Je devrais appeler Matt ? J'ai vaguement vu son pire ennemi le jour où une de ses clientes c'est fait tuer. Mme Cardenas s'est fait tuer par un junkie devant chez elle. Elle faisait partie de ces pauvres habitants que Fisk veut expulser de chez eux par la peur. Et maintenant les médias mettent son meurtre sur le dos de Matt. J'ai tellement peur qu'il fasse une bêtise. Il y a une sorte d'oppression dans mes intestins.

Après notre dernière discussion j'hésite à l'appelé. Et ça fait très mal d'en être arriver là.

Je n'ai jamais eu à me poser la question si je devais l'appeler ou pas. Même quand nous nous ignorions nous n'avions jamais atteint ce niveau de maladresse. Mais tout change et je suppose que nous ne pouvions pas éviter une telle situation. Surtout compte tenue de nos échanges récemment.

Arthur éclate de rire encore une fois et son père rit avec lui. J'ai rarement vu Clint aussi heureux que lorsqu'il est avec notre fils. La voix de sa femme me coupe de mes pensées.

- Lila était silencieuse, dit Barbara. Même lorsqu'elle riait elle faisait attention à ne pas faire de bruit.

Je me mords la lèvre pour évitait de dire une bêtise. Que dois-je dire lorsqu'il en vient aux morts ? Je ne suis jamais à l'aise quand elle parle de sa fille et pensé qu'elle n'a pas eu une mort paisible rend les choses encore plus maladroit. Et ça me fait mal au cœur, personne ne mérite de perdre un enfant.

- Arrête, je vois bien que tu n'es pas à l'aise. Dit ce que tu as à l'esprit, elle me pousse gentiment.

Est-ce qu'elle parle du fait qu'ils sont chez moi tous ensembles ou de Lila ? Parce que j'avoue que les deux choses me mettent perplexe. On a mangé le diner sans accro d'aucune sorte, juste un léger froid entre Clint et sa femme. Que je n'ai pas relevé n commenté. Je suis fière de ne pas avoir mis mon pied dans ma bouche. Je décide de prendre le taureau par les cornes. Comme dit papa le gêne Lewis ! Je donne un coup d'œil au salon où Clint en train de joué avec Arthur.

- Tu as une photo ? Je lâche.

Elle hoche la tête et va à son sac accroché à l'une de mes chaises de cuisine. Elle sort de son portefeuille une petite photo. Elle inspire en regardant le bout de papier plastifier comme si elle rassemblait son courage et me la tend.

La petite fille est vraiment jolie, Barbara m'a dit une fois qu'Arthur ressemble plus à Clint que Lila. Et c'est vrai. L'enfant est un très agréable mélange de ses deux parents. Sa couleur de cheveux se rapproche plus de sa mère, blonde comme les blés mais elle a les yeux de son père. Elle ne doit pas avoir plus de trois ans. Elle a des faussets et est coiffée de couette.

Lila était absolument adorable et ça fait encore plus mal au cœur maintenant que je peux mettre un visage sur nom. Ma gorge se serre un peu, sans m'en rendre compte je m'empare de la main de Barbara. Qui pourrait faire du mal à une telle enfant douce ?

- Je suis désolé, je chuchote.

Elle me serre la main en guise de réponse. Je lui rends la photo et j'entends Arthur crié d'un son aigu caractéristique qu'il est surexcité. Il y a un masque douloureux qui s'affiche sur le visage de Barbara qui disparaît aussi vite qu'il est arrivé.

- Ça ne te dérange vraiment pas que Clint vient avec moi pour Noël ?

Je tente de changer de sujet mais j'avoue que je suis super curieuse. Si mon mari passé Noël avec une autre femme je serais super jalouse et super suspicieuse. Ça fait beaucoup de super mais je n'ai jamais fait les choses à moitié.

- Non, je te fais confiance et mon oncle ne l'aime pas trop, elle ricane.

Un doute en moi me fait penser que cet oncle peut ne pas exister. Son regard me dit de ne pas descendre sur cette voie. Peut-être que Natasha à raison… Peut-être qu'ils utilisent mon invitation pour faire le point...

- Et à lui ? Je demande prudemment.

Barbara lève les yeux vers moi et je déglutis. Elle souffle, s'assied sur la chaise en se pinçant l'arête du nez. La température est tombée très bas dans la cuisine et il y a une peur sourde qui tape à l'arrière du crâne. Je n'ai jamais eu peur de Barbara et n'a jamais été menaçante avec moi.

- Je suis désolé, je ne voulais pas…

- Tu veux que je dise quoi Darcy ? Sa voix est très calme et ça me fait encore plus peur.

Je remets correctement mes lunettes et baisse le regard sur le carrelage qui m'a l'air très intéressant tout à coup. Si je prends un couteau dans un de mes tiroirs je pourrais couper l'air tellement il est épais. Juste au moment où je décide de dire un truc n'importe quoi…

- J'avais espéré que la situation serait plus lisse avec le temps mais j'ai l'impression que les choses redeviennent comme après… Elle s'arrête puis inspire profondément, je vois très bien ce que le «après » veut dire. J'étais en colère quand j'ai appris pour toi et Arthur mais tu m'avais expliqué comment c'était arrivé alors…

- Tu n'as pas à te justifier Barbara…

- Laisse-moi parler, elle m'est une main devant et je me mords la lèvre. Je n'ai jamais eu d'amie, je ne parle pas des personnes avec qui je vais sur le terrain. Je parle d'une personne avec qui je peux parler et qui a j'ai confiance. Tu es ma seule amie, tu es la seule qui se préoccupe de ce que je ressens alors pour ça je ne peux pas t'en vouloir malgré que mon mari veuille coucher avec toi.

Mon souffle se coupe devant sa franchise et je remonte les yeux pour mieux la voir. Je m'attends à de la colère ou à un autre sentiment semblable mais non… il y a juste de la démission et de la tristesse. Une vague de chaleur me submerge, une colère basse et silencieuse me prend, contre moi, contre Clint pour lui faire ressentir ça.

- Je ne ferais rien de ce genre, je te le promets. Tu es aussi mon amie, je retourne sur un ton définitif.

- Tu es à peine le problème Darcy, les morts ne peuvent pas nous garder éternellement ensemble. Nous avons atteint la limite, elle finit amèrement.

Je m'assois en face d'elle sans rien dire, parce qu'honnêtement ? Que peut-on dire à ce genre de chose ? Oh par Thor quand nos vies sont devenues si compliqué ?

- Y'a encore des cup-cakes ? Nous coupe Clint des minutes après la fin de notre conversation.

On sursaute toutes les deux et je me retourne pour le voir appuyer au cadre de porte avec Arthur dans ses bras, sa poupée Barbie dans son poing et les joues rouges.

- Thor est venue ce matin et à tout manger, je réponds en prenant mon fils qui tend les bras.

Thor à la très bonne habitude de prétendre que mon appartement est aussi le sien, parfois je me réveille et je le vois en train de faire des œufs brouillé et vidé mon frigo sans gêne avec son sourire étincelant. On peut tuer le prince d'Asgard en lui mais pas le roi.

- Merde, il fait la moue.

Le fils d'Anna et Barney, Chris, cligne dans mon esprit. Je ne sais même pas pourquoi mais il le fait.

- Un problème jo…euh Darcy ? Demande Clint.

- Non, je fais mine de ne pas avoir remarqué son lapsus. J'ai rencontré une femme en faisant les courses de Noël, Anna, son fils ressemble à mort à Arthur.

Je laisse de côté la partie Wilson Fisk, rien de bon n'en viendrait de si je dis un truc dans le genre. Il serait capable d'aller le tuer et Matt aussi. J'ai encore des frissons rien que de penser que j'étais dans le même parking que cet homme. Un homme qui a décapité un russe avec une portière de voiture. Un homme qui aurait pu faire du mal à mon fils. Finalement je devrais le dire.

- Ouai ? Il se sert un verre d'eau.

- Ouai, on dirait lui en plus vieux. Et son mari Barney te ressemble aussi. En plus âgés et plus grand mais on dirait toi, c'est fou on aurait pensé que vous étiez frère.

Clint s'étouffe à moitié avec l'eau. Sa femme se lève pour lui frotter le dos pendant qu'il se tape le torse du poing. Après avoir repris son souffle, il me fixe en fronçant les sourcils. Il a l'air livide.

- T'as dit qu'il s'appelait comment ? Barbara à un ton d'urgence qui reflète l'expression de Clint.

- Euh Barney, je hausse les épaules en calant mieux Arthur sur ma hanche qui s'entraîne à rouler des pelles à sa Barbie.

- Comment ? Éclate Clint.

- Je ne sais pas ? Pourquoi ? Je claque.

- Rien, il se mord la lèvre et passe un pouce sur le nez. C'est juste...

Mon téléphone sonne sur la table. Foggy. Mon estomac se noue. Foggy ne m'appelle jamais et surtout pas à cette heure. Sauf en cas d'urgence. Je serre un plus Arthur contre moi.

- Foggy ?

- Darcy, vient ici. Vite ! Il a l'air paniqué, ce qui me fait redresser sur ma chaise.

- Qu'est-ce…

- Il pisse le sang et je suis sûr qu'il a une balle dans le corps. J'ai appelé une infirmière mais il n'arrête pas de te demander.

- Calme-toi… Je le supplie alors que je suis certaine que mon cœur s'est arrêté de battre.

- Putain, tu savais, hein ? Bien sûr que tu savais. Tu couches avec lui après tout, sa voix est glacé et terrifié à la fois. Il te veut, d'accord ? Il crie, Jésus, vient !

Et il raccroche.

- Darcy ? Tu fais peur. Ça va ? Une voix demande et je n'arrive pas à décider si c'est Clint ou Barbara.

Il n'y a que le bip sonore d'une ligne coupé qui répond.