PvC : Alors... Il paraît qu'Ahélya n'a aucune inspiration pour son disclaimer. C'est donc avec joie que je vais m'en charger. Donc... Partez tout de suite. Il n'y a rien d'intéressant ici. Cessez de lire cette fic immédiatement...
Ahélya arrive en courant et file un coup de pied à PvC.
PvC vole hors de la scène.
Ahélya (reprenant son souffle) : Je savais bien qu'on ne pouvait pas lui faire confiance.
PvC (Hors de la scène) : Même pas vrai !
A (avec un grand sourire) : N'écoutez pas cette empêcheuse de fanficer en rond et restez. Au programme d'aujourd'hui... Et bien, c'est dans le titre.
PvC (Toujours hors de la scène) : T'as oublié le disclaimer !
A (se tourne côté jardin) : La ferme ! (regarde de nouveau le public) Rien ne m'appartient bien évidemment. Je vous souhaite une bonne lecture.
Partie IV : Combats
Chapitre 2 : Confession (1)
Le lendemain
Centre commercial
« C'est bien ce que j'avais dit. Il n'y a pas de meilleurs moyens de se détendre que le shopping.
-Parle pour toi. » grommela Akihiro à voix basse en posant sur le sol les innombrables paquets qu'il portait.
Mao se tourna vers le journaliste.
« Tu as dit quelque chose mon chéri ? »
Mais Okamura n'eut pas le temps de répondre. Monique venait d'appeler Mao pour lui montrer la vitrine d'un magasin d'articles pour bébé et la jeune femme s'était précipitée vers l'anglaise. Le journaliste soupira.
« Je présume que je dois la suivre. » dit-il en reprenant les sacs qu'il y avait autour de lui.
Il se dirigea à pas lents vers Mao. Il était à mi-chemin d'elle lorsque Min se retourna et montra une enseigne de magasin qui se trouvait au loin.
« On va là-bas ! » s'écria-t-elle.
Les femmes du petit groupe ; c'est-à-dire, Min, Monique, Mao, Kaori, Saya et Julia ; se mirent en marche pour aller au magasin que la vietnamienne venait d'indiquer. Du côté masculin, constitué de Kaï, Lewis, Akihiro, Hagi et David... Soupir. Enfin... Kaï et Akihiro soupirèrent. Lewis était hilare tandis que David et Hagi restaient impassibles.
« Dîtes, elles ne sont pas déjà allées dans ce magasin ? Réalisa tout d'un coup Kaï.
-Non, lui répondit David. C'est la même enseigne, les mêmes articles mais pas le même magasin. C'est comme avec celui de chaussure tout à l'heure.
-Et c'est reparti pour l'essayage de pantalons blancs, intervint Lewis. Vous croyez qu'elles vont finir par en prendre un cette fois-ci ? » (2)
Les cinq hommes reprirent les paquets de leurs compagnes et se mirent lentement, très lentement en marche vers le magasin indiqué.
A l'intérieur du magasin de vêtements en question
Min, Kaori, Mao et Monique étaient en train d'essayer des vêtements et avaient invité Saya à les rejoindre. L'immortelle avait décliné l'invitation en prétextant un petit coup de fatigue. Elle s'était donc assise sur un pouf qui se trouvait dans le petit salon d'essayage de la boutique et se mit aussitôt à réfléchir. Elle avait besoin d'éclaircissement. Avec ce s'était passé hier, il n'y avait pas de doute possible. Au tombeau, Hagi et elle avaient... Ils étaient... Alors pourquoi avait-elle autant de mal à accepter cette possibilité ? Ce n'était pas comme si elle ne le désirait pas. Bien au contraire ! Mais... Mais elle ne se souvenait de rien. Tout était trop fragmenté... Trop incomplet...
Elle devrait sans doute en parler avec son Chevalier. Il semblait savoir ce qui s'était passé. Il en avait plus de souvenir. Elle, tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle s'était réveillée, avait mordu Hagi puis était entrée en frénésie. Après... C'était le trou noir. Il n'y avait que ses rêves fragmentés... Le goût du sang d'Hagi dans sa bouche... La sensation de se faire mordre au creux de son cou...
« Ça va aller ? Tu as dit que tu étais fatiguée. »
Julia venait de s'asseoir à côté d'elle. Elle semblait inquiète. Saya la rassura immédiatement. La fatigue qu'elle était en train de ressentir était tout à fait normale. Elle n'avait rien à voir avec celle qui précédait habituellement son hibernation.
La scientifique fixa les autres jeunes femmes pendant un instant. Elle sourit en voyant Mao s'exhiber dans une robe de maternité puis elle reporta son attention sur Saya.
« Tu as l'air préoccupée. Si c'est à propos de ce qui s'est passé hier...
-Pas du tout ! » s'écria Saya.
Kaori, Min, Monique et Mao se tournèrent vers les deux autres femmes suite à l'exclamation de l'immortelle. Julia leur fit signe que tout allait bien. Les jeunes femmes revinrent à leur essayage.
« S'il y a le moindre problème... »
La scientifique laissa sa phrase en suspens. La suite était évidente.
Saya regarda longuement son interlocutrice. Elle réfléchissait.
Julia était médecin après tout. C'était une femme. Elle pouvait sans aucun doute l'aider et la conseiller à propos de ce qu'elle devait faire.
« Julia est-ce qu'il... Est-ce qu'il y aurait un moyen de... »
La scientifique observait attentivement l'immortelle. Lorsqu'elle la vit rougir, elle fut certaine que tout ceci avait un rapport avec Hagi et ce qui s'était passé la veille. Elle vit ensuite Saya inspirer puis expirer profondément. La jeune femme se lança enfin.
« Est-ce qu'il y aurait un moyen de savoir si j'ai déjà eu des relations sexuelles ? »
Julia s'attendait à tout sauf à ça.
En voyant l'air plus qu'étonné de la scientifique, Saya se crispa. Bien sûr, sa question était étrange. Normalement, on savait ce genre de chose non ? Mais dans son cas...
Saya détourna les yeux. Elle n'aurait peut-être pas dû en parler à Julia.
« Hum... Je ne sais pas si les chiroptères imitent le corps humain dans les moindres détails. Normalement...
-Je sais Julia. » l'interrompit Saya.
Un silence gêné s'installa. La scientifique reprit la parole quelques minutes plus tard.
« Pourquoi me poses-tu cette question ? »
Le rougissement de Saya s'accrut. Elle soupira.
« Je fais des rêves, avoua-t-elle après un long silence. Des rêves où Hagi et moi, nous... Nous faisons l'amour. »
Julia sourit.
« Ta relation avec Hagi a considérablement évolué depuis ton réveil. Il est tout à fait normal que tu fasses des rêves érotiques. Tu n'as pas à en avoir honte. »
Saya baissa la tête. Il y a autre chose, pensa aussitôt Julia en la voyant faire ça.
« Saya, pour que je puisse t'aider, il vaudrait mieux...
-Lorsque j'ai pénétré à l'intérieur de l'esprit d'Hagi après son combat contre le prototype, l'interrompit la jeune femme, j'ai vu des choses... Des souvenirs. Nous sommes dans le tombeau, enlacés... C'est comme... Comme ce que je vois dans mes rêves.
-Je vois. »
Une légère pause.
« Tu en as parlé avec Hagi ? Demanda Julia.
-Oui, j'ai essayé. Hier, nous en avons un peu parlé mais... Mais c'est bizarre. Les souvenirs d'Hagi semblent incomplets. Moins que les miens mais incomplets tout de même. »
Julia s'accorda quelques minutes de réflexion.
« Tes rêves ressemblent-ils à ceux que tu as fait à propos de ce qui s'est passé au Vietnam ?
-Oui.
-Donc... Tout ceci a dû avoir lieu au moment de ton réveil. Quand tu es entrée en frénésie.
-Tu étais là ?
-Non. Seuls Kaï, Kaori et Hagi sont partis au tombeau. Joël nous a appelé quelques instants plus tard et nous l'avons rejoint. C'est Kaï qui nous a expliqué ce qui était en train de se passer à son arrivée.
-Seuls Kaï et Kaori. » répéta Saya.
Il allait falloir qu'elle parle à sa meilleure amie. Sans doute pourrait-elle lui en apprendre un peu plus sur ce qui s'était passé avant qu'elle n'entre en frénésie.
« Nathan pourrait savoir quelque chose lui aussi, déclara soudain Julia.
-Nathan ?
-Oui. Il est resté à Omoro pendant que nous sommes allés voir Joël. Quand tu es entrée en frénésie, Kaï est d'abord allé chercher de l'aide au restaurant. Nathan l'a envoyé vers nous tandis qu'il se rendait au tombeau pour prêter main forte à Hagi. Il nous a appelé plus tard pour nous dire que tout allait bien et que nous pouvions poursuivre notre conversation en paix puis il nous a rejoint deux ou trois heures plus tard. C'est à ce moment-là qu'il nous a annoncé que tu étais totalement réveillée.
-Seulement à ce moment-là ? Pourquoi ?
-Nous n'en avons aucune idée. On ne peut même pas dire qu'il se conduisait étrangement en plus. »
Julia devint alors pensive.
« Non, celui qui se conduisait étrangement c'était Hagi. Peu après notre retour, il est entré dans une colère noire contre Nathan. Nous ne savons toujours pas pour quelle raison d'ailleurs. »
Saya était au courant de cette dispute mais elle en ignorait également la raison.
« Puisque tout est calme pour le moment, nous irons faire un tour à la clinique demain, reprit Julia. Examens complets. Avec un peu de chance, cela pourrait également me permettre de comprendre la raison de ton réveil. »
Dans un restaurant
Beaucoup plus tard
Ils avaient fini par aller manger dans un restaurant après un long moment de discussion quant au choix de celui-ci... Italien, japonais, français... Ils avaient finalement opté pour la cuisine française. Enfin... Mao avait décrété qu'ils iraient dans un restaurant français après que Saya se soit demandée tout haut si leur nourriture ressemblerait à celles qu'on lui servait plus de cent ans plus tôt au Zoo.
Pour le moment, seuls Saya et Hagi se trouvaient à la table qu'on leur avait donnée. Les autres étaient allés ranger leurs multiples achats dans les voitures suite aux plaintes des autres clients à propos de l'encombrement qu'occasionnaient leurs paquets à l'intérieur du restaurant.
Saya regardait les longs couloirs du centre commercial à travers la baie vitrée du restaurant. Julia lui avait conseillée de parler seul à seul avec Hagi. Seul problème... c'était impossible à Omoro puisqu'ils risquaient d'être interrompus à tout moment. Ici, ils étaient dans un lieu public. Leur conversation se perdrait au milieu des autres, au milieu des bruits de repas...
Saya...
L'immortelle tourna vivement la tête vers son Chevalier. L'appel avait été mental et pourtant... Le ton d'Hagi était aussi neutre que s'il avait parlé à haute voix. Elle aurait pourtant cru le voir plus expressif en pensée.
Regarde à droite s'il te plait...A côté de la fontaine...
Saya fixa de nouveau la baie vitrée et elle porta son regard dans la direction indiquée par son Chevalier.
Argeno ?!
Elle faillit presque coller son nez contre la vitre lorsqu'elle se rendit compte de l'identité de l'homme aux yeux hagards, aux cheveux hirsutes et à la tenue débraillée qui se tenait à côté de la fontaine se trouvant au milieu du centre commercial. On aurait dit un chien de chasse sauf que... Sauf qu'il ne se promenait pas la truffe au vent. Non. Il semblait... Il semblait tendre l'oreille.
Non !
Saya se leva précipitamment et traversa la salle en courant. Elle franchit le seuil du restaurant et son regard croisa celui d'Argeno, un regard qui n'était déjà plus tout à fait humain...
Non !!!
Un cri inaudible pour le commun des mortels parvint à ses oreilles. Trop tard.
D'autres cris se superposèrent bientôt à celui qu'elle venait d'entendre. Les humains avaient vu. Ils criaient maintenant et courraient pour s'éloigner au plus vite de la créature de cauchemar qui venait d'apparaître sous leur yeux.
Il est normal... Je n'aurais aucun mal à le tuer.
Mais avec quoi allait-elle bien pouvoir l'attaquer ?
Elle n'avait plus le temps de réfléchir. Le chiroptère l'avait vue et il fonçait maintenant droit sur elle. Qu'à cela ne tienne ! Elle courut à sa rencontre même si elle n'avait pas la moindre arme. Plus il s'occuperait d'elle et moins il s'occuperait des humains qui se trouvaient aux alentours.
Elle joua les mouches du coche, restant à ses côtés tout en utilisant sa vitesse pour éviter ses coups. Un chiroptère était beaucoup moins rapide qu'une Reine. Mais... Mais elle n'avait toujours pas d'arme en main pour l'achever.
Saya...
Son nom fut aussitôt suivi du sifflement d'une lame fendant l'air. Saya attrapa au vol le poignard que venait de lui lancer son Chevalier. Elle pouvait se battre maintenant.
Elle continua d'éviter les coups de la créatures pendant un petit moment tout en pressant sa paume contre la lame du poignard. Tout ce qu'il lui fallait ensuite, c'était une ouverture.
Maintenant !
Le chiroptère avait trop écarté les bras. Saya fondit sur lui et planta le poignard imprégné de sang jusqu'à la garde dans la poitrine du monstre.
L'immortelle lâcha son arme. L'animal monstrueux allait mourir maintenait mais il n'y a rien de plus dangereux qu'un animal sur le point de rendre l'âme.
Devant le restaurant
Plus tard
La première chose que vit Kaï en arrivant près du restaurant où ils avaient laissé Saya et Hagi, fut la baie vitrée complètement détruite... Comme si quelque chose était passé à travers. La deuxième chose qu'il vit fut l'absence de sa sœur et de son Chevalier. (3)
La première chose que vit David fut l'attroupement qui se trouvait à quelques mètres du restaurant qu'ils avaient choisi et la première chose qu'il entendit fut des murmures provenant de ce groupe, des murmures plus qu'inquiétants. L'ancien militaire joua donc des coudes pour se frayer un passage jusqu'au centre du cercle formé par la foule. Ses craintes furent confirmées. Un chiroptère cristallisé se trouvait devant ses yeux.
« Tu appelles l'équipe de nettoyage. Je me charge des curieux. » lui glissa-t-on à l'oreille.
David se retourna. Lewis l'avait suivi.
« Le film ça marche toujours. » ajouta l'ancien agent de la CIA en lui faisant un clin d'œil.
Puis il fendit la foule pour aller se mettre à côté du chiroptère tandis que David s'éloignait.
« Pardonnez-nous pour le dérangement mesdames et messieurs. Nous vous remercions chaleureusement. Grâce à vous, notre film aura certainement un immense succès. »
Au mot film, plusieurs personnes tendirent l'oreille. Le film... ça marchait toujours mais bien sûr, il y avait souvent un petit malin qui décidait de ramener sa fraise. Forte heureusement, il savait de quelle manière s'en occuper. Mais puisque personne ne semblait vouloir faire de remarque pour le moment, Lewis continua sur sa lancée.
Plus loin, David appelait le Bouclier Rouge. Le chiroptère allait bientôt disparaître mais une question subsistait. Où se trouvaient Saya et Hagi maintenant ?
Quelque part dans le centre commercial
«Hagi tu peux me poser maintenant. Je crois que nous nous sommes suffisamment éloignés du restaurant. »
Le Chevalier obéit aussitôt à l'ordre de sa Reine.
« Tu vas bien ? » demanda Saya dès que ses pieds eurent retrouvés la terre ferme.
Elle avait été négligente. Elle aurait dû s'attendre à cette dernière attaque de la part du chiroptère. Elle aurait dû pouvoir éviter son dernier coup de patte mais au lieu de cela, elle n'avait pu qu'encaisser l'attaque puis elle avait fermé les yeux en attendant que la douleur éclate.
Il n'y avait presque pas eu de souffrance. Elle avait entendu un bruit sourd de verre brisé puis elle s'était retrouvée allongée contre Hagi, tous les deux sur le sol, au milieu d'une mer d'éclats de verre.
Saya n'avait eu que le temps de voir la baie vitrée du restaurant brisée. Hagi s'était aussitôt relevé et l'avait prise dans ses bras pour l'emmener loin des curieux.
Hagi ne répondit pas à sa question. Sa Reine se mit à l'examiner attentivement. La chemise de son Chevalier portait quelques accrocs mais il ne semblait pas blessé pour autant. Seul problème... Il n'avait pas sa posture habituelle. Il gardait le bras gauche devant son ventre comme si... Saya se glissa rapidement derrière Hagi. C'était bien ce qu'elle pensait. Il était en train de presser la main contre une blessure qu'il avait au bas de son dos, sur la droite.
Saya parcourut les alentours du regard. Ce qu'elle cherchait se trouvait tout prêt heureusement. Elle agrippa la main de son Chevalier puis elle le traîna jusqu'aux toilettes qu'elle venait d'apercevoir.
Quelques minutes plus tard, elle se hissait entre deux lavabos des toilettes pour femme, forte heureusement déserte. Elle s'assit et ordonna à son Chevalier d'enlever sa chemise.
Hagi s'exécuta avec un peu de réticence.
« Viens vers moi et retourne-toi. »
Le Chevalier obéit. Sa Reine s'empressa d'examiner sa blessure. La plaie avait presque cicatrisé mais... Mais un morceau de verre, tranchant comme une lame de rasoir, était resté à l'intérieur de la blessure. Saya en fut étonnée. Normalement, leur corps rejetait instinctivement tout objet étranger avant de cicatriser. Ici, la cicatrisation semblait avoir opérer immédiatement et maintenant, le corps d'Hagi tentait de rejeter le morceau de verre mais la peau cicatrisait sitôt que le corps étranger bougeait.
Il allait falloir qu'elle le retire elle-même.
A peine avait-elle fait ces constations que la lame d'un poignard bien connu faisait irruption sous son nez.
« Tu es sûr que tu veux que je le fasse. Nous pourrions attendre Julia, dit Saya à voix basse.
-Mieux vaut l'enlever tout de suite et je ne peux pas le faire moi-même, répondit son Chevalier d'un ton désolé.
-Ça va aller ? »
Hagi garda le silence mais Saya perçut ses pensées.
J'ai connu pire...
Parfois, il aurait mieux valu qu'elle n'ait pas accès aussi facilement à ses pensées. La culpabilité était alors moindre.
Saya prit le poignard. Elle dirigea ensuite la lame vers la blessure. Elle hésita.
Quelques minutes passèrent dans le plus grand silence.
Saya ferma les yeux, inspira puis expira profondément.
D'une main rapide et agile, elle agrandit la blessure. De l'autre, elle agrippa le corps étranger, s'entaillant la paume au passage, puis elle le retira vivement, rapidement.
Elle lâcha le morceau de verre dans un lavabo adjacent puis elle pressa la main sur la blessure.
« Tu ne cicatrises plus aussi vite qu'avant. » fit remarquer Saya.
Hagi jeta un léger coup d'œil par dessus son épaule.
« Julia pense que j'aurais bientôt totalement récupéré. »
Il est vrai que la scientifique examinait le Chevalier tous les jours depuis le combat d'Hagi contre le prototype et elle suivait attentivement son évolution qu'elle consignait rigoureusement dans l'entrée du journal de Joël qui lui était attribué.
Le silence surgit de nouveau mais il ne les sépara pas. Saya sentait à l'orée de sa conscience l'esprit de son Chevalier.
L'immortelle contempla sa main pressée sur la peau souillée de sang. La plaie avait totalement disparu. Elle retira dons sa main puis la regarda pendant un long moment. Elle était couverte de sang.
Le...
Le sang...
Le sang d'Hagi...
Son odeur...
Sa saveur...
C'était le seul sang pour lequel elle éprouvait autant de fascination.
Saya approcha sa main de son visage. Sa langue apparaissait déjà entre ses lèvres, prêtes à recueillir ce sang délicieux qui couvrait sa paume.
Le sang d'Hagi...
Elle dut faire un énorme effort pour s'arracher à cette contemplation.
Saya releva la tête. Son regard croisa celui d'Hagi. Elle détourna les yeux, honteuse de s'être fait prendre ainsi. Cette attirance qu'elle avait pour le sang de son compagnon d'éternité était quelque chose de mal. Elle devait y résister.
La Reine se tourna sur le côté pour laver ses mains couvertes de sang. C'était le meilleur moyen de lutter contre cette pernicieuse envie... Pour le moment du moins.
C'est la même chose pour moi...
Saya releva la tête. Elle était surprise par cette soudain confession de son Chevalier.
Hagi s'approcha de sa Reine.
« Le sang... Il m'attire aussi... Surtout le tien. J'ai envie de le prendre... Comme j'ai envie que tu prennes le mien. »
Le Chevalier baissa la tête.
« C'est parce que je n'ai pas su résister à cette envie que... »
Il ne termina pas sa phrase, préférant lui envoyer mentalement quelques souvenirs qu'il avait à propos de ce qui s'était passé dans le tombeau.
Le silence les sépara cette fois-ci.
« Pourquoi ? Demanda ensuite Saya. Pourquoi est-ce autant fragmenté chez toi que chez moi ?
-J'ai oublié.
-Pourquoi ?
-Parce que j'ai perdu le contrôle... Parce que je me suis laissé submergé par le goût du sang... De ton sang.
-Les Chevaliers peuvent aussi entrer en frénésie ?
-Nathan ne m'en avait jamais parlé mais... Mais après ce qui s'est passé dans le tombeau...
-Nathan est au courant ! » L'interrompit Saya.
Hagi acquiesça.
« Depuis quand ? Demanda sa Reine.
-Depuis le début.
-Tu lui as dit ?
-Il a vu. »
Silence.
« C'est... C'est pour cette raison que vous vous êtes disputés ?
-En partie.
-En partie ? »
Dans sa tête, Saya sentit la flamme de son Chevalier s'atténuer. L'esprit d'Hagi était en train de s'éloigner du sien. Il ne désirait pas répondre à sa question apparemment.
Une nouvelle fois, le silence les sépara, devenant presque gênant. Saya chercha quelque chose à dire pour y mettre fin.
« Dieu merci ! Vous êtes bien là ! »
Les deux immortels tournèrent la tête sur le côté en même temps. Tous les autres étaient là, à l'exception de l'ancien militaire et de l'ancien agent de la CIA.
« David et Lewis ont appelé le Bouclier. Ils s'occupent des témoins. Nous, nous rentrons à Omoro sans nous faire voir. » annonça Kaï.
Omoro
Deux jours plus tard
Matin
« En fin de compte, ce n'est pas terminé, déclara Kaï.
-Je ne dirais pas ça, répondit Lewis. Ce qui s'est passé il y a deux jours n'est sans doute qu'un coup d'épée dans l'eau. Nos agents ont vérifiés. Collins et compagnie ont quitté le pays. Nous n'avons plus rien à craindre.
-Apparemment seulement, rectifia David. Il vaudrait sans doute mieux rester quelques jours de plus ici. Ensuite, nous aviserons.
-Je savais que je n'aurais pas dû faire des commandes pour le restaurant.
-Dis-toi que si nous devons tenir un siège, nous aurons de quoi manger, dit Lewis.
-Tout un camion de pastèques rien que pour nous ! Enfin pour vous puisque je ne mange pas. Heureusement ! »
Kaï se tourna vers Nathan qui venait de parler.
« Est-ce que pour une fois ; une seule fois dans votre vie ; vous pourriez vous la fermer ? »
Nathan déposa le cageot de pastèques qu'il avait dans les bras sur le sol.
« Je proteste énergiquement ! On m'a obligé à aider des humains et je devrais me taire ! »
Nathan porta la main à son front et prit une pose théâtrale.
« Que dirait ma chère Reine en me voyant souiller ainsi mon honneur de Chevalier ?! »
Kaï leva les yeux au ciel.
« Hagi est bien en train de porter des pastèques et il ne se plaint pas lui, répliqua l'humain.
-Honnêtement qui a déjà vu Hagi se plaindre ? » questionna philosophiquement Lewis.
Le Chevalier dont il était question sortit alors du restaurant. Il s'approcha de son homologue blond, se baissa puis ramassa le cageot qui se trouvait aux pieds de Nathan. En silence, il porta les pastèques jusqu'au restaurant tandis que les quatre autres hommes le regardaient puis Nathan, Kaï, David et Lewis s'entreregardèrent et reprirent enfin leur navette entre le restaurant et le camion qui se trouvait devant le restaurant, les bras chargés de pastèques.(4)
Une sonnette de vélo interrompit leur travail. Le cycliste interpella Kaï. Les autres hommes se remirent au travail tandis que le frère de Saya se rendait auprès du visiteur ; un de ses voisins ; pour le saluer.
« Tu rouvre le restaurant ? » demanda le cycliste.
Kaï acquiesça.
« Les travaux sont presque terminés. Je pense rouvrir dans la semaine.
-Dans la semaine ? Mais... Et les manœuvres ?
-Les manœuvres ?
-Tu n'as pas reçu la visite des hommes de la base ?
-Non.
-Ils sont passés hier. La ville a donné son accord. Notre quartier est réquisitionné pour que ces messieurs puisse faire une simulation de combat en agglomération. On doit donc évacuer le quartier.
-Nous n'avons vu personne.
-C'est étrange.
-Tu sais. Nous n'étions pas là hier alors...
-Mais pourtant...
-Bon, je dois te laisser, l'interrompit Kaï. J'ai du boulot. »
Le jeune homme s'éloigna en toute hâte et laissa son voisin en plan. Il devait aller parler à David. Peut-être n'était-ce qu'une fausse alerte... Peut-être des manœuvres allaient-elles réellement avoir lieu... Mais il avait un mauvais pressentiment. Si la base comptait réellement se servir du quartier pour une simulation de combat, ils partiraient... Sinon... Ils se prépareraient à recevoir l'attaque.
(1) : Un chapitre qui a souvent changé de titre. J'ai failli même l'appeler Confession Intime... Un peu trop TV non ?
(2) : Scène tirée d'une anecdote que m'a racontée le MMVdC
(3) :
A : Qu'il ne vit pas en l'occurrence... Oui, oui, je sais que mon commentaire ne sert à rien mais je fais ce que je veux. C'est ma fic !
PvC : Sale gosse va !
A : ça change alors... Pour une fois que c'est pas toi !
(4) : Mission accomplie ! Hagi porte des pastèques ! (un petit défi qu'on m'avait lancé il y a trèèèèèès longtemps)
PvC : Bon, je peux revenir maintenant ?
A : Seulement si tu te tais.
PvC : ça sert à rien que je revienne alors...
A (murmure) : Enfin débarrassée d'elle !
PvC (rire démoniaque) : Mais c'est que tu l'as cru en plus !!!
PvC arrive avec une liasse de feuille à la main.
Elle toussote.
PvC : C'était trop facile, était en train de se dire David. Hagi et Saya se chargeaient si vite des Corpse Corps que Lulu avait fini par s'asseoir à côté de Nathan.
A : Eh ! Mais qu'est-tu que tu es en train de faire là !
PvC (s'arrête de lire) : Je les spoile. (reprend) Quelques minutes plus tôt, le Chevalier blond leur avait même demandé, en guise de plaisanterie, de leur donner un jeu de carte pour qu'ils puissent s'occuper un peu. L'ancien militaire observa...
A (en poussant PvC hors de la scène) : Non mais ça va pas la tête ! Pas de ça avant deux semaines !
PvC (en criant) : J'ai réussi à piquer ses fichiers et le mot de passe de son blog. La suite de l'extrait est dans son capharnaüm. J'essaierai de vous en mettre un autre mercredi prochain.
A : Tu seras morte d'ici là.
PvC : Mais non ! Quand à ceux qui ne peuvent vraiment pas attendre le 16 septembre... Préparez les sous. J'accepte les chèques, les cartes de crédit et le liquide.
