*Passe par la petite porte au fin fond du couloir de la publication.*

Bonsoir !

Je n'ose calculer le temps depuis lequel j'ai posté mon dernier chapitre. Et je m'excuse pour celles et ceux qui s'y seraient risqués.

Pour plaider ma cause, je n'ai qu'une excuse : je recherche un nouvel appartement et ai enchaîné plusieurs remplacements. Autant dire que j'ai manqué de temps pour achever ce chapitre en une seule fois.

En tout cas, je remercie Demoisel Jade qui m'a secourue au pied levé et permis de poster ce chapitre avant qu'il ne refroidisse totalement dans mon ordinateur !

Je n'en dis pas plus, vous laissant lire la suite de la morsure d'Edward sur Alyssa.

Chapitre 29-La vie de vampire

POV Omniscient

Le silence alentour n'était entrecoupé que par les respirations d'une biche à une centaine de mètres de la maison.

Le bruissement du vent dans les feuilles fut accompagné de l'odeur du sang du gibier repéré une seconde auparavant.

Ses muscles se contractèrent en un sursaut et si un mur ne s'était pas dressé soudainement, ils l'auraient conduite à la gorge de l'animal.

Un son ensorcelant parvint à ses oreilles et ses sens entiers s'en trouvèrent apaisés.

Mais le sens des mots ne lui était pas encore donné.

Ses yeux papillonnèrent d'un endroit à un autre pour trouver la source de cet apaisement.

Sans succès.

Un simple voile rouge l'empêchait de le voir.

Et pourtant, ça lui était vital!

Vital.

Etrange de dire ce genre de mots lorsque son corps et son esprit semblaient invincibles.

Et pourtant, le voir pouvait résoudre tant de choses. Il avait résolu tellement par sa présence, son amour, sa loyauté malgré ses faiblesses à elle.

Toutes ces décennies passées, Edward avait été invincible lorsqu'elle se débattait comme une biche prise à la gorge par son prédateur, en vain.

"Ne respire pas."

L'ordre lui parvint comme une gifle qui lui permit de reprendre ses esprits.

Son être se tourna vers lui et elle put distinguer ses traits.

Il brillait de mille feux. Au sens propre du terme.

Ses yeux noirs profonds reflétaient ses angoisses et sa faim mais son sourire ne faisait qu'une chose: la rassurer, l'aimer, la protéger.

"E…"

Sa gorge s'enrailla en même temps qu'elle prenait conscience de la teinte de sa propre voix. Elle fronça les sourcils et réessaya, doucement, à tâtons.

"Edward."

Elle avait l'impression de s'entendre chanter magnifiquement bien en parlant mais le prénom qu'elle avait prononcé suffit à effacer son étonnement.

Ca avait réussi !

Elle était vampire.

Elle sentit ses lèvres s'étirer pour sourire et ses bras se dresser vers son cou. Elle l'attira à lui, le sentit se plaquer contre son corps, ensuite, seulement, elle distingua son grognement de douleur.

"Oh ! ?"

Il s'écarta doucement, ses doigts autour de ses poignets comme pour la maintenir en place, loin de lui.

"Edward?" S'inquiéta-t-elle alors qu'il ne disait rien.

Il sourit tendrement et son regard plongea dans le sien.

"C'est à toi de faire attention maintenant, ma chérie, tu es une nouvelle-née, donc tu es plus forte que moi."

"Oh !" Comprit-elle en se mordillant la lèvre inférieure, s'attendant à se sentir rougir.

Ses mains se portèrent à son visage avant qu'elle n'y ait réellement pensé. Ses joues paraissaient fraîches.

"Tu ne pourras plus rougir, Bella."

Il se pencha et embrassa ses paumes doucement.

"C'est…"

"Je sais." Affirma-t-il alors qu'elle tournait enfin son regard sur ce qui les entourait.

Ils étaient toujours dans la maison où ils étaient venus après la soirée en l'honneur de leur mariage. Le lit sur lequel elle était assise était refait et elle était habillée d'un jean et d'un t-shirt. Elle sentait le propre autour d'elle mais il y avait aussi l'odeur d'autres personnes...Et animaux.

Son être se souleva et fut à nouveau repoussé en arrière. Cette fois, pourtant, elle ne se laissa pas faire. Elle riposta en poussant l'attaquant de l'autre côté de la pièce.

Ce ne fut qu'en atteignant la porte qu'elle réalisa que le bruit mat de la chute d'un corps provenait d'Edward.

Elle se retourna violemment pour le voir entier, debout et sain et sauf, malgré une légère grimace.

"Pardon ! Pardon ! Pardon !"

Elle se précipita vers lui et se souvint au dernier moment de faire attention. Elle s'arrêta à un pas de lui, permettant à son époux de s'approcher à sa guise.

Il sourit, de son sourire en coin magnifique, remit une mèche de ses cheveux longs derrière son oreille et franchit le pas qui les séparait, tel un gouffre.

"Ne t'excuse pas, je dois moi aussi faire attention. Tu n'es plus aussi fragile qu'il y a encore quelques jours. Et je sais très bien que tes réactions sont décuplées du fait de ta jeunesse. Tu risques de mal prendre un geste de ma part et te sentir attaquée. Tu riposterais donc bien plus que ce que tu viens de faire." Il lut la panique dans le regard noir de la nouvelle-née et se contenta de la rassurer. "On apprendra ça ensemble, je te le promets."

Quelques semaines plus tard,

Alyzbell POV

Les choses étaient bien plus rayonnantes qu'elles ne le paraissaient lorsque j'étais humaine. J'étais sans cesse en train d'admirer ce qui m'entourait, même les endroits les plus sordides me semblaient extraordinaires de couleurs, de senteurs et de vie. Je ne m'étais jamais sentie plus vivante qu'en étant morte.

J'avais l'impression de m'être à nouveau réincarnée mais directement dans le corps adulte que je portais, possédant uniquement de nouveaux pouvoirs.

Et quels pouvoirs !

Je courais aussi vite qu'Edward.

Je portais des charges aussi lourdes qu'Emmett.

Je réfléchissais aussi vite que Jasper.

Mais j'étais plus sexy en robe qu'eux.

Et je ne dormais plus.

Je pouvais voir le soleil se coucher et se lever tous les nouveaux jours que Dieu créait.

Je pouvais lire plus vite que jamais tous les romans que je m'étais gardée pour 'ma retraite'.

Mais au fond de moi, quelque chose décomptait ces magnifiques journées.

Combien m'en restait-il réellement ?

En ce début Juin, alors que les jours rallongeaient, que les cours s'arrêtaient les uns après les autres, j'espérais de tout mon être, encore plus fort que jamais, que ma malédiction soit achevée.

Et pendant qu'Edward et sa famille reprenaient leur vie avec moi et ma nouvelle forme, je recherchais la personne qui pouvait peut-être répondre à mes questions. Maintenant que je ne dormais plus, je ne pouvais plus rêver alors mes questions ne se cristallisaient pas dans mon sommeil mais plutôt dans cette partie de mon cerveau que je n'utilisais pas en tant qu'humaine. Je faisais mes recherches en incognito maintenant que personne ne semblait s'inquiéter de mon état futur.

Ou presque.

'On doit parler', indiquait le petit bout de papier que me fit passer Jazz en cours de physique-chimie.

Pendant cette heure-ci, Edward et moi étions séparés du couloir entier. Pendant que je souffrais les sciences, il étudiait avec plus de passion que quiconque la littérature russe. Une intervenante, détachée de l'Université de Yale, s'était installée en ville pour quelques jours dans le but de nous y initier. J'y avais eu le droit la veille et même si l'histoire du pays imprégnait cette littérature-ça aurait pu être intéressant-, je n'avais absolument pas envie de la 'retrouver dans les couloirs de Yale, avec un cursus 'Russian power !''.

Aussi, Jasper et moi étions-nous les seuls en sciences. Il était assis devant moi, gardant sa place comme si Edward était à côté de moi, afin de nous laisser une certaine intimité. Après tout, il refusait de nous voir nous tripoter pendant l'heure comme nous ne pouvions être derrière lui et Alice lorsque nous avions certains cours en commun.

Je m'étais attendue à ce qu'il s'installe près de moi mais visiblement il souhaitait garder les bonnes vieilles habitudes. Dans un sens, cela m'arrangeait, je pouvais ainsi laisser mon esprit vagabonder librement.

J'étais en train de griffonner lorsque son papier me parvint.

Je fronçai les sourcils en lisant ces quelques mots. Et j'imaginais que dans ma poitrine, mon cœur avait fait un bond de panique.

Qu'avait-il détecté dans mon comportement ? Que pensait-il ?

'De quoi ?', répondis-je par écrit en lui tendant son papier.

'Tu le sais très bien'.

Il y avait un petit smiley grondeur à côté.

Il se retourna et je me maudis de laisser ainsi mes émotions prendre le contrôle sur moi.

Bon sang, je savais ne pas me jeter au cou des humains près de moi mais je ne pouvais pas cacher à Jasper les bouleversements de mes pensées !

J'avais encore à apprendre apparemment, même si j'apprenais déjà vite, au grand dam d'Emmett…

Flashback

La partie de baseball du dimanche après-midi pluvieux semblait être un véritable incontournable pour les Cullen. Même en ce plein mois de mai.

J'étais parvenue à éviter de jouer. J'avais déjà bien assez risqué la 'vie' de ma famille depuis les trois jours précédents. Je préférais rester en arrière cette fois-ci, comptabilisant uniquement les points. Selon Emmett, j'en rajoutais à Edward mais je savais que c'était faux donc je l'ignorais toute l'après-midi.

Et il s'en était rendu compte.

Ses clowneries ne me faisaient ni chaud ni froid, au sens propre du terme. Même Esmée, qui avait préféré les laisser comparer leurs forces respectives, avait décidé d'ignorer son 'fils'.

Et l'intéressé ne semblait pas apprécier ce genre de choses…

Ça, je l'avais appris à mes dépends...Mais aux siens aussi !

J'étais chargée de la batte de baseball. Esmée avait la balle. Nous rentrions à pieds.

Derrière, Jasper et Emmett comparaient leurs performances. Des messes-basses se partageaient ça et là entre deux exclamations.

Bien sûr, j'entendais les messes-basses à présent et c'était un peu étrange. C'était comme si je m'immisçais dans la vie privée des gens. Alors, je faisais tout pour les ignorer.

Du moins jusqu'à ce que j'entende clairement parler d'Edward et moi. Là, je tendais l'oreille. Sans aucune discrétion, d'ailleurs…

"...hâte de la voir jouer contre lui. Ca sera drôle de les voir se battre."

Emmett était presque fou à l'idée de me voir jouer dans l'équipe adverse de mon mari.

"Comme si tu jouais contre Rosalie, toi ! Si je joue, ce sera contre toi !" Je m'arrêtai, les poings sur les hanches. "Je serai ravie de te botter ton derrière de tricheur !"

"Oh ! Oh !" Entendis-je alentour mais je me concentrai sur mon adversaire.

Celui-ci sourit d'une oreille à l'autre, se frottant les mains.

Pourquoi son attitude m'agaçait-elle au plus haut point, tout d'un coup ? Pourquoi mes poings se contractaient-ils ainsi ?

"Oh ! Mais notre petite Bella se rebelle ! Es-tu sûre de souhaiter me botter le derrière ? Après tout, on sait tous que tu n'en es pas capable...Petite chose, toute fragile…"

"Emmett." Prévint Carlisle.

Il y eut du mouvement autour de moi. Je grognai. Cela parut suffisant.

Emmett se déplaça sur le côté concentrant mon attention sur lui grâce à ses paroles.

"Si tu savais combien on lui a botté le derrière à ton Edwardinou chéri. Et il a aimé ça ! Il en redemande dès que tu as le dos..."

Il ne put finir sa phrase. J'étais sur lui avant même qu'il le réalise. Ou alors il s'y attendait.

En tout cas, je n'eus pas le temps de profiter de mon attaque; il m'avait déjà repoussée d'une main.

J'étais au sol, les deux mains dans la terre humide, les cheveux soulevés par une brise. Tout s'était immobilisé comme si tout attendait quelque chose.

Moi.

Je me relevai d'un bond mais ne lui sautai pas dessus. A travers le brouillard rouge qui m'entourait de plus en plus, j'avais compris qu'il s'était effectivement attendu à mon attaque et l'avait contrée sans problème.

Je décidai de débuter les déplacements latéraux. Il m'imita de sorte que nous formions un cercle à nous deux.

"Alors, tu m'attaques ou tu fais semblant ? Moi, j'ai faim. Je vais finir par aller manger un casse-croûte, le temps que tu te décides."

Je grognai contre lui et fis un pas dans l'autre sens. Il parut surpris mais se reprit rapidement et m'attaqua lui-même.

Le problème, c'était que je n'avais pas son expérience. Alors, nous roulâmes tous les deux, luttant pour prendre le dessus sur l'autre. J'étais consciente de la force dans ses bras lorsqu'il me repoussait. Mais je sentais quand même la puissance de ma prise sur son cou, ses poignets…

Ma tête cogna à plusieurs reprises contre le sol. J'avais parfois l'impression que mon crâne se détruisait à chaque choc mais il semblait que non puisque je repartais à me battre pour sauver ma non-vie.

Parce que c'était ça maintenant que je lisais dans ses yeux. Ils étaient noirs et plein de férocité. Il se battait comme s'il défendait son territoire.

Et j'aimais ça.

J'aimais sentir en moi la violence qui déferlait. J'aimais avoir conscience que mes gestes étaient précis et pourtant décidés à la dernière seconde.

Ses doigts emprisonnèrent soudain mes poignets et je me retrouvai plaquée au sol, coincée sous son corps.

Mon sang ne fit qu'un tour.

Je parvins à atteindre son cou et refermai la mâchoire en un grognement de colère.

Plusieurs choses se produisirent en même temps. Le silence. Des cris. Des mouvements rapides. Emmett finissant par se détacher de ma prise. Et Edward qui me parlait.

Mon époux parla doucement et je sentis bientôt ses mains sur mes épaules, sa voix tout contre mon oreille.

"C'est fini mon coeur. Emmett a été idiot…"

Je n'écoutais pas avec attention, je me contentais de sentir mon corps se battre pour s'apaiser et en même temps repartir de plus belle dans le combat. Je m'accrochais. J'avais un goût étrange dans la bouche sans oser mettre un nom dessus. Je n'arrivais pas à croire ce que j'avais pu faire.

Et en même temps, mon corps hurlait qu'il n'avait fait que se défendre.

"Je…"

Ma voix dérailla malgré moi et je levai les yeux sur ma famille sans savoir quoi ajouter.

Emmett se tenait la gorge, Rosalie parlant à son oreille.

Esmée sourit en s'approchant, grondant un peu contre Alice et Jasper qui semblaient bien rire.

Mon regard se posa enfin sur le chef de famille. Son regard était impénétrable et je me sentais comme une petite fille prise en flagrant délit de vol. Je déglutis difficilement en serrant les poings. Je ne devais rien dire. J'avais fauté. Je devais assumer les conséquences de mes actes.

"Comment te sens-tu ?" Questionna Esmée une fois à ma hauteur.

"Elle reprend ses esprits." Répondit Edward à ma place.

"Je vais bien. Je suis désolée, Emmett, je ne sais pas…"

"Tu t'es défendue et franchement, tu m'as surpris ! T'inquiète, c'est qu'un bout de peau !" Sourit l'intéressé en haussant les épaules.

"Tu…"

Je me redressais. Rien ne servait de rester au sol, comme si j'étais apitoyée.

"Je savais que c'était un jeu et je me suis laissée embarquer. Pardonnez-moi. Ca ne se reproduira pas."

"Ah bah j'espère que si ! Moi je veux te voir te battre. Je veux pas que tu te restreignes ! Sérieux, je ne risquais rien. Ils en font tout un plat pour rien !" Promit Emmett.

"Ca aurait pu mal se finir tout de même." Fit remarquer Rosalie en croisant les bras sur sa poitrine.

"Rabat-joie!" Rétorqua Emmett en boudant.

"Tu apprendras. Tu as déjà appris." Carlisle parla pour la première fois.

Nous nous tournâmes vers lui. J'étais surprise par ses propos.

"J'aurais pu perdre le contrôle." M'accusai-je.

"Je ne crois pas, Bella. Tu faisais bien attention à ne pas le perdre, justement. Ce qu'il vient de se passer, lorsque tu as commencé à le mordre n'a été qu'un moyen de défense et on n'attendrait que ça dans une situation où c'était véritablement ta vie qui était en jeu. Je suis certain que les autres en sont conscients et qu'ils t'aideront."

Je ne savais que répondre alors j'allais déposer une bise sur sa joue.

"Merci. Je ferai de mon mieux."

"Je le sais." Répondit-il en paraissant un peu gêné.

"Youpiiii!" S'écria Emmett en sautillant à la manière d'Alice.

Les jours suivants, chaque matin, avant d'aller au lycée, alors que je me nourrissais pour garder le contrôle face aux humains, mon 'beau-frère' me testait. Chaque fois une nouvelle attaque plus ou moins prévisible aiguisait mes sens. Au bout d'une semaine, je reconnaissais ses projets avant même d'être entrée dans la maison et je l'obligeais à se battre contre moi. Je n'avais pas gagné à tous les coups mais presque. C'était ce qui comptait !

Fin flashback.

Le cours terminé, nous ne retrouvâmes pas immédiatement les autres à la cantine. Jasper se cala sur mon pas et m'entraîna vers le stade du lycée.

« Que se passe-t-il dans ta tête ? » Demanda-t-il sans préambule.

Je souris, sur la défensive.

« C'est Edward qui me demande ça en général. »

« On n'a pas beaucoup de temps, tu le sais, Bella. Je veux juste être sûr que tu ne fasses pas de bêtises. »

« Quel genre de bêtises, Jazz ? »

Il me regarda avec intensité. Je détournai le regard et soupirai.

« Je ne sais pas si cette vie », je me désignai, « est définitive ou pas. »

Il fronça les sourcils mais je sentis qu'il ne demanderait rien de plus pour l'instant.

« Je peux comprendre. » Acquiesça-t-il.

Nous entendîmes les autres qui approchaient. Il attrapa mon poignet pour attirer mon attention encore une seconde.

« Fais attention, Edward s'inquiète pour toi. Il a vu que tu n'es pas tout le temps avec nous. »

J'ouvris la bouche mais ne pus rien dire. Edward était déjà à portée d'oreille.

« Et bien ? Vous faites quoi ? » Interrogea Emmet.

Je ne savais pas trop quoi répondre, trop surprise que mon 'beau-frère' vienne me prévenir pour mon couple…

« On parle cadeau surprise, curieux. Merci d'avoir posé la question ! » Répondit Jasper en levant les bras de manière théâtrale.

« Quoi ? J'ai le droit de savoir si tu comptes m'offrir des cadeaux piégés ou pas ! » Se défendit l'intéressé.

« Comme si je voulais t'offrir des cadeaux… »

Ils s'éloignèrent en déblatérant des âneries pendant qu'Alice m'interrogeait.

« Un cadeau, alors ? » Sourit-elle avec intérêt.

Je haussai les épaules en lui faisant un clin d'œil.

« Hey ! Bella ! »

Je l'ignorai et allai embrasser Edward en l'entraînant vers la cantine.

A chacune de nos entrées, j'entendais les mêmes commentaires que ceux que j'avais entendus la première fois que j'avais vu les Cullen à Forks. Admiration et effroi. Et ça me paraissait étrange d'être de l'autre côté de la barrière cette fois-ci.

Edward POV

Mon 'frère' et Bella semblaient en grande conversation lorsque nous arrivâmes près d'eux. Et à entendre les pensées de Jasper rien ne m'informait sur ce qu'ils se disaient. Quelle frustration !

Sans compter qu'il avait fallu attendre la fin de la journée et le retour chez nous pour avoir l'intimité nécessaire aux questions que j'avais à poser.

« Je ne sais pas toi mais je vais prendre une douche. Ce cours de sport m'a donné l'impression de transpirer comme un bœuf, comme si j'étais redevenue humaine ! » Affirma-t-elle en fermant la porte d'entrée.

« Bella… »

La porte de la salle de bain se referma avant que je puisse continuer. Je passai une main nerveuse dans mes cheveux et écoutai l'eau couler dans la douche pendant que je rassemblai nos sacs de cours dans un coin et lançai la radio. Les titres défilèrent plusieurs minutes avant que je rejoigne Bella sous l'eau.

Elle était figée, la tête en arrière pour laisser le liquide glisser le long de son corps. Je passai derrière elle, mes mains suivant le chemin pris par l'eau. Son être se cala contre mon torse. Je savourai son contact, humant son odeur avec délice. Elle me manquait tant la journée avec toutes ces personnes, toutes ces actions à effectuer comme de bons soldats. Le soir était toujours un pur plaisir de la retrouver rien que pour moi.

Même si ces derniers temps, c'était moins vrai. Bella avait parfois l'air ailleurs et j'avais toujours peur de la voir fermer la porte sur elle. Alice m'affirmait avec force que c'était impossible. Nous étions faits l'un pour l'autre. Elle nous voyait toujours ensemble dans toutes ses visions.

Alors pourquoi ces regards préoccupés ?

« Tu en as mis du temps. » Susurra-t-elle en tendant les bras en arrière pour attraper ma nuque.

« Pardonne-moi mon amour. »

J'embrassai le creux entre son cou et son épaule.

« Hum, je ne sais pas… »Elle se retourna en arquant un sourcil interrogateur.

Mais elle s'arrêta là comme si elle avait su lire mes questions.

« Edward, que se passe-t-il ? »

Je n'attendis pas qu'elle répète.

« De quoi parliez-vous avec Jazz ce midi ? »

« D'un cadeau qu'il veut acheter à Alice. » Affirma-t-elle sans hésiter.

« Depuis quand est-ce qu'il te demande conseil ? »

Elle haussa les épaules.

« Je ne sais pas moi. Il est un peu ailleurs en ce moment, ils ne fêtent pas quelque chose de particulier cette année ? »

« Hum…Je ne sais plus trop le nombre exact de décennies effectivement. » Réfléchis-je.

« Bon bah voilà, il doit avoir la pression. Imagine-toi dans des décennies et le cadeau magnifique que tu devras m'acheter pour me montrer à quel point tu m'aimes encore plus qu'au premier jour. » Sous-entendit-elle en me regardant de biais, un sourire aguicheur aux lèvres.

Je ne réagis pas immédiatement et elle en profita pour sortir de la douche, me montrant ostensiblement ses fesses avant de s'enrouler dans une grande serviette de bain.

Je déglutis alors qu'elle essuyait à la main la buée sur le miroir.

« Je saurai toujours te montrer plus d'amour qu'au premier jour, Bella. »

Je la rejoignis derrière le miroir et pressai mon corps contre le sien. Elle se retrouva bloquée entre les lavabos et moi. A son regard, cela lui plaisait.

Je souris à nos reflets et glissai mes mains sous la serviette. Son corps lisse réagit à mon contact et s'affaissa contre le mien avec précision. Alors que j'explorai ce que le tissu cachait elle pencha la tête en arrière. J'y posai les lèvres en soutenant toujours son regard dans le miroir. Le goût de sa peau froide à peine réchauffée par l'eau chaude de la douche était encore meilleur lorsqu'elle utilisait mon gel douche.

Et elle le savait.

Mes doigts atteignirent leur destination et l'excitèrent avec délice pendant que je mordillai le lobe de son oreille.

Bella écarta doucement les cuisses. Je la découvris de ma main libre et l'assis dans la foulée sur le rebord du double lavabo.

Elle eut un rire léger comme si mes mouvements l'impressionnaient toujours autant. Mais ça ne dura pas. Elle s'arc-bouta pour me laisser plein accès aux trésors qu'elle dissimulait.

Et moi je cherchai à couvrir de caresses la moindre parcelle de son corps pour la combler toujours plus.

Ses gémissements s'élevèrent doucement alors que je m'appliquai sur son corps.

Mais soudain, elle manoeuvra et se retrouva au sol, au-dessus de moi à me maltraiter de sa langue et de ses doigts.

Ni l'un ni l'autre ne prêta attention au tapis et la serviette qui roulaient par terre avec nous. Nous ne faisions que donner à l'autre comme ça nous arrivait tant et tant sans jamais nous en lasser. Bella était mienne et j'étais sien.

Rien au monde n'aurait pu changer cela et je le croyais toujours plus fort lorsqu'elle criait mon nom en pleine jouissance avant de se caler dans mes bras, cherchant son souffle inutile comme si elle était encore humaine.

Je l'aimais tant.

Et pourtant les choses avaient changé comme un coup de vent balaie un château de sable en ce début juillet.

Depuis combien de temps était-elle partie sans un mot ? Depuis combien de temps étais-je posté ici, impatient, abattu et furieux à la fois ?

Elle était partie sans un mot. Sans une explication. Sans que qui que ce soit ne se rende compte de ce qu'il se passait dans sa tête…

Ce qu'elle me rendait dingue à fuir ainsi sans me laisser une chance de la soutenir !

Et moi qui ne m'étais rendu compte d'absolument rien ! Quel abruti ! Jazz m'avait bien fait comprendre que des indices auraient dû m'alerter mais que j'avais été trop englouti dans la joie de la voir se relever en vampire que j'en avais oublié de lire les angoisses dans ses yeux rouges.

Mais pourquoi n'avait-elle rien dit ? Pourquoi n'avait-elle pas signalé mon incompétence à la soutenir plutôt que fuir ?

Alors j'étais là après plusieurs jours à la chercher en vain. Si ça n'avait été que moi j'y serais encore mais Alice m' avait rappelé. Elle avait enfin eu une vision utile. Bella allait rentrer.

Et elle, ma devin de soeur pourquoi n'avait-elle pas eu une vision des projets de ma femme avant qu'il ne soit trop tard ? Pourquoi ne pouvait-elle pas non plus me dire plus que "Bella va rentrer mais je ne sais pas où elle est. Je suis désolée. Ca déconne grave...blablabla." ?

Ça déconne grave ? ! Non sérieux ! ! ! Ma femme est partie sans un mot du jour au lendemain le 4 juillet au matin alors que nous devions partir ensemble en voyage de lune de miel. Et elle osait me dire "ça déconne" !

Je me sentais impuissant et inutile. Comme si elle avait disparu le jour de ses 18 ans. Et je détestais cela. Après tout je l'avais mordu pour éviter que ça se reproduise et pourtant !

Plusieurs nuits passèrent sans que je ne sente sa présence. Des jours défilèrent sans que je ne puisse faire autre chose que prier pour son retour.

Parfois un membre de ma famille passait. Il surveillait avec moi les environs ou essayait de m'attaquer pour me faire réagir ou d'autres encore me parlaient. Mais je l'attendais elle. Rien d'autre ne m'intéressait. Il pouvait neiger cet été-là je m'en fichais éperdument.

Et puis je la sentis. Elle était là. Si proche mais pas encore visible. Je devais la voir. Je devais la toucher. Je devais la tenir contre moi. Je devais la punir de m'avoir laissé seul.

« Bella! Bella! »

J'attrapai ses épaules et la secouai. Son odeur se répandit autour de moi. Ses mains se posèrent sur mon visage et sa voix envahit mon esprit.

« Je devais le faire. Edward. Et je devais le faire seule... »

Je la poussai. Elle atterrit un peu plus loin. Une branche d'arbre cassa, une famille écureuil s'éloigna à grand bruit et je lui bondis dessus.

Mon corps heurta le sien alors qu'elle se redressait. Elle grogna de surprise mais ses membres s'enroulèrent autour de moi pendant que nous nous laissions entraînés par ma colère.

« Tu n'avais pas le droit. Nous étions ensemble. Nous aurions dû être ensemble. » martelai-je en serrant ses poignets.

Je la tenais pour éviter qu'elle prenne trop de coup mais aussi pour lui faire mal. Un peu au moins comme elle m'en avait fait.

Notre course s'arrêta brutalement. Nous étions tombés dans un lac.

Nos corps se rapprochèrent tout en tentant de se séparer. Je râlai encore contre elle, la traitant de plusieurs noms d'oiseaux dont je ne me serais jamais senti capable de l'affubler.

Mais elle m'avait menti. Elle m'avait trahi. Elle m'avait abandonné!

« C'est pourtant bien toi qui a oublié ce que j'ai vécu toutes ces années! » S'écria-t-elle soudain.

Elle se débattit furieusement, tirant, poussant, arquant son corps pour se défaire de ma prise. Lorsqu'elle me mordit au poignet je ne contrôlai plus rien.

Elle était à moi et après toutes ces années justement il était temps qu'elle apprenne à vivre comme tel. Nous n'étions plus qu'un. Nous devions tout nous dire. Tout partager.

« Et ce que j'ai vécu moi? Te voir. Te reconnaître et savoir qu'une partie de toi avait encore tout oublié de nous! Que devrais-je dire moi qui t'ai attendue à chaque fois? Et là, tu pars sans un mot on ne sait où en ne parlant de cela qu'à mon frère. Mon frère! Tu imagines un peu comment je me sens? La douleur incommensurable que j'ai au fond de moi?! Tu es égoïste Isabella Elizabeth Alyssa Cullen! »

Je tremblais sous le coup de mes émotions. Je m'éloignai d'un bond et me forçai à prendre une goulée d'air frais. Derrière, Bella haletait. Elle aussi reprenait ses esprits. Je serrai les poings. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point une partie de moi pouvait lui en vouloir de ce qui nous était arrivé depuis que je l'avais rencontrée. C'était si injuste.

« Je ne pouvais pas profiter de nous tout en sachant que mes 18 ans dans cette vie approchent. Rien ne nous disait que ça a fonctionné Edward. Alors j'ai cherché la seule personne au monde qui puisse répondre à ma question. »

Je me retournai lentement avec l'impression que mon coeur battait la chamade dans ma poitrine.

« Bella. Tu...Est-ce que tu as eu une réponse? »

J'étais suspendu à ses lèvres. Tout cela allait-il recommencer? Allais-je encore la perdre au profit de cette malédiction ou cela lui semblait-il assez? Allions-nous enfin pouvoir vivre notre amour sans autre inquiétude que celle de nous le prouver chaque jour encore plus? Allions-nous...

« Oui, j'ai eu ma réponse. »

Merci beaucoup de m'avoir lue. Je m'attèle d'ici cet été à l'épilogue et aux réponses que vous attendez.

Gros bisous.

Spuffy.

*Sors en vitesse…*