Ok, c'est promis, j'arrête les promesses. Plus de délai de publication, les chapitres sortiront quand ils sortiront.

Un grand merci à tous les reviewers, encore une fois vous avez été plutôt nombreux à me manifester votre enthousiasme et ça m'a vraiment fait plaisir :D J'espère que ce chapitre vous plaira.

Dédicace à ma Louve d'amour dont j'attends l'avis avec hâte et crainte :)


XXIX. Père et mère

Je venais de finaliser un énième dessin de Krokmou quand Astrid entra dans ma chambre ce soir-là. Je posai le parchemin sur la pile qui trônait sur ma table de nuit en équilibre précaire, et frottai ma main gauche recouverte de noir. Pour me calmer et tuer le temps, j'avais décidé de refaire quelques croquis de mon dragon, étant donné que je m'étais débarrassé de tous les autres quand j'avais cru… quand mon père m'avait fait croire que Krokmou était mort.

« Salut. Bonne journée ? » demanda Astrid.

Elle considéra ma pile de dessin, puis la prothèse posée sur la table, et sembla se rendre compte de l'inutilité de sa question.

« Pour quelqu'un qui est cloué au lit depuis des jours parce qu'il a comme qui dirait des problèmes avec sa jambe, ma journée n'était pas si mauvaise, merci. »

Je lus l'hésitation sur son visage quand elle se demanda si je plaisantais ou si elle m'avait réellement contrarié. A vrai dire, je ne savais pas moi-même ce que j'avais tenté de lui faire comprendre.

« Et toi, comment s'est passé ton vol ? demandai-je.

- Bien. »

Elle sembla hésiter à me donner plus de détails, mais se ravisa. Je lui en fus presque reconnaissant. Elle regarda autour d'elle, plusieurs fois, se passa une main dans les cheveux, puis se décida à faire quelques pas vers moi. Elle semblait préoccupée. Elle considéra ma table de nuit encombrée, puis parla finalement :

« Je suis désolée, Gueulfor m'avait demandé de passer te voir, mais… j'ai pas pu venir plus tôt.

- Occupée avec la Vipère, c'est ça ? demandai-je en laissant involontairement transparaître une pointe de rancœur dans ma voix.

- Non, des problèmes avec ma mère. » me répondit-elle sur le même ton, et je compris instantanément que c'était plus grave que ce que j'avais pensé.

Elle attrapa un de mes dessins, le regarda sans vraiment sembler le voir, puis le reposa.

« Et toi, Gueulfor m'a dit que vous avez essayé la prothèse ? » reprit-elle.

Je lui avais pourtant demandé de ne rien dire…

« Oui, enfin… on a juste terminé les réglages, il avait besoin des dimensions exactes de… mon pied… répondis-je vaguement.

- Je sais, il m'a dit que t'avais préféré attendre, tu te sentais pas très bien.

- Mal de tête, je sais pas ce qui m'a pris, précisai-je, soulagé.

- Ça va mieux ?

- Oui.

- Tant mieux. »

Pourquoi est-ce que tout semblait si étrange d'un seul coup ? Astrid et moi n'avions jamais eu de conversation aussi vide et froide. Quelque chose n'allait pas, de mon côté, du sien aussi, et bizarrement nous étions incapables de nous confier l'un à l'autre. La situation était comme bloquée ; elle était debout devant mon lit, les bras ballant et le regard ailleurs, et moi j'avais à la fois envie de la serrer dans mes bras et de lui demander de me laisser seul.

La première option me sembla finalement la meilleure, et je tendis le bras pour attraper sa main. Elle se laissa faire sans résistance, et s'assit à côté de moi. Je gardai sa main dans la mienne. Elle était froide. Trop froide. Je jouai avec ses doigts pour les réchauffer.

« Ça s'agite au village, tu sais, commença-t-elle. Les… gens posent des questions sur toi, ils nous voient faire des aller-retour, Gueulfor et moi, ils commencent à comprendre que quelque chose se passe. »

Je ne répondis pas. Je vivais tellement reclus dans ma chambre depuis mon réveil que je n'avais même pas songé à ce qu'il pouvait se passer à l'extérieur. Je savais que j'allais bientôt devoir faire face à un tas de choses, et je ne m'en sentais pas capable.

Je n'étais même pas capable de marcher.

« On a rien dit, on sait que c'est mieux si pour l'instant les gens pensent que t'es encore endormi. Gothi a interdit les visites depuis le début de toute manière, alors on ne fait que prolonger la chose. Mais quand tu te sentiras prêt, il faudra y penser, Harold. Le village attend beaucoup de toi. »

Le village. Le village attendait beaucoup de moi. Avait-il seulement pensé à tout ce que moi, j'avais pu attendre de lui durant toutes ces années ?

« Il risque d'être déçu, le village, répondis-je amèrement. Je suis pas plus fort qu'avant, et j'ai même un pied en moins, alors…

- Arrête, trancha-t-elle. T'as pas l'air de te rendre compte. Tu viens de mettre fin à des siècles de conflits, toi, celui dont personne n'attendait plus rien – et me regarde pas comme ça tu viens toi-même de le dire – tu viens de tout bouleverser. Les vikings approuvent totalement ce que tu as fait, ils sont mêmes enthousiastes, ils essaient des choses avec les dragons, s'en rapprochent. Mais ils ont besoin de toi. On a besoin de toi, Harold.

- Je suis pas fait pour ça.

- Bien sûr que si. Tu es le fils du ch… »

Je tressaillis – peut-être un peu trop fort.

« Enfin, je veux dire… je suis sûre que tu peux y arriver. » se rattrapa-t-elle.

Je ne répondis pas. Oui, j'étais le fils du chef, et j'avais donc été élevé dans la perspective de savoir diriger un village. Mais le chef semblait malheureusement avoir échoué, et pas uniquement sur cet aspect-là d'ailleurs.

Le silence s'étendit en longueur. Astrid retira sa main de la mienne, je la sentis remuer, tourner la tête, bouger un bras, une jambe. Plusieurs fois, elle prit sa respiration. Plusieurs fois, je crus qu'elle allait parler. Mais plusieurs fois, elle se contenta de soupirer en silence.

J'avais envie de dormir. Je n'étais pas fatigué, mais j'avais envie de dormir. Le sommeil était le seul état qui me permettait d'oublier.

Au bout d'un moment, Astrid se leva.

« Je… commença-t-elle.

- Reste. » la coupai-je.

Je tournai enfin la tête pour affronter son regard. Elle avait l'air triste, un peu désolé, hésitant. Je lui tendis ma main. Elle la regarda. Esquissa un mouvement de recul. Puis s'en saisit et je la tirai vers moi. Nous nous allongeâmes l'un à côté de l'autre, moi sur le dos, regardant le plafond, elle de profil, et je sentis ses yeux bleus m'observer.

Je soupirai, le cœur lourd et la gorge serrée. Astrid passa une main dans mes cheveux. Je fermai les yeux, me concentrant sur cette douce caresse. J'avais envie de pleurer. Peut-être le lut-elle sur mon visage, car peu après, je la sentis bouger, comme si elle se redressait, pour me regarder peut-être. Mais je gardai les yeux fermés. Je n'avais pas envie de savoir. Je n'arrivais plus à me détendre, à me dire que tout irait bien. L'espoir s'effaçait. Lentement. Sûrement.

Je sentis soudain des lèvres sur les miennes. Je tressaillis légèrement. Astrid ne bougea pas. Moi non plus. Au bout d'un moment, elle se fit plus insistante. Elle vint se positionner au-dessus de moi, et fit peser son poids sur le bas de mon ventre. Instinctivement, mes mains se placèrent sur ses hanches. Ses lèvres se tendirent en un sourire. Elle me caressa la joue, et entrouvrit la bouche. Je suivis timidement le mouvement.

Je savais qu'elle tentait de me réconforter à sa façon. Ses moyens étaient peut-être discutables, mais je m'en fichais. Elle au moins, elle essayait.

Et au final, ça ne fonctionnait pas si mal que ça.


Quand il se réveilla, il sut immédiatement que quelque chose n'allait pas. Premièrement, il faisait encore nuit. Deuxièmement, il faisait anormalement froid. Et troisièmement, Astrid n'était plus à côté de lui.

Il constata que la porte était entrouverte. Il pouvait distinguer les ronflements de Gothi dans la pièce d'à côté. Les bottes d'Astrid n'étaient plus là. Il en conclut qu'elle devait être sortie. Mais en pleine nuit ?

Il se serait levé pour aller voir. Il l'aurait cherchée dans tout le village s'il l'avait fallu.

S'il avait pu.

Il chuchota son nom. Plusieurs fois. Osa augmenter le volume. De plus en plus.

Pas de réponse.

Alors il attendit. Silencieusement, dans la lueur mourante et orange du feu, il fixa la porte entrouverte.

Et il se rendormit.


Elle frissonnait. Elle aurait voulu rentrer se réchauffer, mais Harold dormait, et le feu n'avait pas été allumé dans sa chambre depuis trop longtemps pour qu'elle le ranime. Elle ne voulait pas le réveiller. Elle ne voulait pas devoir lui expliquer.

La lune l'éclairait de sa lueur froide. Elle observa la peau fripée et rougie de son bras. Quelques brèves images du combat lui revinrent en mémoire. Elle secoua la tête et se leva.

La porte grinça quand elle la referma. Même la première pièce, qui n'était pourtant pas chauffée durant la nuit, lui parut beaucoup moins glaciale que l'extérieur. Elle souffla doucement et se détendit.

Ce fut alors qu'elle l'entendit. Au bout du petit couloir, à travers la porte mal fermée, Harold l'appelait. Elle retint son souffle. Hésita à répondre.

Mais elle ne voulait pas devoir lui expliquer. Alors elle attendit. Silencieusement, dans la lueur lointaine et presque indiscernable du feu, elle fixa la porte entrouverte.

Et les appels cessèrent.

Elle s'avança lentement, et s'assit dans l'obscurité, contre le mur à côté de la porte. Posant sa tête contre le bois froid, elle ferma les yeux et mordit sa lèvre salée.

Elle devait être forte. Pour lui.


Je fus réveillé par une douce odeur de viande en sauce. A côté de moi, Astrid s'empiffrait, une assiette pleine à la main. Elle ne semblait pas avoir remarqué que j'étais réveillé. Je me redressai légèrement, tirant sur les couvertures. Elle tourna alors la tête et me regarda avec de grands yeux, sa bouche pleine débordante de sauce. Je lui adressai un sourire amusé. Elle avala précipitamment en manquant de s'étouffer, et s'essuya les lèvres d'un revers de main. Puis elle considéra son assiette quelques secondes en semblant se demander ce qu'elle allait en faire.

« Tu… tu as faim ? me demanda-t-elle. J'ai apporté le petit déjeuner.

- Un peu, mais je te laisse ma part si tu veux. »

Elle remarqua sans doute mon air moqueur, et me tendit immédiatement l'assiette en terminant de s'essuyer la bouche.

« Nan, c'est bon, j'ai terminé. » me répondit-elle en s'efforçant de se donner une contenance.

Je décidai de ne pas la taquiner plus que ça, et me saisis de la nourriture sans faire de commentaire. Pendant que je soulageais ma faim, elle entreprit d'attacher ses cheveux en une grosse natte lâche qui lui tomba par-dessus l'épaule. J'observai ses mains agiles et son visage concentré marqué de cernes, ne pouvant m'empêcher de penser qu'elle était belle. Mais je ne dis rien. Je la regardai seulement.

A ce moment, Gueulfor entra, et je reportai à nouveau mon attention sur mon repas.

« Salut les jeunes ! Bonne nuit ?

- Très bien, merci, répondit Astrid et j'approuvai d'un hochement de tête. Je vais vous laisser, je dois… j'ai des choses à régler. »

Gueulfor ne releva pas, Astrid se contenta de me faire un signe de main et un sourire qui me parut affreusement faux, et sortit. Je déposai mon assiette vide sur la table de nuit et lançai un regard interrogateur à Gueulfor.

« Je suis venu quand même, commença-t-il, je sais pas si… si tu veux réessayer… »

Je haussai les épaules. Le comportement d'Astrid occupait une bonne partie de mes pensées, et je n'avais pas envie de me préoccuper de ma jambe.

Je n'avais pas oublié, même si à mon réveil je m'étais un instant demandé si je n'avais pas simplement rêvé. Elle était sortie cette nuit, et ça n'était pas anodin. Je la sentais tendue, inquiète. Je savais que c'était lié à ses parents, sa mère surtout. Elle l'avait brièvement mentionné la veille, mais je ne lui avais pas demandé de détails et la conversation avait rapidement dévié vers moi. Mais les choses n'allaient pas bien de son côté, c'était certain.

Toutefois, je n'étais pas en mesure de faire grand-chose. Je ne tenais pas à la forcer à se confier – cela ne servirait qu'à la contrarier et nous n'avions certainement pas besoin de nous disputer – et je ne disposais pas de beaucoup de possibilités pour lui remonter le moral. Je pouvais simplement compter sur sa dragonne, qui était bien plus aidante que moi en matière de distraction.

« Et donc ? s'enquit Gueulfor sans réponse de ma part.

- Hein ? Ah, non, je… je préfère attendre demain, répondis-je distraitement.

- D'accord, je te force pas... »

Il sembla vouloir ajouter quelque chose, mais après un silence suffisamment long j'en déduis qu'il y renonçait. J'attrapai un crayon et un de mes dessins toujours posés sur la table de nuit, et commençai à y ajouter quelques détails. Je m'attendais à ce que Gueulfor s'en aille, mais il n'en fit rien. Au bout d'un moment, lassé de me sentir observé, je lançai :

« Tu voulais me demander autre chose ?

- Oui.

- Ben vas-y.

- Ecoute, Harold, je… j'aimerais te parler de ton père. »

Ma main gauche se crispa, et mon crayon dérapa sur le parchemin, laissant une traînée de charbon derrière lui. Je gardai les yeux baissés, m'efforçant d'afficher un visage le plus neutre possible.

Je savais bien que tout ça allait finir par me rattraper un jour.

« Je me doute que t'as pas envie d'en parler, reprit Gueulfor, mais tu pourras pas te défiler éternellement, tu seras face au problème un jour ou l'autre.

- Je sais, mais… »

Je ne savais pas quoi dire. J'espérais qu'il me coupe et continue, mais il semblait attendre que je finisse ma phrase.

« C'est compliqué. » dis-je finalement.

Il se gratta la tête.

« En tout cas, on a beaucoup parlé, et tu dois savoir qu'il s'en veut énormément, reprit-il.

- Eh bah on sera on moins d'accord là-dessus. »

Gueulfor soupira. Je n'avais pas envie d'être désagréable avec lui, mais mon père était bien la dernière chose dont j'avais envie de parler.

« Sois pas aussi dur, Harold. Il a… des choses à te dire, et tu devrais l'écouter.

- Pourquoi il est pas venu avant dans ce cas ?

- Je lui avais pas dit que tu t'étais réveillé. J'ai préféré attendre que tu te remettes de… ton pied amputé et tout ça.

- Et maintenant, il le sait ?

- Oui.

- J'ai pas envie de le voir.

- Il le faudra bien. Vous allez pas rester fâchés toute votre vie, si ? »

Si.

« Harold, s'il te plaît, insista Gueulfor face à mon silence. Je sais que c'est pas facile pour toi. Je te demande pas de lui pardonner, mais au moins d'écouter ce qu'il a à te dire. »

Je hochai machinalement la tête.

« Il a vraiment réalisé son erreur, crois-moi. »

J'acquiesçai de nouveau. Gueulfor dut comprendre que son beau discours ne m'atteignait pas, puisqu'il lâcha un soupir.

« J'y vais. Essaie de faire un effort avec ton père, je sais que lui est prêt à en faire autant. »

Il hésita quelque secondes, puis ouvrit finalement la porte, et sortit.

Des efforts, j'avais l'impression d'en faire depuis que j'étais tout petit. J'en avais assez, je ne voulais plus en faire – plus pour lui. Il n'avait pas voulu m'accepter tel que j'étais, tant pis. C'était trop tard.

Même si je savais qu'au fond, Gueulfor avait raison.

Mais c'était plus fort que moi, je ne voulais plus penser à mon père. Il était la source d'une colère avec laquelle je refusais de vivre. J'avais toujours pensé que s'énerver ne servait à rien, et j'avais appris par moi-même à refouler tout sentiment haineux, à le canaliser, l'évacuer, n'importe quoi pour qu'il n'ait pas de conséquence. La colère faisait agir sans réfléchir. Mon père en était l'exemple parfait ; un exemple que je me refusais à suivre.

Je repris rageusement mon crayon en main, et griffonnai le parchemin à l'en déchirer.

Je m'étais souvent dit que je le détestais, mais jamais ce sentiment ne m'avait paru aussi réel. Ça n'était pas une simple rancune passagère, cette fois. Non. C'était une haine profonde, un ressentiment douloureux envers tous ce qu'il avait causé depuis qu'il avait appris l'existence de Krokmou. Au tout début, j'avais bien voulu croire qu'il faisait ça en voulant me protéger, même si c'était déjà à la limite du supportable. Mais il n'avait pas su s'arrêter à temps. Il était allé bien trop loin dans le mensonge. Et même si je l'avais voulu – ce qui n'était pas le cas – je n'étais pas certain de pouvoir lui pardonner.


Je m'étais douté que Gueulfor irait parler à mon père après notre conversation. Je m'étais douté qu'il me l'enverrait un jour ou l'autre, pour me forcer à discuter avec lui.

Mais je ne m'étais pas douté qu'il le ferait aussi vite.

Pourtant, dès le début de l'après-midi, j'entendis la porte de la maison de l'Ancienne claquer, et je reconnus immédiatement la voix grave de mon père demandant à me voir. Tendant l'oreille, je tentai de comprendre ce qu'ils se disaient. Je pus distinguer la voix douce et calme de Gothi, qui contrastait avec celle de mon père.

« … mais soyez patient. Il ne faut pas le brusquer.

- Je ferai attention. Comment va sa jambe ? »

C'est bien de t'y intéresser, pensai-je amèrement.

« Bien, lui répondit simplement Gothi.

- Il marche ? »

Non, il ne marche pas encore.

« Bientôt.

- Il se sent pas trop seul ?

- Il répondra mieux que moi, vous savez. »

La réponse de Gothi fut suivie d'un silence, que des bruits de pas vinrent combler peu après. Une grande nervosité mêlée de colère s'emparait de moi. Je n'avais plus de charbon pour dessiner, plus rien pour évacuer rapidement le stress. Krokmou n'était pas revenu depuis la veille. Je regardai désespérément autour de moi, en quête d'un objet à maltraiter pour me donner une contenance. Mais la porte grinça avant que je n'aie déniché quoi que ce soit.

« Hum. Bonjour fils. »

Fils. Fils. FILS.

« Bonjour. » répondis-je, mal à l'aise.

Papa.

« Je… »

Il se rapprocha. Je gardai la tête baissée, impassible. Il s'assit sur le tabouret près de mon lit.

« Harold… »

Je tressaillis. Je n'avais plus entendu mon nom dans sa bouche depuis si longtemps… Son ton était suppliant, désolé. Il avait réussi à rassembler tant de sincérité en ce seul mot que j'en oubliai presque ma colère durant quelques instants. Il respirait lentement et anormalement fort, il semblait aussi nerveux que moi. Il se décida finalement à parler et m'annonça d'une voix beaucoup trop tendue :

« Harold, je crois qu'il est temps que je te parle de ta mère. »


Juste au cas où certains auraient peur des spoils ou je ne sais trop quoi, rassurez-vous, tout ce que j'ai raconté et raconterai dans cette fic sort droit de mon imagination, cette histoire de mère n'a absolument rien à voir avec le deuxième film.