Et Harry atteignit l'orgasme de plus douloureux et le plus intense de sa courte vie. Et à en dire par les cris de jouissance des deux Serpentard, Harry savait qu'il en était de même pour eux.

- Putain…

- Putain…

- Putain…

Les yeux d'Harry ne quittèrent la silhouette du Serpentard. Sa peau luisante de sueur était parcourue de petits frissons. Tandis que les mains de Pansy tombèrent mollement de part et d'autre de son corps, la tête de Drago se lova dans le creux de son cou. Plusieurs minutes s'écoulèrent lentement, rythmées par la respiration des deux Serpentard qui se faisait de plus en plus douce.

Harry cligna des yeux et se redressa, l'esprit de moins en moins aveuglé par le plaisir, mais de plus en plus confus. Que venait-il de faire ? C'était la première fois qu'il expérimentait une telle frénésie pour quelqu'un.

Pourtant, il n'était pas un voyeur. Il n'avait jamais été attiré par un garçon, du moins c'est ce qu'il croyait. En voyant sa main maculée de son propre fluide, il réalisa que ceci n'était que la pièce finale d'un puzzle bien complexe. L'amitié et le désir ne faisaient désormais plus qu'un. Il voulait Drago. Depuis quand ? Cette question paraissait bien futile vu la situation dans laquelle il s'était fourré.

Harry ne pouvait l'expliquer, mais tout ceci le rendait triste. Non pas jaloux de Pansy, non pas réellement choqué, non pas coupable, et certainement pas honteux. Bien qu'il se soit toujours senti attiré par les filles, il comprenait l'homosexualité. L'amour pouvait revêtir toutes les formes et tous les genres, c'était ce qu'il pensait au fond de lui-même, bien qu'il ne l'ait jamais vraiment expérimenté. Harry prônait la tolérance et le respect de la différence. Son discours ne pouvait donc être autre à ce sujet.

Malheureusement, ce sentiment, aussi beau et aussi fort soit-il, devait être étouffé au plus vite. A quoi bon ? Pansy et Drago venait d'officialiser leurs sentiments et le danger rôdait toujours plus autour d'eux. Il osait à peine imaginer ce que Voldemort serait prêt à faire s'il apprenait qu'il avait des sentiments pour Drago.

La mâchoire d'Harry tomba d'horreur. Avait-il vraiment pensé au mot sentiment ? Etait-il réellement question de sentiments ? Etait-ce plus profond qu'une simple attirance physique ? Harry reposa son regard sur Drago. Son cœur se souleva et sembla faire un looping dans sa poitrine.

- Merde…murmura-t-il en fermant ses paupières.

Son cœur venait de répondre. C'était une révélation dont il se serait bien passé. Harry soupira de fatigue et se mit debout. Il fallait qu'il oublie tout ça. La dernière chose dont il avait besoin était de tomber amoureux. Son esprit devait rester concentré sur sa mission et non se laisser distraire par Drago.

Quelques mots furent chuchotés dans la pièce d'à côté. Harry se précipita vers la sortie et sa silhouette disparut derrière le tableau du chevalier du Catogan. Drago entra dans le salon quelques secondes après le départ du Gryffondor. Nu comme au premier jour, il s'avança dans la pièce sans faire de bruit, la démarche incertaine, l'air désorienté. Ses yeux gris se posèrent un instant sur Baltus avant qu'ils ne ferment ses paupières jusqu'à les plisser. Il recula jusqu'à ce que son dos entre en contact avec le mur et ses jambes se plièrent lentement sous le poids des évènements de la journée.

Il soupira une fois par terre, tentant vainement de se détendre un peu. Des flashs de ce qu'il avait fait ne cessaient de le hanter, seconde après seconde. Ces images semblaient gravées sur sa rétine, des images horribles et irrépressibles dont il était seul responsable. Il ne pourrait jamais oublier l'expression d'agonie qu'arborait Flint alors que ses mains broyaient lentement sa gorge. Les vaisseaux sanguins de ses yeux qui éclataient sous la pression intracrânienne, sa langue qui apparaissait par intermittence entre ses dents tandis que la salive dégoulinait de chaque commissure de ses lèvres, ses joues rougies par l'effort, la sueur glacée qui perlait de son front, l'odeur nauséabonde du sang, le peau de ses avant-bras lacérée jusqu'à que la marque des ténèbres n'ait disparu. Et surtout, les cris étouffés en gargouillis de salive. Un son atroce à entendre et qui semblait narguer ses tympans, comme si un spectre s'amusait à lui souffler dans l'oreille.

Drago ne regrettait rien, mais prendre la vie d'un homme de son plein gré avait un prix terrible. Son âme était irrémédiablement morcelée. Drago avait fait ce choix en pesant le pour et le contre. Ce n'était pas un passage à l'acte, une perte de contrôle, mais un geste planifié avec le plus grand soin. Le Serpentard avait espéré se sentir libéré après ce meurtre, mais il avait tord sur ce point. Bien que Baltus était à présent hors de danger et qu'on pouvait compter un Mangemort en moins dans les rangs du Lord Noir, un poids s'était rajouté dans son cœur.

Il savait qu'il ne pouvait partager ce qu'il venait de vivre. C'était un lourd secret et Drago sentait son estomac se nouer un peu plus à l'idée de devoir mentir à nouveau à Pansy et Harry. Il aurait voulu le leur dire et essayer de leur faire comprendre que laisser Flint en vie aurait été inconscient. Si Flint était capable d'un tel acte de barbarie sans raison et sans se soucier des conséquences, il était clair que Baltus aurait été en danger de mort tant qu'il aurait été en vie.

Mais tuer sous la contrainte n'avait pas le même retentissement sur l'âme que tuer de son propre chef. Drago sentait un vide désagréable en lui, comme si une partie de son énergie vitale s'était évaporée dans les airs. En voyant le désir planer dans les yeux de Pansy, Drago avait choisi de se laisser aller et de satisfaire leur envie respectif. Il ne pouvait le nier plus longtemps. Il y avait clairement quelque chose entre eux, une sorte d'attraction brute. Le temps de leurs ébats, il avait oublié son mal-être et avait pu assouvir un besoin qu'il s'était forcé à réprimer pendant de nombreuses années. Pourtant, Drago se sentait maintenant un peu confus, voire même choqué par son comportement lascif. Il avait l'impression qu'une autre personne avait agi à sa place. Drago s'était aussi senti obligé de le faire sans vraiment savoir pourquoi. Un sentiment étrange dont il n'arrivait à définir la nature n'avait cessé de le quitter depuis qu'il avait commis l'irréparable.

- Hé, est-ce que ça va ? Tu as l'air inquiet, demanda Pansy en s'agenouillant à ses côtés.

Drago redressa brusquement la tête. Il ne l'avait pas entendu arriver et ses joues s'empourprèrent légèrement à l'idée qu'elle ait pu l'observer dans un tel état de nudité. Instinctivement, il ramena ses genoux contre son torse et entoura ses jambes de ses bras, comme pour se protéger de ses yeux scrutateurs. Pansy s'en aperçut et son visage s'adoucit légèrement. Elle posa une main sur le genou osseux de son partenaire tandis que ses lèvres téméraires allèrent embrasser une de ses joues rosies. Le Serpentard se raidit légèrement avant de soupirer d'aise.

- J'espère au moins que tu ne regrettes pas ce qui vient de se passer…

- Ne t'inquiète pas, je ne regrette rien.

- Alors viens te coucher avec moi. Tu dois être épuisé, dit-elle en se levant.

Elle tendit sa main vers le Serpentard et celui-ci l'attrapa après un instant de réflexion. Pansy l'aida à se relever et ils se retrouvèrent soudain face à face, leur visage si près l'un de l'autre qu'ils pouvaient sentir leur souffle respectif chatouiller leurs lèvres. Un instant de battement où leurs yeux se cherchèrent avant que Pansy ne franchissent la limite invisible qui séparait leur corps. Ses bras entourèrent les épaules du jeune homme. Peau contre peau, leur cœur battait ensemble à un rythme lent et apaisant. Drago ferma les yeux et posa son menton sur l'épaule de Pansy.

- Dis-moi, murmura-t-elle doucement, y a-t-il seulement une chance pour qu'on soit un jour ensemble ? Comme un vieux couple ?

- Qui sait ? souffla Drago en souriant énigmatiquement.

Une claque retentissante vint s'écraser sur la fesse gauche du Serpentard qui fit les yeux ronds de surprise. Pansy s'échappa dans la chambre à coucher en caquetant machiavéliquement avant même que Drago ne se réveille de sa torpeur.

- Une chose est sûre, c'est que je suis accro à tes petites fesses ! s'écria-t-elle, le sourire jusqu'aux oreilles.

- Tu vas me le payer cher, menaça le Serpentard tout en fermant la porte de leur chambre avec une lenteur délibérée.

Contrairement aux apparences, les deux Mangemort se contentèrent d'aller se coucher cette nuit-là, après s'être embrassés quelques minutes…Ils n'eurent aucun mal à s'endormir malgré leur état de manque qui se faisait de plus en plus présent. Au petit matin, c'est malheureusement la nausée qui les réveilla tous les deux. Drago laissa échapper un grognement de douleur entre ses dents serrées et se plia en deux. Sans rien dire, Pansy se précipita hors du lit et alla vomir ses tripes dans les toilettes. En revenant dans la chambre, elle arborait un teint gris maladif et son front était luisant de sueur.

- Peut-être qu'il serait tant d'en reprendre, tu ne crois pas ?

- Pas question, faudra tenir jusqu'à demain soir.

- J'ai d'horribles crampes d'estomac, se plaignit le Serpentard. Je ne vois pas comment je vais pouvoir aller en cours ce matin.

Pansy ouvrit son tiroir et jeta un petit cachet blanc sur le lit.

- Tiens, c'est un antiémétique. Ça devrait calmer tes maux de ventre et t'empêcher de gerber un moment. C'est mon dernier alors profite-en bien.

- Merci, c'est sympa, dit-il en gobant le médicament.

- Faudra pas que j'oublie d'en acheter d'autres, en plus des baguettes pour les soldats.

Des plans plein la tête, Drago et Pansy se préparèrent pour cette nouvelle journée. Tous deux firent leur entrée dans la Grande Salle une demi-heure plus tard, suivi de peu par le fameux trio de Gryffondor. Chacun s'installa à sa place habituelle dans un calme relatif, entrecoupé d'échos de conversations.

Drago jeta un œil à la table des Gryffondor. Son regard croisa celui d'Harry qui tourna aussitôt la tête dans la direction de ses deux amis qui étaient assis à sa droite. Le Serpentard fronça les sourcils d'incompréhension. Harry fuyait manifestement son regard.

- T'en fait une tête, remarqua Pansy d'un air intéressé, quelque chose ne va pas ?

- Non, enfin, je crois…répondit prudemment le Serpentard, sans quitter Harry des yeux.

Pansy devina bien vite que le problème venait une nouvelle fois de l'Elu. Elle lâcha sa cuillère dans son assiette, ce qui fit un tintement désagréable de porcelaine. Le regard du Serpentard se détourna d'Harry pour observer sa partenaire. Ses yeux sombres jetaient des éclairs dans sa direction. Drago serra les dents sans s'en rendre compte.

- C'est Potty qui trotte encore dans ta tête ? Je peux savoir pourquoi ?

- Tu ne peux pas dire Harry, ça t'écorcherait les lèvres ? soupira-t-il légèrement agacé.

- Détourne pas le sujet de cette conversation, s'il te plaît. Ça ne marche pas avec moi. Je vois bien qu'il y a un truc alors accouche l'info pour qu'on puisse régler ça au plus vite.

- Tu n'es pas ma mère, Pansy. Ce sont mes affaires.

Pansy se leva brusquement, attrapa une chocolatine dans un petit panier, et mordit dedans comme si elle essayait d'avaler la viennoiserie d'une seule bouchée. Drago ne la quitta pas du regard tandis qu'elle mâchonnait avec rage pendant une bonne minute.

- J'en reviens pas que tu me dises une connerie pareille après tout ce qu'on a traversé ensemble ! Je croyais qu'on se faisait confiance et qu'on allait s'entraider pour tout. Putain de merde, comment tu peux me faire ça maintenant ? cracha-t-elle en se levant à nouveau mais cette fois-ci dans l'intention de quitter sa place.

Drago attrapa son coude dans la seconde et la força doucement à se rasseoir. Il soupira longuement et glissa ses doigts le long de son bras jusqu'à ce que la peau de sa main entre en contact avec son poignet tout fin. Il plongea ses yeux gris dans les siens et lui sourit sincèrement.

- Excuse-moi. Je n'aurais pas dû te parler comme ça. C'est juste que je n'ai pas envie de t'ennuyer avec un problème qui ne doit même pas en être un.

- Dis-moi quand même ce qui te tracasse. Je te promets que ça ne m'ennuie pas de savoir.

- Il n'y a rien. Je t'assure.

- Dis-moi.

- Bon, si tu insistes, soupira-t-il. Mais ne viens pas te plaindre que je te bassine avec Harry après. En fait, j'ai l'impression qu'il évite de me regarder ce matin. Je sais, ça paraît stupide et en plus, sur quoi je fonde ça ? C'est arrivé qu'une seule fois.

- De quoi ? Il a fui ton regard tu veux dire ?

- Oui, et j'ai trouvé ça bizarre. C'est pas son genre.

- Etrange que ça n'arrive que maintenant…dit la jeune femme d'un air moqueur.

- Comment ça ? Tu trouves ça normal ?

- Seigneur, que tu es lent des fois ! En plus, je t'ai déjà expliqué pourquoi…oh ! Attends, j'ai compris pourquoi ça n'arrive que maintenant!

- Mais bordel, de quoi tu parles ?

- Potter est attiré par toi, c'est un fait. Tu pourras nier l'évidence autant que tu voudras, ça ne changera rien. Je pense simplement qu'il a senti notre rapprochement. Il doit sentir que tu n'es plus libre, ricana-t-elle victorieusement.

- Je sais vraiment pas où tu vas chercher tout ça…

- Tu me crois toujours pas ? Alors voilà ce qu'on va faire. Affichons-nous sans ambiguïté et tu verras qu'il ne pourra plus nous regarder en face.

- C'est du délire et en plus si c'était vrai, je trouverais ça cruel pour lui.

- Donc, tu as quand même un léger doute ?

- Bien sûr que non ! s'empressa de répondre le Serpentard de plus en plus agacé. Très bien, faisons ça mais à une condition.

- Oui ?

- Si j'ai raison, on n'en reparle plus et si j'ai tord, tu ne te mêleras pas de ça. Je parlerai à Harry pour mettre les choses au clair.

- Et c'est tout ?

- C'est quoi cette question idiote ? Bien sûr que ce sera tout ! Tu crois quoi ?

- Je voulais juste m'assurer que ça ne te tentait pas…

- Quoi ? Non mais arrête ton délire, Pansy !

L'instant était rare. Pansy ne trouvait rien à redire. Ses joues s'étaient honteusement empourprées, ses yeux s'appliquaient à fixer son assiette. Drago ne comprenait décidément rien à ses sentiments. Malgré son envie de paraître détachée, Pansy savait qu'il n'en était rien au fond. Elle était irrévocablement amoureuse de lui et son besoin de se rassurer quant à la réciprocité des sentiments de Drago ne faisait qu'accroître dangereusement. Savoir qu'Harry pouvait constituer un concurrent potentiel était insupportable, même si les chances étaient infimes. C'est pourquoi elle voulait que le Gryffondor comprenne qu'il n'était plus à prendre. Néanmoins, elle savait pertinemment que son attitude était puérile.

Pour se faire pardonner et pour mettre son plan à exécution, la jeune femme agrippa soudain le cou du Serpentard et plaqua ses lèvres sur les siennes avec fougue. Drago se raidit par surprise avant de se détendre dans le baiser.

Et là, plusieurs évènements s'enchaînèrent: un groupe de filles de Poufsouffle piaillèrent d'une voix suraiguë en repérant les deux Serpentard enlacés; s'en suivit de la mine décomposée de l'Elu qui n'arrivait plus à décrocher son regard du couple; et juste après, un cri effroyable se fit entendre dehors. Drago et Pansy se séparèrent au moment même où Crabbe, Goyle et Nott franchirent les portes de la Grande Salle. Le visage livide de Goyle de laissait rien présager de bon. Drago savait déjà qu'ils étaient porteurs d'une nouvelle funeste qui allait probablement ébranler cette école.

Poudlard n'avait jamais eu à déplorer de cas de suicide…

Drago espérait de tout son être que son plan avait fonctionné et que tout le monde n'y verrait que du feu. Il ne regrettait pas d'avoir éliminé Flint. Il ne regrettait pas d'avoir d'abord sondé son esprit à la recherche de la vérité. Il ne regrettait pas d'avoir tailladé ses deux avant-bras pour faire disparaître sa marque des ténèbres, pour faire croire que Flint était en souffrance, pour faire croire qu'il n'y avait pas de Mangemort parmi les élèves, pour protéger Pansy et lui par la même occasion. Il ne regrettait pas de l'avoir étranglé lentement en lisant l'agonie dans ses yeux, en se rappelant la manière dont il avait torturé sa chauve-souris. Il ne regrettait pas d'avoir camouflé les marques faites par ses doigts au niveau de son cou en enroulant une corde à plusieurs reprises autour des chairs rougies. Il ne regrettait pas d'avoir passé cette corde par-dessus la branche d'un arbre et d'avoir tiré celle-ci pour que le corps sans vie de Flint soit pendu. Il ne regrettait pas d'avoir attaché la corde à la même branche, d'avoir renversé un escabeau juste sous ses pieds et d'avoir observé le Serpentard pendant de longues minutes, se laissant bercer par le grincement sinistre de la corde.

Drago ne regrettait rien, mais une chose ne cessait de le tourmenter : il était terrifié à l'idée qu'Harry ou Pansy ne découvrent la vérité. Il savait que le Gryffondor ne le lui pardonnerait jamais.

Le Serpentard avait volontairement planifié ce meurtre en excluant des méthodes magiques. Il savait très bien que les professeurs allaient vérifier qu'aucun sort n'avait été jeté sur lui avant sa mort. Drago n'avait rien laissé au hasard. Et maintenant, son rôle était de paraître légèrement choqué par la nouvelle sans pour autant en faire trop. Il fallait détourner l'attention d'Harry et le plan diabolique de Pansy tombait finalement à pique.

Lorsque les trois Serpentard annoncèrent aux professeurs qu'ils venaient de trouver le cadavre de leur ami suspendu à une corde dans le parc, l'agitation et l'horreur se répandit dans la salle comme la plus vile des épidémies. Le professeur McGonagall se leva de table, un masque d'autorité bien en place, et invita les élèves à garder leur calme. Rien n'y fit. Beaucoup de Serpentard se levèrent de table tandis que d'autres élèves chahutaient nerveusement, chacun s'imaginant déjà les théories les plus improbables.

Soudain, un bruit sourd vint interrompre les discussions animées. Un silence pesant prit place dans la salle tandis que chacun semblait chercher l'origine du bruit. Satisfait d'avoir rétabli l'ordre en frappant violemment la table du plat de sa main, Rogue se redressa lentement, savourant les regards terrifiés qu'il avait toujours le pouvoir de créer.

- Cessez de vous agiter, ordonna le professeur de potion d'une voix lente et glaciale. Cela ne vous concerne en rien. Que tout le monde vaque à ses occupations d'élèves tandis que nous autres professeurs allons vérifier les dires de vos camarades.

Alors que la journée ne pouvait pas s'annoncer plus dramatique, les hiboux et autres créatures ailées apparurent munis du courrier. La Gazette du Sorcier apportait malheureusement son lot de mauvaises nouvelles.

Rob Spencer, un jeune journaliste qui n'avait pas sa langue dans sa poche, relatait les faits tragiques de la nuit dernière avec une précision effarante.

Hier soir, à une heure du matin, de nombreuses villes britanniques ont subi l'attaque vicieuse de Mangemorts: Hull, Felixstowe, Brighton, Torquay, Newport, Pembroke, Bangor, Liverpool, Carlisle et Berwick-upon-Tweed.

De nombreuses structures ont été complètement détruites faisant au passage quelques centaines de morts. A quatre heures du matin, on en comptait deux cent trente-sept à Liverpool, mais le nombre de victimes ne cesse de croître d'heure en heure.

Quelques témoins qui déambulaient non loin des lieux saccagés, affirment tous avoir vu une lumière verte puis rouge à l'intérieur des bâtiments avant que les fenêtres n'explosent et que les murs ne s'effondrent comme un château de cartes. Les Mangemorts se sont simplement contentés d'apposer la marque des ténèbres dans le ciel avant de quitter les lieux comme des lâches.

Le premier ministre des Moldus a bien entendu été prévenu du désastre, bien qu'il ne puisse pas faire grand-chose.

En tout cas, la population sorcière de ces villes meurtries semble bien décidée à fuir les lieux. J'ai pu accoster un jeune couple de Sang-Mêlé avant qu'ils ne transplanent de leur perron. Tous deux paraissaient anéanties et fatigués. A aucun moment ils ne se sont détachés l'un de l'autre. L'homme tentait de rassurer sa petite femme en encerclant sa taille de ses bras, mais c'était à se demander qui était réellement plus terrifié que l'autre. Ce jeune couple m'avouait que cette ville (Brighton) n'était pas suffisamment protégée et que les Aurors n'étaient même pas présents au moment des faits. Ils avaient donc l'intention de rejoindre leur famille qui vivait à Londres, espérant ainsi être à l'abri des attaques.

Etant resté à Brighton jusqu'au lever du jour, je peux effectivement déplorer le manque d'effectifs (ou d'efficacité ?) de notre chère armée. Qu'attendons-nous pour recruter de nouveaux Aurors ? Les attaques n'ont apparemment duré que quelques minutes (dix au maximum), mais les Mangemorts étant nombreux, ils ont eu le temps de démolir dix-huit rangées de maison dont deux immeubles d'habitation, sans compter d'autres dégâts d'infrastructures magiques qui n'ont pas fait de mort. Ça c'est de l'efficacité ! Mais qu'en est-il des Aurors ? J'ai dû attendre plus de quatre heures avant de voir le bout de leur baguette !

Pour finir, remarquons simplement que ces villes n'ont pas été choisies au hasard; en effet, toutes sont localisées en bord de mer et j'ai réalisé avoir fait le tour de notre île en me rendant dans chacune d'elles. Ceci montre qu'un plan a été échafaudé, mais lequel ?

Il serait temps de faire quelque chose, monsieur le premier ministre (Monsieur Cabot)! Et vous monsieur Potter, combien de morts vous faut-il sur la conscience avant d'accomplir votre présumé destinée ?

Harry froissa le journal et le jeta par terre avant de quitter la Grande Salle, fou de rage.


Bonsoir à tous !

J'espère que l'attente n'a pas été trop douloureuse et que ce chapitre vous apportera quelques réponses.

N'hésitez pas à m'exposer vos hypothèses conernant le plan de Voldemort. J'espère que mon idée vous plaira...

Bisous à tous. 3