Et voici, je poste un autre chapitre, remercier la gentille demande d'Albalis qui ne tenait plus en place. J'espère que vous apprécierez !
Pour les reviews :
Pims10 : Eh oui, ne t'inquiète pas, il est du gentil côté x)
Nuala Thranduiliel : C'est vrai que ça fait beaucoup. C'est pour ça que son retour risque d'être incroyablement tendu... Elle va devoir faire des choix judicieux...
Chapitre 28 – Entraînement
Année 1860 du Troisième Âge, quelque part dans les Terres sauvages, au nord-est du Dorwinion, 760 après avoir été ensorcelée.
Cela faisait cinq jours qu'Astíriel récupérait de sa blessure. Elle avait oscillé entre balade en solitaire, siestes, discussions avec Gandalf et aider Fagen. Sa blessure avait fini par se refermer et elle ne ressentait plus aucune douleur en lien avec celle-ci.
C'est pour cela que, en cette chaude après-midi d'été, Gandalf l'avait menée à l'écart du village. Il avait jugé plus sage que personne ne voie leurs petits tours de passe-passe.
- Bien, commence par essayer de te concentrer afin de refaire ce que tu avais fait dans la chambre, lui indiqua le magicien.
Il était assis sur un rocher en-dessous d'un arbre et fumait tranquillement sa pipe en regardant l'elleth debout en plein milieu du cagnard. Elle ne portait que de simples habits prêtés par la femme d'Haleth. Ils étaient plus légers que les habits qu'elle portait sous son armure. Elle fronça les sourcils et posa ses poings sur ses hanches.
- Comment suis-je censée faire ? Je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe quand je me… transforme, dit-elle.
Le magicien ne répondit pas immédiatement et fuma plusieurs fois. L'elfe finit par comprendre qu'il ne l'aiderait pas et soupira. Elle baissa ses yeux vers ses mains et tenta de trouver une réponse par ses propres moyens. Son esprit réfléchit à toute vitesse mais rien ne lui vint. L'elleth n'y connaissait rien en magie, encore moins dans ce type de magie.
Que lui était-il arrivé lors de ses transformations ? La première avait été accompagnée d'une souffrance sans nom et les autres provoquées par une émotion subite. Seulement, elle n'allait pas s'efforcer à se faire peur pour tenter une métamorphose qui ne marcherait sûrement pas…
Astíriel ruminait sur son incapacité à trouver une réponse. Elle décida de fermer les yeux et d'essayer d'imaginer son corps se changer. Les elfes n'étaient pas habitués à être longtemps dans le noir. Cela leur permettait d'atteindre un état méditatif profond. Après tout, n'était-ce pas ce qu'Evranï lui avait enseigné ? Visualise et concentre-toi dessus. Le reste viendra avec la patience. Elle s'assit donc au sol pour plus de confort et s'attela à la tâche. Elle ne sut pas combien de temps passa. Ce n'est que lorsqu'un bruissement de tissu attira son attention qu'elle rouvrit les yeux.
- Je pense que tu en as assez fait pour aujourd'hui mon amie, souffla Gandalf en éteignant sa pipe.
Astíriel fronça les sourcils.
- Vous trouvez, pourtant, rien n'est advenu, se plaignit-elle.
- Arda n'a pas été construite en un jour. De même, tes pouvoirs ne se manifesteront pas en quelques heures. Rentrons, il se fait tard et mon estomac appelle à un bon repas.
C'est ainsi qu'ils repartirent en direction de leur foyer temporaire. Fagen les accueillit avec joie et Haleth les rejoignit pour le souper. Puis, ils partirent se coucher.
Les jours suivants ne furent que déception pour l'elleth qui restait des heures assise à attendre que quelque chose se passe. Malheureusement, rien n'arrivait. La colère qu'elle éprouvait envers elle-même ne faisait que croitre.
Elle devait se dépêcher de maîtriser cette malédiction et rentrer parmi les siens. Eryn Galen… ou plutôt Mirkwood n'allait pas bien. La forêt se mourrait et les elfes encouraient un grave danger. Elle se devait de les protéger, même si elle restait sous forme animale. Et… une autre raison inavouable la poussait à se hâter. Legolas était là-haut, loin d'elle. Son amour pour lui n'avait pas disparu malgré les années, tel était le cœur des elfes. L'impossibilité de le lui avouer n'enlevait pas son envie de le protéger et d'être à ses côtés.
Les semaines seraient longues…
-o0o-
- Gandalf ! Gandalf ! Regardez ! s'écria l'elfe en accourant vers le magicien.
Ce dernier se rendait à leur lieu d'entrainement comme tous les matins. Seulement, depuis quelques temps, l'elfe se réveillait bien avant lui et y allait seule. Elle poussait sur ses limites pendant plusieurs heures avant qu'il ne la rejoigne. Cependant, lorsqu'il arrivait, il la trouvait toujours assise, figée et ne lui adressait pas un mot.
Soudain, alors qu'Astíriel courrait vers lui, elle se métamorphosa en une louve ébène qui finit de parcourir la distance les séparant. Le magicien resta de marbre et la fixa longuement avant qu'un petit sourire n'étire ses lèvres où était coincée sa pipe.
- Je dois dire que je suis épaté, dit-il en continuant sa route.
La louve redevint rapidement une elfe en se plaçant à ses côtés.
- J'ai enfin trouvé comment faire ! C'est très simple en fait ! Je ne sais pas comment j'ai fait pour passer à côté auparavant ! s'exclama-t-elle avec en train.
Gandalf retint un petit rire.
- La magie est intuitive pour tous ceux l'ayant déjà pratiqué mon amie et occulte pour ceux ne l'ayant jamais sentie.
- Pensez-vous que je puisse retourner à Eryn Galen dorénavant ? demanda-t-elle en le voyant s'asseoir à l'ombre.
- Ne sois pas si pressée, il te reste beaucoup de choses à apprendre avant de pouvoir voler de tes propres ailes.
- Pourtant, je sais me métamorphoser, contra-t-elle.
- Si tu le dis, alors transforme-toi… Son regard se perdit à l'horizon. En cheval, proposa-t-il.
Les yeux de l'elleth se froncèrent. Pourquoi lui demandait-il cela ? N'avait-il pas confiance en son aptitude ? Bien, si c'était son choix. Elle inspira un grand coup et sentit son corps se modifier. L'instant d'après, elle s'était transformée en une jument noire comme la nuit. Seulement, au moment même où elle se tint debout, elle s'écroula par terre en un hennissement de panique. Elle reprit son apparence avant de toucher le sol et de se casser une patte. Un rire la surprit.
- Tu vois, savoir te transformer ne veut pas dire que tu maîtrises cette forme. De plus, je ne crois pas me tromper en te disant que tu es épuisée. Est-ce que je vois juste ?
La respiration haletante de l'elleth ne laissait aucune chance au doute. Elle s'assit laborieusement et essuya la sueur de son front d'un revers de la main.
- Comment cela se fait-il ? s'étonna-t-elle.
- Lorsque tu te transformes, tu dois t'adapter à ta forme. Il ne s'agit pas de ton corps, tu n'es pas née dedans et il fonctionne différemment. La magie est une pratique qui demande beaucoup d'entraînement. Une transformation comme celle que tu viens d'effectuer nécessite de l'endurance puisque ton corps est plus petit que celui que tu adoptes.
- Alors, comment puis-je y arriver ? demanda-t-elle.
- Chaque chose arrive à point nommé si tu y mets suffisamment de volonté. Bien, je ne pense pas que tu aies besoin de moi à présent. Je vais te laisser quelques semaines. Je reviendrai après un voyage à la capitale. J'ai des amis que je dois rencontrer là-bas.
- Vous me laissez seule ici ?
- Ne t'en fais pas, Fagen et Haleth acceptent de t'héberger le temps que je revienne.
Le magicien gris se leva et offrit un sourire à l'elfe. Puis, elle entendit un hennissement venir de derrière elle. La seconde suivante, un vacarme retentit sous ses pieds et elle sentit la terre vibrer. Astíriel fit volte-face et vit un cheval sauvage accourir vers eux à pleine vitesse.
Ne sois pas étonnée, se moqua gentiment Gandalf.
L'animal parcourut les derniers mètres les séparant avant de repasser au pas et de dépasser l'elfe pour se ranger aux côtés du vieil homme.
- Il se nomme Gripoil et c'est un maera. Un cheval d'une grande lignée d'illustres montures et dernier représentant de son espèce, expliqua-t-il. Il fut un temps où ils étaient montés par les rois du Rohan. Malheureusement, Gripoil n'a jamais voulu se faire apprivoiser par l'un d'eux.
- Comment pouvez-vous donc le monter dans ce cas ? s'étonna-t-elle.
- Lors de ma première visite dans ce royaume, j'ai eu le privilège de faire la rencontre du roi. Il m'a offert l'une de ses montures en gages de sa gratitude et Gripoil a accepté d'endosser ce rôle, raconta-t-il.
- Je comprends, en tout cas, il est magnifique… souffla l'elleth en le regardant.
Avec stupeur, elle vit l'étalon lui rendre son regard avant de racler le sol de son sabot, signalant son impatience.
- Il comprend le langage des Hommes. C'est en cela qu'il est unique, dit le magicien en se hissant sur son dos.
Astíriel écarquilla les yeux. Elle n'avait jamais entendu parler d'animaux capables de saisir les paroles des Hommes. C'était surréaliste… Seulement, alors qu'elle se remettait de sa découverte, l'étalon fit demi-tour et se prépara à partir.
- À bientôt mon amie et surtout, n'enlève pas ce bijou, lança Gandalf en montrant son oreille alors que Gripoil s'élança à toute vitesse à travers la plaine.
Le magicien savait qu'avec son départ, c'était le peu de repères restants à l'elleth qu'il arrachait. Cependant, il avait des affaires à régler et il ne pouvait pas se permettre d'y déroger... De ce qu'il avait vu d'elle, cette jeune elfe avait des ressources et paraissait bien adaptée au monde des Hommes. Il ne s'inquiétait pas de la laisser seule avec Fagen et Haleth. De plus, la solitude lui permettrait peut-être de s'améliorer plus rapidement ? Il était bien placé pour dire que la magie était une chose capricieuse, inconstante et longue d'apprentissage.
-o0o-
Quelques semaines plus tard, Gandalf prenait la route afin de rejoindre le petit village qu'il avait laissé peu de temps auparavant. Gripoil filait comme le vent et les maisons furent en vue en début d'après-midi alors que le soleil frappait haut dans le ciel. Puis, alors qu'il se rapprochait de sa destination, un cri de rapace attira son attention. Le magicien leva les yeux en les plissant pour voir malgré la luminosité. Il repéra aisément un aigle qui volait à leur encontre. L'oiseau poussa un autre cri perçant et tournoya au-dessus d'eux avant de plonger dans leur direction.
- Reste calme mon grand, nous avons de la compagnie, souffla-t-il à sa monture.
Le cheval secoua vivement son encolure en émettant un hennissement aigu. Et, soudain, alors que le rapace arrivait à leur droite, il se métamorphosa en un cheval noir comme la nuit. Ses sabots heurtèrent le sol et se mirent à suivre leur cadence.
- Bien le bonjour mon amie, je suis heureux de te voir à nos côtés ! s'écria Gandalf à cause du vent qui fouettait son visage.
La jument hennit pour toute réponse et le magicien sentit Gripoil accélérer afin de débuter une course. Astíriel ne se déroba pas et les suivit avec joie, réussissant à garder le rythme du maera. Les deux chevaux arrivèrent à pleine vitesse au village et ne s'arrêtèrent que quelques mètres avant la première rue, créant un nuage de poussière conséquent. Le silence les entoura et Astíriel sentit son sang pulser dans tout son corps et l'adrénaline faire trembler ses muscles tandis que ses naseaux vibraient au rythme de sa respiration. Gandalf descendit du dos de l'étalon gris et s'appuya sur son bâton en regardant les deux chevaux l'un après l'autre.
- Je dois dire que je suis impressionné. Je ne connais aucun cheval capable de suivre Gripoil à la course et tu l'as fait. J'en suis fier. Je peux dire que je connais deux êtres d'exception dans ce bas-monde, souffla-t-il.
Après quelques minutes, Astíriel reprit son apparence et soupira.
- Je m'excuse mais je ne peux pas redevenir un elfe trop rapidement. Je risque l'asphyxie puisque mes poumons sont trop petits pour l'effort que j'ai fourni, expliqua-t-elle. Il s'agit d'un des inconvénients.
- Il y en a forcément, répondit Gandalf. Et si nous rentrions et que tu me racontais tout cela, je suis friand des détails.
Un grand sourire envahit le visage de l'elleth et elle se dirigea vers le magicien. Cependant, avant de s'en aller, elle fit demi-tour et s'inclina devant le cheval qu'elle avait accompagné. Lorsqu'elle releva les yeux, il avait disparu.
L'elfe marcha aux côtés de Gandalf jusqu'à la maison d'Haleth et Fagen en lui expliquant les efforts qu'elle avait fournis pour réussir à se transformer. Elle avoua avoir passé des heures à observer les oiseaux voler avant de comprendre comment fonctionnait une aile. Selon elle, le vol était la chose la plus compliqué. Puis, elle fit une liste des animaux dont elle avait emprunté la forme : souris, chat, papillon, chien, loup, renard, cheval, élan, biche, faucon, aigle, rossignol, moineau, pie et elle en passait. Le plus gros animal qu'elle était capable de faire pour l'instant était l'ours. Un petit rire secoua Gandalf à la fin de sa liste.
- Peut-être un jour arriveras-tu à prendre la forme d'un dragon, dit-il en ouvrant la porte de leur maison temporaire.
- D'un ?! Existent-ils au moins ?! s'écria-t-elle en écarquillant les yeux.
- Ils sont aussi tangibles que toi et moi, avoua le magicien en s'asseyant.
- Cependant, je ne pense pas qu'ils fassent parti de mon registre, souffla-t-elle en secouant sa main.
- Nous verrons bien mon amie…
- Gandalf ! Vous êtes rentrés ! s'exclama Fagen en sortant de la cuisine.
- Effectivement Fagen, je suis revenu. Cependant, ce ne sera que pour cette nuit. Demain à l'aube, Astíriel et moi-même partiront d'ici pour de bon, l'informa-t-il.
L'elfe sursauta en se tournant vers lui.
- Comment ça ? demanda-t-elle.
- Je pense qu'il est temps pour toi de retrouver les tiens. Tu n'as plus besoin de mon aide ou d'entraînements afin de maîtriser ce pouvoir. Le plus gros est fait même s'il te reste du travail. Tu ne risques pas de te retrouver piégée de nouveau.
Elle ne répondit pas et se mordit la lèvre.
- Oh ! Vous allez nous manquer ! J'étais bien heureuse de vous avoir chez moi… soupira la bonne femme.
- Toute bonne chose à une fin, notre séjour ici en fait partie, répondit Gandalf.
- Je le sais et je ne vous retiendrais pas mais les journées paraitront mornes sans votre présence à table…
- Il en va de même pour nous Fagen, la rassura le magicien.
- Bien, alors laissez-moi vous régaler ce soir ! déclara-t-elle en retournant dans la cuisine.
Le temps passa rapidement et l'elleth se retrouva assise sur son lit avant même de s'en apercevoir. Le dîner avait été joyeux et ponctué de rire. Elle serra le bord de son matelas. Elle ne souhaitait pas encore partir et en même temps, l'envie de revoir Legolas la brûlait. Elle était indécise et sortir pour se changer les idées l'aurait apaisée. Seulement, une longue route l'attendait demain. Elle devait dormir.
Alors... trépignez-vous d'impatience ? Le prochain chapitre sera le bon...
Mais, pour ceux qui me connaisse... suis-je du genre à tout rendre facile ?
