Bonjour,
Merci Lyra pour ta correction sur ce chapitre.
Bonne lecture.
Chapitre 21
2ème partie
En me réveillant le lendemain, je gigotai jusqu'à Edward dans le lit mais ne trouvai que des draps froids. Je me rappelai qu'il avait une visioconférence tôt ce matin et qu'il avait pas mal de dossiers à reprendre. Alors, pour ce début de grasse matinée, j'inspirai son odeur encore présente sur le linge de lit comme un placebo et rêvassai à son attitude arbitraire de la veille. Venir me chercher chez Crowley avait été au summum de son entêtement. Malgré cela, je m'habituais si facilement à son caractère que c'en était impressionnant. Contre toute attente, j'arrivais petit à petit à prendre mes marques auprès de lui. Bien sûr, j'avais vécu seule pendant un long moment déjà et c'était difficile de combattre mes habitudes mais globalement, je me familiarisais très bien à l'environnement d'Edward. Si facilement, bordel !
Toujours dans l'obscurité de la pièce, je jetai un rapide coup d'œil à mon téléphone, inquiète d'avoir manqué l'appel de Crowley. Il était déjà dix heures vingt et il ne m'avait pas encore contactée. Je me levai donc et fis ma toilette matinale. Je décidai que trouver une place à chacune de mes affaires était la meilleure des options pour occuper ma journée puisque je ne travaillais pas et que de toute manière, je n'avais pas d'ordinateur. L'appartement était un véritable capharnaüm, même si l'on avait stocké le principal dans la chambre secondaire.
Après m'être habillée d'un jean de circonstances, j'enfilai le premier tee-shirt que je trouvais et un pull blanc assez large. Je traversai le couloir pieds nus et gagnai la cuisine. Je mis à chauffer la machine à café et la bouilloire, à poste fixe depuis que j'étais ici. J'attrapai le sac que j'avais ramené de mon appart et rangeai la nourriture dans les placards de la cuisine.
La pièce n'était ni fantaisiste ni trop classique. Elle n'était pas très différente de l'atmosphère du reste de l'appartement en définitive. Peut-être un peu trop masculine. S'il n'y avait pas eu les œuvres de Bree, j'aurais pensé qu'il était à vendre. Tout était neutre et dépersonnalisé, si bien que l'on ne savait pas qui y vivait. Néanmoins, ça me plaisait réellement de baigner dans l'ambiance d'Edward. J'aimais m'incruster et pour le moment, je désirais juste m'imprégner de l'endroit. J'avais presque hésité à déballer mes affaires parce que justement, ne rien modifier c'était aussi l'observer et surtout mieux le cerner. J'étais certainement une fille non conventionnelle mais j'avais à cœur que ça marche. Je savais aussi qu'il m'aurait fait payer le fait de dire ça à voix haute mais vu comment il m'avait fait l'amour la dernière fois où j'avais minimisé ma place à ses côtés, j'étais prête à recommencer juste pour le revivre. Edward était une personne qui savait absolument comment faire pour transformer le simple en exceptionnel, le premier en l'unique et forcément la porte d'entrée s'en rappelait. Dieu que c'était bon !
- Toujours en train de rêver Miss Swan.
Je me retournai vivement et me fendis d'un sourire à la vue de sa moue appréciative. Ses bras étaient croisés et il était penché contre le chambranle de la porte qui menait au couloir de son bureau. Il était en costume mais ne portait pas sa veste. Noir sur blanc. Son gilet avait deux poches noires si bien dessinées que je les distinguais à peine. Il était très alléchant. Nul n'aurait pu dire si le costume avait été cousu sur lui ou l'inverse. Honnêtement, j'avais l'air d'une ado à côté de lui. Je ne me sentais ni fade ni laide mais j'étais à mille lieux de son charisme. Surtout vêtue comme je l'étais ! J'étais moi, la nana qui se baladait en jean ordinaire parce qu'elle aimait bien dégager de ses vêtements cintrés. J'étais la fille qui se prenait pour Missy Elliot juste parce que ça la faisait déstresser de se taper un délire quand les circonstances étaient improbables. Et surtout j'aimais être normale et me dire qu'Edward était quelqu'un qui pouvait sortir avec moi parce qu'il m'était uniquement destiné. Il m'aimait comme je l'aimais.
Je repris mon petit manège et attrapai la bouilloire chaude. Je mis en route la machine à café quand tout à coup, ses deux mains chaudes et sexy entourèrent mon pull. Sa bouche que je jugeai crémeuse balaya la peau de mon cou que j'évaluai avide.
- Je pensais à toi, soufflai-je en penchant légèrement ma tête pour qu'il puisse ratisser un peu plus la surface dénudée.
Il était obligé de se baisser pour être à mon niveau. Alors pour m'aligner à lui, je creusai mon dos et ses bras se resserrèrent autour de moi. Un pur délice !
- Le contraire m'aurait été étonnant Isabella Swan. À quoi étais-tu en train de réfléchir ?
Sa bouche était si près de mon oreille que je décortiquai chaque son. Sa voix était tendre, à son image.
- Que ta cuisine me plaisait bien, répliquai-je de façon aguicheuse ce qui le fit ricaner.
Le café termina de s'écouler dans son récipient et je bloquai sur les dernières gouttes qui tombèrent. Elles étaient comme moi, liquides.
- Isabella, tes fantasmes te perdront, me mit-il en garde.
- Ça ne me dérange pas vraiment tant que tu y as ta place.
Sa main droite tira sur mes vêtements pour découvrir mon épaule. Il chassa la bretelle de mon soutien-gorge noir et elle tomba le long de mon avant-bras droit. Je frissonnai. Il lécha la peau exposée puis l'embrassa. J'aurais pu ronronner si je n'avais pas gardé mes bruits dans ma gorge.
- Tu as plutôt intérêt, grommela-t-il. Et il me semble que c'est dans votre intérêt, Miss Swan.
Je souris.
- J'allais venir te dire bonjour.
Il me retourna lentement dos au plan de travail et je passai mes bras autour de son cou. Il me souleva et me déposa juste à côte la machine à café et devant la bouilloire. J'étais déjà à moitié débraillée alors que seulement deux minutes avaient dû s'écouler.
Ses mains remontèrent mes cuisses et passèrent dessous. Tout ça lui plaisait vraiment beaucoup. Mes fringues auraient pu se désintégrer s'il le décrétait. J'avais déjà très chaud.
- J'allais venir voir si tu dormais toujours.
Mince. J'aurais dû rester au lit. Il me rapprocha de son corps en tirant sous mes cuisses et mît sa tête à l'endroit exact où le sang dans ma carotide circulait. Je me demandais s'il écoutait mon pouls. Entendait-il à quel point mon cœur battait vite ?
- Je suis levée depuis peu. Crowley ne m'a pas appelé, déclarai-je plus ou moins négligemment.
- Tyler, railla-t-il moqueur et puissamment jaloux.
Il appuya ses mots d'un baiser brûlant là où sa bouche se trouvait, juste pour prouver par a + b à qui j'appartenais.
- Edward, le sermonnai-je.
- Ce connard pourrait au moins avoir la décence de t'appeler Bella !
Je gloussai plus railleuse qu'autre chose. Qu'un autre homme m'appelle Isabella l'énervait au plus haut point et j'avouais que cela m'écorchait les tympans à chaque emploi qu'il se le permette. Mais entendre Edward jurer à ce sujet-là me faisait éprouver quelque chose de différent. J'aimais sa jalousie. Je devenais cinglée.
- Tu es si possessif, soulignai-je.
- Je n'ai pas ton fan-club Isabella et je déteste le tien.
- Tu l'as Sexy Cullen mais tu le vois à peine !
- Je ne le vois pas du tout.
Ses mains cavalèrent sur mon bassin et descendirent sur mes fesses. Il se redressa. Sa bouche s'approcha et mes prunelles la regardèrent au ralenti, attendant l'impact. Lorsque nos lèvres se rejoignirent, je me laissai dégringoler dans le plaisir. Les unes chassèrent les autres et j'entendis Edward gémir imperceptiblement. Il malaxa mes fesses et j'entourai mes jambes impatientes autour de son corps puissant. Mes pouces frottèrent la peau disponible et je m'accrochai ensuite au col de sa chemise, cherchant à l'avoir plus près encore. Ses lèvres féroces me rendirent étourdie. Puis, il diminua la cadence, rangea sa langue démoniaque et laissa reposer son front contre le mien. Le bas de son visage se détacha doucement de moi. Nos mouvements respiratoires étaient aussi chaotiques autant pour l'un que pour l'autre. Je fus rapidement dans un sentiment de carence et mes mains s'agrippèrent à lui, presque abusives. Je ne pouvais pas rester loin de lui physiquement et le manque s'amplifia encore plus lorsque je perdis le contact immédiat de son épiderme sur le mien. Quelque part je me demandais comment j'avais pu vivre toutes ces années sans cela. Néanmoins je pris conscience que la perte n'était ressentie que lorsque l'on n'avait jamais connu quelque chose d'aussi intense. Je pouvais comprendre les toxicos, un premier shoot en entraînait un autre. Pour moi c'était pareil. Quand l'Amour et le Sexe s'étaient rencontrés pour la première fois, une étreinte en faisait naître une autre.
- Pourtant elles sont là, poursuivis-je, la tonalité de ma voix morne.
Ces chiennes... Sans maître. Sans dignité.
- Je n'ai jamais été aussi jalouse de qui que ce soit et je sais qu'elles ne sont que du vent. Même Lau...
Il posa son index sur ma bouche.
- Je sais, fit-il contrit. Personne d'autre ne compte.
Il dessina mes lèvres de son doigt jusqu'à ce que je le serre entre mes dents. Je passai ma langue toujours envieuse dessus et il sourit, aveuglé par la passion. Je le relâchai ensuite et vérifiai ses pupilles. Brillantes de désir. Juste à point. Parfait.
- Personne d'autre ne pourrait être aussi sensuelle que toi Isabella. Aussi inspirante.
Sa voix était différente. Dure, sûre, malmenée et excitée. Je mis mes mains dans les poches de son gilet comme si je me l'appropriai. Je le testai et je me testai. Je n'avais pas vraiment de limites mais plus de l'appréhension. Ses compliments étaient doux mais nouveaux. Surtout parce que ce n'était pas des mots qui m'avaient été dits par le passé. Et ma vie antérieure me semblait s'être déroulée dans une existence parallèle pour s'achever subitement dans le bar du frère d'Alec. Le point de départ.
- Il faut que tu arrêtes ça Edward, fis-je en examinant mes mains dans ses poches.
- Quoi donc ?
- M'allumer. Nous allumer.
Ses mains coururent autour de mes cuisses et terminèrent leur course à la lisière de mon intimité. Proche sans l'être.
- Je sais. Je n'arrive pas à me taire.
- Parce que tu es beau, tu en profites.
Je penchai légèrement ma tête de côté et cherchai son regard. Les marques de son visage étaient gravées dans ma mémoire et je pouvais voir qu'il était fatigué.
- Tu me trouves beau ?
- Tu le sais bien Edward.
- Je savais que…Ouais, enfin..., oscilla-t-il. Plus ou moins.
Sa timidité m'égaya parce qu'elle était qu'invraisemblable. À peine croyable. Ne voyait-il pas à quel point il l'était ?
- Je te le confirme, déclarai-je amusée.
- Tu te moques de moi Miss Swan ?
Son corps bascula à peine en arrière et ses mains reprirent leur place sous mes jambes, entraînant vers l'avant les miennes, toujours dans ses poches.
- Je trouve que tu as beaucoup de... charme. Surtout quand tu t'énerves après moi.
Il rit sans gêne. Je baissai mon regard, pestant d'en avoir trop dit. Je devenais un moulin à paroles en sa présence. Ouais, j'étais cinglée.
Il pinça mon menton gentiment, désireux d'avoir mon attention. Ses yeux plongèrent dans les miens. J'aspirai les siens comme une sangsue toxico. Comme si je pouvais rester insensible à sa fougue ?
- Tu aimes quand je te sermonne ?
- Je ne dis pas que je veux que tu me fasses la morale parce que j'aime ça, le repris-je encore gênée d'avoir parlé si vite. Dans ces moments-là, je te trouve encore plus séduisant et je me sens... très importante, soufflai-je.
- Bien sûr que tu l'es ! N'en doute pas bébé.
- Je n'en doute pas. Tu fais attention à moi, assurai-je.
- Je le fais, confirma-t-il d'un hochement de tête.
Il prit ma main gauche, l'embrassa tendrement. Puis il me souleva, mon phare admiratif, et mes jambes l'entourèrent le plus facilement du monde. Il me porta hors de la cuisine, jusqu'au salon. Il m'assit sur le canapé blanc et s'éloigna, non sans coller un baiser appuyé sur mon front. Il revint avec nos tasses. Il avait jeté le sachet de thé de la mienne.
- Trop infusé, marmonna-t-il pour lui.
Il prit place à mes côtés et nous bûmes tranquillement nos collations sans rien dire de plus. C'était vrai, il était trop infusé mais j'y fis à peine attention. J'étais touchée parce qu'il savait que je préférai avec un goût plus neutre comme j'avais préparé son café pour que l'arôme soit dur.
Les volets de l'appartement étaient ouverts et le soleil donnait sur la terrasse comme si nous étions au début de l'été. Au bout d'un moment, il reposa sa tasse et passa son bras derrière mon cou. Je me blottis contre lui. Son téléphone sonna deux fois en deux minutes mais il ne répondit pas. Au bout de la troisième, j'osai un regard vers lui.
- Tu devrais peut-être décrocher, lui conseillai-je en entendant la musique de Tchaïkovski.
- Non. J'ai besoin de passer une demi-heure avec ma petite-amie. Je pense que Casse-Noisette peut m'oublier pendant ce laps de temps non ?
Il saisit son portable et le déverrouilla. Il me montra le nombre d'appels en absence de Newton. Onze exactement depuis dimanche. J'éclatai de rire.
- Alors comme ça on filtre Monsieur Cullen.
- Oui, j'ai pas mal de préoccupations en ce moment Miss Swan.
Il parlait de son propre travail et de celui qui allait sûrement venir. Dans un peu moins de deux mois. S'il acceptait.
- Je comprends. Une fois le dossier Equador bouclé, tu en auras fini avec Newton.
Il ne répondit pas et je délaissai son corps pour me tourner vers lui à une distance raisonnable.
- Tu en auras fini avec Newton, répétai-je. Et avec moi.
Oh non. Son silence fut étrange. Signe qu'il avait agi dans l'ombre ou du moins, qu'il avait une idée derrière la tête. Qu'est-ce qu'il comptait faire bon sang ?
- J'ai deux ou trois conférences programmées dans les deux prochains mois et ce sera la date butoir. Tu sais, la C.C. Group Inc., précisa-t-il. Enfin c'est le plan si...
Il avait dit ça de manière fuyante comme s'il voulait éviter un obstacle inévitable.
- Oh. Bien sûr.
Étrangement, je n'étais pas soulagée de penser que je le verrais moins souvent. J'éprouvai une grande nostalgie rien qu'en y pensant. Le vivre sera autre chose. Sûrement un peu déchirant mais je n'allais pas en rajouter. J'apprendrai à gérer.
- Je n'en ai pas envie, exprima-t-il de manière difficile.
Je le considérai véritablement pour vérifier les expressions de son visage. Il posa mes jambes sur les siennes et se tourna légèrement vers moi pour nous rapprocher l'un de l'autre. Il avait l'air d'une boule de nerfs, l'intérieur de son corps indomptable. Mais il restait impassible et c'était cela qui m'inquiétait. Beaucoup trop.
- De quitter Newton ou de reprendre l'entreprise de ton père ?
Ses lèvres se dessinèrent dans une ligne droite. Sa main gauche saisit le nœud de sa cravate et il le défit à peine. Bloqué par son gilet, il ne pouvait guère espérer mieux que ce résultat.
- De ne plus te voir.
- On se verra Edward.
Je mêlai mes doigts aux siens et il bougea la tête pour me répondre par la négative.
- Mais si Edward. On se verra tous les jours.
Il souffla difficilement et sa main gauche revint cajoler ma joue. Ce geste paraissait plus relaxant pour lui que pour moi. Il peigna ensuite mes cheveux du côté de mon crâne jusque derrière mes épaules. Je le zieutai comme si j'allais trouver un indice et mon regard balaya le sien sans rien comprendre. Dans ses yeux, je n'avais l'air de rien comprendre de ce qu'il me disait mais mon cerveau venait d'analyser la situation. Son mutisme ne signifiait qu'une chose. Je ne verrais jamais Edward. Du moins pas aussi souvent que je l'aurais souhaité. Les mois passeraient et nous ne ferions que nous croiser. Est-ce que je voulais vraiment d'une relation où l'un vit en attendant l'autre ?
- Isabella.
- Ne dis rien Edward.
Je fermai mes yeux en attendant que la houle passe. Depuis le départ, il avait essayé de me faire assimiler les conséquences de sa vie professionnelle sur notre vie commune.
- Il faut que l'on en parle.
- Je sais.
Ma voix sonnait faux. Je ne voulais pas voir la vérité en face et admettre une situation qui me dépassait totalement.
- Une autre fois Edward, le suppliai-je en rouvrant mes paupières.
- Je ne pense pas que repousser une discussion soit la meilleure des solutions. Nous le savons très bien Isabella.
Mes pupilles se détournèrent des siennes. Je n'avais pas envie de me confronter à lui au sujet de notre avenir.
- Il y a une solution pour remédier au fait d'être séparés. Tout est bon à prendre, tu ne crois pas ?
Mon esprit bloqua un rien de temps sur sa première phrase.
- Cela veut dire quoi ? Que j'arrête de travailler.
J'arrondis mes sourcils, désarçonnée.
- Non.
Le mot était clair, limpide. Mes tempes entrechoquèrent mon crâne sous l'effet de la répétition que je lui donnais.
- Tu veux que je démissionne de Newton&Sons Inc., devinai-je.
Il demeura dans son silence.
- Tu veux que je travaille avec toi Edward ? Pour toi ?
Je n'en revenais pas. Il me regarda, faussement serein. Proche de la représentation d'un ange. Tellement dément. Tellement flippant. Trop.
- Ce n'est ni raisonnable ni sérieux, continuai-je. Tu seras entouré de nouveaux collaborateurs. Tes employés. De quoi aurais-tu l'air si ta copine venait bosser pour toi ? Et moi Edward, pour qui je passerais ? Je ne suis pas comme ça. Je n'accède pas aux choses parce que j'ai su m'entourer.
Je secouai la tête, décontenancée par l'éventualité d'un contrat simplement parce que je couchais avec le fils du patron. Le patron lui-même.
- Serait-ce si mal Isabella ? Ce n'est pas comme si tu manquais de professionnalisme.
- Les gens que ton père emploie ne me connaissent pas. Je serais jugée d'entrée si j'acceptais ce genre de passe-droit.
- Bébé, tu seras toujours considérée différemment parce que justement tu seras estimée comme la femme du PDG.
Femme. Compagne. Épouse. Trop différent de ce que je suis maintenant. Je suis la fille ordinaire, rappeuse à ses heures qui baise avec l'homme qui a la clé de l'unique royaume aux trente-six couleurs. Pour l'instant.
J'eus un mal fou à maintenir correctement ma respiration tellement la notion d'engagement total était avancé pour lui et si précaire dans ma tête. Il me dévisagea comme s'il se disait qu'il devait anticiper chacune de mes paroles. S'il pouvait arrêter de parler trop vite, bon Dieu !
Il effectua des caresses sur ma main avec ses pouces. J'avais sûrement besoin d'un remontant. Mais j'étais définitivement affolée. Il avait une telle foi en moi. Dans tous les domaines.
- Peut-être, admis-je à contrecœur.
Je ne pus pas répondre mieux que ça parce que je ne voulais argumenter plus sur l'expression « femme de PDG ».
- Je n'ai pas envie de passer mes journées dans des avions sans jamais te voir et je sais que tu as besoin d'avoir une carrière qui évolue.
J'éclatai de rire nerveusement.
- Edward, dis-je en levant les yeux ciel. Là j'ai droit à une promotion canapé, juste parce que toi et moi couchons ensemble. Ce n'est pas possible !
Il pencha la tête sur le côté gauche. On aurait dit qu'il cherchait à savoir si je délirais. Ce que je lui disais n'était tout de même pas aussi invraisemblable, non ?
- Je connais la valeur de ton travail, relança-t-il pour justifier ses paroles. Tu es une carriériste. Bien avant de me connaître, tu n'as pensé qu'à gravir les échelons. Tu adores ça. Travailler, argumenta-t-il. J'ai toujours mis en avant ton professionnalisme dans tes qualités, ton assiduité et, le fait que ton cerveau supersonique soit un des nombreux points de mon admiration à ton égard. Tes qualités professionnelles en premier puisque j'ai dû me contenter de ça pendant une putain d'année de misère !
- Tu es de parti pris Edward, le contrecarrai-je affectueusement.
Je me sentis faible en l'entendant me dire ça. Il savait y faire, mince !
- Non, je suis mort de trouille de devoir te laisser à la maison sans moi.
Un éclair de tristesse passa dans son regard et je me penchai vers lui pour l'embrasser. Il avait fait son choix. À demi-mots, il venait de me l'avouer. On y était. Devant le totem.
- Tu as peur que je me rapproche de Crowley ? le taquinai-je dans le but de ralentir le sérieux de notre discussion.
- Je n'ai pas peur de Crowley ni de tous les autres connards qui te tournent autour. J'ai peur que tu fasses ta vie sans moi. Que l'on s'éloigne alors que nous nous connaissons si peu. J'ai tellement de choses à apprendre sur toi. Je veux profiter de tous les instants.
- Il faut que tu sois raisonnable Edward.
Il se détacha de moi et passa la main sur son visage, éreinté. Il avait dû tourner le problème dans tous les sens.
Il se leva lentement. Puis il traversa la pièce et prit place devant une des baies vitrées du salon, donnant sur la terrasse chargée en luminosité. Il inséra ses mains dans les poches de son pantalon de costume et j'eus l'impression qu'il dominait New York. Son corps fut absorbé par le soleil et je fus certaine qu'il se réchauffait malgré lui, son costume noir emmagasinant une grande quantité de lux.
- S'il devait t'arriver quelque chose et que je ne suis pas là, je ne me le pardonnerais pas Isabella.
Sa voix n'était qu'un murmure alors qu'il me tournait toujours le dos.
- Edward... S'il te plaît. Ne pense pas au pire.
- Personne ne sait que nous sommes ensemble parce que je n'intéresse personne encore Isabella mais dans quelques jours ou semaines, ils voudront te connaître. Cela va au-delà de la tarée ou des lettres adressées à Bree.
- Qui « ils » ?
Il pivota vers moi et je m'approchai de lui toujours assise sur le canapé. Je gagnai le bord doucement et il m'observa sans jamais me rejoindre. J'étais déstabilisée. Il agissait comme s'il cherchait à me faire comprendre ce que cela impliquait lorsque lui et moi serions physiquement séparés. Nous ne pourrions pas nous voir. Ni nous toucher.
Son téléphone bipa, nous rappelant à la réalité. Edward le sortit de sa poche et l'éteignit, coupant court à cette petite diversion. L'interlocuteur fut relégué au second plan. Je passais avant tout et tout le monde même si Edward aurait à supporter des limites imparables. Cette distance physique qu'il ne pourrait pas maîtriser. Celle que j'allais subir autant que lui.
- Je t'ai dit que j'aimais la compétition avec mon père mais je n'ai pas dit que tout se passait de cette manière pour lui. D'autres concurrents ne sont pas tendres. Cela sera la même chose pour moi. Tu es mon point faible Isabella. Cela le sera toujours et tout le monde le saura. Le verra.
J'écarquillai les yeux en comprenant ce qu'il pourrait se passer. Pas sur moi mais sur nous.
- Est-ce que c'est par rapport à Bree ? Tu me quitteras pour ne pas me mettre en danger.
Mes mots furent chuchotés, presque insupportable. Mais ressemblaient à une évidence.
- Non ! s'écria-t-il en se diminuant la distance entre nous immédiatement jusqu'à ce qu'il n'y en ait plus du tout.
Il prit mon visage en coupe et essuya les larmes qui commençaient à s'échapper involontairement. Je détournai mes pupilles manquant de visibilité et essayai d'orienter ma tête sur le côté pour ne pas avoir à affronter son regard soucieux. Il m'en empêcha et de surprise, je calai mes iris aux siens. Il se retrouva accroupi face à moi.
- Isabella...
Sa voix étaient chargée d'une profonde émotion.
- Isabella, je ne pourrais pas être capable de te quitter. Tu es tellement importante à mes yeux. J'arrêterais de bosser plutôt que de te voir me laisser t'abandonner. Mais toi… toi, tu le feras.
- Non, fis-je en déglutissant.
Je ne voulais pas qu'il abandonne tout pour moi. Cependant par pur égoïsme, je ne souhaitais pas qu'il me laisse à mon triste sort pour qu'il vive la vie qui lui était destinée. J'étais si paumée.
- Bien sûr que si tu le feras. Tu as la même bonté que ma mère. Elle aimait mon père, tu sais. Mais pour le bien de tout le monde et surtout le sien à lui, elle l'a quitté.
- Je ne partirai pas Edward, lançai-je avec une voix déterminée. Je te le promets. Tu sais ce que signifie une promesse pour moi !
Pour lui, je ferais tout ce que je pense le plus juste. Tout pour son propre bien. J'étais déjà à l'origine d'une amitié brisée. Je ne pourrais pas non plus continuer à le laisser sacrifier quoi que ce soit pour moi.
- Tu ne peux pas affirmer que tu ne le feras pas comme je ne peux pas assurer que je m'engage à vie dans la société de ma famille. La seule chose dont je suis certain, c'est que je veux le faire avec toi.
Ses mains reculèrent et fourragèrent mes cheveux de part et d'autre de ma tête sans rendre le toucher autoritaire. J'étais près de sa bouche. Je voulais l'embrasser mais je ne me l'autorisai pas. Je ne pouvais pas nous distraire. Le moment était trop important. Je devais accepter cette conversation. Lorsque hier, j'avais refusé de prendre parti dans ses décisions concernant son avenir professionnel, j'avais implicitement accepté les choix qu'il allait faire.
- Tout est pour toi Edward. Tu dois le faire pour toi. Ta satisfaction personnelle. Bree. Tes parents.
- Et toi Isabella ? Qu'est-ce que tu veux ?
- Edward, lui souris-je. Cela me semble évident.
- Pas pour moi.
Mes larmes s'étaient taries et leur sécheresse avait créé une tranchée sur mon visage comme s'il y avait un caniveau en béton sur mes joues.
- Je veux que tu sois heureux, soupirai-je.
- Je ne le serai pas si l'on est séparé l'un de l'autre, insista-t-il comme un petit garçon capricieux. Il n'y a pas d'autres solutions pour moi.
La détermination d'Edward éclaira son regard vert et ses lèvres se durcirent.
- Tu ne peux pas tout abandonner parce que je ne me conduis pas comme tu le voudrais. Personne d'autre que toi ne pourra faire évoluer ce groupe comme tu le feras Edward. Regarde ce que tu as accompli avec ta société. Même ton père approuve tes stratégies.
Il inspira prudemment.
- Pas au détriment de nous, murmura-t-il.
- On fera tout pour se voir. Je te rejoindrai les week-ends où tu seras en déplacement.
- Parce que tu ne travaillais pas les week-ends avant que tu ne me connaisses ?
Son ton évolua vers un reproche. Auparavant, je bossais n'importe quand. Avant je n'avais rien d'autre.
- J'ai abandonné les synthèses en free-lance que je faisais pour le Seattle Online.
- Tu l'as fait avant ou après avoir fait ma connaissance ?
- Après, murmurai-je.
Il arqua un sourcil pour me faire admettre le lien avec lui.
- C'était avant que l'on sorte ensemble. Tu n'as rien à voir là-dedans. Enfin pas directement, confessai-je.
Il se concentra dans ses pensées et la détermination fit place à l'introspection. Je n'étais pas nue mais la psychanalyse recommençait. Je maîtrisai la respiration dans mes poumons et détournai pas mon attention de la sienne.
- Suis-je lié au fait que tu voulais t'installer définitivement à New York ?
- Tu m'avais repoussée lorsque j'ai pris cette décision.
- Donc j'en suis la cause ?
Il se redressa et me sonda de toute sa hauteur. Il câlina ma joue avec tendresse. Dans son costume impeccable, il tentait de me dompter. Il transpirait d'amour et d'autorité. Je me sentis anesthésiée. Edward avait vraiment ces deux côtés bien distincts. Celui qui aimait avoir le pouvoir sur moi et celui qui avait besoin de moi. Tous deux évoluant dans une manipulation à laquelle je tenais.
- Encore un acte de rébellion dans ma tête, soupirai-je comme pour me trouver une véritable excuse. Je voulais me prouver que tu ne m'atteignais pas plus que ça.
Je ne pouvais pas lui raconter quoi que ce soit pour l'embobiner. Bien sûr qu'il avait été le déclencheur. Il revint s'asseoir près de moi, à ma droite cette fois-ci. Il prit mes mains dans les siennes. Il effectua une pression qui se voulait être rassurante. Je ne savais pas exactement à qui des deux elle était destinée. Nous étions tous les deux retournés par ces paroles de bon matin.
- Tu es impulsive et je sais que tu agis sur des coups de sang. Je suis content d'avoir provoqué cela. Si tu n'avais pas voulu venir à Boston, tu m'aurais laissé encore une ou plusieurs possibilités de venir te harceler. Tous les soirs s'il avait fallu. Et je l'aurais fait.
Je souris. C'était vrai. J'aurais pris plaisir à le voir me faire la cour. Plutôt me chasser dans son cas. Me manipuler pour intensifier mon besoin de lui. Cinglée, non possédée !
- Je ne veux pas d'un nouvel acte de rébellion en trouvant un mot sur le réfrigérateur un jour, me disant que tu as besoin de réfléchir. Loin de moi.
- Cela n'arrivera pas Edward. Ta mère a choisi de poursuivre sa vie loin de ton père. Ma mère m'a abandonnée. Pas moi, dis-je vindicative. Je sais ce que cela fait d'être quittée par un être cher.
Je secouai ma tête comme si je vivais l'abandon une nouvelle fois. Mon cœur simula une fracture et j'eus la sensation de tomber de plusieurs étages.
- Des fois, on ne pense pas toujours aux conséquences, même si je suis certain que tu ne me laisseras pas sans nouvelles. Ma mère avait averti mon père et pourtant un jour, elle nous a expliqué que la pression était trop forte pour elle.
- Edward, n'as-tu aucune confiance en moi ?
- Je te fais confiance Isabella. Je sais simplement que l'attention sur toi sera suffisamment étouffante pour que tu l'envisages à un moment donné. Cela relève d'un sentiment d'humanité.
Je compris ce qu'il voulait dire par là mais je n'acceptai pas qu'il doute de moi. Il avait un tel recul sur nous, notre avenir.
- Tu as peur que je fasse la même chose que ta mère ?
- Oui, balaya-t-il mes mots précédents comme s'il n'y avait pas d'autres issues possibles. Mener ta carrière en parallèle à la mienne est la meilleure chose que j'ai trouvée. À la fois pour toi et surtout pour moi, avoua-t-il. Mais aussi parce que je sais que tu seras à la hauteur. J'aimerais réellement que tu travailles avec moi.
- Edward, poursuivis-je en essayant de rester la plus sereine possible. Tu ne peux pas me faire culpabiliser en me faisant comprendre que notre couple repose sur mes épaules. C'est injuste.
- Je te manipule.
Il me sourit parce qu'il le reconnaissait vraiment. Je ne pus m'empêcher de lui renvoyer son sourire. Par instants, sa personnalité me déboussolait. J'irais à droite, il irait à gauche. Juste parce qu'il a trouvé que le chemin n'était pas plus court mais que le danger était moins palpable. Pas forcément que le paysage était plus beau mais plutôt parce qu'il pourrait y avoir l'éventualité d'y apercevoir un point de vue spectaculaire. Malheureusement, pour la première fois je m'opposais à ses plans.
- Oui, tu le fais. Tu es très doué et tu l'utilises comme ta carte Joker.
- Je veux juste que tu comprennes le fond du problème. Je peux même négocier avec toi pour que tu acceptes, sourit-il en coin.
Mes iris firent presque un tour à trois cent soixante degrés rien que pour le provoquer.
- Laisse-moi le temps d'y réfléchir.
- Comme si tu ne le faisais pas déjà bébé, me dit-il avec un regard doux.
- Tout d'abord, je veux simplement que toi tu prennes tes marques dans ce nouveau poste et on avisera en fonction de ce que nous ressentirons.
Il acquiesça par dépit. Je n'avais pas dit oui.
- Je ne peux pas croire que tu m'aies demandé ça Edward.
Je remuai ma tête visant à lui signifier mon étonnement.
- Je ne peux pas croire que je l'ai fait. Pire, je ne peux pas croire que j'ai échoué !
- Tu sembles si hermétique à tout arrangement.
- Je risque gros. Je risque tout ce que j'ai voulu depuis que la foudre m'est tombée dessus au Crispín's.
Un coup de foudre. Il avait eu un coup de foudre pour moi. Il ne me l'avait jamais avoué de cette manière et cette idée ne m'avait même pas effleurée l'esprit. Pourtant il avait été clair.
Ma respiration se bloqua d'elle-même et je déglutis, ne cherchant même pas à cacher combien j'étais bouleversée. Je remontai mes mains sur son thorax et fouillai son regard.
- Je suis sûre que tu m'aurais fait le même effet Edward si tu m'avais abordée ce jour-là.
- Peut-être. Tu me trouves beau, étira-t-il ses lèvres avec un mélange de convoitise et de malice.
- Bien plus.
- C'est aussi pour cela que je ne veux pas qu'il y ait des miles entre nous. Tu te rappelles qu'à Boston tu m'as dit que tu avais besoin d'évoluer dans un environnement sécuritaire.
J'acquiesçai. C'était ce soir-là qu'il m'avait confessé avoir des sentiments pour moi.
- Isabella, si nous vivons loin l'un de l'autre, je ne pourrais pas te conforter dans cette sensation. À terme, tu m'en voudras. À terme, tu me quitteras.
J'encaissai. Même si ce que je lui avais expliqué se retournait contre moi, il le faisait pour moi.
- Alors tu as pris ta décision... pour la société de ton père ?
- Je crois que je viens de le faire, confirma-t-il contrit.
Il se mura dans ses pensées et je passai mes mains sous les cernes de ses yeux. Il m'attira à lui et je me retrouvai sur ses jambes, pratiquement dos à lui. Il souleva mon pull et mon tee-shirt et sa main se faufila sur ma peau nue.
- Je voudrais tellement que tu le veuilles, exhorta-t-il.
- Tu es tellement capricieux Edward. Autoritaire.
- Je te fais peur ?
Je relevai mon visage vers lui.
- Tu ne me fais pas peur. Je lutte juste contre tes envies.
- Tu m'as dit que tu aimais ça.
- Pas quand tu me mets la pression.
Sa main gauche caressa mon dos et mes vêtements laissèrent apparaître mon ventre.
- Je ne sais pas si je vais y arriver Isabella, admit-il.
Sa main droite passa sur mon nombril puis voyagea partout sur ma peau, soulevant toujours plus le tissu.
- Pas sans toi, expliqua-t-il. Tu ne peux pas me priver de prendre soin de toi tous les jours. De coucher avec toi.
Je ris doucement, à mesure de ses inepties.
- Quoi ? se confondît-il dans sans innocence. Tous les moyens sont bons. Surtout quand ils sont pensés très fort.
Il fit sauter les boutons de mon jean les uns après les autres d'une seule main. Il me releva juste pour que son autre main, la gauche, s'exécute afin de dégrafer mon soutien-gorge en passant dans mon dos. Edward possédait ce satané sens sexuel qui déviait mon esprit. Ou bien j'étais toujours dans la déviance. Je le laissai prendre l'initiative.
- N'utilise pas le sexe contre moi Edward.
Je voulais le mettre en garde mais mes mots ressemblaient plus à une demande expresse. J'étais déjà humide, c'en était presque trop.
- Je le fais si je le veux bébé et je le veux.
Il mordilla mon épaule droite qu'il s'était arrangé à découvrir encore une fois, sûrement avec un tour de passe-passe.
- Ce n'est pas bien. Ni correct.
- Je prends mon plaisir où je suis certain de le trouver. Je sais aussi parfaitement comment je peux te le donner.
Il confirma ses mots en passant sous ma lingerie après avoir appuyé mon dos contre son corps. Je ne pouvais pas céder de cette manière. Je n'allais pas le faire. Allais-je le faire ? Je gémis tout en fermant ma bouche pour ne pas avoir à répondre à quoi que ce soit. Juste profiter de lui. Il voulait peut-être jouer mais il n'allait pas gagner. J'avais déjà dit oui pour déménager.
- Parle-moi Isabella.
Mes yeux se fermèrent d'eux-mêmes et je subis une contrepression si forte que mes neurones n'arrivèrent pas à connecter entre eux. J'avais envie de lui. Juste partir pour son royaume. Le pic vert me fit signe de faire ce qu'Edward disait. Il flippait de ne plus avoir droit aux bénéfices de ma relation avec Edward. Quant à moi, j'avais surtout envie de lui clouer le bec parce que je ne voulais pas remettre en question ma place chez Newton. Hors de question !
- Dis-moi ce que tu veux Isabella. Dis-le-moi.
J'entendis vaguement la sonnerie de mon téléphone mais elle était si éloignée que j'eus l'impression de l'imaginer.
- Crowley, m'écriai-je comme si je sortais d'un coma de plusieurs mois.
Je remontai un regard à l'attention d'Edward et il ferma les yeux pour ensuite les cligner, passablement déçu d'avoir été interrompu.
- Vraiment Isabella ? Cet âne de Crowley !
Il avait dit son nom comme s'il avait la peste. Mais finit par me sourire, tellement la situation n'était pas à notre avantage.
- Désolée. Il faut que je réponde. Ce doit être lui.
Il me relâcha, lassé et inconfortable. Je lui envoyai un regard plein d'excuses et me levai rapidement pour tenter d'arriver avant la fin de l'appel de Crowley. Je reboutonnai mon jean mais arrivai trop tard. Mon portable en main, je revins vers lui. Crowley ne me laissa aucun message. Edward tendit ses bras pour que je le rejoigne et me fit asseoir sur lui.
- Je déteste déjà ce que je vais dire, putain ! Mais, rappelle-le, Isabella.
Je hochai la tête et composai son numéro.
- Isabella bonjour, répondit immédiatement Crowley.
- Bonjour Tyler, le saluai-je en l'appelant par son prénom uniquement pour ne pas le froisser.
- Comment allez-vous depuis hier ?
- Bien. Merci.
- Je suppose que Monsieur Cullen y est pour quelque chose !
Je ris.
- Tyler, je ne pense pas que vous ayez besoin d'une réponse.
J'étais sur haut-parleur et je sentis Edward tressaillir face à la curiosité de Crowley. J'entendis le mot « connard » le plus bas possible et il serra ses bras autour de moi.
- Effectivement, rit-il. Je vous appelais simplement pour vous spécifier que je venais d'avoir Uley au téléphone. Il n'a pas rejeté ma demande et vous pouvez lui transmettre le portrait par mail. Il m'a demandé si vous vouliez que le programme effectue une recherche en fonction de vos antécédents également pour multiplier les probabilités de trouver l'identité de cette personne ou si vous vouliez vous arrêter à une identification simple à partir du portrait.
- D'accord, je lui préciserai cela par mail.
- À partir de là, il effectuera une statistique de recherches qu'il me transmettra puisque je suis le donneur d'ordre.
- Il vous fait payer cette recherche ? lui demandai-je étonnée.
- Et bien je suppose que les affaires sont les affaires, en particulier si je ne donne pas suite au rachat d'Equador.
- Je vous rembourserai Monsieur, précisai-je.
- Tyler.
- Merci Tyler de l'avoir convaincu, souris-je.
- Je vous en prie Isabella. Mais cela ne sera pas nécessaire. Ce sera mon pourboire pour votre travail.
- Non Monsieur. J'ai déjà dépassé pas mal de limites.
- Isabella, les protocoles sont faits aussi pour être transgressés.
Je roulai des yeux et n'osai même pas un regard vers l'archétype derrière moi. Il devait avoir des mitraillettes à place des yeux.
- Honnêtement, je pense que si vous choisissez la première option, vous multipliez aussi l'éventualité qu'il la retrouve.
- Je comprends.
- Il vous enverra un questionnaire type en fonction de ce que vous décidez.
- Très bien.
- Avant de raccrocher Isabella, j'aimerais discuter avec vous d'un dernier point.
- Oui bien sûr.
- Je souhaiterai prendre rendez-vous avec vous et Monsieur Cullen un de ces jours-ci. Je voudrais que vous rencontriez une personne avec laquelle je suis en contact et avec qui j'ai l'espoir de travailler pour développer le programme Equality.
- Bien sûr, je me rendrais disponible.
- Très bien. Peut-être pourrions-nous aller dîner tous les quatre. Étant donné que rien n'est signé et que cela sera certainement votre mission dans un second temps, il s'agit simplement d'une prise de contact. Une sorte de repas d'affaires avant l'heure.
- Ça me va.
- Bon très bien. J'appellerai Monsieur Cullen pour voir avec lui en temps voulu. Je vais vous laisser Isabella. Envoyez votre portrait par mail à Sam Uley et il vous expliquera la suite.
- Merci beaucoup Tyler. J'ai une dette envers vous.
- Que je saurais vous rappeler Isabella, finit-il le ton lourd de sens.
- Bonne journée Monsieur, fis-je en plaisantant, histoire de le faire redescendre d'un cran.
- Bonne journée à vous aussi Isabella, se marra-t-il.
Je raccrochai et me tournai vers Edward.
- Ce connard a quand même le don de me divertir, me lança-t-il amusé. J'aime beaucoup t'écouter l'éconduire.
Je ricanai.
- Il va se lasser très vite. Je ne m'en fais pas pour ça.
- On verra bien. Que comptes-tu faire pour le portrait ?
J'abandonnai mon téléphone près des tasses sur la table de salon et posai mes coudes sur mes genoux. Ma tête tomba dans mes mains réfléchissant à la situation un instant.
- Je ne veux pas que qui que soit fasse une recherche sur mon passé. Ce n'est pas que j'ai honte mais...
Edward entoura sa main sur ma jambe gauche et je relevai ma tête vers lui. Je m'appuyai alors contre le sofa et lui fit face. Il me sourit à peine, m'engageant à continuer. Je fermai mes paupières une seconde et inspirai profondément.
- Je n'ai pas très envie de..., expirai-je.
Je rouvris mes yeux.
- Fais comme bon te semble Isabella. Suis ton instinct.
- Merci, chuchotai-je.
Il se leva du canapé et me tendit sa main gauche.
- Allez viens. Tu vas utiliser mon ordinateur pour faire ce que tu as à faire. Ne tergiverse pas trop.
J'esquissai un sourire au double sens de ses mots et lui donnai ma main. Il referma son poing fermement et je me relevai. Il m'entraîna jusqu'au bureau lumineux, bénéficiant du soleil depuis la terrasse. J'avais déposé le portrait la veille sur le sous-main mais il n'y était plus.
- Je l'ai scanné ce matin pour ne pas que tu perdes de temps. J'ai essayé de trouver la meilleure résolution possible. J'espère que cela te conviendra. Il y a un dossier à ton nom sur le bureau du PC. C'est à cet endroit que tu le trouveras.
- Merci Edward, lui souris-je.
- Est-ce que je peux passer quelques coups de fil en attendant ou as-tu besoin de moi ?
Je le regardai les yeux ronds, alors qu'il attrapa son téléphone.
- Edward, fais ce que tu as à faire. Je pensai qu'après ça je pourrais ranger mes affaires et...
Son regard s'illumina comme une guirlande de Noël. Un rien lui faisait plaisir. C'était rassérénant.
- Mets les miennes en vrac au fond de la chambre si tu n'as pas assez de place ! blagua-t-il, me provoquant un ricanement qui ressemblait plus à un gloussement en réalité.
- Ça me plairait assez que tu arrives tout froissé chez Newton, ris-je. Au moins tu n'aurais pas que l'air sexy, tu aurais le titre de Baiseur Sexy Cullen !
Je vis la surprise dans son regard et il se mît à rire.
- Tu vois que tu es prête à dire oui pour ce panneau à ton nom dans le parking !
- Je n'ai rien dit de tel !
- Comme si tu aimerais que je sois qualifié de Baiseur en général !
- Bon c'est vrai que ça m'énerverai, avouai-je. Tout le monde n'a pas l'intuition de Crowley !
Il ouvrit une baie vitrée.
- Attention Isabella, tu commences à céder.
- Edward, tu ne feras pas de moi ce que tu veux simplement parce que tu penses avoir la meilleure des solutions. Ça vaut pour la place de parking et pour ce dont nous avons discuté tout à l'heure.
- Je te laisse faire tes propres choix. Et même si je n'en ai pas envie, je ne peux pas aller contre ça, me défia-t-il.
- Laisse-moi évoluer autour de toi pour que je puisse être la meilleure personne pour toi. Tu dois apprendre seul à faire tes premiers pas et tu seras merveilleux. Je le vois en toi. Si la situation devient compliquée entre nous, je te promets que nous trouverons la solution qui nous conviendra le mieux à tous les deux.
Il hocha la tête, l'expression de visage solennelle. Il n'allait sûrement pas oublier ce que je venais de lui dire.
- D'accord. Mais ne rejette pas d'entrée la possibilité de travailler ensemble.
D'ici je voyais à quel point cela lui tenait à cœur. Il resterait dans le bureau tant que je n'avais pas répondu honnêtement.
- J'ai confiance en ce que nous avons parce que nous évoluons dans cette relation avec beaucoup d'attention. Au fond de toi et pour les raisons que je t'ai données, tu sais que je ne te quitterais pas. Je suis amoureuse de toi et je te prouverai que cela ne changera pas, peu importe les difficultés.
Guidés par un besoin naturellement automatique, nous nous rejoignîmes en deux pas et nous nous embrassâmes doucement. Il entoura ma figure de ses mains avec beaucoup de précaution. Les miennes trouvèrent leur place sur son gilet.
Après quelques instants, nous nous écartâmes l'un de l'autre et je focalisai sur ses lèvres mouillées. Il me couva du regard, m'inspecta puis me sourit attentif à la moindre de mes expressions. Puis, il trouva sa place dans mon cou et mes mains cajolèrent sa nuque.
- J'ai compris. On improvisera au fur et à mesure.
- Oui, s'il te plaît.
- Je déteste ça mais on le fera à ta façon, bébé. Seulement si je me rends compte que nous commençons à avoir des difficultés, je te demanderai de revoir tes exigences. Il en sera de même me concernant.
Edward l'autoritaire perça de ses paroles mon cerveau. Il avait ma parole, quoi de mieux ?
- C'est d'accord.
- Ok. Envoie ce message, m'ordonna-t-il. Il faut que l'on se débarrasse d'elle.
Nous nous séparâmes. Il sortit du bureau par la baie vitrée et composa son appel. Je pris place sur son fauteuil. Le Mac sortit de sa veille et je découvris la photo de nous d'eux à San José, affalés sur le lit. Le cliché qu'il avait sur son bureau à l'Onyx. Elle n'y était pas encore hier. Un élan de fierté traversa mon corps, validant le fait que je prenais les bonnes décisions en ce moment. Il venait de me dire de suivre mon instinct. D'accord. Puisqu'il affirmait qu'il était bon, j'allais continuer. Je me retournai et l'admirai de l'autre côté de la terrasse. À vingt-neuf ans, Edward Cullen était prêt. Prêt pour accéder au pouvoir. Son père avait peut-être trouvé la solution avec son fils et fait de lui un homme d'une grande influence. Tout mon être pouvait le voir.
J'envoyai le mail rapidement à Uley en choisissant l'option recherche simple. Je lui laissai une nouvelle fois mes coordonnées au cas où il voudrait me contacter même si techniquement, Tyler Crowley était son nouveau client. J'espérais une réponse rapide. Quand je quittai le bureau d'Edward, il était toujours au téléphone, debout, contemplant la ville en profondeur. Je pris le temps de l'admirer depuis le petit salon extérieur. Magnifique.
Il m'aperçut et me fit signe de le retrouver. Je l'enlaçai de mes bras, le câlinant, mon visage dans son dos. Cela dura une minute et me détachai pour le laisser tranquille. Il avait beaucoup de travail. Je préparai ensuite le repas et nous mangeâmes ensemble.
Après cela, nous repartîmes chacun vers nos défis respectifs. Je tentai de joindre Kate entre deux déballages mais elle ne me répondit pas.
Vingt minutes plus tard, j'entendis les haut-parleurs de la chambre résonner faiblement d'une musique douce. Instrumentale. Celle qui avait joué lorsque nous avions fait l'amour samedi dernier. Notre première fois.
Charmant avait dû trouvé mon mot sur son bureau. Celui, qui lui disait « Premier compromis, je l'espère. Je t'aime. » Il me faisait comprendre la même chose et en plus de cela, son choix de musique me signifia clairement une chose. Charmant avait envie et besoin de moi. Ce non-dit relevait de l'évidence même. Cinglée, possédée. Peu importe, tant que j'étais charmée.
Merci aux 12 personnes qui m'ont écris sur le chapitre précédent. Je suis ravie et déçue, à la fois. Savoir que 12 lectrices se sont motivées pour me le dire, c'est bien mais dans mon cerveau étriqué, je me dis : "Tess, c'est la putain de débandade. T'assures-pas du tout !". Remarque, en réfléchissant bien, si on ne passe pas le 1er chapitre, on ne peut pas aimer le 21ème donc si ça se trouve nous sommes 12 personnes+moi à lire mes bêtises de fin de pages ! Oh-Oh...
Alors TOC-TOC-TOC, Qui est là ?
- Que pensez-vous qu'il va se passer pour la suite ? Qui va céder en premier ? Isabella ? Edward ? Est-ce qu'Equality va trouver qui est cette personne si mystérieuse qui suit Bella ? Quant à Crowley, va-t-il être un jour plus pour Isabella qu'une relation d'affaire ? Et la famille de Bella, quand va-t-on en entendre parler ? Quant à Kate et Dém, qu'en sera-t-il de leur couple ? Et Alec alors, où est-il passé ? Mais qui veut voir Carlisle à l'oeuvre ?
- Pourquoi diable, y aura-t-il un tome 2 du Ballet ? Pour laisser parler Charmant ! Enfin, ce sera lui qui aura la parole ! Que va-t-il se passer pour Isabella si c'est Edward qui parle ? Pourquoi ce tome 2 sera si différent ? Parce qu'il l'est je vous le promets... On fait un énorme bond et pas forcément celui que vous attendez toutes !
Alors, vous voulez toujours la lire cette suite ? Plus que jamais où j'arrête là les frais ? :-)
Je me nourris de vos appréciations, ce n'est pas une récompense, jugez-moi ? Jugez mes textes ? Dégommez-moi si vous le souhaitez ! Faîtes-vous plaisir, bon Dieu ! Rendez vivant tout ça, je m'ennuie... Vous aussi ?
J'ai écrit une suite à Green Britain. Est-ce que je le fais bêtasser ce second chapitre ? Est-ce que cela vous plairez ?
Des milliards de bises pour celles qui sont encore ici et qui se posent encore des questions. Moi, j'en ai des tas et la 1ère, sommes-nous véritablement 13 à la fin de ce chapitre ? Je suis superstitieuse, arrangez-moi ce 13, si ça en vaut la peine que je grattouille ici.
Tess
C'est vous qui détenez la carte "suite", lâchez-vous ! Et amusez-vous !
