèle, son ancre. Son insulte et son mépris au salon avaient brisé cette part en lui qui cherchait désespéramment à devenir le type d'homme que le Docteur appréciait.
Il n'osa pas le lui dire, bien sûr. Il avait bien trop peur de sa réponse. Le Docteur semblait avoir deviné, néanmoins, s'il en jugeait par le regard qu'il lui lança. Sans réfléchir, Jack se jeta sur lui, le serrant dans ses bras au point qu'il l'aurait étouffé si le Doc avait été humain. L'intéressé lui rendit l'étreinte avec la même intensité, inspirant profondément son odeur qu'il avait de si enivrante.
-Je ne veux pas partir.. S'il vous plait, Doc..
-Pourquoi veux-tu partir? souffla l'intéressé.
Le cœur de Jack manqua un battement en entendant le tutoiement soudain.
-Je vous ai frappé.. et insulté.. j'ai été ignoble..
-Si je devais rejeter tous les gens qui m'en ont mis une, il n'y aurait plus personne à bord du Tardis, répliqua le Seigneur du temps d'un temps faussement bourru.
-Je suis désolé..
-Moi aussi. Pour tous mes préjugés. Je n'ai pas agi correctement à ton égard. Tu méritais mieux que mes peurs.
-Elles sont fondées.. J'ai un trou dans la mémoire..
-Je juge ce que je vois. Et je vois un homme à la vie difficile qui tente de remonter la pente.
Avec tendresse, le Docteur vint déposer un gentil baiser sur son front. Jack s'agrippa à lui un peu plus fort, terrifié que l'être magnifique qui se tenait contre lui puisse disparaître. Mais ce n'était nullement l'intention de l'intéressé, qui recula légèrement pour tirer quelque chose caché sous son pull. Le capitaine cligna des yeux humides en découvrant une clé, avant de les écarquiller quand le Docteur la lui tendit.
-Le Tardis n'est pas qu'un vaisseau, Jack, c'est aussi un refuge pour ceux qui n'ont nulle part où aller.. une maison pour ceux qui n'ont rien d'autre.
L'humain crut que son cœur venait d'exploser. Un sanglot sauvage émergea de sa gorge avant qu'il ne se jette de nouveau sur le Seigneur du temps, ses pleurs résonnant dans le silence alors qu'il l'étreignait. Est-ce que le Docteur réalisait ce qu'il venait de lui dire? À lui le fuyard, le couard, l'orphelin.. A lui qui n'avait plus de maison, plus depuis ses douze ans et cet horrible jour..
Le Docteur resserra sa prise sur Jack, l'enfermant dans le cocon protecteur de ses bras. Son pull était inondé de larmes, mais peu lui importait. Il restait. Il avait réussi. Jack restait. Le garçon tremblait violemment, son visage niché dans le creux de son épaule alors qu'il tentait en vain de dissimuler ses pleurs.
Il semblait si fragile en cet instant, si brisé. L'homme avait laissé place à un petit garçon effrayé qu'il n'avait sans doute jamais cessé d'être, et ce dernier pleurait son bonheur d'avoir enfin retrouvé un foyer. Le Docteur se promit de faire du Tardis un endroit digne de son petit humain. Il grogna en sentant des lèvres timides embrasser avec hésitation son cou. Jack n'insista pas, préférant se loger plus confortablement dans ses bras.
Dissimulée dans l'ombre de la porte du vaisseau, Rose sentit un sourire étirer ses lèvres. Elle n'avait entendu qu'une partie de la conversation, mais cela lui avait suffit pour comprendre l'essentiel. Le grabuge dans lequel ces deux abrutis semblaient être encore tombés avait visiblement permis d'éclaircir quelques points, et diantre, qu'ils étaient mignons ainsi ! La jeune fille recula pour laisser place au duo lorsque ce dernier rentra avec hâte dans le vaisseau, se rappelant qu'ils étaient toujours poursuivis lorsque des cris s'élevèrent au loin. Elle échangea un sourire étincelant avec le Docteur : le Tardis comportait officiellement un nouveau compagnon.
FIN
Tadaaaam!
Parce qu'on doit mériter le titre de compagnon..
Qu'est-ce que je les aime.. et même encore plus!
Le tome 2 arrive bientôt: il s'appellera Lonely angels: D'amour et d'aventure, je vous laisse deviner ce que cela signifie!
...
Allez un extrait du premier chapitre?
"Jack cligna des yeux en poussant la porte: là, devant lui, en face du couloir où il se tenait, s'étendait une plage tropicale à perte d'horizon. Le soleil magenta qui brillait dans le ciel rose réchauffait la pièce, le poussant à retirer sa veste sous peine de mourir de canicule. Les vagues dorées s'abattaient paresseusement à quelques mètres de lui sur un sable bleu pale, allant et venant sans se soucier de la blonde qui nageait au milieu d'elles, ses boucles relevées en une queue de cheval serrée."
