A/N : Voici l'avant dernier chapitre !

Attention comprend des scènes pouvant choquer les plus sensibles.

Et, hum... J'espère que vous ne teniez pas tant que ça à Harry...

Merci beaucoup à mes reviewers Princessenell, Maugreyfiliae et Na !

Pour ceux qui sont intéressés, Imposture II sera également publiée le plus rapidement possible...

Chapitre XXIX

Pétrifiée sur place, je serrai convulsivement la main de Selivan dans la mienne, ne me rendant compte que je lui faisais mal que lorsqu'il laissa échapper un gémissement.

La gorge sèche, je luttai de toutes mes forces contre la panique qui menaçait de m'envahir. Surtout, ne pas paniquer… Ce n'était sans doute qu'un coup de semonce, quelques Mangemorts tout au plus…

Ce fut donc sans cris hystériques que je ramenai Selivan à sa chambre avant de réveiller son père. Ce qui ne m'empêcha pas de me mettre à courir au premier éclair qui déchira le ciel.

Severus dormait profondément et en d'autres circonstances, je l'aurais laissé ainsi. D'autant qu'il avait du sommeil à rattraper. Mais l'urgence de la situation ne permettait pas ce genre de considérations. Aussi le secouai-je sans ménagement. Une milliseconde plus tard, sa baguette magique était collée sur mon cou.

« Hum, Sev ? Ne me tue pas…, murmurai-je.

Clignant des yeux, il s'y reprit à deux fois avant de me reconnaître. Inutile de préciser qu'il ne fut pas ravi…

- Samantha Snape ! Qu'est-ce que tu viens faire ici à une heure pareille ? Tu n'as pas honte ?, me gronda-t-il, comme si j'avais été une enfant.

Pas le temps de tergiverser, songeai-je :

- Je ne veux pas te faire peur, mais… il-y-a-une-Marque-des-Ténèbres-qui-flotte-au-dessus-de-la-Tour-d'Astronomie,-et-quelque-chose-me-dit-que-ce-n'est-pas-un-mauvais-tour-de-Peeves…, débitai-je à toute allure.

- Pardon ?! , s'écria Severus. C-comment…

Pour toute réponse, je haussai les épaules.

- Bon, écoute, je vais trouver les autres Directeurs de Maisons, afin qu'ils réveillent tous les élèves. Toi, tu vas voir Dumbledore. Il doit être dans son bureau. Utilise ma cheminée, ordonna-t-il en remarquant que j'étais juste au bord de la crise de nerfs.

Sans trop réfléchir, je m'exécutai. Sev avait raison : le Directeur prenait le thé dans son bureau quand j'apparus dans l'âtre de sa cheminée. Après m'avoir offert pour la énième fois un bonbon au citron, il consentit enfin à m'écouter. Quant à moi, je n'attendis pas sa réaction, je regagnai ma chambre pour y retrouver Eclair-de-Lune. Ce dernier avait déjà le poil hérissé quand j'arrivai.

« Pas trrrrop tôt, grogna-t-il. Il est temps, Alèthéia.

- Ecoute, j'en ai assez des énigmes ; et puis ce n'est pas le moment !, m'exclamai-je.

- Tu as rrrraison. Plus de temps. Fais ce que tu as à fairrrre

Soupirant, je pris mon épée et m'entourai d'un halo protecteur.

- Content ?, lançai-je en direction du loup.

- Allons-y, fit-il alors. Tu vas devoir puiser au plus prrrofond de toi-même.

Pff, comme si je n'étais pas déjà assez inquiète comme ça… Hochant la tête, je lui ouvris la porte et nous courûmes en direction de la Grande Salle.

Là-bas, les élèves, encore en pyjama pour la plupart, avaient été réunis par année. J'entendis Ronald Weasley proposer de guider les classes de la première à la quatrième année à travers les passages sous terrains pour les éloigner du château, tandis que McGonagall renforçait les charmes de protection de la Grande Salle. Je vis Harry, entouré par une troupe de Gryffondors prêts à faire bouclier, ainsi qu'Hermione un volume de « L'Histoire de Hogwarts » à la main.

Je me souviens avoir haussé les sourcils en apercevant mon frère, encore en chemise de nuit grise, qui tapotait maladroitement la chevelure blonde d'un Serpentard qui s'effondrait en larmes dans ses bras. Oh, mais… Non, impossible. Mais si : c'était bien Draco Malfoy !

Et dire que je m'étais inquiétée à cause de lui…

J'étais en train de parcourir la foule des yeux pour trouver Jonathan quand la première salve ébranla les fondations magiques du château. Plusieurs élèves furent déséquilibrés et Dumbledore lança un puissant sonorus afin de donner ses ordres :

- Du caaaalme !, cria-t-il. Le Ministère a été prévenu, mais je doute que les Aurors arrivent à temps. Je crois que vous êtes tous conscients de la situation : Lord Voldemort attaque Hogwarts.

Le brouhaha assourdissant reprit de plus belle à ces mots, mais il fit à nouveau taire les élèves :

- JE VEUX que tous les élèves de moins de seize ans suivent monsieur Weasley dans les donjons ! Les autres, vous pouvez rester, mais ne vous éloignez pas de votre Directeur de Maison. Ce n'est pas un jeu. Il se peut que vous ayez à tuer pour survivre. Soyez-en bien conscients… Harry Potter, je voudrais te parler un instant.

- Quoi ?!, fis-je.

Merlin, ce vieux fou pensait vraiment que ce gamin… Mi incrédule, mi agacée, je m'élançai à la suite de ceux qui suivaient déjà McGonagall dans le Parc de Hogwarts.

A peine quelques instants plus tard, des dizaines d'éclairs fusèrent dans notre direction. Plusieurs d'entre nous lancèrent alors un charme bouclier pour nous protéger.

Une bulle opaque stoppa les sorts pendant un très bref moment, avant que les Mangemorts ne comprennent et ne se précipitent à l'intérieur, armés jusqu'aux dents.

Je déglutis. Qui aurait cru que ces brutes auraient pensé à cela ?

Dégainant mon épée, je me mis à frapper nos adversaires, m'arrangeant pour m'éloigner un peu du lieu de la bataille. Je voulais tenter de trouver Voldemort, mais ce que je vis à la place me figea sur place. Et pourtant j'en avais déjà vu beaucoup…

Des créatures se déversaient par centaines dans l'enceinte du château. Et elles n'avaient rien d'humain. Griffues, crochues et même ailées pour certaines elles poussaient des cris stridents très caractéristiques.

Ils étaient en surnombre, et nous comptions plus d'adolescents pré pubères que de guerriers aguerris : nous ne tiendrions pas une heure si personne ne faisait rien…

Il n'y avait pas cinquante solutions, songeai-je en cherchant désespérément le visage familier de mon amant parmi les combattants. Mais une fumée âcre commençait à tout recouvrir : notre bouclier se fissurait. Bientôt, plus rien ne nous protégerait.

« Allez, ne me laisse pas faire ça toute seule ! Par pitié, ne me laisse pas faire ça toute seule…, gémis-je.

Mais le destin était contre moi, remarquai-je, tentant de me souvenir des incantations dont j'aurais besoin. Pas le temps pour le pentacle de protection, je ne devrais compter que sur le peu d'influence qu'il me restait.

Espérant ne pas me tromper, j'invoquai successivement cinq des démons majeurs les plus dangereux que je connaissais.

Ils apparurent comme toujours dans un nuage de fumée et enveloppés de flammes sombres ; du haut de leurs 5 mètres d'envergure, leurs immenses mâchoires claquaient avec un bruit sinistre,

Inspirant profondément, je plantai mon épée dans le sol, me redressai, levai le menton et les apostrophai :

- Vous vous souvenez de moi ?

Seuls quelques sifflements me répondirent. Merlin, jamais je n'avais tenté une chose semblable et je sentais l'adrénaline pulser dans mes veines. Bon, ils ne m'avaient pas encore dévorée, ça devait être bon signe… Je poursuivis donc, dans leur langue cette fois, et leur ordonnai de se disperser afin de combattre les démons mineurs qui arrivaient d'en face. Puis, avec toute l'autorité que je pus instiller dans ma voix, je les menaçai des pires choses imaginables s'ils ne m'obéissaient pas.

Cela faisait trop longtemps que je n'avais invoqué un si grand nombre d'entre eux ; déjà, je sentais que mes forces diminuaient. Aussi les envoyai-je à plus de dix mètres, par une décharge magique qui épuisa une bonne partie de mon énergie. Malgré quelques rugissements de rage, ils se tournèrent vers les autres créatures et s'élancèrent toutes mâchoires devant.

A moitié soulagée, je me lançai à nouveau dans la bataille, sans prendre le temps de souffler.

Presque aveugle à cause de la fumée et de l'intensité des éclairs lumineux qui striaient le ciel, je frappai au hasard, faisant tournoyer mon épée autour de moi en espérant ne pas frapper l'un des nôtres.

C'est alors que j'entendis une voix familière hurler des ordres derrière moi : Jonathan. Rassurée, je fondis sur mes assaillants et fendis l'air avec l'énergie du désespoir.

Les sorts fusaient de partout. Le ciel avait pris une couleur écarlate. Des cris retentissaient ça et là et des corps sans vie s'affaissaient au sol.

J'ignore combien de temps s'écoula, mais soudain Jonathan et moi nous retrouvâmes adossés et en train de rendre coup pour coup à nos agresseurs. C'est alors qu'il cria dans ma direction :

« Samantha !

- Qu'est-ce qu'il y a ?, répondis-je de la même manière.

- Je ne sais pas pourquoi, mais d'un coup, j'ai besoin de te demander quelque chose !

- ça ne peut pas attendre ?

- Non ! Si on s'en sort, accepterais-tu de m'épouser ?

Je finis de trancher la tête de la créature qui m'attaquait et je me retournais vers lui. L'assaillant de Jonathan s'effondra également et je me retrouvai face à face avec cet homme qui avait pris tellement d'importance pour moi…

- Qu'est-ce qui t'a fait changer d'avis ? Tu ne crois plus que j'en aime un autre ?, m'étonnai-je.

Il fit « non » de la tête, après avoir hésité un instant.

Je le regardai droit dans les yeux et dis :

- Je t'aime. Oui, je t'épouserais si on s'en sort…

Mais cet instant si romantique fut légèrement altéré par une nouvelle horde de créatures mugissantes qui fonçait vers nous…

Nous nous replongeâmes donc dans la bataille.

Il me semblait qu'une éternité s'était écoulée depuis le début des combats. J'avais l'impression d'avoir paré, feinté et frappé des milliers de fois. Mon bras s'ankylosait et je ne pus éviter quelques profondes griffures…

Bientôt, la fatigue prit le pas sur la technique et seul mon entrainement me permit de tenir.

Soudain, au moment où une crampe menaçait de me paralyser le poignet, un indescriptible mugissement me fit lever la tête et je vis un groupe de dragons majestueux pénétrer l'épais nuage qui enveloppait le champ de bataille.

Des langues enflammées s'écoulèrent de leurs gueules et vinrent brûler les cimes des grands arbres décharnés de la Forêt Interdite. Puis, brusquement, ils descendirent en piqué, brassant l'air de leurs ailes aux écailles acérées et me laissant à peine le temps d'articuler un charme de protection avant que les flammes incandescentes ne dévorent tout autour de moi.

Le souffle rougeoyant émanant de ces bêtes de plus de 10 mètres d'envergure s'étendait loin devant eux et réduisit en cendres une bonne partie des créatures maléfiques constituant l'armée de Voldemort.

A présent éloignée des autres combattants, je regardai de tous côtés, mais impossible de savoir quel camp avait pris l'avantage sur l'autre…

C'est à cet instant que je vis une silhouette allongée se découper dans une nuée sombre à la lisière de la forêt. Instantanément, je le reconnus. Il avait toujours la même démarche sinueuse et pleine d'arrogance. Il s'approcha encore, et je pus voir son regard empli de folie écarlate.

Voldemort.

Alors, tout se passa très vite. J'entendis au loin la voix pleine de rage d'Harry, me retournai et l'aperçus en haut des remparts aux côtés de Dumbledore. Il se mit à courir le long des fortifications, puis soudain, s'arrêta net. Je sentis en une fraction de seconde qu'il allait faire quelque chose de stupide et je cherchai à attirer son attention en criant son nom.

Peine perdue. Il fixait son regard sur son ennemi juré, ne voyant plus que lui. Puis il leva sa baguette et contre toute attente la pointa vers son propre corps, qui disparut dans un pop sinistre. Il se rematérialisa juste derrière le Seigneur des Ténèbres, mais s'effondra instantanément dans un hurlement, tandis que la partie inférieure de son corps disparaissait peu à peu, se fondant progressivement en une masse sanguinolente. Et bientôt, celui qu'on avait appelé le Survivant ne fut plus qu'un amas de chairs écorchées.

Potter…

Choquée par ce qui venait de se passer, je restai pétrifiée sur place. Comment avait-il pu oublier une règle aussi élémentaire ? On ne pouvait apparaître dans l'enceinte du Château, c'était pourtant bien connu…

Ce n'est qu'ensuite que je compris ce que cette tragédie impliquait réellement ; la mort du Survivant rendait nulle la Prophétie qui le concernait, donc la mienne également… Mais alors comment allions-nous vaincre Voldemort ?

Tandis que je me laissais peu à peu submerger par la panique, ce dernier s'éloignait avec un rire dément… Cela me fit réagir et habitée d'une colère noire, je me mis à courir vers lui.

Soudain, mes jambes s'emmêlèrent et je m'étalai lourdement sur le sol rougi du champ de bataille.

Puis je sentis la présence d'Eclair-de-Lune auprès de moi.

Et toute cohérence disparut de mon esprit.

A cet instant précis, je n'étais plus qu'émotion et instinct. Je ne sentis même pas le vent se lever cette fois, mais tout mon être criait déjà la nécessité de sauver celui qui avait disparu alors que son heure n'était pas venue. Ce désir profond de voir revenir la victime de cette terrible injustice se mêla à un jet de magie pure, dont la provenance exacte m'est encore inconnue aujourd'hui. Une lueur éblouissante me força à fermer les yeux.

Lorsque je les rouvris, j'eux l'impression d'être engloutie dans d'insondables ténèbres.

J'entendis un cri incrédule sur ma gauche :

« Black ?! Non ! C'est impossible… Je t'ai tué ! »

Cette voix emplie de folie m'était familière…

« Avada Kedavra ! », tonna-t-elle, tandis qu'un corps s'écroulait sur le sol avec un bruit mat.

Bellatrix Lestrange ?, songeai-je. Mais de quoi diable parlait-elle… ? « Black » ? Pas Sirius Black tout de même… Oh, Merlin, qu'avais-je fait ?

En vain, je tentai de me relever, mais la voix menaçante de Bellatrix se rapprochait :

« Oh ! Qui es-tu petit oiseau ? … Tiens, tu es aveugle on dirait ! Non, n'essaie pas de t'enfuir, ça ne servira à rien… Je prendrai bien soin de toi… »

A peine eu-je saisi ces derniers mots que je fus comme avalée par un abîme de silence avant de perdre connaissance.

A/N : Non, la demande en mariage ne m'a pas été inspirée par POTC3...

Une 'tite review pour m'encourager à écrire le dernier chapitre ?

Merci d'avance !