Nom : Les anges
Disclaimer : Shaman King appartient à Hiroyuki Takei. Je ne fais aucun profit et m'amuse simplement avec ses personnages.
Thème : 03 # Photographie(s)
Soundtrack: Un ange qui passe (Annie Villeneuve) Ton ventre s'est rempli de feu; La rage la peine et l'amour ont régné aux alentours...
Personnages : Jeanne, Rackist. Les X-Laws.
Note : … Zarb… Bon, il est tard, j'ai peut-être laissé des coquilles… Flemme…
Personne – à part Marco, et encore il ne venait uniquement lorsqu'elle lui demandait – n'avait le droit d'entrer dans sa chambre, et c'est pour cela qu'elle avait caché l'objet en cet endroit. La jeune fille ne le regardait pas souvent, mais cette nuit-là, alors qu'ils partiraient pour Mû dans seulement quelques heures, Jeanne ne put s'en empêcher. Elle s'extirpa de l'Iron Maiden, resté à bord depuis les évènements récents, alla jusqu'à la vieille commode et attrapa le livre épais. Oh, en fait, ce n'était pas un livre, mais c'est ce qu'elle dirait si quelqu'un entrait par mégarde. Personne ne savait et c'était mieux ainsi.
L'ouvrage était en fait un album. Ses pages étaient couvertes de photographies, prises pour la plupart par ses anges.
Les deux premières étaient parmi les plus chères aux yeux de la sainte, parce qu'elles avaient été prises dans les temps heureux, quand rien ne leur était encore arrivé. Sur l'une, Marco et Rackist, épaule contre épaule, souriaient à l'objectif. C'est l'une des seules photographies qu'elle avait prises elle-même. L'autre était plus récente, et tous les X-Laws, de Hans à Meene, en passant par John et Marco y étaient figés à jamais, fiers et droits. Seul Rackist – parti depuis longtemps – et Lyserg manquaient à l'appel.
Lyserg… Lui aussi faisait partie de cet album, même s'il n'était pas là depuis longtemps. La photographie de lui qu'elle préférait se situait vers la fin de l'album, et c'est Meene qui l'avait prise. Le dowser, dans son bel uniforme blanc, parlait à Morphyn – et donc, sur le papier, au vide – avec sur son doux visage une expression indéfinissable, qui disait peut-être j'ai peur ou je doute – elle n'arrivait pas à lire les traits du jeune homme. Jeanne se rappela que, à partir du moment qu'elle avait vu l'image, elle savait au plus profond d'elle-même qu'il n'était pas comme eux. Par ailleurs, cela ne l'empêchait pas d'être un ange véritable.
Quelques pages auparavant, une série d'images attiraient l'œil. La première était, en elle-même, le symbole d'une histoire : le grand chef des X-Laws et sa lieutenante Canadienne y échangeaient un baiser tendre. Les deux autres avaient été prises juste après : la deuxième prenait les deux anges les yeux ouverts, fixés sur l'objectif, l'un l'air mortifié, l'autre blasé et presque compatissant, alors que la troisième montrait un Marco très en colère pourchassant le photographe. John avait subi une des pires journées de sa vie, cette fois-là, et avait été terriblement désappointé de ne plus retrouver ses précieux clichés quelques jours plus tard. Jeanne aurait voulu – dû – s'excuser, mais n'en avait pas eu l'occasion – et le chef des X-Two était mort, maintenant.
Elle sentit sa gorge se serrer un peu, expira longuement et tourna d'autres pages. Christopher. Les X-Two et Kevin jouant aux cartes. Lyserg et Meene discutant joyeusement. Marco au plus profond de son antre, la cuisine, où personne d'autre n'était autorisé à entrer sous peine de mort provoquée par un lancement de fourchettes. Tout le monde en train de manger, chacun plaisantant avec son voisin, quand ils n'avaient pas besoin de maintenir une apparence formelle. Kevin et la pile de livres qu'il dévorait chaque jour. Marco en train d'astiquer son impressionnante collection de pistolets. Encore Meene, refusant les avances d'un John éméché. Hans tirant sur une cigarette, l'air pensif. Le même, un instant plus tard, tendant la main pour ébouriffer les cheveux de la jeune fille.
Leur vie, en fait. La vie d'avant le tournoi.
Parce que maintenant…
Maintenant il n'y avait plus que Marco et elle. Lyserg était resté dans le bâtiment qui abritait ses amis. Hans avait décidé qu'il ne voulait plus la voir. Les X-Two et X-Three étaient morts. Rackist avait trahi depuis longtemps. Et même eux ne survivraient sûrement pas au lendemain.
A quoi lui serviraient ces images alors ? A qui seraient-elles utiles ? Personne.
Rien ne la sauverait – non non non, Jeanne savait qu'elle devait s'arrêter. Elle s'était pourtant promis de ne pas y songer.
La jeune sainte feuilleta sans le voir l'album relié. Les souvenirs des temps révolus lui sautaient au visage, et elle sentait que s'y attarder ne ferait que la blesser. A peine eut-elle vu le lambeau de la photographie des deux fondateurs des X-Laws – celle que Marco, en apprenant la trahison de son père adoptif, avait déchirée en la voyant sur sa table de chevet – qu'une goutte tomba sur le papier glacé. Un instant, elle ne comprit pas – puis elle passa une main sur son visage. Il était baigné de larmes.
L'Iron Maiden resta un long moment figée, les larmes tombant désormais en pluie sur le papier. A un moment qu'elle ne put réellement situer, l'ouvrage glissa de ses mains et tomba au sol avec un bruit mat, définitif.
Ouvert sur la dernière page d'une blancheur écrasante.
Loin du bateau des X-Laws, un vieil homme soupira. Il était seul, sans personne à son côté – celle qu'il aimait était morte maintenant, et peut-être qu'elle ne ressusciterait jamais – et, s'il voulait vraiment être honnête, il avait mal au cœur.
Hao-sama ne serait pas content de savoir cela.
Tant pis.
Un autre soupir, ponctué d'un grognement sourd. Le vide à son côté lui faisait un mal de chien. Il esquissa un geste vers sa bible, et, après une hésitation, la saisit, décollant de la première page une photographie cachée là – celle qui devrait finir l'album de Jeanne, celle qu'il avait emportée avec lui ce jour-là.
Elle était vieille, couverte de taches de café et de marques de pliure, mais on voyait encore très clairement le sujet. Au centre de l'image dormait une fillette qui ne pouvait pas avoir plus de sept ans. Ses cheveux pâles formaient une auréole autour de sa petite tête endormie, et elle était drapée dans une veste blanche bien trop grande pour elle – la veste de Marco, en fait. Ainsi abandonnée à l'objectif, Jeanne semblait différente. Intouchée et intouchable.
Un autre grognement. Il ferait bien de dormir pour être en forme le lendemain.
Il lâcha le cliché, qui voleta doucement et tomba au sol.
Rain : Zzzz…
Jeanne : *décide d'ignorer simplement l'OS*
Hao : Tu as perdu ta langue ?
Jeanne : … *balance tout ce qu'elle peut trouver au brun*
Hao : EEEH ! Mon brushing !
