(Seigneur de Jean Christophe Marie Josette ! J'ai vite fait relu le chap 28 et y a vlàààà les fautes ! J'vais tenter de relire tout ça pour que ça soit plus lisible.

Pour le chap 29 j'ai fait des effort c'est juré lol :p )

Peace !

Chapitre 29

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La pièce était totalement blanche. Petite, meublée de seulement deux chaises séparées par une table, elle aurait put être étouffante si sa lumière n'avait pas été aussi claire et vive. Se diffusant avec finesse du plafond, elle faisait vite oublier à la jeune femme son enfermement.

L'endroit était simplement une étape de plus pour elle. Passant de base secrète en base secrète, le Shield l'avait baladé pendant plusieurs jours avant qu'elle n'atterrisse enfin ici. Elle n'avait jamais attendu aussi longtemps le retour d'un agent et elle devinait sans mal qu'elle était enfin arrivé à destination, et que l'interrogatoire n'allait pas tarder. Ils allaient vouloir tout savoir d'elle, de la Relique et de...

Les moments les plus longs avaient été sans nul doute les voyages entre chaque nouveau lieu. Enfermée dans une grosse berline noire, elle restait constamment encadré entre deux immenses gaillards. Costumes noir, lunette de soleil - qu'ils gardaient même à l'intérieur du véhicule-, ils affichaient une mine si obscure qu'elle n'avait même pas osé leur demander de lui faire un peu de place pour dormir. Elle avait fini par s'écrouler de sommeil, en position assise, se réveillant quelque heure plus tard la tête appuyé sur l'épaule d'un de ses «garde du corps». Il n'avait rien dit, mais elle était alors si mal à l'aise qu'elle s'était forcé à ne plus fermé les yeux malgré la fatigue qui se faisait de plus en plus lourde. Leur vitesse de déplacement était impressionnante et le rassemblement d'agents et de matériel s'était déroulé dans une discipline militaire étonnante vu l'état actuel de l'agence secrète. Elle avait bien compris que tout étais sans dessus dessous. L'infiltration du Démon avait duré longtemps et ils avaient perdu une base très important ainsi que leur plate-forme-volante ultra-technologique.

«Presque» heureusement pour eux, les flammes du crash du vaisseau avait été tel que les secours avaient été très rapide à arriver. La lumière du brasier s'était étendue sur plusieurs kilomètres et la jeune femme avait en voir les reflets pendant encore de longues minutes lorsqu'une berline noire, et ses gardes, l'avait emmené loin du désert. Le jour se levait à peine, après cette nuit de folie, et elle avait oser jeter un oeil sur l'horizon désertique une dernière fois, distinguant une rougeur particulière sur la ligne parfaite, entre ciel et terre, qui n'avait rien à voir avec le lever du soleil. Intérieurement, elle se jura de ne plus jamais mettre les pieds dans ce foutue désert.

Et elle avait atterrit ici, dans cette petite pièce blanche. Poliment prié de ne pas bouger de là, en attendant que quelqu'un vienne la chercher. Même s'il ne faisait aucun doute qu'elle n'arriverait pas à ouvrir la porte si elle le voulait vraiment. Le lourd bruit de verrous, qui avait suivit la sortie de la dernière personne qui était venu pour lui reprendre son plateau-repas vide, ne laissait aucune chance à la jeune femme. Car à présent, elle n'était plus rien. Juste humaine, inoffensive, et légèrement peureuse. Elle était à nouveau... normale.

Elle ne pouvait qu'attendre. Attendre qu'on l'interroge. Qu'on ne l'enferme dans une réelle prison. Qu'on ne lui fasse payer - dans tous les sens du thermes- pour toutes ses fautes. Elle ne pouvait qu'attendre...attendre...attendre... Et essayer de ne penser à rien d'autre.

C'était là que les choses commençaient réellement à se compliquer. Tant qu'il y avait du monde autour d'elle, tant qu'elle avait de quoi s'occuper l'esprit, tant qu'elle était en mouvement, elle pouvait s'estimer heureuse de son sort. Mais lorsque l'attente s'éternisait, comme maintenant, ses pensées se mettaient d'elle-même à divaguer, l'amenant immanquablement aux portes de la folie pure. Elle se crispait et se tordait. De gène, de honte, de peur, de colère, d'amertume, de tristesse, d'un manque insupportable et d'une solitude extrême. C'était infernal. L'intensité de ses émotions était beaucoup trop forte pour qu'elle se laisse aller à les vivre, les ressentir, sans barrage mentale, sans retenir ses larmes. Si elle laissait les digues s'ouvrirent à nouveau, elle remettrait sûrement plusieurs heures à se calmer. La dernière fois elle était ressortit de sa crise de larme avec une telle migraine qu'elle préférait ne pas recommencer tout de suite. Sans parler des regards de pitié que les Avengers lui avait lancé, ne lui adressant la parole qu'une fois ses pleurs calmés et lui parlant comme à une gamine en la poussant gentiment à monter dans la voiture pour quitter le périmètre du crash. Elle préférait donc attendre d'être enfermée dans la cellule qui lui servirait de prison à vie pour pouvoir enfin laisser libre court à son chagrin, espérant en mourir rapidement pour ne pas subir son mal être durant toute une vie.

Elle était déjà bien assez fatigué comme ça...

Alors, attendant aussi sagement que possible, les fesses de plus en plus douloureuse d'être assise là depuis trop longtemps, elle ravalait violemment ses pensées vagabondes pour fixer la porte de la petite salle avec impatience. Et elle attendit, encore et encore, qu'une personne vienne la sauver d'elle-même et, surtout, de son sentiment insoutenable de solitude. Finalement, même la lumière claire de la petite pièce, n'arrivait pas à calmer son angoisse grandissante. Si personne ne venait lui montrer que le monde n'avait pas encore cessé de tourner et qu'il n'était pas encore temps pour elle de craquer une bonne fois pour toute, elle allait craquer...

Parfois, lorsque la tension commençait à devenir trop forte, elle avait comme une envie viscérale de hurler à pleins poumons, sachant pertinemment qu'elle partirait, aussitôt après, dans une crise de larme incontrôlable. Sur le coup, elle savait que ça pourrait lui faire beaucoup de bien. Alors, là, toute seule, il était de plus en plus dure de se retenir. Il fallait que quelqu'un vienne. Elle pouvait se contenir, quelque temps, mais elle supportait de moins en moins le tsunami émotionnel qui menaçait à chaque instant de déborder.

Seulement elle ne pouvait -et n'osait- rien faire pour couper court à son insoutenable attente. Elle continuait donc d'attendre silencieusement...encore...et encore.

Elle s'endormait presque les yeux ouverts, lorsque finalement la porte s'ouvrit, réveillant les pensées figées de la jeune femme. Elle papillonna légèrement des yeux avant de regarder le nouvel arrivant, la porte se refermant souplement derrière la personne. Kathe déglutit difficilement lorsqu'elle reconnu l'agent Romanoff, sa chevelure rousse pouvant se reconnaître entre milles. La jeune femme se fichait bien de savoir qui l'interrogerait mais elle aurait préféré ne pas avoir à faire à elle, sa présence lui rappelant trop bien qu' «Il» l'avait mit en garde contre cette femme. Et elle ne voulait absolument rien se rappeler de ce qu' «Il» avait pu lui dire ou non. Tout n'était que mensonge de toute façon... Seulement la douleur, elle, était aussi vrai qu'insoutenable.

- Bonjour, lâchait tranquillement l'agent du Shield.

Kathe lui renvoya un timide regard et elle dû se racler bruyamment la gorge pour retrouver sa voix. Elle n'avait parlé à personne depuis un long moment - bien avant qu'on ne la laisse seule, en faite - et ses pleurs lui avait laissé une crispation désagréable dans la gorge, une boule de chagrin pas très loin et encore prête à exploser.

-Bonjour, souffla-t-elle tout doucement, ne pouvant lâcher qu'un murmure à peine audible mais déjà bien contente d'avoir réussi à parler.

Natasha sembla satisfaite, parce qu'elle hocha vivement de la tête avant de s'avancer vers la chaise en face de celle de Kathe. Elle s'y posa avec nonchalance, laissant tomber l'épais dossier -qu'elle tenait dans une main- sur la table qui les séparait. Machinalement la jeune femme laissa son regard fixer le tas de documents, son estomac se crispant instantanément lorsqu'elle réussi à lire son propre nom sur la première page cartonnée. Elle regardait le dossier à l'envers mais les grosses lettres ne laissait aucun doute, et Kathe préféra lâcher les documents des yeux par peur de s'évanouir sous l'angoisse.

Alors comme ça, l'interrogatoire allait bien avoir lieu dans cette petite pièce blanche finalement. Et l'agent Romanoff serait son interlocutrice. En y pensant la jeune femme avait comme une envie de vomir.

- Respirez, personne ne va vous faire de mal.

Légèrement étonnée, Kathe regarda la rouquine dans les yeux, prenant une grande inspiration sans même s'être rendue compte que, jusque là, elle avait retenue sa respiration. Son stresse redescendit quelque peu mais elle resta tout de même crispée de la tête aux pieds. Ses deux mains se tordaient nerveusement l'une et l'autre, les fesses douloureuses d'être tendue à l'extrême malgré sa position assise. Elle croisait et décroisait les jambes toutes les dix secondes sans même s'en rendre compte. Natasha voulait la calmer, mais elle compris tout de suite que ça n'allait pas être facile.

La fille se sentait tellement coupable qu'elle serait presque prête à se punir toute seule, l'agent du Shield en aurait mit sa main à couper et elle ressentit à nouveau une vague puissante d'affection envers elle. Elle n'y pouvait rien. Cette fille l'avait défendue contre le pire des ennemis, elle ne pourrait jamais l'oublier et elle ne ressentait absolument rien de mauvais en elle. Mais elle allait tout de même devoir l'interroger. Elle avait besoin de réponses et elle était prête à user de tout les moyens pour connaître la vérité.

- Je m'appelle Natasha Romanoff, commença-t-elle tranquillement, s'appuyant souplement sur le dossier de sa chaise. Je fais partit du Shield, une agence secrète américaine qui traque et élimine tous ce qui pourrait menacer la paix dans le monde. Mais je suis sûre que tout ça, vous le savez déjà. N'est-ce pas ?

Kathe, sans se relaxer, reprit légèrement du poil de la bête, se forçant à répondre aussi nettement que possible à toutes les questions. N'ayant qu'une envie : voir cet échange se terminer vite. Très vite.

- Oui, je sais ce qu'est le Shield, répondit-elle aussi rapidement que possible, son murmure s'habillant lentement d'une petite voix crispée.

Encore une fois Romanoff hocha vivement de la tête, apparemment ravie de la voir coopérer aussi facilement. Elle savait qu'elle était la meilleur pour les interrogatoires et les Avengers avait fait un très bon choix en choisissant de l'envoyer elle, plutôt qu'un autre. Thor c'était fortement proposé, ne cachant pas son impatience de tout savoir sur les agissements de son frère. Pourtant, très rapidement, il avait été clair que seul un agent peu impressionnant - et féminin de préférence- pourrait approcher la petite sans qu'elle ne se braque dans un silence terrifié. Ou pire, qu'elle ne se remette à fondre en larmes. Le traumatisme émotionnel avait été violent pour la jeune femme, et personne ne voulait risquer de la voir perdre totalement pieds.

- Bon, continua l'agent, ses fines mains déplaçant doucement le dossier au milieu de la table pour finalement l'ouvrir sous les yeux angoissés de Kathe. Je vais d'abord vous poser quelque questions. J'aimerai que vous y répondiez aussi rapidement et simplement que possible, lui dit-elle d'une voix un peu moins nonchalante que précédemment, prouvant à la jeune interrogée que les choses sérieuses commençaient enfin. Ensuite, seulement, vous pourrez me donner votre version des faits si vous le désirez. Natasha laissa deux secondes de vide avant d'ajouter, d'un ton dure qui se voulait tout de même conciliant, on est d'accord ?

- ...Oui, répondit simplement Kathe, ne voyant pas vraiment comment elle pourrait refuser de répondre aux questions du Shield. Et puis, en y réfléchissant bien, elle préférait encore avoir à faire à elle plutôt que de revoir l'agent qu'elle surnommait le pirate. Il serait certainement beaucoup moins patient que la rouquine.

Nouveau hochement vif de la tête de la part de Romanoff.

- Quand exactement avez-vous rencontré Loki ? Demanda-t-elle alors de but en blanc.

Kathe se crispa instantanément au nom du Dieu, ses mains se tordant encore plus violemment alors qu'elle changeait nerveusement de position sur sa chaise. L'agent comprit aussitôt que de prononcer le nom « Loki» était à éviter au maximum si elle ne voulait pas voir son interlocutrice s'étouffer de nervosité. Ce petit détail réveilla une idée au fond de la tête de la rouquine, mais elle n'en laissa rien paraître et garda un air tranquille en attendant patiemment que Kathe se calme toute seule et commence enfin à lui répondre.

- J...Je ne suis pas sûre de la date exacte mais ce que je peux vous dire c'est que c'était lors des dernières vacances de la toussaint, lâchait-t-elle d'une petite voix, baissant automatiquement les yeux sur la table pour ne pas regarder la rouquine dans les yeux.

- C'était bien en Alaska ? Questionna la rouquine, fouillant une seconde dans ses documents avant d'ajouter : à Middle Montain, sur la route vingt-six, plus exactement.

- Oui.

- Bien, dit Natasha, ses doigts lâchant les papiers pour attraper un stylo - glissé entre la paperasse- pour gratter quelques mots sur une feuille blanche. Aussitôt fini, elle attrapa une photo en noir et blanc au milieu des documents pour finalement la glisser sur la table, tournée vers Kathe. Savez-vous de qui il s'agit ?

Kathe regarda le cliché, détaillant les traits de l'homme qui s'y trouvait sans le reconnaître.

- Non, dit-elle d'un ton clair, presque fière de ne pas se sentir concerné et coupable pour au moins une chose. Je ne sais qui est cet homme.

- C'est le professeur Roberts. Il vivait à Clint Town, une petite ville sur les plaines de Middle Montain. Il à été assassiné à l'arme blanche pendant les dernières vacances de la toussaint.

La jeune femme cessa automatique de respirer. Elle fixait, sans plus le vouloir, le cliché en noir et blanc, captant ce visage avec autant de culpabilité que si elle l'avait tué elle-même. Et Romanoff ne l'aida pas à se sentir mieux lorsqu'elle fit glisser un autre cliché sous ses yeux.

- Est-ce que vous reconnaissez cet arme ?

Oui. Elle la reconnaissait. C'était son couteau à cran d'arrêt que Lo...le Dieu lui avait volé juste après l'avoir kidnappé. Elle savait très bien que c'était là l'arme qui avait servit à tuer le professeur Richards, elle pouvait facilement le deviner à tout le sang qui la souillait. Et c'était elle qui l'avait mit dans les mains du Dieu.

Kathe ne réussi à répondre à voix haute qu'après une longue minute, reprenant difficilement contenance sous le regard toujours aussi patient de la rouquine. Cette dernière laissait tout son temps à la jeune femme, devinant qu'elle ne tirerait rien de bon à la bousculer durement pour que l'interrogatoire avance plus vite. Elles avaient tout leur temps, elle pouvait bien lui laisser le temps de réapprendre à respirer avant de la questionner à nouveau. Elle n'avait même pas besoin de l'entendre répondre, comprenant -rien qu'en la regardant- qu'elle reconnaissait parfaitement le couteau en acier blanc.

- Oui, j...je reconnaît ce couteau, réussi enfin à lâcher la jeune femme, presque à bout de souffle. Les larmes menaçaient à nouveau de perler aux coins de ses yeux lorsqu'elle ajouta dans un couinement, c'est le mien.

Natasha fut presque déconcertée par sa franchise. Elle s'était légèrement redressée lors de ce petit échange, mais elle se laissa presque retomber sur son siège lorsque Kathe lâcha ces derniers mots. Cette fille était vraiment surprenante. Elle avait tout d'une coupable, des faits jusqu'aux airs détruits de culpabilités, pourtant elle ne cachait absolument rien. Ne cherchant même pas à diminuer son implication dans toute cette foutue affaire.

- Vous étiez donc présente lors de son...décès ? Questionna alors Natasha, sans attendre. Son ton était légèrement plus dur, elle n'en était pas consciente mais, au delà de la surprise, l'agent savait à présent qu'elle pouvait jouer carte sur table avec elle.

- Non, s'insurgea l'intéressée, prenant peu à peu vie sous les yeux verts de la rouquine qui l'écoutait avec intérêt, ... «Il» me la volé et ensuite je...je me suis endormi, sur ce parking de fast-food. C'était bizarre mais sur le coup je n'ait pas eu le temps d'y penser parce qu'il est revenue. Après «Il» à tué ce flic et «Il» m'a traîné dans la ville pour voler une voiture. Je n'ait compris que bien plus tard qu' «Il» avait tué ce professeur. J'en ait entendu parler à la radio alors qu'on quittait la région de Middle Montain. C'est à ce moment là seulement que j'ai compris ce qu' «Il» avait fait en me laissant sur ce parking. Et je...

- Attendez une petite minute, lâcha alors l'agent pour calmer ce débit soudain de paroles. Chaque chose en son temps, ajouta-elle tranquillement en affichant même un petit sourire devant la rougeur subite qui montait aux joues de son interlocutrice. C'était sûrement l'interrogatoire le plus étrange qu'elle n'ait jamais fait. Elle était habitué aux terroristes, à la mafia, ou à tout autre hommes extrêmement dangereux. Mais elle n'était vraiment pas habitué à interroger une jeune fille tout ce qui il a de plus banale. Vous n'étiez donc pas présente lorsqu' «il» à tué le professeur Richards ?

- Non, lâcha vivement Kathe, cherchant à rester sur l'essentiel.

- Et l'agent de police retrouvé étranglé sur le parking du fast-food dans la même ville est donc bien mort des mains de Loki.

Petit tressaillement de la part de Kathe, qui sentit ses tripes se crisper au nom du Dieu, mais elle ravala violemment tout autre réaction, corporel et émotionnel, face à ce nom. Elle n'avait pas fini de l'entendre, il fallait vraiment qu'elle se contrôle si elle voulait voir cet interrogatoire ce finir au plus vite.

- Oui, c'est bien lui qui la tuer. J'en ait été témoin..., avoua-t-elle. Le policier s'est approché un peu trop près de nous et ... et «Il» l'a tué, ajouta-t-elle dans un souffle.

La rouquine gratta encore quelque ligne sur sa feuille avant d'enchaîner, toujours aussi tranquillement, sans même sembler choqué par l'histoire qu'elle lui racontait.

- D'accord, dit-elle en finissant d'écrire sans que Kathe ne puisse réussir à lire les mots rapidement grattés. Et à ce moment là, vous étiez incapable de vous défendre ou de vous échapper ?

Il n'y avait aucun soupçon dans cette question. Le ton n'était même pas accusateur, juste tranquille, les yeux vert de Natasha fixant doucement Kathe sans transpirer quoi que ce soit d'autre qu'un air encourageant, et profondément compréhensif. Pourtant cela n'empêcha pas la jeune femme de se défendre aussi durement que pouvait lui permettre sa petite voix cassée par les larmes et la fatigue.

- J'ai essayé de me défendre et de m'échapper, dit-elle aussitôt. Mais cela n'a servi à rien, ajouta-t-elle d'un ton lasse. Je l'ai électrocuté avec mon taser avant même que l'on arrive à Clint Town. Je l'avais pourtant chargé au maximum mais ça ne lui à rien fait du tout ! Et lorsque que j'ai cherché à m'enfuir en courant il s'est mit à faire des choses étranges devant moi, en me disant qu'il était un Dieu, que je devais l'écouter, et que si je faisait tout ce qu'il me disait j'aurai peut être une chance de m'en sortir vivante. Il ma menacé. Et il m'a violenté, lâcha-t-elle durement, se rappelant douloureusement ces premiers instant en compagnie de ce monstre qui lui avait servit de compagnon de route pendant plusieurs mois. Au début, j'ai tout essayé mais c'était totalement inutile. Il me surveillait constamment et me menaçait de tuer d'autre humains si je cherchait à lui résister ou à m'enfuir. Je n'ai rien put faire, ajouta-t-elle encore. Absolument rien.

Natasha la laissa parler tout son saoule, comprenant bien qu'elle avait vraiment besoin de lâcher tout ça. La jeune femme était une victime, elle en était consciente, même si elle n'oubliait pas son implication, et sa culpabilité. Encore une fois, l'agent trouva un tel comportement, pour quelqu'un d'aussi jeune, très étonnant.

- Oui, je comprend. Vous n'avez pas à vous en faire pour ça. Ce n'est pas parce que vous n'avez pas réussi à vous enfuir que ça fait de vous la coupable de tout ces crimes.

Légèrement surprise, la jeune femme entre ouvrit machinalement ses lèvres, affichant une mine un peu choquée, convaincue que l'agent ne pouvait pas deviner le bien immense que ces paroles lui faisaient.

Seulement Romanoff était parfaitement consciente du poids de ses mots. Elle n'en laissa pourtant rien paraître et continua comme si de rien n'était.

- La police à retrouvé votre voiture sur le parking du fast-food, juste à côté du corps. Ainsi que quelques-uns de vos effets personnels dans la montagne. C'est donc bien là que vous les avez abandonné ?

- Oui, répondit la jeune femme, son étonnement s'envolant au vent en comprenant que l'interrogatoire était loin d'être fini. Il ne faisait même que commencer... Cette pensée la fit se tortiller vivement sur sa chaise.

- Et ensuite Loki vous à forcer à le conduire jusqu'à la Relique ? Demanda encore l'agent en faisant mine de ne pas voir tous ces mouvements inconscient qui lui en disait presque plus sur elle que tout les mots qu'elle pourrait lui dire.

- Oui.

- Et comment a-t-il réussi à avoir autant d'information sur elle ? Comment a-t-il su où la chercher ?

- Il a récupéré beaucoup d'information de la part du professeur Richards, souffla Kathe, légèrement mal à l'aise.

- Je vois, lâcha Natasha, sans avoir besoin de plus de détails pour comprendre. Et pour ce qui est du professeur Selvig ? Richards n'était plus en contacte avec lui depuis longtemps, il n'avait aucun moyen de savoir qu'il se trouvait au Canada. Comment avez vous fait pour le retrouver ?

- On la trouvé par hasard, expliqua la jeune femme. «Il» avait l'habitude de lire absolument tout les journaux qui lui passait sous la main. On passait près de l'autoroute nord, la vingt-trois, près de l'université et c'est qu'il est tombé sur un article qui parlait du professeur Selvig en lisant le journal acheté au motel. Il a tout de suite dit qu'il ne fallait pas rater une telle occasion de retrouver plus rapidement la trace de la Relique.

- Vous étiez au courant qu'il y avait une base secrète sous l'université ?

- Non, pas du tout. Comme je l'ai dit c'était un pur hasard, ajouta encore une fois la jeune femme.

- Et vous ne saviez pas qu'une attaque de chitauris se préparait la même nuit ? Continua inlassablement la rouquine.

- Non. Mais ... «Il» à dit que des expériences d'énergie noire les avaient attiré sur Terre. Que c'était à cause du Shield que les démons s'attaquaient à nous.

- Hum..., lâcha l'agent, grattant frénétiquement sur sa feuille, sans pour autant relâcher son attention. L'agent Barton à rapporté vous avoir vu dans les couloirs du bâtiment des professeurs, en compagnie de Darcy Lewis. Vous étiez avec elle depuis longtemps ? Sans la présence de Loki, je veux dire.

- Darcy... Comment va-t-elle ? Demanda aussitôt Kathe sans plus prêter attention aux questions posées par l'agent. Elle est toujours... elle..., ajouta-t-elle difficilement, refusant de devoir supporter une mort de plus sur sa conscience. Celle là, plus que toutes les autres, la tuerait.

- Elle va très bien, répondit rapidement Natasha, voyant bien la blancheur de plus en plus inquiétante qui glissait sur son visage. Et elle à posé la même question que vous lorsqu'on la interrogé sur les événements qui se sont produit ce soir là.

Kathe était à la fois rassuré et très étonné. Elle ne se serait jamais attendu à ce que Darcy s'inquiète pour elle. Mais, après tout, elle ne devait pas connaître toute la vérité sur elle et ignorait son degrés d'implication dans toute cette pagaille. Si elle le savait, Kathe était sûre qu'elle ne réagirait pas de la même façon.

- Darcy est maligne, enchaîna la rouquine, devinant presque les pensées profondes de la jeune femme. Elle à vite compris qu'il se passait quelque chose de bizarre mais elle nous à assuré que vous seriez « foutrement incapable de faire du mal à qui que ce soit, bordel de merde.», ajouta-t-elle en lisant le témoignage de Darcy à voix haute.

Kathe lâcha son premier rire depuis des jours. Ce fut à peine audible, caché dans un souffle encore crispé. À peine assumé. Mais c'était bien là. Et même Natasha se laissa aller à un sourire, cherchant à détendre le plus possible la jeune femme.

- Alors... Que c'est-il passé à l'université ?

- Il m'à laissé toute seule, à la porte du bâtiment des professeurs, expliqua la jeune femme, savourant silencieusement les mots de Darcy à son égard, n'osant presque pas s'avouer à quel point ça la touchait. Mais..., continua-t-elle, en ce souvenant de quelque chose,... je ne sais pas si je peux le croire, mais «Il» m'a dit qu'il n'avait pas tué le professeur Selvig. D'après lui c'est le Démon qu'il l'a tué.

- Oui, ça peu se tenir, lâcha machinalement Natasha, reprenant son stylo pour noter encore quelques lignes.

- C'est vrai ? Demanda Kathe, incrédule. Elle ne pouvait pas croire qu'il lui ait dit au moins une vérité dans les innombrables paroles douteuses qu'il lui avait sortit tout le long de leur périple.

- Le professeur Selvig à été retrouvé avec plusieurs profondes brûlures, toutes au troisième degrés, répondit calmement l'agent, en relevant tout de même la tête de ses notes pour la regarder dans les yeux, devinant sans mal le choc dans la mine surprise qu'elle affichait. Ce n'est pas le genre de Loki. Nous nous en doutions un peu, mais maintenant c'est clair.

- ...Je vois, souffla simplement la jeune femme, ne sachant trop quoi penser de cette information.

Alors comme ça, il arrivait aussi au Dieu du mensonge de dire la vérité.

Mais Kathe ne se faisait pas trop d'illusion. Cette petite vérité avait juste été confortable pour lui. Il ne lui avait pas menti, parce qu'il n'en avait pas l'intérêt. Et que cela le faisait passer pour quelqu'un, non pas meilleur, mais moins pire que ce qu'il était dans le fond. Il n'avait pas tué Selvig ? Simple manque de temps. C'était l'avis de la jeune femme et elle pouvait presque deviner la même chose chez l'agent qui l'interrogeait. Que ce soit par un Démon, un chitauri, ou Loki lui-même, Selvig devait se faire tuer ce soir là. Ça avait tout l'air d'être écrit à l'avance, toutes les actions les plus violentes et sombre de l'Univers s'étant tourné vers lui ce soir là, dans le seul but de lui arracher l'énergie noire des mains. Il c'était littéralement trouvé au mauvais moment, au mauvais endroit. Voilà une vérité vrai que la jeune femme n'avait aucun mal à avaler. Contrairement à cette faculté mystérieuse de son «ex» compagnon de route à dire la vérité, au moins une fois de temps en temps.

Natasha la lâcha finalement du regard pour se saisir d'une nouvelle photo, glissée entre plusieurs documents, sous les yeux curieux de Kathe qui se demandait comment elle faisait pour ne jamais se tromper de papier.

- Après l'histoire de l'université, je dois avouer que le Shield vous à un peu perdu, enchaîna calmement l'agent. Mais elle ne regardait pas la jeune femme directement. Elle regardait la photo qu'elle tenait encore entre les doigts et qu'elle n'avait toujours pas posé sur la table pour que l'interrogée puisse la voir. Ce n'est qu'à Montréal que l'on à retrouvé votre trace, ajouta-t-elle en glissant vivement ses yeux verts dans ceux, beaucoup plus sombre, de Kathe. Lors d'une réception au palais des sciences.

La rouquine fit tranquillement glisser la photo sur la table, face à la jeune femme, tout en lâchant ces derniers mots. Kathe s'attendait à voir tout et n'importe, sur cette foutue photo. Mais certainement pas à ce qu'elle y découvrit.

Elle ne comprenait pas. L'agent aurait du lui montrer une photo de scène de crime - certaine celle du docteur Richards- ou celle d'une vue panoramique du palais des sciences totalement détruit - ce dont elle n'était pas responsable !-. Mais c'est une photo d'elle et du Dieu qu'elle découvrit. S'arrêtant presque de respirer sous la surprise, Kathe resta un long moment statique devant le cliché, incapable de penser à quoi que ce soit tant elle ne s'attendait pas à revoir un jour «ce» visage.

Ils étaient là, tout les deux, l'un à côté de l'autre. Sur le cliché, il la tenait délicatement par le bras, semblant la guider au milieu de la foule, tandis que son regard bleu perçant fouillait l'horizon. Sa carrure bien droite et fière s'ajoutait à sa grande taille et il dépassait tout les gens d'une tête. Kathe, à ses côtés, n'en paraissait que plus petite et insignifiante. Mais, il fallait l'avouer, elle n'était pas aussi à côté de la plaque que ce qu'elle s'était imaginé à l'époque. Au contraire, sa petite robe noire et simple accompagnait parfaitement l'allure quasi nonchalante du Dieu à ses côtés. Il semblait très loin sur la photo, presque indifférent devant toutes ces effluves de richesse qui les entouraient à ce moment là. Les autres femmes, qui se distinguaient à peine sur le cliché, n'auraient jamais réussis à faire ressortir le charisme du Dieu avec leur robes toutes plus indécentes les unes que les autres. Avec sa simplicité, et ses cheveux mi-long doucement bouclés et lâchés en batailles autour de son visage, elle brillait d'une discrétion toute particulière à côté de cet apollon. Elle était plutôt jolie sur cette photo. Certainement pas aussi séduisante et charismatique que le Dieu mais elle trouvait qu'elle faisait plutôt bonne figure malgré le souvenir pas très agréable de cette soirée. Tous ces gens, tous plus mondain les uns que les autres, l'avaient presque dégoûté. Et, avec le recul elle pouvait même dire qu'elle avait préféré sa confrontation avec le Démon.

Malgré elle, Kathe fixa un peu trop longtemps la façon dont le Dieu lui tenait le bras, la gardant très proche de lui. Il y avait foule, ce soir là, et pourtant il lui avait fait traverser cette marée humaine en empêchant quiconque de la bousculer, la soudant à lui et coulant sa propre présence à la sienne pour lui permettre de jouir elle aussi de sa prestance. À ce moment là, même si ses yeux regardaient au loin, il était bel et bien avec elle. Certainement inconsciemment, ou même machinalement, le Dieu l'a tenait collé à son flan et tout, dans sa façon de se tenir contre elle, laissait imaginer qu'il n'avait pas la moindre attention de la lâcher, et risquer ainsi de la perdre dans la foule.

- Pourquoi vous me montrez cette photo ? Demanda-t-elle alors vivement à l'agent, tout en faisant à son tour glisser la photo sur la table pour l'éloigner le plus possible.

Elle ne voulait pas la voir. Ne voulait même plus en entendre parler. Cette photo n'était rien d'autre qu'un ovni, étrange et incompréhensibles. Elle n'arrivait pas à comprendre tout ce qu'elle y voyait, ne cessant de se perdre dans toutes ces énigmes et contradictions qu' «Il» laissait derrière lui. Kathe s'était douté qu'un jour ou l'autre elle devrait faire face à tout ce qu'elle avait vécue à ses côtés, mais elle n'avait pas imaginé que ce serait aussi difficile. Son cerveau fatigué tournait encore et encore dans sa tête pour tenter de comprendre comment elle avait pu en arriver là. Seulement, même si elle s'était attendu à devoir subir un jour un interrogatoire, elle avait longtemps crut qu'elle pourrait y échapper à la dernière minute ou que cela ne serait qu'un moment atroce fait d'humiliation, d'angoisse, et pourquoi pas de torture. Elle ne s'attendait pas à ce que tout cela soit aussi triste et elle ne put empêcher ses larmes de monter, mouillant ses yeux sans pour autant couler sur ses joues. Natasha ne dit mot, la laissant renifler en faisant mine de ne rien entendre, ses doigts vifs attrapant la photo pour la ranger avec les autres.

- Si je vous montre cette photo c'est uniquement pour comprendre à quel moment exactement vous vous êtes alliez à Loki, répondit-elle de but en blanc.

- Je n'est jamais été son allié, répliqua Kathe, du tac au tac.

- Vous l'avez aidé de votre plein gré, enchaîna l'agent, sans perdre sa tranquillité devant la nervosité grandissante de la jeune femme. Vous ne pouvez pas le nier, l'agent Barton à pu être témoin de votre façon d'agir. Ce soir là, vous vous êtes retrouvée seule, loin de Loki, mais cela ne vous à pas empêché de prendre la décision de récupérer la Relique vous même.

- Je n'ai fait que suivre les directives du Dieu, se défendit lourdement la jeune femme. Et ce n'est pas comme si j'avais le choix à ce moment là. Qu'auriez vous préféré que je fasse ? Que je laisse le Démon s'en emparer ?

- Vous auriez pu laissez les autorités s'en occuper. Le Shield est habilité pour ce genre de mission, il vous aurait suffit de vous livrer à n'importe quel agent et vous auriez été aussitôt libéré de Loki et de toute cette histoire, lança Natasha.

- Hum... À part l'agent Barton, je n'ai pas le souvenir d'avoir vu beaucoup de monde défendre la Relique au palais des sciences..., souffla Kathe, à demi mot, n'osant pas regarder l'agent dans les yeux en lui lançant cette très légère remontrance. Franchement, après l'incident de l'université, il fallait se douter qu'il se passerait quelque chose de grave. Pourquoi, vous,vous n'avez rien ?

Natasha ne trouva rien à répondre, surprise que la jeune femme mette le doigts exactement là où ça faisait mal. Kathe touchait juste, il y avait eut un terrible manque de moyen pour la protection de la Relique et, avec le recul, c'était une erreur évidente d'avoir laissé Captain-America et Barton seuls pour surveiller la réception. Mais qui aurait pu imaginer un tel carnage ?

- Vous avez raison, répondit-elle. Le Shield à sous estimé Loki et nous n'avons pas su identifier la dangerosité des Démons ce soir là. Mais cela n'explique pas pourquoi vous avez décidé de mettre votre vie en jeu pour la Relique.

- Qu'est ce que je pouvais faire d'autre ? Loki m'a expliqué à quel point le Démon était dangereux et à quel point l'univers tout entier serait en danger de mort si la Relique tombait entre leurs mains. Je ne dirait pas que j'ai absolument tout compris à cette histoire de fou mais ce que je savais c'était qu'absolument tout, même la Terre, disparaîtrait dans le néant le plus totale. C'est un argument plutôt fort, et sur le coup j'ai vraiment cru bien faire.

- Vous regrettez à présent ?

-...Non...

Kathe réfléchi encore une seconde avant d'ajouter:

- ...Oui... Elle soupira fortement. Je ne sais pas trop... J'ai réussi à empêcher les Démons de s'emparer de la Relique... C'est... pas trop mal; non ?

Natasha la regarda longuement, fouillant ses yeux noirs et la tristesse infinie qu'ils transpiraient pour tenter de ne pas se tromper sur ce qu'elle semblait comprendre. Il y avait quelque chose chez, cette fille, qui attirait une attention toute particulière. Elle était au bord du gouffre, assaillit de ses actes passés, remit en cause, la réalité la bousculant de plein fouet pour la frapper de culpabilité. Mais c'était bien un tout petit sourire qu'elle devinait au coin de ses lèvres. Le temps du seconde la jeune femme fut loin d'ici, hors de cette petite pièce blanche, explorant les méandres de ses souvenirs pour finalement n'en ressortir que ce tout petit sourire, à peine affiché, à peine assumé, au coin de ses lèvres. Kathe était ce genre de personne capable d'avoir de la compassion pour à peu près n'importe qui et n'importe quoi mais la rouquine imaginait sans mal qu'elle n'avait apprit à avoir de la compassion pour elle-même que ces derniers mois, en compagnie d'un certain Dieu.

Ce petit rien intrigua Natasha, titillant sa curiosité à l'extrême. Mais ça ne l'étonnait pas plus que ça; certaine personne n'arrivait à grandir qu'en plongeant dans le chaos totale. Elle en savait quelque chose, ayant elle-même apprit à vivre avec sa propre conscience qu'aux heures les plus sombres de sa vie... Et elle avait presque envie de sourire, elle aussi, en repensant à tout ces vieux souvenirs et aux images encore très net de Barton tentant de la tuer... Mais il ne l'avait jamais fait, préférant lui offrir une place dans sa vie sans qu'elle ne comprenne pourquoi il lui offrait une chance... ni même pourquoi elle avait acceptée de le suivre ...

- C'est même pas mal du tout, mademoiselle Crowford, lança alors la rouquine, tout son corps continuant de transpirer une nonchalance totale malgré ses pensées profondes.

Sans jamais lâcher son analyse de la jeune femme, elle enchaîna sur la suite des événements, n'ayant plus aucune question à poser sur ce qu'il s'était passé au palais des sciences de Montréal. Avec les témoignage de Barton, Captain, du docteur Richards - qui était bel et bien en vie !- et sans parler de ce qu'elle avait elle-même vue en pilotant le jet qui avait surpris Kathe et Loki -tentant de s'enfuirent- sur les toits des bâtiments, le Shield n'avait eut aucun mal à recouper tout les morceaux pour comprendre ce qu'il s'était passé. Thor avait beaucoup aidé en leur expliquant très exactement ce qu'était un Démon et pourquoi il aurait toute les chances de s'attaquer à la Terre si l'énergie noire si trouvait. Natasha n'avait fait que lui poser quelque question pour comprendre ce qu'il se passait dans la tête de Kathe. L'agent voulait comprendre. Elle voulait la comprendre elle, et tenter de saisir cette étrange étincelle qu'elle voyait briller dans son regard. Sur le cliché qu'elle venait de lui montrer, la profondeur de son regard était comme une évidence, ne laissant aucun doute sur la volonté du Dieu Loki à garder une telle personne à ses côtés. La fille, qu'il guidait entre la foule, était jeune, beaucoup plus jeune que lui, pourtant elle semblait totalement à sa place à son bras, ses yeux sombres distillant la froideur des yeux de glace de son cavalier comme pour adoucir sa présence implacable. Même Natasha ne pouvait pas dire qu'il n'avait aucun charisme - ni même aucun charme- mais contrairement à Kathe, elle n'avait pas cette faculté d'adoucir la violente prestance de cet homme. Elle se faisait plutôt happée à l'intérieur, cherchant à refouler toutes les choses horribles que son aura malfaisante recherchait à extraire de son âme. À côté d'une telle présence, elle avait comme des envies de meurtres, voulant assouvir ses instinct les plus violents. Sur la photo du bal, Natasha voyait bien que la jeune femme était elle aussi prise dans la tourmente d'une telle aura de Chaos. Mais contrairement à tous, elle noyait le tout dans un doux renoncement. Accrochée à son bras comme si de rien n'était, elle paraissait bien plus soucieuse du regard des autres que de la présence durement charismatique de l'homme qui la tenait collé à lui.

La première fois qu'elle avait vue cette photo, elle n'avait penser qu'une chose : soit elle était la plus naïve - et un peu crétine- des enfants, soit elle était certainement la seule personne capable de tolérer la présence de Loki à ses côtés sans risquer de péter un plomb et de tuer tout ce qui bouge, lui y compris.

- Bon, j'aimerai que l'on parle d'un autre incident si vous le voulez bien. Celui-ci est particulièrement épineux, et j'apprécierait que vous ne me cachiez absolument rien.

Kathe se redressa légèrement sur sa chaise, étonné de voir l'interrogatoire passé aussi vite. Elle était encore toute retournée de ce qu'il s'était passé au palais - malgré tout ce qui lui était arrivé par la suite- et elle était surprise de voir combien le Shield survolait en diagonale les informations. Si tout le reste de l'interrogatoire pouvait se passer comme ça, elle en serait très heureuse - même si elle redoutait intérieurement une nouvelle mauvaise surprise de la part de cette femme aux cheveux roux-. Elle savait qu'elle avait beaucoup trop de chose à cacher pour espérer sans sortir sans trop de casse, mais il y avait certains points en particulier qu'elle n'était absolument pas prête à révéler. Tout au fond d'elle, elle s'était déjà juré qu'elle ne raconterait jamais rien de cette nuit affreuse au motel...celle où il lui avait apposée cette marque terrible qu'elle arborerait jusqu'à la fin de ses jours. Elle ne pourrait pas supporter de raconter tout haut ce qu'elle ne se permettait même pas de penser tout bas. Tout les souvenirs de cette nuit étaient violemment refouler dans les tréfonds les plus obscure de son conscience et elle priait pour que personne ne vienne les titiller de questions inopportunes.

- D'accord, souffla-t-elle pour toute réponse, attendant sagement la suite sans risquer de dire ou de faire quoi que ce soit qui puisse allonger cet interrogatoire.

- Pendant plusieurs semaines, après les événement de Montréal, le Shield à encore perdu votre trace, commença la rouquine en sortant, cette fois, plusieurs clichés de ses documents, qu'elle commençait à étaler partout sur la table. Et finalement nous avons décidé de vous envoyer de l'énergie noire pure, afin de la suivre à la trace et de vous retrouver. Nous savions que l'énergie retournerait directement à la Relique. Malheureusement il y a eut un légers accident et il y a eut beaucoup plus d'énergie relâché que prévue.

Elle fit glisser une large photo vers Kathe, qui l'attrapa du bout des doigts pour la regarder, ses yeux fouillant machinalement toutes les autres photos qui se trouvaient sur la table sans réussir à tout comprendre.

- Désolé pour ça, lança Natasha alors qu'elle laissait le temps à l'interrogée de regarder le cliché de sa voiture, complètement ratatiné au milieu d'un champ de maïs. Nous n'avions pas pensé qu'une telle situation pourrait se produire. Ce n'était pas notre intention de vous blesser, nous voulions juste vous retrouver.

- Oui, je comprend. Vous en faites pas pour ça, souffla Kathe, fixant le véhicule retourné en comprenant soudainement la gravité de l'accident. La carcasse n'avait presque plus rien d'une voiture et, sur le coup elle ne s'était pas vraiment rendue compte de la violence du choc. Sans la Relique, elle n'aurait jamais survécu.

- Nos expert ont trouvé beaucoup de sang dans le véhicule, particulièrement sur le siège conducteur, ajouta la rouquine d'une voix calme mais qui insinuait sans mal l'importance de cette information. Il y en avait aussi à l'extérieur. Pourtant, lorsqu'ils ont suivit les traces de pas dans le champ de maïs, il n'y avait soudain plus de sang. Thor à été très clair sur les dons de régénération de son frère, il ne peux donc s'agir que de votre sang. Vous étiez gravement blessé, n'est-ce-pas ?

- Oui mais..., commença doucement la jeune femme, sa bouche voulant souffler « ...mais Loki ma sauvé, en me sortant de là.». Seulement c'est ça tête qui fut plus forte et elle ajouta, la voix légèrement crispée, ... la Relique m'a sauvé. C'est elle qui à guérie mes blessures. Tout à été très vite, je ne me souviens pas de tout - faux- mais je sais que c'est grâce à la Relique que je suis toujours vivante aujourd'hui.

- Je vois, dit la rouquine, se remettant à gratter quelque ligne sur sa feuille avant de faire glisser deux photos beaucoup plus petite face à Kathe. Et ces hommes, vous les reconnaissez ?

- Oui... je crois, souffla l'interrogée, devinant de qui il s'agissait sans avoir trop de souvenir de leur visage. À ce moment là, elle avait trop mal à la tête pour se soucier d'autre chose que de la douleur et de la carrure impressionnante de son compagnon de route lorsqu'il avait mit K.O deux agents du Shield, en moins d'une fraction de seconde, afin de leur voler leur voiture. Ce sont les deux agents que l'on à rencontrer quelque minute après notre accident de voiture.

- Bien, commença l'agent, lâchant son stylo pour se pencher légèrement sur la table. Son aura était toujours aussi tranquille mais elle semblait à présent très sérieuse. Ce que je vais vous demander, maintenant, est très important, mademoiselle Crowford. J'aimerai la vérité, toute la vérité.

Kathe ne put que hocher légèrement de la tête pour lui faire comprendre qu'elle avait très bien compris, ne trouvant pas ses mots et encore moins la force de les dires devant le regard lourd qui lui lançait l'agent du Shield.

- L'homme le plus jeune s'appelle Brad Stanford. Il est agent du Shield depuis plusieurs années et malgré son jeune âge c'est un agent de terrain particulièrement doué et respecté. C'est l'agent que Loki a pris en otage lorsqu'ils à tenté de fuir les patrouilles envoyées pour vous récupérer. Il a eut un grave accident de voiture..., ajouta alors sombrement la rouquine. Vous vous en souvenez ?

-...Oui, souffla l'intéressée en reposant les deux petites photos sur la table, baissant les yeux sur un point invisible pour ne pas avoir à regarder les clichés ou les yeux vert de la femme assise en face d'elle. C...comment va-t-il ? L'agent Stanford..., enchaîna-t-elle tout de même, voulant absolument savoir si elle devait supporter un mort de plus sur sa conscience. Si oui, elle l'ajouterait à toutes les autres et continuerait de souffrir avec ce péché jusqu'à la fin de sa vie, enfermé dans une cellule du Shield. Ce sera ça punissions pour avoir tenter de voler aux côtés d'un Dieu malsain et sournois.

- L'agent Stanford est sortit du coma il y a de cela quelque jours, répondit rapidement la rouquine. Et il a été capable de nous faire son témoignage de ce soir là. Ce fut un miracle, autant pour lui que pour nous.

Kathe se permit alors de souffler, ne s'étant jusque là pas rendu compte qu'elle retenait son souffle sous l'angoisse d'une mauvaise nouvelle. Elle avait atteint un tel niveau de stresse et d'angoisse qu'elle ne faisait même plus la différence entre des «moment calme» et d'autre, beaucoup plus violent en émotions. Tout se mélangeait et elle avait, de toute façon, l'impression de ne plus jamais redescendre de son état de crise intérieure.

- Je suis contente pour lui.

Natasha ne répondit rien, tout comme elle la crut sur parole sans s'étonner de son comportement. Elle commença à bien la comprendre maintenant et elle savait que la jeune femme ne mentait ni ne tentait de se faire passer pour ce qu'elle n'était pas. Parce que même si elle n'était pas la dernière des idiotes - comme elle avait pu le croire au début- Kathe avait un rien de naïf qui l'empêchait totalement de tromper son monde. Elle était aussi vrai et sincère que Loki n'était que pur mensonge et tromperie. Comment ces deux là avaient-ils bien pu survivre aussi longtemps l'un à côté de l'autre ? La rouquine se posait de plus en lus la question, tiquant inconsciemment devant tant de différences, qui semblaient pourtant les avoir rapprochées comme jamais.

- Nous aussi, croyez-moi, enchaîna-t-elle dans un petit sourire. Mais ce qui m'intéresse pour l'instant c'est ce que l'agent Stanford à rapporté dans son rapport. Natasha sortit plusieurs feuille accrochés les unes aux autres par une agrafe, elle sembla ensuite chercher la page qui l'intéressait avant de commencer à lire à voix haute : « Loki m'a d'abord frappé au ventre avant de s'attaquer à mon équipier, lui aussi sortit de la voiture. Lorsque ensuite Loki ma pris en otage pour le conduire, lui et mademoiselle Crowford, en lieu sûr. Mon équipier, l'agent Tray, se trouvait inconscient sur le sol. Je n'ai pas eut le temps de m'assurer de son état avant d'être forcé à quitter les lieux à bord de notre propre voiture de patrouille.»

Natasha regarda la jeune femme dans les yeux, attendant que celle-ci lui renvois timidement son regard avant d'ajouter, d'un ton ferme qui cherchait à savoir la vérité.

- Qu'est devenue l'agent Tray ? L'agent Stanford à été bien incapable de nous dire s'il était toujours en vie lorsque vous avez quitté les lieux. Nous ne l'avons pas retrouver dans le périmètre décrit par son équipier, et il n'est jamais réapparut. Est-ce qu'il est mort, mademoiselle ? Loki vous en aurait-il parlé ?

- Non, il ne m'en a jamais parlé, répondit Kathe qui se retrouvait étonné de parler de cet agent en particulier. Elle n'avait rien vu de spéciale chez lui qui puisse lui rappeler quoi que ce soit. Elle n'avait que des détails insignifiant sur le charme ténébreux de son compagnon de route comme souvenirs de ce moment. Elle n'avait vu l'agent Tray que quelque seconde, contrairement à son équipier, et elle ne se rappelait que de Loki l'attrapant durement par la gorge pour le jeter au sol de toutes ses forces. ... Il était vivant, lâcha-t-elle alors, un peu ailleurs. Lorsque nous sommes tous montés dans la voiture, je suis sûr que cet homme était encore vivant. Loki la frappé, je m'en souviens très bien, mais il était toujours en vie et Loki ne lui à rien fait de plus.

- Il était vivant donc ? Questionna encore la rouquine, voulant être absolument sûre.

- Oui.

- Vous l'avez revu après ça ?

- Non, pas du tout. Pourquoi ? Questionna à son tour la jeune femme, sans vraiment comprendre ce que tout ça avait avoir avec son histoire à elle. Elle ne connaissait absolument pas cet agent Tray. D'une trentaine d'années bien passées, grand, les cheveux coupés très courts et déjà parsemé de quelque mèches blanches dû au stresse de son métier d'agent secret, il avait un air presque aussi sévère que celui de Loki sans pour autant égalé son charisme et Kathe était sûre de ne l'avoir jamais revu après cet événement. Après tout ce n'est pas comme si elle avait eut une vie sociale très évoluée ces derniers mois.

- L'agent Tray à disparut pendant plusieurs semaines après cet incident. Nous l'avons cru mort, certainement tué par Loki et caché quelque part. Mais lorsque l'agent Stanford est sorti du coma et nous à raconté son histoire nous avons commencé à douter de l'agent Tray mais sans pour autant savoir pourquoi il n'était jamais revenu faire son rapport, disparaissant dans la nature sans laisser aucune trace derrière lui.

- Et maintenant ? Vous savez où il est ? Demanda la jeune femme, curieuse et légèrement inquiète face à ce petit mystère. Elle pouvait ressentir d'ici que la rouquine était tout aussi curieuse et inquiète qu'elle de ne pas comprendre pourquoi cet agent avait décidé tout d'un coup de disparaître.

- ... Non, nous l'ignorons pour le moment, répondit simplement l'agent, passant sous silence que plusieurs rescapés de l'infiltration démoniaque l'avait vu sur la plate-forme volante peu avant que le Démon n'y refasse son apparition avec Kathe sous le bras, fuyant le grabuge de la base souterraine pour tenter d'aspirer le pouvoir de la Relique dans le calme. Mais, à présent, l'agent Tray était introuvable et le Shield n'avait aucun moyen de savoir s'il était mort, comme beaucoup d'autres agents possédés, dans le crash du vaisseau ou s'il avait réussit à s'enfuir.

Romanoff l'espérait mort, parce qu'il n'était toujours pas réapparut et qu'elle avait comme un mauvais pressentiment. Il en allait de même pour l'agent Hill, portée également disparut. Fury avait été un des premiers à clamer qu'elle ne pouvait pas être morte, et Natasha était parfaitement d'accord avec lui. Être possédé par le Démon ne voulait pas dire que l'on perdait toute sa personnalité, elle en savait quelque chose. Elle avait réussi à survivre à l'effondrement de la base uniquement grâce à son savoir et à ses réflexes d'agents sur entraîné, la magie démoniaque n'avait rien à voir là dedans. Beaucoup d'agent moins doués que Hill avait réussi à s'enfuir juste avant que le vaisseau ne tombe dans le vide. Les jets avaient été très utiles et Fury, Thor et Captain les avaient aidé à se sauver en leur hurlant des ordres d'abandon du navire. Il y avait eut des morts mais beaucoup était encore en vie aujourd'hui, dont tout les Avengers, et personne ne comprenait pourquoi Hill n'avait pas survécût.

Fury disait l'avoir aperçut, de loin, ses yeux d'un noir totale ayant rencontré les siens rien qu'une seconde avant qu'il ne se fasse percuter par un autre agent possédé et qu'elle ne disparaisse sur l'air de décollage du vaisseau. Se pourrait-il qu'elle est tout de même réussi à fuir ? En compagnie de l'agent Stanford ? Mais qu'ils soient toujours possédés... Rien n'était sûr et c'est pourquoi Natasha était là, face à Kathe, la questionnant en espérant enfin comprendre ce qu'il s'était réellement passé.

- À quel moment exactement Loki à compris qu'il pourrait aspirer la puissance de la Relique à travers vous ? Lança alors Natasha, voulant passer outre l'intriguant mystère des agents disparus pour tenter de comprendre tout le reste. Voyant la jeune femme blanchir de la tête, sûrement surprise par le changement soudain de conversation, elle ajouta tout de même : Thor nous à rapporté vous avoir vu vous téléporter pour vous enfuir ce soir là. Il nous a expliqué que jamais son «sorcier de frère» ne pourrait créer un portail en puisant seulement dans sa propre puissance magique. Il lui fallait beaucoup plus d'énergie et on a vite compris qu'il avait trouvé un moyen de s'emparer complètement du pouvoir de l'énergie noire, sans avoir besoin lui aussi d'une âme pour l'utiliser.

- Il..., commença Kathe, sans réussir à finir.

Elle ne savait pas du tout comment expliquer les transmissions d'énergie à l'agent. N'ayant pas vraiment le choix, il fallait qu'elle lui explique, mais elle n'avait pas envie de trop déborder sur les détails, préférant mourir que de se souvenirs de tout ces moments, d'une passion incroyable, qu'elle avait vécut avec le Dieu lors de toutes ces transmissions.

- Il a compris qu'il pouvait me prendre l'énergie noire un peu après les «événements» du palais des sciences, se força-t-elle tout de même à dire, cherchant à ne surtout pas intriguer la curiosité chez l'agent en mettant trop de temps à chercher ses mots, dénonçant à l'avance ses petits mensonges par omission. Je ne suis pas sûre de savoir exactement comment cela était sensé marcher mais il avait besoin d'être en contact direct pour le faire.

- En contact direct ? Enchaîna Natasha à vive allure, coupant presque les explications de Kathe, reniflant machinalement quelque chose d'étrange dans cette partie de l'affaire.

- Mains dans la mains, expliqua tout aussi vivement l'intéressée, envahissant sa tête des souvenirs de transmissions faites avec le Dieu et qui s'étaient déroulées avec une banalité sidérante comparés aux autres.

Se concentrant sur un simple contact de la main, Kathe empêchait son corps et sa tête de s'affoler des émotions ardentes qui la prenait toute entière rien que d'y penser. Elle contournait adroitement tout ces rapprochements indécents qu'elle avait vécu avec lui, cachant les caresses, les baisers et tout ces gestes rudes, presque violent, qu'ils avaient échangés l'un contre l'autre, semblant souffrir ensemble d'un manque atroce de l'autre et cherchant par tout les moyen à le fondre en lui. Voilà exactement ce qu'il se passait l'ors d'une transmission vraiment puissante mais Kathe préférait enterrer cette vérité tout au fond d'elle et mourir avec, plutôt que de révéler un jour l'ampleur infernale de sa tristesse d'avoir perdu ces moments à tout jamais. Elle ne connaîtrait plus jamais une telle passion, elle en était parfaitement consciente.

- Je lui tenait la main et il se chargeait d'aspirer l'énergie. Ça marchait comme ça, continua-t-elle, mentant sans aucun scrupule au nez et à la barbe de l'agent qui l'interrogeait.

Cette dernière renifla la duperie mais laissa tout de même couler l'affaire. Il était de plus en plus clair qu'il s'était passé quelque chose d'étrange entre le Dieu et cette fille. Mais elle avait encore pas mal de questions et bien assez de temps pour lui faire avouer en douceur la vérité sur cette étrange liaison qu'ils entretenaient, presque malgré eux.

- Et vous ? Que faisiez avec la Relique ? Vous l'avez porté un très long moment et il y a tout un tas de scientifique là dehors qui meurent d'envi de savoir ce que cela fait de porter une des plus grandes puissances de l'univers autour du cou.

- Moi...? S'étonna Kathe. Porté la Relique n'avait certainement pas été de tout repos mais en y réfléchissant bien elle n'avait jamais eut besoin de faire beaucoup d'effort. À part supporter quelque migraines et un pétage de plomb, elle n'avait rien eut à faire à part porter le bijou autour de son cou sous le regard toujours vif du Dieu qui avait pris l'habitude de fixer sa nuque à peu près toute les dix minutes pour s'assurer que la chaînes en argent, portant le pendentif magique, était bel et bien présente. Je n'ai presque rien eut à faire. Je n'était pas vraiment maître du pouvoir de la Relique. J'était même incapable d'empêcher l'énergie noire d'être aspiré par le Dieu, ajouta-t-elle encore. Glissant une petite vérité détournée pour ne pas avoir à avouer qu'elle était plutôt incapable de contrôle ses instinct de débauchée face au charme diabolique de son compagnon de route.

- Et vous n'avez jamais cherché à vous en servir pour vous ? Vous auriez pu vous échapper avec toute cette énergie. Vous auriez peut-être pu battre Loki et l'empêcher ainsi de nuire.

Kathe lâcha un ricanement dans un souffle, s'amusant de la bêtise de ces paroles.

- Parce que vous croyez vraiment que j'avais une chance de le battre ? Il est tellement sournois, et moi tellement bête. Je me serai fait avoir en moins de trente seconde. Je n'ai jamais appris à me battre, et ce n'est pas avec la Relique autour du cou que ça à changé, croyez-moi.

Natasha hocha doucement de la tête. « Elle n'a pas vraiment tord pour Loki.» Pensa-t-elle, sans croire que la jeune femme soit réellement aussi bête qu'elle le dise. Mais elle ne dit rien, l'écoutant continuer ses explications avec patience.

- Et puis j'ai toujours eut peur d'utiliser la Relique. Je savais très bien quelle puissance j'avais autour du cou, même si l'énergie noire était fragmentée, et j'ai toujours bien fait attention à ne rien faire de dangereux avec. Je n'imagine même pas ce qu'il me serait arrivé si je l'avais porter au plus haut de sa puissance dés le début.

- Comment ça ?

- Et bien..., expliqua-t-elle dans un souffle, ...au début je sentais que j'étais seule à porter le pouvoir de la Relique. Et puis ensuite l'énergie noire à eut l'air de me sonder de l'intérieure et elle..., Kathe déglutit avant de continuer presque dans un murmure,...elle m'a choisi.

Natasha ne dit rien. Elle regarda la jeune femme se perdre dans ses souvenirs, laissant sa langue se délier toute seule pour la laisser lui dire tout ce qu'elle avait envie d'entendre sans même avoir à l'assommer de questions.

- On peut dire que c'est arrivé à temps, parce que la puissance qui se trouvait dans la base souterraine était telle qu'elle m'aurait sûrement fait perdre la tête. Mais la Relique limitait d'elle-même sa puissance sur moi, me permettant d'être plus forte qu'une humaine normale mais sans pour autant me donner un contrôle totale sur elle-même, lâchait encore la jeune femme, pensive.

- Vous parlez de la Relique comme quelque chose de vivant, souffla Natasha après quelque seconde de silence, cherchant à raccrocher la jeune femme à la réalité alors qu'elle semblait se perdre dans le passé.

- Hum..., lâcha-t-elle en clignant vivement des paupières pour reprendre pieds. La fatigue se faisait de plus en plus pesante, et le calme de la conversation ainsi que la présence légèrement apaisante de la femme assise en face d'elle l'avait aidé à se détendre sur sa chaise et sa crispation laissait peu à peu place à une fatigue incroyable. Mais la Relique est vivante, continua-t-elle, lâchant cette vérité aberrante sans broncher. Ce n'est pas seulement un objet. Elle vit grâce à l'énergie noire, qui n'est rien d'autre que la même source d'énergie qui nous permet, à nous les humains, de vivre. C'est bizarre à dire, je sais, dit-elle à Natasha, en la regardant un moment dans les yeux pour lui offrir une mine légèrement lasse, un sourcil relevé sur son front. Mais, je crois, que la Relique est un être à part entière. Au début ce n'était qu'une sensation mais lorsqu'elle s'est mise à ma parler dans ma tête j'ai vite fini par comprendre.

- La Relique vous parlait ?! Ne put s'empêcher de s'exclamer l'agent, se redressant tout d'un coup sur sa chaise en perdant quelque peu sa nonchalance.

- À moins que je ne soit devenu totalement maboule à force de la porter et que je n'entende des voix toute seule, oui, la Relique me parlait. Directement par la pensée, expliqua-t-elle encore, pas très sûre de bien faire en racontant tout ça à cette femme, mais elle avait vraiment besoin d'en parler à quelqu'un et quelque chose lui soufflait qu'elle n'aurait plus jamais ni l'occasion d'en parler aussi ouvertement, ni même d'avoir un interlocuteur aussi à patient et attentif. Les mots sortaient tout seul et ils étaient apaisant pour Kathe, qui avait l'impression de respirer plus librement.

- Et que vous-a-t-elle dit ? Demanda vivement la rouquine.

- C'est difficile à dire, soupira Kathe qui tentait d'extraire les grosses lignes des paroles toujours énigmatiques de la Relique. Elle m'a surtout beaucoup parlé de l'Univers et du destin du porteur de la Relique. Elle n'arrêtait pas de me dire que j'était l'élue ou un truc dans le genre. Franchement c'était tellement irréel que je me perd moi même dans ce qui pourrait être la vérité et tout ce que mon cerveau déglingué à pu apprendre de tout ça. La vie avec le Dieu était un vrai calvaire, et on a pas arrêté d'avoir des ennuis pendant tout le chemin jusqu'à la base souterraine. J'ai oublié la moitié de tous ce que la Relique m'a dit mais ce dont je suis sûre c'est qu'elle s'était trompé sur mon compte.

- C'est à dire ?

- Je ne suis pas le porteur de la Relique. Je ne l'ai jamais été et malgré tout ce qu'elle à pu me dire sur le destin je suis convaincu que ma présence dans toute cette histoire de fou est un pure hasard. Si je ne m'était pas trouvé à Middle Montain le soir où le Dieu est carrément tombé du ciel dans un éclair arc-en-ciel, rien de tout ça ne me serait jamais arrivé.

- Et c'est cela vous fait dire que vous n'êtes pas le... heu, le porteur ? C'est bien ça ? Demanda l'agent, qui cherchait à bien tout saisir. Mais quelle preuve avez vous ? Si la Relique elle-même vous l'a dit.

-Parce que je ne l'ai plus à présent, répondit aussitôt Kathe, sans le moindre doute. Même la Relique, aussi puissante soit-elle, n'a pas sut prévoir qu' «Il» me tromperait à la dernière minute. Et maintenant je n'ai plus aucune idée de l'endroit où elle peut-être. Et de toute façon elle doit-être trop loin pour moi à présent, «Il» à sûrement dû quitter la planète maintenant.

- Vous parlez bien de Loki; non ? La coupa durement l'agent, arrêtant net d'écrire sur sa feuille les quelques notes et pensées qu'elle ne voulait surtout pas perdre après l'interrogatoire. Leur petit échange était enregistré par les caméras de surveillance, subtilement dissimulé derrière les murs blanc de la petite pièce et Romanoff savait qu'il y avait plus d'une dizaine d'agents à l'extérieure qui écoutaient leur conversation, en tentant d'analyser tout les propos de Kathe pour en tirer le plus d'informations possibles. Seulement la rouquine ne faisait confiance qu'à elle-même pour se faire une idée précise de quelqu'un et tout ce qu'elle écrivait constituerait ses notes personnelles qu'elle s'empresserait de rapporter à son directeur. De cet interrogatoire dépendait la vie futur de cette fille et Natasha avait bien l'intention d'avoir son mot à dire si le Shield voulait voir Kathe derrière les barreaux.

- Il vous à parlez de quitter la Terre ? Ajouta-t-elle encore vivement, n'ayant même pas laissé le temps à Kathe de répondre à la première question.

- Il ne faisait que ça ! Se lamenta la jeune femme, ne pouvant s'empêcher de joindre la parole par un large mouvement du bras, sa main se reposant un peu trop durement sur la table. Il passait tout son temps à cracher sur l'humanité toute entière en s'énervant d'impatience de pouvoir enfin récupérer sa foutue Relique pour quitter définitivement notre planète. C'était son seul but, ça l'a toujours été.

- Comment ça ? Loki ne voulait pas attaquer notre monde et s'emparer du cube cosmique ?

- Il juré que non, répondit Kathe en laissant son regard dérivé dans la petite pièce blanche. Mais je ne peut en aucun cas vous garantir que ce soit la vérité. Je n'ai même pas la moindre idée d'où il comptait se rendre après avoir quitté la Terre. Il m'a juste expliqué vouloir fuir cette planète et Asgard, pour ne pas risquer à nouveau la prison. C'est pour ça qu'il cherchait la Relique et son pouvoir. Et c'est aussi pour ça qu'il faisait tout pour s'emparer de l'énergie noire une fois qu'il a compris que c'était faisable.

- Vous l'avez crut lorsqu'il vous à dit ça ?

-Je... Oui, je l'ai crut, souffla-t-elle en jetant un regard tremblant vers la rouquine. Elle n'ajouta rien de plus, ses lèvres tremblotantes de retenir violemment les larmes ne lui permettant plus de parler.

Natasha la laissa se calmer une nouvelle fois, surprise de voir le contrôle que cette fille exerçait sur elle-même. En moins d'une minute, cette dernière réussie à retrouver une certaine contenance, ravalant ses larmes pour afficher à nouveau un air aussi serein que possible malgré la raideur de ses épaules. Parler du Dieu la mettait vraiment mal à l'aise et cela semblait réveiller en elle des sentiments violents. La subtile tranquillité que l'agent avait réussi à instaurer entre elles s'était envolé très rapidement dés que la conversation s'était à nouveau dirigé sur le Dieu du Chaos.

- Donc, d'après vous, maintenant que le Démon à été tué, la Terre n'a plus rien à craindre, résuma l'agent. Pas de Loki, en tout cas.

- C'est pour ça que j'ai toujours préféré voir la Relique entre les mains du Dieu, plutôt que celles d'un Démon, ajouta encore la jeune femme lorsqu'elle fut à peu près sûre de pouvoir parler sans que sa voix ne tremble.

L'agent la regarda une seconde, puis glissa vivement son regard sur sa feuille, sa main tenant le stylo grattant le papier pour ne laisser plus aucune place de libre. Kathe était curieuse de savoir ce qui pouvait bien être aussi importants pour qu'elle l'écrive aussi rapidement au risque de perdre un élément en court de route, sa pensée allant presque trop vite pour qu'elle note absolument tout ce qui l'intéresse. Mais elle n'avait pas envie de faire le moindre mouvement d'approche, pour tenter de distinguer une ligne au hasard et de la lire - la feuille dans le mauvais sens-. De toute façon, l'écriture de l'agent était si fine qu'elle n'aurait jamais réussi à la lire à cette distance.

Après quelques lignes vivement écrites, la rouquine reposa son stylo sur la table et rangea les photos étalés sur la table, faisant ainsi disparaître les visages des agents Stanford et Tray, et le cliché de sa voiture ratatinée après l'accident.

- Donc, si je comprend bien toute l'histoire, Loki vous à enlever et vous à utilisé pour contrôler le pouvoir de la Relique. Puis vous avez vite compris qu'il valait mieux suivre ses directives plutôt que risquer de laisser l'énergie noire entre les mains des Démons, commença-t-elle à dire tranquillement, tout en rangeant les documents un à un. C'est un comportement logique, vu votre situation à ce moment là. Et lorsque vous avez enfin eut l'occasion de vous défendre avec la Relique, celle-ci s'est mise à vous parler et elle à tentée de vous convaincre que vous étiez destiné à la porter. C'est bien ça ?

- Oui, à peu près, répondit doucement la jeune femme, se remettant machinalement à crisper et à décrisper ses mains dans tous les sens sous la petite table qui la séparait de la rouquine. Cette dernière ne distinguait pas ses mains mais elle la voyait très bien remuer des bras, ne cessant de changer de position sur sa chaise.

- Et c'est aussi la Relique qui vous à convaincu de retourner nous sauver dans la base souterraine ?

Enfin. La question à un million de dollars que Kathe redoutait d'entendre depuis le début. Et à présent il fallait qu'elle fasse un choix périlleux. Choisir de mentir sur toute la ligne ou, au contraire, ne rien caché de son affreuse vérité : Elle n'était revenu que pour sauver Loki d'une mort certaine. Lorsqu'elle avait choisi d'y retourner rien d'autre ne comptait à ses yeux que ça, elle devait le sauver. Quoi qu'il arrive. Au risque de mourir elle-même de chagrin.

Et elle y était retourné. Et elle l'avait sauvé. Seulement elle mourrait quand même de chagrin...Rien ne marchait jamais comme elle le voulait, et ça laissait un arrière goût d'amertume à sa souffrance, se sentant plus maudite que jamais face à ce destin qui ne lui voulait que du mal.

- Il y avait encore beaucoup d'énergie noire stockées dans la base quand vous vous êtes téléporté. Vous êtes revenue pour la récupérer ? Demanda encore la rouquine devant le silence pesant de l'interrogée, cherchant à trouver ce qu'elle cachait de si monstrueux qu'elle n'était même pas capable de l'avouer. Ça devait vraiment la mettre mal à l'aise, parce que jusqu'ici elle lui avait tout révélé, et son témoignage concordait parfaitement avec les informations qu'elle détenait déjà.

-Il..., commença lentement Kathe, d'une voix légèrement enrouée de retenir tout ce qui débordait de son coeur et de sa conscience, ... Il m'a fallut faire un choix...

- Quel genre de choix ?Questionna très calmement Natasha, consciente de la tension qui montait dans l'air de la petite pièce.

- Le choix de tous vous laisser mourir..., continua difficilement l'interrogée, ... sans craindre pour ma sécurité et sûr de pouvoir battre facilement le Démon plus tard. Ou de tous vous sauvez, au risque de subir la pire des souffrance.

Ces mots étonnèrent beaucoup la rouquine qui ne put s'empêcher de vivement la questionner à ce sujet.

- Souffrir ? Pourquoi ? Et de quelle façon exactement ? Lâchait-elle en fronçant les sourcils.

- Et bien..., répondit Kathe, légèrement pensive,... d'après la Relique, l'Univers ne serait qu'équité, ou un truc dans le genre. Je n'ai pas bien compris tout le baratin qu'elle m'a sortit dans la base souterraine mais elle ma assuré que si je choisissait de tous vous sauver je devrai souffrir afin d'équilibrer avec le bonheur que je pourrai ensuite recevoir.

- C'est un rien compliqué, ne put retenir Natasha, qui avait tout d'un coup bien du mal à la croire sur parole.

Kathe se rendit parfaitement compte de ce changement de ton et elle poussa aussitôt un long soupir lasse qui se finit presque en gémissement plaintif avant qu'elle ne se relance dans une longue explication.

- Je vous assure que je ne suis pas folle. Je ne vous dirait pas que j'ai absolument tout compris mais ce qui est sûr c'est que j'ai choisi de vous sauver et que je suis sûr d'avoir fait le bon choix. Si aujourd'hui je me retrouve dans la pire des situations ce n'est pas à cause de mon destin, ou de je sais pas quoi. C'est uniquement la faute de... Loki, réussi-t-elle à cracher après un gros très effort. C'est lui qui m'a poussé dans le vide juste avant de s'enfuir comme un voleur sans même me laisser le temps de l'insulter. Et je suis convaincu que la Relique c'est toujours trompé à mon sujet. Avec le recul, c'est encore plus clair. Toutes ses histoires sur l'Univers était trop folle pour être vrai, lâcha-t-elle presque à bout de souffle, avant d'ajouter, la gorge crispée par l'angoisse. Tout ça à toujours été beaucoup trop gros pour moi. C'est trop de pouvoirs, trop de responsabilités, et beaucoup trop de problème.

Il y eut un petit silence avant que la jeune femme n'étonne l'agent en se mettant à la fixer profondément.

- Lorsque je me suis retrouvé toute seule dans le désert après vous avoir abandonné dans la base avec le Démon, continua-t-elle très sérieusement, je suis revenu sur mes pas avant tout pour pouvoir me débarrasser de la Relique. Je n'ait jamais eut envi de la garder autour du cou toute ma vie et, à un moment, elle à fini par le comprendre. Elle m'a même proposé un autre porteur, quelqu'un que j'avais rencontré et qui se trouvait lui aussi dans la base.

-Vraiment ? Et vous pouvez me dire son nom ? Demanda avec étonnement Natasha.

- C'était l'agent Barton, répondit du tac au tac Kathe, prouvant sans le savoir à l'agent Romanoff qu'elle ne pouvait pas inventer un mensonge pareil aussi vite - pour quelqu'un qui n'était pas entraîné à l'espionnage-.

- Clint ? Lâcha-t-elle, stupéfaite.

- Oui, répondit sereinement la jeune femme qui ne pouvait pas louper la surprise chez son interlocutrice. Elle devait très bien connaître cet agent, parce que son étonnement se voyait comme le nez au milieu de la figure. La Relique m'a expliqué qu'il disposait de la même force de renoncement qu moi, continua-t-elle d'expliquer. Je n'ai, encore une fois, pas tout saisi mais il était clair qu'il était parfait pour être le porteur de la Relique à ma place. Et c'est pour ça que je suis retourné dans la base. Puis, soudainement penaude, elle ne put se retenir d'avouer une petite vérité douloureuse. Elle avait réellement besoin de se laver la conscience et, encore une fois, elle profitait de la compréhension de la rouquine. Ce n'est que lorsque je suis arrivé en bas que j'ai compris qu'il fallait que je vous sorte de là avec l'énergie noire, pour ne pas que vous mourriez. J'ai..., la vérité était difficile à lâcher,...j'ai été égoïste. À vrai dire j'en avais pas grand chose à faire de toute cette histoire, et je n'avais qu'une envie : rentrer chez moi et être à nouveau tranquille.

Natasha ne savait même plus quoi répondre, se sentant presque décalé devant cette fille beaucoup plus jeune mais qui semblait beaucoup plus mature qu'elle. Kathe avait une vision d'elle-même très clair, et c'était d'autant plus impressionnant au vue de la situation dans laquelle elle se trouvait. Mais au lieu de se défendre avec acharnement, relâchant absolument toute les culpabilité sur le dos de Loki - elle aurait très bien pu le faire, et ça aurait marché !- elle restait assez noble d'esprit pour accepter et assumer sa responsabilité. Son jugement était quasi impartiale, même pour elle, et elle ne fut pas non plus compatissante lorsqu'elle remit subitement en doute les compétences du Shield.

- Et puis dans le fond, c'était surtout à vous de faire quelque chose, continuait-elle de plus en plus durement, sa tristesse laissant peu à peu place à la colère. Je vous rappel que c'est quant même vous les héros sur cette planète. Vous êtes les Avengers, lui dit-elle en l'accusant presque directement, parfaitement consciente de son appartenance à l'élite de l'agence secrète. Vous auriez dû être capable de vous défendre tout seul. Au lieu de quoi j'ai été obligé de mettre ma vie en péril pour me battre, seule, comme un extra-terrestre alors qu'i peine quelque mois je me serai enfui en courant devant une araignée un peu trop grosse. Je ne sais même pas où j'ai pu trouver la force pour faire tout ce que j'ai fait et je ne pourrais sûrement jamais expliquer tout ce qui à bien pu me passer par le tête à ce moment là. La colère, lourde et palpable, s'évanouit alors soudainement, fondant aussi rapidement que la neige au soleil pour finalement laisser à Kathe un ton lasse, terriblement fatigué,...Mais j'ai réussi. Je suis allé jusqu'au bout des choses et, même si je n'y suis pas pour grand chose, le Démon est mort. Il n'y plus aucun danger...pour personne. C'est le principale, vous ne croyez pas ? Demanda-t-elle alors, d'une voix quasi suppliante, ne sachant trop elle-même qui elle était entrain de convaincre.

- Oui...c'est une très bonne chose même, enchaîna alors l'agent en tentant de garder son calme devant les propos de la jeune femme qui l'avait profondément chamboulés. Elle avait raison, cette fille s'était battue toute seule pour survivre et tenter de faire au mieux malgré tout ses événements qui la dépassaient. Si ça ne tenait qu'à elle, cela ferait longtemps maintenant que Kathe serait rentré chez elle. Ça me fait penser que je ne vous ai pas encore remercier de m'avoir sauvé du Démon.

- Ce...ce n'était pas grand chose, souffla l'intéressée, prise d'un léger malaise de savoir que les Avengers eux même l'avait vu se battre contre le Démon. Elle avait même utilisé le marteau de Thor et avait foutu une sacré rouste au Démon malgré l'armure en acier d'Iron-man. Elle se demandait bien ce qu'ils pouvaient penser d'elle, au delà de son étrange relation qu'elle avait entretenu avec Loki pendant autant de temps.

- Si, c'était vraiment quelque chose. Alors...Merci.

Et elle n'ajouta rien de plus. Car il n'y avait rien de plus à dire et qu'elle voyait bien que cela la mettait légèrement mal à l'aise, sa timidité colorant involontairement ses joues d'une légère teinte rosée. Cette fille était vraiment bizarre, au yeux de Natasha qui commençait peu à peu à s'habituer à sa façon d'être.

- J'aimerai vous poser encore une ou deux questions, enchaîna-t-elle alors, son regard vif distinguant des signes de grosse fatigue chez la jeune femme. Mais je peux revenir vous voir plus tard si vous voulez. Vous avez l'air fatigué.

- Non, répondit aussitôt Kathe, qui combattait ardemment la fatigue, réussissant à garder ses pensées alerte et ses yeux ouverts malgré le poids du sommeil, toujours plus lourd. J'aimerai qu'on en finisse vite, s'il vous plait.

- Bien, alors j'aimerai avoir la certitude qu'il ne vous est rien arrivé de grave lors de votre voyage aux côtés du Dieu du Chaos.

- Je... je ne suis pas sûre de comprendre, souffla Kathe, légèrement indécise devant une telle question. Évidemment qu'il lui était arrivé des trucs graves ! Elles venaient tout juste d'en faire le tour.

L'agent sortit encore quelque cliché de ses documents. Elle tendit aussitôt une des photos à la jeune femme, suivit par un papier dans un charabia médical qu'elle ne pourrait jamais comprendre. De toute façon elle était bien trop traumatisée par tout le sang présent sur la photo pour faire attention à ce qu'il y avait écrit sur cette feuille.

- D'après le registre du gérant du motel, où à été prise la photo, c'est «une jeune femme d'une vingtaine d'années, yeux sombre, cheveux mi-long et châtains»..., lisait-elle d'un rapport qu'elle tenait sous ses yeux,... qui à louée cette chambre. La rouquine continua de parler tout en éparpillant quelques clichés sous les yeux terrorisées de Kathe. Celle que vous tenez dans les mains, c'est la chambre. Là, les expert ont trouvé une large fissure dans le planché, comme si une lame de couteau était venu se clouer là avant d'être retiré. Et là..., ajouta-t-elle en glissant une nouvelle photo, bien en évidence sur la table, ... c'est la salle de bain.

Elle laissa la jeune femme détailler le cliché de la salle de bain, voyant son visage blanchir de plus en plus, avant d'enchaîner avec beaucoup de sérieux.

- Il a beaucoup de sang sur cette photo, mademoiselle Crowford.

Un lourd silence s'installa, Kathe reposant les documents sur la table en les éloignant le plus possible, ses yeux sombres cherchant un endroit où se cacher pour l'éternité. L'agent, quant à elle, n'eut d'autre choix que d'avancer ses théories sur la table pour espérer la faire sortir de sa torpeur terrifiée.

- Le lieux, la date, et la description du gérant, ne font aucun doute, c'est bien vous qui avez loué cette chambre. Et ce document, continua-t-elle en pointant du doigt la feuille aux inscriptions médicales - même si Kathe ne la regardait pas-, est la preuve que c'est bel et bien votre sang que l'on à retrouvé dans cette salle de bain. La pièce est dans un piteux état... Et J'imagine qu'il a dû se passer quelque chose de grave pour que vous perdiez autant de sang. Elle attendit une seconde avant de poser la question qui lui brûlait les lèvres : Que s'est-il passé dans cette chambre, mademoiselle Crowford ?

Kathe voulait qu'elle arrête de prononcer son nom de cette façon. Elle préférait oublier que c'était bien à elle qu'elle s'adressait, oubliant les souvenirs, les questions et tout le reste en restant figé dans un silence de glace. Comment aurait-elle pu faire autrement ? Elle était tellement choqué et anéantit, et elle n'oserait jamais avouer ce qu'il s'était passé cette nuit terrible où elle avait à jamais perdu sa naïveté. Seulement Natasha n'avait pas l'air d'avoir dit son dernier mot, ni même sortit sa dernière carte, et l'angoissant jeu des questions-réponses continua de plus bel lorsqu'elle sortit un nouveau cliché de son maudit porte document.

Kathe avait comme des envie de le brûler, le réduisant en cendre avec tout les souvenirs atroce qu'il contenait. Mais elle n'espérait même pas pouvoir les effacer à tout jamais, devinant que le Shield avait des sauvegardes de ces photos cachées quelque part, pour que sa honte soit vivante à tout jamais. Elle n'aurait vraiment pas put rêver mieux...

- Vous reconnaissez bien évidemment cet homme, lança alors la rouquine en tendant le nouveau cliché à la jeune femme.

Kathe en aurait rendu son dernier repas si tout sont être ne s'était pas tétanisé sur place, l'empêchant presque de respirer. C'était une photo de Jonathan, la photo présente sur sa carte d'identité pour être tout à fait exact. Elle s'en souvenait parfaitement et, malgré que ce soit une photocopie agrandit de l'original, Kathe n'aima pas du tout les quelques traces de brûlé qu'elle distingua sur les contours du cliché. Ça lui donnait froid dans le dos et c'est tout naturellement que son corps frissonna d'horreur alors qu'elle entendait l'écho du dernier hurlement de douleur de son ex petit-ami avant qu'il n'explose en même temps que son pick-up.

- Oui, je le reconnaît, s'étrangla-t-elle à moitié, retenant de plus en plus difficilement ses larmes tout en étant de plus en plus fatigué d'être trimballé de haut en bas depuis bien trop longtemps déjà. Si ces montagnes russes émotionnelle ne s'arrêtaient pas, elle ne donnait pas chère de son mental à la fin de la journée. C'est mon ex...

- Quand l'avez vous vu pour la dernière fois ? Demanda l'agent.

Incapable de lui mentir de manière aussi frontale et pour quelque d'aussi grave - dont elle portait intérieurement l'entière responsabilité- Kathe baissa les yeux sur la table sans rien répondre du tout.

- Est-ce que vous savez ce qui lui est arrivé ? Insista-t-elle encore un peu sans trop d'espoir. C'est un nouveau lourd silence qui lui répondit et elle décida d'y aller franco. Jonathan Mc Lan à été retrouvé mort dans les restes encore fumant de son véhicule, en plein milieu du désert du Nouveau-Mexique. En faite, il a même été retrouvé à seulement dix bornes du motel où vous résidiez la nuit de son meurtre. Plusieurs de ses relevés bancaires montrent qu'il a tourné longtemps dans la région et quelque chose me dit que vous et Loki avez fait la même chose avant de décider d'infiltrer la base souterraine. Encore une fois les lieux et les dates concordent parfaitement, ça ne peut pas être un hasard. Et je suis sûr que vous vous êtes croisé cette nuit là.

Kathe se mettait maintenant à trembler sur sa chaise et cela suffit amplement à Natasha pour comprendre qu'elle était dans le vrai depuis le début. Elle n'était pas sûre que balancer tout ça, d'un bloc et sans pincettes, allait aider la jeune femme à se calmer. Mais il fallait qu'elle en ait le cœur net. Son opinion générale sur cette fille dépendrait de ce qu'elle avait à dire sur cette affaire. C'était plus une curiosité personnel qu'une directive du Shield et, comparé au reste de l'interrogatoire, ce petit détail n'avait d'importance que pour elle.

- Ce garçon, Mc Lan, il vous à cherché vraiment partout. Et plusieurs de mes collègues, qui ont eut à faire à lui, ont tous été très surpris de la véhémence avec laquelle il leur à demander de vous retrouver. Ils ont notés..., elle fouilla un instant dans ses documents avant de continuer, ... « Un comportement suspect, à surveiller de près.» Ainsi qu' « une difficulté à canaliser ses émotions, parfois violentes.» C'est n'est pas un comportement très glorieux pour votre compagnon.

- Ex, lâcha vaguement Kathe.

- Je vous demande pardon ? S'étonna la rouquine.

- J'ai dit «EX» compagnon. Ça ne doit pas vous paraître très clair mais j'étais partit en Alaska pour me ressourcer et trouver un moyen de rompre une bonne fois pour toute avec lui, expliqua-t-elle.

- Hum... je peux le comprendre. Prendre de la distance est parfois très bénéfique, surtout lorsque l'on cherche à fuir quelqu'un de violent. Il vous frappait, n'est-ce pas ?

La question, lâcher avec une telle simplicité quasi insultante, eut le don de clouer Kathe sur place. Le choc dura quelque seconde, où elles se fixèrent dans le blanc des yeux, Natasha consciente d'avoir été un peu trop vite et Kathe pesant le pour et le contre entre la gène ou la colère. Elle avait tout les airs d'un cas classique de femme battue, un nom de plus dans un dossier gros comme la lune de toutes les femmes violentées dans l'histoire de l'humanité. Mais ça ne l'empêchait pas se sentir vexée par la nonchalance avec laquelle l'agent en parlait. Comme si c'était une chose courante, banale, facile. C'était un enfer, et elle ne supportait pas qu'on lui rappel ses erreurs passées de frayeur mêlée de lâcheté.

- Je ne vois pas ce que ça à faire avec nous, lâcha-t-elle finalement, ravalant toutes ses émotions en restant aussi stoïque que possible sur sa chaise.

- Pardon... je ne voulais pas vous blesser ou paraître impolie, répondit aussitôt la rouquine, tentant de calmer le jeu. Mais... J'ai comme l'impression que vos vieux démons vous ont rattrapés alors que vous étiez encore avec Loki. Je suis sûre qu'il n'est pas responsable de tout ce sang que l'on a retrouvé dans cette salle de bain de motel. Bien au contraire.

Kathe la regardait sans bouger, clignant à peine des yeux sans jamais la lâcher du regard, elle l'écoutait attentivement lui expliquer sa théorie. Elle était étonnée, et aussi légèrement effrayée, par la facilité avec laquelle cette femme était capable de décortiquer n'importe qu'elle insignifiante information pour en faire jaillir la vérité. C'était à la fois impressionnant et terrifiant, Kathe craignant de la voir fouiller toujours plus loin pour finalement découvrir elle-même absolument tout ce qu'elle tentait encore de cacher.

- Il vous a vue en compagnie de Loki, n'est-ce pas ? Continua l'agent, ne pouvant rien faire d'autre. Il vous à vu et il a tout de suite pensé avoir un concurrent. Pour une personne décrite comme « extrêmement fière», lut-elle encore, ça à du lui faire un choc de découvrir que sa petite copine s'était enfuit avec un autre homme. C'est là qu'il a décidé d'en finir, lui aussi, avec vous. Mais d'une toute autre façon. Il vous à entraîné dans le désert et, là, il à attenter à vos jours à l'endroit même où il à été lui même retrouvé mort.

Elle sortit un nouveau cliché, sur lequel on pouvait voir une large tâche de sang séché sur le sable du désert. Mais Kathe s'en fichait royalement, ne la regardant même pas, continuant simplement de fixer l'agent sans croire qu'elle puisse tout découvrir grâce à de simples photos.

- Les experts ont fait toutes les analyses possibles et c'est bien votre sang qui se trouvait également là bas. Vous y étiez, le soir où il est mort. Et je suis sûr que Loki y était aussi. Il est arrivé un peu en retard, d'où votre sang retrouvé sur les lieux du crimes, mais il aura tout de même réussi à vous faire sortir vivante de ce désert. Malheureusement, on ne peut pas en dire autant de votre «ex» compagnon. Et vous ne pourrez jamais porter plainte contre lui.

-Comment...Comment pouvez vous deviner toutes ces choses ? Demanda alors Kathe d'une voix blanche avec une expression de totale désarroi sur le visage.

- Vous n'êtes pas la première victime de Jonathan Mc Lan, vous savez, lâcha alors Natasha, plongeant un peu plus la jeune femme dans l'incompréhension. Elle lui tendit alors la photo de deux jeunes filles, à peines plus jeunes qu'elle. Voici Jena Riley et Sarah Courtner, elles ont toutes les deux disparut dans la nature avant d'avoir atteint leur majorité. Leur point en commun n'est autre que Mac Lan, qu'elles ont toutes deux fréquentées avant de disparaître. La police n'a jamais eut aucune preuve contre lui mais les doutes était bien là, même si les corps n'ont jamais pu être retrouvés. Mademoiselle Riley s'était rendu au commissariat de son quartier pour porter plainte contre lui. Il la frappait, et la menaçait de la tuer, c'est écrit noir sur blanc sur ce document judiciaire, expliqua-t-elle en agitant un papier, noir d'une toute petite écriture d'imprimerie et portant le gros titre de « déposition pour coups et blessures aggravés».

Kathe n'en revenait pas. Elle n'était donc pas la seule... et elle était passé vraiment très-très près de se faire réellement assassiner par ce malade mental. Elle avait vite compris qu'il avait un sérieux problème mais de là à l'imaginer comme un tueur en série ! Ça, jamais elle n'aurait pu le deviner. Et elle avait coucher avec lui pendant toutes ces années ! Elle en avait la nausée rien que d'y penser, comprenant enfin pourquoi il était tant penché sur la souffrance des autres et l'humiliation dégradante. Heureusement pour elle que ce crétin n'était pas très imaginatif ! Et il buvait tellement qu'il était, là plus par du temps, complètement impuissant. Sans ça, qui sait ce qu'il aurait pu inventer pour la tourmenter de la pire des façon.

Elle était horrifié d'être resté autant de temps à côté d'un dégénéré pareille et elle était déjà prête à remettre durement sa mère à sa place si elle lui ressortait encore le coup du « Jonathan ferait un très bon gendre, tu sais.» ! Elle était tellement choqué de cette horrible vérité qu'elle avait la légère impression d'étouffer. Natasha sembla s'en rendre compte, parce qu'elle ajouta, aussitôt après, la dernière chose que la jeune femme pensait entendre pour la réconforter.

- Mais heureusement pour vous, Loki vous à sauver la vie ce soir là. Et il vous a ramené à votre motel pour vous guérir avec la Relique, d'où les trace de sang dans la salle de bain sans qu'il n'y ait de trace de lutte dans la chambre.

Ce petit rappel marcha à merveille, aussi étonnant que cela puisse paraître pour Kathe. Mais, enfin de compte, c'était bien vrai et «Il» avait aussi fait disparaître Jonathan de la surface de cette planète pour qu'il ne lui fasse plus jamais de mal. Elle avait été légèrement traumatisé de son geste, mais maintenant qu'elle discernait l'ampleur de la folie de son ex elle était plus qu'heureuse qu'il ait enfin reçut la justice divine qu'il méritait. Il était tombé sur plus meurtrier et plus fort que lui et il avait tout simplement perdu, victime à son tour de la folie meurtrière d'un autre individus. Mourir de cette façon était presque injuste pour Jonathan mais finalement il n'avait fait qu'endurer la mort atrocement injuste qu'il avait fait subir à ces deux filles. Kathe était certainement la fille la plus chanceuse du monde d'avoir eut droit à la protection infernale du Dieu déchut le plus violent de l'Univers. Et elle était fière maintenant de savoir que grâce à elle, il y avait un malade mentale en moins sur terre. Jonathan ne ferait plus jamais aucune victime. C'était fini.

Natasha resta un long moment silencieuse avant de faire quelque chose qui laissa Kathe sans voix. Elle se leva de sa chaise et la traîna tranquillement jusqu'à l'unique porte pour finalement bloquer la poignée avec, empêchant ainsi quiconque de rentrer - à moins bien sur de n'exploser la porte en milles morceaux, ce qui n'arriverait sûrement pas-. Le directeur Fury avait une grande confiance en elle et il savait qu'elle ne ferait jamais de mal à Kathe mais Natasha avait besoin de parler en privé avec elle et elle refusait que quelqu'un entende ce qu'elle avait à lui dire. Alors, après avoir bloqué la porte pour être sûr que personne ne viendrait les déranger, elle se dirigea vers un coin de la pièce, s'éleva sur la pointe des pieds et fis glisser une plaque subtilement caché dans le mur. Derrière, Kathe put apercevoir une caméra et plein de câbles emmêlés les uns dans les autres. L'agent la surpris en sortant un petit couteau de sa ceinture pour couper les files d'alimentation du dispositif d'espionnage. Plus personne ne pouvait ni les entendre, ni même les voir.

- Voilà, avec ça on sera tranquille. Au moins le temps pour moi de vous dire tout ce que j'ai à dire, lança-t-elle alors à l'intention de Kathe, en se rapprochant d'elle sans trop faire attention au regard légèrement apeuré qu'elle lui lançait.

La jeune femme recula inconsciemment sa chaise lorsque l'agent posa ses deux mains à plat sur la petite table, de chaque côtés du dossier soigneusement rangé pour se pencher légèrement en avant, tout en la fixant très sérieusement. Kathe n'osa pas se lever pour lui faire face, les yeux dans les yeux, mais elle se jura que si l'agent tentait quoi que ce soit de menaçant, elle se défendrait bec et ongles. Ne se doutant pas que la rouquine voulait juste parler et comprendre, de femme à femme, ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour qu'elle suive toujours plus loin le Dieu du Chaos. Elle avait crut ses propos, écoutant attentivement sa version de l'histoire. Mais elle n'était pas la meilleur agent des interrogatoires pour rien et elle avait très bien vu que Kathe se foutait d'elle en ce qui concernait sa relation avec le Dieu. Elle ne lui avait absolument pas tout dit

- Quand avez vous compris que vous l'aimiez ? Demanda-t-elle alors tout d'un coup.

- De qui...de Jonathan ? S'étonna Kathe, qui ne comprenait pas vraiment pourquoi l'ambiance changeait subitement du tout au tout et légèrement mal à l'aise de ne comprendre que maintenant que leur conversation était filmée et écoutée par d'autre agent hors de cette pièce... Mais plus maintenant apparemment.

- De Loki, ajouta la rouquine pour se faire comprendre.

Kathe écarquilla les yeux de stupeur, ne s'attendant à rien d'aussi catégorique de la part d'un agent du Shield, quel qu'il soit. De là à comprendre qu'elle était amoureuse de lui depuis longtemps, ça dépassait totalement sa compréhension.

- Mais je...Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez. Je..., tenta-t-elle de se défendre, sans succès vu qu'elle se faisait déjà couper la parole.

- Ce n'est pas la peine de me mentir, je l'ai deviné depuis longtemps déjà. Mais vous pouvez être sûr que ça restera entre nous deux. Je n'ai pas l'intention de dire quoi que ce soit à l'agence à ce sujet mais j'ai besoin de savoir si Loki représente encore un risque pour la sécurité de la planète. Et pour ça j'ai besoin que vous me disiez absolument tout ce que vous avez appris sur lui. Vous êtes la seule à avoir passé autant de temps seule avec lui, vous devez sûrement détenir une information importantes, même sans le savoir. Alors dites-moi; vous êtes amoureuse de lui depuis longtemps n'est-ce pas ?

Kathe ne lui répondit rien, détournant même son visage sur le côté pour ne pas lui laisser deviner quoi que ce soit. Mais c'était sans compter sur le don de voyance de l'agent Romanoff.

- Vous êtes amoureuse de lui depuis le début, c'est ça ? Demanda-t-elle d'une voix conciliante. Il vous à tout de suite plu et c'est pour ça que vous avez décider de l'aider à fuir la Terre. Vous l'avez pris en pitié d'une certaine façon.

_ «Il» n'est pas vraiment le genre que l'ont prend en pitié, souffla douloureusement Kathe, se forçant à parler pour que la torture s'arrête enfin. Ni même celui dont on tombe amoureuse.

- Mais vous l'avez fait. Vous êtes tombé sous son charme. Je peut presque le comprendre, avoua-t-elle alors en se redressant d'un coup. Elle capta aussitôt le regard sombre de la jeune femme, cette dernière transpirant déjà la jalousie alors qu'elle n'avait encore rien dit. Il est le genre d'homme qui fait se retourner les femmes. L'ayant moi même rencontré en chère et en os je peux même dire qu'il dispose d'un charme tout particulier qui le distingue réellement des autres.

Là c'était sûr, Kathe était prête à lui sauter à la gorge, ses yeux noirs bouillant d'une colère incontrôlable. Natasha en aurait presque rit tant il était facile de la faire sortir de ses gonds. Elle se fichait de Loki, n'ayant envers lui qu'une vision net et sans mal entendu. Elle avait elle-même ses démons et ses sentiments violents à contrôler pour prendre le temps de seulement s'intéressé au Dieu. Elle avait Barton dans sa vie, et ça lui suffisait amplement. Prête elle aussi à lancer un regard meurtrier à chaque femme qui ferait une éloge de lui un peu trop appréciable. Elle ne pouvait donc pas en vouloir à Kathe, sa crise jalousie n'étant que le fruit de se qu'elle cherchait à raviver chez elle.

- Ne vous inquiétez pas. Loki ne m'intéresse pas de cette façon. Je suis simplement curieuse de savoir jusqu'à quel point vous êtes liés l'un à l'autre.

- Il n'y absolument rien qui nous relis l'un à l'autre ! S'énerva alors d'un coup l'intéressée. Il n'y avait que la Relique ! Et lorsqu'il à compris que ce serait trop difficile de me garder comme porteur il à décidé de se débarrasser de moi, sans aucune hésitation !

Natasha resta très calme, face à ce violent coup de colère. Elle garda un silence religieux, écoutant attentivement les mots de Kathe pour en découvrir la vérité.

- J'ai été stupide ! Vous entendez ?! Et vous êtes tout aussi stupide que moi de croire qu'il y ait pu y avoir quoi que ce soit entre nous qu'une relation ravisseur/otage ! Il ne m'a jamais apprécier, et encore moins aimé ! Je n'était qu'un boulet à son pied, qu'on traîne aussi loin que possible avant d'enfin trouver un moyen de rompre tout contact. J'ai été utile, mais ça n'a duré qu'un temps et il à fait ce qu'il fait de mieux, il à choisi de me trahir en me jetant dans le vide. Il a tenté de me tuer ! Certainement pour que jamais je ne puisse révéler au Shield ses petits secrets !

Cette fois s'était trop pour qu'elle ravale encore ses larme et elle sentit rapidement une première goutte salée glisser sur sa joue, suivit très rapidement par d'autre. Mais elle restait silencieuse, pleurant à chaudes larmes tout en restant de marbre sur sa chaise. Elle avait croisé les bras, refoulant ce vide qui ne cessait de se creuser là où il y avait eut de l'amour. Mais sa position de renfermement totale sur soit fut plus que déstabilisé lorsque la rouquine reprit subitement la parole, ne semblant pas vouloir laisser son pauvre cerveau -en surchauffe- en paix.

- Il n'y a pas eut que des contacts mains dans la mains entre vous; je me trompe ? Demanda-t-elle, même si elle devinait déjà la réponse.

- Et je peux savoir ce qui vous fait dire ça ? Relança vivement la jeune femme, incapable de croire qu'elles étaient bel et bien entrain de parler de ... «ça».

- Franchement, ça paraît plus qu'évident lorsqu'on connaît un peu sa personnalité.

- Quoi, vous voulez dire que je ne suis rien d'autre qu'une pauvre crétine de plus, parmi tant d'autre, qui s'est retrouvé à écarter les cuisses devant lui ? C'est ça ? Lâcha froidement Kathe, serrant les dents pour ravaler sa colère tout en s'empêchant de se lever à son tour pour se mettre à la même hauteur que la rouquine. Elles faisaient toutes les deux à peu près la même taille, et pour une fois Kathe était sûre de pas avoir à lever les yeux pour hurler son mécontentement.

- Et bien..., commença l'agent en posant une main souple sur le dossier toujours posé sur la table.

- Pitié, ne me dite pas que vous avez une autre photo à me montrer, souffla dangereusement la jeune femme qui se sentait de plus en plus à bout et parfaitement incapable de supporter la vue d'un nouveau cliché qui lui rappellerait des mauvais souvenirs.

Ces quelques mots firent sourire l'agent du Shield qui ne chercha cependant pas à sortir la photo qu'elle avait bel et bien dans son dossier et qu'elle voulait montrer à Kathe.

- Non, je n'ai pas de photo à vous montrer, mentit-elle sans aucun scrupule. En revanche j'ai ici le témoignage intéressant d'une jeune femme victime d'une agression, continua-t-elle, sans sortir le document du dossier. La jeune femme à décrit un homme ressemblant trait pour trait à Loki.

- Pure hasard, rétorqua aussitôt Kathe. Nous avons toujours été l'un à côté de l'autre. Il avait sûrement trop peur que je me sauve.

- Évidemment, nous nous en doutions et c'est pourquoi nous avons pris cette affaire très au sérieux. Car la jeune femme à fait aussi une très net description de votre physique, décrivant votre taille, vos cheveux et même votre façon de parler. Elle a dit que vous l'accompagniez, semblant très proche de lui.

Kathe ne trouva rien à redire à ça.

- Pourtant Loki est bel et bien revenu, plus tard dans la nuit, enchaîna Natasha, et c'est là qu'il l'aurait agressé.

- ...Agressé comment ? Demanda la jeune femme d'une voie tremblante.

- Il ne la pas frappé et, apparemment, l'agression ne fut pas du tout douloureuse pour elle. Mais il semblerait que son père l'ait forcé à porter plainte quand il l'a retrouvé, choquée, à l'arrière du petit restaurant familiale. Un restaurant à la décoration des années cinquante, situé au bord de la seule toute qui traverse l'est du désert du nouveau-mexique. Je suis sûr que vous vous en rappelez très bien. La serveuse..., ajouta-t-elle encore d'une vois légèrement plus douce, ...vous ressemble un peu.

Mais Kathe ne l'écoutait presque plus. Elle se souvenait. Les souvenirs de cette soirée lui revenaient en bloc et elle n'arrivait pas à croire que Loki ait pu faire une telle chose. Qu'il ait agressé une femme pour assouvir un besoin primaire ne l'étonnait pas plus que ça. Mais elle était choquée qu'il l'ait abandonné comme une pauvre misérable dans la chambre du motel alors, qu'à ce moment là, la seule chose qu'elle avait souhaité s'était de se retrouver à la place de cette serveuse. Mais ce salaud lui en avait préféré une autre ! Il en avait eut envie, ayant toutes les chances devant lui pour se saisir violemment d'elle sans qu'elle ne cherche une seule seconde à se défendre. Mais, apparemment elle n'en valait même pas la peine ! Contrairement à cette fille qu'il ne connaissait même pas !

Elle ne voulait même pas savoir ce qu'il lui avait fait, devinant qu'elle avait certainement eut bien plus qu'elle et qu'elle mourrait avec les souvenirs brûlants d'une nuit en compagnie du Dieu du Chaos. Tandis qu'elle devrait vivre une vie de martyre en souffrant de n'avoir eut droit qu'à un moment terrible, mêlée de sang et de magie, qui lui laissait un goût atroce d'inachevée dans la bouche. Elle crevait de n'avoir que peu de souvenirs agréable à mettre en face de toutes les horreurs qu'il lui avait fait vivre. Et cette fille avait eut ce qu'elle n'avait jamais réussi à avoir en seulement quelque regard échangés en cinq minutes ?! C'était terriblement injuste ! Ou était donc passé cette putain d'équité de l'Univers ?! Kathe espérait de toute son âme une souffrance atroce pour cette maudite chanceuse qui lui avait volé son moment. Ce n'était absolument pas dans ses habitudes de maudire quelqu'un qui ne lui avait absolument rien fait - directement-. Mais elle avait tellement la rage devant cette situation injuste qu'elle n'arrivait tout simplement pas à retenir sa haine envers celle qu'elle considérait comme la coupable et non la victime.

Bien évidemment la jeune femme n'avait aucune envie de se faire agresser, par qui que ce soit, pourtant elle se crispait de dépit face à la réalité : le Dieu avait couché avec une humaine, et ce n'était pas elle. Une autre avait eut droit au privilège de l'approcher au plus près malgré tout les efforts qu'elle s'était donné à se faire une place à ses côtés. Elle n'était donc vraiment rien à ses yeux pour qu'il lui préfère une autre fille, et qu'importe qu'elle lui ressemble ou non. Elle s'était battue tout ce temps pour rien du tout et cet perte de temps lui était plus qu'insupportable.

- ... Le salaud, souffla-t-elle pour elle-même, des larmes silencieuses coulant abondamment sur son visage. Mais elle était à présent trop en colère contre lui pour se laisser à sangloter comme une petite fille. Car cette trahison là était pire que toutes les autres. Elle comprenait dans une gifle monumentale qu'elle n'était rien de plus qu'un outil pour lui. Au delà de sa condition d'humaine, Kathe n'était même pas une femme à ses yeux. Et elle devinait à quel point cela avait du être horrible pour lui de la toucher lorsqu'il lui avait apposer sa marque sur la chaire. C'était une vrai torture rien que d'y penser.

- Vous savez ce que je crois ? Questionna alors la rouquine.

- Non et, franchement, j'en ai rien à faire, souffla la jeune femme, cherchant à ne pas paraître trop grossière même si l'envi ne manquait pas. Elle en avait assez des vérités douloureuses qu'elle ne cessait de lui envoyer au visage.

- Je crois qu'il vous respectait bien trop pour vous faire la même chose qu'à cette serveuse, répondit tout de même l'agent sans prêter attention à la réponse amère de Kathe. Il n'avait pas envie de vous faire de mal, de quelque façon que ce soit.

- Il m'a quand même poussé dans le vide. Ce n'est pas vraiment une marque de respect, souffla Kathe, l'amertume de plus en plus puissante dans le ton de sa voix.

- Je crois qu'il a appris à bien vous aimer, enchaîna encore l'agent, sans même relever un sourcil devant le regard noir qu'elle lui envoya. Mais elle ne se lassa pas démonter et continua, et il a finit par vous voir comme une personne à part entière et non pas simplement comme une humaine et une femme.

- Taisez-vous, grinça Kathe en se relevant comme un diable de sa chaise pour reculer en arrière dans un mouvement automatique de refus totale.

- Je comprend que vous refusiez de voir la réalité en face, surtout après tout ce que vous avez dû endurer, continua sans relâche l'agent. Mais Loki n'aurait jamais loupé une occasion de vous faire du mal s'il n'avait pas été attaché à vous. Il est le mal incarné et ces plusieurs visites sur Terre ont laissées des centaines de cadavres, d'agents et de civiles innocents, massacrés pour son bon plaisir et sa soif de pouvoir. Si vous n'aviez été qu'une humaine, et une femme, à ses yeux, il vous aurait violé comme il l'a fait avec cette serveuse. Mais il ne l'a pas fait parce que vous êtes bien plus que tout ça pour lui. Vous êtes importantes. Et peut-être que, sans le savoir, il vous ai...

- Non, c'est faux ! Taisez-vous ! S'énerva Kathe, en lui coupant brutalement la parole bien qu'elle continue encore de reculer. C'est faux ! Répéta-t-elle encore dans un couinement affolé, les larmes mouillant ses joues.

Et c'est à ce moment là que Natasha comprit enfin l'ampleur de la douleur qu'elle pouvait ressentir. Ces paroles n'avaient plus rien de réconfortantes dans une situation comme celle-ci. Quoi qu'elle dise, Loki était bel et partit loin d'ici et la jeune femme n'aurait plus jamais aucune chance de le revoir un jour. C'était fini, et c'est ça qui la tuait de l'intérieur, son chagrin la noyant toute entière sans que sa réserve naturelle ne puisse rien y changer. Elle ne pouvait même plus attendre la solitude pour se laisser craquer une bonne fois pour toute et elle ne pouvait que pleurer aussi silencieusement que possible devant l'agent Romanoff.

Cette dernière comprit, qu'elle lui faisait plus de mal que de bien, beaucoup trop tard à son goût. Elle avait juste voulut lui faire comprendre cette petite vérité, qu'elle croyait importante et qu'elle imaginait sans mal redonner un peu de vie à cette fille traumatisée qu'elle avait devant elle. Seulement, tant qu'elle ne pourrait pas faire revenir elle-même Loki à ses côtés, tout ce qu'elle pourrait dire s'avérerait totalement inutile. Qu'il l'aime ou non, qu'il la respecte ou non, qu'il veuille d'elle dans sa vie ou non, Kathe semblait se ficher royalement de ce qu'il pouvait penser d'elle. En revanche elle ne pouvait pas supporter le fait qu'il ne reviendrait jamais.

Kathe avait tout perdu. Absolument tout.

Même le manque de la Relique lui pesait douloureusement sur la poitrine et elle pleurait pour ça aussi. Tout comme elle pleurait du départ cruel du Dieu. Elle pleurait pour cette atroce solitude qui la prenait toute entière, ne se sentant plus à se place nul part. Perdue, éparpillée dans son propre destin, elle coulait à pic dans le vide infernal qui se creusait toujours plus profondément en elle. Elle était tellement concentré à ne pas flancher totalement dans ce gouffre intérieur, qu'elle n'entendit qu'à moitié l'agent Romanoff s'excuser pour ses propos déplacés, soufflant que ça ne la regardait pas plus que ça finalement. Sa relation étroite avec le Dieu du Chaos n'avait pas d'impact particulier sur la suite des événements. Et elle pensa nécessaire de lui rappeler que cette «conversation» resterait totalement secrète. Elle n'avait pas d'inquiétude à avoir sur ce sujet. Mais Kathe n'écoutait plus du tout, à présent. Légèrement retourner vers un recoin du mur, elle serrait fermement sa poitrine dans ses bras en fixant intensément le bout de ses basket déchirées. Elle ne voulait plus rien avoir à faire avec cette femme. Loki avait raison, elle était le diable en personne.

Alors, lorsque Natasha lui dit calmement que quelqu'un viendrait très vite la chercher pour l'emmener dans un endroit où elle pourrait dormir tranquillement, la jeune femme ne réagit pas du tout.

Ne bougeant pas d'un millimètre, elle garda un silence totale tandis que la rouquine récupérait le dossier sur la table pour ensuite se diriger vers l'unique porte. Elle dégagea la chaise de la poignet, pour la déposer souplement sur le côté, et elle lança une dernière formule de politesse derrière elle avant de sortir. Laissant Kathe et son désespoir en paix, consciente d'avoir pousser son esprit fatigué à bout. Elle regrettait d'avoir lâché tout ça comme ça mais ça avait été presque plus fort qu'elle. Cette fille était bien étrange...

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Kathe avait été rapidement conduit à une pièce moins lumineuse mais tout aussi simple. Elle n'avait pas beaucoup réfléchi lorsque la porte s'était refermée derrière elle, l'a laissant seule. Elle avait simplement retirée ses basket pour finalement tomber de fatigue sur l'unique petit lit présent dans la petite pièce. Et elle dormit, elle dormit presque une journée entière, ne rêvant presque pas ou incapable de s'en souvenir au réveil. Enroulée dans les draps, une lourde couverture cachant son petit corps comme jamais, elle avait savourée ce repos jusqu'au bout, restant encore couchée pendant de longues heures après son réveil. Kathe aimait ce monde entre le rêve et la réalité, pas tout à fait endormie et toujours pas réveillée, elle nageait dans un espace léger, sans pensée, sans émotions. Elle n'était ni perdue, ni angoissée, mais simplement reposée, apaisée sous le poids de la couverture et de sa chaleur. La pièce était totalement calme et pendant de longue heures cela fut un véritable délice pour son cerveau ensommeillé. Ne cessant de se retourner encore et encore sur le petit matelas, elle s'était plusieurs fois réveillée et rendormis avant de ne même plus pouvoir fermer les yeux, son corps et son esprit parfaitement réveillé.

Ce ne fut qu'à ce moment qu'elle fut incapable de rester une seconde de plus couchée. Le silence reposant et la torpeur ensommeillée glissait peu à peu sur elle alors que ses démons intérieurs se réveillaient lentement, reprenant leur place de choix dans tout son être. La trouant toute entière, le désespoir s'insinuait jusqu'au plus profond de son cœur, la forçant très vite à sortir de sous les couvertures pour se redresser en position assise. Inconsciente du temps écoulé depuis qu'elle s'était endormis, Kathe se força à bouger refusant de laisser à son esprit le temps de s'angoisser à nouveau. Alors, pour s'occuper la tête, elle sortit vivement du lit, ré-enfilant aussitôt ses baskets pour ne pas marcher en chaussette sur le parquet glacé de la petite pièce.

À croire qu'ils la surveillaient vraiment de très près, car aussitôt après ces quelques mouvements un agent toqua à l'unique porte avant de l'ouvrir doucement. La jeune femme n'avait même pas eut le temps de seulement penser à refaire le lit ou de s'ennuyer, que déjà l'agent lui priait de le suivre. Il fut très patient et ne tiqua même pas devant l'air soupçonneux qu'elle envoya à sa main tendue vers la porte avant de le contourner largement pour sortir la première. Ils ne croisèrent absolument personne dans les longs couloirs gris et sans fenêtre de la base. Kathe ignorait où ils se trouvaient, simplement sûre de ne pas avoir quittée l'état du Nouveau-Mexique. Ils marchèrent tranquillement jusqu'à ce que l'agent s'arrête devant une salle apparemment uniquement destinée aux femmes vu le dessin féminin dessiné sur la porte.

- Vous trouverez des vêtements de rechange sur le banc, lança alors l'agent, lui prêtant presque aucune attention alors qu'il allait tranquillement s'adosser au mur. Je vous attend là. Essayez de pas être trop longue, ajouta-t-il encore sans que Kathe ne distingue rien de méchant dans son ton, sa remarque n'étant que celle d'un homme qui doit attendre qu'une fille ait fini sa toilette, sans distraction, tout seul et, en plus, debout.

Elle marmonna rapidement qu'elle avait compris et se jeta sans attendre sur la porte, se glissant de l'autre côté sans un regard pour son garde. Notant tout de même intérieurement qu'il avait l'air beaucoup moins méchant et sur-entraîné que les deux gorilles qui l'avaient garder jusque là. Elle le préférait lui. Ces airs détachés, et le fait qu'il ne soit pas un homme très impressionnant physiquement, l'aidait à se sentir en relative confiance.

Seulement, elle avait un besoin présent, et elle oublia très vite l'agent qui gardait la porte pour s'engouffrer vivement dans ce qui semblait être un grand vestiaire. Elle repéra aussitôt les toilette et préféra ne penser à rien le temps de se soulager. C'était plutôt facile, elle était occupée par quelque chose et ces gestes quasi mécanique avaient le mérite de la plonger mentalement dans un vide totale. Elle ne pensait à rien et c'est tout naturellement qu'elle commença à se débarrasser de ses vêtements en sortant des toilettes. Elle avait tout de suite repérée les douches ainsi que le sachet en plastique contenant des vêtements propres - et intactes- sur l'un des bancs qui encadraient les vestiaires. Machinalement elle chercha tout de même des caméras de surveillance. Mais soit elles étaient très bien cachées, soit le Shield avait au moins la décence de ne pas espionner leurs propres employées féminins lorsque celles-ci se changeait pour se mettre en uniforme. C'était bien là le vestiaire du personnel, Kathe le voyait au nombreux cadenas accrochés aux différents vestiaires et aux noms écrits parfois sur les portes. L'agence devait vraiment la trouver inoffensive pour lui permettre de se promener aussi tranquillement dans un lieu pourtant privé. C'est pourquoi Kathe fut convaincue que personne ne l'espionnait et elle ne se fit pas prier pour se mettre toute nue et se jeter sans la première douche venue. Elle alluma l'eau et la régla le plus chaudement possible, sans se brûler. C'était tellement agréable qu'elle laissa échapper un long soupire de bien-être, s'éloignant encore un peu de la réalité en se laissant complètement ramollir sous le jet puissant qui lui frappait la nuque.

Tête baissée, yeux fermés, elle resta de longues minutes comme ça. Ce ne fut que lorsqu'elle commença à souffrir de sa position debout qu'elle commença à se laver, utilisant le gel douche posé sur un présentoir accroché au mur juste à côté d'elle. Elle se lava de la tête au pieds, ravit de pouvoir enfin enlever la poussière de la base souterraine, son propre sang séché sur sa peau, ou encore les centaines de traces de crasse qui prouvaient qu'elle avait traversée un véritable champ de bataille. Le Shield la trimballait depuis des jours et pourtant elle ne se lavait que maintenant, ses vêtements jeter sans aucun tristesse dans la poubelle du vestiaire, mais ils avaient certainement préféré l'interroger avant de lui laisser un peu de bon temps. Et elle était bien trop fatigué pour se laver lorsqu'ils l'avaient conduit dans la petite chambre où elle avait dormit. Elle était plutôt bien contente de ne se laver que maintenant, ayant la net impression de se laver d'absolument, se préparant inconsciemment à vivre sa nouvelle vie de prisonnière dans une des prisons ultra-sécurisées de ce pays.

Seulement, une petite voix dans sa tête lui soufflait qu'elle avait tord. Ce qu'elle avait du répondre à l'agent Romanoff avait dû toucher le Shield d'une façon ou d'une autre. Pourquoi sinon lui feraient-ils confiance au point de la laisser sans surveillance dans ce vestiaire. Et elle continua de se poser la question lorsqu'elle sortit enfin pour récupérer ses nouvelles affaires et s'habiller. Le sachet en plastique ne contenait pas des vêtements de couleur uni avec un jolie numéro écrit sur la poitrine pour la reconnaître parmi les autres prisonniers. Le Shield lui avait donné un jean simple, à sa taille, ainsi qu'un t-shirt blanc et un gros pull noir qu'elle soupçonnait appartenir à l'uniforme des agents du Shield -tant sa maille était serrée et lourde. Un pull de militaire, fait pour se rouler dans la boue lors des entraînements sous la pluie et en pleine nuit, tout à fait le genre de vêtement qui l'empêcherait d'avoir froid si elle devait sortir sous la température hivernale. Les sous-vêtements était très simple tout comme les baskets bleu qui allaient avec le tout. Pas contrariante du tout, Kathe enfila ces vêtements. C'est sans se regarder dans la glace qu'elle quitta le vestiaire, moins de trente minutes après y être rentré. Elle se coiffait, sans grande conviction, avec ses doigts lorsqu'elle retrouva l'agent qui l'attendait.

Ce dernier ne lui dit absolument rien, lui faisant un simple signe de tête pour qu'elle lui suive dans le couloir. La jeune femme se rendit tout de suite compte qu'ils n'empruntaient pas le même chemin qu'à l'aller, mais elle ne pipa mot et le suivit aussi tranquillement que possible. L'agent marchait devant elle, ne se retournant même pas pour vérifier qu'elle lui suive bien, se fichant de lui tourner le dos comme s'il savait déjà que jamais elle ne pourrait lui faire du mal. Il la conduisit en quelque minutes jusqu'au hall principale de la base du Shield, comprenant parfaitement le hoquet de surprise de la jeune femme lorsqu'ils déboulèrent sur un hall d'hôtel bondé de clients. Il n'y avait qu'un escalier et une simple porte à code séparant ces deux mondes, et c'est avec une surprise évidente que Kathe laissa les couloirs vides et ternes de la base du Shield pour plonger dans un décor doré et animé de vie, les immenses baies vitrées de l'hôtel laissant le soleil de l'après-midi éclairer naturellement le hall d'entré et le large comptoir qui accueillait les clients.

Kathe comprit tout de suite que personne ne se doutait de la double utilité du lieu, le Shield se servant de l'hôtel comme d'une couverture pour leur base secrète. C'était le même genre qu'à «l'université», la base se cachant au plus près de la population, dissimulant les secrets de l'agence au nez et à la barbe des potentiels curieux.

L'agent qui guidait Kathe ne dit rien, continuant de marcher tranquillement à travers la foule comme si de rien n'était, et surtout pas comme s'il venait de quitter un lieu classé secret défense. Alors Kathe fit de même, le suivant à la trace à travers tout ces gens, son œil maintenant habitué aux choses étranges distinguant au moins une dizaine d'agent du Shield parmi les clients et le personnel de l'hôtel. Ils se fondaient dans la masse mais un rien dans leur regard ou dans leur attitude suffit à Kathe pour se faire une idée exacte de leur fonction d'espion. Certains l'avaient suivit des yeux, leurs regard se croisant alors qu'elle les trouvait un par un, esquivant une famille nombreuse et un chien qu'elle savait ne pas faire partit de l'agence. Ce double monde, mélangé l'un dans l'autre sans qu'une des deux parties soit au courant, mettait la jeune femme vraiment très mal à l'aise. Mais elle n'en montra rien et lorsque l'agent qui la guida vers deux large fauteuil dans un coin tranquille du hall, elle ne discuta pas et s'y assit à la vitesse de la lumière, serrant fortement ses petites mains sur ses genoux en espérant que les agents éparpiller un peu partout verrai cela comme un signe d'apaisement. Elle n'allait pas chercher à fuir malgré la foule, alors ils n'avaient pas intérêt à lui sauter dessus !

Kathe, trop étonnée par toute cette soudaine foule humaine qu'elle n'était plus du tout habituée à fréquenter, ne se rendit pas tout de suite compte de la présence du directeur Fury à côté d'elle. Il s'était rapproché discrètement, la laissa détailler tout le hall de l'hôtel avant de se racler le fond de la gorge pour annoncer sa présence. La jeune femme fit un bond sur le fauteuil mais elle garda son petit cris de surprise bien au fond de sa gorge et regarda avec des yeux ronds le directeur s'asseoir en face d'elle, sur le second fauteuil. L'agent qui l'avait amené jusqu'ici disparut, laissant Kathe et Fury seul l'un avec l'autre.

- Que les choses soit bien clair, mademoiselle Crowford, commença alors Fury, son œil unique clouant littéralement la jeune femme sur son siège, je ne suis pas sûr que vous soyez totalement innocente dans toute cette histoire.

Kathe resta silencieuse, les lèvres soudées, comprenant très bien la gravité de ces mots, lâchés par le directeur du Shield lui-même.

- Vous avez suivit Loki pendant beaucoup trop de temps sans chercher à vous enfuir plus que ça devant toutes les horreurs qu'il à laissé derrière lui. Sans parler que certains de vos actes prêtent fortement à confusion, continua-t-il encore, jetant une vague glacée à la jeune femme qui venait de blanchir en une fraction de seconde.

Elle avait raison, l'agent Romanoff était beaucoup plus compréhensive que ce pirate. Même en public il portait toujours cet espèce d'uniforme noir, sa veste en cuire lui tombant presque jusqu'au pied. Son cache œil ne faisant qu'alourdir sa présence légèrement effrayante. Le directeur du Shield était loin d'être un homme méchant, qui aimait faire peur aux jeune femmes apeurées. Il était simplement le directeur du Shield, portant sur ses épaules des responsabilités que Kathe était loin d'imaginer. Il avait pour rôle de gérer l'organisation, pour combattre le mal et garder chaque citoyen du monde le plus sécurité possible. Kathe, en portant la Relique et en suivant toujours plus loin le Dieu du Chaos, avait remit en cause cette sécurité pour tous, menaçant l'humanité toute entière. Elle avait portée l'énergie noire, elle semblait avoir tissé un liens étroit avec un ennemis juré de la Terre et enfin elle en savait maintenant beaucoup trop pour son bien. Tous ces éléments faisait de Kathe une personne à surveiller de très près et Fury n'était pas près à lui laisser passer encore une seule faute grave.

- Je ne sais pas ce qui vous est passé par la tête mais j'espère bien qu'à l'avenir vous ne tenterez plus de jouer au héroïne, lui dit-il encore d'un ton dure, intriguant Kathe qui n'osait comprendre le sens de ses propos. Mais il éloigna très rapidement ses doutes en se faisant plus claire, et plus dure encore. Je ne veux plus jamais vous revoir dans les locaux du Shield pour quelque histoire divine que ce soit. Est-ce bien clair, mademoiselle ?

- Oui, couina timidement l'intéressé.

- En faite j'espère bien que vous allez oublier rapidement tout cette histoire et reprendre votre vie comme si de rien n'était. Et je ne prend même pas le temps de vous demandez de garder le silence sur tout ce que vous avez vu durant ces derniers mois, lâcha-t-il encore en fronçant sévèrement des sourcil, son œil la vrillant au point qu'elle fut obligé de prendre la prendre pour lui assurer qu'elle ne parlerait jamais.

- ...Sinon vous me ferez taire une bonne fois pour toute...? Couina-t-elle encore, ses doigts se crispant comme jamais sur ses genoux. Elle était bien contente d'avoir tous ces civils autour d'elle et leur ignorance de la situation l'aidait à garder un pied dans le monde réelle. Celui où les Dieux et les agences secrètes n'étaient que des légendes urbaines, destinés à faire rêver les gens. Même si le rêve s'était vite transformé en cauchemar pour Kathe.

- Très exactement, répondit simplement Fury, ravalant sans mal un petit sourire devant la remarque qu'elle lui lançait. Elle n'était pas aussi bête et naïve qu'il le croyait, et finalement il pourrait peut-être être tranquille avec elle. Elle n'avait vraiment pas l'air d'être fière de ce qu'elle avait fait et n'allait certainement aller le crier sur tout les toits, ou pire sur internet ! Sur ce, mademoiselle Crowford, je vous souhaite un bon retour chez vous, en espérant ne plus jamais avoir à vous croiser.

Et il lui tendit la main, voulant sceller leur accord d'une poignée de main symbolique.

- Vous...Vous voulez dire que là...je peux partir ? Demanda incrédule la jeune femme. Ne comprenant plus rien du tout.

-Si vous savez garder le silence, je suis disposer à effacer votre ardoise, uniquement pour cette fois, expliqua le directeur sa main toujours tendu vers elle sans qu'elle ne l'ait encore prise dans la sienne. Vous pouvez renter chez vous.

Kathe était sur le cul. Elle était évidemment très heureuse d'apprendre qu'elle était libre, mais elle était trop étonnée de ne subir aucune conséquence pour tout ses actes, qu'elle n'arrivait presque plus à bouger. Fury fut obligé de lui répéter qu'elle était bel et bien libre et qu'elle n'avait rien à craindre du Shield si elle gardait un silence de plomb sur l'affaire. Ils avaient eux-même des tords dans cette histoire et ils n'avaient rien de très concret contre elle, voilà pourquoi toutes les charges avaient été levées et qu'elle était aujourd'hui renvoyée chez elle. Le directeur passa sous silence l'aplomb avec lequel Natasha avait argumentée pour qu'elle soit libérée, s'opposant violemment à tous ceux qui voulait la garder sous la main, dans une base quelconque au cas où elle chercherait à révéler tous ce qu'elle savait. Certains avait même peur d'elle à présent, convaincue qu'elle était encore capable de beaucoup de chose même si elle ne portait plus la Relique autour du cou. Pourtant Natasha avait été clair, il ne s'agissait que d'une jeune tout à fait banale, sans grande force et sans pouvoir particulier et elle était assez mature pour comprendre qu'elle n'aurait jamais aucun intérêt à révéler des secret d'état au public.

Le Shield avait eut bien du mal à camoufler le crash de leur plate-forme volante en un accident militaire regrettable mais sans grande importance, tout comme le fait que la première institution de défense du pays avait été possédés pendant plusieurs jours par un entité démoniaque venu de l'autre côté de l'Univers pour tout anéantir. Ils n'avaient, au fond, aucun bonne raison de la garder enfermée. Ils avaient de toute façon d'autres chats à fouetter pour le moment et Katherine Crowford ne serrait pas relâcher sans une certaine surveillance rapproché pendant un long moment. Mais ça elle n'était pas obligée de le savoir.

- Nous sommes d'accord mademoiselle ? Ou suis-je obligé de demander à mon agent de revenir pour vous ramener dans la base jusqu'à ce qu'on ait trouvé un moyen de vous inculper ? Demanda alors le directeur de l'agence, faisant enfin réagir Kathe au quart de tour.

Elle se saisit aussitôt de sa main, sa petite main blanche se faisant vivement serré par celle, beaucoup plus grande et sombre, du directeur.

- Oui, souffla-t-elle, légèrement mal à l'aise d'être ainsi en contacte direct avec cet homme qui lui faisait légèrement peur. On est d'accord.

- Bien, répondit Fury d'un ton beaucoup plus calme. Il lui lâcha ensuite la main tout en se relevant souplement, Kathe faisant de même. La version officielle, celle de la police, est que vous avez tout simplement fugué. Vous avez abandonné toutes vos affaires personnelle en Alaska pour commencer un nouveau départ. Et la découverte d'un cadavre à côté de votre véhicule n'était qu'un pure hasard. C'est ce que les autorités ont rapportés à votre famille, alors vous n'avez pas à vous en faire pour ça.

- ... Merci, répondit timidement la jeune femme avant d'oser demander : Et...et pour Jonathan, mon ex compagnon... ?

Elle ne savais pas quoi inventer pour expliquer sa soudaine disparition de la surface de la Terre. Sa mère et ses amis allaient se poser tout un tas questions, c'était une certitude.

- Jonathan à été inculpé pour meurtre, répondit alors le directeur, et il est actuellement en fuite au Mexique mais vous n'avez aucun crainte à avoir là dessus. La police et le FBI sont activement à sa recherche.

Cette façon de parler étonna largement Kathe, qui mit un moment à comprendre pourquoi il parlait de Jonathan au présent, comme si ce dernier était toujours en vie alors qu'ils savaient tout les deux que ce n'était plus le cas. Mais elle finit par deviner que c'était là une façon de la plonger directement dans cette version là de l'histoire. Elle n'était pas censé être au courant de sa mort, tout comme de l'existence de l'agence secrète et de toutes ces autres choses. Fury lui expliqua ensuite rapidement qu'un membre de sa famille l'attendait à l'extérieur et qu'à partir de maintenant elle était à nouveau une civile comme une autre.

Ce fut son impression lorsqu'il lui tourna le dos vivement, s'éloignant d'elle à grand pas sans même un au revoir. Il n'y avait plus personne à côté d'elle et, même si elle pouvait encore deviner les regards des agents espions sur elle, Kathe se sentit tout à coup très seule. Elle revenait en un éclair dans le monde normale, et elle comprit que toute sa vie elle devrait vivre avec le poids difficile de la vérité sur les épaules sans jamais pouvoir rien révéler. Elle comprenait pourquoi le directeur de l'agence avait tant insisté pour qu'elle se taise sur les informations qu'elle détenait. Elle savait tant de chose maintenant... Et contrairement à ce qu'elle avait pensé, cela n'allait pas être facile de réapprendre à vivre normalement.

Se doutant fortement de l'identité du «membre de sa famille» qui l'attendait dehors, Kathe se dirigea machinalement vers les immenses portes vitrés de l'hôtel. Quittant définitivement le hall et la base secrète qui se cachait tout près, elle passa devant un portier qui lui lançant un regard étrange avant de lui ouvrir la porte pour la laisser partir. Kathe se douta fortement de son identité, la très discrète oreillette à son oreille ne laissant aucun doute sur son travail, mais elle n'eut pas le temps de se poser plus de question que déjà une petite femme, au cheveux aussi rebelles et châtains que les siens, lui sautait au cou. Un parfum connu depuis l'enfance lui envahit les narines et elle fut incapable de retenir ses larmes lorsque sa mère se dégagea d'elle pour la regarder en face, elle aussi pleurait.

- Ma petite fille, souffla-t-elle, sa voix entrecoupé par une respiration hachée de larmes. Tu m'en auras fait du soucis.

Et sans faire attention aux regards des clients qui entraient et sortaient de l'hôtel, ni même des passant dans la rue, elle emmena Kathe par les épaules de l'autre côté du trottoir pour la faire monter dans sa voiture. Au plus grand étonnement de la jeune femme, sa mère garda un silence religieux pendant de longues minutes, ramenant sa fille à la maison. Et c'est en essuyant ses larmes avec la manche de son épais pull, légèrement trop grand pour elle, que Kathe réalisa qu'elles ne se trouvaient qu'à quelque kilomètres de la maison de sa mère. Elle reconnaissait même la grande ville dans laquelle elles se trouvaient encore. Seulement elle fit tout son possible pour ne pas détailler les rues afin de se rappeler très exactement du lieu de l'hôtel et de sa base secrète. Elle en avait fini avec toute cette histoire, et à présent elle redevenait la simple Kathe. Celle qui travaillait comme serveuse dans un petit restaurant - il allait falloir qu'elle change de travail ...-, qui était une étudiante sérieuse et une fille sans problèmes. Elle n'avait plus à se soucier de rien.

- Il faut que je te dise..., commença alors sa mère, assise derrière le volant, après presque une heure de silence et plusieurs bornes loin de la ville. Elle hésitait à rompre le silence mais elle avait besoin de savoir. C'est à propos de Jonathan ma chérie.

Kathe garda un silence de marbre, le regard porté très loin sur l'horizon quasi désertique maintenant que la voiture était loin de tout. La route lui faisait un bien fou, mais elle l'a tuait aussi à petit feu et elle était bien trop occupé à garder ses émotions pour prêter attention à ce qu'elle avait à lui dire sur un mort qu'elle ne prenait même plus la peine d'avoir à l'esprit. Elle connaissait sa vrai nature et se fichait maintenant comme de l'an quarante de sa vie et de sa mort de minable. Ça ne la concernait tout simplement plus.

- Il faut que je sache si tu es au courant pour ce qu'il a fait ? Demanda tout doucement la mère, osant continuer sur sa lancé même si elle n'avait pour le moment aucune réponse. Sa fille ne lui avait pas encore adressée la parole depuis qu'elles s'étaient retrouvées. Tu as lu les journaux ?

- Oui, répondit simplement Kathe, d'un ton lointain mais tout de même glaciale.

-Je...Je vois, lâcha mal à l'aise sa mère. Alors...Alors c'est pour ça que tu t'es enfuit ? Tu avais peur ? Demanda-t-elle encore, sa voix de plus en plus tremblante.

- Oui, répondit encore une fois la jeune femme, inconsciente que son ton dure fouettait l'air avec autant de violence.

Ce n'est que lorsqu'elle commença à entendre les sanglots de sa mère qu'elle comprit à qu'elle point elle était glaciale envers elle. Elle ne l'avait même pas fait exprès, consciente qu'elle n'était pas plus responsable que ça de sa situation. Elle s'était trompée sur Jonathan, comme tant d'autre avant elle, Kathe ne pouvait donc plus lui en vouloir et le sanglot terrible qui surgit dans la gorge de sa mère lui prouva une bonne fois pour toute qu'elle n'avait aucun envie de calmer ses nerfs sur elle.

- Tout est de ma faute ! S'exclamait la conductrice, ravalant difficilement ses larmes pour ne pas perdre la route des yeux. Si j'avais été plus attentive j'aurais su te protéger de ce monstre ! Au lieu de quoi tu as été de obligé de t'enfuir à l'autre bout du continent ! Je suis tellement désolé, si tu savais, renifla-t-elle bruyamment.

- Maman, ce n'est absolument pas tas fautes. Tu n'es responsable de rien, c'est lui le coupable. Tu m'entends ? Lui dit-elle d'un ton doux et rassurant, pour la soulager.

Elle s'assit sur son siège de façon à être tourné vers elle, toute son attention sur elle, ses mains portant fouiller la boîte à gant du véhicule qu'elle connaissait bien. Elle trouva très vite une boite de mouchoir et en tendit aussitôt un à sa mère. Cette dernière se força à se calmer et Kathe ressentit la désagréable impression d'avoir à faire à quelqu'un de beaucoup plus faible qu'elle. C'était un choc. Elle la revoyait après tout ce temps, des choses incroyables les séparant à présent sans que jamais elle ne puisse lui révéler le moindre détail, et Kathe se rendait à présent compte qu'elle avait bel et bien grandi d'un coup. ça avait été difficile de faire la comparaison en discutant avec un agent du Shield mais avec sa mère, qu'elle connaissait parfaitement bien, la différence était saisissante. Elle pourrait la faire pleurer toutes les larmes de son corps si elle le voulait, ou même lui faire peur rien qu'en la regardant de haut et en lui lâchant quelques phrases biens acides. Elle pourrait se battre à mains nues avec quelqu'un, ne se souciant qu'à peine des blessures qu'elle pourrait elle-même se faire. Elle pourrait rouler pendant des jours, avec tout les véhicules inimaginables et sur tout les terrains possibles. Elle pourrait même battre des records de vitesse. Kathe avait appris tout ça durant sont voyage, et bien plus encore. Et à présent elle était devenue plus forte que la plupart des gens. Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait plus peur de rien à présent. Car elle connaissait maintenant la véritable douleur. La pire de toute... celle de l'âme.

Elle n'avait absolument plus rien à faire de quoi que ce soit en faite. Elle est ne se rendit compte qu'une seconde qu'elle s'était mise en pilote automatique pour ne pas avoir à penser à ces derniers jours de fou qu'elle venait de vivre. Elle venait à peine d'être relâché par le Shield, toujours aussi surprise d'avoir pu s'en sortir aussi facilement, et elle n'était pas encore prête à penser à ce qu'elle allait faire maintenant et encore moins comment elle comptait apprendre à vivre avec son âme en morceau. Solitaire dans ses souvenirs, elle ne pourrait jamais parler à qui que ce soit de ce qu'elle venait de vivre et cela l'amputait presque déjà d'elle-même, sachant d'avance que si elle n'en parlait pas cela rendrait toutes ces choses aussi fausses qu'un mauvais rêve. Un jour ou l'autre, à force de garder ses souvenirs douloureux pour elle, la jeune femme était à peu près sûre de les voir disparaître pour toujours. Et même si elle endurait douloureusement tout ces moments passés avec ce Dieu, qui avait été un temps son compagnon de route, elle savait qu'oublier serait milles fois plus douloureux et infernale à vivre.

Elle ne voulait même pas y penser, son cœur se brisant presque un peu plus de ne même plus être capable de se souvenir de la sensation qui la transperçait à chaque fois qu' «Il» était proche d'elle, son parfum déjà oublié depuis des jours.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, c'est très calmement que Kathe mit fin aux sanglots de culpabilité de sa mère, lui tendant autant de mouchoirs que nécessaire. Elle lui expliqua qu'elle n'avait plus aucun soucis à se faire, que ce soit pour Jonathan ou pour elle. Elle ne tenterait plus jamais de s'enfuir et elle était même d'accord pour retourner vivre avec elle le temps pour elle de se retourner financièrement - apparemment son petit appartement qu'elle partageait avec son ex avait été entièrement vidé faute de loyers payés, au moins elle n'aurait plus aucun mouvais souvenirs de sa relation avec ce malade-. Cela calma aussitôt sa mère qui se mit à lui dire combien elle l'aimait, et combien les choses allaient se passer pour le mieux à présent, sans ce douter encore des profonds changements qui étaient apparut chez sa fille. Pour le moment elle n'avait fait attention qu'à ses yeux, qui paraissaient plus sombres, et à sa façon différentes de regarder les gens et le monde l'entourant. Pour la première fois, elle compris que sa fille était devenue une femme. Mais elle ne chercha pas vraiment à savoir tout ce qu'il lui était arrivé, refermant soigneusement ses lèvres et ravalant ses questions après que Kathe lui ait durement demander de ne poser aucune question sur les mois qu'elle venait de passer toute seule.

La fin du voyage se déroula presque dans le silence, la jeune femme remerciant intérieurement la conductrice de garder le silence alors que ce n'était absolument pas dans ses habitudes. Là encore elle sentait à quel point elle avait grandie et qu'elle enfin capable de mettre des limites entre la curiosité maladive de sa mère et sa vie privée.

Les choses allaient changer, que Kathe le veuille ou non elle n'était pas ressortit de cet étrange histoire sans rien perdre et sans rien apprendre. Une nouvelle vie commençait... Une vie dont Kathe se serait bien passée.

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Trois semaines. Trois interminables semaines.

Vingt-et-un jours d'un ennuis atroce. Cinq-cents quatre heures à mourir à petit feu, s'engluant peu à peu dans une routine implacable qui avait le don de la plonger dans une rage quasi incontrôlable. Tout ce temps était perdu d'avance pour Kathe et elle souffrait comme jamais de devoir faire le simple effort de se lever tout les matins.

Et tout les matins c'était le même rituel...

Elle sortait du lit dans une torpeur ensommeillée et tentait le plus possible de garder cet état en entrant dans la salle de bain pour se préparer. Elle était retournée vivre chez sa mère et avait tout naturellement récupérée son ancienne chambre qui avait sa propre salle de bain. La maison était grande et c'était l'unique chose - Kathe y compris- que sa mère avait pu garder de son divorce avec son paternel. Ce dernier ne lui avait rapidement téléphoné que la première semaine de son retour mais il était «tellement occupé par son travail» qu'il n'était pas encore passé la voir - et ne le ferait certainement qu'aux prochaines fêtes du nouvel ans...si elle avait de la chance.- La jeune femme profitait donc de l'espace immense de la maison pour profiter au maximum de sa solitude, vivant presque recluse dans sa chambre, ne sortant que pour aller en cours. Reprendre la fac avait été essentiel pour elle, lui évitant ainsi de longue heures allongé sur son lit à attendre que la nuit tombe pour pouvoir enfin plonger dans l'inconscience réparatrice du sommeil. Au bout de trois jours seulement il avait été évident pour elle que si elle ne reprenait pas rapidement une vie sociale aussi équilibrée que possible elle sombrerait dans la folie pure. Même sa mère avait fini par se rendre compte de la profonde blessure qu'elle portait en elle. Et elle avait été jusque là au petit soin pour elle, pliant à la moindre de ses exigences, même si cela voulait dire la laisser en paix pendant des journées entières. Elle vivait sous le même toit mais enfin de compte elles ne se voyaient pas plus que ça. Kathe ne descendait de sa chambre à l'étage que pour manger sur le pouce ou passer le pas de la porte d'entré. À son retour de classe elle faisait l'exact chemin inverse, ne s'arrêtant nul part où cela était vraiment nécessaire et passant un temps infinie, seule dans sa chambre, à attendre que le temps passe.

La reprise avait été très dure et elle avait plus d'une fois faillit dépasser la ligne rouge, celle qu'elle s'évertuait à ne pas approcher au risque de fondre en larmes, n'importe quand et n'importe où. La première semaine elle s'était fait avoir par cette fameuse ligne rouge. Le retour était étrange mais il s'était calmement installé dans son esprit sans que cela ne lui apporte une satisfaction particulière. Elle n'était ni heureuse, ni malheureuse. Elle était simplement en mouvement, continuellement en mouvement. Ne se laissant pas une minute pour réfléchir, elle avait rassemblée ses affaires, réaménagée sa chambre chez sa mère, était partit à la fac pour informer les profs de son retour. Elle s'était occupée des papier de sa petit voiture bleu turquoise et avait même pris le temps d'en chercher une neuve. Elle pensait que tout allait rouler tout seul, il lui suffisait de ne jamais se laisser aller à penser. Elle allait rester active, vivant aussi mécaniquement que son cœur continuait de battre, et la perte immense qu'avait laissé le Dieu derrière lui s'effacerait d'elle-même - en même temps que ces souvenirs-. Seulement, un après-midi avec sa mère, elle se retrouva face à face avec cette fameuse ligne rouge lorsque dans un café où elles s'étaient arrêtées pour prendre goûter, Kathe fixa son attention sur le petit écran de télé accrochée au dessus du bar. Le volume du poste était presque au maximum et lorsqu'une pub toute banale pour un 4x4 commença à défiler sur l'écran, elle fut presque happé par l'image et le son. La musique se voulait vivante, aventurière, prenante de sensations puissantes. Et, associée aux images grandioses du véhicule roulant sur des routes infinies, des paysage sublimes l'entourant continuellement, il ne fallut que deux secondes à Kathe pour éclater en sanglot. Elle venait de franchir la ligne rouge en un rien de temps, presque inconsciente de ce qu'il venait de se passer.

Ensuite, il lui avait fallut toute une journée pour s'en remettre, remontant ses barrages émotionnels les uns après les autres tout en se jurant qu'une telle chose ne se reproduirait plus. Elle l'avait aussi juré à sa mère, tentant de calmer ses craintes et refusant catégoriquement de lui parler ou même d'aller voir un spécialiste. La jeune femme avait horreur des centaines de «spécialistes» que sa mère allait voir chaque mois pour une santé pure et parfaite au dedans comme au dehors. Elle n'était pas ce genre de personne et, de toute façon, elle n'avait pas le droit de parler. Tout ce qui la faisait pleurer, la poussant de l'autre côté de la ligne rouge sans lui laisser le choix, était classé «secret-défense» et elle avait tout intérêt à ce que ça le reste si elle ne voulait pas voir débarquer le Shield chez elle pour l'arrêter. Mais ça aussi elle essayait de ne pas trop y penser, préférant le ranger dans le coin « à oublier rapidement» de son cerveau.

Mais, même si sa mère fut d'abord rassurer par ses mots adroitement choisi et son ton calme retrouvé, elle déjanta vite lorsqu'elle franchi une nouvelle fois la ligne rouge. Cette fois elle n'avait pas pleuré mais était entré dans une colère si noire contre son prof d'économie en classe, que deux de ses camarades masculins avaient été presque obligés de la sortir de la salle de force. La jeune femme ne s'était évidemment pas jeter sur lui pour l'agresser mais elle l'avait carrément fait fondre en larmes en l'insultant de tout les noms. Elle lui avait dit des atrocités, ramassant tout ce qu'elle savait des ragots tournant autour de lui et le mixant avec le jugement sévère que ses élèves avaient de lui. Elle-même ne s'était pas reconnu ce jour là et elle était même incapable de se souvenir ce qui avait bien pu la mettre hors d'elle de cette façon - certainement quelque chose qui lui avait rappelé le plus douloureux de ses souvenirs... Loki lui-même-. Elle s'était ensuite longuement excusé, auprès des élèves et des professeurs, mais il était maintenant évident qu'elle n'arrivait plus à cacher son désarroi. Ses quelques amis avait alors pris des pincettes pour lui dire de prendre un peu de repos. Seul Pitt ne l'assommait pas de conseil de bonne conduite et «le petit échange de mots» qu'elle avait eut avec son prof le faisait plus rire qu'autre chose. Il avait tenté de lui soustraire des informations sur ses quelques mois de vadrouille, ayant un jour lui-même tout plaqué pour aller sur la route alors qu'il était encore au lycée. Mais il n'avait réussi à apprendre que deux choses : la première était qu'il y avait un homme et une peine de cœur derrière le comportement étrange de Kathe - et ça n'avait rien à voir avec Jonathan-, et la deuxième était que ce sujet était absolument tabou chez elle sous peine de la voir craquer à tout instant. Pleurant, s'énervant, gémissant ou soupirant de temps en temps pour faire entendre au monde son infernale ennuis, Kathe avait une façon assez explosive de laisser vivre ses émotions. Seulement elle intériorisait tellement de chose qu'elle n'osait laisser libre court à tout ce qui pourrait lui passer par la tête pour réussir à enfin se délester du poids terrible que ces derniers mois laissait sur elle.

Elle en était là, à se subir elle-même depuis trois semaines en tentant d'éviter à tout pris la ligne rouge.

Se réveillant chaque jour à l'aube, sans même avoir besoin d'un réveil, Kathe ne délogea pas à cette règle en ce vingt-troisième jour de «liberté» malgré qu'on soit samedi et qu'elle n'ait aucune raison spéciale de se lever aussi tôt. Elle n'avait pas cours aujourd'hui. Mais elle n'y prêta pas attention et sortit rapidement des draps, traversant sa chambre et la température glacé d'un hiver qui s'éternisait sans même trembler sous son très léger pyjama - elle avait repris ses habitudes et dormait toutes les nuits en débardeur et petit short.- à l'époque elle était plus du genre s'éterniser milles ans sous les couvertures en refusant catégoriquement de se lever, préférant zoner des heures entières dans la chaleur de son lit douillet. Seulement, aujourd'hui, s'était devenue beaucoup trop dangereux, cette chienne de ligne rouge ne cessant de se pavaner devant elle en la forçant à continuellement faire quelque chose pour s'occuper l'esprit. C'est donc à six heure pile qu'elle sortit enfin de la salle de bain, les dents propres et complètement habillé.

C'est peut-être parce que cela faisait tout juste trois semaines, mais la jeune femme compris tout de suite que cette journée serait de celle qui se passait lentement et douloureusement. Il fallait qu'elle trouve une occupation pour la journée, c'était un impératif qu'elle ne pouvait esquiver, il en allait de sa santé mentale. Seulement elle avait déjà fait le ménage dans sa chambre hier, elle avait également relu tout ses livres - même ses livres de cours !-, elle avait arrangée les poster pendant de longue heures et s'était occupée de fermer absolument tout ses comptes sociaux pour être sûre que le Shield n'irait pas mettre son nez dans ce qui ne le regardait pas. Elle fuyait l'ordinateur et la télévision autant que possible, triant même ses lectures pour ne pas avoir de mauvaise surprise avec cette affreuse ligne rouge. Et, aujourd'hui, elle se retrouvait sans rien à faire. C'était sûrement ce qui se rapprochait le plus de l'enfer pour elle et son monde en perpétuel mouvement, loin de toutes pensées, de toutes remise en question. Elle n'avait donc vraiment pas le choix : il allait falloir qu'elle sorte de son antre...

Sa mère s'étouffa presque avec son café lorsqu'elle l'a vit débarquer dans la cuisine et s'asseoir en face d'elle comme si de rien n'était, et certaine pas comme quelqu'un qui n'avait jusque là jamais pris la peine de prendre un petit déjeuner convenable, et encore moins assise à table. Pourtant, anormalement tranquille, Kathe attrapa la petite cuillère de sa mère et le pot de confiture pour se faire une tartine, la mastiquant sans grande volonté mais fière de réussir à rester aussi calme que possible malgré le silence... et l'ennui...ce terrible ennuis..

- Tu ne travail pas aujourd'hui ? Demanda-t-elle soudainement à sa mère, déstabilisant son silence gêné.

Cette dernière referma vivement la bouche, quelque morceau de son petit déjeuner, à peine mâché, manquant de peu de tomber sur la table. Elle était plus que surprise et heureuse de voir enfin Kathe agir «presque» normalement. Comme avant...

- Je commence plus tard que d'habitude aujourd'hui, lui répondit-elle dans un sourire, la suivant d'un œil critique alors qu'elle se relevait pour aller chercher un verre et le jus d'orange dans le frigo avant de se rasoir à table. Elle tentait de savoir comment elle se portait aujourd'hui mais sa fille était devenue tellement étrange et mystérieuse qu'elle n'était même plus capable de distinguer ses «bons» et ses «mauvais» jours - même s'ils étaient tous mauvais comparé à la fille douce et gentille qui avait disparut il y a quelque mois-. D'ailleurs je voulais justement t'en parler...

Elle attendit que sa fille ait fini de se faire un autre toast et qu'elle l'ait à moitié dans la bouche pour reprendre la parole, cherchant inconsciemment à occupé sa fille si ce qu'elle avait à lui dire ne lui plaisait pas.

- Vasi je t'écoute, lâcha machinalement Kathe, la bouche pleine et complètement inconsciente du malaise de sa mère. Elle était trop occupé avec ses propres sentiments pour s'occuper de ceux des autres.

- J'ai changé mes horaires avec une collègue pour lui rendre service, et je vais devoir travailler toute la nuit. Ça ne te dérange pas trop de rester toute seule ? Je ne pourrais rentrer que tard demain après-midi..., ajouta-t-elle encore avant de préféré le silence, attendant patiemment une réaction de Kathe qui continuait de mâcher sa tartine.

- Ok, pas de problème, répondit-elle un fois son toast avalé, recommençant déjà à s'en servir un autre.

- Ça ne t'ennuies vraiment pas ? Questionna vivement sa mère, surprise par son détachement. Tu vas devoir rester toute seule toute la nuit, argumenta-t-elle machinalement, allant à l'opposé de ce qu'il fallait mais très soucieuse du bien être de sa fille.

- Maman, soupira Kathe, avalant une gorgée de jus d'orange pour faire passer un nouveau morceau de toast et continuer plus clairement, je ne suis plus une petite fille tu sais. Je suis parfaitement capable de me garder toute seule pour une nuit. C'est vraiment pas grand chose, j'te rappel que j'ai vécue seule pendant deux ans.

- Mais justement..., commença vivement sa mère, sa petite main frappant doucement la table, avant qu'elle ne se ressaisisse devant sa fille, comme quelqu'un se rappelant la présence du lion, faisant de son mieux pour ne pas l'énerver. Tu n'as pas peur de te retrouver toute seule ? Avec Jonathan dans la nature... Je veux dire que...

- Arrête un peu de t'inquiéter, la coupa aussitôt la jeune femme sans perdre une seule seconde sa tranquillité. Jamais il ne reviendra par ici, il a bien trop peur de se faire épingler par les flics. Et en plus on vit dans la maison la plus mieux protéger après la maison blanche, enchaîna-t-elle avec un petit sourire.

Elle ne faisait pas allusion aux agents qui la surveillait de loin - et dont elle ne faisait que douter de leur présence- mais bien des dizaines d'alarmes et dispositifs de sécurités que sa mère avait installée après son retour. Elle avait peur de tout maintenant et elle aurai été prête à la protéger d'une pluie de météorite s'il existait un appareil pour ça. Kathe était obligée de taper pas moins de trois codes différents pour espérer sortir et rentrer dans cette maison sans qu'une alarme stridente ou silencieuse ne fasse venir la police.

- Alors c'est ok ? Demanda sa mère, un sourire se dessinant également sur son visage, heureuse de voir sa fille revivre un peu. Et ravie de la voir manger à nouveau avec appétit.

- C'est ok man', t'inquiète donc pas pour moi, répondit tranquillement l'intéressé. J'vais sûrement m'occuper toute la soirée avec un peu de ménage de toute façon. Au moins comme ça j'suis sûre de ne pas te déranger avec le bruit, expliqua-t-elle en finissant un dernier toast et son verre de jus d'orange.

- Encore ? S'exclama sa mère, sans perdre son sourire. Mais tas chambre est plus propre que propre !

- C'est pas ma chambre que j'vais ranger, mais le reste de la baraque, répliqua la jeune femme en envoyant une grimace à sa mère alors qu'elle se relevait pour ranger son verre dans le lave vaisselle. C'est un vrai bordel ici, ajouta-t-elle encore sur un ton à peine amusé devant la vaisselle sale qui débordait de levier et dont elle n'était pas responsable.

- Tu as toujours été plus ordonné que moi, ria sa mère et se levant à son tour pour ranger sa vaisselle sale.

Le reste de la matinée se passa dans la même ambiance. Kathe s'était mit en automatique et elle nettoyait, rangeait, arrangeait, tout ce qu'elle trouvait, mettant de l'ordre absolument partout en tournant vivement tout autour de sa mère qui tenait absolument à lui faire la conversation. Elle lui répondait aussi dynamiquement que possible, faisant même l'effort de faire un peu d'humour, voyant bien que ça faisait un bien fou à sa mère. Cette dernière était tellement heureuse qu'elle ne se rendit même pas compte des légers décrochage de Kathe lors de certaines discutions, et encore moins du temps qui passait à une vitesse folle. Très vite, elle se retrouva en retard pour aller travailler. Alors, légèrement en panique, elle se prépara aussi rapidement que possible, jetant encore quelque mots à sa fille à travers la maison sans se soucier de l'entendre lui répondre ou non. Enfin prête, elle attrapa son manteau et ses affaires de travail avant de filer embrasser Kathe, qui se battait pour attraper une araignée glissée derrière les rideaux.

- À demain ma chérie ! S'exclama-t-elle en lui déposant un baiser sonore sur la joue, la déboussolant à moitié. Je sent qu'aujourd'hui va être une bonne journée ! Ria-t-elle encore, cherchant absolument à tirer un dernier sourire à sa fille avant de partir. Et ça marcha.

Évidemment Kathe souriait plus d'un amusement légèrement détaché que de pure joie comme sa mère. Elle l'embrassa à son tour en lui souhaitant bon courage pour toutes les heures de travaille qui l'attendaient - sans parler du trajet qui prenait un temps considérable-. Il y eut encore quelque signe de mains et la porte d'entré se referma enfin sur elle, laissant Kathe dans un silence totale, légèrement jalouse. Elle aussi aurait aimé pouvoir travailler jusqu'à l'épuisement, de nuit comme de jour. Mais elle avait démissionné de son petit boulot et n'avait pas encore réussi à en trouver un autre. Dans sa petite ville il n'y avait pas beaucoup de job pour les étudiants comme elle, à part bien sûr serveuse..

Cette vingt-troisième journée ne fut pas aussi bonne que l'avait dit sa mère avant de partir. Mais elle eut au moins le mérite d'être bien remplis et Kathe ne vit presque pas le temps passer. Elle fini le ménage bien avant qu'elle ne le cru, sa mère pas si désordonnée que ça finalement. Il y avait de la poussière ça et là, des livres mal rangés et des miettes sur le sol de la cuisine mais à part ça on ne pouvait pas dire qu'il y avait beaucoup de travail à faire. Alors, lorsque même les hélices du ventilateur accrochés au plafond du salon furent dépoussiérées, la jeune femme décida tout naturellement de s'occuper l'esprit en faisant la cuisine. Elle pris son temps pour laver la vaisselle à la mains, préparant tout ce don elle avait besoin pour faire des cookies et se préparer un plat particulièrement long à cuisiner pour le repas du soir. Il faisait nuit lorsqu'elle finit enfin ses cookies, laissant son dîner mijoter encore quelque minutes au four, en prenant soin à ranger au millimètre près chaque objet et ustensile de la cuisine. Couverte de quelque résidus de nourriture et même de poussière après son ménage du matin, elle ressentit la vive envie de prendre un bain.

Ce qui était plutôt aberrant pour elle. Jusqu'ici elle n'avais fait que prendre des douches, restant certes milles ans en dessous mais prenant toujours bien soin de ne pas sa laisser aller à un quelconque vagabondage de pensées. Une baignoire remplis d'eau chaude et de crème douche à la vanille était tout à fait le lieu pour se laisser aller à affronter la ligne rouge d'un peu trop près. Mais Kathe était prête à prendre le risque, son corps quémandant depuis plusieurs jours déjà un moment détente, ses muscles tout engourdi d'être constamment raidie par le stresse. Au diable si elle craque ce soir, il n'y avait personne dans la maison pour l'entendre de toute façon. Alors, l'estomac dans les talons, elle sautilla presque d'impatience devant son four jusqu'à ce que son repas soit enfin près. Il ne lui restait qu'une quinzaine de minutes à attendre et elle en profita pour grignoter deux cookies à la noisette et aux pépites de chocolat. Elle les avait vraiment bien réussi, ayant pris tout son temps pour les préparer, et ils étaient délicieux. Gourmande, elle compta les cinq gâteaux qui lui restait encore dans son plat, se promettant de les savourer tranquillement après son bain, cherchant déjà mentalement une occupation pour le reste de la soirée.

Il ne lui fallut que cinq minutes pour avaler son repas, tout aussi délicieux que ses cookies, savourant le goût mais aussi les effluves de cuisines qui embaumaient maintenant toute la maison. Elle était bonne cuisinière en faite, quand elle y mettait assez de concentration et de temps. Ce fut sa seule pensée du repas, toute son attention tournée sur son assiette et sa fourchette. Quand elle eut enfin fini, elle pris soin de tout bien ranger avant de se diriger machinalement vers sa chambre. Là, elle se choisi un débardeur bleu marine et un mini short noir à mettre pour la nuit. Le tout était légèrement trop moulant et trop fin pour qu'elle se balade comme ça dans le reste de la maison alors, après avoir attrapé une culotte propre, elle arracha souplement son léger peignoir accroché au porte manteau derrière sa porte de penderie. Ses vêtements propres en main, elle traversa sa chambre, esquivant le lit, pour finalement entrer dans sa petite salle de bain. Elle se savait chanceuse d'avoir toujours eut son propre toilette et son propre lavabo. Mais la baignoire, bien assez grande pour elle, avait été une véritable bénédiction durant son adolescence. Sans attendre, Kathe bougea l'évacuation de la cuve et alluma l'eau chaude, cherchant une seconde la bonne température avant de la remplir de savon à l'odeur de vanille.

Mécaniquement elle ferma la porte, se brossa les dents et se démêla les cheveux en écoutant l'eau couler bruyamment dans la petite pièce carrelé. Une fois fini, elle se déshabilla et entra souplement dans l'eau sans tiquer lorsque ses doigts de pieds glacés rencontrèrent l'eau chaude. Elle poussa un véritable soupir de soulagement lorsqu'elle se vautra de tout son long dans l'eau, attendant qu'elle soit à la bonne hauteur avant d'éteindre le robinet avec son pied. Tous ses muscles se relâchèrent en un instant et elle resta longtemps dans la même position, la tête complètement vide. Son corps apprécia grandement ce moment de bien-être et elle se laissa même aller à quelque larmes silencieuse, ses nerfs ne pouvant se détendre qu'après avoir lâcher un peu de leste.

Durant une heure entière qu'elle resta vautrée dans sa baignoire, rallumant un peu l'eau chaude de temps en temps pour sa réchauffer, et la ligne rouge ne pointa même pas le bout de son putain de nez. Si elle avait su que ça se passerait aussi bien, elle aurait fait ça depuis longtemps maintenant ! Elle avait tellement peur de lâcher la bride et de voire ses émotions partirent au galop, totalement incontrôlable, qu'elle se retrouvait à se priver de ce genre de petit moment agréable. À croire qu'elle ne voulait même plus vivre dans l'agréable, souhaitant garder ce sentiment pour ces souvenirs gâchés, mélancolique au point de vouloir passer toute une vie à garder ce regret dans tout son être. Ne vivant plus que pour ça. Vivre du regret, de la douleur, restant tout aussi impassible que possible car coupable de son propre malheur. Elle ne faisait que payer de ses erreurs, elle avait au moins la décence de le faire dans le silence. Et puis, c'était toujours «secret-défense» de toute façon.

Comprenant qu'elle laissait ses idées s'envoler malgré elle, Kathe s'activa dans la baignoire. Elle se savonna, se lava les cheveux, et pris même soin de s'épiler partout où il le fallait. Pitt lui avait fait la morale il y a quelque jours, sur sa conditions physique, et plus particulièrement sur la façon qu'elle avait de sortir de chez en cherchant à ressembler à «absolument rien, ma pauvre chérie !». Il était bien le rare à lui dire franco qu'elle avait une salle gueule en arrivant le matin et que ses choix vestimentaires devenaient de plus en plus douteux à mesure qu'elle y mettait de moins en moins d'attention. Pitt lui avait donc très clairement souligner son manque de classe et, au passage, son flagrant manque d'hygiène corporel. Ce n'était pas qu'elle ne se lavait pas ! Elle se fichait simplement d'être épiler ou pas, ne se coiffant presque même plus et ayant arrêté le maquillage dés son deuxième jour de cours. Trop contraignant. Et elle n'était absolument pas prête à attirer le regard de qui que ce soit, comme elle l'avait très soigneusement souligné à Pitt alors qu'il parlait déjà d'écumer les discothèques pour « faire de nouvelle rencontre.» à l'époque ce n'était déjà pas son truc, alors maintenant c'était vraiment peine perdu. Pitt l'avait vite compris et avait fini pas la laisser tranquille, ne pouvant s'empêcher de se moquer de ses sourcils en bataille et qui poussaient dans tous les sens.

Sur le coup elle n'avait pas vraiment fait attention, mais finalement les mots de Pitt avaient fait mouche et elle trouvait normale de reprendre soin d'elle. Ce n'était pas parce qu'elle crevait de l'intérieur chaque jour, chaque heure, chaque putain de seconde que Dieu faisait, qu'elle devait sortir dans la rue avec une tête de zombie. D'autant plus que ça ferait certainement plaisir à sa mère, et que Kathe cherchait à mettre toute les chances de son côté pour qu'elle la laisse se prendre un nouvel appartement pour y vivre seul. Il fallait qu'elle se présente sous son meilleur jour, au moins pendant quelque temps, et elle était sûre de pouvoir la convaincre.

Durant son étrange voyage, elle avait appris à apprécier son corps à sa juste valeur. Et elle était loin d'avoir perdu cet envie d'en prendre soin. Seulement l'envie n'y était plus vraiment et elle faisait tout pour écarter tout les garçons de son chemin. Beaucoup à la fac, en apprenant qu'elle n'était plus avec ce fou de Jonathan, avaient tentés leur chance, sans grand succès. Au mieux, Kathe leur avait répondu poliment, sans y mettre plus d'entrain que ça, au grand damne de Pitt qui en avait encore profité pour la titiller gentiment. Heureusement que lui ne s'intéressait pas à elle, la jeune femme serait très déçut de perdre son amitié à cause de ça. Seulement ces derniers temps elle commençait à avoir de sérieux doute sur son orientation sexuelle. Même si Pitt était aussi discret qu'elle sur ce genre de chose. Il s'amusait de beaucoup de chose mais gardait ses distances avec certains sujet, tel que le sexe ou la politique.

C'était donc un changement radical avec ces vingt et un premier jour, et Kathe savoura cet instant bien-être avec plaisir, se délaissant rien qu'un moment de son sentiment de culpabilité, d'abandon et de tristesse qui la suivait comme son ombre depuis tout ce temps. C'était épuisant, harassant, et ça la laissait toujours dans un état d'épuisement émotionnel quasi douloureux à chaque fin de journée. Mais aujourd'hui, malgré l'heure tardive, ça allait un peu mieux. Sortir de sa chambre lui avait fait beaucoup de bien, tout comme les quelques échangés avec sa mère. Et ce bain faisait des miracles. Un instant elle en oublia absolument tout, se prélassant encore quelque minutes dans l'eau chaude avant de se décider à sortir.

S'enroulant dans une immense serviette, elle se coiffa soigneusement les cheveux en notant à quel point ils avaient poussés sans qu'elle ne s'en rende compte. Ils tombaient bien plus bas que ses épaules, son coiffeur ayant fait un assez bon travail pour que les pointes retombe harmonieusement entre ses omoplates malgré tous ces centimètres en plus. Il allait tout de même falloir qu'elle prenne rendez-vous, nota-t-elle avant d'attraper son sèche cheveux. Elle finit sa toilette de façon tout à fait minutieuse, utilisant pour la première fois la plupart des cosmétiques que sa mère avait acheter pour elle. Et après avoir passé trois fois de suite son corps sous une analyse pointilleuse, elle enfila enfin son pyjama et son peignoir en soie de mauvaise qualité. Coupé court, il lui tombait à peine au dessus des genoux, ses manches trois-quarts lui permettant des mouvements ample sans qu'elle n'ait peur de s'accrocher au décor tant elles étaient ample. Ces dessins asiatiques sur fond noir étaient un rien décalés et ont pouvait toute de suite sentir que le vêtement avait déjà bien vécu. Mais Kathe faisait comme si elle ne le voyait pas, profitant de sa simplicité et de sa douceur comme elle le faisait depuis des années.

Elle fouillait la salle de bain à la recherche de ses chaussons, prête sortir, lorsqu'elle se rendit compte de l'écho lointain de la sonnerie de téléphone. « Zut ! Elle avait dit qu'elle appellerait !» S'exclama mentalement la jeune femme en se fustigeant mentalement d'avoir oublié de prendre le téléphone portable de la maison avec elle. Sa mère avait prévenue qu'elle téléphonerait, pour s'assurer que tout allait bien. Son air de chien battu l'avait convaincue d'accepter gentiment, prévoyant à l'avance de rester près du téléphone pour ne pas se faire surprendre comme maintenant. Si elle avait le malheur de ne pas décrocher tout de suite, Kathe était sûre que son angoissée de mère appellerait la police pour venir vérifier si elle était toujours bien vivante. Et elle n'avait vraiment pas envie de ça, surtout pas ce soir, après ce bon bain relaxant qui la laissait toute engourdi comme au réveil. L'esprit très loin dans le brouillard.

Donc, non , pas question qu'elle lui gâche sa soirée en flippant pour rien. Elle pourrait même rentrer en catastrophe et lui refiler en moins de cinq seconde tout le stresse qu'elle venait de perdre en une heure. Alors, ni une ni deux, elle oublia ses chaussons pour se jeter sur la porte de la salle de bain. L'ouvrant à la volé, elle s'élança souplement dans la maison pour rejoindre le téléphone et sa sonnerie stridente. Elle avait l'agilité de quelqu'un ayant vécu entre ses murs durant presque toute sa vie et c'est en à peine trois respiration plus tard et plusieurs esquive extrême de meubles qu'elle rejoignit finalement la petite commode où se trouvait le combiner. Elle le décrocha en une fraction de seconde avant la dernière sonnerie et ne fut absolument pas surprise d'entendre sa mère soupirer d'apaisement.

Elle lui fit aussitôt une remarque sur sa lenteur à décrocher et Kathe lui en renvoya une du tac au tac en lui signalant qu'elle avait mal choisi sont moment. Elle mit bien dix minutes à la rassurer une nouvelle fois, lui assurant qu'elle se fichait pas mal d'être seule dans cette grande maison et qu'il n'y aurait aucun problème si elle retrait un peu en retard. Elle commençait à sautiller sur place, ses pieds nues devenus complètement froid à rester planté là sur le carrelage glacé, lorsque sa mère mit fin à la conversation. Kathe en profitant pour clairement lui souligner qu'il n'était plus nécessaire de la rappeler dans la nuit, ce qui fit rire sa mère avant qu'elle ne raccroche.

Cette formalité passée, elle reposa le téléphone et trottina jusqu'à la cuisine, bien décidée à choper le plat de cookies et à retourner se lover dans sa chambres, prête à relire un de ses innombrables bouquin d'économie pour passer le temps. Si ces profs avaient si facilement laissé passer son léger coup de sang, c'était aussi et surtout grâce aux incroyables notes qu'elle avait reçue ses deux dernières semaines. À force d'ennuis, elle allait peut-être recevoir son diplôme bien plus tôt que prévue. Mais tout s'arrêta dans sa tête lorsqu'elle se retrouva devant la table de la cuisine, le plat à cookies trônant fièrement au milieu de la table, exactement là où elle l'avait laissée. Mais quelque chose clochait.

Deux cookies avaient disparut.

Kathe laissa l'information monter lentement à son cerveau, toutes les hypothèses les plus folles se bousculant soudain à la porte de son esprit déjà bien en pagaille. Il n'y avait pas une, mais deux disparitions inexpliqué de cookies et il lui fallut un certain temps pour que cela l'angoisse vraiment. C'était tellement bête comme détail. Qui aurait bien pu lui faire un coup pareille ? Sans se douter qu'il se ferait ainsi découvrir ? Et puis de toute façon, y avait-il vraiment un mangeur caché de cookies quelque part dans la maison, où est-ce qu'elle n'était pas plutôt entrain de péter un fusible ? Un mauvais fusible, le genre qui vous laisse sur le carreau sans que votre famille ne puisse rien y faire. Pourtant la ligne rouge ne l'avait même pas effleurée de toute la journée, ça ne pouvait donc pas être un craquage mentale. Elle imaginait mal un simple bain la mettre dans un tel état de doute, craignant de ne plus reconnaître l'imaginaire du réelle. Avait-elle bien comptée cinq gâteaux avant de monter dans sa chambre ? Elle en était absolument certaine ! Et il n'en restait maintenant plus que trois, deux emmerdeur de cookies partit s'faire la malle rien que pour la faire chier. Ça ne pouvait être que ça.

C'était sa mère qui avait verrouillée la portes avant de partir et c'était aussi elle qui lui avait dit de ne pas s'inquiéter pour les alarmes et les nombreux accès à l'extérieur, ayant elle-même soigneusement tout calfeutré pour que sa fille dorme en paix, loin des psychopathe de la société. Sa mère n'aurait jamais prit l'affaire à la légère et Kathe était à peu près sûre qu'il n'était pas nécessaire de vérifier pour être sûre que tout était parfaitement verrouillés. Pourtant c'est bien ce qu'elle dû faire, le plat à cookies fermement calé contre la taille au risque de voir les quelques rescapés s'évanouirent eut aussi dans la nature. Elle fit le tour complet de la maison et, comme elle l'avait imaginé, il n'y avait rien à signaler. La jeune femme était plus portée sur la thèse du pétage de plomb que sur un éventuel intrus. Elle doutait bien plus de son esprit que de tout le reste et elle était à compter mentalement le nombre de gâteaux qu'elle fait et ceux qu'elle avait déjà mangé lorsqu'elle arriva enfin à sa chambre. L'air tiède la réchauffa aussitôt et elle ferma la porte du pied pour être sûre que la chaleur de son radiateur de s'échapperait pas dans le reste de la maison vide. Elle ne fit ensuite que trois pas, le plat à cookies toujours dans les main, ses pieds nus foulant souplement la moquette, son peignoir légèrement détaché se mouvant doucement sur son corps, avant que la lumière de sa chambre ne s'éteigne d'un coup, la laissant dans le noir totale.

Kathe remarqua machinalement que même les lampadaires, dans la rues derrière sa large fenêtre, étaient éteins. Elle trouvait ça très étrange et son corps commençait presque d'instinct à s'inquiéter alors qu'elle n'avait même pas encore fini de sursauter de sa première frayeur. Puis c'est là qu'elle le sentit, à travers les effluves de vanilles qui sortaient de sa salle de bain. Dans la tiédeur de la chambre il y avait comme une présence glacé, un sillon d'air frais s'insinuant un peu partout en la frôlant de très-très près. Kathe en frissonna instantanément de la tête aux pieds, sa bouche s'ouvrant de surprise dans une inspiration légèrement hachée. Une odeur caractéristique s'insinua aussitôt dans ses poumons, la fraîcheur du parfum faisant glisser un froid polaire dans tout son être. Elle en frissonna une nouvelle fois, son très léger peignoir ne lui étant d'aucun utilité pour faire partir cette sensation glaciale qui la prenait toute entière malgré la tiédeur inchangée de sa chambre.

Elle n'eut que le temps de penser à lui, son nom jaillissant dans son esprit, avec une force et une clarté telle qu'elle en oubliait presque que tout cela ne devait plus être qu'un souvenir, triste et douloureux. Le parfum du rêve déjà bien longtemps oublié. Et la seconde d'après des mains immenses et glacées s'abattaient sur elle, la saisissant durement par la taille tout en l'empêchant de crier. Il y avait déjà un murmure étrange dans l'air, la pénombre ne pouvant que cacher l'apparence de l'agresseur et non le son lui-même. C'est pourquoi Kathe entendit parfaitement le bruit sourd du plat à cookies tombant lourdement sur la moquette, les gâteaux restant s'éparpillant partout tandis que ses petites mains partaient se poser sur ses bras qui la soulevait du sol avec une rapidité et une dextérité qui lui coupa littéralement le souffle. Et elle trembla de reconnaître le timbre ténébreux du Dieu du Chaos, son murmure montant de plus en plus bruyamment autour d'elle jusqu'à ce que ses paupières soient si lourdes qu'elle n'ait d'autre choix que de s'endormir. Incapable de résister. Elle avait très bien compris ce qu'il se passait et c'est en soufflant mentalement une dernière fois le nom de ce fléau qui s'abattait sur elle, qu'elle sombra dans un sommeil profond.

« Loki.» Fut donc la seule pensée qu'elle emporta avec elle dans le noir. Totalement inconsciente des mains qui se déplaçaient délicatement sur elle pour mieux la tenir et ainsi quitter la chambre, son petit corps endormis bien collé à celui beaucoup plus grand et puissant du Dieu.

Fin chapitre 29

Voilà ! Fin du chapitre 29 ! . BIM !

Je sais ! J'met encore la pression vénère mais Hè ! C'est bientôt la fin alors je m'amuse un peu ;p

N'oubliez pas, la chapitre 30 ( et son min épilogue) arriveront avant la fin octobre ( sortit de thor 2 POOOWA! )

Peu pas vous dire quand exactement parce que je viens tout juste de finir celui là :)