Coucou! Désolée pour l'attente, mais j'ai eu un peu de mal à trouver un rythme d'écriture cette semaine.
Chapitre vingt-neuf
- Vous pensez que ça va aller? Demanda Castle à Johanna, qui se ne se dirigeait apparemment pas vers la salle d'attente. Euh... Les machines à café sont par là...
- Non merci! J'ai envie d'un vrai bon café! Répliqua-t-elle en désignant par la fenêtre le Starbucks de l'autre côté de la rue.
- Ça va nous prendre plus que dix minutes... Dit-il en remarquant le monde qui s'y agglutinait.
- Ne vous en faites pas, ça va bien se passer, sourit-elle.
- Vous parlez de notre attente ou de...
- Jim peut paraître un peu bourru parfois, mais il adore Katie, ça va leur faire du bien de discuter un peu en tête à tête.
- S'ils se parlent, oui! Rétorqua Castle en songeant à ce que sa petite amie devait endurer.
- Est-ce que vous avez déjà quelques idées pour votre prochain roman? Demanda Johanna pour changer de sujet.
- Oh!... Disons que j'ai en tête un personnage un peu idiot, qui aurait un don inné pour s'attirer des ennuis...
- Oh! Je vois le genre. Vous allez faire de cet énergumène votre victime?
- Je n'en suis pas encore certain... Mais ce qui l'est, en revanche, c'est que Ronan O'Gleery souffrira beaucoup.
- Seriez-vous le vengeur masqué? Monsieur Castle? Rit Johanna.
- Je dirais plutôt le vengeur plumé... Ce... Qui... Avait l'air beaucoup plus cool avant que je ne l'énonce...
Johanna éclata de rire et le prit par le bras pour l'emmener hors de l'hôpital.
- Venez, monsieur le vengeur, je vous offre un café.
- Dites, je peux vous poser une question?
- Oui, mais je ne vous promets pas une réponse!
- Où en êtes-vous avec le dossier de Kate?
- Grâce à votre enregistrement, elle n'a plus d'ennuis. Elle n'aura pas de casier. Affaire réglée!
- Tant mieux, répondit-il soulagé.
- Quant aux photos de vous et Katie, elles devraient disparaître dans une pièce poussiéreuse pleine d'archives de la justice.
- Elles ont été retrouvées ?
- Oui, la police a perquisitionné au domicile de monsieur O'Leary. Tout a été retrouvé, les clichés et les négatifs. Mais rassurez-vous, elles ne seront jamais diffusées, j'y ai veillé.
- De toute façon, ça n'a pas d'importance, dit Castle en haussant les épaules.
- Comment ça? S'étonna Johanna. Et votre travail d'enseignant? Et votre fille?
- Cette histoire m'a fait comprendre une chose : j'aime Kate. Notre relation ne peut pas être un argument contre moi pour la garde d'Alexis. Quant à ce travail... J'ai déjà démissionné.
- Oh... Richard, il ne fallait pas...
- Kate est plus importante pour moi que cet emploi de professeur. Et puis, j'ai déjà un travail, dois-je vous le rappeler?
- Vous compter repartir à New-York?
- Non, pas du tout! Je vais rester ici, avec Kate et avec ma fille. Nous verrons bien où tout cela nous mènera.
- Je vous croyais sûr de vous !
- Je le suis ! Mais, Kate est très jeune et j'ai une enfant…
- Vous pensez que cela pourrait l'effrayer ?
- C'est une possibilité… Après tout cette situation a effrayé des femmes plus âgées qu'elle.
- Elle a de la ressource, sourit Johanna. Je connais bien ma fille et je peux vous assurer qu'elle restera là où est son cœur !
Les minutes s'égrenaient dans un silence pesant. Jim s'entêtait à regarder ses souliers comme s'ils avaient eu soudain un regain d'intérêt à ses yeux. Kate, quant à elle tournait en boucle tous les mots qu'elle pourrait utiliser pour adoucir l'humeur de son père et se faire pardonner tout le mal qu'elle lui avait fait. Elle ne regrettait pas ses actes, mais elle savait que tout cela faisait beaucoup pour lui et que sa patience avait été mise à rude épreuve.
- Je te demande pardon papa... Lâcha-t-elle finalement choisissant la simplicité plutôt que des grands discours.
Il leva la tête vers elle, surpris qu'elle ne cherchât même pas à justifier sa conduite.
- ...
- Je sais que tu t'es beaucoup inquiété... Je te demande pardon, ajouta-t-elle en triturant le drap de son lit.
Il prit une grande inspiration, qu'il relâcha finalement dans un long soupir. Elle ne le quittait pas des yeux, espérant qu'il aurait la force de lui pardonner. Il s'approcha doucement d'elle et vint s'asseoir sur le lit pour la prendre dans ses bras.
- Je t'aime Katie, murmura-t-il tendrement.
Jim n'avait jamais été un très grand bavard, mais il avait toujours su trouver les mots qui suffisaient à effacer les angoisses de sa fille. Elle se blottit contre lui et pleura doucement, déversant le trop plein d'émotions qu'elle gardait encore vaillamment en elle. Il la serra dans ses bras en lui caressant le dos, sans un mot. Ils n'avaient jamais eu besoin de beaucoup se parler. C'était Johanna la grande bavarde de la famille.
Lorsqu'elle fut apaisée, Kate s'écarta doucement de lui en séchant ses larmes. Il ne disait rien, mais le silence dans la chambre était différent. Il n'avait plus rien de pesant. C'était un silence agréable que le père et la fille aimaient partager ensemble.
Jim se sentit tout de même obligé de le rompre pour poser la question qui le taraudait.
- Ce Richard...
- Ça va aller, papa, le coupa-t-elle. C'est quelqu'un de très bien. Il ne me fera pas souffrir.
- Comment peux-tu en être certaine?
- Comme toi tu as su, quand tu as rencontré maman... Je l'aime.
- A ce point-là?
- Ne vas pas lui répéter surtout! Je dois pouvoir le torturer si besoin est!
- Digne fille de ta mère, sourit-il. Ne t'en fais pas, ton secret est bien gardé avec moi.
- Merci papa, répondit-elle en lui rendant son sourire avant de revenir se blottir de nouveau dans ses bras.
- J'aurais toujours droit à mes câlins? Tu ne vas pas tous les lui réserver?
- Papa, tu sais bien que tu resteras toujours mon papa. J'aurais toujours besoin de tes câlins.
- Tu me rassures, sourit Jim.
Lorsque Rick et Johanna revinrent un peu plus tard, ils trouvèrent Jim et Kate endormis dans le lit de Kate tendrement blottis l'un contre l'autre.
- Et bien voilà, le père et la fille sont réconciliés, constata Johanna. Quand je vous disais qu'il n'y avait pas à s'en faire pour eux.
- Oui, vous aviez raison. Vous les connaissez bien!
- Ils sont terribles, mais ils s'adorent, sourit Johanna.
- Ma fille vient aussi s'endormir contre moi. J'espère encore avoir ce genre de relation avec elle quand elle sera plus grande, murmura Castle.
- Les enfants s'éloignent de leurs parents en grandissant, mais ils savent qu'ils peuvent toujours revenir et c'est le plus important.
Quelques jours plus tard, Kate allait beaucoup mieux et donc supportait de moins en moins le fait d'être clouée au lit. Bien entendu, ses parents et ses amies en subissaient les conséquences. Le seul à être épargné était Castle. Lors de ses visites à sa belle, celle-ci retrouvait sa bonne humeur.
Malheureusement, ce week-end-là, Rick avait dû s'absenter pour retrouver sa fille. Meredith lui avait même fait la surprise de le laisser la prendre le vendredi à la sortie de l'école. Il avait bien entendu sauté sur l'occasion.
- Ne me dis pas que tu vas bougonner comme ça pendant encore deux jours, soupira Jim.
- Je ne bougonne pas ! Je dis juste qu'il n'y a plus aucune raison de me garder ici.
- On en a déjà discuté avec le médecin, ton hématome n'est pas encore totalement résorbé, tu dois rester alitée encore trois jours ! Et puis de toute façon, avec tes côtes et ton poignet cassé, tu ne pourrais pas faire grand-chose…
- Je pourrais prendre l'air, me promener, voir autre chose que ces quatre murs !
- Rejoindre Richard…
- … Non…Euh…
- Ne fais pas cette tête-là, sourit Jim. Je sais ce que c'est que d'être amoureux.
- Tu approuves ma relation avec Rick ? S'étonna-t-elle.
- Je t'aime Katie, dit-il. Si cette relation te rend heureuse, alors je l'approuve.
- Merci papa, sourit Kate.
- Par contre, s'il te fait souffrir, je le tue de mes propres mains ! Ajouta-t-il.
- Ne t'en fais pas pour ça, rit-elle, je l'aurais tué avant !
De son côté, Rick arrivait près de l'école de sa fille. Il était heureux à l'idée de passer plus de temps avec sa fille. D'ordinaire Meredith ne le laissait récupérer Alexis que le samedi matin, alors quand elle lui avait téléphoné pour lui annoncer qu'il pouvait venir la chercher à la sortie de l'école, il ne s'était pas fait prier et avait sauté sur l'occasion. Il avait tout prévu : ce soir, il l'emmènerait manger un bon cheeseburger, puis ils se feraient un cinéma. Le lendemain, ils prépareraient leurs costumes pour Halloween ainsi que leur parcours pour récupérer des bonbons. Meredith n'aimant pas cette fête, elle le laisserait sans doute encore prendre Alexis pour l'occasion.
- Chaton ! Je suis là ! Cria une voix qu'il ne connaissait que trop.
- Meredith ?! Qu'est-ce que tu fais ici ? S'étonna-t-il.
- Je viens chercher notre fille bien sûr !
- Quoi ? Mais… tu m'avais dit que je pouvais la prendre ce soir !
- Oui ! C'est une surprise pour Alexis ! Nous allons passer le week-end ensemble !
- QUOI ? Coassa-t-il.
- C'est une merveilleuse idée, n'est-ce pas ? J'y ai bien réfléchi et je trouve que nous nous sommes emballés avec cette histoire de divorce.
- Emballés ?! Tu m'as trompé avec ton producteur ! Protesta-t-il. Et dois-je te rappeler que c'est toi, qui as demandé le divorce ?!
- Chaton, ne ressassons pas le passé, minauda Meredith. Et si on repartait du début nous deux ? Alexis serait tellement contente de voir son papa et sa maman de nouveau ensemble.
- Mais…
- Oui, je sais, je t'ai fait du mal, mais c'est du passé tout ça, argumenta Meredith. Pense à Alexis, tu lui manques beaucoup !
- Et elle me manque énormément aussi, marmonna Rick. Mais Meredith…
- Je sais, le coupa-t-elle. Mais tu es un homme merveilleusement compréhensif !
- Meredith…
- Papa ! Chouette ! Tu es venu me chercher ! S'écria Alexis en lui sautant dans les bras.
- Hey ! Comment va ma citrouille préférée ? Demanda-t-il en ravalant sa colère pour faire bonne figure devant sa fille.
- Maman ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Demanda la petite en remarquant la présence de Meredith.
- Je suis venue te chercher avec papa. On va passer le week-end ensemble, comme avant! Ce n'est pas une merveilleuse idée ? Dit Meredith d'une voix mielleuse.
- … Euh… Si…
- Comme ça, on pourra préparer nos costumes pour Halloween ! Ajouta l'actrice sous le regard atterré de Castle.
Il la savait sans gêne, mais là, elle dépassait les bornes ! Il décida d'utiliser son arme anti Meredith.
- Euh… Meredith… Ma mère a décidé de passer le week-end avec Alexis et moi… Elle doit arriver ce soir chez moi.
- Oh… Fit Meredith son sourire perdant un peu de son éclat. Tant pis ! Je ferai avec ! Comme on dit « plus on est de fous, plus on rit » !
- Oui, euh… ça aussi, c'est faux… Bafouilla Castle, les fous ne sont pas forcément heureux et ce n'est pas le fait d'en ajouter un, qui augmentera l'amusement des autres…
- Chaton ! Toujours aussi drôle ! Rit Meredith. Promis, je ne dirai pas à ta mère que sa présence nous gêne. Peux-tu me dire où est ta voiture, que je puisse dire au chauffeur de mon taxi où amener nos bagages ? Oh ! Je la vois ! Tu aurais peut-être dû prendre l'autre, on risque d'être un peu serrés dans ta Ferrari…
Castle la regarda s'éloigner, estomaqué par tant de sans-gêne. Sa mère allait pousser de grands cris quand elle découvrirait la nouvelle lubie de son ex belle-fille. Et Kate ? Bon sang ! Elle n'allait pas être très joyeuse en apprenant la nouvelle ! Et Johanna ?! Et Jim ?!
Si cette histoire venait aux oreilles des Beckett, il était bon pour un procès en bonne et due forme !
Il tourna la tête vers Alexis, toujours dans ses bras.
- Tu étais au courant de ça ? Demanda-t-il.
Elle secoua négativement la tête, incapable elle aussi de trouver quoique ce soit à dire.
- Je me disais aussi… Marmonna-t-il.
