Bonjour tout le monde !

J'espère que vous allez bien ! Pour ma part j'ai eu une semaine un peu fatigante où je bossais au point de ne pas voir la lumière du jour. Je commençais à 10h avec un beau soleil avant d'entrer dans le bureau et d'en sortir à 20h/21h pour m'apercevoir qu'il faisait nuit. J'ai de la chance d'aimer ce que je fais parce que j'aurais très vite pété un câble.

Bref, voilà le weekend, le repos et le nouveau chapitre !

Petite note sur ce chapitre : Il faut savoir que ce chapitre n'existait pas il y a trois semaines. On passait du chapitre précédent au chapitre suivant sans passer par celui-là. Puis en me relisant, je me suis rendue compte que j'avais créé une sorte d'ellipse qui cassait le rythme de la fiction. Je vous présente donc ce chapitre qui se passe juste après les aveux de Théo et sa décision de partir avec Luna.

Bonne Lecture !

Oceane : Si Drago disait tout, la fiction serait déjà finie ;) Oui, Pansy est pire que folle !

Gygy : Houlala ! J'espère vraiment que tu ne ressembles pas à Pansy parce qu'elle est vraiment invivable quand elle s'y met. Sauf si tu me dis que tu as un Harry adorable chez-toi ;) Merci beaucoup pour ta review !

Alice : Ah mais Drago ne nie pas le fait de vouloir dormir avec Hermione. C'était à prendre sur le ton de la plaisanterie ;) Je ne pense pas qu'Harry ait peur d'avoir un elfe de maison à cause d'Hermione. Pour moi il ne veut vraiment pas d'elfe de maison. Et non, la personne qui va faire une effraction n'est pas celle qui se sent coupable.

MugenHagane : Je pense que Pansy écraserait tout sur son passage professionnellement parlant, si elle n'avait pas des personnes dans son entourage pour la freiner un peu. Alors tu as juste pour la culpabilité et non, le Terrier ne sera pas dans le chapitre. La verdure n'est pourtant pas si compliquée à trouver ;) Chapitre court mais plus long que le précédent et plus court que celui-ci ;) Merci pour la review !


Chapitre 29 : Les Grenouilles Lunaires

Le soleil se levait à peine lorsque Théo et Luna arrivèrent devant une petite auberge dans les Highlands. L'ambiance était bien différente de celle de Londres. Il avait quitté la pollution et le bruit pour la verdure et l'air frais. Il ne put s'empêcher de fermer les yeux un instant et de respirer à plein poumon.

-Je croyais que tu voulais camper ? lui demanda Théo.

-Oui, c'est ce que j'avais prévu. Mais tu as besoin de repos et donc d'un bon matelas. Tu viens ? On va poser nos affaires.

Luna lui prit la main comme pour ne pas le perdre et entra dans la petite auberge. Elle était tout aussi calme que l'environnement extérieur. Il y avait peu de personnes présentes mais Théo y sentit une profonde chaleur. Il s'y sentait bien.

-Bonjour, dit Luna en s'approchant de l'accueil. Pourrions-nous avoir deux chambres, pas trop éloignées l'une de l'autre, s'il vous plait ?

-Bien sûr. Vous aurez les chambres douze et treize.

-C'est parfait. Merci.

Théo suivit Luna à l'étage sans rien dire. Elle lui donna une clé et ouvrit la porte de sa propre chambre.

-Installe-toi, je reviens dans cinq minutes. On ira prendre notre petit-déjeuner au restaurant, si tu veux. Tu dois sûrement avoir faim.

-D'accord.

Théo entra dans la chambre et fut soudainement frappé par le silence glacial qui s'abattit dans la pièce. Ce silence qu'il trouvait apaisant quelques secondes plus tôt était maintenant devenu oppressant. Il s'assit sur lit et regarda droit devant lui, se rappelant les événements de la veille.

Il avait eu le courage de dire à Hermione ce qu'il ressentait pour elle en sachant pertinemment que ça ne serait pas réciproque. Il avait fait ce que tout le monde espérait de Drago et il en était ressorti avec le cœur brisé. Théo s'y était bien sûr préparé parce qu'il savait au fond de lui que Drago et Hermione s'aimaient. Mais il s'était lancé. Il s'était ridiculisé. Il avait fait pleurer Hermione et avait également pleuré par la même occasion. Théo se demandait quelque part s'il n'était pas maudit. S'il n'était pas destiné à rester seul ou à aimer des personnes qu'il ne pourrait jamais avoir. Il ne voulait pas que ça arrive. Il voulait aimer et surtout être aimé. Etait-ce si difficile ?

-Je peux entrer ? entendit-il.

-Oui, bien sûr.

Luna referma la porte derrière elle et s'assit à côté de lui. Elle lui prit la main et Théo leva les yeux pour la regarder. Ce ne fut qu'à ce moment-là qu'il réalisa ses yeux étaient remplis de larmes. Et il ne savait pas s'il pleurait le fait de ne pas être aimé ou le simple sentiment d'être seul.

-Rien de tel qu'un chocolat chaud pour réchauffer le cœur.

-On est en Juin. Ce n'est pas le moment de prendre un chocolat chaud, dit Théo.

-Il n'y a pas de saison pour un chocolat chaud. Viens.

Luna l'entraina jusque dans le restaurant de l'hôtel où ils s'installèrent près d'une baie vitrée afin de profiter du paysage malgré la pluie qui menaçait de tomber. Une jeune serveuse arriva vers pour prendre la commande.

-Un verre d'hydromel, s'il vous plait, dit Théo sans même la regarder.

-Deux petit-déjeuner sans hydromel, merci, rectifia Luna.

Théo leva vivement la tête pour la fixer mais Luna ne le regardait même pas.

-On a plutôt de la chance que le temps soit pluvieux. Les grenouilles seront sans doute de sortie ce soir.

-Tu es sûre que ça ne te dérange pas que je sois venu avec toi ? demanda-t-il.

-Bien sûr que non. Pourquoi ça me dérangerait ? C'est toujours bien d'avoir un peu de compagnie.

-Même quand elle n'est pas joyeuse ni utile ?

-Oui. Et puis tu pourras te concentrer sur ton livre.

-Mon livre…, répéta Théo, je ne suis pas sûr de vouloir le continuer.

-Pourquoi ? Ca serait dommage d'abandonner.

-Parce que c'est Hermione qui m'a conseillé de l'écrire pour faire le deuil de ma relation avec Daphné et même si ça m'a fait du bien, je me rends compte que je pensais à elle à chaque fois que j'écrivais. Et je n'ai plus envie d'y penser.

-Tu sais Théo, Hermione t'a conseillé d'écrire ce livre pour toi, pas pour elle. Et tu devrais continuer, terminer ce que tu as commencé. Il ne faudrait pas que tu regrettes d'avoir abandonné alors que tu as beaucoup de talent. Oh, nous allons être servis.

La serveuse arriva avec leur petit déjeuner et Théo mangea avec envie, réalisant soudainement qu'il avait faim.

000

Lorsqu'Hermione se réveilla, elle fut assez surprise de voir Drago à côté d'elle, même en face d'elle. Son nez frôlait le sien. Elle le regarda quelques instants, profitant qu'il dorme encore pour observer tous les traits de son visage. Serein, était le mot qui lui allait actuellement.

-Tu es encore en train de m'observer ? dit-il toujours les yeux clos.

-Encore ? Ce n'est pas comme si je faisais ça tous les matins.

-Pas tous les matins, mais à chaque fois qu'on dort dans le même lit et que tu te réveilles avant moi.

Drago ouvrit enfin les yeux et croisa le regard encore endormi d'Hermione. Il la fixa quelques secondes avant d'arranger ses cheveux pour dégager son visage. Il caressa délicatement sa joue de son pouce et s'avança pour lui embrasser le font.

-Tu as bien dormi ?

Hermione répondit par un haussement d'épaule.

-Elle a beaucoup bougé cette nuit ? demanda Drago en mettant sa main sur son ventre.

-Non, pas plus que d'habitude.

-Tu penses à Théo, c'est ça ? dit-il immédiatement.

-Oui… Je lui ai fait mal et je m'en veux, dit-elle en baissant les yeux.

-Tu n'as pas à t'en vouloir, répondit immédiatement Drago en tentant d'ignorer la soudaine accélération de son rythme cardiaque. Ce n'est pas de ta faute si tu… si tu n'es pas amoureuse de lui.

-Je sais mais… Mais je me dis que si j'avais été moins centrée sur moi, le bébé, toi ou Alyssa, j'aurais deviné ce qu'il ressentait et j'aurais…

-Tu aurais quoi ? Couper le mal à la racine ? Parce que tu crois que ça aurait changé quelque chose ? Il est tombé amoureux de toi Hermione. Et c'est Théo. Ses sentiments sont décuplés par rapport aux nôtres, tu le sais.

-Oui mais… je ne veux pas qu'il soit triste.

-Moi non plus, avoua Drago. Moi non plus.

Et il le pensait. Théo était son ami de toujours au même titre que Blaise et Pansy et le savoir triste le rendait triste. Mais il ne pouvait pas ignorer ce sentiment de soulagement qui le hantait et qui lui disait « Ouf, Hermione n'est pas amoureuse de lui. Ouf, Hermione ne quittera pas l'appartement. Ouf, Hermione restera avec moi ». Et ce soulagement le faisait culpabiliser, comme Hermione culpabilisait.

-Où est-ce que tu vas ? dit-il en la voyant se lever.

-Je me dépêche de me préparer. Je veux voir Théo. Il faut qu'on parle tous les deux.

-Parce que vous n'avez pas parlé, hier soir ?

-Si bien sûr mais… il faut que je le voie.

-Hermione, Théo ne voudra pas te parler.

-Bien sûr que si.

-Non. Il ne voudra pas te parler, il ne voudra pas me parler, non plus. Il ne voudra voir personne.

-Qu'est-ce qu'on fait alors ? On ne peut pas le laisser seul.

-Je ne sais pas, admit-il. Je n'en ai aucune idée.

Hermione s'assit sur le rebord du lit en soupirant. Drago se redressa et la prit dans ses bras lorsqu'il la vit renifler. Les larmes du matin n'allaient pas tarder. Hermione avait raison, on ne pouvait pas laisser Théo tout seul. Seul Merlin savait ce qu'il pourrait faire après la soirée qu'il avait vécue. Même si Hermione savait que Théo avait compris qu'elle n'était pas amoureuse de lui, il était un Serpentard et savait tout de même cacher ce qu'il ressentait en réalité. Et ses sentiments cachés étaient bien plus graves et bien plus profonds que ce que Drago pouvait cacher par habitude.

Quelqu'un devait rendre visite à Théo, mais ça ne pouvait pas être lui, ni Hermione.

000

Ginny était en train d'habiller Garry mais le petit bébé, bien vif, avait décidé de n'en faire qu'à sa tête et ne restait pas en place. Dès que sa mère le lâchait, il en profitait pour se tourner sur le ventre et regarder son père qui se préparait dans son coin.

-Merlin, mais comment fais-tu pour le distraire à ce point alors que tu mets simplement tes chaussures, soupira Ginny.

-Parce que tu crois qu'il ne fait pas la même chose lorsque c'est moi qui l'habille ? Il s'intéresse à ce qui l'entoure c'est tout.

-Et pour l'instant ce qui l'intéresse, c'est ta chaussette. Viens-là toi.

Ginny prit Garry dans ses bras et l'embrassa. Elle adorait l'odeur de la crème hydratante qu'elle lui passait sur le corps. Elle avait d'ailleurs donné la marque à Hermione pour son futur bébé. Pansy disait que ça sentait le bébé qu'on avait envie de croquer et donnait mille bisous à Garry qui riait constamment.

-C'est toi qui le dépose chez ma mère, aujourd'hui ? demanda Ginny.

-Oui. Je l'aurais bien emmené à Gringotts si je ne côtoyais pas des Gobelins à longueur de journée.

-Bill a fait la bêtise d'y emmener Victoire, le pauvre… Fleur lui a hurlé dessus comme jamais.

-Je sais, il m'en parle encore, dit Blaise en souriant. Garry serait capable de leur donner une bonne gifle, tu sais. Ils n'en diraient rien, c'est un bébé.

-Blaise tu ne l'emmènes pas ! prévint Ginny à la lueur qui traversa le regard de Blaise.

-Non, non… Mais ça aurait été sympa. Pas vrai bonhomme ?

Garry fit un large sourire en montrant ses petites dents avant d'imiter la sonnerie de la porte. Blaise et Ginny se regardèrent se demandant qui pouvait bien sonner chez-eux à huit heures trente du matin. Une seule explication de cette visite matinale leur vint à l'esprit : Quelqu'un venait sûrement de mourir.

-Ah, ce n'est pas trop tôt ! J'ai cru que vous dormiez encore. Ça va ?

Pansy fit la bise à Blaise, puis à Ginny et prit Garry dans ses bras pour le couvrir de baisers.

-Tu sais que j'ai envie de te manger, toi ? Tu ferais sûrement un délicieux petit-déjeuner. Petit-déjeuner que je n'ai pas encore pris, enfin passons.

-Qu'est-ce qui se passe ? Tout va bien ? demanda Blaise inquiet.

-Hum… difficile à dire. A vrai dire je ne sais pas si je vais t'étrangler ou alors te noyer dans le lac noir de Poudlard.

-S'il te plait, pose Garry avant de faire ça, lui dit Ginny.

-Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai encore fait ? demanda Blaise.

-Qu'est-ce que tu as fait ? Oh mais je vais te le dire moi, ce que tu as fait. Est-ce que tu te rappelles nous, ayant dit à Théo d'oublier ses sentiments qu'ils portaient envers Hermione afin de ne pas provoquer une crise sans précédent dans nos petites vies, la vie de Drago, d'Hermione et surtout dans la sienne, dit-elle en s'avançant dangereusement vers Blaise.

-Oui, répondit-il simplement.

-Très bien. Te rappelles-tu aussi avoir été voir Drago pour lui hurler qu'il était un crétin fini d'avoir fui devant les aveux de Théo.

-Ah…, fit Blaise en réalisant où mènerait la conversation. Euh… Oui c'est, vrai. Mais c'est parce que…

-Tu sais ce que ton coup de sang envers Drago a provoqué ?!

-Oh mon Dieu ! Ils se sont battus ! paniqua soudainement Ginny.

-Quoi ? fit Pansy. Mais non ! Drago a été voir Théo, il lui a dit de déclarer sa flamme à Hermione ! Il l'a fait, Hermione lui a brisé le cœur et Drago m'a demandé d'aller voir comment il allait ! Et comme franchement, je n'ai pas envie de faire face à ce que je vais trouver dans son appartement toute seule, toi, Blaise Zabini - je - fais - ce - que - Pansy – ne - veut - surtout - pas - que – je - fasse, tu vas venir avec moi !

La réplique de Pansy fut conclue par un bisou de la part de Garry sur sa joue. Sans doute voulait-il signifier qu'il était d'accord avec sa tante chérie.

-Tu ne sais vraiment pas comment il va ? demanda Ginny.

-Non, tout ce que je sais, c'est qu'Hermione se sent très mal et que c'est également le cas pour Drago, même s'il ne m'a rien dit. Bon, on y va ?

-Tu ne bosses pas, toi ? demanda Blaise.

-Je suis mon propre patron. Je fais ce que je veux.

-Bon, d'accord, soupira Blaise. Il faut que j'aille déposer Garry au Terrier d'abord.

-D'accord. Et après on y va.

-Non laisse, je vais l'y emmener. Je suis en retard pour l'entraînement de toute manière, alors dix minutes ou un quart d'heure ne vont rien changer. Tu viens dans les bras de maman, mon lapin ? Tu dis au revoir à Tatie Pansy et papa ?

Garry fit un bisou à Pansy, puis à son père.

Pansy et Blaise ne perdirent pas de temps et transplanèrent devant l'appartement de Théo.

-J'espère qu'on ne va pas faire face à l'ancien Théo, soupira Pansy.

-Tentons de rester positifs.

Elle sonna une fois et attendit quelques secondes. Ils se regardèrent puis sonnèrent et frappèrent à la porte. Toujours rien.

-Théo ouvre ! dit Pansy en frappant.

-C'est Blaise et Pansy ! On est au courant pour hier soir ! Aïe ! Pansy !

-Non mais tu veux qu'il ouvre ou pas ? Là on peut être sûrs qu'il va jouer la sourde oreille. Théo je te préviens, si tu n'ouvres pas cette porte tout de suite, on l'explose !

-Ou on lance un Alohomora, c'est plus simple, non. Parce qu'à mon avis, têtu comme il est, il ne l'ouvrira pas et te laissera l'exploser.

-Tant pis, dit-elle en sortant sa baguette.

-Si vous explosez cette porte, dit une vieille femme dont la tête apparaissait dans l'entrebâillement de le porte de son appartement, je contacte la police magique ! Laissez ce pauvre Mr Nott tranquille. C'est un gentil garçon. Le pauvre vient de se faire quitter par cette vieille goule enceinte de lui qui est partie avec ce jeune homme blond malsain et condescendant…

Pansy fit volte-face et s'avança dangereusement vers la voisine qui tenta de se cacher derrière sa porte.

-Répétez-ça et c'est votre porte que j'explose !

-Comment osez-vous !

-Vous comment osez-vous ! Mêlez-vous de vos affaires vieille harpie ! Ou si vous faîtes des commérages, tentez de les faire correctement parce qu'Hermione n'est pas enceinte de Théo mais de Drago, vous savez, le blond condescendant, et elle n'a jamais été en couple avec votre chers voisin que vous semblez tant aimer ! Alors je vous préviens que la prochaine fois que vous ouvrez votre porte pour sortir des âneries pareilles et insulter mes amis, je vous fais bouffer votre baguette !

-Oh !

La voisine en question claqua la porte et pestant contre Pansy.

-Non mais t'es complètement malade ou quoi ? s'emporta Blaise. On n'a pas idée de s'en prendre à une vieille femme comme ça ! A croire que je suis le seul sain d'esprit dans notre groupe.

-Je suis sur les nerfs, ce n'est pas de ma faute.

-Si !

Blaise pointa la serrure de la porte d'entrée de sa baguette et lança un Alohomora. Ils entrèrent dans l'appartement et commencèrent à fouiller toutes les pièces du domicile, mais nul trace de Théo.

-Mais où est-ce qu'il est passé ? demanda Blaise. Il n'a pas pu disparaître comme ça. Hermione ne sait vraiment pas où il aurait pu aller après leur dîner ?

-Non, elle ne sait pas. C'est pas vrai ! dit-elle en s'asseyant sur le canapé. On a réussi à perdre Théo ! On ne perd pas les gens comme ça ! Qu'est-ce qu'on va dire à ses parents ?

-Pansy ne t'emballe pas tu veux. On parle de Théo. Certes, on a peur de ce qu'il pourrait faire quand il va mal, mais il est aussi paradoxalement très terre à terre. Je suis sûr qu'il va bien.

-Non mais ouvre les yeux, Blaise ! On lui brise le cœur deux fois en deux ans ! Ce n'est supportable pour personne ça ! Qu'est-ce que tu fais ? demanda Pansy alors qu'il se dirigeait vers la bibliothèque.

-Son nécessaire d'écriture n'est pas là.

-Quoi ?

-Son nécessaire d'écriture. Tu sais, sa petite boite où il y a ses plumes, son carnet et des bouts parchemins volants. Il n'est pas là.

-Il l'a peut-être mis ailleurs.

-On parle de Théo, là. Il est aussi maniaque que Drago.

-Oui, sauf qu'en ce moment, Théo se laissait un peu aller, selon Drago.

-Mais l'écriture, c'est la vie de Théo.

-Bon d'accord, ce n'est pas normal. Je retourne dans sa chambre voir si on a loupé quelque chose.

Pansy se leva, reprit sa baguette en main et fouilla une nouvelle fois. Ce fut là qu'elle constata qu'il manquait des vêtements dans les placards. Elle allait sortir de la chambre pour prévenir Blaise lorsqu'elle remarqua un bout de parchemin au pied du lit. Elle le prit et commença à lire l'écriture de Théo.

-Blaise !

-Quoi ? fit-il en arrivant dans la chambre.

-Il a prit le large.

Pansy lui donna le parchemin et s'assit sur lit.

« Si je procède par élimination, il n'y a que Blaise et Pansy qui liront ce mot pour faire passer le message. Et si vous êtes en train de le lire, ça signifie que Pansy a eu l'idée de forcer la porte. Je ne lui en veux pas. Ne vous en faîtes pas pour moi, je vais bien. Je suis simplement parti avec Luna pour m'éloigner de tout ça et me vider l'esprit. Je reviendrai très vite. Ne me cherchez pas. Dîtes à Hermione que je ne lui en veux pas. - Théo. »

Blaise et Pansy se regardèrent.

-Bon, au moins il n'est pas tout seul, dit Pansy légèrement soulagée.

-Ouais… Tu crois que c'est une bonne idée qu'il soit avec Luna ?

-Pourquoi ?

-Parce qu'elle est un peu timbrée dans le genre.

-Et alors ? Puisqu'il est terre à terre, je suis persuadée que ça lui fera du bien d'être avec une sorcière stone toute la journée.

-Du moment qu'elle ne lui donne rien pour le mettre dans le même état qu'elle…

000

La pluie n'était pas tombée pendant très longtemps. Le soleil éclairait le beau paysage d'Ecosse et Luna avait décidé de faire une petite balade au bord de la rivière. Théo la suivait de loin et la regardait sauter de rocher en rocher.

-Tu devrais essayer. Le soleil est plus agréable ici.

-Non, ça va. Merci, répondit Théo assit à l'ombre.

-C'est dommage.

Luna sauta de nouveau de rocher en rocher pour s'asseoir à côté de lui.

-Tu n'as pas fait de repère pour trouver les grenouilles ?

-Si bien sûr. Tu vois la petite fontaine qui coule là-bas ? C'est un repère. J'y ai vu des traces de mousse luisante. Elle ne brille comme des lanternes lors de la pleine lune qui sera dans deux semaines. Ce soir c'est la nouvelle lune, il y aura donc peu de grenouilles, mais suffisamment pour que je commence à les étudier…

Théo regarda Luna monologuer sur les grenouilles lunaires, créatures auxquelles il ne croyait absolument pas. Mais Luna semblait tellement savoir de quoi elle parlait, qu'il aurait même pu se mettre à douter de l'existence des Norgoles. Si Hermione l'entendait, elle lui tirerait sans doute les oreilles. Cette simple pensée fit naître une boule au fond de sa gorge.

-Allez viens, je vais te montrer la fontaine. On va sauter de rocher en rocher !

-Non Luna je ne veux pas tomber dans l'eau ! dit-il alors qu'elle le tirait pour qu'il se lève.

-Et bien tu tomberas et tu te sècheras.

000

-Je n'ai plus faim, dit Hermione poussant son dessert sur le bureau d'Harry.

-Tu me le donnes ? demanda Ron.

-Oui.

-Cool ! Eh !

-Trop tard, fit Harry en avalant le dernier bout d'éclair au chocolat d'Hermione sous le regard assassin de Ron.

-Et s'il faisait une bêtise, hein ? Je ne pourrais pas me pardonner de lui avoir fait aussi mal.

-Hermione arrête de culpabiliser. On va bientôt avoir des nouvelles. Pansy a normalement été chez-lui.

-Et pourquoi elle ne vient pas nous dire s'il va bien, hein ? Pourquoi elle prend autant de temps ?

Harry et Ron se regardèrent et durent admettre que ce n'était pas normal.

-Je me sens tellement mal de ne pas ressentir ce qu'il ressent. Mais en même temps… Je ne sais pas… quand Drago m'a dit qu'il n'aurait pas supporté que j'aime Théo, je me suis sentie… c'est dur à dire. Je ne peux même pas mettre un mot sur ce que j'ai ressenti et en même temps je sais que ce n'était pas bien parce que Théo va mal.

-Arrête Hermione. On ne peut rien dire tant qu'on ne sait pas comment va Nott, lui dit Ron.

-Comment tu aurais réagi si tu avais dit à Lavande que tu l'aimes et qu'elle t'avais répondu par « Je t'aime, mais comme ami » ?

Ron devait bien admettre qu'il aurait été blessé et qu'il se serait sans doute terré afin de digérer ce râteau.

-J'ai toujours du mal à croire qu'il est amoureux de toi. Pas que ce soit si extraordinaire, je sais de quoi je parle, mais comment on aurait pu deviner.

-Moi je le savais.

Harry regretta très vite ses paroles au regard noir que lui lançaient ses deux meilleurs amis.

-Comment ça tu savais ? Et tu ne nous as rien dit ? Alors c'est ça ? On dévoile les secrets quand ça nous chante ?!

-Hermione, calme-toi, prévint Ron.

-Non ! Harry savait ! Ca veut dire que Pansy savait et que Blaise et Ginny devaient savoir aussi ! Et moi ! Moi j'ai été la dernière mise au courant alors que si j'avais su ça plus tôt, peut-être que j'aurais évité à Théo d'avoir cette image de moi !

Harry se faisait tout petit dans sa chaise alors qu'Hermione était debout devant lui et exhibait son ventre malgré-elle.

-Pansy m'a demandé de ne rien dire.

-Et depuis quand tu l'écoutes ?

-Depuis que je sais que c'était à Nott de te dire ce qu'il ressentait pour toi et pas à moi, ni à qui que ce soit d'autre.

Hermione continua de lui lancer un regard noir alors que Ron la forçait à s'asseoir.

-Ecoute Hermione, Théodore n'aurait jamais voulu qu'on te dise ce qu'il ressent. Il nous en aurait tous voulu. On ne pouvait pas lui faire ça. On devait simplement attendre qu'il te parle. Il l'a fait. On ne pouvait pas se permettre de le court-circuiter. Et puis les sentiments sont quelques choses de compliqué, tu le sais. Il suffit nous voir tous. On est franchement des bras cassés quand on y pense.

-Tu es marié, dit Hermione boudeuse. Ron aussi.

-Oui, et j'ai ramé avec Pansy. Ron a eu du mal à avoir son premier enfant. Et toi, regarde ! Tu vas avoir un enfant avec Malefoy, qui est sorti avec Alyssa qui a souffert de la situation. Et tu vis avec lui maintenant sans être en couple avec lui ! Que Théo tombe amoureux de toi, n'est qu'une péripétie de plus dont on rira bientôt parce qu'on va avoir des nouvelles de lui et qu'il va se rendre compte qu'il n'est finalement pas amoureux de toi mais simplement d'une image que tu lui as donné.

000

-Il est parti ? Mais où ? On ne part pas comme ça du jour au lendemain ! Et puis avec Luna Lovegood en plus ! Vous n'avez pas trouvé d'autres indices ?

-Non. On a fouillé et on a trouvé que cette lettre ainsi que les placards vidés de peu, répondit Pansy.

Drago soupira en faisant les cent pas dans son bureau. Il avait attendu comme un fou que Pansy et Blaise viennent le voir pour lui dire comment allait Théo. Il ne s'était pas attendu à ce qu'il n'y ait aucune trace de lui. Ce n'était pas possible. Jamais il n'avait fait ça auparavant.

-Et Lovegood ? Elle n'aurait pas un jour dit qu'elle avait une expédition à faire sur je ne sais sur quelle planète du système solaire ? Je ne sais pas moi ! La recherche des Norgoles sur Jupiter, enfin un truc !

-Tu sais la plupart du temps, on écoute Luna que d'une oreille, avoua Pansy. La prochaine fois on saura que ce qu'elle raconte n'est pas forcément nébuleux.

-Ce qu'elle raconte est toujours nébuleux, insista Blaise.

-Non, pas toujours, admit Drago.

Il déplia de nouveau le parchemin et lut de nouveau le mot.

-Ça ne va pas rassurer Hermione, chuchota-t-il.

-Ca ne nous rassure pas non plus, lui dit Blaise.

-Je n'aurais jamais dû lui dire d'aller lui parler.

-Ça c'est sûr, tu n'aurais jamais dû, affirma Pansy alors que Blaise lui lança un regard noir. Enfin quoi ! On savait très bien ce qui allait se passer – à part la fuite de Théo, je veux dire. On savait qu'Hermione lui dirait qu'elle ne l'aime pas comme ça. Et il faut admettre que c'est aussi pour ça que tu as dit à Théo de se lancer.

-N'importe quoi ! s'indigna Drago. Tu crois vraiment que j'aurais volontairement dit à Théo de se jeter dans la gueule du loup alors qu'il y avait une chance sur deux pour qu'elle soit amoureuse de lui pas de…

Drago ne termina pas sa phrase, préférant éviter les regards qui lui lançaient ses deux amis.

-Pas de toi ? osa terminer Blaise.

-La ferme ! s'exclama Drago.

Blaise leva les mains en signe de résignation et regarda Pansy.

-Démerde-toi avec lui, je vais bosser ! Marre de se faire gueuler dessus !

Il quitta le bureau de Drago, en colère. Pansy s'approcha de Drago et put voir dans son regard à quel point il se sentait mal de ce que vivait Théo en ce moment.

-Drago…

-Elle m'a dit qu'elle ne l'aimait pas. Et j'ai été soulagé. Je n'ai pas pensé à ce que ressentait Théo, simplement à…

-A ce que tu ressentais sur le moment. C'est normal. Tu n'as pas à t'en vouloir de ça. Drago, Théo va bien. Il est avec Luna. Tout ce qu'on doit faire c'est la contacter. Je suis sûre qu'elle nous donnera de ses nouvelles, même s'il ne veut pas nous voir pour l'instant. Maintenant ce qu'on doit faire, c'est prévenir les autres.

-D'accord.

-Mon petit Drago, dit-elle en passant sa main dans ses cheveux.

-Arrête Pansy ! se plaignit-il alors qu'elle éclatait de rire.

-Je vais voir Harry, dit-elle en se dirigeant vers la porte. Ne doute pas de l'amitié que tu portes à Théo. Elle lui est précieuse.

000

La nuit était tombée sur le pays. On aurait pu croire qu'il n'y avait pas âme qui vive dans les environs. Théo et Luna n'étaient pourtant qu'à quelques kilomètres de l'auberge où ils séjournaient, près de la fontaine, à attendre que les grenouilles fassent leur apparition.

Ils faisaient humides, ils faisaient froid et pourtant les deux jeunes sorciers continuaient de regarder la mousse luisante depuis une bonne heure. Elle semblait en effet anormalement briller malgré le manque de luminosité, mais c'était le seul événement qui se produisait depuis une heure.

-J'aurais dû pendre mon appareil photo. C'est étrange, je ne l'oublie pas d'habitude, déclara Luna. Je vais faire un dessin de la fontaine.

-Tu veux du parchemin ? demanda Théo. J'en ai amené… au cas où.

-C'était pour écrire ? lui demanda-t-elle.

-Je ne sais pas… Je n'ai pas réfléchi à ça, j'en ai juste pris c'est tout, répondit-il en haussant les épaules.

-Garde ton parchemin. Tu en auras sans doute plus besoin que moi. Et puis de toute façon, j'en ai dans ma chambre. Nous ferions bien de retourner à l'auberge, ce n'est pas ce soir que les grenouilles lunaires vont faire leur apparition.

Luna se redressa et Théo l'imita.

-J'espère que tu ne t'es pas trop ennuyé. Ce n'est pas très drôle de rester là à attendre.

-Ça ne me dérange pas, lui dit Théo. Et puis, on peut toujours faire des promenades pendant la journée. Je pense que ça va me faire du bien et m'apaiser un peu.

-Ça c'est à cause des gnomes ailés qui dégagent une odeur qui nous rend aussi léger que l'air lorsqu'ils agitent leurs ailes.

Luna tourna sur un pied pour montrer sa légèreté.

-Oui sans doute. Ça doit être à cause des gnomes ailés.

000


Et voilà !

On voit tout le monde ou presque dans ce chapitre (sauf Lavande, désolée) étant très inquiet pour Théo qui disparait de surface. Luna le soutient à sa manière. Hermione se sent coupable, Drago se sent coupable, Pansy continue de péter son câble au mauvais moment mais sait être raisonnable malgré-tout.

On a une petite apparition de Garry.

Dans le prochain chapitre on aura du Quiddich, un Teddy qui reviendra et un Blaise plus amoureux que jamais.

A la semaine prochaine.

Gouline971