Titre : Mais qu'est-ce qui m'arrive ?
Personnages : Rose, John Smith (10.5) et un Jack alternatif. Cette fic se passe dans le monde de Pete.
Rating : PG-13
Note de l'auteur : écrit pour le challenge Schmoop Bingo le prompt étant Grossesse (male ou femelle). Rose et son Docteur humain vivent gentiment leur vie, mais un jour, Rose ramène à la maison la pièce manquante, un Jack tout à fait mortel et enceint.
Béta :black59
…..
Jack s'était réveillé lentement. Il y avait deux mains sur son ventre et aucune d'entre elles n'étaient à lui. Autant d'attention c'était bouleversant et il n'allait certes pas s'en lasser de sitôt. Rien que d'y penser il en avait les larmes aux yeux.
Comme s'il avait senti le changement d'humeur de Jack, John s'était encore rapproché un peu plus, sur son côté gauche. De l'autre côté, Rose s'était blottie dans l'épaule. Il était totalement pris au piège, mais devait impérativement aller aux toilettes. Il avait bien essayé de se dégager délicatement des deux mains possessivement enlacées, afin de ramper doucement hors du lit sans réveiller ses deux partenaires, mais il avait lamentablement échoué.
John lui avait adressé un regard interrogateur.
« Le bébé joue avec ma vessie » avait-il marmonné.
John lui avait céder le passage pour qu'il puisse aller se soulager. Au moment de se laver les mains, il s'était retrouvé face à face avec le grand miroir de la salle de bains et n'avait pas reconnu l'homme qui le fixait en retour.
Il ressemblait désormais plus à une grosse limace châtrée qu'au superbe mâle du LIème siècle qu'il était supposé être. Non pas qu'il soit vraiment gros, non, il n'en était qu'au cinquième mois, et avait perdu beaucoup de poids au cours des deux premiers mois. Mais les hormones lui avaient donné des caractéristiques féminines, et absolument pas à son avantage. Il avait un côté gracile, comme si tous ses muscles avaient fondu. Même sa magnifique ligne de mâchoire était brouillonne. La seule chose encore ferme était son ventre protubérant.
« Hey, mon ange, je voudrais la place » Avait murmuré une Rose toute ensommeillée dans son dos. «Tu es magnifique », avait-elle ajouté se serrant tendrement contre lui avant d'aller aux toilettes.
Rose était enceinte aussi. Deux mois. Et elle était positivement magnifique, elle.
Au tout début, ça faisait maintenant trois mois, lorsqu'ils l'avaient adopté avec autant d'empressement, Jack s'était dit qu'ils n'étaient intéressés que par le bébé. Rose et John étaient ensembles depuis cinq ans, mais n'avait pas d'enfant. Il s'était avéré qu'ils n'avaient juste pas eu le temps de vraiment y réfléchir. L'arrivée de Jack avait changé ça et maintenant Rose était elle aussi enceinte.
Malgré cela, il était toujours là, dorloté comme il ne l'avait jamais été de toute sa vie, pas même durant son enfance. Alors, pourquoi n'arrivait-il pas à se débarrasser de ce nœud d'insécurité qui lerongeait sans cesse depuis le creux de l'estomac?
« Hey, tu viens te recoucher? » Avait fait Rose, lui prenant la main pour le ramener au lit.
Il avait soupiré. Il n'allait pas se remettre à pleurer. Il était fatigué de pleurer, pleurer sans raison et à tout propos, toute la journée. Il s'était mordu la lèvre inférieure avec force. Comment pouvaient-ils le supporter? Finalement, il avait réussi à regagner le milieu du lit sans craquer. C'était devenu sa place, comme s'ils avaient peur qu'il puisse s'enfuir au beau milieu de la nuit. Au moins, il avait cessé d'être malade. Il s'était installé confortablement entre ses deux amants et avait poussé un nouveau soupir, John avait arrangé avec tendresse la couette sur eux.
...
« Alors, comment allez-vous? » Le médecin avait demandé.
« C'est vous le doc. C'est à vous de me le dire. » Avait répondu Jack.
Le docteur Owen Harper était le médecin de l'Institut qui suivait la grossesse de Jack. Jack détestait avoir à venir à l'Institut, ça lui faisait l'effet d'être une sorte de monstre.
« Toujours aussi susceptible ? »
« Je ne suis pas susceptible. Rose est susceptible » Avait répondu Jack. « Moi, je suis juste insupportablement pleurnicheur. »
« Pas d'amélioration? »
Il avait soupiré. En fait, dernièrement, il soupirait plus souvent qu'il ne pleurait.
« Si on veut » Avait-il admis à contrecœur.
«Votre taux d'hormonal se stabilise. Ça devrait s'améliorer un peu plus chaque jour maintenant » Avait dit le docteur Harper. « Avez-vous choisi un nom? »
« Tino »
Le médecin avait levé les yeux de son dossier, avec un regard interrogateur.
« C'est un nom de garçon, ça » Avait commenté le médecin « En fait, ce n'est même pas un nom, mais… »
«J'aime bien Tino. John et Rose aussi. » En réalité, Rose et John avait également essayé de lui expliquer que Tino n'était pas le meilleur choix pour une petite fille, mais probablement lassé de le voir éclater en sanglots à la moindre contrariété, ils avaient renoncé avant qu'il n'en arrive là.
«D'accord. Si on jetait un coup d'œil à notre petite Tino ? « Avait dit le médecin en le conduisant vers le scanner alien « Pas d'autres effets indésirables ? » Avait-il demandé.
« Vous voulez dire en plus de devoir me lever deux fois par nuit pour aller aux toilettes, de pleurer comme un gamin de trois ans, de ne pas pouvoir voir ma queue, qui soit dit en passant, ne me sert toujours plus qu'à pisser ? Non, rien de nouveau. »
« Vous n'avez pas mentionné les nausées», avait noté le médecin. « Est-ce que ça veut dire, que ça s'est calmé ? »
« Disons pour le moment que j'ai réussi à garder mes trois derniers petits déjeuners. »
« C'est une amélioration, non? »
« Ouais, si on veut. » Avait dit Jack, scrutant l'image sur le moniteur.
« On dirait que notre petite Tino va bien » Avait dit le médecin, mais il n'avait pas pour autant éteint le scanner. «J'ai quelqu'un qui attend à côté, je serai de retour dans cinq minutes » Avait-il dit avant de quitter la pièce, et il avait ajouté: « Je vous laisse tous les deux, prenez le temps de faire connaissance. »
Jack n'avait pas vraiment écouté. Il allait avoir un bébé. Jusqu'à présent, il avait toujours évité de regarder l'écran, ne voulant pas faire cas du petit être qui squattait le creux de son ventre. Lorsqu'il avait réalisé qu'il était enceint, ça avait été un choc, les grossesses masculines étaient à haut risque, même à son époque, et probablement par un mécanisme de défense instinctif, il avait bloqué sur cette partie pourtant essentielle de l'équation. Il allait être une maman. Cette fois, quand les larmes étaient venues, elles n'avaient pas forcé le passage, menaçant de le submerger encore une fois. Non, elles avaient juste ruisselé gentiment sur ses joues.
Étrangement, il était heureux.
