Voici un nouveau chapitre, désolée du temps que j'ai mis à l'écrire mais je suis débordée sur tous les plans. J'espère néanmoins qu'il vous plaira…
Chapitre 29 : Croire en la lumière…
Colonie L3, 31 juillet 201Sally serrait des bandages autour du torse de Wu Fei, qui était visiblement d'une humeur de dogue. Elle lui dit de sa voix calme :
« Tu t'en tires bien, un peu plus haut et c'était le cœur… »
Le jeune homme dit amèrement :
« Dire que je me suis fait abattre par derrière ! »
Sally caressa doucement sa joue :
« Ce n'est pas ta faute, arrête ça tout de suite… »
Elle replia les bandages excédentaires et lui dit :
« Il va falloir cependant que tu ailles à l'hôpital, la balle est restée à l'intérieur, je n'ai pas les instruments pour l'extraire et, de plus, tu perds beaucoup de sang… »
Wu Fei se leva, enfila son t-shirt avec précautions et dit :
« On n'a pas fini, on verra ça après… »
Ils avaient réussi à trouver les auteurs des attentats, et les avaient attirés dans un piège, où Wu Fei avait été blessé. Cependant, ils avaient réussi à leur poser une puce de tracking et savaient donc parfaitement où les trouver, d'où la pause pansement qu'ils avaient effectuée.
Wu Fei enfila sa veste avec une grimace et dit :
« Allons-y, finissons-en… »
Mais Sally ne l'entendait pas ainsi :
« J'ai transmis leur position à nos renforts arrière, ils ont dû les appréhender à l'heure qu'il est…nous, nous allons à l'hôpital, c'est un ordre ! »
Wu Fei savait très bien qu'il ne pouvait pas contredire Sally lorsqu'elle prenait ce ton-là, aussi soupira-t-il seulement et la suivit-il…
Quelques heures plus tard, un Wu Fei encore à demi anesthésié se réveillait après son intervention. Sally était à son chevet, elle lui sourit et lui dit :
« Te voilà enfin de nouveau parmi les vivants… »
Wu Fei, malgré la douleur diffuse, lui sourit doucement, et Sally dit :
« Ils les ont arrêtés… »
Elle attrapa la main de son équipier et dit :
« Et nous, nous devons parler… »
Mars, 15 août 201Tirant la langue pour mieux se concentrer, Aidan écrivait des mots à partir d'un de ses livres pendant que sa sœur, assise dans son parc, s'amusait à lancer en tous sens ses jouets. Une baby sitter, assise non loin de là, veillait sur eux tout en préparant leur repas.
Le petit garçon se leva, s'approcha d'elle, lui remit ses jouets dans le parc avant de dire :
« Non Irène, tu ne dois pas mettre tes jouets partout… »
Ses parents étaient toujours effarés de l'avance de son langage, il n'avait pas encore trois ans et parlait un langage parfaitement intelligible. Il savait presque écrire et lire aussi, ce qui effrayait quelque peu sa mère, dépassée par ses rapides progrès.
Ce qu'elle avait craint commençait à arriver à l'école, les enfants, étonnés par la différence des travaux donnés à Aidan, se posaient des questions, mais cela ne posait pas de problèmes graves encore.
Zechs entra alors, posa le dossier qu'il tenait sur la table, alla à Aidan et lui ébouriffa les cheveux :
« Comment va mon grand garçon ? »
Aidan montra ce qu'il était en train de faire à son père et Zechs sourit à son fils :
« C'est bien, Aidan, tu travailles bien… »
Zechs était extrêmement fier de son fils aîné, parce qu'il était comme lui, mais il savait que Lucrezia se serait bien passée qu'Aidan soit un New Type. Les gènes, malheureusement, en avaient décidé autrement et, même si elle désirait qu'il ait la vie la plus normale possible, il savait très bien qu'un jour l'enfant se rendrait compte de sa différence. Ce serait alors à eux de lui faciliter les choses.
Il prit Irène dans ses bras et l'emmena dans la salle de bains pour la changer avant de revenir dans le séjour et de dire à la baby sitter :
« Merci beaucoup, vous pouvez rentrer maintenant, je m'occuperai de leur dîner… »
Souvent, ils faisaient appel à la jeune fille pour s'occuper des enfants lorsque Lucrezia et lui travaillaient tard. Là, elle était restée avec les ingénieurs, ainsi que Tricia et Rushie, pour régler un important problème. Les trois, toutes mères de famille, étaient un élément très important de l'équipe de maintenance, de développement et de direction du dôme. Leurs maris regimbaient parfois mais, ayant compris que leur travail était extrêmement important pour leur épanouissement personnel, les laissaient désormais faire à leur guise sachant qu'elles trouveraient toujours le moyen de gérer leur vie professionnelle et personnelle au mieux.
Zechs alors fit alors ce qu'il appréciait : il joua avec ses enfants en ressentant une fois de plus cette impression de plénitude de l'homme qui a trouvé ce qu'il cherchait après une longue errance…
Terre, résidence de Relena, 3 septembre 201Relena, assise à son bureau, écoutait le rapport de Sally :
« Ils ont été arrêtés par nos forces d'intervention, mais ils n'ont pas réussi à en empêcher certains de se suicider. D'après ce que nous savons, ils sont d'une faction nouvelle considérant les New Types comme des non-humains et qui sont assez vite passés à l'acte… »
Relena soupira : encore des extrémistes prêts à tout faire exploser pour atteindre la pureté suprême. L'humanité n'avait-elle pas encore assez souffert ? Les hommes ne tireraient-ils donc jamais de leçons de leurs erreurs passées ? Il y avait des jours comme ça où elle se demandait à quoi servait le travail de paix qu'elle effectuait…
Elle se refocalisa immédiatement sur son interlocutrice :
« Et Wu Fei, comment se porte-t-il ? »
Sally rit doucement :
« Il grogne mais il va mieux, l'opération a été un succès. Je crois qu'il n'aime pas le fait de s'être fait tirer dessus par derrière mais son ego s'en remettra… »
Relena sourit à l'évocation et dit :
« Très bien, je vous verrai dès que vous reviendrez sur Terre, qu'il se soigne bien surtout, mais vu que vous êtes là tout ira bien… »
L'écran s'éteignit et Relena se remit à son travail. On frappa alors et Heero entra, lesté d'un côté de Tim-Odin vêtu d'une petite salopette bleue ainsi que d'un chapeau marin et de l'autre d'un sac contenant toutes les affaires nécessaires au petit garçon. Il assura Tim sur sa hanche et dit :
« Je l'emmène chez le pédiatre pour son contrôle… »
Relena se leva, vint embrasser son petit garçon ainsi que son homme et dit :
« Très bien, comme il fait chaud fais bien attention de bien le faire boire régulièrement, il ne faut pas qu'il se déshydrate… »
Heero sourit :
« Ne t'inquiète pas, tout se passera bien… »
Relena soupira :
« Excuse-moi, j'en fais trop, comme d'habitude… »
Heero l'embrassa doucement et lui dit :
« Ce n'est rien, mon cœur, à tout à l'heure… »
Et Heero sortit. Tout en installant Tim dans son siège auto, il sourit en coin en pensant à ce qu'il préparait…
Colonie L2, 25 septembre 201Le grand moment était venu pour Hilde. Malgré le repos auquel elle s'était astreinte, son bébé allait naître avec plus d'un mois et demi d'avance. A côté d'elle, Duo était assis, et seule l'agitation de ses mains trahissait sa nervosité. Depuis qu'ils étaient arrivés à l'hôpital, elle n'avait pas desserré les dents, elle se sentait encore coupable de ce qui arrivait.
Duo se leva et prépara les vêtements que porterait leur fils à sa naissance. Il aligna le body, le petit pyjama et les petits chaussons qu'ils avaient choisis, puis se retourna :
« Ca va ? Tu n'as pas trop mal ? »
Hilde tenta de sourire pour le rassurer, et secoua la tête, mais il ne fut pas dupe et vint l'embrasser avant de dire :
« Comment te faire comprendre que ce qui arrive n'est pas ta faute ? Tu sais ce que le médecin a dit, notre fils va bien et il est prêt à vivre à l'extérieur… »
Hilde alors eut un sourire plus franc et Duo lui dit :
« Il ne nous reste plus qu'à attendre un peu, chérie, et il sera près de nous… »
Mais cela ne fut pas de tout repos. Quand elle entra dans la phase active de son accouchement, Hilde maudit son jeune époux avec toutes les injures qu'elle connaissait mais, enfin, le bébé vint au monde normalement sous les yeux de Duo qui fondit en larmes. Malgré le fait qu'il fût prématuré, il avait une taille et un poids respectable mais on l'emmena tout de suite en couveuse pour qu'il y termine sa maturation. La sage-femme rassura Hilde, dont elle vit une expression de peur passer dans le regard :
« Il va bien, on va juste le garder en observation quelques temps pour qu'il achève de grandir un peu… »
Duo, qui n'avait pas quitté le chevet de sa jeune épouse, dit alors :
« S'il se passe quoi que ce soit, prévenez-nous, s'il vous plaît… »
Avant de laisser Hilde reposer, elle demanda encore :
« Comment voulez-vous l'appeler ? »
Hilde se tourna vers son époux, sachant quelle importance cela revêtait pour lui, et celui-ci dit gravement :
« Ilan…Ilan Maxwell… »
Il tourna le regard vers Hilde, et celle-ci y lut tout ce qu'il n'avait jamais eu le courage de lui dire concernant son enfance. Il serait un bon père, elle en avait toujours été sûre et le fut plus que jamais à cet instant. Lui souriant, elle prit sa main et la serra …
Colonie L4, 10 octobre 201Quatre, assis sur son lit, était comme replié sur lui-même, et Maria, vêtue d'une nuisette légère en soie vert clair, tentait de le réconforter :
« Ne t'inquiète pas, cela peut arriver, tu es trop stressé, c'est tout… »
Quatre lui répondit :
« Ne me cherche pas d'excuses, s'il te plaît, j'ai tout gâché ! »
Après plusieurs mois d'une relation calme, c'était la première nuit qu'ils passaient ensemble, mais Quatre, probablement trop nerveux, n'avait pas réussi à satisfaire sa jeune amante. Maria, avec son doux caractère, s'efforçait de rendre confiance en lui à l'homme qu'elle aimait, mais Quatre perdait assez facilement foi en lui-même, surtout lorsque des personnes qu'il aimait rentraient en ligne de compte. Une défaillance de ce type arrivait fréquemment chez des hommes nerveux ou stressés, surtout lorsque c'était pour eux la première fois, mais Quatre ne se pardonnait pas ce défaut…
Maria, comprenant qu'elle ne parviendrait pas à le raisonner, entreprit d'utiliser une autre manière. Doucement, elle laissa courir ses mains sur le torse du jeune homme, puis se coula sur ses genoux et l'embrassa langoureusement. Quatre se sentit fondre complètement sous les mains et les lèvres de Maria qui était bien décidée à ne pas le laisser rester ainsi sur un échec. Cela impliquait qu'elle prenne un peu l'initiative pour qu'il retrouve confiance en lui.
Etant peu expérimentée elle aussi, elle tentait de se servir de son instinct, et la réaction de Quatre lui prouvait qu'elle ne se débrouillait pas si mal.
N'y tenant plus au bout d'un moment, il la fit rouler sous lui, sur le lit, et ôta maladroitement sa nuisette avant de l'embrasser. Maria se cambra contre lui, manquant le faire devenir fou, et il s'aperçut que sa défaillance n'était plus qu'un mauvais souvenir. Elle noua ses jambes autour de sa taille et, enfin, il se fondit en elle et, alors qu'elle laissait échapper un cri, il se sentit enfin lui-même…
Mars, 15 octobre 201
La nuit rouge s'étendait sur le dôme, et Lucrezia, blottie contre son époux, dormait du sommeil du juste. Pourtant, Zechs, malgré sa fatigue, ne parvenait pas à fermer l'œil. Repassaient impitoyablement dans son esprit toutes les décisions qu'il avait prises dans la journée, tout ce qu'il avait signé, les plans du Dôme III qui prenait forme, les bilans comptables et, au contraire de l'habitude, il ne parvenait à en faire abstraction pour enfin parvenir à dormir.
Aidan aussi l'inquiétait, aujourd'hui il était sorti de l'école en larmes, mais n'avait pas voulu lui dire pourquoi. Ce que Lucrezia avait donc craint arrivait, et il ne savait que faire pour aider son fils à surmonter cela. Lui-même ne se souvenait pas avoir eu de problèmes semblables, du moins pas à la maternelle, mais il se disait qu'il n'interviendrait que si l'équilibre d'Aidan était gravement menacé, il devait essayer de trouver sa place tout seul, et il savait que la présence de Marc-Ethan et de Zachary Barnett, New Types comme lui, l'aiderait sans aucun doute dans cette démarche. S'il avait besoin de lui, il l'aiderait…
Rasséréné par cette dernière pensée, Zechs caressa le front de Lucrezia et parvint enfin à s'endormir…
Terre, 18 octobre 201
La chambre était plongée dans l'obscurité, et, soudain, la sonnerie stridente du téléphone rompit le silence de la nuit. Une main se tendit vers la table de nuit où se trouvait le téléphone et une voix juvénile éraillée par le sommeil dit :
« Allô ?? »
La voix de Lady Une se fit entendre :
« Wu Fei ? Va réveiller Sally, je vous attends tout de suite, il y a une urgence ! »
Il dit :
« Okay, on arrive dès que possible… »
Ayant raccroché, il se tourna vers Sally, à demi réveillée par la sonnerie du téléphone, et lui dit :
« On y va, on nous attend au QG… »
Elle se frotta les yeux, faisant glisser la bretelle de sa nuisette sur son épaule, et dit :
« D'accord, d'accord… »
Avant de sauter du lit prestement pour enfiler ses vêtements. Wu Fei en fit autant, et dit :
« On y va, vite, ça avait l'air d'être urgent ! »
Les deux agents d'élite de Preventer coururent alors vers la porte, une fois de plus requis par l'univers en flammes…
A SUIVRE
