Chapitre 29 : Retour au Foyer

Athéna fait appel à un mystérieux allié pour raisonner Déméter, les Chevaliers tentent de soigner les blessés et le retour de Perséphone s'aorganise


Le Ciel se couvrit au dessus du Sanctuaire, d'épais nuages noirs parcourut d'étincelles électriques se formèrent au-dessus des têtes des Spectres et des Chevaliers déstabilisés. Un cosmos terrible jusqu'alors inconnu gonfla avec l'orage. Déméter pétrifiée avait suspendu son attaque et le Chevalier des Gémeaux ne savait plus quoi faire. S'il avait pu espérer infliger quelques dégâts à une Déesse isolée il n'avait plus aucune chance contre cette puissance terrifiante.

" Rends-toi Déméter. Je ne suis pas venue seule te réclamer le droit de laisser Perséphone aux côtés d'Hadès. " déclara tranquillement Athéna forte de son allié.

" Petite peste ! Tu n'avais pas à le mêler à ça ! Vipère ! " siffla la Déesse furibonde.

" Je sais mais je ne peux pas te laisser impunément t'attaquer à mon Sanctuaire et violer le pacte que tu passas jadis avec Hadès. Et Zeus est non seulement l'arbitre de cette décision mais également le père de Perséphone et donc tout autant en droit que toi de décider de son sort. " asséna la Déesse de la Sagesse en frappant le sol de son sceptre.

" Insolente ! Comment oses-tu donner à autrui le droit de décider pour Perséphone ! "

" Et comment osez-vous vous approprier ce même droit mère ! " intervint la Déesse du printemps au bras d'Hadès, elle tenait à peine sur ses jambes faibles et s'accrochait de toutes ses forces à la Kamui du Dieu pour tenir debout. " Depuis des siècles vous m'enfermez et malgré mes complaintes vous refusez de me laisser quitter votre demeure et je n'endure ce sacrifice que parce que la Terre mourrait si je vous laissais ! Mais je ne puis plus supporter cette douleur que vous m'infligez en m'éloignant de mon bien-aimé ! J'aime Hadès, mère ! Je l'aime de tout mon cœur et je souffre de le savoir seul aux Enfers ! " déclara-t-elle devant sa mère folle. Un éclair s'abattit sur le temple du Pope. Avertissant Déméter de la colère qu'éprouvait Zeus d'entendre de tels mots de la bouche de sa fille.

" Ma puce. Tu es fatiguée, tu ne sais plus ce que tu dis, viens te reposer. " répondit Déméter d'une voix radoucie par la présence de son enfant.

" Non mère ! Je refuse ! Vous avez assez piétiné ce pacte qui me lie à Hadès ! J'ai mangé volontairement ses graines qu'il m'a donné tout en sachant ce que cela impliquait pour moi. Je veux rester à ces côtés. Je l'aime. Accordez-lui ma main. Laissez-moi être sa femme je le veux également. " souffla-t-elle à bout de forces. " Et si vous refusez d'entendre raison dans ce cas j'irai moi même quérir implorer l'aide de Zeus mon père pour plaider ma cause et je sais qu'il penchera en faveur de son frère et non de vous. " ajouta-t-elle une dernière fois. Au-dessus d'eux le tonnerre gronda de nouveau rappelant aux protagonistes l'implication du Dieu des Dieux dans la scène. Déméter se tourna vers sa fille les yeux pleins de larmes. Si même le plus fort des Olympiens intervenait elle n'aurait plus son mot à dire. Elle se tourna une dernière fois vers sa fille, la gorge enrouée.

" Est-ce vraiment ce que tu désires ? Et pas une illusion d'Hadès ? " gémit-elle blessée.

" Tel est mon désir, mère. Laissez-moi repartir. Ne faites plus de dommages inutiles. " Déméter s'inclina, vaincue. Elle savait au fond d'elle que ce jour arriverait. Ce jour arrive pour toutes les mères. Fussent-elles des Divinités. Le jour où les enfants chéris quittent le logis. Elle releva les yeux vers celui qui avait fait arriver ce jour si vite et d'un ton sans équivoque gronda.

" Tu as intérêt à prendre soin de ma fille, la prochaine fois je ne me contenterai pas de tourner les talons sans rien faire. " puis elle quitta le Sanctuaire dans un éclat doré répandant sur le sol une multitude de grains de blé, avec elle le tumulte céleste, avertissement de Zeus, disparût. Perséphone se jeta dans les bras d'Hadès qui, révoquant son armure, la serra de toutes ses forces contre lui. Athéna soupira de soulagement avant de se tourner vers Saga des Gémeaux encore tétanisé.

" Saga. Emmène Sion et Valentine se faire soigner. Je dois rester quelques temps avec mon oncle et son épouse. " murmura-t-elle tranquillement à l'adresse du Chevalier d'Or.

" Tout de suite Déesse Athéna ! " s'exclama-t-il nerveusement avant de disparaître avec les deux corps via l'autre dimension. Athéna se retourna vers le couple enlacé. Qu'il était doux de les voir enfin réunis. Les Guerres inutiles et sanglantes étaient enfin terminées. La paix allait enfin régner sur Terre.


Rune parvint à entrer à son tour dans la Maison d'un Bélier débordé, jonglant avec son apprenti et ses infirmiers de fortune qu'étaient Kanon, Saga et Eaque avec les trois nouveaux blessés. C'était un miracle qu'aucun d'entre ne soient morts, et ce miracle était grandement entretenu par l'esprit d'équipe qui s'était instauré. Mû était occupé à cicatriser les plaies de Minos pendant qu'Eaque employait sa vitesse pour chercher les outils nécessaires au soins alors que les jumeau s'occupaient des tâches mineures. Mais le Balrog se fichait bien de savoir pourquoi le Juge Minos était encore en vie, tout ce qu'il voulait était qu'il le reste.

Mû se releva en laissant le Griffon aux soins de Kanon pour panser sa blessure pendant qu'il retournait aider Saga à sauver Valentine. Le norvégien bondit aux côtés de son pair balafré que Kanon s'évertuait à enrouler de bandages sans lui accorder la moindre attention.

" Je peux le faire ! Si tu veux ! Je-J'ai l'habitude de m'occuper du Seigneur Minos ! Je l'ai déjà soigné plusieurs fois ! " déblatéra-t-il sans se rendre compte de son propre niveau sonore. Kanon leva un regard las vers lui et lui tendit les rouleaux de pansements.

" Tiens. Je te le donne. Pour que quelqu'un comme toi, chérissant tant le silence, pour te mettre à hurler à ce point il faut que tu y tiennes beaucoup. " répondit le Gémeaux en laissant le corps inanimé du Griffon dans les bras de son suppléant. Rune serra vaguement le corps flasque avant de s'atteler à la tache, glissant doucement la bande autour de la poitrine du Juge, recouvrant de tissu cette blessure abjecte qui défigurait le dos immaculé du Griffon. Puis il allongea le Juge sur son côté valide avant de dégager vivement les mèches blanches de son visage. Il veillera sur lui aussi longtemps que nécessaire.

À ses côtés Kanon était retourné auprès de Rhadamanthe, pressant ses doigts entre les siens. Son état était stabilisé et grâces aux capacités de soins prodigieuses de Mû sa blessure était presque cicatrisée. Il tendit la main pour effleurer son front. Sa température était bien descendue mais il était encore chaud sous ses doigts. Il embrassa la tempe du Juge et recommença à le rassurer à voix basse. Rune le regarda faire sans mot dire. Ils étaient tellement touchants. Il se tourna de nouveau vers Minos suant de douleur dans son inconscience et tendit une main hésitante pour caresser la joue de son supérieur. La peau était douce et d'une chaleur tiède très agréable. Il se pencha vers le Griffon et murmura à son tour. " Je veille sur vous Seigneur Minos. Je ne vous laisserai plus seul. Comme je l'ai promis. "


Athéna et Hadès sortirent ensemble du palais du grand Pope. Acclamés par leurs armées. Perséphone se remettait de ses émotions dans la salle du trône pendant que les deux Dieux annonçaient officiellement la fin des combats. Elle n'avait pas été au courant des différentes guerres qui avaient opposé les deux camps mais elle était certaine d'en être quelque peu responsable. Elle entendait les clameurs à l'extérieur et savait que bientôt elle pourrait retourner aux Enfers retrouver ses forces. Enfin retrouver Hadès. Enfin retrouver sa liberté.


Aphrodite descendit de son temple encore vêtu de son armure d'or. Dans le temple du Verseau il croisa Camus et Milo bras dessus bras dessous. Le Scorpion embrassant doucement le français qui se laissait cajoler en emmêlant ses doigts avec la crinière blonde du grec. Le Poisson sourit et passa son chemin. Il passa le dixième temple qu'il se surpris à trouver vide tout comme les deux suivant. Il trouva en revanche Dohko au septième temple que Shiryu tentait tant bien que mal de calmer en le rassurant faussement sur l'état du grand Pope. Aphrodite ne s'attarda pas et fila vers le Sixième temple où il trouva Shaka en train de méditer comme à son habitude dans son armure d'Or. Dans le Cinquième temple il trouva Aiolia et Marine enlacés comme l'étaient Camus et Milo quelques temple plus haut. Et ce fût dans le Quatrième temple qu'il trouva ce qu'il cherchait. DeathMask titillant Shura comme à son habitude dans la Maison du Cancer.

Le suédois se rapprocha joyeusement des deux hommes qui se tournèrent vers lui dans un sourire radieux.

" Bah alors ? T'en as mis du temps à nous rejoindre ! Shura est déjà là depuis trente minutes. " ricana le Chevalier d'Or du Cancer en gratifiant son ami d'une grosse tape affectueuse dans le dos.

" Me frappe pas comme ça, tu va me faire une marque ! " râla le Poisson agacé. " Et comment j'aurai pu savoir que vous étiez là ? Je ne suis pas devin ! "

" Allez ! Cesse de râler ! C'est la fête ! Les guerres sont finies ! On va pouvoir vivre tranquillement aux frais de la princesse ! " s'enthousiasma l'italien ravi approuvé par le Capricorne.

" Celles d'Hadès et de Poséidon en tout cas ! Mais bon tu as raison, profitons, profitons ! " se réjouit le gardien de la douzième maison.

" Quel râleur celui-là ! T'es pas d'accord Shura ? De dire qu'Aphro est un râleur ? " l'interrogea le Cancer visiblement amusé.

" C'est vrai qu'Aphro râle beaucoup. " admit-il un sourire taquin aux lèvres.

" Je ne suis pas un râleur ! " protesta-t-il en virant au rose. Face à lui ses deux meilleurs amis se tordaient de rire. Le Poisson était heureux. Car ils étaient sauf tout les trois. Ils étaient sa famille. Il jeta un regard discret à l'italien plié en deux. Il adorait le voir sourire ou s'esclaffer jusqu'au larmes. Il espérait de tout son cœur que ses moment deviennent un jour éternels. Lui, Shura et son amour.


Valentine ouvrit vaguement les yeux. Au fond de lui il sentait le cosmos chaud de l'Autre se concentrer sur ses blessures. Sa force servant à sauver son hôte des blessures que Déméter lui avait infligées. Le parasite ne comptait pas mourir si près du but et sa détermination profitait à la Harpie. Les images floues dansèrent devant ses yeux. Il distinguait vaguement deux taches blanches dans le coin de son regard, une autre vert pâle, une point violet qui tournait autour de lui et des autres couleurs. Le violet se pencha vers une grosse tache bleu qui cachait une autre tache dorée.

Le regard vide du Spectre se centra sur ces deux couleurs. Elles semblaient assorties. Parfois bleu effleurait doré avec douceur. Ils étaient jolis ensemble. Bleu alangui près de doré. Violet ébouriffa bleu et repartit vers d'autres couleurs. Mais le regard de la Harpie restait sur bleu et doré. Si harmonieux. Valentine voulait les voir sans ce voile translucide qui brouillait sa vision. Il cligna plusieurs fois des yeux pour le retirer. Bleu pris forme. Était-ce Kanon ou Saga ? Et doré à côté ? Le Seigneur Rhadamanthe...Ce devait être Kanon dans ce cas là. Ils étaient jolis, même si la Wyverne semblait très pâle et soufflait bruyamment dans son sommeil. C'était joli de voir la douceur avec laquelle le Gémeau caressait la chevelure blonde tout en gardant son autre main entremêlées avec celle du Juge.

Valentine testa doucement ses blessures sans quitter les deux hommes du regard. La plaie était refermée grâce à l'énergie de l'Autre. Il se redressa prudemment avec un gémissement douloureux. Mû du Bélier se précipita vers lui.

" Tu ne devrais pas bouger ! Tes blessures sont très graves ! " l'avertit-il en pressant les épaules du Spectre.

" Ça ira...L'Autre...L'Autre les a guéries... " répondit-il douloureusement en repoussant les bras de l'atlante qui décida d'aider la tête de pioche à se relever. Valentine se remit lentement sur ses pieds et vacilla, soutenu par le Chevalier.

" Tu devrais te rallonger, ce n'est pas raisonnable. " le gronda le Bélier. Mais la Harpie ne l'écouta pas. Continuant de fixer Kanon et Rhadamanthe. Ils étaient si beaux ensemble. Comment avait-il pu songer un jour à les séparer pour son propre intérêt ? Il tituba jusqu'à la couche de la Wyverne et fût rapidement fusillé du regard par le cadet des Gémeaux.

" Qu'est-ce que tu veux ? Tu n'as pas bientôt fini de le harceler ? " siffla l'ex-Dragon des Mers rancunier.

" Non...Je ne venais pas...Je-Je voulais seulement m'excuser. Je n'aurai pas dû. Je me suis comporté...en égoïste et je vous ai mis en danger. Je suis désolé. Je vais vous laisser tranquille. Je vais tourner la page. Je jure. " articula-t-il péniblement. Kanon resta silencieux quelques instant avant de répondre.

" T'as terminé ? "

" ...Oui. "

" D'accord. " répondit-il froidement avant de se tourner de nouveau vers Rhadamanthe. Valentine resta silencieux. Kanon lui en voulait. C'était compréhensible. Il était responsable de l'état de celui qu'il aimait. Il baissa le regard et jeta son regard sur le reste de la pièce. Il ne mit pas longtemps à trouver le corps inanimé de Sylphide allongé sur une paillasse. Il retint son souffle et s'approcha du Basilic. Le jeune homme aux cheveux argentés respirait faiblement, c'était un miracle qu'il ait survécu au Greatest Caution du Seigneur Rhadamanthe.

" Il voulais te protéger en pensant que l'attaque pourrait nous atteindre, n'est-ce pas tordant mon hôte ? " ronronna une voix caverneuse surgie de nulle part. La Harpie sursauta et se tourna vers les autres occupants mais personne ne semblait avoir remarqué quoi que ce soit.

" Ne trouves-tu pas ça touchant ? Il était prêt à se sacrifier pour toi ! Donc en fait c'est un peu de ta faute s'il est dans cet état maintenant. " Valentine se figea. Comprenant enfin à qui il avait affaire. Il tourna le dos aux autres occupants et siffla à voix basse.

" Je n'ai rien à voir avec ce qui lui ai arrivé. Tu as utilisé l'Illusion Diabolique pour me rendre docile et me forcer à te laisser quartier libre. Jamais je n'aurai voulu que tu blesses Valentine ou le Seigneur Rhadamanthe. "

" Il est inutile de parler à voix haute pour communiquer avec moi. Je suis dans ta tête. Il te suffit de penser. Mais peu importe. Dans ton cas l'Illusion Diabolique ne peut marcher qu'à certaines conditions. Celle où celui qui la subit désire quelque chose suffisamment puissamment pour que le contrôle d'esprit soit efficace. En l'occurrence tu m'as supplié de te donner Rhadamanthe. Mais ton souhait a changé quand cette andouille nous aura servi de bouclier humain et j'ai perdu le contrôle. " Valentine était fou de colère. Comment osait-il lui inculper les blessures des deux hommes. En même temps...il n'avait pas totalement tort. S'il n'avait pas fait de telles fixettes sur le Seigneur Rhadamanthe il n'aurait pas...

Eaque s'approcha du Spectre au regard bas. En tendant un peu le cou il nota les larmes couler de ses yeux alors qu'il regardait Sylphide. Il posa sa main sur l'épaule de la Harpie qui sursauta en sentant le contact et se tourna vers le Juge.

" Il vont s'en sortir Valentine. " lui murmura simplement le Garuda. Valentine hoqueta de douleur et le Juge le prit dans ses bras. " Ça va aller. Ça va aller. Tu n'est pas tenu responsable. Ils s'en remettront. Calme-toi. Tu es encore fatigué. Viens te rallonger. " lui chuchota le tibétain en essayant de l'entraîner vers sa couche mais le Spectre résista entre ses bras.

" Non... Je vais rester... ici. Je vais... veiller sur lui. " renifla-t-il en se dégageant de l'étreinte du Juge.

" Assieds-toi au moins. Ne reste pas debout. " lui demanda le brun en l'aidant à s'accroupir près de la couche. Valentine s'empara des mains de Sylphide encore inconscient. Eaque le regarda presser les doigts contre son front. Il ne sera pas facile de se remettre pour la Harpie. Il se sentira toujours un peu responsable pour ces événements. Il se releva et quitta la Harpie pour retourner aider le Bélier.

" Si ce n'est pas triste. Il ne vont même pas te punis pour que tu puisse te faire pardonner. Tu devra porter ce fardeau pour l'éternité. N'est-ce pas un peu cruel ? " ronronna l'Autre dans sa tête.

" Tais-toi. "


Dans ses limbes obscures de nouvelles couleurs recommençaient à se dessiner. Du bleu. Du rouge. Il connaissait ses teintes. Rêvait-il encore ? Le précédent coup n'aurait-il pas dû être mortel ? Il avait vu tout ce rouge jaillir de son poitrail, avide d'air pur. Puis il s'était effondré dans le noir. Maintenant une lueur dorée le nimbait doucement d'une étrange douceur alors que le bleu et le rouge revenait. Il sourit alors que le Dragon Bleu se faisait plus net. Il avait l'air d'aller bien. Appuyant sa lourde tête azure sur le dos du Dragon Rouge, soufflant dans le long cou du Dragon Rouge étendu sur le sol. Ils semblaient si paisible.

Leurs légères respirations synchronisées. La large patte d'écailles céruléennes reposant sur l'immense aile de feu. Tendrement enlacés. Rhadamanthe s'approcha d'eux. Aucunes des créatures ne réagirent le laissant glisser sa main les peaux rugueuses des dragons. Il s'appuya contre le flanc du Dragon Bleu. Il pourrait rester ici une éternité. Rester avec les Dragons. Quelle délicieuse idée. Cela paraissait si simple. Se laisser aller aux côtés des Dragons paisibles.

Mais la vie est-elle jamais simple ? Les Dragons n'étaient que des illusions de son esprit. Son corps restait avec Kanon. Kanon. Était-il encore en vie ? Avait-il réussi à le protéger ? Il devait savoir. Il ne pouvait pas mourir sans savoir.

Rhadamanthe se décolla lentement du flanc du Dragon et recula de quelques pas. Observant encore un peu les deux créatures entremêlées.

" On se reverra. " dit-il simplement en guise d'adieu.


Kanon s'était endormi. Serrant le bras du Juge blond contre son cœur pendant son sommeil. Il voulait se rassurer en sentant en permanence le pouls battre contre sa poitrine. Sa peluche bougea, pas suffisamment pour le tirer de son sommeil. Il serra son doudou avec un gémissement grincheux sans ouvrir les paupières. La peluche remua encore le forçant à raffermir sa prise.

" Kanon...je ne sens plus mon bras... " souffla une voix endolorie. Kanon ouvrit ses yeux instantanément et se redressa en lâchant le membre. Rhadamanthe plia le bras en agitant ses doigts l'ex-Dragon des Mers sentit ses yeux se remplir d'eau alors qu'il regardait l'anglais tourner ses pupilles dorées vers lui. Le blond tendit son bras engourdi vers lui et effleura ses joues devenues humides.

" Désolé... Je t'ai fait attendre... "

" Tu m'a manqué crétin de Wyverne. " hoqueta le Gémeau en pressant les doigts pâles entre les siens. Rhadamanthe sourit. Laissant sa main au grec qui cacha ses larmes de joie en se collant à son torse blessé. La douleur fulgurante le vrilla alors que Kanon se couchant sur la blessure.

" Kanon...Tu me fais mal... " murmura-t-il péniblement en posant sa paume libre sur la crinière emmêlées du Chevalier.

" M'en fous. Si t'as mal c'est que t'es vivant. C'est tout ce que je veux. " Rhadamanthe sourit tendrement, plongeant ses doigts plus profondément dans les mèches océanes.

" Je t'aime. " répondit-il simplement en cajolant son Dragon Bleu.

" Moi aussi crétin. "

Valentine regarda de loin le Juge et le Chevalier pressés l'un contre l'autre. Ils étaient vraiment beaux. Complets. Le regard bienveillant que le seigneur Rhadamanthe posait sur Kanon semblait accentuer l'or de ses yeux. Valentine sourit, pressant la main de Sylphide dans la sienne. Il pouvait abandonner maintenant. Rien ne séparerait ses deux êtres.

" Qu'est-ce que t'es chiant ! Moi qui pensais que tu nous ferais une de tes délicieuses crises de jalousie, je suis déçu. " râla la voix dans sa tête faisant rouler les yeux de la Harpie.

" Vivement qu'on me débarrasse de toi. Tu es vraiment insupportable. " rétorqua le chypriote exaspéré.

" Mais c'est pour ça que tu m'aime, non ? WHAHAHAHAHA ! " s'esclaffa l'Autre. Insupportable. Comment Saga avait-il pu supporter cette vermine pendant treize ans ?


" Hey Pharaon ! " héla Ikki en avançant vers le Spectre qui interrompit sa composition pour relever la tête vers lui.

" Tiens ? Tu n'étais pas parti rejoindre Shaïna et les évacués des environs avec tes frères d'armes ? " demanda le Sphinx sincèrement surpris de croiser encore le Chevalier.

" Nan. C'est chiant, il va y avoir plein de monde, ils vont poser pleins de questions et on va devoir les aider à bouger leurs trucs, c'est pas fait pour moi ce genre de tâches. Seiya m'a dit une fois que j'étais patibulaire. " expliqua le Bronze-Divin en s'asseyant sur une chaise de fortune. Chaque Spectre s'était trouvé une place dans un temple pour passer le temps. Hadès semblait avoir prévu de passer la nuit sur Terre et un campement de fortune commençait à prendre forme dans le Sanctuaire d'Athéna. En l'occurrence le Phénix semblait faire partie des privilégié que le Scorpion avait accepté dans sa maison (le caractère jovial et extraverti du Chevalier lui ayant donné un certain crédit parmi les Spectre).

" Je suppose qu'il s'est pris une droite après ça ? " demanda benoîtement le Spectre avec un sourire amusé.

" Et comment ! Je peux te dire que plus personne ne critique mon caractère à présent ! Sauf Shun...mais lui c'est une autre affaire. " répliqua le Phénix amusé. " Tu fais quoi à part ça ? " enchaîna-t-il en se penchant sur les partitions que le Sphinx rédigeait.

" Ah, ça ? Je compose une symphonie. " répondit-il ingénument.

" Tu me feras écouter ? " demanda le Chevalier avec un large sourire.

" Évidemment ! C'est bien le minimum que je puisse faire. " puisque c'est toi qui me l'a inspirée pensa-t-il silencieusement.


Aioros descendait les marches des temples. Athéna lui avait ordonné de retrouver Saga et Valentine et de les amener devant elle. Sans doute comptait-elle régler le problème de l'Autre rapidement et préférait que Saga soit présent pour assister à son jugement. Il se présenta à la porte du temple du Bélier. Quelques Spectres attendait patiemment devant la porte, sachant qu'ils seraient recalés s'ils essayaient d'entrer. Le Sagittaire les salua en cognant le panneau de bois. Kiki entrouvrit la porte d'un air méfiant qui s'éclaira en reconnaissant le Chevalier.

" Aioros ! Tu viens aux nouvelles ? " demanda joyeusement l'apprenti Bélier.

" Oui. Je viens aussi chercher Saga et Valentine pour les amener devant Athéna. Tu peux aller me les chercher, s'il te plaît ? " demanda-t-il gentiment au jeune garçon qui hocha du chef avec entrain avant de disparaître aussi rapidement qu'il était apparu. Le Neuvième Gardien attendit à peine quelques secondes avant de voir Saga soutenant Valentine contre son épaule rouvrir la porte.

" Tu voulais nous voir ? " lui demanda le Gémeau.

" Athéna souhaite s'entretenir avec vous deux. " répondit le Sagittaire avec un sourire soulagé. Saga semblait en bonne santé, il n'avait pas été blessé face à Déméter. Saga acquiesce vaguement et sort de la pièce en emportant Valentine qui semble avancer à contrecœur.

Personne ne parle pendant la montée des marches. Valentine semble ailleurs, son regard perdu vers l'horizon. L'expression de son visage change souvent, il fronce les sourcils, puis son visage s'attriste, puis il fronce les sourcils à nouveau. Saga lui porte le fardeau comme il l'a fait si longtemps. Fixant les marches de pierre qui défilent sous ses pieds. Et Aioros les regarde avancer sans comprendre. L'Autre allait être condamné, c'était une bonne nouvelle pour Saga, non ? Pourquoi semblait-il si déprimé ?

" Comment vont les autres ? Mû est-il arrivé à guérir leurs blessures ? " demanda le Sagittaire pour briser l'oppressant silence installé entre eux.

" Rhadamanthe s'est réveillé. Kanon est resté avec lui. Les autres sont stabilisés mais leurs blessures sont graves. Ils devraient s'en remettre mais cela prendra du temps... Kanon et Rhadamanthe s'aiment. C'est étrange de voir mon frère à ce point attaché à quelqu'un. " répondit le Gémeau clinique. Valentine n'a pas cessé son monologue intérieur qui déforme ses traits. Leur marches reprends sans nouvelles interruptions.

Dohko les attendait tranquillement à l'entrée du palais du Pope. La Balance leur ouvrit la porte et les accompagna jusqu'à la salle du trône non sans glaner quelques informations sur l'état de santé du Pope. Saga ne répondant rien Aioros se contenta de répéter ce qu'il avait entendu du Troisième Gardien. Le Septième Gardien se contenta de l'information et ouvrit la porte aux visiteurs. Très droite sur son trône, encadré du couple infernal. Athéna attendait patiemment leur venue.


Voilà pour le 29 ! C'est bientôt le fin de l'histoire et j'espère que vous aurez tous pris du plaisir à la lire. Le final sera pour le chapitre suivant, je tâcherai de ne pas trop vous faire attendre ^^

Merci à tout ceux qui auront participé à cette aventure et à bientôt pour notre ultime chapitre