Disclaimer: Cf chapitre 1

Mistycal est Beta Reader de cette fic fleuve... Elle a bien du mérite!

OoOoOoO

Précision: J'ai annoncé la semaine dernière que le Livre II est terminé. Il l'est. Pour moi !

Vous avez encore de nombreuses semaines de lecture avant d'en voir la fin !

Bisous à toutes et tous !

OoOoOoO

Entre La Vie Et La Mort 1

Mardi 5 novembre 1996

Acte 1 : Agonie

Ginny

Je ne sais pas combien de temps s'est écoulé depuis que je me suis traînée auprès de Draco et Théo, mais j'entends Parkinson remuer…

Elle gémit aussi…

Elle a encore mon couteau planté dans son dos et je regrette tout à coup de ne pas l'avoir récupéré, même si je doute qu'elle réussisse à l'enlever elle-même et m'attaquer avec… Puis, avec le tas de pierres qui s'est effondré sur elle, toute folle qu'elle est, elle ne doit plus avoir assez de forces pour se dégager de là…

Et quand bien même, j'ai trois baguettes en main. Alors bien que je ne sois plus très vaillante, je jetterai mes dernières forces pour l'assommer…

Plus près de moi, la respiration de Draco est de plus en plus sifflante… Et celle de Théo n'est plus qu'un râle…

Ils sont à l'agonie et je le suis aussi puisque la paralysie me gagne progressivement et qu'elle va bientôt entraîner ma mort… Je le sais… Je ne sens plus mes jambes et mon bassin… Mes épaules et mes bras s'engourdissent… Et j'ai froid… Si froid…

Un froid dur et glacial qui me raidit, comme un linge mouillé suspendu aux vents de l'hiver…

Et les larmes coulent sur mes joues encore une fois…

Je pense à ma famille, à mes amis auxquels je n'ai pas dit au revoir…

Et j'aurais tellement aimé mieux le connaître!

Oh ! J'aurais bien aimé mieux connaître Draco aussi… Mais Théo c'est autre chose…

Il m'intimide… Et c'est bien la première fois qu'un garçon me fait cet effet là…

D'habitude, quand un garçon me plait, je ne me gêne pas pour le lui dire… Mais avec lui, je ne pourrais pas. J'aurais trop peur de sa réaction… Qu'il pense que je suis une gourgandine comme dit Ron… Ou de l'effrayer… Ou qu'il me rit au nez et m'envoie sur les roses…

Cela me ferait beaucoup trop de peine…

Ce n'est pourtant pas le plus beau des garçons de Poudlard. Il est trop efflanqué et n'a rien d'un sex-symbol…

Mais il a de beaux yeux très doux et un peu tristes qui me chamboulent. Ils disent toute la souffrance de son enfance, de la mort de sa maman et de sa petite sœur. Toute la méchanceté et la cruauté de son père… Et quand il sourit… Merlin !… C'est le plus beau sourire du monde !… Un sourire qui l'illumine d'une lumière intense et fait battre mon cœur à la chamade…

Et il s'est si gentil, prévenant et galant…

Je crois que je suis amoureuse de lui… Vraiment amoureuse…

Pas un béguin comme j'ai eu pour Harry. Pas une amourette comme j'ai pu avoir avec Mickael ou Dean… Un vrai amour, très profond…

J'ai envie de le toucher… Alors je m'approche de lui, lentement et difficilement à cause de la paralysie qui me gagne davantage à chaque instant. J'avance ma main gauche qui se fait très lourde et je lui caresse doucement les cheveux du bout de mes doigts gourds…

« Théo… Ne meurs pas Théo… Reste avec moi, s'il te plait Théo. Reste avec moi… » murmure-je à peine…

L'embrasser une fois, rien qu'une fois avant de mourir…

Alors je me penche et mes lèvres effleurent ses pauvres lèvres meurtries par tous les coups qu'il a reçus…

Et à l'émotion qui explose en comprimant mon cœur, je sais que je l'aime…

OoOoOoO

Harry

Je scrute la Carte… Je la scrute de toutes parts, espérant vainement voir apparaître les noms que je cherche…

Cette attente me tue…

Je ne veux pas qu'on m'enlève mon frère ! Merlin ! Ne me l'enlevez pas !

On m'a déjà pris ma mère et mon père…. On m'a pris mon Parrain Sirius aussi…

Alors ne m'enlevez pas mon frère !

Je scrute la Carte et mon regard tombe sur l'étiquette de Peeves qui croise à l'étage au-dessus… Il traverse des pièces de part en part, sans prendre le temps de s'arrêter…

Et soudain, je sursaute… Peeves s'est figé un instant puis il a disparu ! Comme ça ! D'un seul coup !

« Il y a une pièce, là, quelque part, qui n'est pas sur la Carte ! » m'écrie-je en relevant la tête vers les autres.

Ils se précipitent tous vers moi et je leur explique ce que j'ai vu.

Parrain examine la carte à son tour…

« C'est à l'étage au-dessus, mais c'est aussi à proximité des Cachots où sont remisés les draps, couvertures et tout ce qui est nécessaire à l'entretien des Cachots ainsi que le matériel et les fournitures scolaires… Le couloir est en impasse… Il est possible qu'il y ait quelque chose derrière… Regardez… Si on superpose l'étage du dessus à celui où nous sommes, il y a un espace vide qui se situerait derrière ce couloir ! Si Peeves a traversé le plancher, il est là, derrière ! » dit-il, en fronçant les sourcils sur la concentration et avec un peu d'espoir aussi…

« Il faut aller voir… » m'exclame-je, prêt déjà à sortir.

« Une minute Harry ! La salle commune est remplie d'élèves. Nous ne pouvons pas sortir par-là… Venez. Passons par mon bureau. Ce n'est pas loin… » décide Parrain, en ouvrant la marche vers les passages intérieurs.

Tandis que je songe que sous la panique, j'ai failli commettre deux fois la même erreur…

OoOoOoO

Ginny

Du bruit !

Le roulement d'une pierre…

Mon bref espoir s'éteint aussi vite qu'il s'était éveillé : ce doit être Parkinson qui remue encore…

J'essaye de raffermir ma position contre le mur, mais rien à faire. Je m'affaisse de plus en plus et bientôt je tomberai complètement sur le côté…

Encore du bruit…

Cette fois ce n'est pas une pierre ! J'en suis sûre ! Oui ! C'est un caquètement !

C'est Peeves ! Peeves est quelque part pas très loin !… Mais trop loin quand même…

Alors je crie de toutes mes forces

« Peeves ! Par ici Peeves ! Va chercher du secours je t'en prie ! »

Le caquètement se rapproche… Je crie encore à pleins poumons et soudainement Peeves surgit du plafond.

« Peeves ! Que je suis heureuse de te voir ! » m'écrie-je encore, soulagée…

Peeves effectue une pirouette et il vient examiner Draco et Théo

« Eh ! Bien ! Ils ne sont pas beaux à voir ! On dirait qu'ils n'en ont plus pour longtemps ! C'est pour tes beaux yeux qu'ils se sont battus ? Dis-moi, lequel a gagné et a ravi ton cœur ? Oh ! Mais toi non plus tu n'es pas belle à voir ! Qu'est-ce qui t'es arrivé ma Beauté ? » s'exclame-t-il en effectuant des grimaces qui seraient tout à fait comiques en d'autres circonstances…

« Peeves ! Il faut aller chercher du secours ! » le supplie-je.

Mais il ne m'écoute pas… Il fonce de l'autre côté de la pièce vers Parkinson…

« Oh ! C'est ta rivale ! C'est toi qui lui as fait ça ? Démolir le visage d'une si jolie fille ! Tu devrais avoir honte ! Elle est si gentille, Mademoiselle Pékinois ! Tu lui as même enfoncé un couteau dans le dos, dis donc ! Tut ! Tut ! Tut ! Ce n'est pas bien ça ! Ce n'est pas autorisé par le règlement ! » se moque-t-il en ricanant.

Une bouffée de colère m'envahit !

L'amour de ma vie et Draco sont à l'agonie et cet imbécile perd du temps !

« Peeves ! S'il te plait ! Je te donnerais une caisse de Bombabouses ! » lui offre-je, espérant que la perspective de pouvoir faire enrager Rusard suscite sa convoitise et qu'il accepte de m'aider.

Peeves effectue une nouvelle cabriole et se précipite vers moi…

« Ce n'est pas assez ! Tout le monde vous cherche. Enfin, ces deux là, surtout. » dit-il, en montrant Théo et Draco du doigt, avant d'ajouter : « Il faudra faire un effort supplémentaire. Je vous ai trouvé, alors je mérite une belle récompense ! »

Mon sang ne fait qu'un tour… Tout le monde nous cherche et il a fallu que ce soit cet Esprit vénal et sans scrupule qui nous trouve !

« Deux caisses de Bombabouses… » propose-je, en serrant les dents pour ne pas lui hurler dessus, si je peux encore le faire, ce dont je commence à douter.

« Deux caisses de Bombabouses et un baiser ! Et je veux le baiser tout de suite ! » tranche-t-il en fermant ses petits yeux vicieux et avançant sa bouche en cul de poule vers moi…

« Trois caisses de Bombabouses et c'est mon dernier prix, Peeves… » réplique-je faible mais ferme et déterminée…

« Qualité Weasley ? » s'enquiert-il, la mine gourmande et envieuse.

« Garanti ! » assure-je, d'un ton vraiment las et désespéré

« Tope là, ma Beauté ! » accepte-t-il en me tendant sa main…

Je fais la grimace. Je n'ai jamais aimé qu'il me touche, même pour conclure un marché, mais je le fais quand même… Habituellement… Car là, je ne peux pas. Mon bras refuse de se lever, malgré mes efforts…

« Désolée, Peeves, mais je ne peux pas… » souffle-je, les larmes me montant brusquement aux yeux…

C'est la fin… Cette fois je le sens, je n'en ai plus pour très longtemps… Mon cou et mon visage commencent à s'engourdir eux aussi.

Peeves ouvre les yeux, me regarde attentivement et il perd son sourire narquois.

« Tu es vraiment mal en point ma Beauté ? » demande-t-il, l'air surpris et inquiet cette fois

« Oui… » souffle-je au bord du désespoir total

« Et eux aussi ? Ils vont vraiment mourir ? Ce n'est pas un canular ? Et toi aussi tu vas mourir ? » s'enquiert-il encore en lorgnant au plus prêt Théo et Draco avant de revenir vers moi

« Oui, Peeves… Ils meurent… Et moi aussi… » dis-je la gorge complètement nouée

Les yeux de Peeves s'écarquillent et il bondit soudain pour filer vers le couloir en hurlant :

« Alarme ! Alarme ! Elèves mourants dans les Cachots perdus ! »

Et je me sens si soulagée que je fonds en larmes…

Peut-être allons-nous être sauvés…

OoOoOoO

Ron

Encore une fois nous courrons à perdre haleine dans les passages…

Il ne faut guère que deux ou trois minutes pour arriver dans le bureau du professeur Snape et nous le traversons sans nous arrêter en direction de la porte. Elle s'ouvre à la volée, sur un geste de notre prof de Potion et nous nous engouffrons dans le couloir.

Au même moment, Peeves débouche d'un couloir latéral en hurlant :

« Alarme ! Alarme ! Elèves mourants dans les Cachots perdus ! Alarme ! Alarme ! »

Mon sang ne fait qu'un tour et je fonce dans sa direction, comme les autres..

« Par ici ! Par ici ! Dépêchez-vous ! Vite ! Ils sont mourants et la belle petite rousse aussi ! » hurle encore l'Esprit Frappeur en nous précédant dans le couloir au fond duquel nous butons sur un mur…

La belle petite rousse ? De qui parle-t-il ?

Tout mon sang reflue et mon cœur se serre… Peeves appelle souvent Ginny « Ma Beauté »…

Putain ! Ginny ! Ce n'est pas possible que Ginny soit avec eux !

A la lueur de ma baguette, j'avise au sol un livre complètement écrasé et presque prêt à se couper en deux, coincé entre deux pans de murs. Il maintient cependant encore une ouverture de deux ou trois centimètres dans laquelle je glisse mes doigts. Je pousse de toutes mes forces mais impossible d'ouvrir davantage et de passer…

Neville et Harry joignent leurs efforts aux miens mais rien à faire…

« Peeves ! Comment ouvre-t-on cette porte ! » m'écrie-je, en me tournant vers l'Esprit Frappeur

« Je ne sais pas ! Je n'ai jamais eu besoin de l'ouvrir ! Je ne peux même pas traverser ! Je dois contourner par un plancher de l'étage ! Mais dépêchez-vous ! Ils vont mal ! C'est pas de la blague ! Ils vont très mal ! » répond-il, l'air sincèrement effrayé

Putain !

« Reculez ! » ordonne le professeur Snape et il lance un Bombarda Maxima phénoménal sur le mur mais le Sort ricoche et s'en va frapper un autre mur un peu derrière nous, causant de gros dégâts sous son impact…

Putain de merde ! Ginny, Draco et Théo sont là derrière cette foutue porte de pierres, mourants à en croire Peeves et nous ne pouvons pas entrer !

« Peeves ! Va prévenir le Directeur ! Et Madame Pomfresh ! Il faut faire préparer l'infirmerie ! » ordonne Hermione, affolée comme je ne l'ai jamais entendue l'être.

« Il doit y avoir un mécanisme d'ouverture ou un mot de passe… » souffle Neville, en scrutant les murs latéraux à la lueur de sa baguette

Mon sang ne fait qu'un tour… On a pas de temps à perdre avec ces conneries !

Je suis furax et je me jette sur le mur, épaule en avant… Le mur s'ébranle mais ne recule pas…

« Putain ! Trouvez quelque chose ! Ils sont là-bas derrière ! » crie-je, me mettant dos au mur pour pousser encore une fois en prenant appui avec mon pied sur le mur latéral

Et Greg et Vincent arrivent, sans doute alertés par les cris de Peeves qui résonnent dans tous les cachots, et ils se joignent à moi. A nous trois, nous nous arque boutons de toutes nos forces en prenant appui sur les côtés

« Phillipa, Benjamin, refluez tout le monde dans la salle commune s'il vous plait… » entends-je vaguement dire Madame Snape

Mes oreilles bourdonnent sous l'effort colossal que nous fournissons avec Greg et Vincent… Un effort qui paye… Car le mur recule petit à petit. Nous raffermissons notre appui à mesure, chacun notre tour, poussant dans le même temps en ahanant…

C'est terrible car le mur derrière nous lutte et nous contraint toujours à plus d'efforts mais, centimètre par centimètre, nous gagnons du terrain…

Nous repoussons le pan de mur le plus loin possible et quand il est presque collé à la paroi du couloir, le professeur Snape le coince avec un madrier en chêne épais et solide qu'il a trouvé dans l'un des cachots sans doute.

Le couloir est sombre, mais à trente pas environ, une lueur diffuse et tremblotante éclaire une porte au trois-quarts dégondée et éclatée…

Il y a eu de la bagarre là-bas !…

Je ne prends pas le temps de récupérer. Je cours, suivi des autres et je suis le premier à pénétrer dans le cachot…

« Ginny ! » hurle-je aussitôt, me précipitant vers le corps affaissé de ma petite sœur, avisant les corps auprès d'elle au même instant.

Oh ! Merlin !

Draco ! Théo ! Ils n'ont plus de visage !

Ils ont été torturés d'une manière abominable !

Mais que fait Ginny avec eux ?

« Ginny… » souffle-je, en m'agenouillant auprès de ma petite sœur.

« Ron… Ne les laissez… pas … mourir.. Je suis… arrivée… trop tard…Ne… les laissez… pas… mourir…» hoquette-t-elle, entre deux sanglots étouffés, d'une voix lente et faible…

A bout de souffle…

A mes côtés, Madame De Paimpont lance un Sort sur Draco, puis sur Théo et enfin Ginny…

Et je vois toute son inquiétude se refléter sur son visage…

« Emmenez-les immédiatement à l'infirmerie. Prenez des précautions. Pas de secousses. Il leur faut un brancard enveloppant. Transportez-les sans Magie. Nous aurons besoin de Richard, je vais le chercher. Sev, occupe-toi de Ginny tout de suite. Magie Noire. Paralysie… » souffle-t-elle rapidement

« Et elle, Madame ? » demande Milli qui nous a rejoint elle aussi.

Nous nous tournons vers elle et je distingue une forme au sol, à moitié ensevelie sous des pierres… Parkinson, j'en suis certain…

Madame De Paimpont s'approche d'elle et lance un nouveau Sort de Diagnostic.

« Brancard classique, sur le ventre. Ne touchez à rien. Laissez faire un Médicomage. Elle s'en sortira, même si on ne s'occupe d'elle que dans deux ou trois heures. » lâche-t-elle d'une voix froide de colère…

On dirait presque qu'elle regrette que Parkinson s'en sorte. Je la comprends tout à fait. Parce que je le regrette totalement moi…

Notre prof de DCFM sort du cachot d'un pas raide et rapide, malgré sa forte claudication… Courir comme une dératée dans les passages internes n'ont rien valu à sa jambe blessée…

Et je ne doute pas un seul instant que cette fois, elle s'éloigne juste de quelques pas pour transplaner.

« Harry, Hermione, les brancards pour Draco et Théo. Vous avez entendu Nally, allez-y très doucement. Blaise, occupe-toi d'enlever les pierres et de mettre Parkinson sur un brancard classique. Ronald, allonge ta sœur un peu plus loin s'il te plait. Sous la lumière du flambeau. Grégory, Vincent, allez voir Phillipa et Benjamin. Qu'ils bouclent tout le monde dans la salle commune et s'assurent que personne des autres Maisons ne viendra nous déranger. Revenez tous les deux ici ensuite pour aider au transport des brancards. Neville, va chercher toutes les Potions et tous les Onguents de Soins dont nous pouvons avoir besoin, dans l'armoire de mon bureau et emmène-les à l'infirmerie. Millicent, va avec lui, vous ne serez pas trop de deux pour les emmener sans Magie. Il ne faut pas les altérer avec des Sorts, ni les secouer. » ordonne notre prof de Potions, la voix nouée.

Nous nous exécutons aussitôt. Conscients qu'il n'y a pas une minute à perdre. Nos amis sont à l'agonie et chaque minute compte si nous voulons avoir un faible espoir de les sauver…

Je prends Ginny dans mes bras. Son pauvre corps est tout glacé et raidi comme si elle était déjà morte. Je la dépose doucement, là où notre prof a dégagé les gravats qui jonchent le sol. Sous la lumière du flambeau, je vois mieux toute l'étendue de ses blessures… Les profonds sillons laissés par des ongles dans la chair de son visage et de ses bras, l'hématome sur son arcade sourcilière, la plaie béante de sa gorge où l'on voit nettement des marques de dents et d'étranglement aussi… Et l'impact noirâtre du sort sur sa cuisse…

Mon professeur examine Ginny. Il lui pose rapidement quelques questions auxquelles Ginny répond par monosyllabes, d'une voix de plus en plus faible… la respiration difficile…

Les larmes coulent sur mon visage cireux… Ma petite sœur est mourante… Si nous étions arrivés quelques minutes plus tard, c'est son cadavre que nous aurions trouvé…

Mon professeur de Potion murmure un Contresort, qui enveloppe Ginny d'une lumière bleutée… Son pauvre corps tressaute et se cabre comme sous une forte douleur… Mais Ginny, ma si courageuse petite sœur serre les dents… Elle grimace et des larmes s'échappent de ses yeux, mais elle ne crie pas… A moins que ce soit parce qu'elle n'en a plus la force… Ou qu'elle ne sent rien en réalité… Je ne sais pas. Mais j'ai le cœur brisé.

Et tout s'arrête soudain… Et Ginny s'évanouit… J'enlève ma robe et je l'enveloppe dedans pour la réchauffer et le professeur Snape en fait autant…

« Professeur… » appelle doucement Hermione

Le professeur Snape se tourne vers elle.

« Ils sont prêts. Il ne reste qu'à les envelopper dans le brancard » ajoute Hermione, le visage terriblement pâle et défait et la voix chevrotante.

Elle s'écarte, tandis que j'entends Blaise qui vomit dans un coin … Et je vois Draco et Théo flotter à quelques centimètres du sol, sur un brancard dont on dirait qu'il est fait de gélatine translucide. Ils sont nus tous les deux… Et je sursaute d'horreur en voyant leurs pauvres corps écorchés, brûlés, disloqués par de nombreuses fractures…

Putain…

Comment Parkinson a-t-elle pu leur faire cela ? Quelle folie, quelle haine animait donc son bras ?

Les mains du professeur Snape tremblent… Et des larmes coulent sur son visage… Comme sur les visages de Harry, Hermione, Blaise qui s'est de nouveau approché de nos amis, et le mien…

« Vas-y Hermione, enveloppe-les doucement. » dit-il, la voix complètement éraillée.

Je ne lui ai jamais vu autant d'émotions sur le visage, même au plus fort de ses crises d'adolescences qui nous font tant rire…

Hermione prend une profonde inspiration et elle lance le Sort. Les côtés des brancards s'enroulent avec lenteur autour de Draco et Théo. Ils viennent épouser leur corps, comme une seconde peau, avant de se solidifier à l'extérieur. L'intérieur reste souple et tiède, les préservant des chocs, absorbant les petites secousses.

Et quand le processus est terminé, Harry les recouvre avec les robes tâchées de leur sang, qu'il a coupées en deux, pour dérober leur nudité aux regards.

Greg et Vincent reviennent au même moment, en courant.

Et je me rends compte que nous n'avons pas mis aussi longtemps que je le pensais, que j'ai juste eu l'impression que le temps tournait au ralenti, qu'on mettait des heures à faire ce qu'on faisait et qu'on perdait beaucoup de temps…

Greg et Vincent se chargent du transport de Théo, tandis que Harry et Blaise empoignent le brancard de Draco. Hermione, elle, fait léviter celui de Pansy Parkinson.

La garce est sur le ventre et le couteau de Ginny, enfoncé jusqu'à la garde, est resté planté dans le creux de ses reins…La lutte de Ginny pour sa survie a dû être rudement âpre pour qu'elle en vienne à utiliser son couteau ainsi…

« Tu peux prendre Ginny dans tes bras, Ron… » souffle mon prof, qui utilise nos diminutifs pour la première fois…

Je soulève doucement, avec moult précautions, ma petite sœur dont le corps est de nouveau souple et chaud. Puis je prends soin d'appuyer sa tête dans le creux de mon épaule… Je suis heureux de pouvoir la porter ainsi. Sentir sa chaleur revenir et lui donner la mienne…

Je l'aime tellement ma petite sœur et j'ai le cœur brisé de la voir si faible et démunie, elle, habituellement si pleine d'énergie et de vitalité.

Nous sortons en procession silencieuse des Cachots. Notre prof fait sauter le madrier et le mur se referme lentement.

A la sortie du couloir, Benjamin, Phillipa et les Serpentards du Comité nous attendent. …Ils sont blêmes et inquiets. Et ils le sont plus encore en avisant les Brancards Enveloppants…

Il est vrai aussi que rien que le visage de nos amis, déformé par les fractures, les hématomes, les tuméfactions et ensanglantés ne sont vraiment pas beaux à voir et qu'il y a déjà de quoi être horrifié…

Luna, qui serre tout contre elle le sac de Ginny, qu'elle a trouvé je ne sais où, et les Préfets et Préfètes de Septième année sont là aussi.

De toute évidence, Peeves a déjà répandu la nouvelle dans tout Poudlard

« Nous allons ouvrir la marche et dégager le terrain… » déclare Phillipa, d'une voix émue et nouée.

Et tout le groupe nous précède…

Et Merlin, qu'il me semble long le chemin jusqu'à l'infirmerie…

Mais grâce à nos amis, il n'est jalonné d'aucun curieux…

OoOoOoO

Acte 2 : Premiers Soins

Severus

Mon fils est mourant… Son ami aussi…

Je ne sais pas si nous allons pouvoir les sauver…

Pour que Nally se précipite pour aller chercher Richard, c'est que l'un des deux au moins a une très sérieuse blessure à la tête… Hémorragie cérébrale sans doute…

Comment savoir lequel ? Ils ne sont plus que plaies, bosses, fractures et brûlures…

De toute évidence, Parkinson s'est acharnée avec une haine farouche, une folie furieuse, une cruauté qui dépasse l'entendement…

Je me sens coupable de ne pas avoir perçu toute l'étendue de sa folie…

Comment a-t-elle pu basculer aussi vite et aussi fort ?

Je l'ai pourtant vue ces deniers jours à l'infirmerie. Et Pompom, même si elle s'accordait à dire que cette jeune fille devenait dangereuse, n'a pas plus que moi mesuré les risques…

Pompom est une excellente Guérisseuse. Expérimentée, intuitive… Jamais elle n'aurait laissé Parkinson sortir de l'infirmerie si elle avait pensé un seul et bref instant qu'elle représentait un danger immédiat pour les autres élèves…

Alors, que s'est-il passé entre le moment où elle est sortie de l'infirmerie et celui où elle a attaqué et enlevé Draco et Théodore ?

A t-elle rencontré l'Espion de Poudlard ? L'a-t-il mise sous Imperium ? Lui a-t-il ordonné de leur donner un avertissement en les torturant un peu ? La situation aurait-elle ensuite échappé à son contrôle, Parkinson basculant dans la folie pure et ne pouvant plus retenir ses instincts cruels et meurtriers ?

Voldemort n'aurait pas donné un tel ordre… Il a besoin de Draco en bonne santé…

L'Espion de Poudlard prendrait-il ombrage de l'intérêt de Voldemort pour Draco et Harry ? Ou Voldemort a-t-il finalement changé d'avis et est-ce dans ce cas une manœuvre pour affaiblir Harry ? Lui offrir un ami et le lui enlever comme lui ont été enlevés ses parents et Sirius Black ?

Tant de questions…

Nous arrivons en vue de l'infirmerie. Les portes sont grandes ouvertes et Albus nous attend dans son encadrement…

Il a dû être prévenu par le Baron Sanglant, qui nous a rejoint tandis que Ron, Grégory et Vincent produisaient leur dernier effort pour vaincre la porte, que nous n'avions plus besoin de son aide immédiate et il sera venu directement ici…

Son regard est grave et sombre…

Pompom nous attend, elle aussi, nous indiquant d'aller dans la petite pièce réservée pour les cas les plus graves…

Elle n'a été occupée qu'en deux occasions à ma connaissance… Quand la dépouille de Mimi a été découverte, il y a plus de quarante ans de cela… Et par Grégory, Vincent et Millicent…

Trois lits sont prêts… Il n'y a pas de rideau, rien qui empêche de tourner librement autour des lits. Et sur une table, Neville et Millicent achèvent avec précaution de sortir d'une grande caisse, toute la réserve de Potions de Soins et d'Onguents que j'ai concoctés et préparés pour l'Ordre….

Ronald dépose sa sœur sur le lit le plus éloigné, tandis que les brancards de Draco et Théodore sont déposés avec précaution sur les deux premiers.

Et Harry, Grégory, Vincent et Blaise se reculent pour laisser la place à notre infirmière…

En deux coups de baguettes, Pompom retire les robes qui les couvrent et ouvre les deux brancards… Elle a un sursaut d'horreur en voyant les deux corps terriblement meurtris… Mais se reprend aussitôt et jette un Sort de diagnostic…

Une lueur de colère telle que je n'en ai jamais vu, traverse le regard bleu perçant d'Albus.

Il n'y aura pas de pardon cette fois… Pas de seconde chance pour la criminelle…

« Ils ont reçu de la Potion de Régénération Sanguine, une Potion pour stopper les hémorragies internes et Monsieur Malfoy a aussi reçu de la potion contre la douleur… Qui leur a administré ces Potions ? » demande Pompom.

« Ce doit être Ginny… J'ai ramassé sa pochette et celle de Draco. Elles étaient ouvertes et il y avait des fioles vides entre Draco et Théo. » répond Harry, la voix blanche et nouée de chagrin.

« Elle leur a offert une bonne chance de survivre… Ils seraient morts déjà tous les deux, si elle ne l'avait pas fait… » commente Pompom avec un coup d'œil reconnaissant vers le lit où Ginevra est allongée, avant d'ajouter : « J'ai besoin de Mademoiselle Granger. »

« Elle s'occupe de surveiller Parkinson » crache Harry, les mâchoires crispées.

Il se contrôle au prix d'efforts terribles, visiblement.

« Nous nous occuperons d'elle plus tard… Que quelqu'un d'autre aille la surveiller et qu'elle vienne ici, c'est beaucoup plus urgent. » ordonne-t-elle, sans état d'âme, ni pitié pour la tortionnaire qui a mis ses patients dans cet état..

Millicent sort aussitôt et quelques secondes plus tard, Hermione revient avec elle. Grégory et Vincent la relayent pour surveiller Parkinson…

Et les premiers soins sont donnés.

Et c'est la première fois que Pompom ne nous ordonne pas de partir… Comme si elle avait compris combien il était important pour chacun de nous d'apporter un peu d'aide…

Je m'occupe de Draco, avec Ronald et Harry. Pompom, Neville et Blaise se chargent de Théodore. Hermione prend soin de Ginny avec Millicent.

Nous nettoyons et désinfectons leurs plaies, nous refermons celles que nous pouvons refermer, nous appliquons des Onguents cicatrisants sur les autres quand nous pouvons le faire, nous leur faisons absorber des Potions de Régénération Sanguine encore…

Quelques longues minutes de soins ininterrompus passent et Nally arrive avec Richard… Sous notre regard anxieux, il examine la tête de Draco puis de Théo. Et lance quelques Sorts qui me sont inconnus sur les deux crânes ensanglantés et bosselés auxquels nous n'avons pas touché.

« Commotion cérébrale simple pour ce jeune homme, mais pour Draco, c'est beaucoup plus grave. Je ne vous cacherais pas qu'il est entre la vie et la mort. Son ami aussi, en raison de sérieuses blessures au poumon droit, au rein gauche et au foie. Je suis prêt à rester ici le temps nécessaire. Mais le mieux serait qu'ils soient tous les deux transférés à Ste Mangouste. Ils ont un équipement et du personnel qui nous font défaut ici. » déclare-t-il, de sa voix lente et calme…

Une voix de professionnel… Un professionnel qui prend de la distance pour ne pas se laisser submerger par ses sentiments…

« Non ! Draco serait une cible trop facile là-bas ! Et Théo aussi ! » réagit Harry, le visage terriblement anxieux.

Richard se tourne vers lui et le regarde profondément. Et même si son visage est peu mobile et expressif, je sais qu'il réfléchit intensément.

« Alors il faut faire venir Ste Mangouste ici. Madame Prewitt nous serait extrêmement précieuse, pour m'aider à réduire les fractures ouvertes de ces deux garçons et réparer les organes abîmés. Et il faut se procurer certains équipements de surveillance et ingrédients de Potions extrêmement coûteux... » dit-il avec fermeté.

« Nous payerons… J'ai ce qu'il faut ! » déclare aussitôt Harry, l'air déterminé.

« La mère de Draco aussi, sans aucun doute mon garçon… » sourit Richard avec une certaine chaleur.

Harry rougit… Et je souris moi aussi…

J'étais bien prêt de faire la même réponse que lui à Richard…

« Narcissa et Molly ne vont pas tarder à arriver. Elles seront escortées de Kingsley, Tonks et Maugrey Fol Œil. Quant à moi, je vais aller voir si Madame Prewitt peut se libérer. Donnez moi la liste de ce qu'il faut Richard. Je tâcherais de nous le procurer au plus vite. » déclare Nally, qui est pâle et tremblante depuis que nous avons trouvé les garçons et Ginny

Elle les aime aussi, ces garçons et elle est furieuse contre Parkinson autant que contre elle-même. Car elle non plus, n'a pas mesuré toute la dangerosité de cette fille. Mais à sa décharge, contrairement à moi, elle n'a eu aucun contact avec elle depuis l'incident de vendredi soir…

Oui, elle est furieuse… Mais surtout, elle souffre pour Draco, Théodore et Ginny…

Et puis, il y avait une bonne dose de Magie Noire en suspension dans les Cachots… Sa jambe a besoin de soins, mais je sais qu'elle n'acceptera pas que je m'occupe d'elle aussi longtemps qu'elle n'aura pas fait tout ce qu'elle peut faire pour aider à sauver les garçons…

Richard établit rapidement sa liste et en donne la moitié à Nally qui sort aussitôt de l'infirmerie…

Je ne doute pas un instant qu'elle va faire diligence…

« J'aurais besoin que vous fassiez ces Potions dès que vous aurez les ingrédients nécessaires, Severus. » déclare Richard en me tendant l'autre moitié de sa liste.

Je la regarde.

« Il y en a déjà quelques-unes qui sont prêtes, là, sur la table. Pour les autres, il me manque certains des ingrédients, que vous avez probablement mis sur la liste. Je les ferais dès le retour de Nally. » dis-je, tandis que Richard se dirige vers la table et examine attentivement les Potions et les Onguents.

Puis il se redresse, l'air plutôt satisfait et regarde à la ronde.

« Vous avez fait tout ce que vous pouviez. Maintenant il faut nous laisser travailler, Madame Pomfresh et moi-même. Veuillez sortir s'il vous plait.» ordonne-t-il, sur un ton ferme qui n'admet aucune réplique.

Et tout le monde obéit, y compris Albus…

Et moi je me demande où Nally va trouver des poils de queue de tigre royal… Car je sais que ce rare ingrédient est en rupture de stock dans toute la Grande Bretagne et une grande partie de l'Europe…

OoOoOoO

Harry

Il nous faut attendre encore une fois…

Je m'assois sur le lit le plus proche de la pièce où se trouvent alités Ginny, Draco et Théo…

Entre la vie et la mort…

Draco et Théo seraient morts si Ginny ne leur avait pas donné des Potions et ils sont entre la vie et la mort…

Mon regard fait le tour de l'infirmerie…

Tout le monde est silencieux. Trois lits sont occupés, les rideaux fermés… Madame Pomfresh a dû endormir ses malades dès l'instant où elle a su qu'on amenait des élèves en état grave…

Un quatrième lit est occupé par Pansy Parkinson. Encadré de Greg, debout, le dos raide, le regard figé sur la fenêtre en face et de Vincent, assis sur une chaise et dessinant sur un carnet de croquis.

Même si elle est complètement malade et folle, je ne pourrais jamais lui pardonner ce qu'elle a fait à mon frère, à Théo et à Ginny…

Le couteau de Ginny est toujours planté dans son dos… et je suis prêt à parier que je ne suis pas le seul à être tenté d'aller l'enlever pour le lui planter ailleurs…

Alors je détourne mon regard…

Je ne veux pas aller à Azkaban pour avoir tué de sang froid cette salope…

Il y a des bruits de pas précipités dans le couloir…

La porte s'ouvre soudainement. C'est Benjamin qui l'a ouverte et je suis surpris de voir que ceux du Comité attendent silencieusement derrière la porte…

Puis Molly et Narcissa Black se précipitent vers nous, Tonks, Fol Œil et Kingsley sur leurs talons et Benjamin referme silencieusement la porte derrière eux…

« Où est-il ? Où est-elle ? » demandent-elles en même temps, le visage décomposé par l'angoisse.

« Entre les mains de Richard et de Madame Pomfresh. Molly, Ginny est sauvée, même si elle aura besoin d'une longue convalescence et risque d'avoir des séquelles très gênantes pendant quelque temps. J'ai pu lui administrer le Contresort à temps, même s'il était vraiment plus que temps que je le fasse et que je devrais probablement le refaire une ou deux fois dans les jours prochains. » explique Parrain, très pâle et la gorge nouée.

Molly éclate en sanglot et Ron vient la prendre dans ses bras.

Madame Black, elle, pâlit encore considérablement et ses jambes ne la supportent plus. J'ai tout juste le temps de me précipiter sur elle pour la soutenir, qu'elle s'effondre à demi.

Je crois qu'elle a compris que son fils est dans un état extrêmement critique

Je l'aide à tenir debout et Parrain se tourne vers nous et lui prend les mains pour les serrer entre les siennes

« Severus… » supplie-t-elle d'une voix étranglée, ses yeux bleus agrandis par l'effroi.

Parrain soutient son regard, malgré son immense chagrin. Il tremble.

« Il va très mal, Narcissa. Nous ne pouvons pas nous prononcer… Draco et Théodore ont été terriblement torturés… Ils vont tous les deux très mal. Il faut cependant garder espoir et attendre qu'ils aient reçu tous les soins nécessaires. Ginny… Ginny leur a donné des Potions qui les ont beaucoup aidé à tenir… Sans sa présence d'esprit, ils seraient sans doute morts… » répond-il d'un ton doux et compatissant.

La mère de Draco s'effondre contre la poitrine de Parrain et elle se laisse complètement aller à son chagrin… Je ne sais même pas s'il elle a tout entendu de ce que Parrain lui a dit…

Tout contre Ron, Molly se mouche, puis vient soutenir son amie, l'entraînant vers un lit sur lequel elles s'assoient dans les bras l'une de l'autre pour sangloter tout à leur aise…

Et mon cœur se serre encore davantage si c'est possible… Et mon regard se perd encore une fois vers Parkinson…

Je hais cette salope !

Le temps s'égrène de nouveau dans un silence à peine troublé par les pleurs de Madame Black et de Molly…

Le professeur Dumbledore a fait venir du thé des cuisines et, assis sur une chaise droite et raide, Parrain en sirote une tasse. Je suis de nouveau sur le lit, entouré de Ron et Hermione. Blaise est assis par terre à côté de la porte, la tête appuyée contre le mur et les yeux dans le vague. Neville s'est appuyé à la fenêtre et regarde vers le parc et la forêt. Milli est assise aux côtés de Vincent qui crayonne toujours dans son carnet. Greg, qui n'a pas bougé d'un poil, monte toujours la garde auprès de Parkinson…

J'ai l'envie de plus en plus irrépressible de me laisser aller contre la poitrine de Ron, de trouver du réconfort dans la chaleur de ses bras.

Dans ma tête, je revois sans cesse les corps si torturés de mon frère et de Théo… Et soudain, j'éclate en sanglots et Ron me prend dans ses bras. Hermione entoure ma taille des siens et appuie sa tête contre mon dos… Nous restons ainsi, quelques longues minutes…

Et de nouveau, la porte s'ouvre…

C'est Madame Prewitt qui entre cette fois, une grande mallette à la main, accompagnée des autres Directeurs de Maison qui ont tous les trois l'air grave et soucieux. Le regard de Madame Prewitt fait un rapide tour d'horizon de l'infirmerie et elle se dirige droit vers Parkinson.

« Ce n'est pas elle l'urgence. C'est là-bas que ça se passe. » lui fait remarquer Greg, en indiquant, d'un signe de la tête, la porte de la pièce où sont Draco, Théo et Ginny.

« Oh ! Si, c'est elle l'urgence !… De ce que je sais, les autres sont entre d'excellentes mains. Et en ce qui me concerne, j'estime que l'urgence, c'est de faire en sorte que cette jeune fille soit transportable, afin qu'elle puisse être transférée le plus rapidement possible dans une chambre-cellule de Ste Mangouste, sous la bonne garde des Aurors. » réplique la mère de Kate d'une voix douce mais ferme.

Greg ne répond rien et s'écarte. Tonks vient prendre sa place et ferme le rideau sur elle et Madame Prewitt.

Vincent se lève avec lenteur. Il va vers la mère de Draco et lui tend un croquis que Madame Black regarde avant de le poser sur son cœur avec un nouveau sanglot… Il en donne un à Molly, qui pleure également et lui lance un regard éperdu de reconnaissance.

Puis il vient vers nous et, toujours silencieux, il en remet un à Ron, puis m'en donne un aussi…

Et oh ! Merlin ! J'en suis touché jusqu'au plus profond de moi…

Vincent qui n'a jamais dessiné que des animaux, vient de me donner un croquis qui nous représentent Draco et moi, dans la scène de ce matin où je tiens l'épaule de Draco et Draco la mienne… Je n'avais pas vu que Vincent nous observait… Et il a capturé la scène plus sûrement qu'avec un appareil photo… C'est saisissant et criant de vérité…

Ce que nous ressentions à ce moment là, main pressant l'épaule de l'autre, les yeux dans les yeux et notre sourire, toute notre confiance l'un envers l'autre, tout l'amour fraternel et l'amitié que nous avons l'un pour l'autre est là, parfaitement rendu sur ce dessin…

Je lève les yeux vers lui pour le remercier, mais Vincent est déjà parti. C'est à Parrain qu'il remet un croquis maintenant…

Je jette un coup d'œil vers Ron. Il a les larmes aux yeux en regardant le croquis qui le représente portant Ginny dans ses bras. Et là encore, c'est d'un réalisme et d'une émotion exceptionnelle. Ginny a l'air si fragile, si vulnérable ! Et Ron a l'air si délicat, si prévenant envers elle, posant sur sa sœur un regard empli de tendresse, d'inquiétude et de douceur…

Vincent le silencieux vient de nous dire milles choses à la fois, avec un simple croquis… Et mes larmes coulent encore une fois…

Merlin… Préservez mon frère et notre ami !… Et faites que Ginny nous revienne avec toute sa fougue et sa vitalité !

OoOoOoO

Hermione

Il ne faut guère que vingt minutes, avant que Madame Prewitt ne sorte de derrière le rideau du lit de Parkinson.

« Elle est à vous. Vous pouvez l'emmener par Cheminette, en maintenant le brancard debout. Ste Mangouste est prévenue et vous attend. Elle pourra être interrogée demain matin. Donnez ceci au Médicomage qui s'occupera d'elle.» déclare-t-elle en direction de Kingsley, en lui remettant un parchemin scellé et le couteau protégé par un linge blanc.

Elle ôte son tablier tâché de sang et le jette dans une corbeille. Puis elle en revêt un propre, qu'elle ceint autour de son ventre qui commence à s'arrondir de sa grossesse et sans attendre, elle empoigne de nouveau sa mallette et se dirige d'un pas ferme vers la chambre de nos amis.

Elle n'a pas fermé la porte, que Tonks ouvre le rideau du lit. Parkinson est sur un brancard, allongée sur le dos cette fois. Son visage a été nettoyé et sur sa peau blême, il ne reste que des traces des hématomes qu'elle présentait quand nous l'avons trouvée. Ses bras, alignés le long de son corps, sont bandés…

J'ai eu largement le temps de l'examiner tout à l'heure… Ginny ne l'a pas ratée… Elle dû de toute évidence se battre comme un beau diable car Parkinson avait des coupures très profondes sur les avant-bras et elle n'avait plus de visage. Elle était pire que Bletchley après que Théo lui ait cassé la figure, le jour d'Halloween…

Madame Prewitt a fait de l'excellent travail et lui a rendu figure humaine à cette garce ! Si j'avais été à sa place, je n'aurais pas fait autant d'efforts !

Après ce qu'elle a fait à Draco, Théo et Ginny, elle ne mérite aucune compassion ! Aucun pardon !

J'ai cru que j'allais m'évanouir quand nous avons enlevé les robes qui couvraient les corps de Draco et Théo! Et non seulement elle a terriblement torturé et martyrisé leurs pauvres corps, mais ça ne lui a pas suffit ! Elle les a déshabillés… Cette salope les a déshabillés ! Elle a exposé leur intimité, a violé leur pudeur ! Elle les a humiliés !

Ils ont dû tant souffrir ! Merlin comme ils ont dû souffrir ! C'est horrible !

Et comme il a fallu que je résiste tout à l'heure, pour ne pas lui jeter quelques Sorts !

Je crois que si elle avait repris connaissance à un moment quelconque et dit quoi que ce soit en me voyant, je n'aurais pas résisté à ce désir…

Je suis heureuse qu'elle soit restée inconsciente… Parce que j'en étais presque à souhaiter qu'elle le fasse, qu'elle ouvre les yeux et m'insulte, qu'elle me menace, pour avoir le droit de riposter… Et frapper un ennemi à terre, ce n'est pas bien. Non, ce n'est pas bien et je ne veux pas lui ressembler en m'acharnant sur quelqu'un qui est blessé et désarmé.

« Que va-t-il se passer pour elle ? » s'enquiert Neville avec une grimace de dégoût.

« Je vais briser sa baguette, en présence des Directeurs de Maison et des Aurors. J'irai l'interroger demain, avec les Aurors, pour m'assurer qu'il n'y a pas un autre élève co-responsable des actes de tortures et de Magie Noire, commis sur les personnes de Draco, Théodore et Ginevra. Après, c'est l'affaire du Magenmagot. Ou elle sera transférée à Azkaban ou elle sera enfermée à vie dans l'aile psychiatrique de Ste Mangouste sans contact extérieur. » répond le professeur Dumbledore, le visage grave et sévère.

Pourquoi ai-je l'impression que ce n'est pas suffisant ? Qu'elle ne se sentira touchée par aucune punition ? Que ce n'est pas assez, bien trop doux pour pouvoir racheter ce qu'elle a fait à mes amis ?

« Sa baguette est déjà brisée. Je l'ai ramassée pas très loin de là où elle était. C'est la sienne, j'en suis certaine. » révèle Milli, en retirant les morceaux de la baguette de Parkinson de sa poche pour les donner à notre Directeur.

« C'est Ginny qui a dû la briser. Nous avons appris qu'il fallait briser la baguette de notre adversaire quand nous réussissions à la lui prendre. » souffle Ron, d'une voix émue.

« Elle a très bien fait. Mais je tiens à le faire aussi. » déclare le professeur Dumbledore, qui casse encore en deux l'un des bouts de baguette qu'il tient en main et donne l'autre au professeur Snape qui le brise en crispant la mâchoire…

J'ai le sentiment qu'il aurait plutôt aimé briser le cou de Parkinson…

Nos professeurs remettent les morceaux de baguette à Kingsley et nos Aurors s'en vont, encadrant le brancard que Tonks fait léviter… Maugrey et Kingsley ont leur baguette en main, mais c'est vers Parkinson qu'ils la dirigent. Ça leur démange aussi, comme à moi tout à l'heure… Ils ne connaissent pas Théo, mais ils aiment bien Draco et Ginny tous les deux…

Au moment où ils passent la porte, j'entends quelques commentaires de nos camarades qui montent la garde à l'extérieur de l'infirmerie. De toute évidence, ils sont satisfaits de voir que Parkinson est emmenée par les Aurors…

« Et pour Ginny ? Elle aurait pu tuer cette… fille en lui plantant un couteau dans le dos. Que va-t-il se passer ?» demande Madame Weasley, l'air terriblement anxieuse.

Et je sursaute… Quoi ? La loi Sorcière protègerai une criminelle en punissant une victime qui s'est défendue ?

« Eh, bien ! Il ne plus manquerait que ça, tiens, que Ginny ait des ennuis pour avoir cassé la figure de cette garce de Parkinson ! Si elle a planté un couteau dans son dos c'est en se défendant ! Pour sauver sa vie et celle de Draco et Théo ! Vous avez vu sa gorge ? L'autre l'a profondément mordue et a essayé de l'étrangler ! Sans compter le Sort de Magie Noire qui a bien failli lui coûter la vie ! » s'exclame en réponse Ron en se redressant, prêt à empêcher quiconque de s'approcher de Ginny s'il le fallait.

Je me dresserai à ses côtés s'il le faut moi aussi !

« Ginny devra être entendue par les Aurors, bien évidemment, mais comme le fait remarquer Ronald, elle était en état de légitime défense et ne sera pas ennuyée. Si elle doit se rendre devant le Magenmagot, ce sera comme témoin dans le procès de Pansy Parkinson. Un procès à huis clos, puisque cette dernière est encore mineure. » déclare notre Directeur, avec un regard rassurant pour Madame Weasley et Ron, qui soupirent de soulagement.

Je suis heureuse de constater que sur ce point au moins, la Loi Sorcière est la même que la Loi Moldue…

« Il n'y a effectivement pas à s'inquiéter que le Mangenmagot accuse Ginny. Mais il faut s'inquiéter de la réaction des Parkinson. Ils ont une conception de la famille qui dépasse l'entendement. Peu importe pour eux qu'elle soit une criminelle et son frère aîné, bien que n'ayant aucune affection pour elle, n'aura de cesse que de vouloir venger « l'honneur » de sa sœur en faisant payer à la personne qui a osé porter la main sur elle. Nous avons tout intérêt à ce que Ginny ne le rencontre jamais… » déclare le professeur Snape en crispant une nouvelle fois les mâchoires

Cela me fait frémir. Et du coin de l'œil, je perçois nettement la réaction de Ron et de Harry. Nul doute qu'ils veilleront particulièrement sur Ginny en toute occasion. Et que s'ils ne peuvent s'en charger eux-même, ils s'arrangeront pour qu'elle ait des gardes du corps en permanence…

Voilà qui ne plaira pas à Ginny…

Quoique ! Après ce qui vient de lui arriver…

« Vous avez raison, Severus. Ces Parkinson sont tous des brutes au cerveau rongé par la folie. Mais c'est ici, que nous allons devoir prendre les premières mesures. Albus, les élèves s'interrogent sur l'état de santé de leurs camarades. Et si je ne doute pas que pour certains, il s'agit de se délecter de la situation ou de satisfaire une simple curiosité, nombre d'entre eux sont sincèrement inquiets. Par ailleurs, nous avons tout intérêt à prévenir les familles nous même et les rassurer quant à la sécurité de leurs enfants. Les professeurs également, s'inquiètent pour nos trois victimes. Comment vont-ils ? Est-ce aussi grave que Peeves l'a annoncé ? » déclare le professeur McGonagall, qui a soudainement l'air très émue.

Les professeurs Flitwick et Chourave, ont l'air de l'être tout autant.

Et je me demande ce que Peeves est allé raconter…

Oh ! Merlin ! Pourvu qu'il n'aille pas claironner partout que Draco et Théo étaient nus !

« Ginevra se remettra très bien, même s'il faudra sans doute du temps pour qu'elle retrouve toute sa santé. Nous attendons les nouvelles concernant Draco et Théodore. Ils sont dans un état très grave…. Je vous saurais gré, Minerva, Filius et Pomona, d'avertir les élèves que je leur parlerai ce soir, vers 20H30, dans la Grande Salle. Et de préparer également les courriers à faire parvenir aux familles, leur précisant que nous allons enquêter pour nous assurer que tous les coupables ont bien été arrêtés. Précisez leur également que des cours de Duel seront dispensés dès demain aux élèves volontaires. Le Ministère est en charge de prévenir la famille Parkinson et j'ai su par Kingsley que Cornelius Fudge va venir dès ce soir également. » répond le professeur Dumbledore, qui semble bien las soudainement.

Et je songe que nous avons de la chance, que les relations de notre Directeur avec le Ministre Fudge se soient améliorées. Car nul doute que ce dernier aurait sauté sur l'occasion, pour faire pression afin que le professeur Dumbledore soit relevé de ses fonctions…

« Vous pouvez compter sur nous, Albus. » assure le professeur McGonagall, en amorçant son retrait vers la porte, avant de marquer une hésitation et de demander : « Albus, sait-on ce que faisait Mademoiselle Weasley, là-bas, dans les Cachots ? »

Je crois que c'est la question que tout le monde se pose. Ginny devait être en cours avec le professeur Flitwick quand Draco et Théo ont été enlevés. Ensuite, elle avait cours avec le professeur Snape. Comment est-elle arrivée dans les Cachots Perdus ? Comment a-t-elle ouvert la porte ?

« Nous ne le savons pas. Elle ne semble pas avoir été menée là-bas de force car elle a dit : « Je suis arrivée trop tard ». Elle était présente dans ma classe, quand Harry, Ronald et Blaise sont venus me prévenir d'une urgence. Après mon départ, elle a dû découvrir quelque chose qui l'a menée jusque dans les Cachots Perdus, comme les a appelé Peeves. J'ignore comment elle a pu y accéder, quand nous-mêmes n'avons pu en ouvrir l'accès, qu'après de grosses difficultés et les énormes efforts physiques conjugués de Ronald, Vincent et Grégory. La seule chose qui soit certaine, c'est que si elle n'y était pas allée, Draco et Théodore seraient morts à l'heure où nous parlons. » répond le professeur Snape, qui est de nouveau complètement blême.

Le professeur McGonagall hoche la tête, pour le remercier de sa réponse et cette fois les Directeurs de Maison quittent l'infirmerie.

« Pourquoi Draco n'a-t-il pas activé son Portoloin ? Ni son Miroir ?» demande soudainement Madame Black, la voix tremblante et son visage exprimant toute son incompréhension.

« Hélas, à Poudlard les Portoloins ne s'activent que de mon bureau et la Salle d'Entraînement, Narcissa. C'est une Protection contre les intrusions. En effet, la Salle d'Entraînement et mon bureau retiendraient tout intrus, mais pas le reste du Château… Et nous ne pouvons pas modifier cette protection, sans affaiblir considérablement toutes les autres. » nous apprend le professeur Dumbledore.

« Il n'avait pas son Miroir sur lui… Je suppose que dans la précipitation, il a dû l'oublier après s'être changé ce midi… Alors en plus de notre Portoloin de secours quand nous sommes à l'extérieur, il faudra que nous portions nos Bagues de Communication quand bous sommes ici, à Poudlard. Au moins, elle, nous ne risquons pas l'oublier si nous la portons jour et nuit sans jamais l'enlever…» déclare Harry, d'un ton déterminé

« Oui, ce serait sage effectivement. Je crois aussi qu'il vous faudrait également un micro. Quelque chose de discret, que vous pourriez activer ou désactiver à votre convenance. Mais je suppose que cela demandera de nombreuses recherches car les interférences seront bien plus élevées ici qu'au Manoir Malfoy ou même sur le Chemin de Traverse… Il y a une telle concentration de Magie ici, entre les élèves, les Elfes de maison et le Château lui-même… » commente le professeur Snape

« J'en parlerai à Arthur ! Il finira bien par avoir une idée pour régler ce problème ! Il finit toujours par en avoir une !» déclare aussitôt Madame Weasley sur un ton sans appel.

Je veux bien la croire et je croise les doigts. Car cela nous rendrait bien des services !

« Et moi j'y laisserai ma fortune s'il le faut. Rien ne m'importe plus que la sécurité de mon fils et de ses amis. » ajoute Madame Black, toute aussi déterminée.

Là-dessus, je vois Ron prêt à ouvrir la bouche pour dire quelque chose, mais il n'a pas le temps d'émettre un son, car un éclat de lumière suivi d'une détonation assez sèche nous fait tous sursauter.

Sauf le professeur Dumbledore qui se tourne calmement vers la source du bruit

« Fumseck vient de nous faire une livraison. » dit-il, en se dirigeant vers un lit sur lequel une très grosse caisse en bois est apparue.

Il l'ouvre et en sort aussitôt un parchemin, qu'il tend au professeur Snape, avant d'examiner attentivement le contenu du colis.

« Ce sont le matériel et les ingrédients de Potions demandés par Richard. La boite rouge est pour moi. Elle n'a pas trouvé l'un des ingrédients de la liste alors elle est partie…. s'en procurer où elle est sûre d'en trouver. Elle ajoute : ne vous inquiétez pas, Fumseck est avec moi. Bon sang, Nally ! Qu'est-ce que tu t'es encore mis en tête de faire ! Satanée Gryffondor ! Tu es indécrottable ! » déclare le professeur Snape qui a l'air tout à la fois catastrophé et au bord de l'éclat de rire nerveux…

« Quel est l'ingrédient manquant ? » demande le Directeur, en haussant un sourcil curieux.

« Des poils de queue de tigre royal. Et face à la pénurie actuelle de cet ingrédient, vous pouvez être certain que Nally est partie s'en procurer directement à la source. » répond notre prof de Potion, en faisant léviter la caisse vers l'annexe de l'infirmerie.

Cette réponse semble en laisser plus d'un perplexe. Et nous restons tous silencieux durant la demi-heure que le professeur Snape passe dans l'annexe, mais à peine est-il revenu, que Harry l'intercepte.

« Qu'est-ce que tu veux dire par : directement à la source ? Tu ne supposes tout de même pas que… » demande-t-il, avec sur le visage la même expression que celle de son Parrain quelques minutes plus tôt et n'osant pas aller jusqu'au bout de son hypothèse.

« Que ta Marraine est assez… intrépide pour aller jusqu'au Bengale pour prélever elle-même quelques poils sur la queue d'un tigre royal, sachant que ce prélèvement doit s'effectuer à la pince à épiler et alors que l'animal est en possession de tous ses moyens. Si Harry ! Ta Marraine en est parfaitement capable ! » confirme le professeur Snape au moment même où la porte s'ouvre dans son dos, justement sur son épouse.

« Tu as parfaitement raison, Sev. Sauf que je n'ai pas eu besoin d'aller jusqu'au Bengale ! Il m'a suffit d'aller jusqu'au zoo de Londres. Ils ont de très beaux spécimens de tigre royal là-bas ! Et Fumseck les a envoûtés avec son chant. Je n'ai donc absolument couru aucun risque ! Les voilà, tes poils de queue de tigre royal ! » s'exclame-t-elle, en tendant deux gobelets géants de pop-corn remplis de poils à son époux.

« Merlin ! Nally ! Ne me dis pas que tu as complètement épilé la queue de l'un de ces animaux ! » s'exclame le professeur Snape.

« Ils étaient quatre à être parfaitement réveillés. Leur queue est un peu miteuse maintenant, mais leurs poils finirons bien par repousser et toi tu n'en manqueras pas pour quelque temps. » lui répond-elle, l'air très satisfaite d'elle-même.

« Nally, il faut deux poils pour effectuer trois litres de Potion. Tu m'as rapporté des poils pour les cinquante ans à venir, à la condition que je fournisse tous les hôpitaux et apothicaires d'Europe. Sinon, j'en ai au bas mot pour au moins mille ans… » fait remarquer le professeur Snape, les yeux rieurs.

« Oh ! Si tu n'es pas content, la prochaine fois, tu iras faire tes courses toi-même ! » rétorque son épouse, en haussant les épaules.

« Je suis au contraire ravi, ma chérie. Tu viens de nous faire économiser une véritable fortune. Crois-moi, il y a dans ces deux gobelets de quoi faire pleurer de dépit les Gobelins, qui sont les seuls fournisseurs d'Europe en poils de queue de tigre royal. Ce sera un gros manque à gagner pour eux, qui ont justement organisé la pénurie pour pouvoir pratiquer des prix prohibitifs ! Je vais dans le laboratoire de Pompom commencer les Potions. » réplique le professeur Snape qui dépose un baiser sur la joue de sa femme avant de se diriger vers une porte dissimulée derrière un paravent.

Cette petite scène a le mérite de détendre très légèrement l'atmosphère lourde qui règne dans l'infirmerie. Je trouve toujours les interactions entre nos deux professeurs délicieuses. Surtout, lorsque je songe à l'image que nous a donnée le professeur Snape pendant des années. En tout cas, une chose est certaine, c'est qu'ils ont une complicité extraordinaire et un amour infini l'un envers l'autre.

J'espère qu'un jour, je vivrai le même genre de relation avec mon mari…

...

...Votre avis m'intéresse vivement...

...

...